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Anne qui lui succéda dans la direction du monastère. Celleci la dota également d'un fort beau clocher. Les derniers embellissements qui y furent faits datent du temps de Pierrette de Vienne, c'est-à-dire du milieu du dix-huitième siècle.1

Bien que ce sanctuaire ait presque entièrement disparu, nous pouvons donner une idée exacte de sa forme et de ses dimensions. Il se composait d'une seule nef terminée par une abside à trois pans coupés. L'ensemble du monument mesurait environ 36TM de longueur sur 11TM de largeur.

Au parvis se trouvait une chapelle placée sous le vocable de sainte Adise, dont Guillaume d'Essertenne, sous-chantre de la Cathédrale, se fit pourvoir en 1678 2. A gauche en entrant, était une porte donnant dans le cimetière3. Outre le grand autel, il y en avait un dédié à Notre-Dame-de-Pitié et portant son image; il était placé du côté de l'épître; audessus du retable se voyaient les armes de Bouton et différents blasons étaient figurés sous les statues de saint Christophe et de saint Hugues 4. Un autre autel était dédié à sainte Anne 5. Il y avait aussi une chapelle sous le vocable de sainte Madeleine. 6

De l'ornementation du chœur nous ne savons rien, sinon qu'on y remarquait, du côté de l'évangile, un vitrail orné de sept écussons et daté de 1540. Ces écussons étaient placés 1, 3 et 3; celui d'en haut et les trois d'en bas étaient accolés à une crosse. Le premier, auquel on avait donné une importance spéciale par l'adjonction d'une banderolle portant la

1. Courtépée, Descript. du duché de Bourgogne, nouv. éd., t. II, p. 520.

2. Courtépée, ibld.

3. Visile faite en 1706 par Estienne Pernet, architecte d'Aulun. (Archives de l'évêché. Fonds de Salnt-Andoche.)

4. Biblioth. nation. Départ, des mis. Fonds Bouhier, t. LUI, p. 102, d'après Palliot, t. III, toi. 64.

5. Biblioth. nation. Départ, des mss. Suppl. français, n" 5024, t. II, p. 7. — Bouhier, LUI, p. 85, d'après Palliot, t. III, fol. 70.

6. Obituaire de St Andoche, 1289. (Arch. de l'évêché d'Autun. Fonds de SaintAndoehe.)

devise Vérité Tovt Lvyt, était écartelé aux 1 et k, de gueules à la fasce d'or; aux 2 et 3, d'azur à la bande losangée d'argent et de gueules de deux traits, accompagnée de six croix recroisetées, au pied fiché d'or, mises en orle, qui est du Fay. Ces armes et cette devise étaient celles de Huguette Bouton, abbessc de Saint-Andoche, dont il sera parlé à l'article VIII. Le premier écusson de la seconde rangée, en commençant par la gauche du spectateur portait : d'azur au sautoir d'or chargé de cinq coquilles de sable, accompagne en chef d'un chicot d'or posé en fasce, qui est d'Alonne; le second: fascé d'or et de sable de six pièces, qui est de Busseul; le troisième : écartelé au 1 de gueules à deux émanches d'argent, qui est de Vaudrey; au 2 d'argent à trois bandes de gueules; au 3 d'azur à la bande d'or accompagnée de sept billettes de même, 4 en chef et 3 en pointe, posées en orle, qui est de Chastellux; au 4 de sable à deux léopards d'or, qui est d'Intevillc.

Le premier écusson de la troisième ligne, en commençant par la gauche du spectateur, était écartelé aux 1 et 4 d'azur à deux clefs d'or posées en pal, adossées, les anneaux pommelés et entrelacés, qui est de Clugny; aux 2 et 3 de Busseul. Le second portait d'Alonne et le troisième de Busseul. 1

Nous possédons encore une autre description des vitraux de Saint-Andoche, que nous reproduisons textuellement: « Aux vitres de Saint Andoche, à main gauche, sont en deux vitres deux escussons rangez : à la première sont les trois suivans, au dessus du premier desquels est une abbesse priant sus un priez-Dieu, tous trois ornez de crosses; à la seconde vitre sont les trois autres, au dessus du premier desquels est un homme armé priant, avec une cotte d'armes aux armes d'Alonne; au dessus du dernier est une femme vestue de rouge priant à genoux sur un pupitre -. » D'après

I. Diblioth. nation. Départ, des mss. Suppl. français, n° o0?4, p 9.

? Riblinth. nation. Départ, des mss. Fonds français, n* p. 145 et 446.

