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que le Micrologue commence dans les impri- ration à la messe, va à l'autel, et avant d'y
més; à la tête de l'ouvrage, dans le manus- monter fait la confession de ses péchés ;
crit de Warthon, on lit le nom d'Yves avec pendant ce temps le choeur chante l'introït, Cap. s.
le titre d'évêque de Chartres, ce qui ne laisse ainsi appelé, parce qu'on chante l'antienne
aucune équivoque. Ce qui prouve encore de ce nom lorsque le prêtre entre à l'autel;
qu'il est auteur de cet écrit, c'est qu'au rap- c'est le pape Célestin qui a ordonné qu'on
port de Warthon, l'écriture du manuscrit est chanterait cetle antienne; avant son pontifi-
à peu près du temps auquel Yves vivait, cat, on se contentait de lire une épilre lirée
c'est-à-dire de la fin du xie siècle ou du com- de saint Paul et quelque endroit des Evan-
mencement du XII°. Après ces preuves, il est giles. Viennent les litanies ou Kyrie eleison, et it.
inutile de rapporter les différents sentiments le Gloria in excelsis aux jours où nous disons
que l'on a eus sur l'auteur du Micrologue. Il Dominus vobiscum, suivis d'une ou plusieurs
est visible' qu'il écrivait peu après la mort oraisons, mais rarement au-delà de sept; elles ir.
de Grégoire VII, c'est-à-dire après l'an 1083, sont ordinairement tirées du Sacramentaire
circonstance encore favorable à Yves de de saint Grégoire. En Afrique, on n'en réci- r.
Chartres.

tait point du temps de saint Augustin qui Editings do 2. La première édition du Micrologue est n'eussent été approuvées dans les conciles;

due à Jacques Lefèvre d'Etaples , qui le fit elles doivent toujours être adressées au Père
imprimer à Paris chez Henri Etienne, en selon les préceptes de Jésus-Christ qui, en-
1510, in-4°, sous le nom de Bernon, abbé de seignant à ses disciples la manière de prier :
Richenow. On le remit sous presse en la Voici, leur dit-il, comment vous prierez: No- vi.
même ville, chez Guichard Soquard, en 1527, tre Père, etc., mais on doit les terminer en
avec le traité d'Eckius sur le Sacrifice de la disant par Notre Seigneur, c'est-à-dire prier Juan, xv, 29.
messe, en un volume in-24. Jean Cochlée en le Père par le Fils, qui nous promei lui-
fit une troisième édition à Mayencs, dans même l'effet de nos prières, si nous deman-
son Miroir de l'ancienne dévotion envers la dons au Père en son nom. Dans les exorcis-
messe; mais il n'y fit entrer que les vingt- mes, au lieu de finir l'oraison en cette ma-
deux premiers chapitres du Micrologue, qui nière, par Notre Seigneur, nous disons, par
regardent particulièrement la célébration de celui qui viendra juger, afin de conjurer le Cop. vlt.
la messe; les éditions de Venise en 1527, et diable par le jugement de Dieu.
de Rome en 1590, furent faites sur celle de 4. L'Eglise romaine permet aux seuls sous- vit.
Cochlée. Pamélius ? ne fut point rebuté par diacres, parmi les degrés inférieurs, de chan-
ce grand nombre d'éditions du Micrologue, ter l'épître revêtus des habits sacrés; c'est
parce qu'elles n'en faisaient connaître qu'une une indulgence, il serait mieux que le prê-
partie. Il augmenta la sienne de quarante tre la lût lui-même; les canons défendent
chapitres, et la fit paraître à Anvers en 1565, aussi à d'autres qu'à ceux qui sont destinés
in-8°. Si le privilége de cette édition dit que par l'Eglise, de chanter les psaumes en pu-
c'est la première fois que l'ouvrage est donné blic, ou l'Alleluia, ou de lire, ou d'exorciser.
au public, il faut l'entendre de l'ouvrage tout Lorsque le diacre chante l'évangile sur l'am- ..
entier, comme on le croyait alors, car il y bon, tous les assistants se lèvent, et ils se
manquait les huit premiers chapitres, comme tournent au midi, qui est le côté destiné aux
on vient de le dire. Trois ans après, c'est-à- hommes dans l'église, el non au septentrion
dire en 1568, Melchior Hittorpius lui donna où les femmes sont placées. En quelque en-
place dans son recueil des Ecrits liturgiques. droit on a renversé cet ordre, et contre l'u-
On l'a inséré depuis dans les Bibliothèques sage de l'Eglise romaine, le diacre se tourne
des Pères, il est dans le dix-huitième tome vers le septentrion. Lorsque le diacre monte
de celle de Lyon. [Il a passé de là au tome sur l'ambon, il est précédé de l'encens, et,
CLI de la Patrologie, col. 974-1022.]

