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Op. 1. 11, m.

Analyse de

mort, s'il n'eût point péché; qu'il ressusci- nel : ce qui a occasionné à Trithème 2 d'en
lera un jour dans le même corps avec le faire deux ouvrages distincts. L'archevê-
quel il vit à présent, afin de jouir en corps que le composa après les conciles de Bari et
et en âme de la félicité éternelle; mais que, de Rome en 1099 ou 1100, pendant le séjour
ne pouvant y arriver que par un homme qu'il fit à Lyon, d'où il ne sortit qu'au mois

Dien, l'incarnation a été nécessaire au salut d'août de cette année, après la mort de
Fil tit. du genre humain; qu'il fallait que le même, Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. Il est

c'est-à-dire notre Médiateur, fût Dieu par fait mention de ce traité dans celui 3 de la
fait et homme parfait; qu'il fût selon son Concorde de la prescience et de la prédesti-
humanité de la race d'Adam, et qu'il se fit nation, auquel il est conséquemment anté-
chair dans le sein d'une Vierge; qu'en lui rieur. Eadmer le met aussi 4 avant la Médi-

les deux natures fussent unies en une seule tation sur la rédemption du genre humain. 11,, 11. personne; que n'étant pas sujet au péché, il Saint Anselme le fit copier avec le précé

ne l'était pas non plus à la mort, si ce n'é- dent, et envoyer au pape : Pascal II.
IIT, IT. tait de son choix; et qu'ayant bien voulu sa- 10. Boson, comme on vient de le dire, y

crifier sa vie pour le salut des hommes, son avait demandé à saint Anselme comment ce traitė.
sang avait été plus que suffisant pour effacer Dieu avait pris la nature humaine de la
tous les péchés du monde, même de ceux qui masse corrompue du genre humain, sans
l'ont fait mourir.

en avoir contracté le péché? Sa réponse ne

Cap. I. IV.

8. Entrant dans le détail des circonstances l'ayant pas pleinement satisfait, il traita la de l'Incarnation, Boson lui demande com même matière avec plus d'étendue dans le ment Dieu a pris un corps de la masse pé- traité dont nous parlons. Il commence par cheresse ou corrompue par le péché, sans la définition du péché originel, qu'il croit en prendre le péché mème ? Car encore que être ainsi appelé, parce que tous les descensa conception a été pure, il est né d'une dants d’Adam le contractent dans leur oriVierge conçue dans le péché, et née avec le gine, ou en naissant. Mais il ne rejelte pas péché originel, puisqu'elle a péché en Adam l'opinion de ceux qui disent qu'on appelle en qui tous ont péché. Saint Anselme répond ce péché originel, parce qu'il vient à chaque que, comme il est constant que cet homme est homme de ceux de qui il tire l'origine de sa Dieu et l'auteur de notre réconciliation, il est nature. Il dit ensuite que ce péché ne comégalement certain qu'il est sans péché. A l'é- mence à infecter l'homme, qu'après l'union gard de la sainte Vierge, il ne dit autre chose, de l'âme raisonnable au corps dans le sein sinon que Dieu, avant de naître d'elle, l'avait de la mère; que le péché originel est le péentièrement purifiée. Sur la fin de l'ouvrage ché personnel d'Adam; qu'il passe à tous ses il donne diverses raisons de l'impossibilité descendants nés par la voie ordinaire de la de la réconciliation du démon et des autres génération, en sorte que tous naissent avec mauvais anges. La principale est, qu'étant ce péché, excepté celui-là seul qui est né de tombés d'eux-mêmes et sans avoir été pous- la sainte Vierge d'une manière miraculeuse

sés de personne, c'est à eux à se relever, ce et contre les règles de la nature; c'est la raim. qui est impossible. Les infidèles dont saint son que donne saint Anselme pourquoi Jé

Anselme parle dans ce traité, étaient ou les sus-Christ, quoique né de la masse corrom-
juifs ou les musulmans d'Espagne. Il pou- puc, n'a contracté aucun péché en se faisant
vait aussi s'adresser aux païens, puisqu'il homme. Il en donne une autre, qui est que
n'argumente en faveur de nos mystères que ce qui a servi à la formation de son corps
par des raisonnements appuyés sur les lu- dans le sein de sa mère, n'avait rien d'im-
mières de la raison.

monde. Il soutient même que le germe de la Traité de 9. Ce fut encore aux instances du moine généralion de tous les hommes n'est pas im

Boson que saint Anselme composa le traité pur en lui-même, et que nous ne naissons grad Pag 57. de la Conception virginale et du péché origi- avec le péché originel que par la nécessité

nel. Il y a des manuscrits ' où il est simple de satisfaire pour le péché d'Adam, qui nous
ment intilulé : De la Conception virginale, est communiqué par la génération. C'est
d'autres où il porte le titre : Du Péché origi- pourquoi il explique ces paroles de David :
* Censura libri de Conceptu virginali.

