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très instruit des règles et des devoirs de la de Vendôme en 1139, imprimée aussi dans
vie monastique. Ses ouvrages furent mis au le vingt-unième tome de la Bibliothèque des
jour à Paris en 1610, in-8°, par les soins du Pères. Les frères de Sainte-Marthe en ont
père Sirmond, et réimprimés en la même publié une du même évêque dans le second
ville dans le troisième tome des Opuscules tome 2 de la Gaule chrétienne. L'abbé Hubert
de ce père, en 1696 ; puis à Venise en 1728, avait demandé à Geoffroi de Chartres 3, de
chez Javarin. On les trouve aussi dans le se- qui il avait reçu la bénédiction abbatiale de
cond tome du supplément à la Bibliothèque même que Fromond son prédécesseur, de
des Pères !; dans le vingt-unième de celle de lui donner une attestation portant qu'il les
Lyon en 1677, et [dans le tome CLVII de la avait bénits l'un et l'autre sans exiger d'eux la
Patrologie, col. 27-294.) Dans ces éditions, profession d'obéissance et de sujétion. L'é-
les lettres de Geoffroi sont accompagnées vêque, sacliant que Thierry, évêque de Char-
d'un bon nombre de notes de la façon de tres avant lui, avait exempté les abbés de
l'éditeur, qui servent à éclaircir plusieurs Vendôme de sa juridiction, et que les papes
faits mentionnés dans ces lettres; parmi ces Urbain II et Pascal II avaient défendu aux
notes, il se rencontre des lettres entières, abbés de ce monastère de faire cette profes-
soit d'évêques, soit de quelques autres per- sion, accorda à Hubert l'attesiation qu'il de-
sonnes considérables, qui ont rapport aux mandait, et renouvela les priviléges de l'é-
matières traitées par Geoffroi. Il y en a une, vêque Thierry, en faveur de l'abbaye de
entre autres, de Geoffroi, évêque de Char. Vendôme, comme on l'a dit plus haut.
tres, légat du Saint-Siége, à Hubert, abbé

CHAPITRE XIJI.

Pierre Alphonse, juif espagnol 4, converti à la foi chrétienne.

[Ecrivain latin dn mnie siècle.]

espagnol converti,

Il ea propre la solidité par 60 00 Fr.

Pierre al. 1. Le nom de Pierre, avant sa conversion, espagnol com était Moïse; il ne prit celui de Pierre 5 qu'à son

baptême, qu'il reçut le jour de la fêle de ce
saint apôtre, de l'an 1106, dans la quarante-
quatrième année de son âge. Alphonse VI,
roi d'Espagne, le tint sur les fonts de bap-
tême ; c'est ce qui l'engagea à joindre au
nom de Pierre, son patron, celui d'Alphonse,
son père spirituel ; et c'est sous ces deux
noms qu'il est connu ordinairement. Il fut
baptisé à Huesca par les mains de l'évêque
de cette ville. Les Juifs ayant appris sa con-
version, en furentextrêmement surpris, parce
qu'ils le savaient habile dans la connaissance
de la loi et des prophètes, même dans tous

les arts libéraux.
Les juife jo. 2. Les uns l'accusaient d'avoir renoncé au
ment de sa judaïsme, parce qu'ayant mis bas toute pu-

deur, il n'avait plus que du mépris pour Dieu

et pour la loi; d'autres prétendaient qu'il
avait fait cette démarche, pour n'avoir pas
entendu la loi et les prophètes; quelques-
ups ajoutaient qu'il s'était fait chrétien pour
contenter sa vanité et son ambition, parce
qu'il voyait ceux de cette religion l'emporter
sur toutes les autres sectes.

3. Tous ces jugements différents portés
par ceux de sa nation sur son changement, toto
obligèrent Alphonse à faire connaître publi- publie.
quement les motifs de sa conversion. Il com-
posa à cet effet un ouvrage en forme de Dia-
logue entre un juif et un chrétien sur la vé-
rité de la religion chrétienne; il divisa cet
écrit en douze chapitres, dans lesquels il
montre la vérité et l'excellence de la religion
chrétienne, et répond aux objections de ceux
qui la combattaient.

4. Dès le commencement du Dialogue Analyse de

gent diverse

conversion.

