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saint Jacques, apôtre, qu'Adalbert en pas. leurs péchés ni pour la mort de leurs parents.
sant à Venise, avait reçu de Vital, évêque de. Dans la Courlande, les habitants sont si cruels, Pag. 68.
cette ville.

que tout le monde les fuit, et aussi parce qu'ils Saile. 16. Adalbert, voyant dans les provinces du sont très-attachés au culte des idoles; leurs Cap. IlIl. Nord un nombre suffisant d'évêques, songea maisons sont pleines de nécromantiens qui

à tenir pour la première fois un concile en sont consultés de tous côtés, surtout des Es-
Danemarck : son dessein était de réformer pagnols et des Grecs. Les Islandais adorent 69.
plusieurs abus qui s'étaient glissés dans ces des dragons, auxquels ils immolent des liom-
nouvelles Eglises : les évêques vendaient les mes qu'ils achètent des marchands, après
ordinations ; les peuples refusaient de payer avoir examiné s'ils n'ont aucun défaut de
les dimes, et s'abandonnaient à de grands corps.
excès. Il indiqua ce concile à Sleswick par 19. Les Suédois punissent de mort l'adul- co.
l'autorité du pape Alexandre Il dont il était tère et la violence faite à une vierge. Il re-
légat, et dans l'espérance que le roi de Da- garde comme un opprobre de refuser l'hospi-
nemarck lui prêterait secours; il n'y eut talité aux étrangers : c'est à qui d'entre eux
que les évêques d'outre-mer qui se firent les recevra, et ils les tiennent dans leurs
longtemps attendre. Adam rapporte la lettre maisons autant qu'ils souhaitent d'y rester.
que le pape Alexandre II écrivit sur ce sujet Ils font aussi beaucoup de caresses aux pré-
à tous les évêques de Danemarck, et deux dicateurs de l'Evangile, quand ils les con-
de celles que l'archevêque adressa aux évé- naissent pour chastes et prudents. Cette na- 61.
ques soumis à sa métropole pour les invitertion a un temple fameux à Upsal : il est tout
au concile.

revêtu d'or, et on y révère les statues de 17. Il marque ensuite les évêques qu'A- trois dieux; au milieu est le trône du plus Cap.ILIIdalbert avait ordonnés, savoir : neuf en Dane- puissant, qu'ils nomment Thor; des deux côtés

marck; six en Suède; deux en Norwege; vingt sont les deux autres, nommés Vodan et Fric-
en tout; mais trois d'entre eux demeurèrent con. Thor, selon eux, gouverne l'air, le ton-
inutiles, ne cherchant que leurs intérêts, et nerre, la foudre, les vents, les pluies, les
non ceux de Jésus-Christ. Cet archevêque saisons, les fruits; ils lui donnent un scep-
traitait avec beaucoup d'honneur les légats tre, et c'est comme le Jupiter des anciens
du pape, disant qu'il ne reconnaissait que Romains. Vodan est le dieu de la guerre,
deux maitres, le pape et le roi. Le pape lui armé comme Mars. Friccon donne la paix
accorda, ainsi qu'à ses successeurs, le privi- et les plaisirs, et est représenté sous la figure
lége d'établir des évêchés par tout le Nord, infâme de Priape. Ils adorent aussi des hom-
wème malgré les rois, dans tous les lieux mes qu'ils croient être devenus dieux par
où il le jugerait à propos, et de choisir de sa leurs belles actions. Tous les neuf ans, ils
chapelle ceux qu'il voudrait pour les ordon célèbrent une fèle solennelle où tous sont
ner évêques.

obligés d'envoyer leur offrande à Upsal; perDescriptica 18. Voilà ce qu'il nous a paru de plus re sonne n'en est exempt; les chrétiens même de Nord, pag. marquable dans l'Histoire ecclésiastique d'A sont contraints de se racheter de cette supers

dam de Brême. Pour la rendre plus com tition. En cette fête on immole neuf animaux
plète, il y a ajouté une description très-inté mâles de toute espèce, et on en prend les
ressante des royaumes et des provinces du corps dans un bois proche du temple dont
Nord qui avaient de son temps embrassé la tous les arbres passent pour sacrés. On y voit
foi de Jésus-Christ, c'est-à-dire du Dane- aussi des corps humains suspendus pêle-mêle
marck, de la Suède, de la Norwége, et des avec ceux des chiens. En temps de peste et de
iles qui en dépendent; outre la description famine, on immole au dieu Thor; si on est en

