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Grégoiro, abbó d'Oxia.

Euthymius Zigabono.

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passer pour hérétique; c'est pour se justifier établit qu'il y a en Jésus-Christ deux natures
qu'il écrivit son ouvrage contre Baryn ou et deux volontés; que l'on doit un culte aus
Barus, l'un de ses calomniateurs.

images; que la sainte Vierge est mère de
7. Théodore était contemporain de Gré. Dieu; qu'il n'y a qu'un principe de toutes
goire, abbé d'Oxia, comme on le voit par les choses; que l'Ancien et le Nouveau Testa-
lettres qu'ils s'écrivirent mutuellement. Lam- ment ont Dieu pour auteur. Il rapporte sur
bécius ' en cite deux autres de la bibliothè- la transsubstantiation deux longs passages,
que impériale (de Vienne); l'une à l'empe- l'un de saint Grégoire de Nysse, l'autre de
reur Comnène, l'aulre à la princesse Théo- saint Jean Damascène, qui prouvent claire-
dora Porphyrogenète; c'est tout ce que nous ment qu'il croyait lui-même la présence
savons de cet abbé.

réelle dans l’Eucharistie. Les hérétiques 8. La réputation d'Euthymius Zigabène fut qu'il réfute dans cette seconde partie sont beaucoup plus grande; il était moine du les apollinaristes, les nestoriens, les eulymonastère de la Mère de Dieu à Constantin chiens, les monothélites, les sévériens, les nople, grammairien parfait, instruit de la apbtardocites, les théopaschites, les iconorhétorique, et très - habile dans la connais- clastes, les pauliciens, les massaliens, les sance des dogmes de l'Eglise. Son mérite le bogomiles, les sarrasins ou mahométans. fit connaitre de la mère de l'impératrice 10. Il a été parlé presque de tous ces hié- flérésio Irène ? et de tout le clergé; l'empereur Alexis, rétiques dans le cours de cette histoire, bors pag. 220, qui le connaissait aussi, le chargea de com- des bogomiles et des sarrasins, qu'il est bon poser un traité sur toutes les hérésies, avec de faire connaître, en nous en rapportant à la réfutation de chacune, tirée des écrits des ce qu'en dit Zigabène. Les premiers se nomsaints pères, d'exposer même et de réfuter maient ainsi du nom de Bog, qui, en langue celle des bogomiles, telle que Basile, leur sclavone, qui était la leur, signifie Dieu, et chef, l'avait publiée depuis peil. L'ouvrage Milouï, que l'on rend par: ayez pitié de nous. de Zigabène étant achevé, l'empereur lui Ils étaient donc nommés bogomiles, parce donna pour titre : Panoplie dogmatique, c'est qu'ils imploraient la miséricorde, vantant à-dire Armure complète de doctrine : c'est, dit beaucoup la prière, à l'imitation des anciens Anne Comnène 3, le titre qu'il porte encore. massaliens, de qui ils avaient pris plusieurs

9. Il est divisé en deux parties, et chaque dogmes et divers usages. Basile, leur chef, Num. 1. d'Euthymulus partie en plusieurs titres. Il commence tou- était médecin de profession. Ils rejetaient les wm. XIX Bi jours par établir les dogmes de la religion; livres de Moïse et le Dieu dont il y est fait

