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il y a quelque rapport du pain au corps, et Saint-Esprit descend et opère les choses qui du vin au sang. Car le pain et le corps sont surpassent la raison et l'intelligence des d'une matière terrestre, et le vin et le sang hommes ; que ce corps joint à la divinité est sont d'une matière chaude et subtile comme le corps même qui est né de Marie ; que J'air; et comme le pain fortifie, de même le comme le pain et le vin que l'on mange et corps de Jésus-Christ fortifie en sanctifiant que l'on boit, sont changés au corps et au sang l'âme et le corps; et comme le vin donne de de celui qui les mange et qui les boit, et ne la joie, le sang de Jésus-Christ a le même effet, deviennent pas un autre corps que celui qui

et est un puissant secours pour nous. était auparavant; de même le pain et le vin Saite de la 24. Mais il faut encore rapporter ce qu'Eu mêlé d'eau sont changés par l'invocation et les de la présence thymius dit dans la Panoplie pour réfuter l'er- l'avénement du Saint-Esprit, au corps et au

reur des pauliciens sur l'eucharistie. Ces hé- sang de Jésus-Christ et ne sont pas deux
rétiques enseignaient que Jésus-Cbrist, en corps, mais un même corps ; que le pain et
instituant l'eucharistie, n'avait point distri- le vin ne sont pas la figure du corps du Sei-
bué de pain ni de vin à ses disciples, et que gneur, mais son corps même uni à la divinité.
ces mots : Prenez et mangez, s'entendaient 25. Quelques-uns ont avancé que Henté-
de ses paroles mêmes qu'il proposait à ses nius, hiéronymite de Malines, avait aussi tra-
disciples comme leur pain et leur nourriture. duit en lain, et fait imprimer à Louvain el à
D'où il suivait, selon eux, que communier Paris les commentaires d'Euthymius Ziga-
n'était autre chose que méditer les paroles bène sur les Epitres de saint Paul. Mais
de Jésus-Christ et s'en nourrir. Euthymius les peut-être l'ont-ils confondu avec le com-
combat en employant contre eux les témoi- mentaire sur les mêmes Epîtres, imprimé
gnages des pères de l'Eglise, nominément souvent sous le nom de Théophylacte, ar-
de saint Grégoire de Nysse et de saint Jean chevêque de Bulgarie. Quoi qu'il en soit,
Damascène. Il dit d'après le premier !, que je n'en connais point d'imprimé sous celui
le corps de Jésus-Christ entre en nous par le d'Euthymius, ni séparément ni dans les Bi-
moyen du boire et du manger; que nos corps bliothèques des Pères. Gesner dit qu'il se
sont joints aveccecorpsimmortel; que ce corps trouve parmi les manuscrits grecs de Rome.
étant un, es! distribué tous les jours à une Allatius cite quelques endroits 4 de l'explica-
infinité de personnes; que chacun le reçoit tion de l'Epitre à Timothée, sur les intersti-
tout entier, et qu'il demeure tout entier en ces des ordres chez les Grecs; dans un manus-
lui-même ; que le pain sanctifié est changé crit de la bibliothèque impériale (de Vienne),
par la parole de Dieu au corps du Verbe?, la Panoplie est suivie du plan de la doctrines de
et qu'il devient tout d'un coup le corps du l'épitre aux Romains, qu'Euthymius avait ap-
Verbe, étant changé par cette parole : Ceci paremment mis à la tête du commentaire sur
est mon corps. Il dit avec saint Jean Damas- cette épitre. On ne rapporle rien de celui
cène 3, que si l'on demande comment le pain qu'il composa sur les Epitres catholiques.
est fait le corps de Jésus-Cbrist, et le vin son Simler l'avait vu 6 parmi les manuscrits grecs
sang, il n'y a rien à répondre, sinon que le de la bibliothèque de Jean Sambucus.

CommenLire sur les Epitres de Ajal Paul et les Epitres catholiques.