le même manuscrit, les trois écussons de la première vitre portaient : le premier écartelé de Clugny et de Busseul ; le second d'Alonne ; le troisième dè Busseul. Ceux de la seconde vitre : le premier d'Alonne; le second de Busseul, et le troisième écartelé au 1 de Vaudrey, au 2 d'argent à trois bandes de gueules, au 3 de Chastellux, au 4 d'Inteville. Les analogies qui existent entre les armoiries de ces deux vitraux et celles décrites dans le volume 5024 du Supplément français cité plus haut, nous font supposer que dans ce dernier manuscrit on a, sans scrupule, réuni en une seule fenêtre les écussons répartis en plusieurs. Toutefois, il nous est aujourd'hui impossible de nous prononcer absolument sur ce point. En . ce qui concerne les personnages dont la représentation nous est signalée, nous dirons que l'abbesse peinte sur la première vitre nous parait être Loyse d'Alonne, fille do Guillaume de Clugny, seigneur d'Alonne, et de Philiberte de Busseul1; l'homme armé serait son frère Damas d'Alonne 2, et la femme vêtue de rouge Jeanne de Vaudrey, femme de ce dernier3. Les armoiries qui les accompagnaient confirment de tout point ces attributions.

On conservait dans le trésor les corps de saint Syagre, de saint Simplice1, de saint Cassien, le bras de saint Pragmace5, et deux petits vases de bronze « bien travaillés et ayant tout le caractère d'antiquité » qu'on nommait les burettes de saint Andoche.6

La maison et le clos de Saint-Andoche furent vendus nationalement, le 12 mars 1792, aux citoyens Josserand,

1. Cf. l'art. V

2. Certains fragments de vitraux du cabinet de M. G. Bulltot, président de la Société Éduenne, nous semblent provenir de la représentation de ce personnage.

3. Cf. l'art. IV.

4. < VII idus martii. Obiit : Messire Andreis curez de Voudenai qui laissai does copes dargent qui furent mises ou chief seint Sepliz. > (Obit. de St Andoche, 1289.)

5. Cf. l'art. XV.

6. D. Martène et D. Durand (Voyage littéraire; Paris, 171", in-4°, p. 159) ont donné la figure de l'une de ces < burettes », mais il serait difficile de leur assigner une date d'après un dessin où l'interprétation a, sans doute, une large part.

Pichard et consors, au prix de 53,500 fr., mais l'église ne fut pas démolie; on pensa même, quelques mois après, à y transférer le service paroissial de la ville basse, d'abord établi aux Cordeliers, mais on y renonça parce que le chœur des religieuses n'était pas de niveau avec le reste de la chapelle, qu'il était meublé de nombreuses stalles, qu'un mur séparait ce chœur d'un « arrière petit chœur qui était à la suite du premier1 », et qu'en somme, l'espace ne semblait pas suffisant.

A partir de ce moment, la vieille abbaye subit de nombreuses vicissitudes, on y établit des bains publics, on y aménagea des logements particuliers, enfin le grand Séminaire s'en rendit acquéreur. Quant à l'église, elle avait été achetée par M. Étienne Carion, tanneur, et fut revendue à M. Claude-Marie Defosse, qui en détruisit le chœur pour construire à la place une maison d'habitation. Un fait curieux se passa lors de la démolition : on avait jeté bas tous les remplissages des triangles de la voûte, et les arcs de pierre seuls subsistaient, lorsqu'un des ouvriers, le sieur Maltaire, imagina de bourrer de poudre de mine le trou de la clef de voûte par où passait la corde de la lampe et d'y mettre le feu à l'aide d'une longue mèche. L'effet dépassa son attente; la poussée des arcs fut tellement violente que les murs latéraux s'écroulèrent avec eux au milieu d'un fracas épouvantable. Il ne subsista de tout l'édifice que trois travées, dont les contreforts, surmontés de gables à crochets, accusent le style de la fin du quinzième siècle.

Les bâtiments de l'abbaye de Saint-Andocho sont occupés aujourd'hui par la maison mère de la congrégation du SaintSacrement, précédemment établie à Mâcon.2

t. Mémoire sur la translation du service paroissial de St Louis (les Cordeliers) dans l'église du collège, 21 août 171)2. ( Archives municipales d'Autun. Églises paroissiales, 1 pièce in-f°.)

2. Cette congrégation a été autorisée le 6 juillet 1837.

Depuis l'époque de leur arrivée à Autun, qui remonte au 2 novembre 1836, les dames du Saint-Sacrement ont considérablement augmenté l'étendue de leur emplacement primitif et amélioré leur installation. Elles ont récemment1 fait construire, sur les plans de M. Roidot-Houdaille, une élégante chapelle dont le parvis est formé des trois travées subsistantes de l'église bâtie par Loyse d'Alonne.

1. De 1868 à 1872.

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