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825

828

833

862

CHAP. LXXIV. Théodore Balsamon, patriarche

d'Antioche (écrivain grec, vers le com-

mencement du XII° siècle). ......

CHAP. LXXV. Le bienheureux Joachim, abbé

et fondateur de Flore en Calabre (1202 ;
Eustathe, archevêque de Thessalonique,

écrivain grec sur la fin du xile siècle).

CHAP. LXXVI. (Martin, prêtre, chanoine régu-

lier dans le monastère de Saint-Isidore

de Léon, 1203; Gauthier de Châtillon,

1200; saint Wilhelme ou Guillaume, abbé

de Saint-Thomas-du-Paraclet, 1203; Ab-

salon, archevêque de Lunden en Suède,

1201 ; Willelmus ou Guillaume dit Blan.

ches-Mains, archevêque de Reims, 1202;

Jean de Belmeis, archevêque de Lyon,

1202; Hugues V, dix-septième abbé de

Cluny, 1207; Rostang, moine de Cluny;

Baudouin, comte de Flandre, empe-

reur de Constantinople, 1904; Elias

de Coxida, septième abbé du monas-

tère des Dunes, 1203: Thomas Ro-

delius ou Rodolius, moine, 1203, écrivains

latins) ...

.

CHAP. Lxxvii. Guibert, abbé de Gemblours

Técrivain latin, mort en 1208].....

CHAP. LXXVIII. [Alain de Lille, dit le Docteur

universel, 1203; Absalon, abbé de Spri.

nekirsbach, 1203, Etienne, abbé de

Sainte-Geneviève de Paris, puis évêque

de Tournai, 1203; Adam, abbé de Per-

seigne dans le diocèse du Mans, 1203,

écrivains latins). ...........

CHAP. LXXIX. (Pierre de Riga, chanoine de

Reims, poète, vers 1209; Odon ou Eudes

de Sully, évêque de Paris, 1208; Gon-

thier, moine de Citeaux, vers 1212; Hé-

linand, moine de Froidmont, 1212; Si-

cardi ou Sicard, évêque de Crémone,

1214 ; Pierre de Vaux-Cernay, moine,

vers 1218, écrivains latins]. .:..

CHAP. LXXX. (Seize anonymes du XII° siècle,

tous écrivains latins]....:::::
CHAP. LXXXI. Les papes Anastase IV (11541;

Adrien IV [1159), et Alexandre III (1181).
CHAP. LXXXII. Les papes Lucius III (1185);

Urbain III [1127]; Grégoire VIII (1187);

Clément III (1191); Célestin III [1198]..
CHAP. LXXXIII. Innocent III, pape (de 1198 à

12161. . . . . . . . . . . . . . .

ART. 1. Histoire d'Innocent lll. . . . . . .

ART. 11. Des Lettres d'Innocent III. ......

§ 1. Lettres du livre premier. ......

Pages

S 11. Lettres du livre second. ..... 968

§ 1. Lettres des troisième et quatrième

livres...

974

§ iv. [Lettres du livre troisième publiées

depuis D. Ceillier. . . . . . . . .

975

S v. Lettres du livre cinquième...... 976
$ vi. Lettres du livre sixième....... 980
S vil. Lettres du livre septième,.... 986
Ś viii. Lettres du livre huitième . . . 995
§ ix. Lettres du livre neuvième..... 998
Š x. Lettres du livre dixième....... 1004
§ xi. Lettres du livre onzième ...

1005

$ xil. Lettres du livre douzième ..... 100

$ xill. Lettres du livre treizième..... 1006
S xiv. Lettres du livre quatorzième.... 1006
$ xv. Lettres du livre quinzième. ....

1006
$ xvi. Lettres du livre seizième ..... 1007

Š xvii. Autres lettres d'Innocent. .... 1007
ART. III. Des opuscules d'Innocent. .... 1009
CHAP. LXXXIV. Guillaume d'Auvergne, éve-

que de Paris (écrivain latin, 1248]... 1019

CHAP. LXXXV. Conciles du xie siècle 1.... 1033

ART. I. Conciles depuis l'an 1001 jusqu'à l'an

1031 . .

1033

Art. II. Conciles depuis l'an 1031 jusqu'à l'an

1046

ART. 111. Conciles depuis l'an 1063 jusqu'à l'an

1099...