ensuite il réfute les hérésies qui les ont atta. mention, à l'exemple des pauliciens ou nouqués; cette méthode lui parut la meilleure, veaux manichéens, qui avaient pour auteur parce que la vérité étant bien connue, il est de leur secte Paul, fils de Callinice, dont facile de la défendre contre le mensonge. Photius réfuta les erreurs en quatre livres. Dans la première partie, il prouve d'abord Le premier a été traduit en latin et imprimé * que Dieu est un en trois personnes, le Père, dans le catalogue des manuscrits grecs de la le Fils et le Saint-Esprit; ensuite il traite des bibliothèque Coisline, à Paris, en 1715, par attributs et des noms de Dieu, de ses ouvra- les soins de dom Montfaucon. Les trois auges, de sa miséricorde envers les hommes, tres n'ont pas encore vu le jour. Cependant qui s'est si bien fait connaître dans l'incar les bogomiles faisaient un grand cas du Psaunation du Fils pour le salut du genre hu- tier. Ils admettaient aussi les seize prophètes, main. Il établit la doctrine de l'Eglise sur les quatre évangiles de saint Matthieu, saint tous ces points par les passages des pères, Marc, saint Luc et saint Jean, les Actes des et réfute par la même voie les hérétiques, apôtres avec toutes leurs épilres et l’Apocaen commençant par les juifs, puis les simo- lypse; quand ils trouvaient dans les autres niens, les marcionites, les manichéens, les livres de l'Ecriture de quoi appuyer leur sabelliens, les ariens, les eunoméens. Il suit doctrine, ils les citaient; mais lorsqu'on alla même méthode dans la seconde partie, léguait contre eux quelques endroits des où il prouve la divinité du Saint-Esprit et sa livres qu'ils recevaient, ils les détournaient consubstantialité avec le Père et le Fils; en un sens allégorique.

Ziga bone

bloth. Patr.,

pag. 1.

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11.

Nem. 2, 3. 11. Quoique, pour séduire les simples, ils qu’un les invite à manger en ces jours-là, et

feignissent de croire au Père, au Fils et au boivent comme des éléphans. On juge de là
Saint-Esprit, ils ne confessaient la Trinité qu'encore qu'ils condamnent la fornication,
que de paroles, attribuant au Père seul tous ils ne sont pas plus difficiles que les autres
les trois noms, et disant que le fils et le sur les plaisirs de la chair. Pour prouver Num. 27, 18.

Saint - Esprit n'existaient que depuis cinq leur doctrine par des passages de l'Ecriture, 4. mille cinq cents ans. Selon eux, le Père avait ils la tournent en allégories arbitraires, ap

engendré le Fils; le Fils, le Saint-Esprit; et pelant leur synagogue Bethléem, et l'Eglise
le Saint-Esprit, Judas le traître et les onze caiholique Hérode; ils défendent de manger 37.
apôtres. Outre ce Fils, Dieu en avait eu aupa- de la chair et des oeufs, condamnent le ma-
ravant un autre nommé Satanaël, qui, s'é- riage et toute union des deux sexes, prou-
tant révolté contre Dieu avec les anges, fut vant la nécessité du célibat sur ce qu'il est
chassé du ciel; il fit un second ciel pour lui dit dans l'Evangile, qu'après la résurrection 39.
servir de demeure, créa le firmament et le. il n'y aura ni mariage ni femmes.
reste des créatures visibles; trompa Moïse, 14. Ils donnent aux catholiques qui culti- 60.

Je peuple juif, et lui donna la loi; c'est la vent les sciences les noms de scribes et de 8, 10. puissance de Satanaël que Jésus-Christ est pharisiens; appellent faux prophètes les doc

venu détruire; il l'a en effet renfermé dans leurs de l'Eglise, comme saint Basile, saint
l'enfer, et ayant retranché une syllabe de Grégoire, saint Chrysostome; ils les mettent **, 66.
son nom qui était angélique, il a voulu qu'il au nombre des ouvriers d'iniquité que Jésus.
s'appelât Satanas.

Christ chassera de sa présence au jour du
12. Les bogomiles ne reconnaissent pour jugement. Par les deux démoniaques qui 49.
saints que les patriarches dénommés dans habitaient dans les sépulcres, ils entendent
les généalogies de saint Matthieu et de saint les deux ordres du clergé et des moines qui
Luc, les seize prophètes, les apôtres et les habitent continuellement des temples faits
martyrs. Quant aux évêques et aux prêtres de mains des hommes où l'on garde les os
qui ont vécu saintement, ils les méprisent des morts : c'est ainsi que les bogomiles ap-

pour avoir rendu un culte aux images et aux pellent les reliques des saints. 12. reliques des saints; persuadés que ce qui est 15. Les Sarrasins sont appelés aussi Ismaéli- Sarrasinsor

