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pour life. 11

bérét.qacs be.

blique; pour l'apaiser, Alexis publia', au offert que pour le tenter, il renvoya les pré-
mois d'août de l'an 1082, une bulle d'or que sents. Cependant Alexis fit un traité avec les
l'on a insérée dans le Droit Grec-Romain ? et croisés, et les laissa continuer leur route.
dans les Bibliothèques des Pères. L'empereur 7. Mais n'ayant aucune volonté de tenir ll agit con-
y déclare qu'il n'en est venu à celte extré ce qu'il avait promis, il ne pensa qu'à se sai. sés.
mité que par la nécessité des affaires publi- sir de leurs conquêtes; il leur prit Nicée ?,
ques, et que la faute qu'il a commise en cetle leur refusa son secours $ pour le siége d’An-
occasion n'a eu pour principe ni le mépris de tioche; il déclara la guerre 9 à Boémond, et
Dieu, ni le blâme de ceux qui avaient donné l'aurait faite aussi à Tancrède 10, prince d'An-
ces vases sacrés aux églises; il fait une des- tioche depuis la mort de Boémond, s'il n'en
cription de la fâcheuse situation de l'empire, eût été dissuadé par ses officiers.
cnvironné d'ennemis et manquant de se- 8. Cependant il témoignait en beaucoup Spa cóle
cours; reconnaît que ce qu'il avait pris aux d'occasions du zèle pour la foi catholique. condam ue ia
églises ne lui avait été d'aucune utilité, Etant averti que la secte des bogomiles sc gomiles.
qu'au contraire, il paraissait qu'il avait attiré répandait dans l'empire (c'étaient des espè-
par là la colère de Dieu; que l'on ne doit ces de manichéens ou une branche de pauli-
point convertir à des usages profanes les ciens), il en fit amener quelques-uns à son
choses consacrées à Dieu; il promet de resti- palais, et apprit d'eux qu'ils avaient pour
tuer à chaque église ce qui en a été enlevé, chef un nommé Bazile " qui, suivi de douze
el s'engage, tant pour lui que pour ses suc- disciples qu'il appelail ses apôtres, et de
cesseurs, à ne plus toucher aux choses sa- quelques femmes, semai! partout sa doctrinc.
crées, sous quelque prétexte que ce soit. L'empereur le fit venir, le reçut avec poli-
Anne Comnène, sa fille, assure 3 qu'il or- fesse, le fit manger à sa table, et feignit de
donna aussitôt que l'on prendrait chaque vouloir être son disciple avec son frère Isaac.
année des sommes considérables sur le fisc, Bazile, gagné par ses démonstrations d'a-
pour indemniser les églises, et que cela mitié, expliqua sa doctrine à ces deux prin-
s'exécutait encore avec soin dans le temps ces, et répondit à leurs questions. Alexis
qu'elle écrivait.

avait fait mettre derrière le rideau un secré... 6. Le comte Boémond, à qui Robert Guis- taire qui écrivait tout ce que disait Bazile. model comite card, son père, avait laissé le commande- Après qu'il eut expliqué à fond toutes ses

ment de l'armée, fut plus d'une fois attaqué 4 erreurs, ce prince assembla le sénat, les offi.
par l'empereur Alexis, mais il sortit toujours ciers militaires, le clergé, et le patriarche Ni-
victorieux du combat. Alexis, ayant éprouvé colas, et fit lire en leur présence l'écrit quicon-
la valeur de ce général, commença à le tenait la doctrine de Bazile. Celui-ci l'avoua,
craindre; inais il ne fut pas moins inquiet s'offrit de la soutenir, et déclara qu'il souf-
lorsqu'il vit ses Etats remplis par l'armée frirait plutôt le feu, les tourments et la mort,
des croisés que l'on faisait monter à trois que de s'en départir : c'est qu'ils s'étaient
cent mille hommes 5. Il craignait que, sous le persuadés, lui et ses disciples, qu'un ange
prétexte de la croisade, ils n'en voulussent à les tirerait du bûcher. En vain on les ex-
sa couronne; ces soupçons le portèrent à horta à se convertir, il demeurèrent endur-
Iraiter leurs chefs avec honneur, mais à leur cis; Bazile fut condamné au feu et brûlé vif
nuire en tout ce qu'il pourrait. Il eut dans dans un bûcher que l'on avait dressé dans
son palais 6 une entrevue avec Boémond, lui un hippodrome; ceux de ses sectateurs que
fit donner un logement à Constantinople, et l'on put découvrir furent envoyés en prison,
une grande somme d'argent en reconnais- où ils moururent dans leurs erreurs. Le
sance de l'hommage qu'il lui avait rendu, moine Euthymius Sigabenus les mit par écrit
suivant la coulume des Lalins. Il alla plus et les réfuta. Il en sera parlé dans la suite.
loin, et voulut lui faire accepter tout ce qu'il 9. Les soins que l'empereur Alexis se
avait de plus précieux dans ses trésors. donna pour la conversion des pauliciens, eu-
Boémond donna d'abord dans le piége; mais rent plus de succès; ces hérétiques, qui pen-
honteux d'avoir accepté ce qu'on ne lui avait saient à peu près comme les manichéens 12,

