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lon, évêque de Paris, avait envoyé en France ceux d'entre eux qui continueraient à entre-
Richard, évêque d'Albane, pour l'absolution tenir des femmes, soit publiquement, soit en
du roi Philippe. Il en donna depuis la com- secret, ou refuseraient de s'en séparer après
mission à Lambert d'Arras. On a joint à cette une monition canonique de la part de l'évê-
lettre le serment que ce prince et Bertrade que, seraient privés tant de leurs offices que

firent en présence des évêques de n'avoir de leurs bénéfices. Il défendit aux abbés de Epist. 19 (126). Epist. 36, 37. plus ensemble de commerce illicite. Suivent Saint-Pons, de Tomières et d'Alet de rece

ane commission à l'archevêque de Sens de voir des personnes excommuniées ou inter

juger on différend entre l'abbé de Vézelay et dites par l'archevêque de Narbonne, et de 13 9 (18, 566). celui de Fleury; la bulle de la légation de communiquer eux-mêmes avec les excom

Girard, évêque d'Angoulême', dans les pro- muniés.
vinces de Bourges, de Bordeaux, de Tours, 26. La lettre à Rothard, archevêque de 60 (16)
d'Auch et de Bretagne, et la confirmation de Mayence, est contre les investitures, que les
l'élection de Norigaud et d'Etienne, l'un et rois donnaient aux évêques par l'anneau et

l'autre successivement évêques d'Autun. le bâton pastoral. Le pape y renouvelle aussi 12(70) 24. Des cinq lettres adressées à saint An- le décret du concile de Plaisance, sous Ur

selme ?, il n'y a que la troisième qui doive bain II, contre les clercs ordonnés dans le
nous arrêter, parce que nous avons eu occa- schisme, et renvoie leur cause au jugement
sion de parler des autres. C'est une réponse d'un concile qu'il dit à Rothard d'assembler
du pape Pascal à diverses questions que cet pour ce sujet, en l'avertissant du lieu et du
archevêque lui avait failes. Voici, en subs temps, afin qu'il pût y envoyer un légat. 11
tance, ce que le pape y dit : 1° Un évêque témoigne que, s'il se tenait en Italie, il y pré-
déjà consacré peut recevoir de la main d'un siderait lui-même. Les six lettres suivantes , 6!:42,5?,
laique les biens ecclésiastiques situés dans sont en faveur de l'abbaye de Vézelay. L'é- :75: 505,505
son diocèse, et non pas ceux qui sont dans vêque d'Autun et ses archidiacres avaient in-
un autre évêché; mais les abbés n'en doivent terdit l'entrée de l'église aux pèlerins, plutôt
recevoir que par les mains de l'évêque, car par jalousie que pour quelque cause raison-
dans ce cas c'est moins une donation qu'une nable. Le pape leva cet interdit; il prit l'ab-
restitution de la part des laïques; 2° il vaut baye sous la protection du Saint-Siège, écri-
mieux, à l'article de la mort, recevoir le via vit au comte de Nevers de ne point l'inquiéter
lique de la main de quelque prêtre que ce dans ses biens; à Daïmbert, archevêque de
soit , fût-il marié, que de ne le pas recevoir Sens, de la protéger; et aux évêques des
du tout, et l'on doit punir comme homicides Gaules, de punir selon les canons les meur-
des âmes ceux qui refusent de le donner aux triers de l'abbé.
moribonds; 3° il n'est pas permis de recevoir 27. Dans les deux lettres à Raoul, arche- 57,68 (140, 341).
des Eglises de la main du roi en indemnité vêque de Reims, et au clergé d'Arras, le pape
des terres qu'il a usurpées sur l'Eglise; 4° un confirme le rétablissement de l'évêché de
clerc ne doit point faire hommage à un laïque cette ville; et, dans les deux suivantes, il 59,60(376, 376).
pour des biens temporels. Par la même lettre, nomme des arbitres pour juger le différend
le pape permit à saint Anselme d’user d'in- entre le clergé d'Arras et les moines de Saint-
dulgence dans les cas où sa prudence le ju- Vaast, sans acception des parties. Le roi 6 (354).
gerait nécessaire; il lui renvoya aussi l'exa- Louis-le-Gros, informé que l'Eglise de Paris
men de l'évêque Renulphe, accusé de plu souffrait beaucoup de dommage en ce qu'on
sieurs crimes.

