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Lettra Jean d'Or

247.

sout pas un mariage légitimement consacré, rées dans le canon qu'afin de faire com-
mais que l'on déclare simplement que le ma- prendre aux faibles qui ont peine à se per-

riage de ces deux personnes est nul suivant suader qu'ils reçoivent dans l’Eucharistie Epist. 243. les lois. Il déclare dans une lettre à Gualon, le corps et le sang de Jésus-Christ sous

évêque de Paris, que le mariage que l'on l'espèce des éléments, c'est-à-dire du pain
disait avoir été contracté entre deux enfants et du vin, parce qu'ils n'y aperçoivent que
qui sortaient à peine du berceau, était nul sui- la couleur et la saveur de ces deux substan-
vant les lois, des enfants à cet âge ne pouvant ces, que c'est un mystère dont on doit jager

se donner mutuellement la foi, ni connaître par les lumières de la foi, et non par le rap545. quel engagement ils contractaient. Yves con- port des sens. Il dit ensuite que, si ces paro

seilla à Hugues, comte de Troyes, qui était les ne se lisent point réellement dans l'Evan-
dans le dessein de vivre dans le célibat, de gile, elles y sont du moins virtuellement, et

ne point s'y engager sans le consenteinent qu'elles ont un rapport sensible à celles que 216. de sa femme. Il répondit à Lisiard, évêque Jésus-Christ dit à ses disciples quelque temps

de Soissons, que le mariage de celui qui avant la dernière cène, en parlant de la né-
avait épousé successivement les deux seurs cessité de manger son corps et de boire son
ne pouvait subsister, quoique le mariage sang : Les paroles que je vous ai dites sont esprit foto. 51, 6k.
avec la première n'eût pas été consommé.

et vie, c'est-à-dire : Vous les devez entendre 103. Il fait voir dans sa lettre à Jean, évê- spirituellement; le manger dont je vous parle léaux, epist. que d'Orléans, le tort qu'avait eu son Eglise n'est pas de la nature de ceux qui sont des

d'approuver un combat singulier entre le tinés à votre ventre, c'est l'aliment de l'âme.
comte d'Orléans et le seigneur de Beaugency, Yves dit encore qu'il n'est fait mention de
puisque l'Eglise, qui, dès sa naissance, a eu Melchisédech dans le canon, que parce que
ordre de répandre son propre sang, ne doit le sacrifice de la loi nouvelle a été figuré

point ordonner qu'on répande celui d'autrui. dans l'oblation du pain et du vin faite par Heb. vil, Epist. 259. Il écrit à Gilbert, archidiacre de Paris, que ce roi de Salem et prêtre du Très - Haut, Goa, 117, 18.

des personnes qui avaient favorisé ou pro- lorsqu'il bénit Abraham.
curé un adultère, ne pouvaient servir de té 103. Turgède, évêque d'Avranches, se Lettre à la
moins contre la femme adultère, parce que trouvait dans la nécessité ou d'offenser le tranches, ap.
les crimes doivent être prouvés par des té- roi, ou d'offenser le pape en n'obéissant
moins innocents, et que celui qui commet le point à ses légats. Yves lui conseilla d'obéir

crime, et celui qui y consent, sont dignes de la au légat, nonobstant la défense du roi, ou 951. même peine. Il loue un prêtre du diocèse de d'envoyer des députés à Rome faire ses ex

Meaux qui avait refusé de donner le viati- cuses au pape et lui ménager ses bonnes
que à un malade après dîner, parce qu'il grâces. Il raisonnait ainsi parce qu'il savait, Epist. 200.
avait coutume de vomir à cette heure-là, et comme il le dit dans sa lettre au chancelier
d'en avoir renvoyé l'administration au len- Etienne, que la coutume de l'Eglise romaine

demain, quand le malade serait à jeun. Il ne est de ne pas aller ouverlement contre ses are trouve point à propos qu’une femme que son décrets, mais que, quand les choses sont

mari soupçonnait d'adultère sans en avoir faites, elle tolère par dispense plusieurs fai-
aucune preuve, prouve son innocence par blesses en considération des personnes et

l'épreuve du fer chaud, mais uniquement des lieux. Yves avait obtenu un décret du 371. 288. par serment. Il avertit Raoul, abbé de Saint- pape portant défense aux dignitaires du