1063

CHAP. Lxxxvi. Conciles du suje siècle, : : :

1075

ART. I. Conciles depuis l'an 1100 jusqu'à l'an

1153.

1075

Art. 11. Conciles depuis l'an 1154 jusqu'à l'an

1166. ..

1124

ART. III. Conciles depuis l'an 1166 jusqu'à l'an

1179.

1133

ART. IV. Troisième concile de Latran, on-

zième général (1177-1178]. ..

1138

ART. v. Conciles depuis l'an 1190 jusqu'à l'an

1200. ..

1143

CHAP. LXXXVII. Conciles du XII° siècle...

ART. I. Conciles depuis l'an 1200 jusqu'à l'an

1212

1212. . . . . . . . . . . . . . . . .

1145

ART. II. Conciles depuis l'an 1212 jusqu'à l'an

1215. :::::niile de Latran, dou-

1157

ART. II. Quatrième concile de Latran, dou-

zième général (1215) ..........

1160

ADDITIONS. Théodore Prodrome, Jean Zonare,

Nicétas de Byzance, Nicetas Choniate,

Euthymius Zigabène, Michel Glycas. . . 1173

Table analytique des matières. ....... 1179

Table des additions faites par l'éditeur.

TABLE des potes principales.

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ils sont ici dans l'ordre qui leur convient. Voyez l'énoncé et
la date de ces conciles en tête de chaque article. (C'edir.)

FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES.

AUTEURS SACRÉS

ET ECCLÉSIASTIQUES.

AUTEURS ECCLÉSIASTIQUES.

(XII° SIÈCLE.)

Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry.

[Docteur de l'Eglise, écrivain latin, 1109.)

ARTICLE Jer.

HISTOIRE DE SA VIE !.

1. On met sa naissance ? vers l'an 1034,
Helee. S. dans la ville d'Aoste, sur les frontières de

Bourgogne et de Lombardie. Son père Gon-
dulfe, et Ermengarde sa mère, lui donnèrent
une éducation convenable à leur condition,
qui était noble. Il fit d'abord des progrès
dans les lettres; mais il s'en dégoûta ensuite
par l'opposition qu'il rencontra au dessein
qu'il avait d'embrasser la vie monastique.
C'était à l'âge de quinze ans. La mort de sa
mère lui fut préjudiciable. La tendresse qu'il
avait pour elle l'avait retenu dans le devoir;
aussitôt qu'il ne l'eut plus, il se livra à ses
passions. Son père s'indisposa contre lui, au
point qu'Anselme, ne pouvant plus en sup-
porter les duretés, abandonna sa patrie. Il
passa er Normandie », où ayant ouï par-

ler de l'école publique de l'abbaye du Bcc
et de Lanfranc, qui y enseignait avec répu-
tation, il alla dans cette abbaye et se mit
sous la discipline de Lanfranc. L'ardeur qu'il
avait eue pour l'étude dans ses premières
années se ranima, et il vit aussi renaître
dans son coeur le désir de la vie religieuse.

2. Il en fit profession dans l'abbaye du
Bec, âgé de vingl-sept ans, et ainsi vers l'an
1060. Comme il n'avait embrassé cet état oricare de
qu'après de sérieuses réflexions et dans un
âge mûr, il en remplit si exactement les de-
voirs, que trois ans après il fut fait prieur
de ce monastère, à la place de Lanfranc,
que Guillaume, duc de Normandie, avait
demandé pour abbé d'un monastère qu'il ve-
nait de fonder dans la ville de Caen, sous
l'invocation de saint Etienne. Sa charge de
prieur ne l'empêcba pas de continuer ses
études. Il trouvait même du temps * pour

daztea.

Il se fait

moine an Bee

vers l'an 1060.

Il devient

cette abbaye.