des lieux, il fait des remarques sur les moeurs guerre, on sacrifie au dieu Vodan; s'il faut Pag. 57. et les usages des peuples. D'après cet histo- célébrer un mariage, c'est à Friccon qu'on

rien, quand quelqu'un d'entre les Danois est offre des sacrifices.
convaincu d'un crime de lèse-majesté, il 20. Dans la Nordmannie, que l'on appelle
aime mieux avoir la tête tranchée que de aujourd'hui la Norwege, les peuples •sont Page 63
souffrir les verges ou la bastonade; c'est une très-chastes et très-sobres en tout. Ils onl
gloire pour eux de témoigner de la joie lors. tant de respect pour les prêtres et pour les
qu'ils vont au supplice : ils ont les pleurs en églises, qu'il n'y a pas de jour où chaque
horreur, en sorte qu'ils n'en versent ni pour chrétien ne fasse son offrande à la messe

des proences

So'te,

d'A dam à Lé. mar.

qu'il entend. En cette province, comme en nyme 1; un petit Eloge de l'Eglise de Brême plusieurs endroits de la Suède, les nobles, à et de ses archevêques jusqu'à la mort de Louisla manière des anciens patriarches, gardent le-Débonnaire; l'Histoire du pape Benoit V, les troupeaux et vivent du travail de leurs mort à Hambourg en 841, et son épilaphe mains. Le corps d'Olaph, roi et martyr, re- tirée de dessus la pierre de son tombeau en pose dans l'église de la métropole, à Tron- l'église cathédrale de Hambourg, où il fut demn, où il se fait de fréquents concours de inhumé; ses ossements furent depuis transpeuple, à cause des guérisons miraculeuses portés à Rome; un poème en l'honneur de qui s'opèrent à son tombeau.

l'évêque Vicelin, qui avait enseigné à Brême Suite. 21. Les habitants de l'ile de Thyle sont de sous l'évêque Adalbert; l'épitaphe de GodePag. 66, 65. mæurs très-douces, et si charitables que tout froi, archevêque de Brême, mort en 1363;

est commun entre eux, comme avec les étran les priviléges accordés à cette Eglise par les gers. Ils regardent leur évêque comme leur empereurs, par les papes et par d'autres perroi, ils se règlent sur sa volonté; et tout ce sonnes puissantes; les Chroniques et les Anqu'il leur dit, soit de la part de Dieu, soit nales sclavones; l'Histoire d'Eric, roi de Danepar l'autorité des divines Ecritures, soit selon marck, de Wratislas VII, duc de Pomeranie, et l'usage des autres nations, ils le tiennent celle de l'origine de la nation danoise, de ses rois pour loi.

et de leurs actions. A toutes ces pièces, FabriEpilogue 22. L'épilogue d’Adam à l'archevêque Lié- cius a ajouté la vie de saint Anschaire, en

mar, successeur d'Adalbert, est en vers prose, par saint Rembert, et en vers, par Pag. 67. hexamètres. Le poète y fait l'éloge de ce Gualdon, moine de Corbie; ce que Lambé

prélat, de son éloquence, de son intelligence cius a écrit touchant les origines de la ville dans les divines Ecritures, de son assiduité de Hambourg, et un recueil d'anciennes ins. à la lecture des pères. Il compare son élec- criptions par Théodore Hanckelmann. (Jean tion à celles que l'on faisait anciennement Lappenberg, archiviste de Hambourg, a pudans l'Eglise, et la regarde comme l'époque blié une édition plus correcte de l'Histoire du rétablissement de la liberté et de la paix d'Adam de Brême, dans le tome vii des

dans l'Eglise de Brême et de Hambourg. Monumenta Germaniæ historica, pag. 280 et Editions de 23. La première édition de l'Histoire des suiv.; il l'a revue sur les manuscrits et sur clésiastique Eglises du Nord, par Adam de Brême, est les imprimés, et y a inséré des observations

