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scbismatiques, nous prions pour Hervé, dans Richer, fut invité par cet ami à composer un la confiance que son altachement au parti traité de la Vie canoniale. Il entreprit aussid'Anaclet n'a point été un obstacle à son tot cet ouvrage; mais avant de le terminer, salut. Imitez cette conduite, et souvenez- il voulut avoir l'avis de Vasselin Momulius, vous que c'est à Jésus-Christ que Dieu a alors prieur de Saint-Jacques de Liége, et donné le jugement de toutes choses. Suivez depuis abbé de Saint-Laurent, dans la même

le conseil de l'apôtre, qui nous défend de ville. Ce traité, qui se conservait manuscrit 1 Cor. 11, i juger avant le temps, c'est-à-dire avant l'a- à l'abbaye d’Alne, n'a pas encore été im

vénement du Seigneur, lequel éclairera ce primé; mais dom Mabillon a inséré dans le qui était caché jusqu'alors dans les ténèbres, tome premier de ses Anecdotes deux lettres et manifestera les plus secrètes pensées des de Raimbaud à Vasselin, sur ce sujet. Dans caurs. » Il est visible que, dans cette lettre, la première, après lui avoir raconté l'occaRaimbaud parle moins en son nom particu- sion qui l'avait engagé à écrire sur la vie lier, qu'en celui de toute l'Eglise de Liége. canoniale, il prie Vasselin d'examiner son Peut-être était-ce la seule qui, dans ces ouvrage avec toute la sévérité d'un juge, et temps de troubles et de confusion, gardât nullement avec les yeux indulgents d'un cette modération et cet esprit d'équité, dont ami. Le prieur de Saint-Jacques lui ayant elle avait déjà donné peu auparavant un répondu qu'il n'y avait rien trouvé à redire, exemple si éclatant dans les divisions du sa- et que tout lui paraissait de nature à édifier cerdoce et de l'empire, sous les empereurs le prochain, Raimbaud, dans une seconde Henri IV et Henri V, distinction bien hono- lettre, témoigne qu'il prendrait ce jugement rable et qui montre combien ses lumières pour une flatterie, s'il ne connaissait la sinétaient supérieures à celles de beaucoup cérité de son amitié. « Mais, dit-il, obligé de d'autres églises". Un nommé Dermace, hiber- bien penser d'un ami comme vous, j'emprunnois de nation, voulant faire le voyage de la terai ces paroles du célèbre évêque de SiTerre-Sainte, en 1117, pria Raimbaud de lui doine-Apollinaire, parlant d'un nommé Nérédiger une lettre qui le recommandât aux ratius, qui avait donné de grandes louanges prières des fidèles. Raimbaud le satisfit, et à un de ses ouvrages : Autant qu'on peut le composa, sous le nom de Dermace, un écrit faire sans vanité, disait ce prélat, je m'apdans lequel il débute par le récit des mal plaudis du suffrage d'un si habile homme, heurs qui avaient affligé le pays liégeois s'il est conforme à la vérité; s'il s'en écarte au dans le cours de cette année. On y voit que contraire, je me réjouis de son amitié. J'en dis les pluies, les orages, les tonnerres y avaient autant de vous et avec la même sincérité. » été fréquents et avaient causé de grands dé. Raimbaud se mêlait aussi de versification. gåts. L'auteur en prend occasion d'exhorter Les Bollandistes ont publié dans leur lome Ile les fidèles à la pénitence. Il parle ensuite, au du mois de mai, des vers de sa composition, nom de Dermace, de son voyage de Jérusa- à la louange de saint Mayeul, abbé de Cluny. lem, et invile ses lecteurs à sortir de la Ba- Outre ces ouvrages imprimés, la bibliobylone spirituelle, pour chercher, non la thèque du Vatican renferme deux exemplaiJérusalem terrestre, mais la Jérusalem du res manuscrits du livre de Raimbaud, inticiel. Il finit par leur demander le secours de tulé Stromata. Ces Stromates roulent sur leurs prières pour lui et pour Raimbaud, différentes matières ascétiques. La première qui, dit-il, m'a composé cette lettre pour question est en forme de dialogue entre l'Eme tenir lieu de viatique. Il est à remarquer glise et saint Augustin, sur les veux des que, dans cette lettre, l'auteur cite un pre- chanoines religieux. Raimbaud, consullé mier livre de saint Augustin contra Marcio- souvent comme un grand directeur de la vie nitas, ouvrage absolument inconnu, et qui a spirituelle, avait sans doute écrit plusieurs bien l'air d'être supposé, puisqu'on ne le lettres aux personnes qui s'étaient mises voit point rapporté par Possidius dans le sous sa conduite. Mais le temps nous les a catalogue des écrits du saint docteur. Raim- enlevées, ainsi que plusieurs autres écrits, baud s'étant réfugié, comme nous l'avons lant en vers qu'en prose, qu'il avait compodit, à l'abbaye de Rodluc, auprès de l'abbé sés sur des sujets de piété ?.