avant de lire l'évangile, il fait le signe de la Analyse do 3. On peut le distinguer en deux parties, croix sur son front et sur sa poitrine, tant

vui dont la première regarde la célébration de pour marquer qu'il ne rougit point de l'Evan3. p. 172. la nesse selon le rit romain, reçu le plus gile, que pour chasser les mauvaises sugges

communément partout. Le prêtre, après avoir tions du démon, qui pourrait empêcher le récité les psaumes et les prières de la prépa- diacre d'annoncer l'Evangile d'un caur pur.

Eas. Pa

· Microlog., cap. XIV et XXIV. - ? Pamel., præfat.

in Microlog., tom. XVIII Bibliot. Pat., pag. 471.

s sur le corporcótë droit du pain;

tiques sous di

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Cap. z. 5. Aussitôt après la lecture de l'évangile, jours être en nombre impair; et pour la

on fait l'oblation, pendant laquelle on chante quantité, l'auteur s'en rapporte à ce qu'il en l'antienne nommée Offertoire; on met les avait appris du Siége apostolique qu'il avait oblations sur le corporal, le calice où il y a vu occupé par Grégoire VII, instruit luidu vin mêlé d'eau au côté droit du pain, même exactement de tous les rits ecclésiascomme pour recevoir le sang qui a coulé du tiques sous dix de ses prédécesseurs, ayant côté du Sauveur : car ' nous ne doutons pas été élevé et nourri à Rome. Le prêire, à l'i- Cap. 25. que le pain ne soit changé au vrai corps de mitation du Sauveur, bénit le pain et le vin; Jésus-Christ, et le vin en son sang. On cou- et pour faire une mémoire plus marquée de vre le calice, non par aucune raison mysté- sa passion, outre ce qu'il en dit dans le carieuse, mais par précaution. L'oblation faite, non, il tient toujours ses bras étendus en le prêtre dit cette prière marquée dans l'or- forme de croix et ses mains ouvertes, sans dre gallican : Veni, Sanctificator, etc. On in- plier ni fermer les doigts, comme font quelfère de cet endroit que l'auteur était fran- ques-uns par trop de précaution; seulement xvi.

çais. En plusieurs autres il fait voir qu'il n'é- il a soin de ne toucher avec ses doigts que xi. crivait point à Rome. Il remarque que dans le corps de Jésus-Christ. Après l'Oraison do

l'ordre romain il n'y a point de prière entre minicale il rompt l'hostie en trois parties, l'oblation et l'oraison secrète, au lieu qu'à la dont il en met une dans le calice; la seconde précédente nous en ajoutons une autre qui est pour lui, il la doit prendre avant de boire commence ainsi : Suscipe, sancta Trinitas. le calice; il réserve la troisième pour la comAprès la secrète, suit la préface, puis le ca- munion du peuple ou des malades. non de la messe. On ne doit point la célébrer 8. Mais avant la communion, les fidèles se xym. sans lumières, c'est-à-dire des lampes ou des donnent la paix, afin que personne ne comcierges allumés, non pour chasser les ténè- munie avant de s'être réconcilié avec son bres, puisqu'on la célèbre en plein jour, mais frère. Pendant la communion on chante une pour représenter cette lumière divine dont antienne prise du même psaume que l'Innous célébrons les sacrements, et sans le se- troït, s'il n'y en a pas une propre; et s'il est cours de laquelle nous sommes à midi comme nécessaire, on y joint le Gloria Patri. En disà minuit.