Fuscien, qui avait déjà reçu l'extrême-onc- chapitre de Chartres d'exiger quelque chose
tion, de ne pas la recevoir une seconde fois, des pauvres ecclésiastiques qui y étaient re-
parce que l'onction des malades est le sacre- cus chanoines. Deux du chapitre s'élevèrent
inent de la pénitence publique que l'on ne contre ce décret, et en portèrent leurs plain-

doit point réitérer non plus que le baptême. les au roi; ce fut une raison à Yves de prier Letiro i 104. Ponce, abbé de Cluny, lui avait de- le pape de confirmer ce décret, avec défense ny, opist. 262. mandé pourquoi, dans la consécration du expresse aux dignitaires du chapitre de con

calice, on dit ces paroles : Mystère de la tinuer leurs exactions. Dans une autre lettre, 27.
Foi, quoique Jésus-Christ ne les ait point il prie le pape de ne permeltre à aucun clerc
dites à la dernière cène, et qu'elles ne de l'Eglise de Chartres de posséder deux bé-
soient rapportées par aucun évangéliste. néfices; mais le principal motif de sa lettre
Yves de Chartres croit qu'on ne les a insé était de se plaindre des moines de Marmou-

réyae

d'A.

270.

l'abbé de Clu.

gard de Sois

l'abbé do

pag. 123.

tiers, qui, se défiant de la justice d'une affaire traire à la présence réelle. Yves l'explique
qu'ils avaient avec lui, n'avaient pas voulu de la sorte : ce père n'a point nié que ce
qu'elle fût jugée dans la province, et l'a- que nous recevons à l'autel fût le corps de
vaient cité à Rome. Il prie le pape de lui Jésus-Christ, mais son sentiment est que
donner des juges sur les lieux et dans le nous ne mangeons point ce corps à la ma-
voisinage de Chartres, à cause de sa mau- nière des autres viandes que nous coupons
vaise santé.

par morceaux. Il rapporte d'autres passages Lettrelli- 106. Un des clercs de l'Eglise de Soissons, où saint Augustin dit nettement que nous sess, epist. tombé dans une faute considérable, avait de- mangeons le même corps qui a été attaché

mandé la pénitence à Lisiard, son évêque; il à la croix, et que nous buvons le même sang
en fut rebuté. Yves de Chartres, à qui il com- qui est sorti du côté de Jésus-Christ.
muniqua sa peine, le renvoya à Soissons 108. La dernière lettre dans l'édition de lettre i
avec une lettre où il presse Lisiard de rece- l'an 1647 dont nous nous servons, est adres- Maratoncies ;
voir ce clerc à la pénitence, comme étant sée à Odon, abbé de Marmoutier, par Hugues,

son pasteur, ou de lui accorder permission abbé de Pontigny, et Bernard, abbé de ClairEpist. 98. de se retirer en une autre église. Il écrivit vaux; le nom d'Yves de Chartres n'y parait

au même évêque que le comle de Soissons point, et il semble qu'on ne l'ait ajouté au
ne devait pas être reçu à accuser sa femme recueil de ses lettres que parce qu'il y est
d'adultère sur de simples soupçons, ni l'o- dit que l'évêque de Chartres fut choisi pour
bliger à l'épreuve du fer chaud défendue arbitre avec le comte de la même ville, en
par les lois de l'Eglise, de même que le une affaire qui regardait l'abbaye de Mar-
combat singulier.