i On a vu au contraire par toute la suite de cette histoire que le clergé de Liége était schismatique et excommunié. (Léditeur.)

2 Tout ce qui précède est presque entièrement tiré de l'Hist. litt, de France, tom. XII, pag. 512 et suiv.

de Bèze. Sa

Le tome CLXII de la Putrologie, col. 749- mence sa chronique par le règne de Clovis, 752, contient une notice historique sur Raim- qui défit Syagrius, et établit la monarchie baud, tirée de Fabricius, et les deux lettres française en chassant les Romains des Gauà Vasselin.

les. Comme cette partie de la Chronique de Jean, moine 37. Jean, moine de Bèze, alors au diocèse Jean se trouve tout entière dans celle de

de Langres, et aujourd'hui dans celui de Saint-Bénigne, l'éditeur, pour ne point ré-
Dijon, fut élevé dès son enfance dans ce péter inutilement les mêmes choses, en a
monastère. Il s'y distingua surtout par son retranché tout ce qui précède la fondation
goût pour les livres et par le zèle qu'il mit à du monastère de Bèze par le duc Amalgaire.
en amasser, soit en les copiant lui-même, en l'an 600, sous le règne de Clovis II. L'au.
soit en les faisant copier par d'autres. On teur, suivant le plan qu'il s'est proposé dans
voit à la suite de son épitaphe la liste des cette Chronique, s'altache spécialement à ce
livres qu'il fit copier ainsi, et dont le nom- qui regarde sa maison. Dans la description
bre est vraiment considérable pour le temps qu'il fait du terrain, il n'oublie pas la belle
où il vivait. Il fut sacristain et grand-chantre fontaine qui forme une rivière à sa source et
de son monastère. C'est tout ce que l'on sait fournit une grande abondance de poissons.
de son existence, et l'on ignore l'époque ni les riches prairies produisant des herbes
précise de sa mort, que l'on croit pourtant qui, dans les temps de disette, servent de
pouvoir rapporter à l'an 1120.

nourriture aux pauvres. Il fait le détail des Sa Chronique. 38. Jean est auteur d'une Chronique de donations faites par le fondateur, et continue