54,55,16(101,

ne voulait point recevoir en témoignage les 25. Les clercs du diocèse de Térouanne n'a- serviteurs de cette Eglise, c'est-à-dire ceux vaient aucun égard aux décrets des conciles qui étaient à son service, contre des hommes et du pape Urbain II, qui privaient les clercs libres, accorda des lettres portant qu'ils y seconcubinaires de leurs fonctions et de leurs raient reçus, et le pape confirma ces leltres. bénéfices; le pape Pascal leur écrivit que Entre plusieurs priviléges qu'il accorda

190).

16 (113).

1 Voir sur Girard la notice tirée de la Gallia Chris. tiana, et reproduite au tome CLXXII de la Patrologie, col, 1311-1318. A la suite viennent : 1° deux décrets portés au concile de Laon en 1109, d'après le père Labbe; go plusieurs lettres ct diplômnes au sujet du procès survenu entre les moines de Sainte-Croix de

Quimperlé en basse Bretagne, et ceux de Redon,
pour la possession de Belle-lle, d'après Mabillon qui
a emprunté ces relations à un moine de Quimperlé
nommé Gurherden, mort en 1127; 3° une charte
donnée par Girard, d'après Baluze. (L'éditeur.)

2 Il y en a huit dans la Patrologie (L'éditeur).

Patrol.. th. epist. 9).

versorom).

à l'abbaye et aux abbés de Cluny, est celui monastères les autels ou les dimes dont ils
de se servir de la mitre et des autres orne- étaient en possession depuis trente ans, sauf
ments pontificaux dans les huit principales le cens annuel aux évêques, c'est-à-dire
fêtes de l'année. Le pape Urbain II l'avait l'ancienne redevance nommée synodique ou
accordé à l'abbé Hugues; Pascal II le con- cathédratique. Cette clause' fut une occasion
firma à l'abbé Pons, et lui permit, à lui per- pour quelques évêques de joindre à ce cens
sonnellement, d'en user toutes les fois que annuel l'argent qu'ils exigeaient à chaque

l'on chanterait à Cluny l'hymne angélique, ou mutation de personne. Les abbés et les moiEpist. 71 (280). Gloria in excelsis, à la messe. Les abbés et nes s'opposérent à cette exaction, et le pape

moines de Cluny, après le départ de l'évêque Pascal II en écrivit à Yves de Chartres et à

de Mâcon pour la Terre-Sainte, firent consa- Ranulfe de Saintes, les accusant d'avoir use 75 (308). crer chez eux le saint chrême; le pape les de ruse pour rendre inutile le décret d'Ur

en reprit, et leur défendit d'en user ainsi à bain II et du concile de Clermont. Il leur
l'avenir.

ordonne, à eux et à tous les évêques des 70 (31 Di. 28. Otton de Bamberg, ayant reçu cet évê. Gaules, de l'observer à l'avenir en son entier.