1 Cum autem demonstratum sit fieri non posse ut nostra corpora consequuntur immortalitatem nisi cum immortali corpore conjungantur, atque ita incorruptionenı acquirant, considerandum est quomodo fieri queat, ut cum unum illud corpus assidue per totum orbem terrarum tot fidelium millibus impertiatur, totum cujusque per partem evadat et in seipso totum permaneat. Gregor. Nysseni, apud Euthymium, t. XIX Bibliot. Pal., pag. 216 in Panoplia.

Quamobrem recte nunc etiam Dei Verbo sanctific catum panem in Dei Verbi corpus credimus immutari... Ita ut corpus Verbi evadat... Per verbum slatim in corpus mutatur, ut dictum est a Verbo : Quoniam hoc est Corpus meuni. Ibid., pag. 216.

3 Corpus est vere conjunctum divinitati, ut corpus
et sancta Virgine, non quod corpus illud assumptum
e cælo descendat; sed quia panis et vinum in Christi
corpus et sanguinem transmutatur. Sin quæris quo-

modo fiat, satis est tibi ut audias per Spiritum Sanc-
tum, quemadmodum et ez Virgine Dei genitrice sibi
ipsi et in seipso Dominus corpus substituit; et nihil
amplius novimus nisi quod Dei Verbum est verum el
omnipotens. Modus autem intelligi non potest. Illud
tamen dicere non est alienum , quemadmodum natu-
raliter panis per cibum et vinum et aqua per potum
in corpus et sanguinem comedentis bibentisque muta-
tur, nec fiunt aliud corpus præter id quod erut prius,
sic propositionis panem et vinum et aquam per invo-
cationem et adventum Spiritus Sancti, ratione natu-
ram superante, in corpus et sanguinem trunsmutari,
nec esse duo, sed unum atque idem... Non est figuru
panis et vinum corporis Christi : absit; sed ipsum
Domini corpus divinitate affectum. Ibid., pag. 217.

* Allatius, pag. 196.
5 Fabricius, tom. VII Bibliot. Græcæ, pag. 471.
6 Fabricius, ibid.

moine grec.

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Zonare,

Joan Zonare, 31. Euthymius eut pour contemporain Jean non l'histoire, mais l'abrégé de l'histoire. Si

Zonare, également reconimandable par son donc il n'a pas tout dit, ni avec étendue,
savoir et par sa naissance. On ne doute pas ? c'est que ce n'était pas son dessein d'entrer
qu'il ne descendit de Zonare, l'un des sei- dans un si grand détail. Il s'étend plus sur ce
gneurs de la cour de Constantin Porphyro- qui regarde les Juifs que sur les autres na-
génète, fils de l'empereur Léon-le-Sage. 11 tions, ayant sans doute plus de connaissance
eut lui-même une place très-honorable dans des premiers que des peuples étrangers au
le palais de Jean et de Manuel Comnène, culte du vrai Dieu. Au reste Zonare ne man-
puisqu'il y exerça les fonctions de secrétaire que guère, dans l'occasion, de reprendre les
d'Etat, l'une des premières dignités du sénat. abus qui s'étaient glissés de son temps 4, soit
Ayant perdu ce qu'il avait' de plus cher dans l'Eglise, soit dans le palais impérial, la
apparemment sa femme et ses enfants, il simonie dans les ecclésiastiques, le luxe dans
en prit occasion de rompre les autres liens les courtisans, la tyrannie dans le gouverne-
qu'il s'était fails dans le siècle. Il quitta ment. Il va jusqu'à se plaindre de ce que les
la cour, se retira dans une île éloignée, y empereurs avaient quitté l'habit de la patrie,
pril l'habit monastique, et s'y occupa sérieu- pour s'kabiller comme les Barbares.
sement de l'affaire de son salut. Il avait déjà 28. Il divise sa Chronique ou ses Annales
passé quelques années dans cette retraite, en deux parties : Dans la première il donne
lorsque ses amis l'exhortèrent à rendre ses l'histoire sainte ou du peuple de Dieu, tirée
moments de loisir utiles au public, en met des Livres saints et des Antiquités juives de
tant par écrit les événements les plus consi- Josèphe ; puis celle des anciens Grecs; en-
dérables de l'histoire.