1 On peut consulter sur saint Anselme son histo-
rien italien, André Raineri, moine de l'abbaye de

Saint-Jean de Parme, 1796; M. Hase, écrivant alle

maud, dans son ouvrage intitulé Anselme de Cane

torbéry; M. de Montalembert, dans son Esquisse sur

saint Anselme, parue d'abord dans le Correspondant,

puis en brochure, et enfin à la suite de sainte Elisa.

beth de Hongrie, Paris 1861; M. Charles de Rémusat,

saint Anselme de Cantorbéry, Paris, un volume

in-8°. Ce travail est remarquable sous plus d'un rap-

pori, mais la critique catholique y trouve beaucoup

à reprendre. Voyez aussi l'article de M. Guérin dans

le Dictionnaire de l'Histoire ecclésiastique, publié par

M. Migne. (L'édileur.)

? Anselm. vit., lib. I, pag. 2. (Avant de passer en

Normandie, il demeura quelque temps en Bourgogne

appliqué à l'étude.]

s Ibid., pag. 3. - ' Ibid., pag. 4.

SOD secos

voyage en a

corriger les manuscrits peu corrects par la souinis. Tous ceux qui le consultèrent pen-

négligence des copistes, et pour résoudre dant son séjour en Angleterre, ou qui s'en-

quantité de difficultés qu'on lui proposait de tretinrent avec lui, l'admirèrent. Il n'y eut 6

divers endroits. L'école du Bec avait été cé- ni comte ni comtesse, ni aucune personne

lèbre sous Lanfranc. Son lustre augmenta puissante qui ne crût avoir perdu son mé-

sous Anselme. On y venait, non-seulement' rite devant Dieu, s'il n'avait rendu quelque

des différentes provinces de France, mais bon office à l'abbé du Bec. Le roi lui-même,
aussi de l'Angleterre. Guibert, moine de Fla- qui avait conquis l'Angleterre par la force
vigni, et depuis abbé de Nogent', se faisait des armes, et s'était rendu formidable à tous,
gloire de l'avoir eu pour maître dans l'étude témoignait tant d'affabilité à Anselme, qu'on
des divines Ecritures. Anselme traita ses dis- l'aurait pris pour un autre homme en sa pré-
ciples avec douceuro, persuadé que l'aigreur sence.
et la sévérité sont plus nuisibles que profita 4. Ce prince étant mort au mois de sep- Son seco.
bles aux jeunes gens.

tembre 1087; Guillaume le Roux, son fils et gleterre.
1.11 est fait 3. A la mort de l'abbé Herlouin, arrivée le son successeur, voulant profiter du revenu
en 1078, va en vingtième d'août 1078, les frères choisirent des églises vacantes, ne les remplissait pas,

unanimement Anselme 3 pour lui succéder. sous le faux prétexte qu'il ne trouvait point
Il fut béni le 22 février de l'année suivante, de sujets dignes d'être en place. Il y avait

par Gislebert, évêque d'Evreux. Abandon- quatre ans qu'il en usait ainsi envers l'Eglise

nant l'administration du temporel à ceux de de Cantorbéry, lorsqu'Anselme vint pour la

sa communauté, dont la prudence et la sa- seconde fois en Angleterre. Il avait depuis

gesse lui étaient connues, il ne s'occupait que longlemps' différé ce voyage, quoique presse

des instructions publiques et de la conduite de le faire par Hugues, comte de Chestre,

particulière de ses religieux. Il ne put toute qui voulait se servir de lui pour la fondation

fois se dispenser de faire, l'année même de d’un monastère. Les raisons de son délai

sa bénédiction, un voyage en Angleterre, à élaient qu'il courait un bruit, que s'il passait

cause des biens 4 que l'abbaye du Bec y pos- en Angleterre, on le ferait archevêque de

sédait. Ce fut pour lui une occasion favora- Cantorbéry; et comme il n'ambitionnait pas

ble de revoir Lanfranc, son maître, et de cette dignité, il ne voulait donner aucun pré-

s'entretenir familièrement avec lui sur ce texte de l'accuser d'ambition. Hugues l'assura

qui se passait dans son coeur. Lanfranc était que ce bruit n'était pas fondé, et le pressa une

depuis neuf ans archevêque de Cantorbéry. troisième fois de venir prendre soin de son

La sainteté d'Anselme y était bien connue. âme, parce qu'il se trouvait dangereusement

Le clergé de cette ville le reçut avec hon- malade. Anselme, pour ne manquer ni à son

neur. Il fit en leur présence un discours sur ami, ni à la charité qu'il lui devait, partit en

la charité et la conduite des moeurs, dont 1092. Son séjour en Angleterre fut de cinq