moutier, et celles de Pontigny et de Clair-
107. Les autres lettres d'Yves de Chartres vaux. Elle est de saint Bernard, et la trois
depuis la deux cent quatre-vingl-unième, ne cent quatre-vingt-dix-septième parmi ses
sont que des actes de donation' ou de pro- lettres.
tection de sa part et de son église. La deux 109. Muralori en a donné une d'Yves de
cent quatre-vingt-seplième à Haimeric, fut Chartres sur un manuscrit de la bibliothèque
écrite par Yves dans le temps qu'il n'était ambrosienne. L'auteur l'adresse à son bien-
que chanoine de Saint-Quentin; elle traite faiteur et seigneur, mais il ne le nomme pas; i
de l'Eucharistie. Haimeric lui avait demandé c'était apparemment quelque personnage de
si Jésus-Christ avait, dans la dernière cène, la première considération, qui l'avait reçu
donné à ses disciples son corps passible, et dans sa maison lorsqu'il alla à Rome, car il
si nous le recevons impassible. Yves répond témoigne dans sa lettre la douleur dont il
qu'il n'y a ni raison ni autorité à lui oppo- était pénétré lorsqu'il pense qu'il ne le re-
ser quand il assurera que les apôtres reçu- verra plus. Ce seigneur avait dans ses terres
rent le corps de Jésus-Christ passible, et un monastère de filles de bonne réputation.
que nous le recevons impassible; ils le reçu. Yves le prie de les prendre sous sa prolec-
rent indubitablement tel qu'il était alors, et tion, et de recevoir l'abbesse comme Jésus-
il était passible, puisque, en leur donnant son Christ. [Le tome CLXII de la Patrologie, col.
corps, il leur dit : Qui sera livré par vous. 286-290 renferme ou indique quatre autres
Nous le recevons aussi tel qu'il est mainte- lettres de saint Yves, qu'on ne trouvait point
nant, c'est-à-dire impassible, puisque l'apô- dans les éditions précédentes. La première
tre dit : Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts est adressée au pape Pascal II, au sujet du
ne meurt plus. Les apôtres, en le recevant monastère de Saint-Pierre de Chartres. Doin
passible, ont annoncé sa mort, comme, en le Mabillon avait déjà la seconde, qui est adres-
recevant impassible, nous faisons mémoire sée à la comtesse Adèle. Le saint évêque
de sa mort. Ainsi, dans ces deux différentes loue la comtesse de l'intention qu'elle mani-
manières de recevoir le corps de Jésus- festait de réformer le monastère de Saint-
Christ, s'est accompli ce qu'il a ordonné en Martin de Veaux. Dans la troisième, écrite à
instituant l'Eucharistie : Faites ceci en - Geoffroi, abbé de Vendôme, il dit qu'on ne
moire de moi. Haimeric était embarrassé sur doit point réitérer l'onction faite aux infir-
un passage de saint Augustin qui parait con- mes. Cette lettre est reproduile au tome

Actre letres ca actes de desaties.

Lettre d'Y res do Cbar : tre!, tom 110 Anecdot. Moratori, pag.

182. Quatre PA, autreslut.

tres.)

UN

· Dans l'édition des euvres de saint Yves, doupées
aux tomes CLXI et CLXII de la Patrologie, on a séparé

les chartes des lettres; les chartes ou diplômes sont
au nombre de six. (L'éditeur.)

Serla Dédica

Discaens sur la coa

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Te:ta

Discours sur le Bapte. ine.