suite l'histoire des Romains, qu'il conduit Annales do 27. Zonare eut peine à se rendre aux jusqu'au temps où leur république dégénéra

instances de ses amis, parce qu'il 2 man en monarchie, c'est-à-dire jusqu'à Pompée,
quait des livres nécessaires. Mais, soit qu'ils par qui commence l'histoire des empereurs
se fussent engagés à les lui fournir, soit romains. A la fin de cette première parlie 5,
qu'il en eût un bon nombre par devers lui, Zonare s'excuse de son peu d'exactitude
il se mit à l'ouvrage, autant pour se mettre dans l'histoire des consuls et des dictateurs,
à couvert des tentations de l'ennemi, qu'en sur ce qu'il n'avait pu trouver les livres où
vue de l'utilité publique. Il ne s'assujettit il en est parlé. On trouve dans la seconde
point à concilier les écrivains qui rappor- partie les gestes des empereurs depuis le
taient différemment un même fait. Mais, choi triumvirat jusqu'à la mort d'Alexis Comnène,

ce qui lui paraissait de mieux cons- en 1118. Il paraît par là que les Annales de
taté, il donne les faits comme il les trou- Zonare étaient divisées en deux tomes, et
vait, les rendant en son style, et ne cher- non en trois, comme elles sont dans l'édition
chant point à se faire honneur aux dépens de Wolfius. Du Cange les a divisées en dix-
de ceux qui avaient travaillé avant lui. Quel. huit livres pour la facilité des lecteurs, c'est-
ques-uns 3 lui ont reproché un défaut d'exac- d-dire chaque partie en neuf livres; en sorte
tilude dans ce qu'il rapporte des Latins, que la première finit avec le neuvième livre,
avant le règne de Constantin ; d'autres au et la seconde avec le dis-huitième.
contraire prétendent qu'il en a parlé exacte 29. L'édition de Wolfius était, comme on
ment, et le prouvent, parce qu'il tire de vient de le dire, en trois parties, et chargée
Dion Cassius, que l'on avait alors entier, tout de notes. Elle parut à Bâle en 1557, in-folio.
ce qu'il dit des Romains. A l'égard de Cons- Du Cange la revit sur plusieurs manuscrils,
tantin et des princes de sa maison, personne, y ajouta de nouvelles notes, et une Chroni.
au jugement des plus habiles, n'en a parlé que sommaire d'un anonyme, depuis Adam
avec autant d'exactitude que Zonare, chez jusqu'à Alexis Comnène, déjà imprimée à
qui l'on trouve même bien des choses, qu'en Paris en 1616, par les soins du père Petau,
vain on chercherait ailleurs. Il est vrai qu'il avec lAbrégé chronologique de Nicéphore de
est moins diflus que Théophanes, que Cé- Constantinople. Cette seconde édition de Zo-
drène, que Zilitzès, et quelques autres; mais nare est de 1686 à Paris, de l'imprimerie du
il dit lui-même qu'il avait entrepris d'écrire, Louvre. Elle a été remise sous presse à Ve-

Editions de

ces Anpales.

1 Du Cange, præfat. in Zonar. – ? Zonar., in præfat. Annal. – s Zonar., ibid. - Du Cange, præfat.

in Zonar. — • Lib. VII, scction 17; lib. X, section 28;
lib. III, section 3, – 6 Lib. IX, section 31.