ché de l'empereur, écrivit au pape qu'il ne 30. La lettre au roi Henri est la bulle que Epist 6 le garderait point s'il ne recevait de lui

le pape Pascal lui accorda étant prisonnier, sic). même l'investiture et l'ordination; Pascal II

et avant sa délivrance; il y accorde à ce l'en loua , et Otton alla à Rome se faire con

prince de donner l'investiture de la verge et 77 (149). sacrer. Gualon, évêque de Paris, rapporta å

de l'anneau aux évêques et aux abbés de son retour de Rome une lettre pour son son royaume élus librement et sans simonie. clergé de la part du pape; il y faisait un grand Dans celle qu'il écrivit aux Velletrans, il casse Epist. 84 (46). éloge de ce prélat el exhortait le clergé de tout ce que l'antipape Guibert avait fait chez Paris à s'unir à lui pour le recouvrement eux contre l'équité, et confirme leurs limites ct la conservation des biens de leur Eglise; comme elles avaient été réglées par Grémais il désapprouve un usage établi parmi goire VII. On avait érigé un évèclié dans le 85,01). eux, savoir : que les grands prébendés rece bourg de Lavelle, ce qui était contraire aux vaient l'hommage des demi-prébendés. Il est canons; le pape Pascal le supprima, et laissa fait mention, dans la même lettre, de la com- ce bourg sous la juridiction de Guillaume, mission que le pape avait donnée à Gualon évêque de Melphe, et de ses successeurs. Il ,

de réformer le monastère de Saint-Eloi. Il y confirma à Gui, évêque de Pavie, tous les 91,94,95 78, 79, 80,81 (118,627,430, a quatre lettres à Gui, archevêque de Vienne. priviléges, droits et possessions de son église,

Dans la première, le pape lui confirme ses et accorda de semblables grâces à plusieurs
droits de métropolitain sur diverses Eglises églises ou monastères.
épiscopales, et ordonne quc celle de Taren- 31. On a parlé ailleurs des letlres que le 96,97, 29,
taise dépendra de sa primatie de Vienne. Il pape Pascal écrivit à Henri Jer, roi d'Angle- 88, 86,*.
lui donne, dans la seconde , commission de terre, et à saint Anselme contre les investi-
juger le différend qui était entre les cha- tures, el de sa lettre à Osbern, évêquc d'Ex-
noines de la cathédrale de Besançon et ceux cestre, portant ordre de laisser les moines
de Saint-Etienne en la même ville. La troi- de Saint-Martin de la même ville, enterrer
sième est sur le même sujet. La quatrième les corps de leurs confrères dans leur cime-
est une confirmation de ce que Gui avait fait tière. Le pape avait suspendu de ses fonc- 101(178).
dans le concile de Vienne, en 1112, contre tions Guillaume, archevêque de Rouen; saint
les investilures.

Anselmc intercéda pour lui, et le pape lui
29. Les monastères étaient en possession écrivit de faire en son nom ce qu'il jugerait
82, tom. X
Concil. pag. de plusieurs églises du consentement des à propos pour le rétablissement de Guil-

évêques, mais ils étaient obligés de mettre un laume; il en donna avis à cet archevêque,
clerc titulaire pour chacune de ces églises; en l'avertissant d'éloigner de lui ceux dont
souvent l'évêque, en instituant ce clerc, se les mauvais conseils l'avaient engagé dans
faisait payer un droit, et il exigeait des moi- plusieurs fautes. Dans la lettre à saint An-
nes le même droit à toutes les mutations de selme, le pape donne pouvoir à l'archevêque
personne, c'est-à-dire du clerc titulaire; ce d’absoudre ceux qui avaient reçu les inves-
droit se nommait rachat d'autel. Le concile titures, et d'ordonner ceux qui les avaient
de Clermont condamna cet abus en 1095,
par son troisième canon, en conservant aux Mabill., lib. LXIX Annal., num. 25.

89, 90, 91,94

348).