due à André-Séverin Velleus (Vedel), qui la au bas du texte. Une préface savante préfit imprimer à Copenhague en 1579, in-4o. cède cette édition, que l'on trouve reproduite On n'y trouve point le livre de la Description au tome CXLVI de la Patrologie latine, col. du Danemarck et des autres provinces du Nord; 433-662. La Description des pays du Nord donmais Erpold Lindenbrogius lui donna place née par Lappemberg, se trouve pareillement dans l'édition de l'Histoire ecclésiastique d'A- à la suite de l'Histoire dans la Patrologie. dam, qu'il fil paraître à Leyde en 1595, in-4°, De Chatelus, de Saumur, avait traduit les et depuis à Francfort, en 1609 et 1630, in- deux ouvrage en français; cette traduction fol., et dans le Recueil des écrivains septentrio- n'a point paru. Buchholz a traduit en allenaux. Il y en a une cinquième édition par mand la plus grande partie des II. et III• liles soins de Joachin Madérus, à Helmstad, vres; c'est celle qui regarde Adalbert. Jean en 1670, in-4°. C'est sur celle-là qu'Albert Frédéric Peringskioldius a fait en langue suéFabricius en a donné une sixième à Ham doise une version de l'Histoire ecclésiastique bourg, en 1706, in-fol., avec plusieurs autres d'Adam; on l'a imprimée à Stokholm, en écrits qui ont rapport à l'histoire composée 1719, in-4°. Les Danois ont en leur langue une par Adam de Brême. Voici la liste de ces version de l'Histoire et de la Description donécrits : L'Histoire des évêques de Brême depuis nées par Adam; elle est due à P. F. Subm, Charlemagne jusqu'à Charles IV, par un ano- t. IV de son Histoire du Danemarck.]

l'Iliatoire oc

d'Adam de Brême.

1 Cette histoire est reproduite d'après Lappenberg,

au tom. CXLVI de la Patrol, lat., col. 661-668. (L'édit.)

CHAPITRE XVIII.

Le vénérable Hildebert, évêque du Mans, ensuite archevêque de Tours.

[Ecrivain latin, 1133 ou 1134.]

Hlebert,

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n est mois en prison par le roi d'An. gleterre. 11 veut renoncer à l'épisco. pat.

ARTICLE fer.

vel évêque. On l'accusa d'avoir mené une

vie dissolue pendant qu'il était archidiacre, HISTOIRE DE SA VIE.

et cette calomnie fit impression pour un 1. Le lieu de la naissance d'Hildebert fut temps sur Yves de Chartres; mais dans la Dé < 105le château de Lavardin, dans le Vendômois'. suite, il reconnut l'innocence de l'évêque du

On la met en 1057, el c'est l'opinion la plus Mans, et ils vécurent en union.
appuyée. Quelques-uns le font naitre en 4. Hildebert, dès le commencement de son
1034, mais cette époque re s'accorde point épiscopat, eut d'autres persécutions à souf-
avec les Gestes des évêques du Mans, comme frir du côté des rois d'Angleterre Guillaume-
la première. Quoique né de parents d'une le-Roux et Henriler son frère.Ces deux princes,
fortune médiocre 2, Hildebert s'appliqua de prétendant que la ville du Mans leur appar-
bonne heure à l'éiude des lettres. Ses ouvra- tenait, employèrent successivement les me-
ges, soil en prose, soit en vers, sont des naces et les caresses pour engager l'évêque
preuves de ses progrès dans les humanités. à seconder leurs prétentions. Guillaume-le-
Il n'en fit pas moins dans les sciences supé- Roux, le voyant ferme, le tint un an en pri-
rieures. Bérenger fut un de ses maîtres 3; son. Henri Jer le contraignit de passer en An-
mais il n'en suivit point les erreurs. Voulant gleterre pour s'y justifier du crime de tra-
se perfectionner dans l'intelligence des Livres bison, dont on l'accusait; et voyant que tous
saints, il alla à Cluny, où cette sorte d'étude les mauvais Traitements qu'il faisait à Hilde-
Dorissait sous l'abbé Hugues. On dit même bert ne pouvaient vaincre sa résistance, il
qu'il y prit l’habit monastique 4.

le dépouilla de tous ses biens. Les consuls 11 préside à 4. u

2. La réputation de son savoir était par-
Pulau

du Mans, pour gagner les bonnes grâces du venue jusqu'au Mans. Hoël, qui en était évê roi, nc cessèrent pendant trois ans de perséArchidiacre de que, le chargea du soin de l'école de son cuter leur évêque, qui prit le parti de faire