nise en 1729, [et, d'une manière plus exacte un autre traité où Zonare prouve, au nom
à Bonn, dans la nouvelle édition de la Byzan- des évêques, que deux cousins germains
tine, par Pinder.]On a une traduction italienne ne peuvent épouser successivement une mê-
de ces Annales, par Marc-Emile Florentin, me femme. Il y avait sur celle question deux
imprimée à Venise en 1560, in-4', et deux sentiments parmi les Grecs; les uns soute-
françaises, l'une par Jean de Maumont, à naient que ce mariage était légitime, les au-
Paris en 1560, in-folio, chez Vascosan, et tres qu'il était défendu tant par les lois de l'E-
l'autre de Jean Milèse de Saint-Amour, im- glise que par celles de l'Etat. Zonare embrasse

primée en la même ville, l'an 1583, in-folio. ce dernier particomme conforme aux lois et à Cissea 30. Un autre ouvrage considérable de Zo- la décence. Il fit une préface sur les Sentences et des nare est son commentaire sur les canons des tétrastiques de saint Grégoire de Nazianze,

apolres ; sur ceux des Conciles généraux et ainsi appelées de ce que chaque strophe était
particuliers, et sur les épîtres canoniques des de quatre vers iambiques. On dit cette pré-
pères grecs. Ses commentaires sur les Ca- face imprimée à Venise en 1563 4. Elle se
nons apostoliques ont été traduits en latin trouve manuscrite dans la bibliothèque de
par Jean Quintin, et imprimés à Paris en l'Escurial et ailleurs. Il y a dans celles de
1538. Antoine Salmatia traduisit aussi en la- Vienne et de Coislin 5 une explication des
tin les commentaires sur les canons des Con- Cantiques anastasimes de saint Jean Damas-
ciles et des pères, et les fit imprimer en cette céne. Allatius en cite une sur l'Octoée du
langue à Milap en 1613. L'édition grecque et même saint 6, ou le Livre des huit tons. Gret-
latine de Paris en 1618, in-folio, comprend ser rapporte quelques endroits des explica-
les commentaires sur les Canons des apôtres tions de Zonare sur les Anastasimes, dans son
et des conciles; mais on n'y a pas joint l'ex- livre V de la Croix. Le Lexicon de Zonare,
plication des épitres canoniques; on y a mis qu'on dit épais de quatre cenls dix-huit feuil-
en place les Constitutions apostoliques et les lets, se conserve ? dans la bibliothèque im-
Actes du concile de Constantinople tenu sous périale (de Vienne); Joseph Scaliger en parle
Mennas en 536. Pour suppléer à celte omis- dans sa quarante-huitième lettre à Isaac Ca-
sion, l'éditeur des cuvres de saint Grégoire saubon.
Thaumaturge y a ajouté non-seulement les 32. Théodore Dousa, en revenant d'Orient,
écrits de saint Macaire d'Alexandrie et de rapporta plusieurs lettres théologiques de
Basile de Séleucie, mais encore les commen- Zonare , qu'il promit de publier à la tête de
taires de Zonare sur les épîtres canoniques, ses notes sur l'histoire de Georges Acropo-
en grec et en latin, de la version de Salmatia lita, imprimée à Leyde en 1614, in-4'. En
Enfin tous ces commentaires ont été réunis attendant, il en communiqua trois à Bona-
dans l'édition grecque et latine qui parut à venture Vulcanius, savoir : la treizième, in-
Oxford en 1672 par les soins de Guillaume titulée : De l'Homme créé à l'image de Dieu; la
Bévérégius, in-folio, avec les commentaires trente-deuxième : Qu'on ne doit pas trop appro-
de Théodore Balsamon. Zonare dit dans la fondir le mystère de l'eucharistie; et une partie
préface, qu'il entreprit cet ouvrage, non de de la dixième, où l'on voit les raisons pour-
lui-même, mais à la persuasion de quelqu'un, quoi le Verbe ne s'est incarné que dans les
peul-être de Manuel Comnène. C'est la con- derniers temps. Vulcanius les fit imprimer
jecture de du Cange.

en grec et en latin à Leyde, en 1605 , in-4°, 31. Il y a en grec et en latin ?, dans le Droit dans ses notes sur le livre de saint Cyrille Zenare. grec-romain, un discours de Zonare adressé d'Alexandrie contre les Anthropomorphites.