- Eadmer., in vita S. Anselm., pag. 23, 56.
* Trithem., de Script. eccles., cap. CCCLI.

5 Lib. IV, Epist. 55. * Cap. vu.

111, VII, vli.

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prouves manger düt no mais

Analyse de

Psal. . 7. J'ai été conçu dans l'iniquité, et ma mère m'a Bec, les traités de la Vérité, du Libre ar

conçu dans le péché, non d'une iniquité ou bitre, de la Chute du diable et un quatrième
d'un péché inséparable de l'acte ou de la intitulé du Grammairien. Ce saint soubaitait ?
matière de la génération, mais de la néces- que l'on copiât de suite les trois premiers,
sité de contracter le péché par suite de cette jugeant qu'ils pouvaient servir d'introduc-

génératior, ce qu'il prouve par ce qui fut dittion à l'étude de l'Ecriture sainle. Mais les Genes 1:,17 à Adam: En quel jour vous manyerez du fruit copistes n'eurent point d'égard à sa disposi

défendu, vous mourrez, non qu'il dût mourir tion, et ces trois traités ne sont de suite ni
le jour même qu'il en aurait mangé, mais dans les manuscrits, ni dans les imprimés.
que dès ce jour il serait nécessairement su- Ils ont été traduits en grec par Démétrius
jet à la mort. Quelques-uns s'offensèrent de Cydonis, et se conservent 3 en cette langue
cette explication, prétendant qu'elle était dans les bibliothèques du Vatican et de
contraire aux divines Ecritures et à saint Naples. A l'égard du quatrième, qui a pour
Augustin. Un anonyme contemporain de titre Le Grammairien, saint Anselme le com-

saint Bernard justifia ce qu'avait dil saint posa pour l'utilité de ceux qui voulaient apPag. 107. Anselme sur ce sujet. Son écrit se trouve à prendre la dialectique.

la suite du traité de la Conception virginale 13. Le traité de la Vérité est en forme de
et du péché originel, dans les éditions des dialogue, de même que celui du Libre arbi- ce trait
@uvres de ce père.

tre. Saint Anselme ne se souvenait d'avoir cop. 1. Cap. XVIII. 11. La troisième raison que saint Anselme lu nulle part la définition de la vérité.

donne de la naissance très-pure de Jésus- Avant de la donner lui-même, il en rapporte
Christ, est la même qu'il avait apportée dans plusieurs exemples. « On dit qu'un discours
le livre précédent, savoir qu'il avait purifié est vrai, quand il assure ce qui est en effet,
la sainte Vierge avant d'être conçu d'elle. Il ou qu'il nie ce qui n'est pas; que nous pen-
propose diverses questions qui ont rapport sons vrai, lorsque nous pensons des choses
au péché originel, entr'autres pourquoi ce comme elles sont; que nous voulons vrai,

péché est moins considérable dans les en- quand nous voulons ce qui est de justice et XXIll. fants que dans Adam. A quoi il répond que de notre devoir; que nous faisons la vérité,

la raison de cette différence vient de ce lorsque nous faisons le bien. Il y a même
qu'Adam a péché par sa propre volonté, et une vérité dans nos sensations, parce que
que les enfants péchent par une nécessité nos sens nous rapportent toujours vrai; et
naturelle, parce qu'ils étaient dans Adam, s'ils nous sont une occasion d'erreur, ce
lorsqu'il tomba dans le péché; qu'au reste, n'est que par la précipitation de notre jugea
le péché originel comme le personnel, exclut ment. Enfin la vérité est dans l'essence de
du royaume du ciel, pour lequel l'homme a toutes choses, parce qu'elles sont ce qu'elles

été fait, à moins qu'on n'en obtienne la rémis- doivent être relativement à la suprême Vé. XXVIII. sion par Jésus-Christ. Il décide sans ambi- rité, de qui est l'essence des choses. D'où il

guité que les enfants morts sans baptême suit que la vérité des choses est leur recti-
sont damnés, et pour montrer que Dieu, en tude, autant qu'elle peut être conçue par
punissant les enfants d'Adam par la faute de l'esprit. Car cette rectitude n'est pas percep.
leur père, ne commet point d'injustice, il tible aux yeux du corps. Il raisonne sur la