tribuant la communion, le prêtre dit : Le corps . 6. On ne sait point qui a composé le canon et le sang de Jésus-Christ, etc., car on comde la messe, mais les pères y ont ajouté plu- muniait sous les deux espèces, et il était désieurs choses, entre autres saint Grégoire et fendu de tremper l'hostie consacrée dans le saint Léon; le premier ayant ordonné qu'on sang de Jésus-Christ : cela ne se faisait que y réciterait l'Oraison dominicale, quelques- le jour du vendredi saint, où, selon l'ordre uns en murmurèrent; le saint pape leur ré- romain, le prêtre jette une partie de l'hostie pondit qu'il y aurait de l'indécence à omet- consacrée de la veille dans le calice où il n'y tre une prière que l'on croyait avoir été or- a que du vin non consacré, afin que le peudonnée par les apôtres dans la célébration ple puisse communier pleinement. La comdes mystères, tandis que l'on y disait celle munion est suivie d'une ou plusieurs oraiqu'un certain scolastique avait composée. sons en même nombre qu'avant l'épître et En certains jours de fête comme à Noël, l'E- avant la préface; puis le prêtre ou le diacre piphanie, Pâques, l'Ascension et la Penle- dit : Benedicamus Domino, ou Ite Missa est, si côte, on en fait mémoire dans le Communi- c'est un jour de fête où l'on doive dire le cantes, mais on n'y doit rien ajouter à ce qui Gloria in excelsis. Si l'évêque est présent, xx. a été réglé par les saints pères, pas même le c'est lui qui bénit le peuple; sinon, la bénénom de quelque autre saint que de ceux qui diction se donne au peuple par le prêtre céy sont nommés. Toute prière particulière doit lébrant. Suivent dans le Micrologue les priè- . aussi être retranchée, et c'est inutilement res que le prêtre doit réciter après la messe; qu'après les noms du pape et de l'évêque dio. puis un ordre particulier de la messe avec le sit. césain, l'on ajoute et omnibus orthodoxis, etc. canon en entier, et les rubriques des céré

7. Quant aux signes de croix que l'on monies qui accompagnent la récitation du doit faire sur les oblations, ils doivent tou. canon et du reste de la messe.

ZIU.

XIV.

1 Nam oblatam sive panem in verum Christi corpus, sicut et vinum in sanguinem dominicum converti non

dubitamus. Microlog., cap. X.

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Cop. EXIT. 9. La seconde partie traite de diverses au- 11. Dans la concurrence de deux fêles à Cap. xlii.

tres pratiques de l'Eglise sous le pontificat de neuf leçons, on fait de la plus solennelle avec
(saint] Grégoire VII. Ce pape, remarquant que commémoraison de l'autre, ou on la trans-
l'on ne s'accordait point en toutes les Eglises fère à un autre jour. Grégoire VII donna un xli.
sur le jeûne des Quatre-Temps, fixa celui de décret portant que l'on célébrerait partout
mars ou du printemps à la première semaine la fête de tous les papes martyrs, et l'on
de carême, comme cela s'était pratiqué an- trouve des offices pour plusieurs d'entre eux

ciennement, et celui d'été, à la semaine de dans le graduel de saint Grégoire. On ne doit IIT, III la Pentecôte. Il ne décida rien sur les Qua- faire des octaves que des saints à qui la tra

tre-Temps d'automne et d'hiver; celui-ci, dition des pères rend un témoignage. Le
suivant la tradition de l'Eglise romaine, se Credo, suivant les canons, se dit chaque di XLIV.
célèbre la troisième semaine de l'avent, et manche à toutes les fêtes du Seigneur, de la
l'autre, la troisième de septembre. Le Mi- sainte Vierge, des apôtres, de la sainte
crologue rapporte en détail les parties de l'of. Croix, de tous les saints, et au jour de la dé-
fice des Quatre-Temps, el des quatre diman- dicace. A la Septuagésime on commence la xlvi.
ches qui les suivent immédiatement; ils se lecture de l'Heptateuque; si la Purification ILVII.
prennent ordinairement de la quatrième férie tombe après ce dimanche, on en fait l'office xlvin
précédente, parce qu'anciennement ces di- à l'ordinaire en retranchant seulement Al-
manches n'avaient aucun office, à cause qu'ils leluia.
étaient occupés par les ordinations; mais 12. A la tête du carême, ou le mercredi xlii.
depuis on a remis les ordinations au samedi, et des cendres, on dit la messe à none, el tout
pris l'office de la quatrième férie pour servir se fait comme en carême. La raison en est
le dimanche.