dit dans les Ecritures de l'incarnation du tes, Agaréniens, d'Agar, servante d'Abraham,
Verbe, de sa vie sur terre, de sa passion, de mère d'Ismaël; Mahometans ou Musulmans,
sa mort, de sa résurrection, ne s'est fait à cause de Mahomet dont ils ont embrassé
qu'en apparence. Ils rejettent la croix avec les erreurs. Orphelin dès son enfance, il fut
mépris; notre baptême, qu'ils disent être élevé par une de ses parentes qui était veuve;
celui de saint Jean, parce qu'il s'administre lorsqu'il fut en âge, il l'épousa. Maitre de ses
avec de l'eau; le sacrifice du corps et du sang biens, il les employa au négoce. Dans un
de Jésus-Christ, ne reconnaissant point d'au- voyage qu'il fit en Palestine, il conversa
tre communion que celle de demander le pain avec les Hébreux ou les Juifs, puis avec les

anotidien en récitant l'Oraison dominicale. ariens, ensuite avec les nestoriens, et pre17. Ils n'admettent point d'autres prières; aussi nant quelque chose de ses trois sectes, il en 13. ils la récitent sept fois le jour et cinq fois la composa une. Cependant il tomba malade, nuit, quelques-uns plus souvent et à genoux. sa femme en fut inquiète; il la consola en

13. Fondés sur ces paroles : « Sauvez votre lui faisant entendre qu'il y avait du merveilvie par toules sortes de moyens, » qu'ils ont leux dans celte maladie, qu'elle ne lui était ajoutées à l'Evangile, ils se croient permis arrivée que parce qu'il n'avait pu soutenir tout ce qoi peut la sauver, et conséquem- la vue de l'ange Gabriel, lorsqu'il lui révélait ment de dissimuler leur mauvaise doctrine, des choses mystérieuses. Sa femme, pleine

d'où vient qu'il n'est point facile de les dé- de joie, fit aussitôt connaître à ses amies 24. couvrir; ce qui aide encore à les cacher, est que son mari était un prophèle, et ce bruit

l'babit de moines dont ils se servent pour passa bien vite des femmes aux hommes.
s'insinuer plus aisément dans les compagnies Alors Mahomet commença à répandre sa

et y répandre leurs erreurs. Quoiqu'ils se doctrine, assurant que pendant son sommeil 23, soient prescrit un jeûne jusqu'à none, les il lui était tombé du ciel un livre contenant

landis, mercredis et vendredis, ils ne tien- la doctrine suivante : nent comple de celte obligation quand quel- 16. Il n'y a qu'un Dieu, auteur de toutes Leor doct:ino.