SCS

Alexis at:aque le comte Boémond, perd la batail. Ir, traite avec les Croisés.

Il trataille à la coster sion des paa liciens.

1 Pag. 124, 125.

2 Lib. II, pag. 124, et tom. XIX Bibliot. Pat. Lugd., pag. 957.

3 Alexiad., lib. VI; pag. 125. — * Pag. 107, 103.

* Pag. 224, 225. - 6 Pag. 238, 239, 240.
7 Pag. 245, 218. – 8 Pag. 254. - 9 Pag. 264, 298.
10 Pag. 335, 336. - 11 Pag. 384, 385, 386, el seq.
12 Pag. 356, 357, et seq.

avaient été transportés par l'empereur Jean azymes entre les Grecs et les Latins, prometZimisques, d'Asie en Thrace, aux environs tant de suivre exactement ce qui serait réglé de Philippopolis, pour défendre cette fron- sur ce sujet suivant l'autorité des pères. Le fière contre les incursions que les Scythes même pape lui donna avis de ce qui avait faisaient de temps en temps dans la Tbrace. élé ordonné au concile de Clermont 3 en De défenseurs du pays ils en devinrent les 1095, touchant la croisade, en le priant d'aiIgrans, vexèrent les catholiques, pillèrent der de tout son pouvoir l'armée des Croisés leurs biens, et firent tout leur possible pour qui devait passer sur ses terres. La Chronique les pervertir. Les Arméniens et les Jacobites d'Usperge 4 rapporte que ce prince écrivit se joignirent à eux, ce qui faisait un mélange lui-même plusieurs lettres au pape Urbain de diverses hérésies, mais qui s'accordait pour lui demander du secours contre les dans la révolte aux ordres du souverain. Barbares qui ravageaient les églises d'Orient, L'empereur Alexis les soumit partie de force, promettant de fournir aux troupes qui lui separtie sans combat. On connaissait ' peu de raient envoyées d'Occident toutes les choses personnes dans l'empire qui se fussent appli- nécessaires tant sur terre que sur mer. L'emquées plus que ce prince à la méditation des pereur Alexis fut aussitôt en liaison avec le livres saints. Il entreprit de convertir ces héré- pape Pascal, et sachant les mauvais traitetiques, et pour cet effet, il disputait avec eux ments que l'empereur Henri V lui avait fait depuis le matin jusqu'au soir, et quelquefois souffrir, il envoya à Rome 5 une ambassade une partie de la nuit. Il avait pour témoins pour lui témoigner combien il était sensible et pour aides Eustathe, évêque de Nicée, à ces outrages; il fit même remercier les Rotrès-instruit des sciences divines et humai. mains d'avoir résisté à ce prince, et leur ténes, et l'archevêque de Philippopolis. Plu moigna que, s'ils étaient dans les dispositions sieurs des manichéens se convertirent, allè- qu'on lui avait marquées, il irait à Rome, luirent trouver les prêtres, leur confessèrent même ou son fils Jean, recevoir la couronne leurs péchés, et demandèrent le baptême; de la main du pape, à l'exemple des anciens mais leurs chefs Couléon, Cousin et Phelus, empereurs. La Chronique de Mont-Cassin, d'où au lieu de se laisser persuader, s'obstinèrent nous apprenons ce fait, ajoute que l'empeà défendre leur mauvaise doctrine : repre- reur Alexis envoya en diverses occasions nant l'un après l'autre la dispute qu'ils des offrandes à ce monastère et à celui de avaient eue avec l'empereur, ils suppléaient Cluny. à ce qu'ils auraient dû alléguer pour com- 11. Il mourut à Constantinople le 15 août, battre ses raisons. Ce prince, désespérant de âgé d'environi soixante-dix ans, après un rè- 1118. les vaincre, les envoya à Constantinople; gne de trente-sept ans, quatre mois et quel. mais il continua de Travailler à la conversion ques jours. Sa mort fut si sensible à Anne des autres; quelquefois ? il en convertissait Comnène sa fille, qu'elle ne savait ? comcent par jour, et quelquefois davantage : de ment elle pouvait survivre à son père; elle ce nombre était Couléon ; les deux autres n'oublie point dans la relation des soins

persévérèrent dans leur endurcissement. qu'on se donna pour la guérir de sa dernière Se riche. 10. L'empereur Alexis avait défendu aux maladie, les aumônes et les prières que l'on