que ces quatre jours ayant été ajoutés pour 111. 10. En Avent, on ne dit ni le Te Deum ni le compléter le jeûne de quarante jours, il est

Gloria in excelsis, ni Ite Missa est, si ce n'est nécessaire de les passer dans l'observance
qu'il arrive la fête d'un apôtre, ou la dédi- prescrite en carêmie; ainsi l'on commence
cace d'une église; et jusqu'à la Pentecôte, on dès ce jour à ne manger qu'après vêpres, au
ne fait pas mémoire de la Croix à vepres ni à lieu que dans les jours de jeûne pendant
matines; ceux qui en font mémoire depuis la l'année, on mange après none. Les préfaces 1.15.
Purification jusqu'à la Sepluagésime, ne pen- de la messe dans le Micrologue sont les mê-
sent pas que l'office de ce temps-là a plus de mes que celles que nous disons pendant les
rapport à l'enfance de Jésus-Christ qu'à sa quatre premières semaines et au dimanche
passion. On n'est point uniforme sur l'évan de la Passion; chaque dimanche de carême,
gile du premier dimanche de l'avent : quel les fidèles communient. Depuis le dimanche un.
ques-uns lisent le chapitre de saint Luc qui de la Passion jusqu'à Pâques on cesse de
commence parces paroles: Erunt signa, usage dire le Gloria Patri après les répons, et le
dont ils n'ont d'autre raison sinon que c'est Venite exultemus. Le samedi saint, on bénit lin.
le sujet de la première homélie de saint Gré- le cierge pascal : cette fonction appartient au
goire sur les Evangiles. L'évangile du jour diacre. Pendant l'octave de Pâques on attri-
des Palmes, Cum appropinquaret, tiré de saint bue aux fidèles des morceaux de ce cierge.
Matthieu, convient mieux, et il est ordonné Il y a un office particulier pour la Pâque an- lvi.
pour le premier dimanche de l'avent par le notine, ainsi appelée, parce que ceux qui,

livre intitulé : Comes ou Lectionnaire, attribué l'année précédente, avaient été baptisés à TITIL, SIIHI, à saint Jérôme. Le Micrologue fait aussi quel- Pâques, s'assemblaient au même jour l'année

i ques remarques sur la disposition des offices suivante dans la même église où ils avaient de l'avent, sur la nuit de Noël, sur l'office de reçu le baptême. la fête de saint Etienne et des Innocents, 13. Il n'y a rien de bien remarquable dans qu'on célèbre, dit-il, avec moins de solen- ce qu'on lit touchant les litanies, les roga- b's, td. nité, car bien qu'ils aient souffert le martyre, tions, l'office de la semaine et de l'octave de ils ne parvinrent pas aussitôt à la gloire dont la Pentecôte; mais on voit par ce qui y est dit

l'entrée ne fut ouverte que par l'ascension de de l'office de la sainte Trinité, que l'on n'en ru, Jésus-Christ au ciel. L'auteur conlinue ces faisait point la fête à Rome dans le commen

observations sur l'office du dimanche et de cement du XI° siècle, et qu'on n'approuvait
l'octave de la Nativité, sur la fêle de l'Epi- pas même qu'on la fit ailleurs en un jour parti-
phanie et les dimanches qui suivent. culier, parce que chaque dimanche, ou même

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Coneil., pag.

Jugement du Microlo

écrits d'Yves de Chartres.

sur la lettre

soit ple.dir.

tous les jours, on fait mémoire de ce mys- décesseurs avaient toujours rendue aux ar-
tère dans l'office de l'Eglise. La coutume de chevêques de Cantorbéry, comme primats
l'Eglise romaine est aussi de faire exacte- de toute l'Angleterre. Ce droit était mieus
ment l'office de chaque dimanche, si ce n'est appuyé que ne le pensait Yves de Chartres, Tom. IX
qu'en ce jour il arrive une fête solennelle, qui, apparemment, ne se souvenait pas de 1911.
comme de saint Jean-Baptiste ou de saint ce qui avait été décidé à Windsor, à la Pen-
Pierre.