III.
fait cette comparaison : « Si un homme et sa justice comme sur la vérité, mais il la fait
femme, élevés sans aucun mérite de leur plus consister dans la volonté de celui qui
part à la plus haute dignité, s'en rendaient agit que dans l'action même.
indignes par un crime commis de concert, 14. Suit, dans la nouvelle édition, un petit
et étaient en conséquence déchus de celte traité de la Volonté, que l'on n'a vait pas en- la Volotité.
dignité et réduits en servitude, qui s'avise- core mis au jour. L'éditeur 4 l'a donné sur
rait de trouver mauvais que les enfants qu'ils un manuscrit de la bibliothèque de Saint-
engendreraient dans cet esclavage fussent Victor de Paris, ne doutant pas qu'il ne fût de
réduits au même état? »

saint Anselme, soit à cause de la conformité de Traité de la 12. Eadmer rapporte' au temps que ce traité avec le chapitre xi des livres de la

saint Anselme était prieur de l'abbaye du Conception virginale et de la Concorde de la

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Traité de

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Vérité. Pag. 109.

Eadmer., vita Anselm., pag. 6. • Anselm. in Prologo, pag. 109.

8 Montfaucon, Bibl, manusc., pag. 12, 131. * Censura libri de Voluntate.

Traité de la

la prescience,

tination et de

le libre arbi

Lire arb le.

1.1, 1,

.

prescience et de la prédestination, soit parce et de l'homme tombé, avec cette différence
qu'on y reconnaît la même doctrine, le même que les mauvais anges ne peuvent plus re-
génie, les mêmes raisonnements, et quelque- couvrer cette rectitude, au lieu que l'homme
fois les mêmes expressions; soit parce que peut la recouvrer avec le secours de Dieu.
saint Anselme s'était comme engagé à trai- Ce traité fut imprimé séparément à Louvain
ter cette matière dans un autre ' de ses ou- en 1648, in-4°, avec les opuscules choisis de
vrages. Il commence, dans celui-ci, à traiter saint Augustin.
de la volonté de l'homme, qu'il dit être l'ins-

§ III.
trument naturel de l'âme, et il y distingue
deux affections principales : l'une, quien est

Traités de la Concorde de la prescience, de la
inséparable, savoir : de vouloir toujours ce

prédestination et de la grâce avec le libre arqui lui est commode; l'autre, qui en peut

bitre; du Pain azyme et du pain fermenté, être séparée, comme de vouloir la justice ou

et autres opuscules. l'injustice. Ensuite il distingue en Dieu trois 1. Le dernier des ouvrages de saint An- Concordada volontés : l'une efficiente, qui fait tout ce selme, suivant l'ordre des temps, est la Con- de la prédesqu'elle veut; l'autre, qui approuve ce qui est, corde de la prescience, de la prédestination et de la gráce avec et approuverait encore d'autres choses si elles la grâce avec le libre arbitre. La paix avait été tre. Pag. 123. existaient; la troisième, qui ne fait que per rendue à l'Eglise d'Angleterre lorsqu'il le commettre que telle chose soit, sans le faire ni posa; mais il était alors attaqué ? d'un dégoût l'approuver. Saint Anselme traite aussi du si général, que tous les aliments lui étaient à pouvoir, mais en général il le définit l'apti- charge, en sorte que manquant de forces pour tude pour une chose.

soutenir le travail, il fut très-longtemps à ache15. Le pouvoir de pécher n'est point né- ver ce traité. Il s'y propose trois questions, elre. cessaire à la liberté, puisque le libre arbitre qu'il résout séparément : d'où vient que les

n'est autre chose que le pouvoir de conser- copistes en ont fait quelquefois trois traités
rer la droiture de la volonté, à cause de cette particuliers, quelquefois deux.
droiture même. Les anges et l'homme, avant 2. La première est de savoir comment la
leur chule, ont eu ce libre arbitre; et ils ont prescience en Dieu ne nuit pas au libre ar- bieu nuit.
conséquemment gardé la droiture de leur bitre de l'homme, puisque ce que Dieu a arbirre do
volonté, tant qu'ils l'ont voulu. Ce pouvoir prévu arrive nécessairement, et que néan-
n'a point péri par le péché d'Adam; nous moins le libre arbitre exclut toute né-