100,98 (4,7

692, 595,

col. 426

ot

reçues ou fait hommage au roi, jusqu'à ce la collection de Gratien. Nous y remarque- com.CLXIII,

qu'il pût persuader à ce prince de s'abstenir rons ce qui suit : les moines et les clercs qui suir.) Lgs. 103 de cet hommage. Il lui permettait aussi de vivent en commun ne doivent point payer la

recevoir à sa communion les trois évêques dime des fruits provenant des terres qu'ils
qui, en 1102, avaient fait un faux rapport cultivent par eux-mêmes et pour leur nourri-
au roi. Il l'autorisa par une autre lettre, à ture; il n'est permis aux évêques de faire
promouvoir aux ordres les enfants de pré- aucune de leurs fonctions épiscopales en fa-
tres ; à recevoir à sa communion Richard, veur des abbés qui ne reconnaissenl pi l'é-
abbé d'Héli, et à lui donner le régime de vêque diocésain, ni le métropolitain, ni le

son monastère, s'il l'en trouve capable. primat; on doit excommunier les clercs, ab03 (1363. 32. Saint Anselme avait prié le pape de bés ou moines qui reçoivent des églises par

consentir au démembrement de l'évêché de le ministère des laïques, ou l'investiture de
Lincoln, si étendu qu'un seul évêque ne pou- ces églises; on doit réprimer les abbés et
vait y suffire, et d'instituer un évêché à Héli, les moines qui s'arrogent les droits épisco-
c'est-à-dire dans l'ile d'Héli, où il y avait un paux, comme de donner la pénitence, la
monastère; il mettait pour condition que les rémission des péchés, de tirer les dîmes, de
moines de cette abbaye desserviraient l'é- desservir les églises sans la permission de
glise cathédrale, comme il était d'usage dans l'évêque diocésain ou l'autorité du Siege
plusieurs évêchés d’Angleterre. Le roi et les apostolique; le inari peut, après la mort
seigneurs d'Angleterre soubaitaient cet éta- de sa femme, épouser celle de son compère;

blissement, el Robert, évêque de Lincoln, y un homme ne doit pas épouser successi*** (163)

consentait. Le pape l'accorda avec toutes les vement les femmes de deux cousins ger-
modifications spécifiées dans la lettre de l'ar- mains; il est défendu aux laïques de s'ap-
ebevêque de Canlorbéry, et congratula le proprier les oblations que les fidèles ont
roi Henri sur le bon ordre qu'il faisait régner failes à l'église, de leurs propres biens; les
dans ses Etats; mais il n'était pas si contentclercs doivent la dime aux autres clercs qui
de ce prince à l'égard de l'Eglise de Cantor- leur administrent les choses spirituelles.
béry, dont il retenait les biens depuis la mort 34. Outre les lettres rapportées dans les
de saint Anselme; le pape lui fit diverses re- collections des Conciles sous le nom de Pas- tres du papo
montrances là-dessus, et d'autres personnes cal II, il s'en trouve treize dans ' le Vo tome
de considération firent de même. Le roi se des Mélanges de Baluze, insérées dans le re-
rendit enfin, et assembla les évêques en 1114, cueil des Actes de l'église d'Arras; cinq dans
pour les consulter sur le choix d'un archevê- le 2 VIIe tome, six 3 dans le II°, et quelques-
que; on proposa plusieurs sujets, mais on se unes dans les appendices du même auteur 4
réunit sur le choix de Radulfe (ou Raoul], de au Marca Hispanica et à Réginon 5. Il y en
Rochester, qui avait fait les fonctions épis- a six adressées aux Espagnols dars le III.
copales à Cantorbéry pendant la vacance du tome des Conciles d'Espagne 6, par le cardi-
siége. Le pape, à la demande du roi et des nal d’Aguire; trois dans Guillaume de Mal-
frères, c'est-à-dire des moines de la cathédrale mesbury ?; quatre dans le ser tome des Anec-
de Cantorbéry, consentit à la translation de dotes 8 de dom Martène, et plusieurs dans le
Radulfe. C'est le sujet des deux lettres, l'une Ile tome 9 des Ecrivains du moyen âge, par
au roi, l'autre au clergé de Cantorbéry; elles Eccard; dans les troisième, quatrième et
sont suivies d'une secoude lettre au roi, da- cinquième livres des Nouveautés, par Ead-
tée du fes avril 1115, par laquelle le pape se mer, à la suite des ouvres de saint Anselme;
plaint que, dans le royaume d'Angleterre, dans l'appendice du Ve tome 10 des Annales de
toul se décidait sans consulter le Saint-Siége, l'Ordre de Saint-Benoit, dans Guibert de No-
quoiqu'il fût d'usage de lui rapporter la con- gent, [et dans plusieurs autres écrivains,
naissance des affaires considérables, ou du comme on le voit en parcourant le recueil
moins à ses légats.