tecôte de l'an 1072, parties ouïes, c'est-à14. Voilà en substance ce que contient le dire après l'examen des raisons alléguées quo et antres Micrologue. Yves de Chartres ne se contente d'un côté par Lanfranc, archevêque de Can

point d'y rapporter la liturgie et toutes les torbéry, et de l'autre par Thomas, archevê-
cérémonies des offices divins à la lettre; il que d'York, savoir que celui qui serait élu
en donne encore des raisons mystiques qui, archevêque d’York, après avoir reçu du roi
la plupart, sont très-solides; il s'est servi le don de l'archevêché, recevrait de l'arche-
dans cet ouvrage des livres liturgiques écrits vêque de Cantorbéry l'ordination canonique,
par les anciens, nommément par saint Gré. Lanfranc avait démontré que tel avait été
goire, par Amalaire, et par d'autres. Il a l'usage depuis saint Augustin, apôtre de l'An-
puisé, comme beaucoup d'écrivains de son gleterre.
siècle et des précédents, dans les fausses Dé- 15. La lettre suivante, qui est la deux cent Remarque
crétales, pour appuyer les rits qu'il voyait soixante-dix-septième, adressée à Aldebert dear cent
en usage de son temps, mais qui viennent ou Hildebert, évêque du Mans, parait très- septième.
d'une source plus pure. Quoiqu'il cite aussi désavantageuse à cet évêque, puisque Yves
dans ses lettres les fausses Décrétales, ce de Chartres dit avoir appris qu'avant d'être
n'est pas sur leur autorité qu'il fonde ses dé- promu à l'épiscopat, mais étant archidiacre,
cisions; c'est sur l'Ecriture sainte, sur les il était tombé dans des excès honteux contre
canons des conciles, sur les témoignages des la chasteté; mais il faut remarquer to que
pères, sur les lois des princes, sur les lumiè- Yves ne dit point qu'Hildebert fût coupable
res de la raison. Il emploie tous ces moyens de ces excès, et seulement qu'il l'avait ouï
pour résoudre les difficultés qu'on lui propo- dire; 2° que les accusations formées contre
sait de toutes parts : d'où vient que ses déci- Hildebert avaient pour auteurs ' quelques
sions sont si solides et ses lettres si intéres- ecclésiastiques du Mans, de la faction du
santes, car elles sont presque toutes des ré- doyen, qui aspirait à l'épiscopat, et ne pou-
ponses à des cas de conscience ou à des vait souffrir qu'Hildebert lui eût été pré-
questions de droit et de discipline; aussi les féré; 3° qu'Ordéric Vital, auteur contempo-
regarde-t-on comme ce qu'il y a de plus pré- rain ?, fait un éloge accompli d'Hildebert, et
cieux dans ses ouvrages; elles nous le repré- regarde son élection comme faile par le ju-
sentent également comme bon canoniste et gement de Dieu; 4° qu'Yves, en donnant cet
bon théologien, mélant dans ses décisions la avis à Hildebert, n'ajoutait pas une fui en-
douceur avec la sévérité, et laissant à ceux tière à la calomnie, puisqu'il s'en remet ab-

qui le consultaient une liberté entière de solument à la 3 conscience de cet évêque : Epist. 276. préférer leur sentiment au sien. Yves de ce que vraisemblablement il n'aurait pas fait

Chartres paraît plus hardi dans la lettre qu'il s'il eût ajouté foi aux accusations. Ce qui en
écrivit au pape Pascal II en faveur de Turs- prouve la fausseté, c'est qu'Hildebert de-
tain, élıı archevêque d’York après la mort meura dans son évêché, qu'il y vécut sain-
de Thomas, car il y traite de coutume indue lement, et qu'Yves de Chartres lui écrivit
le droit que l'archevêque de Cantorbéry pré- depuis plusieurs lettres pleines d'affection,
tendait avoir de sacrer l'archevêque d'York, de respect et d'estime.
et d'exiger de lui la soumission que ses pré-

Notæ in Epist. 74, pag. 153.

Orderic, lib. X, pag. 770, 771. - Yvo, Epist. 277.

.

CHAPITRE IX.

Pascal II, pape (1118).

un concile à

1102.

Croses, tua. I Cor.