son monastère, que dom Luc d'Achéry a fait son bistoire en rapportant les différents évé-
imprimer dans le tome premier de son Spi- nements arrivés depuis cette époque jusqu'à
cilège, et qui de là a passé au tome CLXII son temps. De sorte que cette Chronique
de la Patrologie, col. 861 - 1006. Quelques n'est, à proprement parler, que l'histoire et
critiques ont voulu lui contester cet ouvrage le recueil des chartes du monastère de Bèze.
pour en faire honneur à un écrivain ano- Il la conduit jusqu'au temps de l'abbé Etienne,
nyme du viie siècle ; mais ils sont loin d'a- sous la direction duquel cette abbaye fut si
voir entraîné à leur opinion la partie saine florissante, que sa réputation s'étendit par
et vraiment savante de nos bibliographies, et toute la France, et même jusqu'à Rome. La
après dom d’Achéry et dom Mabillon, les communauté était composée de soixante re-
auteurs de l'Histoire littéraire de la France ligieux, et on en complait plus de quarante
revendiquent cet ouvrage pour le moine qui habitaient au dehors dans des cellules
Jean, par des raisons solides et convaincan- particulières. Plusieurs d'entre eux furent
tes ?. Une grande partie de cette Chronique choisis pour gouverner d'autres monastères,
est copiée sur celle de Saint-Bénigne de Di- entre autres, Gui, abbé de Saint-Michel de
jon, mais non d'une façon tellement servile Tonnerre, Henri de Saint-Seine, Eustase de
que l'auteur ne tienne compte et ne rapporte, Saint-Eloi de Noyon, Godefroi de Saint-Jean
avec une cerlaine étendue, les faits particu- de Réomé et plusieurs autres. Quoique l'ob-
liers à son monastère. Il déclare que, poar jet principal de la Chronique de Bèze soit de
ne pas donner lieu à ceux qui lui succède- rapporter ce qui regarde cette abbaye, on y
ront de se plaindre de la négligence de son trouve cependant plusieurs traits fort impor-
temps, comme on avait trop raison de blâ- tants pour l'histoire de la Bourgogne et celle
mer celle des siècles précédents, il entrepre- des évêques de Langres.
nait de leur transmettre, quoiqu'en style im- Cette Chronique a été continuée à peu près
poli et grossier, l'histoire de la fondation de sur le même plan, mais d'une manière moins
leur abbaye, son antiquité, les dons qu'elle intéressante pour l'histoire générale, jus-
avait reçus des rois, des évêques, des ducs, qu'au temps de Geoffroi, qui était abbé de
des comtes et autres personnages illustres, Bèze en 1253 et 1255.
pour exciter la reconnaissance des moines 39. Jean, diacre et moine de Saint-Ouen Jean, dia-
envers leurs bienfaiteurs et les engager à dans la seconde moitié du xie siècle, com- de si-Ouen.
prier Dieu pour eux. Tel est son dessein, et mença dès l'âge de vingt ans à se signaler écrits.
certes on ne peut nier qu'il ne soit très- par des écrits dont quelques-uns sont venus
louable. Il entre ensuite en matière et com- jusqu'à nous. Mais ce qui lui est plus hono-

cre et moine

Sa

vie,

ces

1 Tom. X, pag. 273 et suiv. La notice que nous

donnons ici est en partie extraite de cet ouvrage.