Latins qui deineuraient dans ses Etats, de fit partout; on inléi essa pour sa convalescélébrer les mystères avec du pain azyme," cence non-seulement les moines des monasvoulant les obliger à se conformer au rit tères de Constantinople, mais aussi les soligrec. Le pape Urbain II lui fit faire là-dessus taires & qui vivaient sur les montagnes et dans des remontrances par ses nonces Nicolas, des cavernes. abbé de la Grolle-Ferrée, et le diacre Roger. 12. Nous avons, dans le second tome des Le prince reçut bien ce qu'ils lui dirent de la Monuments de l'Eglise grecque par Cotelier, l'empereur part du pape; et par une lettre qu'il lui écri- une Novelle où l'empereur Alexis, traite Novelle truvit en lettres d'or, il l'invita à venir à Cons de l'élection et du devoir des évêques et des tions des évèlantinople avec des hommes doctes, afin d'y prêtres. Les peuples étaient alors dans l'iexaminer, dans un concile, la question des gnorance de la religion, parce que ceux à

Sa mort en

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Ecrits de

Alaris. Sa

chiatles élec

ques.

1 Pag. 358, 359. – ? Pag. 368.
: Tom. X Concil., pag. 438.
Chronic. Usperg., ad an. 1099.
* Chronic. Cassin., lib. IV, cap. XLVI.

6 Ibid., et cap. XVII, XXVII, XLVI.
7 Pag. 399. - 8 Pag. 394.

Pag. 178, edit. Parisiensis, an. 1681.

Alex.

qui il appartenait de les instruire, ou ne le constitutions. Il s'en trouve onze dans le Code l'empereur faisaient pas, ou n'en étaient pas capables. Justinien ?, publié par Godefroi, à Paris, en Il s'en trouvait qui avaient du savoir, mais 1628, chez Vitré, et dans le premier tome du dont les meurs n'étaient pas assez pures. Il Droit grec-romain 3, par Leunclavius, à Francful ordonné que l'on examinerait avec beau- fort, en 1596. Il y en a quatre autres dans le coup de soin ceux qui, par leur science et second tome 4. Dans celle qui est du mois de leurs meurs, seraient dignes du sacerdoce; septembre de l'an 1086, Alexis confirme la que l'on éprouverait les autres qui témoi- Novelle d'Isaac Comnène 5, pour le règlement gnaient du zèle pour le service de l'Eglise, de la canonique des évêques, c'est-à-dire mais qui n'étaient encore ni assez sages ni de ce que les laïques doivent chaque anassez instruits, et qu'à l'égard de ceux qui, née à l'évêque à raison des prémices. Un après avoir été avertis de travailler à s'ins- village de trente-deux feux payait une pièce truire et à se rendre capables, seraient de d'or, deux d'argent, un mouton, six boismeurés dans l'indolence, on les rayerait du seaux d'orge, six de farine, six mesures de nombre des prêtres. Il parait que cette or- vin, et trente poules. Les autres villages donnance regardait principalement les clercs payaient à proportion du nombre de leurs de la grande église de Constantinople, et habitants. La même constitution porte que qu'elle fut faite dans un concile, l'empereur pour l'ordination d'un évêque on donnera Alexis présent. On use d'indulgence à l'égard sept pièces d'or, une pour le simple clerc ou des vieillards, comme étant hors d'état d'ap- lecleur, trois pour le diaconat, autant pour prendre, et on les continue dans leurs gra- la prêtrise; l'évêque recevait aussi quelque des, nonobstant leur peu de capacité. L'em, chose pour les mariages. Il est dit dans la pereur étend ses soins sur les régions voisi- constitution du mois de juin de l'an 1084 o, nes, et veut qu'on y établisse des prêtres que les fiançailles contractées à l'âge de sept capables non-seulement d'instruire et d'édi- ans seront nulles, que l'on ne pourra en confier les peuples, mais de reprendre les délin- tracter qu'à l'âge de douze ou quatorze ans, quants, et de les obliger à rentrer dans leur et qu'elles ne se feront pas le même jour que devoir; et de juger de la capacité des pères les noces. Il y en a une autre du mois de spirituels préposés pour entendre les confes- mai 1087, faile en présence d'un concile, porsions ', de peur qu'au lieu de pasteurs il ne tant qu'il sera au pouvoir de l'empereur d'é. se trouve des loups. Il désapprouve ceux riger ? les évêchés et archevêchés en métroqui, étant trouvés dignes d’être promus au poles, sauf le droit ordinaire des métropolisacerdoce, ne s'empressent pas d'y parvenir tains. Par une autre constitution datée du dans la vue de se rendre plus utiles aux peu mois de novembre, il permet 8 à ceux qui ples, et ordonne que ceux d'entre les doctes sont élus pour des évêchés d'Orient, dont les qui se feront promouvoir à la prêtrise auront revenus étaient possédés par les infidèles, une prébende plus considérable.