à ceux qui s'imaginaient qu'il y avait pé. Mais les leltres de Zonare, qu'on fait monter ché dans certaines impuretés naturelles; on à cinquante-six, se trouvent aussi, sous le l'avait déjà placé dans le Droit oriental de nom de Michel Glycas, dans quelques maBonefidius, imprimé chez Henri Etienne en nuscrits 8, et Allatius les cite indifféremment 1573, in-8°. Nous avons 3, dans le tore Il des sous le nom de l'un et de l'autre 9. Monuments de l'Eglise grecque, par Cotelier, 33. Le Canon ou l'Hymne de Zonare s

33. Le Canon ou l'Hymne de Zonare sur la

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Hymne sor

la très-sainte

Vierge.

1 Du Cange, præfat. in Zonar. - ' Lib. V, rag. 351. - 3 Pag. 483. — * Fabricius, tom. X Bibliot, Græcæ , pag. 243. – 5 Lambecius, lib. III, pag. 39; Coislin, pag. 273. — Allatius, in Symmictis , pag. 453. - 1 Nesselius, part. iv, pag. 24, 89, 155, Com.

mentar. Lambecian. supplement. 8 Fabricius, tom. X
Bibliot. Græcæ, pag. 244, et Oudin, tom. II, de
Script. Eccles., pag. 989. - 9 Allatius, de Libris
Eccles. Græcor, pag. 127, 130, 139, 254, 324, 325,
326, 327.

ment sur l'ea

Perpénité de

tom. I, cap.

très-sainte Vierge Mère de Dieu, se lit dans le mon , qui s'appliqua comme Zonare à don-
tome UI des Monuments de l'Eglise grecque, ner le vrai sens des anciens canons ecclésias-
par Cotelier. Génébrard en avait donné une tiques, l'appelle un très-excellent interprète,
partie, mais seulement en latin, et c'est sur sa et dit que personne n'a mieux réussi que lui
version que cette partie a été insérée dans le à nous les faire entendre.
tome XII de la Bibliothèque des Pères de Co- 35. Il s'était élevé de son temps une ques- Son senti.
logne en 1618, et de Paris en 1654, et dans tion parmi les Grecs au sujet de l'eucharistie. Charistie:
le tome XXIII de celle de Lyon en 1677. Cette Quelques-uns croyaient le corps de Jésus- la loi, div. II,
hymne est faite contre les hérésies d’Arius, Christ incorruptible ; d'autres soutenaient xiv, pag. 24.
de Macédonius, d'Apollinaire, de Nestorius, qu'il était corruptible. Zonare prétendit con-
de Marcion, d'Eunomius, d’Eutychès, de Ma- cilier ces deux sentiments. Voici comme il
nès, d'Origène, d'Evagre, de Novat, des en- s'explique dans une des lettres que Georges
cratites, des massaliens, d'Aétius, de Paul de Douza rapporta de Constantinople : « Nous
Samosate, de Sergius, de Pyrrhus, d’A- n'ignorons pas, mon cher frère, que quel-
pelles, des iconoclastes, des bogomiles. Zo- ques-uns, se laissant aller à leur propre es-
nare y met aussi au nombre des hérétiques prit, forment des doutes sur la nature des
les Italiens, c'est-à-dire ceux qui enseignent mystères immaculés : les uns soutenant que
que le Saint-Esprit procède du Père et du l'eucharistie est incorruptible, puisqu'elle
Fils. Il avait donc épousé à cet égard l'erreur communique la vie éternelle, et les autres
commune des Grecs de son temps. Son disant qu'elle est corruptible, puisqu'on la
hymne est divisée en plusieurs odes, et cha- mange et qu'on la brise avec les dents. Mais
que ode en plusieurs articles, portant en que votre esprit ne se porte pas à s'attacher
titre l'hérésie qui y est condamnée. C'est à l'une de ces opinions en rejetant l'autre
dans le dernier article qu'il combat la doce comme impie : car, en les examinant, vous
trine de l'Eglise romaine sur la procession trouverez qu'on peut soutenir l'une et l'autre
du Saint-Esprit. Il parle de l'hérésie des bo- dans un sens catholique. Le pain que l'on
gomiles comme répandue depuis peu. Il fait offre dans les mystères ? est cette chair même
consister l'hérésie d'Apelles en ce qu'il dis- de Jésus-Christ qui fut sacrifiée au lemps de
tinguait le Créateur du monde de l'unique la Passion et ensevelie dans le sépulcre, et
principe de toutes choses qu'il nommait Dieu, c'est ce qui paraît manifestement par ce que
et qu'il regardait le Créateur du monde comme le Seigneur dit à ses apôtres lorsqu'il insti-
créé lui-même par l'unique principe. Des tua les mystères du Nouveau Testament; car,
deux erreurs qu'il attribue à Origène, l'une en le leur donnant, il leur dit : Prenez et man.
est la préexistence des âmes, l'autre que les gez , ceci est mon corps brisé pour vous et pour
peines des damnés ne sont pas éternelles. Il la rémission des péchés. Considérez doncl'état où
oppose à chaque hérésie qu'il condamne la cette chair était alors; car si elle n'était pas
profession des vérités opposées. L'hymne de corruptible, elle n'a donc pas été sujette à la
Zonare étant faite pour être chantée, l'auteur corruption de la mort, une chair incorrup-

