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assistait à ce spectacle, assis sous les noyers du jardin *. Vingt ans après cette date, en 1590, l'église était encore toute en ruines2; elle ne fut sérieusement réparée qu'à la fin du dix-septième siècle, sous l'administration du prieur claustral Aubin de Juigné3. Quelques années après, elle fut visitée par D. Martène et D. Durand, qui lui ont consacré quelques lignes dans leur Voyage littéraire4. « L'église, disent-ils, n'est pas grande, mais elle est jolie et fort propre. » D'après Bonaventure Goujon5, il y avait une chapelle dédiée à saint Léger, où reposait le corps de saint Procule. Une autre était placée sous le vocable de Notre-Dame et de saint Philibert6. « On y voit dans une crypte souterraine, continuent les bénédictins, les premiers tombeaux de saint Symphorien, de saint Fauste et de sainte Augusta, sa mère, chacun sous un autel soutenu par des colonnes. Aujourd'hui, ces trois corps saints sont dans

trois autres sépulcres de pierre, derrière le grand autel

Enfin, nous vîmes, dans le bas de l'église, un grand tombeau de marbre en forme de coffre où l'on dit que sont les reliques de saint Franchet, Franconei, archevêque de Sens, transférées du monastère de Sainte-Colombe à Saint-Symphorien, dont la translation est marquée dans le martyrologe de ce monastère le 3 des calendes de janvier. » Ce sarcophage était encore vers 1770 dans l'église du prieuré, mais, à cette époque, la tradition qui le concernait s'était sans douto perdue, puisque Courtépée le mentionne comme

t. Bulliot, Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin, t. I, p. 345. — H. Abord, Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun. Aulun, Dcjussieu, 1855, in-8% t. I, p. 439, note 2. — A. de Charmasse, le Prieuré de Saint-Racho-tez-Autun. (Mémoires de la Société Éduenne, nouv. série, l. X, p. 44 et sulv.)

2. Dlnet, Saint Symphorien et son culte, t. II, p. 364.

3. Dinet, ibid., t. II, p. 384.

4. P. 161.

5. Us. de la biblioth. du grand séminaire d'Autun, seizième (t dix-septième siècles, p. 34.

6. Biblioth. nation. Dép. des mss. Suppl. français, n* 5024, vol. 11, p. 21. — Fonds Bouhier, t. LUI, p. 86.

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ÉGLISE DU PRIEURÉ DE ST-SYMPHORIEN d'après la copie d'un plan levé en 1735 par Nas Loya du Moussey. chanoine régulier de l'Ordre de St-Augustin

Échelle m 3/1000"

ayant appartenu à saint Euphrone1. Acheté après la destruction de l'église par M. le baron Pigenat, qui le fit transporter à sa maison de campagne de la Cour de Sommant près Tavernay, ce monument fut donné en 1861 par M. le baron Adolphe Pigenat, fils du précédent, au musée lapidaire d'Autun. M. G. Bulliot lui a consacré une étude 2, que nous ne pouvons reproduire ici, mais d'où il résulte : 1° que ce tombeau décoré sur ses flancs de titulus à queues d'aronde, et, à la tête, de peltas en relief, servit d'abord à un païen, puis fut par la suite employé à une sépulture chrétienne, usage auquel correspond une décoration de croix, de palmes, de colombes et d'autres ornements tracés en creux3; 2" que ce coffre n'a nullement contenu le corps d'un saint Francovée, de Sens, mais probablement celui d'un solitaire et martyr nivernais du même nom, fêté le 16 mai, et dont on conservait, comme on le verra plus loin *, quelques reliques dans le grand autel de Saint-Symphorien.

Non loin du tombeau de saint Francovée était celui de saint Ardant, religieux de Saint-Symphorien, et martyr fort honoré dans le pays. Sa sépulture se voyait au porche de l'église et, près de là, un puits placé sous l'invocation de ce saint procurait la guérison aux malades attirés par la vertu de ses eaux. 5

1. Description du duché de Bourgogne, nouv. éd., t. II, p. 521.—L'abbé Germain affirme que ce tombeau « est l'un de plusieurs que l'on trouva en terre lorsquo l'on fouilla pour le? fondements du nouveau rétablissement de cesle église et que le dernier prieur régulier, sans aucunes bonnes raisons, fit sur le champ renfermer en terre sous ces fondements. Plusieurs ouvriers qui y travailloient alors, ajoutet—11, et qui vivent encor m'ont assuré ce fait. > {Lettres sur les antiquités d'Autun, 2* rédaction. Ms. de ma bibliothèque.)

2. A'otice sur un sarcophage en marbre blanc du musée d'Autun. (Mémoires lus à la Sorbonne dans les séances de novembre 1861. Paris, Imprimerie impériale, 1863, p. 155 à 167. — Annales de la Société Éduenne, 1862 à 1864, p. 237 à 265.)

3. Cf. les planches qui accompagnent la notice de M. Bulliot publiée dans les Mémoires de la Société Èduenne, et A. de Caumont, Abécédaire d'arc/iéoiogie; architecture religieuse. Caen, Le Blanc-Hardel, 1870, p. 55.

4. Art. IV.

5. Notes rédigées en 1675 pour dom Jean Mabillon. (Arch. de l'évèché d'Autun. Fonds de Saint-Martin.)

Depuis longtemps, les religieux de Saint-Symphorien désiraient la reconstruction de leur église, lorsqu'une ordonnance royale de 1732 autorisa cette dépense qui devait être couverte par une importante vente de bois. Ce fut Claude Esmonin, vicaire général d'Autun et de Chalon, archidiacre de Beaune, nommé abbé de Saint-Symphorien le 7 décembre 1734, qui dirigea ce travail. L'église, dont la longueur totale était extérieurement de 37m, avait une nef, longue de 25m à l'intérieur, et large de llm40, qui s'ouvrait de chaque côté par quatre arcades, sur des collatéraux dont les deux travées inférieures, à droite et à gauche, formaient chapelles. Huit fenêtres et une rose percée au dessus de la porte principale éclairaient la nef. Le chœur, large de 14ra20, et long de 10ra50, était fermé par une abside à trois pans inégaux, et éclairé par cinq fenêtres. La voûte avait 15 ou 18 mètres d'élévation. La crypte, située sous l'église, datait du onzième ou du douzième siècle; elle mesurait \3mb0 de longueur sur 13 mètres environ de largeur. Sa voûte, élevée de 2ra30 audessus du sol, était soutenue par vingt-sept colonnes de granit, hautes de lm66, d'un diamètre de 0m27 et couronnées d'un chapiteau à feuillage grossièrement sculpté, haut de 0m30. 1

En 1781 ou environ, les religieux firent faire des stalles, un maître-autel, un tabernacle, un pavé pour le chœur et le sanctuaire, et une grille ou table de communion d'après le devis dressé par Nicolas Pierre, architecte. Ces embellissements furent terminés en 1782 2. On remarquait principalement l'autel de marbre décoré de quatre colonnes monolithes, également en marbre, supportant un ciborium en bois doré d'une grande richesse. Cet autel orne aujourd'hui le chœur de l'église Notre-Dame d'Autun. A l'intérieur, se

1. G. Bulltot, Essai hist. sur l'abbaye de Saint-Martin d'Atlun, t. I, p. 4H et 412. — L'abbé Dovoucoux, Études monumentales. (Annuairt du déparlement de Saùne-et-Loire pour 1851. Mâcon, Dejussieu, in-12, p. 216 à 218.)

2. Dinct, ouv. cité, t. II, p. 391 et 392.

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