Ambro'er moi de de St

Rcbird,

Narbonno Sa

rable encore que ses ouvrages, c'est le choix pag. 262. C'est celle que nous avons reproque l'on fit de lui pour tenir la plume et duite en partie. remplir les fonctions de secrétaire dans le Il ne faut point séparer du moine Jean", concile présidé à Reims, en 1119, par le pape Ambroise, religieux de la même abbaye, qui Ouen. Calixte II. Cette glorieuse époque prouve employa sa plume à célébrer en prose et en qu'on ne peut placer sa mort, dont le temps vers l'illustre sainte Agnès, vierge et marest incertain, avant cette année. Jean n'avait tyre. Cette Vie se trouve dans le même maque vingt ans lorsqu'il composa en prose et nuscrit qui contient les ouvrages du moine en vers la Vie de saint Nicolas. A l'âge de Jean, et est écrite du même caractère, ce vingt-cinq ans, il fit des additions en vers et qui donne lieu de croire que ces deux auen prose rimée, à la Vie de saint Quen, com- teurs ont vécu dans le même temps. Le père posée par un anonyme du ville siècle, et ver- Pommeraye le conjecture ainsi 2. sifiée déjà par le moine Thierry, son contem- 40. Richard, de la famille des vicomtes de porain et son confrère. Ces additions consis- Milhaud, embrassa la profession monastique Chedegulation tent dans le récit de quelques miracles qui dans l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, me avaient été omis par cet écrivain. On croit qu'il gouverna en qualité d'abbé, après son que le moine Jean peut êlre l'auteur de plu- frère Bernard, mort en 1079. Il était déjà sieurs discours ou sermons recueillis, ainsi cardinal, et en cette qualité il remplissait les que beaucoup d'autres ouvrages, dans un fonctions de légat en Espagne. A la prière fort beau manuscrit de l'ancienne abbaye de de Constance, femme du roi Alphonse de Saint-Ouen, appelé par le père Pommeraye Castille, les anciens rits et offices gothiques le Livre noir, et qui remonte à l'époque où furent abrogés, et on leur substitua l'office a vécu le moine Jean. Dom Martène en a et les rites romains, qui demeurèrent établis publié quatre pièces du nombre de celles avec le consentement du roi et des prélats. que l'on croit appartenir au moine Jean, Saint Grégoire VII, qui connaissait les talents sans toutefois les lui attribuer positivement, de Richard, l'employa dans plusieurs affaires ni les lui contester. Ces pièces sont quatre importantes, et nous voyons par une lettre discours : le premier, sur la translation de datée du 18 avril 1080, qu'il le chargea de saint Ouen en 918; le second, sur une autre travailler à la réforme des abhayes de Grasse translation du même saint, dont le corps, et de Montmajour. Mais il s'en faut qu'il jouit pour la troisième fois, se retrouve entier et de la même faveur sous Victor III, successans aucune altération; le troisième discours seur du pape Grégoire VII. Ce pontife, ofporle ce titre : Translation de saint Nicaise, fensé de ce que Richard prenait le parti de martyr, et de ses compagnons, saint Quirin, Hugues, archevêque de Lyon, contre lequel prêtre, et saint Scuvicul, diacre. Enfin le qua- il avait de justes sujets de plaintes, ou même, trième est un sermon sur la fête des saints dont si l'on en croit Ciaconius, de ce qu'il favorion conservait alors les reliques dans l'abbaye sait le schisme de Guibert, l'excommunia de Saint-Ouen, et qui ont été brûlées depuis dans un concile qu'il tint à Bénévent, en par la fureur des calvinistes. Si le moine 1087. Mais sa disgrâce ne fut pas de longue Jean est auteur du troisième de ces discours, durée. A la mort de Victor III, qui suivit de comme le père Pommeraye semble l'affir- près ce concile, Richard rentra en grâce mer, on ne peut lui en contester aucun. Ils avec le Saint-Siége, et se montra depuis sont si semblables par le style et par tout ce constamment attaché aux papes. Elu archequi peut caractériser un écrivain, que lui en vêque de Narbonne sur la fin de 1106, il tint accorder un seul, c'est le reconnaître auteur ce siége quatorze ans et trois mois, et moudes trois autres. Du reste, ces discours sont rut le 15 février 1121. On remarque qu'à moins des sermons que des relations histo- partir de sa promotion à l'archevêché de riques des translations de saint Ouen et de Narbonne, il cessa de prendre le titre de saint Nicaise, et des différents événements cardinal. qui les ont signalées. On les trouve au tome 41. Le tome CLXII de la Patrologie, col. Ses CLXII de la Patrologie, col. 1153-1170. Ils y 1597-1598, contient une notice sur ce prélat, sont précédés d'une notice historique tirée tirée du Gallia christiana, tome VI; une relade l'Histoire littéraire de France, tome X, tion qu'il a faite de ses démêlés avec le

Ses écrits

1 Histoire littéraire, tom. X.

? Pomm., Histoire de Saint-Ouen, pag. 539.

vicomte de Narbonne Aimeri II, et cinq lettres dans l'appendice au tome VI de la Gallia ou diplômes.

christiana , et parmi les preuves de l'Histoire L'origine du différend avec le vicomte de du Languedoc. Narbonne était antérieure à l'épiscopat de Dom Martène a publié, dans sa Grande Richard, et Bertrand, son prédécesseur im- Collection, une lettre adressée à Sanche V, médiat, avait éprouvé de la part d'Aimeri Ier, roi de Navarre, par laquelle Richard conce dont il se plaignit sous le gouvernement firme l'excommunication lancée contre les de son fils. L'archevêque de Narbonne, après diocésains de Pampelune, et interdit toute avoir exposé ses plaintes et ses griefs contre communication avec eux. Il y défend d'enAimeri II, exhorte ceux qui lui succéderont sevelir les morts et de célébrer l'office divin dans le gouvernement de cette église à faire dans les églises, et permet seulement d'adtous leurs efforts pour recouvrer les droits ministrer le baptême aux enfants en cas de qu'il a laissé enlever par sa faiblesse, et parce maladie et de danger de mort. Richard écriqu'il avait manqué de courage pour résister vit encore au pape Grégoire VII une lettre aux maux qu'on lui faisait souffrir. On voit dont Mabillon parle dans ses Annales, mais dans cette relation, que Bertrand, prédéces- on ne l'a point publiée. Les autres pièces puseur de Richard, avait été déposé par le pape, bliées dans la Patrologie, parmi les lettres et et que l'archevêché de Narbonne était resté diplômes, sont l'accord passé entre l'archevacant pendant quelque temps, avant que vêque Richard et Bernard, vicomte de Béarn, Richard en fût pourvu. Quoique cet arche- son consanguin, et trois chartes, parmi lesvêque eût été extrêmement maltraité par lesquelles il y en a une pour sauvegarder les gens du vicomte de Narbonne qui l'avaient droits des naufragés. Elle est faite d'accord enfermé dans une étroite prison, d'où il ne avec le vicomte de Narbonne, et a pour but sortit qu'en acquiescant à tout ce que l'on de détruire la coutume criminelle par laexigeait de lui, cependant son mémoire est quelle on pillait les biens des naufragés écrit avec assez de modération, mais avec échappés aux flots!. plus de candeur que d'éloquence. On le trouve