Eglise, puis l'en fit archidiacre en 1092, qui le voyage de Rome pour demander au pape
était la trente-cinquième année de l'âge Pascal II la permission d'abdiquer l'épisco-
d'Hildebert. Il fit les fonctions de cette charge pat. Son dessein était de se retirer à Cluny
pendant cinq ans, c'est-à-dire jusqu'en 1097. et d'y vivre en moine. Mais le pape n'eut au-
Alors, l'évêque Hoël étant venu à mourir, on cun égard à ses remontrances. Il le renvoya
lui donna pour successeur Hildebert, âgé de à son Eglise, en lui ordonnant, de vive voix
quarante ans.

et par écrit, de reprendre ses fonctions épis-
3. Son élection souffrit quelque opposition copales.
de la part de Goiffrède, doyen de la calbé- 5. Hildebert, à son retour, Trouva la ville
drale. Mais les suffrages du reste du clergé du Mans en paix, parce que Foulques Ré- les erreurs
prévalurent, et Hildebert fut sacré le jour de chin, comte d'Anjou, avait contraint par la flenri.
Noël de la même année 1097, par Raoul, ar- force des armes le roi d'Angleterre à repas-
chevêque de Tours. Cela n'empêcha pas le ser la mer. Mais en partant pour Rome, l'é-
parti opposé de noircir la réputation du nou- vêque avait laissé dans son diocèse une es-

l'école du Mans, est fait

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eet .
ca 1093.

Il compat

1 Vila Hildeb., in nova edit. Op., Paris 1708.

Une charte publiée d'abord par Baluze, Miscell., lom. VII, pag. 209, nous apprend que le père d'Hil debert était d'une famille de chevaliers, de gente equestri. (L'éditeur.)

8 M. Bourassé, dans la préface à la nouvelle édition

d'Hildebert, tom. CLXXI de la Patrologie latine,
col. 19, prétend que cette assertion est dénuée de
fondement; nulle part, dit-il, Hildebert n'a reconnu
Bérenger pour son maitre. (L'éditeur.)

* Cette assertion n'est point prouvée. Voyez Bou.
rassé, ibid., col. 21. (L'éditeur.)

alta ebé

cast.

1133 ou 1134.

pèce d'ennemi, qui y causa de grands rava- des mceurs du clergé et du peuple, des ma.
ges pendant son absence. C'était un clerc riages incestueux, du concubinage des pré-
nommé Henri; de mours réglées en appa. tres. Il assembla un concile à Nantes, visita
rence, il surprit le prélat, et obtint de lui la sa province. Il fit l'un et l'autre en i127.
permission de prêcher dans tout son terri- 9. Entre plusieurs lettres que saint Ber- Jl demeura
toire. Comme il avait quelque teinture de l'art nard écrivit pour amener tout le monde à pape Tono.
de l'éloquence, il séduisit non-seulement le l'obéissance du pape Innocent, il y en a une
peuple, mais plusieurs des premiers de la á Hildebert, écrite vers l'an 1131. Ce n'est
ville, et quelques-uns du clergé. On le regar- pas que ce prélat s'en fût séparé; mais saint
dait au Mans comme un apôtre. Ces erreurs Bernard craignait que Gérard d'Angoulême
étaient, que le baptême ne servait de rien ne l'attirât au parti de Pierre de Léon.
aux enfants; que les adultes ne tiraient au- 10. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'Hilde- Sa mort en
cun avantage de leurs bonnes peuvres; qu'il bert demeura attaché au pape Innocent le
ne fallait point bâtir d'églises, mais renverser reste de ses jours, c'est-à-dire jusqu'à l'an
celles qui existaient; que le culte et l'invo- 1133 ou 1134, auquel il mourut dans une
cation des saints étaient superflus; qu'on ne heureuse vieillesse, le 18 novembre, environ
devait point chanter d'hymnes dans les égli- la quatre-vingtième année de son âge, selon
ses; qu'il fallait fouler aux pieds les images et les Gestes des évêques du Mans. On lui a donné
les reliques des saints, briser les croix. Il le titre de saint à la tête de ses ouvrages,
enseignait encore d'autres erreurs, répan- dans les Bibliothèques des Pères, et dans quel-
dues autrefois par Vigilance et quelques autres ques Martyrologes, entre autres dans le Gal-
anciens hérétiques. Hildeberl entra en dis- lican, par Du Saussai. L'éditeur de ses @u-
pute publique avec Henri, le convainquit, le vres ne lui donne que celui de Vénérable :
chassa de son diocèse, et ramena à l'unité de titre qu'il porte aussi dans quelques inanus-
la foi ceux qui s'en étaient éloignés.