Cap. 1, 11. 1. l'avons encore , et quelque forte que soit la cessité. Saint Anselme répond qu'il n'y a

tentation, nous pouvons, si nous voulons, point d'incompatibilité entre la prescience et
conserver la rectitude de la volonté. Saint le libre arbitre, parce que Dieu ne prévoit les
Anselme dit bien nellement que cette recti- choses qu'en la manière qu'elles se feront,
tude est un don de Dieu, et qu'il n'est point sans in poser à l'agent libre aucune nécessité
au pouvoir de l'homme de la recouvrer après d'agir. Il prévoit la mauvaise action du pé-
l'avoir perdue, si Dieu lui-même ne la lui cbeur, mais il prévoit aussi qu'il péchera li-
rend. Il ajoute que Dieu fait un plus grand brement. Si donc la prescience de Dieu em-
miracle en rendant à la volonté la rectitude porte dans ce cas une nécessité, elle n'est
qu'elle avait perdue, qu'en rendant la vie à point antécédente, mais subsequente, c'est-
un mort. La raison qu'il en rend, c'est que à-dire que le pécheur ne commettra pas un
le corps en mourant ne pèche point, et par crime parce que Dieu l'a prévu, mais que
conséquent ne se rend pas indigne de res- Dieu ne l'a prévu que parce que le pécheur
susciter; au lieu que la volonté, en perdant le commettra librement. Saint Anselme fait
sa rectitude, pèche, et par là mérite d'en être voir que si la prescience de Dieu imposait
privée pour toujours. Il distingue le libre ar- nécessité , Dieu lui-même ne serait pas libre
bitre en incréé et créé. Le premier est de dans ce qu'il fait chaque jour, et qu'il aurait
Dieu, le second des anges et de l'homme, et fait tout par nécessité, puisqu'il a tout prévu
se subdivise en deux, en celui qui a conservé avant de le faire. Il rapporte divers exem-
la droiture de la volonté, et celui qui l'a per- ples de l'Ecriture qui prouvent qu'il y a beau-
due. Celui-là est celui des anges qui ont persé- coup de choses qui passent pour nécessaires
Féré dans le bien; celui-ci, des mauvais anges et immuables par rapport à l'éternité, et qui

Première ques.ion. La prescience de

elle au 1. bra

l'home?

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ne laissent pas de s'exécuter dans le temps évêque, qui était encore alors engagé dans
très-librement. Tel est le décret de la pré- le schisme, ayant eu quelque dispute avec
destination des élus, dont il est parlé dans les Grecs, consulta sur cela saint Anselme,
l'Epitre aux Romains.

qui lui envoya d'abord son traité de la Pro- Cip.s. Deuxième 3. Mais ce décret même n'est-il pas contraire cession du Saint-Esprit, puis celui du Pain predestina- à la liberté de l'homme ? Cela parait ainsi, azyme et du pain levé. Il y établit que ni l'une -elle a 1li- puisque ce que Dieu veut arrive nécessai- ni l'autre de ces qualités ne changeant la Cap. 1. rement. Saint Anselme répond à cette se substance du pain, on peut, sauf l'essence du

conde question, que la prédestination n'est sacrifice, offrir avec du pain azyme ou avec
pas plus contraire à la liberté que la pres- du pain fermenté; qu'il est mieux, toutefois,
cience, parce que Dieu, en prédestinant quel. de ne sacrifier qu'avec du pain azyme, parce
qu’un, ne contraint pas sa volonté au bien, que Jésus-Christ en a usé ainsi; qu'en imi- .
comme il ne contraint pas au mal celui qu'il tant le Sauveur en ce point, les Latins ne
réprouve: il laisse à l'un et à l'autre le libre sont point censés judaïser, parce qu'ils ne le
exercice de leur liberté.

font pas pour observer la loi qui défendait Troisième 4. La troisième question regarde l'accord l'usage du pain levé pendant la fête de PâCom meat ac- de la grâce avec la liberté. Saint Anselme fait ques, mais pour une autre cause qui n'a point ce avec la lic voir d'abord par l'autorité de l'Ecriture la de rapport avec la loi judaïque. Il ajoute qu'ils u.