CHAPITRE XV.

Thibaud d'Étampes (XIIe siècle]; Francon, abbé d'Afflighem (avant

l'an 1130); Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons [1121].

(Ecrivains latins.)

1. Les écrivains anglais, comptant parmi de Chartres. Il vivait en effet lorsque Rosceceux de leur nation Thibaud d'Etampes, le lin, clerc de Compiègne, répandait ses erplacent dans le xillo siècle et le font cardinal. reurs. Cela paraît * clairement par la lettre Il est bien plus vraisemblable qu'il était fran- qu'il lui écrivit. Saint Anselme et Yves de çais et né à Etampes dont il portait le nom, Chartres parlent également 5 des erreurs de ce qui n'empêche pas qu'il n'ait passé et de- Roscelin comme répandues nouvellement. meuré en Angleterre, appelé en ce pays-là, Quant à la dignité de cardinal, Ciaconius, comme plusieurs autres Français, par les rois dans l'article de Nicolas IV, la révoque en Normands. Dom Luc d'Achéry le met au doute , voyant qu'elle n'était fondée que sur commencement 3 du xiie siècle, vers l'an 1108, le témoignage de Pitséus. Thibaud fut clerc et le fait contemporain de saint Anselme, de l'église d'Etampes, professeur dans les archevêque de Cantorbéry, et d'Yves, évêque écoles de Caen ? et ensuite 8 à Oxford.

Thibaud, clerc d'Elam. pes.

· La plus grande partie de cette notice est extraite 5 Anselm., lib. II, Epist. 41, et Yvo Carnotens., de l'Histoire littéraire. (L'éditeur.)

Epist. 7. 2 Oudin, tom. II de Script. Eccles., pag. 1004.

6 Tom. II Spicileg., in præfat., pag. 11. 3 Tom. III Spicileg., in præfat., pag. 10, 11.

7 Theobald., Epist. ad Margaritam Reginam. • Ibid., pag. 142.

8 Epist. ad Abbatem Habendon.

Ses lettres, toa. III Spi

pag. 142.

Epist, 2, pag. 187.

2. C'est ce qu'il nous apprend lui-même 5. Thibaud se qualifie maitre d'Oxford Fpise. B, classes dans ses lettres, qui sont au nombre de cinq; dans sa cinquième lettre. Il semble donc "