en avait marqué le ton par un acrostiche. tible élant incapable de toute sorte de corDiscoure de 34. Il reste à remarquer qu'Allatius, dans ruption. C'est en cette manière que le pain

sa dissertation sur les écrits des Siméons, que l'on offre étant vraiment la chair de
fait mention de quatre discours ou opuscules Jésus-Christ, est sujet à la corruption, est
de Zonare : le premier ·, sur l'Adoration de brisé, est coupé par les dents. S'il était in-
la croix; le second ?, la Vie de saint Sylvestre, corruptible, il ne pourrait être ni coupé ni
publiée en latin par Lipoman et Surias, au mangé. Mais ne vous scandalisez pas de cette
31 décembre, sous le nom de Siméon Méta- parole, et qu'elle ne vous paraisse pas dure,
phrasle; le troisième 3, un discours sur la puisque encore qu'on vous parle de corrup-
Présentation de Jésus-Christ au temple; le qua- tion dans cette communion si divine et si
trième 4, l'Eloge de saint Sophrone, évêque de terrible, néanmoins elle est bientôt suivie
Jérusalem. Gesner 5 le fait encore auteur d'une d'incorruptibilité; car, comme la chair du
paraphrase sur la Logique d’Aristote. Balsa- Seigneur, après qu'elle eut succombé à la

Zonare.

6 Balsamon, Schol. in Epist. Athanas, ad Amunem, tom. II Beveregii, pag. 37.

1 Allatius, de Simeon. scriplis, pag. 95. 3 Ibid., pag. 101. – 3 Ibid., pag. 105.

ibid., pag. 181. o Gesner, in Bibliot., verbo Zonar.

7 Panis propositionis ipsa est illa caro Christi, quce mactata fuit et sepulcro mandata fuit.

mort, et qu'elle eut été mise dans le sé- mystères de Jésus-Christ, sont enlevés par
pulcre, n'a point été corrompue, selon ce les anges, à cause de l'eucharistie qu'ils ont
que le prophète dit : Vous ne permettrez point reçue, ainsi que le dit saint Chrysostome. »
que votre saint éprouve la corruption ; et qu'é- Telle est la lettre de Zonare qu'Allatius ' at-
tant conservée par la divinité, elle est de- tribue à Glycas. Quoi qu'il en soit, de la ma-
meurée incorruptible; de même le pain que nière dont il prétend concilier les deux sen-
l'on offre, après qu'il a été brisé par les dents timents opposés, il ne pouvait s'expliquer
et qu'il est descendu dans l'estomac comme plus nettement sur la présence réelle dans
dans un sépulcre, revient à l'état d'incorrup. l'eucharistie, qu'en disant que la chair de
tibilité, étant uni, comme dit saint Jean de Jésus-Christ dans ce sacrement est la même
Damas, å l'essence de l'ame. C'est pourquoi qui fut immolée au temps de la Passion, et
ceux qui sortent de celle vie après avoir ensevelie dans le tombeau.
participé avec une conscience pure aux saints

CHAPITRE XII.

Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme.

[Ecrivain latin, 1132.]

Geefri de

edaguon.

Il va à Romo on 1094.

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de

1. La ville d'Angers fut le lieu de la naisVoorbes. Sa sance de Geoffroi ?. D'une illustre cstraction,

il comptait 3 entre ses proches parents Re-
naud, seigneur de Craon, et Maurice son fils.
Ce Renaud était fils de Robert de Bourgogne.
Geoffroi fut élevé par Garnier, archidiacre
d'Angers, d'où vient que Geoffroi appelle Gar.
nier son nourricier *; mais on lui donna pour
maitre un nommé Guillaume, à qui il écrivit
depuis 5 au sujet des péchés que l'on devait
nécessairement confesser au prêtre.

2. Il entra de bonne heure dans le monasda de tère de Vendôme, y fit profession de la vie dental 100 religieuse et reçut les ordres jusqu'au dia

conat inclusivement. Bernon 6, qui en était
abbé depuis l'an 1086, se voyant bors d'état,
à cause de son âge et de ses infirmités, de
faire ses fonctions, remit en chapitre aux
moines de sa communauté le bâton pastoral,
afin qu'ils se choisissent un autre abbé. Ils
élurent sur-le-champ Geoffroi; il était encore
jeune ?, mais d'un esprit mùr, sage, d'un
maintien modeste, très-instruit des belles.
lettres et doué de plusieurs autres belles qua-
lités. Il fut le cinquième abbé de la Trinité de
Vendôme, et béni en cette qualité par Yves

de Chartres, le 23 septembre de l'an 1093.
Trois jours après son élection, Yves, en le
consacrants, exigea de lui une profession de
foi qui fut dans la suite entre eux une occa-
sion de quelques petites discordes.

3. La première année de son ordination,
Geoffroi fit un voyage à Rome dans le des-
sin de soulager le pape Urbain II, qui se trou-
vait alors dans de grands besoins. Il s'était
retiré dans la maison de Jean Frangipane.
Geoffroi, qui, pour n'être point connu dans le
voyage ni à Rome, avait affecté de passer
pour le valet de ses domestiques, vint voir
le pape de nuit dans cette maison, et y de-
meura avec lui pendant tout le carême de
cette année 1094; il fit présent au pape de
douze mille sous d'or 10 valant cent marcs
d'argent, et voyant qu'il fallait une somme
beaucoup plus grande pour rentrer dans
le palais de Latran, que l'anti - pape avait
laissé à la garde de Ferruchio, il donna tout
le reste de son argent et vendit jusqu'à ses
mules et à ses chevaux. Aidé de ce secours,
Urbain II entra dans le palais de Latran;
Geoffroi fut le premier qui lui baisa les pieds
dans la chaire pontificale. Le pape l'ordonna

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* Allatius, adversus Creigt.

• Voir sur Geoffroi les notices tirées de la Gallia christiana et de l'Histoire littéraire de la France, et reproduites au tome CLVII de la Patrologie, col. 9. 28. (L'éditeur.)

* Godofrid., lib. V Epist. 27 et 16.

- Epist. 12, 16. - 8 Epist. 16, lib. V.
6 Mabill., lib. LXVII Annal., num. 13.
7 Idem, lib. LXVIII, num. 61. – 8 Idem, ibid.
9 Godofrid., lib. 1, Epist. 8.
10 Ibid. et Epist, 9 et 13, ad Callistum.

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