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de bulletins pour les nominations aux fonctions, et de boules blanches et noires pour les autres décisions. Toutefois, les décisions d'une importance secondaire pourront être adoptées par assis et levé si la proposition spéciale en est faite, et si elle ne rencontre aucune opposition.

Art. 5. — Les membres titulaires doivent acquitter une cotisation annuelle, présentement fixée à quinze francs.

Art. 6. — Chaque membre nouvellement admis doit acquitter la cotisation de l'année courante, quelle que soit l'époque de son admission. Il n'a droit qu'aux volumes publiés pendant les années pour lesquelles la cotisation a été acquittée.

Art. 7. — La Société délivre gratuitement aux membres qu'elle reçoit un diplôme, signé par le président, contresigné par l'un des secrétaires, et revêtu du sceau de la Société.

Art. 8. — Tout membre du Bureau qui aura donné sa démission devra être remplacé dans les trois mois qui suivront.

Art. 9.—Lorsqu'il se présentera des questions d'un intérêt général, la Société pourra nommer des commissions spéciales pour les étudier et en proposer la solution. Ces commissions auront la faculté de s'assembler hors du local de la Société. Elles auront le droit de constituer leur Bureau particulier et de régler l'ordre du travail.

Art. 10. — Le président et l'un des secrétaires font partie de droit de toutes les commissions.

Art. 11. — Le Bureau, auquel une commission pourra être adjointe, selon l'importance des travaux, déterminera les ouvrages et les mémoires qui devront être imprimés par la Société.

Art. 12. — L'auteur d'un travail inséré dans les Mémoires de la Société pourra en faire exécuter à ses frais un tirage spécial, qui devra porter ce faux titre : Extrait des Mémoires de la Société Êduenne.

Art. 13. — La Société fera l'envoi de ses publications aux Sociétés qui auront été déclarées Sociétés correspondantes.

Art. 14. — La Société déposera un exemplaire de toutes ses publications à la bibliothèque de la ville d'Autun.

Art. 15. — Les membres titulaires ont seuls la faculté d'emporter à domicile les livres qui appartiennent à la Société, à la condition expresse d'en laisser un reçu sur le registre tenu à cet effet par le bibliothécaire-archiviste, et d'opérer eux-mêmes la restitution des ouvrages qui leur auront été confiés.

DE

LE PRIEURÉ

GHAMPGHANOUX

DE L'ORDRE DE SAINT-BENOIT

Le prieuré des religieuses bénédictines de Champchanoux, créé sur le territoire de la paroisse de Saint-Eugène, au diocèse d'Autun, était une de ces stations de prière et de charité comme l'esprit chrétien se plaisait autrefois à en concevoir et à en établir dans les lieux les plus déserts et les plus écartés. Situé sur les confins de l'Autunois et du Charollais, au point où le granit et la silice pure cèdent la place au grès et à l'argile, il occupait, au midi, une assise inférieure des montagnes, au lieu, bien choisi, où les ruisseaux qui descendent des sommets d'Uohon et de Dettey se réunissent pour donner naissance au Pontain qui coule dans la direction de Toulon où il devient tributaire de l'Arroux. Arrêtées dans leur course rapide par des barrages peu élevés, ces eaux alimentaient deux étangs, aujourd'hui desséchés : l'un dit l'Étang du Vieux-Moulin, qui s'empoissonnait de quatre cents carpes; l'autre, plus vaste, établi à une époque plus récente et sans doute au temps du développement et de la prospérité du monastère, dit l'Étang-Neuf, qui s'empoissonnait de plus de deux milliers. Au moulin, jadis établi sur le premier, il en avait été, sur le second, substitué un autre, appelé le Moulin-Neuf, qui servait pour l'usage de la maison. Enfin, un canton de forêt de haute futaie de hêtres et de Tome xi. 1

chênes, dît le Bois-Feuillour, destiné au chauffage des religieuses, à l'entretien des bâtiments et à la paisson des troupeaux, complétait cet aménagement d'eau et de bois que l'on rencontre autour de toutes les colonies monastiques, comme la condition et l'instrument nécessaire de leur existence.