Prica! 11, 1. Le pape Urbain II étant mort le 29 juil. saisirent du premier et l'enfermèrent à
Partner So let 1099, après avoir occupé le Saint-Siege Saint-Laurent; ils prirent aussi Théodoric et

onze ans, quatre mois et dix-huit jours, on l'enfermèrent au monastère de Cave. Le
élat le 13 août suivant' pour son successeur troisième fut chassé de Rome et mourut de
Rainier, cardinal-prêtre du titre de saint Clé. misère.
ment, qui prit le nom de Pascal II, Son sacre 4. Au commencement de l'an 1102, l'em- Pasca! lient
se fit le lendemain, qui était un dimanche, pereur Henri déclara 5, par le conseil des Rome,
par Odon, évêque d'Ostie, assisté de Mau- grands de sa cour, qu'il irait à Rome, pour
rice de Porto, de Gauthier d'Albane, et de examiner dans un concile sa cause et celle
quelques autres évêques. Pascal, originaire du pape, et rétablir l'union entre le sacer-
de Blède en Toscane, avait été mis dès son doce et l'empire. Son but était de faire élire
bas åge à Cluny; il y fit profession de la vie un autre pape à la place de Pascal II; mais
monastique. Envoyé ensuite à Rome pour il ne fit point ce voyage, et tous ses projets
les affaires de l'abbaye, Grégoire Vli, lui s'évanouirent. Le pape, à qui les vues de
trouvant du mérite, l'ordonna prélre-cardi- l'empereur n'étaient point inconnues, assem-
nal, et quelque temps après il fut choisi abbé bla à Rome un concile de tous les évèques
de Saint-Paul hors de Rome.

d'Italie, et des députés de plusieurs évêques So lettro 2. Quinze jours ayant la mort du pape Ur- ultramontains, sur la fin de mars de la même

bain, la ville de Jérusalem avait été prise année, où il fil dresser une formule de ser-
par les Croisés; ils en donnèrent aussitôt avis ment contre les schismatiques, et confirmer
au pape , à tous les évêques et à tous les l'excommunication prononcée par ses pré-
fidèles par une lettre circulaire où ils inar. décesseurs contre l'empereur Henri; et afin
quaient en abrégé toules leurs conquêtes que cette excommunication fût connue dans
depuis la prise de Nicée. Pascal II les félicita tous les pays, il la lut lui-même le jeudi
par une lettre datée du 4 mai de l'an 1100, saint, 3 avril, dans l'église de Lalran, en pré-
témoignant surtout sa joie du recouvrement sence d'une infinité de fidèles de toutes na.
de la sainte lance, et d'une partie de la sainte tions. La formule de serment dressée dans le
croix. Ne pouvant leur dire dans une lettra concile, portait : « J'anathématise toute hé-
tout ce qu'il convenait de faire dans les cir- résie, celle-là surtout qui trouble l'état pré-
constances présenles, il leur envoya Mau- seni de l'Eglise, et qui enseigne qu'il faut
rice, évêque de Porto, en qualité de légat, mépriser l'anathèine el les censures de l'E-
avec pouvoir de régler ce qui regardait les glise, et je promets obéissance au pape Pas-
Eglises nouvellement délivrées de l'oppres cal et à ses successeurs, en présence de Jé-
sion des infidèles.

sus-Christ et de l'Eglise, affirmant ce qu'elle 3. Au commencement de son pontificat, affirme, et condamnant ce qu'elle conest pase Pascal, secondé par les Romains et le comte damne.»

Roger, chassa l'antipape Guibert d'Albane, 5. Le pape, en envoyant le pallium à l'ar- Lettres ang
et, ayant ruiné son parli dans Rome, il l'o- chevêque de Gnesne, chargea ses nonces de Giresus.
bligea à se retirer à Cilta-di-Castello; mais d'exiger de lui ce serment; l'archevêque en
Guibert mourut dans cette fuite, la ving- fit difficulté, disant que tout serment était
tième année 3 de son intrusion dans le Saint- défendu dans l'Evangile; mais Pascal lui
Siége. Les cardinaux schismatiques lui subs- écrivit qu'il ne l'exigeait que par la nécessité
tituèrent 4 successivement Albert, Théodo de conserver la foi, l'obéissance, et l'unité
ric et Maginulfe; mais les catholiques se de l'Eglise, et non pour son intérêt particu-

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Gubert.

de Palermo,

Er ist. 6, på 628.

* Berthold., ad an. 1099, et lom. X Concil., pag. 620. - ? Dodechin., ad an. 1100.

3 Chronic, Flaviniac., pag. 256. — Tom. X Concil., pag. 620, 621. - 5 Tom. X Concil., pag. 727.

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