Eadner, qui était alors un des moines de la mois, pendant lesquels il vaqua aux affaires

cathédrale, nous a conservé le précis. L'ar- de son abbaye, et de celle que le comte de

chevêque était inquiet au sujet du culte que Chestre voulait fonder. Il était près de repas-

les Anglais rendaient à un de ses prédéces- ser la mer, lorsque le roi lui en refusa la

seurs, nommé Elfeg, qu'ils révéraient non- permission.

seulement comme saint, mais encore comme 5. Cependant les seigneurs du royaume,

martyr, non qu'il eût répandu son sang pour affligés de la désolation de l'Eglise de Can- archevêque

la foi, mais parce qu'il avait été mis à mort torbéry, convinrent entre eux de demander 1093.

par les païens, pour n'avoir pas voulu se ra- à ce prince, lorsqu'il tiendrait sa cour, sui-

cheter, dans la crainte de dépouiller ses su- vant la coutume le jour de Noël, de faire au

jels, en recevant d'eux l'argent nécessaire moins des prières publiques pour l'élection

pour sa rançon. Anselme le rassura 5, et fit d'un archevêque. Guillaume ne put s'y op-

voir qu'Elfeg méritait bien la qualité de mar- poser, et les évêques prièrent Anselme de

tyr, pour avoir préféré à sa propre vie les régler lui-même la formule de ces prières.

intérêts temporels de ceux qui lui étaient Un des seigneurs le proposa 8 un jour au roi,

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Cantor Les

1 Guibert, lib. I Vitæ, cap. XVI.
2 Anselm. vit., lib. III, pag. 8.

3 Ibid., pag. 9, et Mabill., lib. LXV Annal., num.

39, 40, pag. 153.

Anselm, vit., pag. 10. — 5 Ibid., pag. 11.- 6 lbid.

7 Anselm. rit., lib. II, pag. 13, et Eadm., lib. I
Novor., pag. 34. — 8 Anselm, vit., lib. II, pag. 13, et
Eadmer., pag. 34, 35, 36, 37.

disant qu'il ne connaissait personne de plus pour se le rendre favorable dans les affaires
digne qu'Anselme de l'archevêché de Can de la religion. Le roi les accepta d'abord
torbéry. Plusieurs autres firent son éloge, avec plaisir; mais des gens mal intentionnés
et tous opinaient à lui procurer cette dignité. lui ayant fait entendre que l'offre de l'arche-
Le roi jura que de son vivant ni l'abbé du vêque était trop modique, et que s'il la reje-
Bec, ni autre n'aurait cet archevêché. Comme tait le prélat serait trop heureux de lui en offrir
il en faisait serment par le crucifix de l'église deux mille, il fit dire à Anselme qu'il refu-
cathédrale de Lucques en Toscane, il fut saisi sait son présent. L'archevêque en bénit
d'une maladie violente, qui le mit à l'extré- Dieu, disant que si le roi eût reçu son ar-
mité. Tous les évêques le pressèrent de pen- gent, on aurait dit qu'il s'était engagé aupa-
ser à son salut. Anselme, qu'on appela pour ravant à lui délivrer cette somme pour avoir
assister ce prince à la mort, lui conseilla de l'archevêché. Il promit donc de la donner
faire une confession sincère de ses péchés, aux pauvres à l'intention de ce prince. Quel.
et de promettre, en cas de convalescence, que temps après, les évêques et les seigneurs
de réparer tous les torts qu'il avait faits. Le étant allés, par son ordre, à Hasting, pour
roi y consentit, et fit sur-le-champ un édit lui souhaiter un heureux voyage, Anselme
pour l'élargissement des prisonniers, la re- en prit occasion de le prier d'accorder sa
mise des dettes et le pardon des offenses. protection pour le rétablissement de la reli-
On lui proposa de remplir l'archevêché de gion; d'ordonner la tenue des conciles; de
Cantorbéry, et après y avoir pensé, il nomma pourvoir les abbayes de pasteurs, et d'autori-
lui-même Anselme. Tous s'écrièrent qu'il en ser les évêques à réformer les désordres in-
était digne, lui seul s'y opposa. Les évêques troduits depuis peu en Angleterre touchant
le pressèrent de se rendre. Il s'en excusa sur les mariages illicites, et autres débauches
son âge, qui était de soixante ans; sur son abominables. Le roi n'ayant rien répondu
incapacité dans les affaires temporelles; et de satisfaisant à toutes ces demandes, l'ar-
sur ce qu'élant abbé dans un autre royaume, chevêque se retira. Il souhaitait 3 néanmoins
il devait obéissance à son archevêque et sou- d’être bien avec le roi, et il lui fit demander
mission à son roi. On leva loutes ces diffi- ses bonnes grâces; ce prince les lui refusa.
cultés. Le roi, auprès duquel il fut conduit, « Il n'y a point d'autre moyen de les gagner,
le conjura d'accepter; et les évêques l'ayant disaient au prélat quelques évêques, que de
approché de son lit, le prince lui présenta la donner de l'argent au roi. » Anselme ne put
crosse. Ensuite on le conduisit dans l'église s'y résoudre.
voisine, où l'on fit les cérémonies ordinaires. 7. Ne sachant quelle conduite tenir à l'é
Son élection se fit le sixième de mars l'an gard du roi pour l'engager à concourir au plastiques.
1093, mais il ne fut sacré que le quatrième bon ordre de l'Eglise d'Angleterre, il pensa
de décembre suivant. Thomas, archevêque à abdiquer l'épiscopat. Mais quand il eut con-
d'York, en fit la cérémonie.