des lettres de Pascal II dans le tome CLXIII Frozents 33. A la suite de ces lettres, on a mis dans de la Patrologie). La plupart sont des pritel. le Xe lome des conciles quelques décrels fails viléges, ou regardent des affaires particun par le pape Pascal, ou mis sous son nom dans lières. La lettre que dom Luc d'Achéry rap

Autr 23 let.

Piscal.

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1 Pag. 275 et seq. - ? 'Pag. 131 et seq.
* Pag. 174 et seq. - Pag. 1243. - 5 Pag. 651.

Pag. 314 et 330. — 7 Pag. 273, 274, 275.
8 Pag. 336. - ' Pag. 233, 258, 274, 275. — 10 Pag. 675.

pist. 406.

18.

porte dans ses notes ' sur Guibert, est adres- dans le diocèse duquel ce monastère est si- Patr. ibid,
sée à Hilgot ou Hilgaud, qui, ayant abdiqué tué, regardant comme un avantage qu'une
l'évêché de Soissons, s'était fait moine à personne caractérisée comme lui, eût part à
Marmoutiers, et en avait été choisi abbé mal- une élection où l'on observait ordinairement
gré lui. Le pape Pascal lui confirme par cette peu de règles. Otton, élu évêque de Bam-
lettre, à lui et à ses successeurs, tout ce que berg, étant allé à Rome, muni des lettres du
cette abbaye possédait alors, soit par con- clergé et du peuple, le pape le sacra évêque
cession des princes ou des papes, ou par les sans préjudice des droits du métropolitain;
oblations des fidèles, et défend à toutes per- c'est ce qui parait par sa lettre 5 au clergé
sonnes de les troubler dans leur possession. et au peuple de cette ville. Il refusa 6 à l'é. Ibid., epist.
Il réserve au jugement du Saint-Siége toules vêque d'Halberstat la grâce qu'il lui avait
les affaires considérables du monastère et demandée, pour avoir, contrairement aux
des moines, défendant à lout archevêque ou décrets des pères, reçu son église par l'in-
évêque de les excommunier pour aucune vestiture de la main des laïques. Dans sa Ibid., 215.
raison; leur permet de célébrer les offices lettre ? aux évêques, abbés, princes, che-
divins el tous leurs exercices pendant l'in- valiers et à tous les fidèles des Gaules, il les
terdit du diocèse, mais en fermant les portes avertit de se donner de garde d'un nécro- 16:1, 208.
de leur église; les maintient dans la posses- mancien nommé Werner, du royaume teu-
siun où ils étaient de se choisir eux-mêmes tonique, qui, appelé à Rome par les parti-
leur abbé; les relève de l'excommunication sans de l'antipape Guibert, l'avaient intro-
prononcée par l'archevêque de Tours; leur duit dans l'église de Latran, et déclaré pape
permet de faire bénir leur abbé ou par le à la place de Guibert, mort depuis quelque
pape, ou par quelque évêque catholique, temps. Il ajouta que ce monstre, connu dans
comme il leur plaira; mais il veut que pour Rome par ses opérations magiques, en était
le saint cbrême, les consécrations d'autels sorti honteusement, et que l'on ne savait
et les ordinations, ils s'adressent aux évè- quel chemin il avait pris; que pour lui, il
ques diocésains, les déclarant au surplus érait tranquille en cette ville, el qu'aucun
exempts de toute juridiction, et soumis au des siens n'avait été séduit. Ce Werner est
Saint-Siege seul, en donnant au palais de peut-être le même que Maginulphe s, que
Latran la redevance annuelle d'un denier les schismatiques élurent après Théodoric,
d'or, La lettre est signée du pape Pascal, 36. Pascal II cut pour historien Pierre de vie de l'as-
d'Odon d’Ostie, de Milon de Préneste, de Pise, son contemporain, et le seul qui nous pierre de
Payen et d’Albéric, cardinaux; elle fut écrite ait transmis l'histoire de son pontificat. Les
par Jean, diacre et cardinal, le 19 de no- Bollandistes l'ont rapportée dans l'Essai
vembre 1100.