choses, qui n'engendre point et n'est pas xième de la seconde partie, qui regarde engendré. Le Verbe de Dieu et l'Esprit sont l'hérésie des massaliens, se trouve dans le des choses créées. Ils sont l'un et l'autre en premier tome des Monuments de l'Eglise trés dans Marie, soeur de Moïse et d'Aaron. grecque de Cotelier, et dans le premier tome 3 C'est ainsi que Mahomet confond Marie, des cuvres de saint Jean Damascène, de l'édiseur de ce législateur, avec la sainte Vierge, tion du père Lequien; le vingt-troisième, qui mère de Jésus. Marie conçut Jésus-Christ traite des bogomiles, dans l'histoire de celle sans le commerce d'aucun homme; Jésus était secte par Wolsius, à Wittemberg en l'an prophète et serviteur de Dieu. Les Juifs pous- 1712, in-4°, et le vingt-quatrième, contre les sés d'envie voulurent le crucifier, mais ils ne Sarrasins ou Musulmans, dans l'histoire crucifièrent que son ombre, et ne le firent qu'en a faite Sylburge, imprimée à Heidelpas mourir lui-même, parce que Dieu qui berg, chez Commelin, en 1595, in-8°, dans l'aimait l'enleva dans le ciel. Là, Dieu lui de l'Auctuaire 4 de Fronton-le-Duc, à Paris, en manda s'il s'était dit Fils de Dieu et Dieu; 1624, et dans le douzième tomo de la BiblioJésus répondit négativement, et ajouta qu'il thèque des Pères, qui parut en cette ville en ne rougissait pas de se dire son serviteur. 1654. [Le chapitre sur les dogmes des IsraéZigabène passe sous silence d'autres inepties lites est reproduit au tome XIV de la Biqu'on lisait dans le livre que Mahomet soute bliothèque des anciens pères, par Galland, pag. nait être descendu du ciel; puis après avoir 277.] dit que les prophètes ont prédit le mystère 18. On trouve dans la bibliothèque du roi Cerit de Z de l'Incarnation, la passion de Jésus-Christ, un manuscrit 5 dont le titre porte : Euthy- fre les Lilio sa résurrection, son ascension au ciel et son mius, moine de Zigabène, démontre contre les second avénement pour juger les hommes, citoyens de l'ancienne Rome, que le Saint-Esil prouve que Mahomet n'a été promis par prit ne procède pas du Fils. Cet ouvrage n'a aucun prophète, qu'il n'a donné aucune pas encore été imprimé, mais Simon soupreuve de sa mission, ni établi que la loi qu'il tient que ce n'est point un écrit particulier a prêchée aux Sarrasins fût de Dieu. Il rap- contre les Latins, et que, dans les manusporte d'après le moine Evodius, un grand crits grecs de la Panoplie, il fait le XIIIe titre. nombre d'histoires fabuleuses forgées par 19. Outre ce que Zigabène y dit de l'héréMahomet, et dont il a rempli son Alcoran sie des massaliens au titre vingt-deuxième, license pour donner cours à ses erreurs, et finit sa il composa contre eux un traité inlitulé : Panoplie par le fragment d'une lettre de Victoire et triomphe de l'impie secte des MassaPhotius à Michel, prince des Bulgares, où il liens, appelés aussi Bogomiles, Euchites, En

gabinco

est parlé des sept conciles æcuméniques. thousiastes, Encratites et Marcionites. Il se Editions ie 17. La Panoplie d'Euthymius, dont on con- trouve dans un manuscrit de la bibliothèque

serve encore le texte grec dans les bibliothè. de Vienne, par forme d'appendice à la Pa-
ques d'Angleterre, de Florence et de Vienne, noplie, et c'est sur ce manuscrit qu'il a été
fut traduite en latin par Pierre - François publié en grec et en latin avec les notes de
Zinus, de Vérone, et imprimée en cette lan Jacques Tollias, dans son Voyage italique,
gue à Venise en 1555, in-fol., à Lyon en imprimé à Utrecht en 1696, in-4°. Ce traité, qui
1556, in-8°, à Paris en 1580, in-8°, et dans le comprend quatorze anathématismes opposés
dix-neuvième tome de la Bibliothèque des aux erreurs des massaliens, [est reproduit
Pères, à Lyon en 1677. Il s'en trouve des au tome XIV de la Bibliothèque des anciens
fragments grecs dans le premier tome des pères, par Galland, pag. 293.) Lambécius 7
Dogmes du père Peteau; dans les notes de avait déjà donné les trois premiers. Ils sont 15;
Cotelier sur le premier tome des Monuments contre Pierre, chef des massaliens, qui se
de l'Eglise grecque, et dans le Glossaire grec faisait appeler Christ, et se vantait qu'il res-
de Du Cange. Fabricius ' dit avoir vu la Pa- susciterait trois jours après sa mort; contre
noplie d'Euthymius imprimée en grec, avec Tychique, son disciple, corrupteur des di-
l'épitre dédicatoire d'Athanase à Etienne, vines Ecritures, entr'autres, de l'Evangile
en 1710, et rapportée d'Orient par Michel selon saint Matthieu, attribuant à son maître
Eneman, mort en 1714. Le titre vingt-deu- tout ce qui y est dit de Dieu le Père et du
· Fabricius, tom. VII Bibliot. Græcæ, pag. 461. peluit., lib. II, cap. XII, tom. II. — 6 Simon., tom. III
2 Pag. 302. — 3 Pag. 94. "Tom. II, pag. 282. Bibliot. criticæ, pag. 98.
$ Allatius, de Consensu, pag. 642; Arnald., de Per- 7 Lambecius, lib. III Bibliot. Vindobon., pag. 171

Traité eo

la Papop je.