Les livres ne nous apprennent rien de son histoire et son obscurité l'a dérobé aux recherches des auteurs du Gallia Christiana dont le cadre, un peu étroit, a laissé de côté un grand nombre d'établissements secondaires. Ses archives elles-mêmes ont péri pour la plupart. Deux inventaires rédigés, l'un à la fin du seizième siècle et dont les premiers feuillets manquent, l'autre en 1762, joints à quelques liasses de titres, assez peu anciens nous permettent seuls de retrouver quelques traces de ces hôtes disparus.

Courtépée, l'unique historien qui ait parlé de ce petit prieuré, lui consacre seulement deux lignes dans lesquelles il a trouvé moyen d'énoncer une grosse erreur : « Champchanoux, dit-il, où était un monastère de bénédictines fondé par le duc Eudes IV 2. » Comme le prieuré est mentionne dans plusieurs chartes de la fin du douzième siècle, c'est au duc Eudes III (1197-1218), et non au duc Eudes IV (13151349), qu'il faudrait attribuer son origine. C'était en effet une tradition constante dans la maison que le prieuré « a esté fondé par Odo, duc de Bourgogne, dont les noms sont gravés en plusieurs endroits de ladite maison de Champchanoux3. » Mais cette croyance était due à une confusion que nous expliquerons plus bas. Son existence était antérieure au duc Eudes III, puisque l'ancien inventaire indique un acte de 1191, passé en présence de Gautier, évêque d'Autun, et contenant donation, faite au prieuré de Champchanoux, de

1. Ces titres sont conservés aux archives de la ville d'Autun et leur série se compose de dix-neuf cartons cotés de 1 a 19.

2. Descript. hist. du duché de Bourgogne, nouv. édit., t. III, p. 165.

3. Enquête faite le 7 janvier 1688, par Joseph Désautels, subdélégué de Charolles. toute la terre située entre Ravetou et Champchanoux. La confusion eut pour cause la donation du territoire de PierreCervau qui fut faite aux religieuses de Champchanoux, en 1199, par Eudes III, qui chassait souvent dans ces forêts, pour l'établissement d'un nouveau monastère de leur ordre. Le duc, qui avait en effet fondé la maison de Pierre-Cervau, fut d'autant plus facilement regardé comme le fondateur de celle de Champchanoux, qu'après une très courte existence la première perdit son vieux nom et ne fut plus désignée dans la suite que sous celui de Petit-Champchanoux ou même de Champchanoux.

Le prieuré de Pierre-Cervau, dont l'histoire se confond ainsi avec celle de Champchanoux, mérite de nous arrêter un instant. H était situé à l'entrée de la gorge de la Creused'Auxy, à mi-côte au dessus de la vallée, à l'exposition du midi, et dans un pli de terrain qui l'abritait de tous côtés des vents du nord. Les hommes ont, selon les époques, une façon tout opposée de voir et de sentir. Bien que ce petit coin de terre doive aux forêts voisines qui l'entourent, au torrent qui coule dans le vallon à travers les rochers, au soleil qui l'éclairé, un aspect pittoresque et riant qui charme l'esprit et les yeux, sa réputation était, au siècle dernier, bien différente : on ne l'appelait alors que « l'affreux désert de Champchanoux 1 », ou encore « un endroit totalement désert dans les bois. » 2

Son nom primitif de Pierre-Cervau, qu'il conserva jusqu'au temps de son union avec le prieuré de Champchanoux, remonte à une haute antiquité. On le rencontre pour la première fois, sous la forme de ad Petram Cervalem, dans un diplôme de 861, par lequel Charles le Chauve restitue à l'Église d'Autun une colonie que les comtes avaient usurpée en ce lieu 3. Il devait sans doute son origine à quelque

1. Mémoire impr. de 1730.

3. Cartulaire de l'Église d'Autun, p. 13.

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