Pag. 487. - 2 Pag. 489. 3 Tom. XXI Bibliot. Pat., pag. 101.

4 Voir sur Pierre Alphonse une notice historique et littéraire d'après Antoine, Biblioth. Hisp. vetus, et

ure autre en français d'après Labouderie, vicaire général d'Avignon : elles sont reproduites au tome CLVII de la Patrologie, col. 527-536. (l'éditeur.)

5 Præfat. in Dialog., tom. XXI Bibliot. Pat. p. 172.

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Cap. 1.

Pierre convient avec son interlocuteur juif être jugés ; mais il soutient qu'après cette
III lib. qui prend le nom de Moïse, que dans leur résurrection générale, aucun ne reviendra

dispute on ne cilera l'Ecriture que suivant le sur la terre pour l'habiter. Il explique de la
texte bébreu; il convient encore de l'authen- rentrée de l'âme dans le corps, ce que les
ticité de la loi de Moïse, dont la doctrine a prophètes ont dit du retour de l'homme dans
été confirmée par les prophètes Mais il sou sa terre après la résurrection ; il l'entend
tient et prouve que les juifs entendent trop aussi du séjour des bienheureux dans le ciel
charnellement cette loi, et qu'ils ne pren- et de la demeure éternelle des méchants
nent pas le vrai sens des prophéties. Il rap- dans l'enfer.
porte divers endroits des livres intitulés : 7. Pierre n'eut pas de peine à convaincre Cap. iv.
Doctrines, Bénédictions, et autres écrits alors le juif son interlocuteur, que ceux de sa na-
en usage chez les Juifs, et qui montrent qu'ils tion n'observaient plus les préceptes de la
croyaient Dieu corporel; que d'après celle loi, et que ce qu'ils en pratiquaient n'était
opinion qu'ils s'en étaient formée, il ne rési- pas agréable à Dieu. « En effet, dit-il, depuis
dait qu'en Occident; qu'il se fâchait souvent, leur dispersion ils n'offrent plus au temps ni
au moins une fois le jour; qu'il pleurait, et aux jours nommés les hosties prescrites dans
que ses pleurs avaient pour cause la capti- la loi de Moïse. » Il entre là-dessus dans un
vité du peuple israélite qu'il ne pouvait déli. grand détail, et il montre que n'ayant plus
vrer. Pierre leur oppose les miracles que les cendres de la vache rousse pour en être
Dieu a opérés autrefois en leur faveus; la aspergés et purifiés, ils sont tout immondes
plupart beaucoup plus considérables que ne devant Dieu, et ainsi hors d'état de lui plaire,
serait celui de les délivrer de la captivité dans le peu qu'ils observent de la loi.
présente. Il montre que les endroits de l'E- 8. On s'étonnait que Pierre, qui avait été v.
criture qui attribuent à Dieu un corps, des élevé avec les mahoinétans, qui en possédait
membres, de la colère, du repentir, doivent la langue, qui avait lu leurs livres, eût pré-
s'expliquer allégoriquement; qu'il est spiri- féré la religion chrétienne à la leur. Il en
tnel de sa nature, éternel, sans commence- donne pour raison que Mahomet a été un
ment et sans fin, et que le monde est son faux prophète ; qu'il n'a jamais fait de mira-
ouvrage.

cles; qu'il n'avait ni science, ni religion, ni I. 5. Venant ensuite à la vraie cause de la probité. Il prend en détail toutes les prati

captivité des Juifs, ou plutôt de leur dis- ques de la loi des musulmans; leurs prières,
persion, il fait voir qu'elle n'est autre que le leurs jeûnes et leurs autres observances, et
déicide qu'ils ont commis en la personne de montre qu'elles étaient mêlées de débauches
Jésus-Christ ; que leur seul moyen de déli- ou d'idolâtrie.
vrance est de croire en lui, et d'observer ses 9. Après avoir réfuté les erreurs des juifs vi.
préceptes. Cette captivité dont ils se plai- et des mahométans ou Sarrasins, Pierre éta-
gnent a été annoncée par les prophètes, blit les principes de la religion chrétienne
comme divers prodiges annoncèrent la ruine qu'il venait d'embrasser. Il propose d'abord
de Jérusalem sous Tite et Vespasien. Les le mystère de la sainte Trinité, qui renferme
Juifs objectaient : « Ce n'est pas nous qui trois personnes en une seule substance. Il
avons vendu Jésus-Christ, c'est Judas Isca- donne à la première personne le nom de
riote. » Pierre répond : « Vous lui avez con- substance, parce que, dit-il, c'est en elle el
seillé de le vendre, et vous y avez consenti: d'elle que sont la sagesse, qui est la seconde
votre crime est le même que le sien. Salo personne, et la volonté qui est la troisième,
mon ne fabriqua point d'idoles : cependant et qu'elle ne tire son origine d'aucune. Il
il fut coupable, parce qu'il permit à ses rapporte divers passages de l'Ancien Testa-
femmes et à ses concubines d'en fabriquer.» ment qui attestent la trinité des personnes