Tuilius, Commentaire sur les

Lettres d'Eu.

discours eur Enstilhe de Thessalonique,

Saint-Esprit; et contre les autres disciples joint a la formule de la réception des mani.
de Pierre, qui avaient répandu sa mauvaise chéens et des pauliciens, lorsqu'ils se con-

doctrine et séduit quantité de personnes des vertissaient à la foi catholique. On commenAskep. 4. deux sexes. On comprend dans les anathè- çait par leur faire anathématiser toutes les

mes suivants ceux qui supposent une autre erreurs de leur secte; ensuite on faisait sur
Trinité que celle du Père, du Verbe son fils eux les exorcismes; puis on les baptisait.
qui s'est fait homme, et du Saint-Esprit, et 20. On n'a pas encore mis au jour les let- Lettres d'Eu.
qui, pour réaliser leur imagination, attribuent tres d'Euthymius Zigabène. Lambécius en cite

au propbete Isaïe une vision qu'ils ont sup- une 3 contre les bogomiles, et une autre 5. posée; ceux qui introduisent d'autres livres contre les Arméniens théopaschites. On les

sacrés que ceux que la tradition des saints conserve dans la bibliothèque impériale (de
pères reconnait pour tels; ceux qui ont hor- Vienne.] Il y a dans celle de 4 Bodléï l'o-
reur du mariage contracté au nom du Sei- raison funèbre qu'Euthymius prononça à la
gneur, et des viandes dont Dieu a permis louange d'Eustathe, archevêque de Thessa-
l'usage; qui ont de même en horreur la doxo- lonique. Il y témoigne qu'il avait un grand
logie par laquelle l'Eglise finit ses prières, et nombre de lettres écrites de la main de ce
ces prières mêmes, n'en voulant reconnaître prélat, toutes remplies de belles choses, tant
d'autres que l'Oraison dominicale; qui fuient pour la correction des mœurs, que pour la
les assemblées publiques de l'Eglise et en réfutation des erreurs qui régnaient alors.
tiennent de secrètes pour répandre plus fa- Lambécius cite encore 5 de la bibliothèque
cilement le venin de leur doctrine; qui ap- impériale, la dispute de Zigabène avec un
pellent les églises établies en l'honneur de philosophe sarrasin sur la foi. On a dans
Dieu, des retraites de démons, et rejettent celle du Vatican 6 un petit traité du même
le culte des saintes images; ceux qui, mépri- auteur, pour prouver que Jésus-Christ célé-
sant la doctrine de Jésus-Christ et de ses dis- bra la Pâque légale avec ses disciples le

ciples sur le baptême, le regardent comme jeudi de la grande semaine. C'est peut-être 18, 11. de la pure eau, sans aucune vertu; qui par le même qui se trouve dans quelques biblio

dérision appellent la croix vivifiante une thèques d'Angleterre sous le titre de Dis-
fourche, et se vantent de donner d'eux-mês cours sur le temps de la Pâque. On y trouve
mes la rémission des péchés, qui est toute aussi un discours sur la ceinture de la sainte
fois un don du Saint-Esprit; ceux qui disent' Vierge, et un autre sur la vénération due à
que la communion du vénérable corps et cette sainte Mère de Dieu, et sur la dédicace
sang de Notre Seigneur Jésus-Christ n'est de son tombeau; l'un et l'autre portent le
que la participation du pain et du vin ordi- nom d'Euthymius. (Le tome XIV de la Biblio-
naire. Euthymius ne doutait donc pas que le thèque des anciens Pères, par Galland, contient,

pain et le vin ne fussent changés au corps et p. 332, une Exposition du Symbole, par Eu13 et 16. au sang de Jésus-Christ. Les deux derniers thymius Zigabène.]