de garder les abbayes ou autres bénéfices Par. 195. 13. Pour multiplier le nombre des clercs qu'ils avaient avant leur élection, parce que

propres à instruire, ce prince veut qu'on en autrement ils n'auraient pas eu de quoi sub-
prenne parmi les moines et les laïques, quand sister. Cette constilution est la septième dans
il s'en trouve de savants et de bonnes les Novelles rapportées au Code Justinien
meurs. Il ordonne la lecture du Nomocanon sous le nom de l'empereur Alexis. La pre-
dans le concile, afin que chacun se rafraî- mière règle l'âge de ceux qui entrent dans
chisse la mémoire de ses devoirs; et menace les offices et dans les dignités. On lit dans la
de censures canoniques ceux qui apporte- quatrième, qu'il n'est pas permis de rompre
. ront quelqu'obstacle à la réformation du les fiançailles bénites par le prêtre. La

clergé, exhorlant les évêques à se joindre sixième traite des docteurs de l'Eglise et de
au patriarche de Constantinople pour le réta- ceux à qui il est permis d'enseigner. La neu-
blissement de l'ancienne discipline, et le vième, des témoins et de la bénédiction du
maintien des canons.

mariage des serfs. La dixième, des oblations! 14. L'empereur Alexis fit plusieurs autres et autres droits ecclésiastiques. La onzième,

Antres con atitut ons de

1 Debent omnino notos habere patres illorum spiri. tales : ut ne pro pastoribus lupi reperiantur quidam ex iis qui confessiones hominum excipiunt. Pag. 192.

2 Pag. 824, et seq. - 8 rag. 123, 120, 134, etc.

Pag. 179, 185. – 5 Pag. 123, tom. I. o Pag. 126. - 7 Pag. 131. 8 Pag. 138, et Balsamon ad can. 37, Concil. VI. 9 Tom. I Juris græc.-ruman., pag. 141.

Typique ou Règle de l'im pératrice Ire no. Torn I Auale. t. græ.

ISS

lerii.

du tribunal des clercs!, et du juge à qui il par son amour pour les sciences et les gens est défendu, par un rescrit, de discuter la de lettres. Cette belle inclination lui était cause dont il est chargé.

commune avec son mari; aussi les savants le des 15. L'empereur Auguste avait fait un tarif pouvaient avec confiance fréquenter le pa18. des monnaies et fixé la manière de payer lais. A la lecture des Livres saints elle ajou

les tributs ou impôts; il se glissa dans ce ta- tait celle des pères, surtout de saint Maxime, rif des abụs que l'empereur Alexis essaya de pliilosophe et martyr; moins curieuse d'y réformer par un nouveau.Ces tarifs ont été l'un trouver le dénouement de quelque question et l'autre publiés à Paris en 1688, en grec et philosophique que l'explication des dogmes en latin, par les bénédictins de la congréga- divins de la religion. Par attachement pour son tion de Saint-Maur, dans le premier tome mari, elle le suivit souvent à la guerre 8. Ce des Anecdotes grecques 2, sur un manuscrit de fut une occasion pour ses ennemis de répanla bibliothèque du roi, avec les caractères et dre contre elle des libelles diffamatoires; les notices des diverses espèces de monnaie elle se mit au-dessus de la calomnie. Perqui avaient cours alors dans l'empire, pour sonne ne réussissait mieux qu'elle à dimi

le paiement des tributs et des impôts. nuer les douleurs 9 qu'il souffrait dans les ci 16. On cite un poème, qu'Alexis Coni attaques de goutte, le pansant elle-même