sulté 4 là-dessus Hugues, archevêque de Lyon,
hread 6. Anselme continua le même genre de son amis, celui-ci l'en dissuada. Au retour du

vie à Cantorbéry, qu'il avait mené étant voyage que le roi avait fait en Normandie, An-
abbé du Bec. Il s'occupait à instruire son selme lui communiqua le dessein où il était
people, à visiter son diocèse, à écrire pour d'aller à Rome recevoir le pallium. « De quel
la défense des dogmes de la religion, à sou- pape?» dit le roi.«Du pape Urbain,» répon-
lager les pauvres, à réformer les abus et les dit Anselme. Le roi dit : « Je ne l'ai pas
désordres. Mais il ne lui fut pas aisé de sa- encore reconnu pour pape. Nous n'avons
Cisfaire son zèle à cet égard, par l'opposition pas accoutumé, mon père et moi, de souffrir
qu'il y trouva de la part du roi. Ce prince, qu'on reconnaisse un pape en Angleterre
mécontent de son frère Robert, duc de Nor- sans notre permission, et quiconque vou-
mandie, parce qu'il ne lui payait point 'la drait m'ôter ce droit, c'est comme s'il vou-
pension convenue, pensait à lui déclarer la lait m'ôter la couronne. » Il s'éleva là-dessus
guerre. Il amassait à cet effet de l'argent de entre le roi et l'archevêque une contestation
tous côtés. Anselme, à la persuasion de ses dont la décision fut renvoyée à une assem-
amis, lui offrit cinq cents livres d'argento blée qui devait se tenir à Rockingham, le

11 pense à

1 Mabill., lib. LXVIII Annal., num. 88.
* Eadmer., lib. I Novor., pag. 38.

8 Ibid., pag. 39.

Anselm., lib. II, Epist. 21. - 8 Epist. 124.

Anselmo
peçoit le pal.
liom en 1095,

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onzième de mars 1095. Les évêques, donnant trois ans, au roi, son frère 3, pour une cer-
dans les sentiments du roi, firent ce qui dé- taine somme qui lui fut payée comptant.
pendait d'eux pour engager Anselme à re- Anselme y coniribua de la valeur de deux
noncer à l'obéissance d'Urbain; mais il de- cents marcs d'argent, qu'il avait tirés du tré-
meura ferme. Le roi irrité, ordonna aux sor de son église. Il en usa ainsi de l'avis
évêques de refuser à Anselme l'obéissance. des plus sages, nommément de Gondulfe,
Ils le promirent. Les seigneurs laïques, pres- évêque de Rochester, qui lui avait toujours
sés de faire la même chose, le refusèrent, été très-attaché. Mais de peur que cet exem-
déclarant qu'ils ne pouvaient, étant chré- ple ne tirât à conséquence pour ses succes-
tiens, se soustraire à sa conduite, vu qu'il seurs, il abandonna pour sept années à cette
n'était coupable d'aucun crime. Anselme, ne église les revenus d'une terre qu'il possé-
se croyant pas en sûreté en Angleterre, de- dait, afin de l'indemniser des deux cents
manda à sortir du royaume. Le roi soubai- marcs. Quelque temps après il fournit au roi
tait sa retraite; mais il aurait voulu qu'au- des troupes 4 pour l'expédition contre les
paravant on le déposât de l'épiscopat. Cela Gallois. Quoiqu'elle eût été heureuse, et
ne lui paraissant pas possible pour lors, il qu'il eût soumis ces peuples, il ne laissa pas
lui donna un délai jusqu'à la Pentecôte. de se plaindre qu'Anselme lui eût envoyé
Pendant ce temps-là ' il chassa d'Angleterre des soldats qui n'étaient point aguerris, et il
le moine Baudouin, confident de l'archevê lui ordonna de se tenir prêt à le salisfaire
que et son homme d'affaires; lui fit enlever sur ce point, suivant le jugement de sa cour.
son chambellan, sous ses yeux, et commit à L'archevêque ne répondit rien à celui qui
son égard beaucoup d'autres insultes. lui apporta cet ordre; mais considérant que