anathèmes sont contre ceux qui, dans le 21. Il composa un commentaire sur tous
baptême, au lieu du souffle usité par Jésus les Psaumes et sur les dix Cantiques, qui fut Psaumes de
Christ pour donner le Saint-Esprit, crachent imprimé à Vérone en 1530, in-folio, chez
sur le baptisé, et contre tous les hérétiques Elienne Nicolin. La version latine est de Phi-
ensemble. Il finit son traité en soubaitant lippe Saulus, évêque de Brunetto; mais elle
une longue vie au roi orthodoxe Porphyrogé- ne parut qu'après sa mort, par les soins de
nète; c'était Jean Comnène que l'empereur Paulin Turchius de l'ordre des frères pre-
Alexis, son père, avait déclaré son succes- cheurs. Elle est dédiée au pape Clément VII.
seur avant de faire mourir Basile, chef des On la réimprima à Paris en 1543, 1547, in-8°,
bogomiles; et au patriarche très-saint et cecu- à Venise en 1568, in-8° ; à Lyon en 1573, et
ménique, c'était Nicolas, qui mourut quelque dans le dix-neuvième tome de la Bibliothèque
temps après le supplice de Basile, c'est-à- des Pères, imprimée en cette ville en 1677. La
dire en 1117; d'où il suit que ce traité a été préface de ce commenlaire a été donnée en
écrit en cette année-là au plus tôt. Tollius ya grec et en latin par Etienne le Moine 7, mais

les dix Cantiques de l'Eeriture sainte, tom. XIX BiElioth. l'atr., pag 236.

* Analhema iis qui dicunt communionem venerandi corporis et sanguinis domini ac servatoris nostri Jesu Christi meri panis et vini esse participationem. P. 123. -?P. 127. - 3 Lambecius, lib. V, p. 38, 134 et 127.

-* Fabricius, t. VII Bibliot. Græcæ, p. 473. — 5 Lam-
becius, lib. V, p. 206. — 6 Oudin, t. II de Scriplor.,
p. 982. – 7 Stephan. le Moine, Varia sacra, t. I
p. 150; Simon, tom. II Bibliot. selectæ, pag. 48.

Do trine

pleine de lacunes, que Richard Simon et crit du monastère de la Sainte-Vierge de
quelques autres ont remplies sur divers ma- Guadalup, de l'ordre de saint Jérôme, dans
nuscrits. Dans la préface, Euthymius repré- le royaume de Castille. Cette traduction que
sente en huil articles le dessein de David l'on trouve plus correcte que celle du com-
dans la composition des Psaumes, et ce qu'ils mentaire sur les Psaumes, fut imprimée à
contiennent, tant pour l'histoire ancienne, Louvain en 1544, in-folio, et remise sous
que pour le dogme et la morale, sur tout ce presse à Paris en 1547, 1560, 1602, in-8°, et
qni concerne les mystères de la Naissance, à Lyon en 1677, dans le dix-neuvième tome
de la Passion, de la Résurrection et de l'As de la Bibliothèque des Pères. L'éditeura donné,
cension de Jésus-Christ. Il traite de la na- à la suite de sa préface, ses variantes des dif-
ture, de l'origine, de l'usage des Psaumes; férents exemplaires grecs qu'il avait sous les
puis venant à leur auteur, il se range du côté yeux, entre autres de celui de Comput. Ri-
de ceux qui les attribuent tous à David, et chard Simon ? en avait vu un dans la biblio-
en donne des preuves fort solides que nous thèque Mazarine, mais d'une main récente,
avons rapportées dans le premier ' volume où ce commentaire était attribué à Nicétas.
de cette histoire. Ensuite il parle des sept ver. D'autres l'ont donné à OEcuménius, à Am-
sions qui en ont été faites, à commencer par monius et à Théophylacte , sur de pures con-
celle des Septante. La septième est celle du jectures. Le même écrivain en fait beaucoup
martyr Lucien, qu'il trouve la plus parfaite de cas, de même que Maldonat 3, surtout
et la plus conforme à l'hébreu et à la version pour son exactitude à remarquer toutes les
des Septante, remarquant que Lucien a eu propriétés des termes.
soin de rejeter tout ce que les autres inter- 23. C'est dans ce commentaire qu'Euthy: die Dotring
prètes avaient dit de contraire à la vérité mius s'explique sur la présence réelle 4 dans sur la présen-
hébraïque. Il suit dans son commentaire la l’Eucharistie : « Puisque tous tant que nous
version des Septante, suivant l'usage des sommes de fidèles, nous participons au
Grecs. Mais lorsque le texte souffre quelque même corps et au même sang de Jésus-
obscurité, il tâche de l'éclaircir en recou- Christ, la participation de ce mystère nous
rant aux versions de Théodotion, de Sym- unit tous ensemble, et nous sommes tous en
maque, d'Aquila, et souvent au texte hébreu. Jésus-Christ, et Jésus-Christ est en tous, se-
Il donne le sens littéral, le moral et l'allégo- lon que lui-même le dit : Celui qui mange ma
rique, et il suit la même méthode dans l'ex- chair et boit mon sang, demeure en moi et moi
plication des Cantiques.