nécessité de la grâce pour toute bonne ac- pourraient, sans être accusés de judaïser,

tion, et la liberté que l'homme a de faire le observer d'autres préceptes de la loi, s'ils Cap. s. bien quand il veut. Ensuite il fait remarquer étaient nécessaires ou pour la santé du corps,

que les écrivains sacrés s'expriment de fa- ou pour quelque autre raison étrangère à la
çon, sur l'efficacité de la grâce, qu'ils lui at- loi. Il explique les passages que les Grecs

tribuent toute la bonne action, comme si le objectaient, à peu près comme l'avaient fait
11. libre arbitre n'y avait aucune part, et qu'ail- avant lui les anciens qui étaient entrés en

leurs ils donnent tout le salut de l'homme à dispute avec les Grecs sur ce point, et il fait
la force de son libre arbitre, comme s'ils en voir que ceux-ci n'avaient aucune raison de
excluaient l'opération de la grâce. Pour ne blâmer les Latins, en ce qu'ils permettaient
laisser aucune ambiguité dans celte question de contracter mariage au-delà du sixième
il déclare qu'il s'agit ici des adultes, qui ne degré de parenlé, puisqu'il n'y a point de loi vil.
peuvent mériter le salut sans le libre arbitre, qui le défende et qu'il est souvent nécessaire

et de la grâce sans laquelle personne n'est de permettre ces sortes de mariages.
III. sauvé. Après quoi il dit qu'il est bien vrai 6. Les reproches que saint Anselme fit à

que dans les enfants la grâce seule opère le Valéranne sur son adhésion au schisme, eu- santa Ander! salut, mais que dans les adultes elle l'opère rent leur effet. Cet évêque se réconcilia avec

avec le libre arbitre en l'aidant, parce qu'en l'Eglise romaine, et reconnut de bonne foi le iv. effet le libre arbitre ne pourrait rien faire pape Pascal II. C'est ce qu'il déclare dans le cap. r.

pour le salut sans elle, ni même conserver la dernier chapitre de la lettre qu'il écrivit à
rectitude que l'homme a acquise par la grâce. saint Anselme pour lui demander raison de
Il explique les passages de l'Ecriture qui sem- la variété des cérémonies dans l'administra-

blent tout donner à la grâce à l'exclusion du tion des sacrements, notamment du sacrifice
v. libre arbitre, et ceux qui paraissent tout attri- de l'autel. On administrait différemment en

buerau libre arbitre à l'exclusion de la grâce. Palestine, en Arménie, à Rome, dans les Traits do 5. Le livre du Pain azyme et du pain levé Gaules et en Allemagne. Valéranne craignait da pain fer: ou fermenté, porte, dans quelques manus- que cette variété ne nuisît à l'unité de l'E

crits, le titre : Du Sacrifice offert avec du pain glise, et il ne concevait pas pourquoi l'on ne
azyme ou fermenté. On l'avait mis parmi les s'en était pas tenu exactement à la liturgie
lettres dans l'édition de Cologne en 1612. Il que l'on avait reçue des anciens pères. En
fait partie des traités dans la nouvelle, où on quelques Eglises on ne faisait qu'un signe de
l'a divisé en chapitres. Il est parlé, dans le croix sur le pain et sur le calice, lorsqu'on les
premier, du livre de la Procession du Saint- bénissait. L'ancien Ordre romain le prescri-
Esprit, qui fut écrit entre l'an 1101 et 1103; vait ainsi, conformément à ce qui est dit dans

celui du Pain azyme est donc postérieur. Il l'Evangile, que Jésus-Christ, prenant le pain, In prolog. est adressé à Valéranne, évêque de Naum- le bénit une fois, et qu'il fit la même chose à

bourg dans la métropole de Magdebourg. Cet l'égard du vin. En d'autres, on faisait plu

Lettre de

me. Pag. 137.

menié. Pag. 1:6.

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Ansel

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Traité des Mariages on. tre parents. Pag. 141.

Cap. t.

sieurs signes de croix sur le pain et le vin, de saint Grégoire-le-Grand à Secundus, que Cap. :r. Valéranne demandait en particulier à saint l'on croit supposée. Dans quelques éditions

Anselme pourquoi l'on couvrait le calice d'un de la Bibliothèque des Pères, ce traité est al-
voile ou d'une palle dès le commencement tribué à Honorius d'Autun; erreur qu'il est
de la messe, puisque Jésus-Christ fut offert aisé de détruire en le comparant avec la let-
nu sur la croix.

tre à l'abbé Guillaume, que personne ne con-
Letre de 7. Saint Anselme, après avoir, dans sa ré- teste à saint Anselme.
me i voli ponse, congratulé cet évêque sur son retour 9. L'édition de ses çuvres, à Cologne en