8. L'arrivée de Gauthier, évêque d'Albane, les désordres allaient toujours en augmen-
66.095 légat du pape Urbain, les suspendit pour un tant, qu'on continuait à piller les monastères

temps. Il apportait ? le pallium à l'archevê- et les églises, il prit le parti d'aller exposer
que; mais il commença par voir le roi, à tous ses maux au Saint-Siége, pour y appren-
qui, sous de flatteuses promesses, il per- dre comment il devait se conduire en cette
suada de reconnaitre le pape Urbain, et d'y occasion. Il demanda la permission au roi
engager tous ses sujets. Ce prince espérait d'aller à Rome. Elle lui fut refusée jusqu'à
que, par cette condescendance, il engagerait deux fois. Mais à la troisième demande, le
le légat à faire déposer Anselme par l'auto- roi l'accorda. Anselme partit au mois d'oc-
rité du pape. Il offrit même d'envoyer cha- tobre 1097, passa par Lyon où il vit le légat
que année à Rome une somme d'argent. Le Hugues, qui en était archevêque, et arriva
légat fut inflexible, et le roi, voyant qu'il ne à Rome quelques jours après Pâques, l'an-
pouvait réussir à faire du mal à l'archevê- née suivante 1098. Il était accompagné du
que, lui rendit en apparence ses bonnes grå- moine Baudouin, son confident, et d'Eadmer,
ces. Etant à Windsor à la Pentecôte de l'an moine de Cantorbéry, qui a écrit la vie du
1095, il envoya des évêques à Cantorbéry saint. Le pape Urbain II le logea deux jours
presser l'archevêque de lui faire un présent au palais de Latran, et lui permit ensuite de
à l'occasion du pallium; le prélat s'en ex- se retirer au monastère de Saint-Sauveur,
cusa : il ne voulut pas non plus recevoir le près de Télèfe, dans la terre de Labour,
pallium de la main de ce prince, disant que dont l'abbé Jean avait été son disciple en
la grâce lui venait du Saint-Siége, et non du l'abbaye du Bec.
roi. Le légat le mit donc sur l'autel de l'é- 10. Roger 6, duc de Pouille, ayant ouï par-
glise de Cantorbéry, où Anselme le prit le ler de l'archevêque de Cantorbéry, l'invita à vues
dixième de juin de la même année. Le roi le venir voir dans le temps qu'il faisait le dessis
lui rendit ses bonnes grâces, et ordonna le siège de Capoue. Le pape y vint en même
rappel de Baudouin en Angleterre.

temps, dans le dessein d'engager ce prince à
Ro. 9. Robert, duc de Normandie, ayant be- la paix. Le pape et Anselme eurent tout le

soin d'argent pour le voyage, de la Terre loisir de conférer ensemble pendant la durée
sainte, céda les revenus de son duché pour du siége, et passèrent encore ensemble quel-

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pape UI

conales
ri en 10

Il ya Ro-
me en 1097.

1 Eadmer., ibid., pag. 40, 13.

Ibid., lib. II, pag. 44, 45.
3 Eadwer., lib. II, pag. 45, 46.
* Ibid., pag. 46, 47, et lib. II Vitæ, pag. 17, 19,

* Ibid., pag. 61, et pag. 20, 21.

& Anselm. vit., lib. II, pag. 21; Histor. nov., lib. II,
pag. 61, 58, 54.

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