en lui. Le Verbe s'est uni à la chair par l'in. Commen. 22.Son commentaire surles quatre Evangiles carnation, et cette chair nous est unie lorsquatre En est tiré pour la plus grande partie des écrits de que nous participons à ce sacrement.» Il avait Bibl. Palr, saint Chrysostôme et des anciens pères grecs, dit plus haut : «Comme l'Ancien Testament a

d'Origène, de saint Basile, de saint Grégoire eu des hosties et du sang; le Nouveau en a aussi
de Nazianze. Mais il ne les transcrit point en qui sont le corps et le sang du Seigneur.» Il n'a
copiste. Il s'approprie leurs pensées, et mon- pas dit 5 : Ces choses sont les signes de
tre beaucoup de choix dans ce qu'il emprunte mon corps et de mon sang; mais il a dit :
de ces savants interprètes. Ce commentaire Ces choses sont mon corps et mon sang. Il ne
n'a pas encore été publié en grec, non plus faut donc pas considérer la nature des cho-
que celui qu'il a composé sur les Psaumes, ses qui sont mises sur l'autel, mais leur
quoi qu'en disent plusieurs critiques. [Le vertu. Car de même que le Verbe déifie (s'il
tome XIV de la Bibliothèque de Galland, est permis d'user de ce mot) la chair à la-
page 297, renferme, en grec et en latin, quelle il s'est uni d'une manière surnatu-
le commentaire sur le chapitre xxvi de relle ; de même il change par une opération
saint Matthieu, et, page 323, un spéci ineffable le pain et le vin en son corps même,
men des scholies sur les Psaumes.] Jean qui est une source de vie, en son précieux
Henténius la traduit en latin sur un manus- sang, et en la vertu de l'un et de l'autre. Or
1 Pag. 129.

meus. Oportet ergo non ad naturam eorum quæ pro? Lib. III Hist. critic. Novi Testamenti, cap. XXIX. ponuntur aspicere, sed ad virtutem eorum; quemad

: Idem, ibid., pag. 84, et Maldonat. in cap. XVII modum enim supernaturaliter assumptam carnem Matth., v. 8.

cleificavit, si ita loqui liceat , ita et hæc ineffabiliter - Tom. XIX Bibliot. Pat., pag. 579, in cap. lxiv. transmutat in ipsum vivificum corpus suum et in ip

8 Non dixit : Hæc sunt signa Corporis mei el San- sum preciosum sanguinem suum, et in gratiam ipsoquinis mei : sed : Hæc sunt corpus meum et sanguis rum. Euthymius, in Evang., cap. LXIV, pag. 579.

taire sur les

giles, t. XIX

pag. 486.

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