elles sont imprimées dans le tome III du Spi- qu'il était en Angleterre lorsqu'il l'écrivit.
cilège de dom Luc d'Achéry, (d'où elles ont Son dessein est d'y combattre les erreurs de
été insérées au tome CLXIII de la Patrologie, Roscelin de Compiègne, à qui elle est adres-
col. 759-770.] La première est à l'évêque de sée, et de montrer que mal à propos il pré-
Lincoln. Il s'y propose de rassurer ceux qui tendait qu'on ne pouvait admettre aux or-
doutaient de la miséricorde de Dieu, et com- dres sacrés les enfants des prêtres. Il se.
mence par accuser d'erreur dans la doctrine fonde sur la décrétale du pape Calixte, où il
catholique quiconque avance que l'homme ne est dit que celui-là ne pense pas catholique-
peut être sauvé à quelque heure qu'il fasse ment, qui ne croit pas qu'un prêtre tombé
pénitence. Thibaud fait voir au contraire par dans un péché d'impureté, puisse, après en
les passages de l'Ecriture et des Pères, que avoir fait pénitence, être rétabli dans sa di-
la vraie pénitence consiste moins dans la gnité. D'où il conclut que, s'il est permis à ce
longueur du temps que dans l'amertume du prêtre coupable, mais pénitent, de retour-
cæur; que, quoiqu'il soit nécessaire au salut ner aux fonctions de son ordre, à plus forte
de confesser Jésus-Christ de bouche comme raison est-il permis à ses enfants, qui n'ont
de cour, il peut arriver certains cas où la participé en rien au crime de leur père,
confession de vive voix devient impossible, d'être admis aux ordres sacrés. Il soutient
et qu'alors celle du cour suffit, n'y ayant pas que la grâce du baptême efface en eux toute
de doute que celui qui en ce monde a la tache, puisqu'ils sont par ce sacrement héri-
bonne volonté, ne parvienne en l'autre à la tiers du royaume éternel, et que par le
gloire.

chrême sacré dont ils sont oints, ils sont de-
3. Dans sa seconde lettre, adressée à Pha- venus la race royale et sacerdotale. « Dieu,
rice, abbé d'Habendon, sor, ami, il prouve ajoute-t-il, a voulu naître d'une race péclie-
que les enfants morts sans baptême ne peu- resse, afin que les hommes apprissent que
vent être sauvés, parce que personne ne peut les péchés des parents ne portent point de
devenir membre de Jésus-Christ, s'il n'est ré- préjudice ; que dans la généalogie du Sau-
généré par l'eau et par le Saint-Esprit. Thi- veur il n'est fait mention que de femmes pé-
baud traita cette matière à la prière de cet cheresses, de Thamar, de la femme d'Urie,
abbé. Il marque assez clairement qu'il y avait de Ruth. » Roscelin objectait qu'on ne de-
alors de jeunes docteurs qui, peu versés dans vait point préférer les enfants illégitimes à
les écrits des anciens pères, soutenaient que ceux qui sont nés d'un légitime mariage ; et
les enfants morts sans ce sacrement n'étaient que le baptême ne change rien à la condition
pas damnés. Il se fait fort de combattre ce des personnes; qu'il n'efface que les péchés.
sentiment de vive voix et par écrit, comme Thibaud répond que l'Eglise rend tous ceux
contraire à la doctrine de l'Eglise.

qu'elle baptise ses enfants, sans distinction Epist. 3, 4. La troisième lettre à Margueri'e, reine de pauvres ou de riches, de nobles ou de

d'Angleterre, fut, ce semble, écrite de Caen roturiers; qu'elle les allaite tous de son lait,
où Thibaud enseignait. Il y fait l'éloge des et les fortifie de son pain ; qu'il est bien vrai
verlus de cette princesse ; lui témoigne un que le baptême ne change point les condi-
grand désir de se présenter devant elle et tions; mais que cela ne s'entend que des
d'être mis au nombre de ses clercs. Mais il conditions mondaines, en sorte que l'enfant
craignait le passage de la mer. Il devint plus d'un esclave n'acquiert pas la liberté par le
hardi dans la suite et passa en Angleterre, baptême. Il dit que la défense d'admettre

comme on le voit par sa lettre à Roscelin. aux ordres les enfants des prêtres n'a été Epist, , Celle qu'il écrivit à Philippe, son ami, est la faite, que pour empêcher les prêtres de se pag. 140.

quatrième. Sachant qu'il était injustement marier, ou de s'abandonner à l'impureté ;
calomnié, il emploie, pour le consoler, l'au- qu'au reste, si le fils d'un prêtre est de bon-
torité de l'Ecriture, des pères, des écrivains nes meurs, on doit l'ordonner, et ne point
profanes, et l'expérience journalière; que le lui imputer les désordres de son père et de
monde ne juge point des choses avec vérité, sa mère. Il rapporte là-dessus le sentiment
parce qu'il n'écoute que des bruits vagues de saint Augustin, qui ne croyait pas, dit-il,
et incertains, sans faire attention à la pureté qu'on dùt faire porter aux enfants la peine
de la conscience de celui qui est calomnie. due aux fautes de leurs pères, ni les soumettre

pag. 139.

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