CLXVII de la Patrologie ; c'est la vingtième que ces ornements ont avec les meurs des
du 11° livre. La quatrième est adressée à prêtres, soit par leur variété, soit par l'or et
Guillaume, archevêque de Rouen. Cet arche- les pierreries qui brillent sur ces ornements.
vêque lui avait demandé son avis au sujet Yves reprend les choses dès l'origine, c'est-
d'un homme qui s'était fait ordonner sous- d-dire dès le temps que Moïse, par l'ordre
diacre sans avoir reçu la bénédiction clérie de Dieu, fit faire des ornements pour Aaron
cale. Yves répond qu'à s'en tenir à la rigueur et ses enfants, destinés au service du taber-
de la justice, il pourrait défendre à ce clerc nacle.
d'exercer ses fonctions et l'empêcher de mon 4. Le quatrième discours est sur la dédi- Discours
ter à des degrés supérieurs. Cependant il cace d'une église. Yves le commence par mon- ce.
peut aussi le dispenser, en ayant égard à sa Irer comment se doit faire la dédicace du
bonne conduite, et aux services qu'il peut temple spirituel de Dieu, qui est notre cour;
rendre à l'Eglise. Il pourra donc le faire as- ensuite il explique tous les mystères renfer-
sister aux ordinations des clercs, non pour més sous les rits de la consécration des tem-
élre réordonné, mais pour être confirmé ples matériels; ces cérémonies sont à peu
dans les ordres qu'il a reçus par les paroles près les mêmes qu'aujourd'hui.
qui s'y rapportent. Il envoie à Geoffroi une 5. Il fait voir dans le cinquième discours
dispense du pape Alexandre II sur un pareil l'accord de l'Ancien Testament avec le Nou- corte de
sujet.]

veau, et comment ce qui a été prédit dans meots. § IV.

la loi ancienne s'est accompli dans la nou

velle en Jésus-Christ et dans l'établissement Des sermons d'Yves de Chartres.

de son Eglise. Parlant du sacrement de con1. Il nous en reste vingt-quatre ', dont le firmation, il dit qu'il se confère par l'imposipremier fut prononcé dans un synode. Il a tion 3 des mains et le saint chrème. Yves expour titre : Des sacrements des Néophytes, parce plique dans le même discours toutes les parqu'il y est parlé du baptême et de toutes les ties de la messe. cérémonies qui le précèdent, qui l'accompa 6. Dans les suivants, qui sont sur la nais- Dienors gnent et qui le suivent; du Sacrement de Con- sance, la mort de Jésus-Christ, son dernier avé- Sanca de firmation et de celui de lEucharistie, car on nement, sa circoncision, il donne des raisons donnait encore ces trois sacrements de suite. de l'incarnation du Fils de Dieu et de sa mystères. Yves fait voir que l'Eglise a eu ses sacre- mort, savoir, le salut du genre humain; son ments dans tous les âges, mais que ceux de premier avénement a été pour justifier les la loi ancienne n'étaient que des figures des impies, le second sera pour les condamner sacrements de la loi nouvelle.

et rendre heureux les justes; s'il s'est sou2. Le second fut aussi récité dans un sy- mis à la circoncision, ç'a été pour accomplir lenco des or node. Yves y traite de l'excellence des or- la loi de Moïse dans tous ses points. onr la vie ei dres et de la vie pure et bumble que doivent 7. Le sermon sur l'Epiphanie renferme des ecclesias. mener ceux qui y sont promus; il entre dans l'explication des trois mystères réunis en nie. la Pori

le détail de tous les degrés du sacré minis- cette fête, l'adoration des mages, le baptême
tère, marquant l'office de chacun, la diffé- de Jésus-Christ dans le Jourdain, le change-
rence des évêques d'avec les prêtres, et les ment d'eau en vin aux noces de Cana. Yves
cérémonies de l'ordination. Il dit que Jésus- croit que les mages étaient des philosophes,
Cbrist fit les fonctions de prêtre lorsque, qui avaient appris par des expériences à
dans la dernière cène, «il changea du pain connaître par les astres les événements. Il
et du vin ? en son corps et en son sang, » et parle, dans le sermon sur la Purification, de
ordonna à ses disciples de faire la même la bénédiction des cierges que les fidèles apo
chose en mémoire de sa passion.

portaient à l'église, et qu'ils offraient aux
3. Ce fut encore dans un synode qu'Yves prêtres pendant la messe, en mémoire de la

de Chartres prononça son troisième discours; présentation de Jésus-Christ au temple. nements da- il roule sur les significations mystiques des 8. Il fait remarquer dans lIntroït de la

Bor la Sepe ornements sacerdotaux, ou sur le rapport messe du dimanche de la Septuagésime, que luagés mees

sa

sance

et la

sus-Chr'st, et divers autres

Discours

dres

sacrés,

Discours sur l'Epipha

les

Derrira

tiques.

fication.