chronologique sur le catalogue des souverains 35. Au mois de juin de l'année précédente pontifes au premier tome 9 du mois de mai, Laurent, abbé de l'an 1114), il défendit à Laurent, abbé de [d'où elle a passé au tome CLXIII de la Pa

Saint-Vanne ?, et à ses religieux, de donner trologie, col. 13-28.] Doublet 10, dans l'His-
è aucune marque d'obéissance ou de soumission toire de l'abbaye de Saint-Denis, dit que ce

aux clercs de l'église de Verdun, qui vou- pape est le premier qui, au plomb des bulles
laient en exiger d'eux; le pape agit ainsi où l'on ne mettait ordinairement que le nom
parce que ces clercs, étant excommuniés et du pape régnant, fit ajouter au revers de
séparés de l'unité de l'Eglise, pour leur atta- l'inscriplion les têtes de saint Pierre et de
chement au schisme de l'antipape Guibert, Saint Paul séparées par une croix; mais il
n'avaient aucun droit de se faire rendre faut bien que ses successeurs n'en aient pas
l'obéissance de la part de l'abbé de Saint- usé de même, puisque, au rapport '1 de Ray-
Vanne. Par une lettre adressée à l'abbé de naldus, garde de la bibliothèque Vaticano,
Savigny, il lui permit 3 de célébrer les offi. on ne trouve point de bulles plombées en
ces divins pendant l'interdit jeté sur le dio- cette manière avant le pontificat d'Adrien IV,
cèse. Il accorda à Bégon “, abbé de Conches, qui coinmença en 1154.
d'assister à l'élection de l'évêque de Rhodez,

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Pise.

Lettre à

de Saint Van. pe. (Patrol., l. CLXIII, ep. 292. Vide etiam. ep st. 271)

(I bid., epist. 457)

Vanne. Fa uno

1 Pag. 588. [Patrol., 1. CLXIII, col. 54, Epist. 33.]

2 Marten., tom. I Anecdot., pag. 338. — 3 Ibid., pag. 336. — * Ibid., pag. 337. — 3 Eccard., tom. Il Medii ævi, pag. 234. — 6 Ibid., pag. 258. - ? Ibid., pag.

258, 259. — 8 Petrus Pisanus, in Vitu Pascalis, apud
Bolland., in Conalu historico, propyleo Maii, pag. 315.

9 Pag. 314. — 10 Pag. 475.
11 Bolland,, in notis ad Vilam Pascalis, pag. 319.

CHAPITRE X.

Alexis Comnène, empereur [1118]; l'impératrice Irène; Anne Comnène

(après l'an 1148]; Nicéphore Brienne (1137).

(Ecrivains grecs.]

trnests de

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batio par Ro.