6. Les Juifs ne pouvaient se persuader que en Dieu.
leur captivité dût se prolonger jusqu'à la fin 10. Ensuite il prouve par l'autorité des fil, vill. Ix
du monde. Ils croyaient au contraire, qu'a- prophètes, que le Messie devait naître d'une
près qu'ils en seraient délivrés, leurs morts Vierge par l'opération du Saint-Esprit; il
ressusciteraient pour demeurer une seconde montre l'accomplissement de ces prophéties
fois sur la terre et s'y multiplier. Pierre ne dans la sainte Vierge Marie, qui par l'incar-
nie pas la résurrection des morts, il recon- nation du Verbe de Dieu dans son sein est
nait que tous les hommes ressusciteront pour devenue Mère de Dieu , puisque son Fils est

qa'on en

imprimés.

Dieu el homme tout ensemble. Il s'agissait il est aisé de juger que l'auteur croyait fer- fe. Editions de montrer que le Messie promis dans l'An- mement les vérités qu'il y établit, et que sa failes. cien Testament était venu, et que les pro- conversion s'était faite avec connaissance de phéties étaient accomplies par la naissance cause. C'est un traité de controverse des plus de l'enfant que Marie avait mis au monde. solides et des plus méthodiques que l'on ait Pierre rapporte les prophéties touchant la en ce genre parmi les anciens. Ce qui ne venue du Messie, et examinant en particulier contribue pas peu à la perfection de l'oucelle de Daniel , plus précise que les autres vrage, c'est qu'il est écrit avec beaucoup de pour le temps de l'avénement du Christ, il netteté 2. fait voir que le Messie était venu avant la Il fut imprimé à Cologne en 1536, in-8°, destruction de Jérusalem et du temple par chez Jean Gymnicus, et réimprimé dans les

l'empereur Tite, prédite par ce prophète. Bibliothèques des Pères ; il se trouve dans le Cap s. 11. Mais pourquoi, disait le juif, le Christ vingt-unième tome de celle de Lyon. [ll est

étant Dieu et homme, a-t-il permis qu'on le reproduit dans Mariana, Historia general de crucifiât ? Comment ne s'est-il pas échappé Espana ; dans Ferreras, Synopsis historica des mains de ses bourreaux ? Pierre répond chronologica de Espana ; dans Antoine, Bique le Christ est mort, parce qu'il l'a voulu; bliotheca Hispan. Vet.; dans le tome CLVII qu'il l'a voulu pour nous délivrer par sa mort de la Patrologie latine, col. 535-672, d'après de la captivité du démon. Pour faire enten- la Bibliothèque des Pères de Lyon.] On ne sait dre au juif le mystère de la Rédemption du point l'année de la mort de Pierre Alphonse. genre humain, Pierre remonte jusqu'à la 15. Il y a de lui dans la bibliothèque du Ouvrages création du premier homme, puis il montre roi un ouvrage manuscrit intitulé : Discipline phonse non comment, étant devenu prevaricateur des or- cléricale. On le trouve aussi dans la biblio. dres de Dieu, il avait infecté de son péché thèque de Saint-Germain-des-Prés à Paris, tous les hommes qui devaient naître de loi, dans celle de Saint-Victor et dans quelqueset par là les avait rendus esclaves du démon, unes d'Angleterre. [Le texte latin collationné et sujets à la mort dont ils n'ont pu être dé par Méon sur sept manuscrits de la biblioliyrés que par Jésus-Christ.