Discogs sor les Signi fications mys

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Cerdutaus.

1 ll y en a vingt-cinq maintenant. (L'éditeur.)

* Hoc officio usus est Dominus Jesus Christus, quando post cænam panem et vinum in corpus et sanguinem suum commutavit. Yvo, Serm. 2.

3 Per manus impositionem sacro chrismate ad eumdem agonem fortiter tolerandum contra spirituales nequitias confirmantur. Yvo, Serm. 5.

le Commerce neol du Ca

Discours sur l'Oraison dominic1.0. lo Symbole des

Mondanité

(sur la

Fête

er l'Anosestca, les Palors la

fete de Pi

l'Eglise déplore la mort à laquelle le péché que le concile d'Euhèse, qui était composé
du premier homme nous a rendus sujets, et d'évêques grecs pour la plupart, a aussi en-
c'est pour mieux exprimer cette douleur, seigné que le Saint-Esprit procède du Père
qu'elle supprime dès ce jour l'alleluia, qui et du Fils. Il dit dans le discours sur la Chaire
est un chant d'allégresse. Au commence- de saint Pierre, que c'est sur cet apôtre que
ment du carême l'Eglise invitait les pécheurs Jésus-Christ a fondé son Eglise, parce qu'il a
à pratiquer la pénitence, et à la commencer mérité, par la confession de la divinité de Jé-
par la confession de leurs péchés; à vivre en sus-Christ, d'avoir la solidité et la fermeté
ce saint temps dans la pratique de toutes les de la pierre.
vertus, et l'éloignement de tous les vices; 11. Il donne dans le discours sur l'Oraison
c'est, comme le dit Yves de Chartres, un dominicale, une explication très-belle et très-
purgatoire par lequel elle les fait passer solide de cette prière; on doit porter le
pour effacer éternellement leurs péchés. Elle même jugement de son explication du Sym- az ötres, de la
retranchait encore alors de son sein les bole des apôtres. Son dernier discours est desbabits.
grands pécheurs, et les obligeait à demeu contre le luxe des hommes et des femmes d'un martyr.]
rer au dehors de l'église, couverts de cilice qui s'imitaient mutuellement dans leurs ha-
et de cendres pour expier leurs fautes, et bits et dans leurs parures. Il rapporte un
ensuite les réconcilier et les admettre à la long passage de saint Cyprien, où il invec-
participation des sacrements. Le sermon sur tive contre ceux et celles qui, en se peignant
le premier dimanche de Carême est une expli- le visage par des couleurs étrangères, défi-
cation toorale de l'Evangile du jour. Yves y gurent l'image de Dieu.
exhorte les personnes mariées à passer ce (Les bénédictins, éditeurs des sermons de
temps dans la continence.

saint Augustin, nous apprennent que le serThiscours 9. Le discours sur l'Annonciation, qui est mon pour un martyr qui commence par ces