crits, et qui peut être fondé sur ce que saint 11 cat mie 6. Cette victoire devait rendre plus stable Bernard, dans sa lettre cent vingt-troisième fuis en prison. la tranquillité qu'il avait trouvée au retour à cet archevêque, l'appelle un homme digne

de son voyage de Rome. Mais la guerre s'é- de toute vénération.
tant rallumée entre Foulques Réchin, comte
d'Anjou, et Henri ler, roi d'Angleterre, Hil-

ARTICLE II.
debert ful pris en trahison par Rotrou, comte

DES ÉCRITS D'HILDEBERT.
du Perche, et mis en prison, d'où il ne sortit
que vers l'an 1120, après être rentré dans la

§ Jer.
bienveillance du roi d'Angleterre.

Des Lettres d'Hildebert. Sa conduite

7. Rendu à son Eglise, il la gouverna avec beaucoup de piété, de zèle et de prudence, 1. Dans la nouvelle édition, dom Beautravaillant autant par son exemple que par gendre n'a eu aucun égard à l'ordre que ces : ses discours, a réparer les brèches que les lettres tiennent dans les manuscrits. Il les a trois livres. calamités publiques avaient causées à la dis- distribuées en trois classes, où, sans observer cipline. Sa vie était austère. Il couchait sur le temps auquel elles ont été écrites, il donne la dure, portait le cilice, se nourrissait so- de suite toutes celles qui sont sur une même brement, veillait souvent, priait beaucoup, matière. La première classe contient les lelet faisait de grandes aumônes.

tres morales et ascétiques; la seconde, celles est fait 8. Cependant Gilbert, archevêque de Tours, qui traitent du dogme; et la troisième, les

étant mort en 1125, Hildebert, comme pre- lettres familières ou de pure amitié. Ces trois
mier suffragant de cette métropole par le classes forment autant de livres.
privilége de son siége, alla à Tours pour 2. Avant de commencer le premier, l'édi-
prendre soin de l'Eglise vacante. Tous una- teur donne, par forme d'appendice, quelques
nimement, le clergé et le peuple, le choisi- lettres recouvrées depuis l'impression des
rent pour leur archevêque. Louis-le-Gros, cuvres d'Hildebert. Il y en a une à Turstin,
roi de France, approuva l'élection; et le pape archevêque d'York, par laquelle il l'assure
Honorius Il la confirma, malgré l'opposition qu'il n'a jamais rien fait contre lui en faveur
d'Hildebert, Il était alors presque septuagé- de Rodulphe, archevêque de Cantorbéry, ni
naire; mais son grand âge ne l'empêcha pas à Rome, ni ailleurs; et qu'il ne fera jamais
de s'appliquer assidúment à la réformation rien contre ses intérêts. Dans une autre,

pendant son épiscopat.

Ordre de lettres d'A debert

archeveque de Tours eu 1123.

Anayee premier live pag. 1, ed Paris, ea 1

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adressée à Marbode ?, évêque de Rennes, il faire le pèlerinage de la Terre-Sainte, elle décide, d'après saint Augustin, qu'une femme s'était consacrée à Dieu dans un monastère. qui avait consenti à ce que son mari, étant Il donne pour raison de cette préférence, malade, demandât l'habit monastique, et fit que nous devenons disciples de Jésus-Christ veu de continence, ne pouvait plus habiter en portant sa croix volontairement, et non avec lui. Une troisième lettre explique com- en allant visiter son tombeau. Il écrivit à la Epist. 7 el 9. ment il est vrai que Dieu punit quelquefois princesse Mathilde, mariée depuis peu à un péché, jusqu'à la quatrième et à la cin- Henri Jer, roi d'Angleterre, de rendre grâces quième génération. L'auteur donne pour à Dieu de cette alliance, et d'user des biens exemple ce qui est dit de Caïn el de Lamech du siècle avec d'autant plus de modération dans le livre de la Genèse. Ces trois lettres qu'elle devait en rendre compte au juste sont suivies de quelques diplômes accordés Juge. Il faut rapporter cette lettre à l'an 1110. par Hildebert à divers monastères 2.