nène avait adressé à Spanea, son neveu; dans les parties qui en étaient affectées. Elle Lambécius dit 3 qu'il a été imprimé à Venise, survécut à l'empereur Alexis 10, mais on ne chez Cbristophe Zanette. Cave dit la même sait de combien d'années. chose, mais il ne marque pas l'année de cette 18. Elle fonda à Constantinople un monasédition. Il parait qu'Alexis 4 écrivil sur la tère de filles qui fut dédié à la sainte Vierge, procession du Saint-Esprit contre l'évêque sous le nom de Pleine de grâce. Il était d'ude Milan; ce traité n'a pas été rendu public. sage dans l'Eglise grecque que non-seule- Monum. Cold La bulle d’or par laquelle il remit à sa mère ment les empereurs, mais aussi les impérale gouvernement de l'empire pendant qu'il trices, et même des personnes privées donallait à la tête de son arınée combattre les nassent des règles ou des constitutions aux ennemis, est une preuve de son attachement monastères de leur fondation. Irène en donna pour cette princesse, et de la confiance qu'il aux religieuses qu'elle avait fondées; cette avait en ses lumières et en sa prudence. règle se trouve en grec el en latin dans le Anne Comnène l'a rapportée dans son trois premier tome des Anecdotes grecques, imprisième livre 5; elle y fait d'Anne Dalassenne, mées à Paris en 1688, de la traduction de c'était le nom de la mère d'Alexis Comnène, dom Montfaucon; elle contient soixante-dixun éloge accompli, relevant la pénétration huit chapitres. et la solidité de son esprit, la pureté de ses 19. Irène se réserva de gouverner ellem urs, son éloquence, son expérience dans même ce monastère pendant sa vie, et or- Tipos pag. le maniement des affaires, sa piété; elle usait donna qu'après sa mort, il serait exempt de ordinairement d'un sceau où la mort et la toute juridiction, soit civile, soit ecclésiastirésurrection étaient représentées.

que, en sorte que la supérieure seule y au17. Anne Comnène s'étend aussi sur les rait toute l'autorité. Elle déclara néanmoins

Cap. 1. louanges de sa mère Irène. Elle était de la qu'au cas qu'Alexis Comnène, son mari, lui famille des Ducas R, et fut mariée fort jeune survécût, il y aurait le même pouvoir qu'elle. à Alexis Comnène, puisque, quand elle fut Elle y établit la vie cenobitique, dont le foncouronnée impératrice par le patriarcbe dement est l'obéissance; mit pour supérieur, Cosme, elle n'avait que quinze ans; elle eut et protectrice, après sa mort et celle de son" pour père Andronic, fils ainé de Jean, César; époux, la princesse Porphyrogenète , nombien faite de corps et belle de visage, elle ne mée Eudocie, religieuse de ce monastère, et plut pas moins par les qualités de son cæur voulut que, si quelque princesse de sa faet de son esprit, par la douceur de son natu- mille s'y faisait religieuse, elle ne fût point rel?, par sa compassion pour les malheu- astreinte à toute la rigueur de la règle, si ses reux, par sa libéralité envers les pauvres, forces ne le lui permettaient pas, et qu'on lui

Analyse du

1 Ibid., tom. I, pag. 139, et tom. II, pag. 184.
. Pag. 316.
* Lambec., lib. V Bibliot. Vindobon., pag. 262.
• Leo Allalius, lib. II de Consensu utriusque Eccles.,

cap. X, pag. 626. - 5 Pag. 70. — 6 Alexiad., pag. 61,
63, 64.
7 Pag. 118, 280, 281. — 8 Pag. 299. 366.

Pag. 279. – 10 Pag. 399.

XVI, XV, X1

VII.

III,

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Cap. iv. donnât deux femmes pour la servir. L'entrée le prêtre du monastère qui déclarait l'élec- Cap. xu.

du monastère était interdite aux hommes; tion, et le choix des officières appartenait à
mais s'il arrivait qu'un parent d'une reli- l'abbesse; elle devait ne faire attention qu'au
gieuse tombât malade, la supérieure pouvait mérite et non à l'âge, et mettre en place
lui permettre de sortir avec une compagne celle qui n'était venue que depuis peu au
d'un âge mûr, et de rester chez le malade monastère, si elle avait plus de vertu que ses
un ou deux jours au plus.