le quinzième, traile du mystère de l'Incar- mots : Triumphalis B. martyr., et qu'on
nation et de la rédemption du genre humain; trouve dans l’Appendice des sermons de ce
Yves y fait l'éloge de la sainte Vierge, dont père, tome XXXIX de la Pairologie, col.
il propose la pureté et les autres vertus pour 2158, appartient à saint Yves de Chartes. Il
modèles. Il dit dans le sermon sur le diman- est dans le bréviaire romain sous le nom de
che des Rameaux, que c'est pour imiter ce saint Augustin, mais le style en est une
qui se passa à l'entrée triomphante de Jésus preuve qu'il ne saurait être de lui. Les mè-
Christ dans Jérusalem, que les fidèles por. mes éditeurs nous avertissent qu'ils l'ont
tent une palme en leur main à la suite de la trouvé dans un ancien manuscrit de l'ab-
croix pendant la procession. Dans le sermon baye de Saint-Germain-des-Prés, où il est
sur la Cène, il remarque que le jeudi saint mêlé aux autres sermons d'Yves de Chartres.]
était destiné à la réconciliation des pénitents, 12. Tous ces discours, hors les trois der Editions d'o
qu'on l'avait fixée en ce jour, parce que Jé- niers, ont été imprimés par les soins de
sus-Christ y avait donné à ses disciples le Melchior Hittorpius, parmi les Ecrivains des
corps et le sang qu'il devait livrer pour la Offices divins de l'Eglise catholique, à Cologne,
rédemption de nos péchés; et que, pour en 1568, in-fol.; à Rome, en 1591, in-fol.; et
cette raison, on accordait la communion à dans le dixième tome de la Bibliothèque des
tous les fidèles; on faisait le même jour le la. Pères, à Paris, en 1624. Le père Cumbefis
vement des pieds. Il semble dire que, pen- les croyait de Fulbert de Chartres, fondé
dant le jour de Pâques et les six suivants, sur un endroit du soixante-neuvième sermon
tout le monde s'habillait de blanc pour rap de '(saint] Pierre Damien.
peler la pureté de corps et la joie que l'on
devait conserver à l'occasion de cette fête.

& v. Disceart 10. Le sermon sur l'Ascension ne contient

De quelques ouvrages attribués à Yves en la res: que l'explication du mystère. Dans celui de

de Chartres. Chinese de la Pentecôte, Yves rapporte un passage du

célèbre Didyme l'Aveugle, qui est formel 1. On trouve sous son nom dans le corps
pour la procession du Saint-Esprit, du Père des Historiens de France, par André Duchesne, depuis Nous
et du Fils, et il le cite exprès, afin que les et dans les collections de Frébérus et de lo. Debonuai-
Latins ne s'imaginent pas que tous les Grecs
leur sont contraires en ce point. Il soutient

ses discours,

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Pietre.

res en ce point. Il soutient Tom. II Op., pag. 168, serin. 69, in Dedicatione.

Chron'que

jusqu'a Louie le. Debongai. ro.

Lambécius, une partie d'une Chronique qui laume, archevêque de Rouen, c'est la cent
commence à Ninus, roi d'Assyrie, et finit à quatre-vingt-cinquième. On cite • d'Yves de
Louis-le-Débonnaire; mais on a reconnu de Chartres un commentaire manuscrit sur les
puis que c'était l'ouvrage de Hugues de Psaumes, et un traité sur l'Excommunication,
Fleury, et que l'erreur provenait de ce que où il fait voir 5 qu'on ne doit point éviter les
celte Chronique porte en tête une lettre de excommuniés qui ne le sont point notoire-
Hugues à Yves de Chartres, dans laquelle il le ment et nommément.
prie de lire et de corriger sa Chronique. On n'a (Jean Prévost, chanoine de l'église de
pas jugé à propos de faire entrer cette Chro- Rouen, a publié à Rouen, en 1679, à la suite
nique dans le recueil des ouvrages d'Yves, du traité des Offices de l'Eglise de Jean, évê-
et l'éditeur a eu soin d'en donner la raison que d'Avranches, dans la suite archevêque
que nous venons de rapporter. Dom Mont de Reims, six autres sermons sur les Devoirs
faucon'cite des manuscrits où elle porte le des Pasteurs. Les ayant trouvés dans un ma-
nom d'Yves de Chartres. [L'auteur vivait en nuscrit qui contient d'autres sermons de
1108, et son récit, quoiqu'on y rencontre de saint Yves, il a conjecturé qu'ils pouvaient
nombreuses fautes, est plus méthodique que appartenir à cet évêque; mais les bénédic-
beaucoup d'autres. Les bénédictins l'ont in- tins, éditeurs de l'Histoire littéraire, pensent
sérée, en la morcelant, dans divers volumes qu'ils sont plutôt d'Hildebert, évêque du
de leur recueil. André Duchesne l'avait tirée Mans. « On voit, disent-ils, que l'auteur de
d'un parchemin du monastère de Fleury. ces sermons était un homme judicieux, très-
Les éditeurs des Mémoires relatifs à l'histoire versé dans l'étude de l'Ecriture, des Pères et
de France ont traduit la portion qui se rap. des Conciles, qui avait de la piété, du discer-
porte aux premiers rois de la troisième race, nement et une grande connaissance de toutes
depuis l'avénement de Hugues Capet jusqu'à ses obligations; il écrivait assez bien pour le
la mort de Philippe 2. Le tome VII, pag. 31- temps où il vivait. Tous ces caraclères, joints
58, de cette collection, contient la traduction à d'autres circonstances, nous font naitre la
d'une partie de celle Chronique.]