thèque impériale de Paris et sur quelques 12. Les propbètes qui avaient prédit sa autres, a été publié en 1824 à Paris, chez mort, ont aussi prédit sa résurrection et son Rignoux, in-12, par M. Labouderie, vicaire ascension dans le ciel. Pierre rapporte leurs général d'Avignon. Cette édition est divisée paroles ; et pour rendre le mystère de l'As- en deux parties ou deux tomes. Dans la precension plus croyable, il dit que si Elie y est mière, l'éditeur donne le texte latin, et en remonté avant sa mort, dans le temps que son gard une version française du xve siècle inticorps était encore pesant, il y a moins de tulée: La Discipline du clergé. La seconde pardifficulté que Jésus-Christ y soit monté, lui tie a pour titre le Chastoiement ; c'est une tradont le corps, depuis sa résurrection, était duction française en vers du même ouvrage. devenu très-subtil, et n'avait plus besoin Une traduction pareillement en vers français

pour se soutenir, ni de boire, ni de manger. du XIII° siècle, avait été mise au jour par XII. 13. Pierre finit son dialogue, en montrant Barbazan, Paris 1760, in-8°, sous le titre de

que la loi des chrétiens n'est pas contraire à Casloiement d'un père à son fils, et elle est celle de Moïse. Il fait le parallèle de l'une et donnée avec des améliorations considérables de l'autre, et montre par les témoignages de par Méon, Paris 1808, in-8°, tome II des Fal'Ecriture, qu'elles sont toutes deux d'un bliaux et contes des poètes français des xi, XII, même auteur, c'est-à-dire de Dieu même. Il XIII, Xiv et xve siècles. Le texte latin a été res'explique sur le culte des images et de la produit à Berlin en 1827, chez 'Th. Chr. Fr. croix, et dit que ce culte est relatif; en sorte Enslin, par les soins de Fr. W. Val. Schmitt; que, lorsque nous fléchissons les genoux il est aussi dans le tome CLVII de la Patrodevant la croix, nous adorons, non la croix logie latine, col. 671-706. Pierre Alphonse trani l'image qui y est attachée, mais Dieu le duisit de l'arabe en latin le recueil de la DisPère et son Fils Jésus-Cbrist.

cipline cléricale. « Il l'a compilé, suivant le 14. A la manière dont ce dialogue est écrit, langage d'un de ses traducteurs, en partie

Jugement de cet ouvr&

1 Ante crucem genua flectentes nequaquam crucem illam aut imaginem superpositam, imo Deum Patrem et Filium suum Jesum Christum adoramus. Petri

Alpbunsi, Dialog., cap. XII. - 2 On peut cependant y reprendre quelques raisonnements faibles ou bizarres. (L'éditeur.)

des proverbes des philosophes arabiques et seu clericalis disciplinæ libri tres 1. Wolf croit
de leurs chastoiements, et des fables et des que ce traité n'est autre que celui de Scientia
vers; en partie de semblance de bêtes et et philosophia, attribué à Pierre Alphonse.]
d'oiseaux; et il l'a appelé Discipline du clergė, Pierre composa encore une logique, qui
parce qu'il rend le clerc bien doctriné. » Il fait partie des manuscrits de la bibliothèque
contient un prologue et trente fables. Joseph du roi. Georges Scholarius la traduisit en
Rodriguez de Castro nous apprend que l'on grec. Lambécius en a rapporté quelques
conserve à la bibliothèque de l'Escurial cet fragments dans son huilième livre 2 des Com-
ouvrage, mais sous le titre de Proverbiorum mentaires de la bibliothèque impériale.

CHAPITRE XIV.

Cosme de Prague (1125); Gislebert, abbé de Westminster (1123); Gilbert,

évêque de Limerick (1139); Otton de Bamberg [1139; Anselme de Laon (1117; Raimbaud, prévôt de Saint-Jean de Liége, vers 1158; Jean, moine de Bèze, vers 1120; Jean, diacre et moine de SaintOuen; Ambroise, moine de Saint-Ouen, XIIe siècle; Richard, cardinal, 1121].

(Ecrivains latins.]