anciennes. Tandis que l'abbesse se comportait x.
20. La fondation faite par l'impératrice sagement, on ne l’ótait point de sa place; si
Irène était pour vingt-quatre religieuses, elle se conduisait mal on la déposait.
avec pouvoir d'augmenter ce nombre jusqu'à 22. Il y avait un économe pour les affaires
quarante, si les revenus augmentaient; il y du dehors et deux prêtres capables d'ins- e$19.
avait au-delà deux jeunes filles que l'on truire les religieuses et de leur expliquer les
nourrissait et que l'on enseignait jusqu'à ce oracles des divines Ecritures; tous les trois

qu'elles fussent en âge d'être religieuses, et devaient être eunuques, de même que le v. six servantes pour la communauté. Toutes père spirituel; lui seul recevait les confes

les religieuses couchaient en un même dor- sions de toutes les religieuses; on accordait ITII.
toir, à la vue les unes des autres, afin que l'entrée du monastère aux proches parentes,
les moins ferventes imitassent celles qui l'é. mais non aux bommes, fussent-ils père ou
taient davantage. Elles travaillaient de leurs frères d'une religieuse; ils ne lui parlaient
mains aux ouvrages désignés par la supé- qu'à la porte; mais en cas de maladie, la fille
rieure; pendant le travail, une d'entre elles allait voir son père ou sa mère dans sa mai-
lisait quelque chose de l'Ecriture sainte, sui- son, accompagnée de deux anciennes.
vaut la volonté de la même supérieure. On 23. Quand l'abbesse donne un emploi à son.
les recevait gratuitement dans le monastère; une religieuse, elle le fait en lui disant :
si toutefois quelqu'une offrait volontairement «L'immaculée et pleine de grâce Mère de
une partie de ses biens, soit meubles ou im. Dieu vous destine à tel office. ». Tous les
meubles, on les recevait; mais celle qui offices sont détaillés dans la régle, el se XXL... !
donnait n'était pas pour cela plus considérée trouvent les mêmes que dans les monastères
que celles qui ne donnaient rien; et s'il arri. d'aujourd'hui. Celle qui se présenle pour être
vait qu'elle voulut sortir du monastère et re- reçue dans la communauté doit être aupara-
prendre son présent, on ne le lui rendait pas, vant éprouvée pendant six mois, si ce n'est
parce que c'est un sacrilége de reprendre ce qu'elle soit bien connue; alors l'abbesse peut
qu'on a consacré à Dieu.

abréger le temps de cette épreuve.
1, . 21. Il était aussi permis de recevoir des 24. Les heures de l'office divin sont les

meubles ou immeubles de la part des laïques, mêmes que les nôtres. La Règle inspire une
avec défense de les aliéner ensuite, lors les grande dévotion pour le sacrifice du corps et
meubles en cas de nécessité : encore cette du sang de Jésus-Christ notre vrai Dieu, et
aliénation devait-elle se faire du consente exhorte les religieuses à s'en approcher sou-
ment de l'abbesse ou supérieure, de toutes vent, mais de l'avis de leur père spiriluel et
les officières, et des prêtres du monastère. du consentement de l'abbesse. On offrait
L'impératrice Irène, en se réservant de le chaque jour à la messe sept pains, savoir :
gouverner, s'était aussi réservé le droit d'y un en l'honneur du Seigneur, un de la sainte
élablir une abbesse s'il en était besoin; mais Mère de Dieu, un du saint du jour, le qua-
elle ordonna qu'après sa mort l'abbesse se- trième pour la rémission des péchés de l'em-
rait choisie par la communauté en présence pereur et de l'impératrice, le cinquième pour
de la patronne ou protectrice du monastère. les religieuses défuntes, le sixième pour les
L'élection se faisait par billels, et chaque défunts de la famille impériale, le septième
seur nommait trois sujets; si l'égalité des pour les vivants. Le samedi, on offrait de
suffrages laissait l'élection indécise, la pa- petiles crois pour les défunts de la même
tronne la faisait tomber sur celle qui avait les famille, une croix pour chacun. Cela se fai-
suffrages de la plus saine partie de la com- sait aussi les dimanches, et l'on faisait mé- .
munauté; on ne la déclarait qu'après beau- moire d'eux dans les diptyques.
coup de cérémonies et de prières, puis on 25. Après la liturgie, les religieuses vont
l'installait et on lui mettait en main le Typi- au réfectoire en récitant un psaume, lequel
que ou Règle, et le bâton ou la crosse; c'élait fini, elles se mettent à lable et mangent ce

XXXIII, X el scq.

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VIII, IX, X,

XXIII, X11

XXXIV.

X1.

IL.

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