pensée que ces sermons pouvaient bien être Chronique 2. Mais dom Luc d'Achéry en a mis une d'Hildebert, évêque du Mans 6. Ils sont re

autre plus courte et qui ne parle que des produits au tome CXLVII de la Patrologie,
rois de France depuis Pharamond jusqu'à col. 219 et suiv.)
Philippe ser : elle avait été déjà imprimée
avec les lettres d'Yves, par les soins de

S VI.
Pierre Pithou et de François Juret, à Paris,

Du Micrologue ou des observations sur les
en 1585, in-4', et 1610, in-8°. On ne la croit

Rits et les Offices ecclésiastiques.
ni digne de foi, ni d'Yves de Chartres. [Elle
est reproduite au tome CLXII de la Patrolo 1. Henri Warthon, dans son supplément à
gie, col. 611-616.]

Ussérius sur les Ecritures, cite un livre 7 ma- auteur du M 3. Jacques Petit, parmi les anciens monu- muscrit sous le nom d'Yves, intitulé : des

ments qu'il a fait imprimer à la fin du Péni- Offices ecclésiastiques, et dit que ce livre est tres. (Six ser: tentiel de Théodore de Cantorbéry, rapporte le même que le Micrologue imprimé tant de

une sentence d'Yves de Chartres contre les fois, et dont jusqu'ici on n'a pas bien connu
dignitaires de son Eglise qui commettaient l'auteur; mais dans les imprimés il n'est
des exactions envers les cbanoines nouvelle composé que de soixante-deux chapitres, et
ment reçus, et une autre touchant les droits il en contient soixante-onze dans le manus-
de l'Eglise d'Hienville. On ne lit point ces crit de Warthon; les huit premiers man-
deux pièces dans l'édition des auvres d'Yves, quent dans nos éditions; ils traitent des vigi-
à Paris, en 1647, mais on y trouve deux de les de la nuit, des matines ou laudes, des
ces lettres publiées par dom Luc d'Achéry 3, leures de prime, de tierce, sexte, none, vê-
l'une à Bernet, abbé de Bonneval, c'est la pres et complies. Le neuvième chapitre est
deux cent vingt-quatrième; l'autre à Guil- de lIntroït de la messe; c'est par ce chapitre

des rois de France.

Yres d Chitres et

crologue

Autres écrits attribués à Yres de Chur:

mons Ini sont faussement al. tribués.]

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1 Montfauc., Bibliot. Bibliot., pag. 18 ct 1134.
2 Tom. VII de la collection des Mémoires relatifs

ollection des Mémoires relatifs
à l'histoire de France, pag. 31. (L'éditeur.)

3 D'Achéry, ad Guibert. Novigent., pag. 664, 689. • Oudin, de Scriptor. Eccles., tom. II, pag. 875.

5 Sanderus, Bibliot. Belg. manuscr., pag. 33.
6 Histoire littéraire, tom. X.

7 Warthon., in Aucluario ad Usser ium de scriptu-
ris sacrisque vernaculis, pag. 359.

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