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Ceben. f. Quoique Zonare nous ait appris les lets Conse- principales circonstances de la vie et du rè

gne d'Alexis Comnène, nous les tirerons de l'histoire qu'Anne Comnène, sa fille, nous en a faite, et nous rendrons compte, dans un même chapitre, des écrits du père, de la mère, de la fille et du gendre, nonobsiant le long intervalle qu'il y eut entre la mort des uns et des autres. Alexis était fils de Jean Comnène 'ct d'Anne Dalassenne. Il apprit l'art militaire sous Romain Diogène ?, et fit ses preuves sous la conduite d'Isaac 3, son frère aîné. Envoyé par Nicéphore Botoniate, empereur, contre Nicéphore Bryenne, il remporta sur lui la victoire 4. Il vainquit aussi Besilac 5, et s'en rendit maître. Sa va

leur lui gagna l'amitié de l'armée. Il est fait 2. La famille des Ducas 6 lui était aussi

très-favorable, el Isaac, son frère, quoique
son ainé, pensait à lui procurer l'empire. On
dit qu'étant un jour tous deux ensemble, un
inconnu, qu'ils crurent depuis être saint Jean
l'évangéliste, prédit à Alexis qu'il serait em-
pereur; il fut en effet proclamé par les trou.
pes à Andrinople, du vivant de Nicéphore
Botoniate. Alexis entra à Constantinople le
premier jour d'avril 1081, et Botoniate quitta
l'empire pour se retirer dans un monastère
où il prit l’habit monastique. Quelqu'un des
siens lui ayant demandé un jour comment
il se trouvait de ce changement, il répondit
qu'il avait peine à supporter l'abstinence de
la viande, qu'il était moins sensible à tout le
reste.

3. Alexis fut couronné 8 avec l'impératrice Irène, sa femme, par le patriarche Cosme; mais touché de remords des violences exercées à Constantinople lorsqu'il y entra, il assembla quelque temps après, par le conseil de sa mère, ce patriarche, des évêques et des moines de réputation, et s'étant pré

senté à eux en babit et en posture de pénitent, il leur accusa toutes les fautes dont il croyait s'être rendu coupable en cette occasion, et les pria de lui imposer, à lui et à ses complices, une rigoureuse pénitence. Ils lui prescrivirent', ainsi qu'à tous ceux qui avaient eu part à la révolte, de jeûner quarante jours, de porter un cilice sur la chair et de coucher à terre avec une pierre pour chevet, L'einpereur Alexis accomplit exactement cette pénitence, de même que tous ceux qui lui avaient aidé à le mettre sur le trône. Leurs femmes mêmes, quoiqu'elles n'eussent eu aucune part à la révolte ni à l'effusion du sang, subirent les mêmes peines, par la raison seule de l'union conjugale, en sorte que le palais était rempli de larmes et de gémisscmenis.

4. Environ six mois après son avénement dlexis est à l'empire, Alexis, ayant appris que Robert Beri Gaiscard Guiscard, duc de Pouille, avait passé la mer avec une grande flotle, alla au-devant de lui avec une puissante armée 10 pour s'oppo. ser à son passage. La bataille se donna le 18 d'octobre 1081. Alexis la perdit, fut blessé, et aurait perdu la vie sans un mouvement extraordinaire de son cheval, ce qui fut regardé comme un miracle. Les finances de l'empire étaient épuisées " par la mauvaise conduite de Nicéphore Botoniate; il fallut donc, pour soutenir les frais de cette guerre, prendre des moyens extraordinaires. Isaac Comnène, que son frère avait laissé à Constantinople, assembla le clergé de cette ville et les évêques qui y étaient, et leur proposa d'employer les vases sacrés et les richesses des églises d'Asie pour payer les troupes. Les prélats firent quelque résistance; mais l'autorité l'ayant emporté, l'on fondit l'argenterie des églises par tout l'empire.

5. Cette entreprise excita l'indignation pu- Rolle d'or

tousé par le patriarcho

Bolle d'or d'AlexiCom vône.

· Alexiados, pag. 39, 73, edit. Venetæ, an. 1729.
• Pag. 7. — 3 Ibid. — * Pag. 16, 17.
> Pag. 20, 21, 22. - 6 Pag. 51.

7 Pag. 60. — 8 Pag. 63. — 9 Pag. 68, 69.
10 Pag. 96, 97. - 11 Pag. 102 et 103.

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