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que de Bobe

1. Quelques-uns de ceux qui ont donné il en devint doyen entre les années 1119 et l'histoire et la suite des évêques de Prague, 1122. Il mourut le 21 octobre 1125 3.] comme Dubravius, Hagécius et Pontanus, 2. La première de ces préfaces, ou épîtres Sa chroniont confondu Cosme, évêque de cette ville dédicatoires, est adressée à Sévère, prévòt he depuis l'an 1091 jusqu'en 1098, avec Cosme, de l'Eglise de Prague; la seconde à Gerdoyen de la même Eglise, et auteur de la vàise, maître des arts libéraux, son ami. Chronique de Bohême. Mais il est clair qu'il Cosme a divisé sa Chronique en trois livres. faut les distinguer l'un de l'autre. Cosme, Le premier remonte jusqu'à l'origine du auteur de la Chronique, parle lui-même de duché de Bohême et de la ville de Prague. l'évêque de même nom. Il met son élection Borivoy fut le premier des ducs, qui emen l'an 1091, et sa mort au mois de décem- brassa la religion chrétienne en 894. Le sebre 1098, lui donne pour successeur Her- cond commence au règne de Primislas, ou mann en 1099, et dit qu'il fut ordonné prêtre Brzetislas en 1028; et le troisième finit à ceavec lui la même année par l'archevêque lui du duc Sobeslas en 1125, qui fut l'année Séraphim. Il ajoute qu'Hermann gouverna de la mort de Cosme, suivant un ancien mal'Eglise de Prague pendant vingt-deux ans nuscrit * de l'Eglise de Prague. Il composa et six mois; que ce fut sous son épiscopat son premier livre sur d'anciens mémoires, et qu'il travailla à la Chronique de Bohême. Il dit les deux autres sur ce qu'il avait vu lui-même dans une des deux préfaces mises par lui à ou entendu de témoins oculaires. Le second la lête de l'ouvrage, qu'il était alors doyen livre est dédié à Clément, abbé de Brenne. de l'Eglise de Prague. C'est tout ce que l'on Cosme s'excuse, à la tête du troisième, d’ensait de sa vie. Cosme naquit d'une famille trer dans un grand détail de certains événede Polonais vers l'an 1045. Il fit ses premiè- ments qui intéressaient des personnes vires études à Prague, et passa ensuite à Liége, vantes, et qui auraient exigé de lui des où il éiudia assidûment sous Francon. On le louanges qu'elles ne méritaient pas. Il se voit ensuite mêlé aux plus grandes affaires plaint en passant que les princes ne troude l'Eglise el de l'Empire. Vers l'an 1100, il vent plus dans leurs cours que des adulaétait déjà membre du chapitre de Prague, et leurs, toujours prêts à les approuver en tout, 1 Escritores rabbinos espanoles. (L'éditeur.)

de la Patrologie, col. 9 et 54. (L'éditeur.) — Fabri. Pag. 385.

cius, tom. I Bibliot. Latinæ mediæ latinitatis, pag. 3 Voyez l'rolegomena de Kopke au tome CLXVI. 1216.

Ses études et

au lieu de leur donner des conseils salutaires. et de la continuer. Voyez Kopke in Proleg.1 Sur l'an 1095, il parle de l'ardeur que l'on Fréhérus, persuadé que la Vie de saint Adaltémoignait de tous côtés pour la croisade, et bert, évêque de Prague et apôtre de Bohême, dit qu'elle était telle dans la France orien- de Pologne et de Prusse, était l'æuvre de tale, que les villes et les villages paraissaient Cosme, la fit imprimer sous son nom dans la abandonnés. Mais il témoigne que Cosme seconde édition des Ecrivains de Bohême, à désapprouva la conduite des croisés envers Hanaw en l'an 1607. Mais Menckenius ne la les Juifs, qu'ils forçaient de recevoir le bap- croyant pas de Cosme, ne l'a pas rapportée. tême ; qu'il aurait empêché cet abus, s'il en Elle se trouve dans les Anciennes ! Leçons de avait eu le pouvoir, et que les juifs ainsi con- Canisius, dans les Bollandisles au troisième vertis ne tardaient pas à profaner le baptême tome 2 d'avril, et ailleurs. en retournant à la pratique de la loi de Moïse. 4. Gislebert, abbé de Westminster, sur- Gslebert. Il dit, sur l'an 1100, que le duc Brecislas étant nommé Crispin, parce qu'il était originaire ses voyages. mort, sa seur Ludomille fit bâtir une cha- de la noble 3 famille de ce nom, avait, ce pelle en l'honneur de saint Thomas, apôtre, semble, la Normandie pour patrie. Il fit prooù elle ordonna que l'on dirait chaque jour fession de la vie monastique dans l'abbaye une messe pour les morts.