à l'unité de l'Eglise, lui dit qu'il serait à sou- 1612 4, est la première où l'on ait fait entrer
baiter que les cérémonies usitées dans l'ad- le traité des Mariages entre parents; encore

ministration des sacrements fussentles mêmes l'a-t-on mis parmi les lettres. Comme il est Cup.i. dans toute l'Eglise; mais que la diversité qui doginatique, on lui a donné place entre les

s'y rencontre à cet égard ne tombant ni sur opuscules dans la dernière édition, où l'on
l'essence ou la substance des sacrements, ni dit qu'il est de saint Anselme, et parce qu'il
sur la foi, on doit plutôt la tolérer en pa- porte son nom, et à cause qu'on y remarque
tience, que de la condamner avec scandale. ses façons de parler et de raisonner. Mais on
Il fonde sa décision sur celle des saints pères, ne fait pas connaître la personne à qui l'écrit
qui ont enseigné, que la différence des cou- est adressé. L'auteur la qualifie son frère, et il
tumes ne nuit pas à l'unité de la foi dans la semble que cet inconnu lui proposait de temps
cbarité. Cette variété lui parait venir des dif- en temps des questions à décider. Celle qui
férentes idées des hommes sur une même fait le sujet de ce traité regarde le mariage

chose. Ce qui plait à l'un, est désapprouvé de entre parents, jusqu'à quel degré il est dé1. l'autre. Saint Anselme convient aussi que fendu d'en contracter, et la raison de cette

l'on aurait pu ne pas multiplier les signes de défense. Saint Anselme dit que rien n'est
crois et se contenter de deux, l'un sur le pain, plus fréquent, dans les conciles et dans les
l'autre sur le calice; mais que l'on peut aussi écrits des pères que la défense aux parents
varier sur ce point sans préjudicier à la vérité de se marier; mais qu'il n'en a lu nulle part
ni à l'essence du sacrifice. Il parait ne point la raison, si ce n'est dans l'Ancien Testament
approuver les raisons mystiques que l'on ap- où Dieu défend les mariages entre les per-
portait pour couvrir ou ne point couvrir le sonnes de différente tribu, de peur que ce mé-
calice avant la consécration; mais il en trouve langen'entraine la diminution des biens et des
une physique et littérale, qui est d'empêcher héritages dans les tribus. Il ajoute que dans
qu'il ne tombe dans le calice quelque mouche la loi nouvelle, où la charité est plus estimée
ou quelque autre chose indécente, comme il que les héritages temporels, le mariage en-
est arrivé souvent, et à quoi il serait toujours tre parents est défendu jusqu'au sixième de-
exposé si on le laissait découvert.

gré, parce qu'en ce degré on est encore assez Traité des 8. Le petit traité des Clercs concubinaires proches parents pour conserver dans une fabuses. Pag. est tiré de la leltre' de saint Anselme à Guil- mille l'amitié et la charité qui doivent y ré

Jaume ?, abbé d'Hirsauge, sur la fin du xregner; mais que cette liaison s'affaiblissant
siècle. Il se trouve néanmoins 3 des manus dans les degrés ultérieurs, il est permis de
crits où il est séparé de cette lettre, et par la ranimer par le mariage. Saint Anselme
mi les opuscules; l'éditeur a cru devoir sui- avait dil, dans le traité de l'Azyme et du fer-
vre cette disposition. Saint Anselme y décide, inentes, que le mariage entre parents est dé-
conformément aux anciens canons, que les fendu jusqu'au septième degré; et cette dé-
prêtres dont le crime d'incontinence est venu fense avait été autorisée dans les conciles
à la connaissance du public, doivent être pour d'Angleterre, auxquels il s'était trouvé. Com-
toujours interdits des fonctions de leur ordre; ment donc n'étend-il ici cette défense que
mais que si leur péché est secret, qu'ils s'en jusqu'au sixième degré? On peut répondre
soient confessés et en aient fait pénitence, on qu'en un endroit il ne l'étend qu'au sixième
doit leur laisser l'exercice de leur ministère. degré inclusivement, et en l'autre jusqu'au
Saint Anselme cite la fausse décrétale du septième exclusivement; ou bien que, s'il ar-
pape Calixte aux évêques de Gaule, et celle rivait que des deux parents l'un fût au sixième
Lib. I, Epist. 56, pag. 332.

^ Censura lib. de Nuptiis consanguin.
* Trithem., Chronic. Hirsaug, tom. I, pag. 257. . 5 Cap. vii, pag. 137.
* Censurn tractal, de Presbyter, concubin.

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