Mathilde envoya à Hildebert deux chande3. Guillaume de Champeaux avait, par un · liers d'or bien travaillés. Le prélat l'en re- s. . motif de piété, abandonné sa chaire de phi- mercia par une lettre écrite l'année suivante. losophie, pour se retirer dans la chapelle de Il louait un ecclésiastique de ses amis d'avoir ļo. Saint-Victor, hors des murs de Paris, el y refusé divers présents en or et en argent, avait commencé un monastère. Hildebert le sans se laisser éblouir par les raisons qu'on félicita sur son changement de vie; mais il allègue ordinairement, qu'un clerc doit faire l'exhorta à continuer de prêcher. Cette lettre de la dépense, et avoir toujours par devers fut écrite vers l'an 1100. Vers le même temps, lui de quoi donner aux pauvres. Le remède Hildebert envoya à un de ses amis, évêque qui lui paraissait le plus puissant contre les ou prêtre, un éventail pour chasser les mou tentalions, est la confiance en Dieu. ches pendant la célébration des saints mys. 5. Un évêque de Chartres, que l'on croit u. tères. Ce petit instrument élait en usage en être Yves, s'était présenté devant la porte Occident et en Orient, pour éloigner ces in- d'un monastère, vraisemblablement de Vensectes incommodes à celui qui offrait le sa- dôme, demandant qu'on la lui ouvrit. Les crifice. Hildebert donne à cet éventail et à moines le refusèrent, disant qu'ils n'étaient son usage une explication mystique. Dans sa pas en état d'exercer à son égard l'hospitalettre à Adèle, femme d'Etienne, comte de lité; mais aussi parce qu'ils craignaient, en Blois, il entre dans le détail des vertus né- recevant un évêque de Chartres, qui était cessaires à un souverain : être porté à la clé- leur diocésain, de déroger au privilége qu'ils mence; punir le crime, en se souvenant que avaient d'être soumis immédiatement au celui que l'on punit est homme; avoir l'em- Saint-Siége. Soit que cet évêque s'en fût pire sur soi-même; servir le peuple; ne mé plaint á Hildebert, soit qu'il l'eût appris d'ail

priser le sang de personne; ne proscrire leurs, Hildebert écrivit à ces moines qu'ils 1. qu'avec peine. On met cette lettre vers l'an auraient dù non-seulement inviter ce prélat

1101. Quelque temps après, celte comtesse, à loger chez eux, mais vendre même les orayant perdu son mari, fit væu de la vie mo- nements de l'église pour le recevoir, plutôt nastique. Hildebert l’en congratula, et l'ex- que de le laisser exposé devant la porte aux horta à se procurer la persévérance dans le injures de l'air. Il dit de belles choses sur bien par la pratique de l'humilité, qu'il lui l'hospitalité, et propose là-dessus l'exemple

fait envisager comme le fondement et la con- d'Abraham et de Loth. s. sommation de toutes les vertus. Il lui écrivit 6. La lettre à Henri Jer, roi d'Angleterre,

encore vers l'an 1104, sur le même sujet. est pour le consoler de la perte de ses deux 6. 4. Deux ans auparavant, il félicita Agnès, fils, Guillaume et Richard, qui embarqués

veuve d'Elie, comte du Mans, et fille de l'un et l'autre sur un vaisseau différent de Pierre, duc de Poitiers, de ce qu'au lieu de celui du roi, firent naufrage, le vaisseau s'é

D. d'Achéry a publié le premier cette lettre, et il l'attribue à Marbode, tandis que Beaugendre l'attribue à Hildebert. Comme les manuscrits portent seulement la lettre M, on comprend que l'un a lu Martodo au datif, l'autre Marbodus au nominatif; mais la lettre en question paraît être l'quvre d'Hildebert. Voyez Bourassé, ibid., col. 29. (L'éditeur.)

2 D. Beaugendre en a publié six ; ils se trouvent avec huit autres dans la nouvelle édition des cuvres d'Hildebert, par M. Bourassé, chanoine de Tours; le quatorzième est à la fin du volume, tandis que les autres sout à la suite des lettres. La plupart regardent le monaslère de Marmoutiers. (L'éditeur.)

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