du Bec, où il étudia sous saint Anselme, qui 3. Fréhérus fit entrer les trois livres de y enseignait avec réputation. Le désir de Cosme dans son Recueil des Ecrivains de Bo- s'avancer de plus en plus dans les sciences, hême, imprimé à Hanaw en 1602, 1607, in lui fit prendre le parti de fréquenter les plus folio, [et 1620.] Ces éditions élant devenues célèbres académies des Gaules, pour y prenrares, Burchard Menckenius publia de nou- dre des leçons des meilleurs maîtres. Il fit veau la Chronique de Cosme à la fin de son dans le même dessein le voyage d'Italie et premier tome des Ecrivains d'Allemagne, à de Rome, d'où il revint par l'Allemagne, qui Leipsick en 1728, in-folio. ll joignit au texle avait aussi alors des écoles célèbres. Etant à un bon nombre de notes, soit de sa façon, Mayence 4, il eut une conférence sur la relisoit de Balbin et de quelques autres. C'est gion avec un juif très-instruit des belles-letdans la dernière sur le troisième livre, qu'on tres, des divines Ecritures, même de la relilit que Cosme mourut le 21 octobre de l'an gion chrétienne, et accoutumé à la dispute. 1125, la même année que Sobeslas monta Ce juif venait souvent voir Gislebert pour ses sur le trône de Bohême. (Une autre édition affaires particulières; et après en avoir conparut à Prague en 1783 dans le t. I Scriptor. féré, ils disputaient chaque fois sur la relirerum Bohemicarum, par les soins de Pelzé- gion chrétienne et sur quelques endroits de lins et de Dobrowshius. C'est une bonne édi- l'Ecriture. Ils s'en appuyaient l'un et l'autre tion: mais la meilleure est celle de Kopke, pour soutenir leur sentiment. Mais dans ces dans Pertz, Monum. Germ. historica, Script., disputes ordinaires, ils étaient seuls. Celle tom. IX, et qu'on reproduit au tome CLXVI dont nous avons à parler se fit en présence de la Patrologie, col. 9-389. Elle est suivie de plusieurs personnes. A son retour au des continuations. La première est faite par Bec, Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, un chanoine de Wisgrade; elle va de l'an le fit venir en Angleterre 5. Saint Anselme, 1125 à l'an 1142. La deuxième est due à supportant avec peine son absence, le redeun moine anonyme de Sasave, qui a poussé manda souvent, mais il ne fut pas écouté. cette Chronique jusqu'à l'an 1162. Cet ano- 5. Lanfranc, qui le croyait plus utile pour l est fait nyme écrivait vers l'an 1170; il semble être le gouvernement de l'abbaye de Westminsl'abbé Sylvestre, qui gouverna ce monastère ter, l’en fit choisir abbé. Saint Anselme, de l'an 1134 à 1161. Une autre Continuation ayant appris son élection 7, l'en congratula. plus ample, connue sous le nom de continua il lui écrivit depuis 8 sur le sacrement de tion des chanoines de Prague, va de l'an 1140 l'autel. On met l'élection de Gislebert en à l'an 1283 ; elle est faite par divers auteurs. 1082. En 1107, Henri, roi d'Angleterre, le Ces auteurs ont eu pour dessein de suppléer députa à saint Anselme : pour donner la béà ce qui manquait à la Chronique de Cosme nédiction abbatiale à Hugues, moine du Bec,

Editions de cette chronique.

abbé de West
misster.

1 Tom. III, nov. edit., pag. 45. --- ? Pag. 178.
a Mabill., lib. LXVI Annal., num. 36.
· Gislebertus, Epist. ad Anselmum, pag. 512.
☆ Mabill., lib. LXVI Annal., num. 36.

6 Mabill., ibid. - 7 Anselm., lib. I, Epist. 16.
8 Anselm., lib. IV, Epist. 105.
9 Mabill., lib. LXXI Annal., num. 31.

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