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tant allé briser contre un rocher. Ce funeste montre être préférable au mariage et à la
accident arriva en 1120, au mois de novem- viduité, pourvu qu'elle soit accompagnée
bre. On ne peut donc mettre cette lettre plus d'humilité. La lettre adressée à Guillaume, Esist. 22.
tôt qu'en 1121. Hildebert y fait un parallèle abbé de Saint-Vincent du Mans, traite de
entre l'homme dans l'état d'innocence, et l'avantage qu'il y a de joindre la vie active
l'homme après le péché. Henri Jer épousa en avec la contemplative:ce qu'il prouve par plu.
secondes noces l'an 1122 la princesse Adèle, sieurs passages de l'Ecriture et par l'exemple
qui fit demander à Hildebert, par l'abbé de de Rachel et de Lia. On conjecture que ce 23.
Saint-Vincent du Mans, d'être associée aux fut cet abbé qui consulta Hildebert sur les
filles de cette Eglise, et d'entrer en commu- tentations d'impureté dont un de ses reli-

nion des prières publiques de la cathédrale. gieux était souvent attaqué, surtout dans le Epist. 11. L'évêque le lui accorda avec plaisir, et l'as- temps de la prière. L'évêque répondit : « Le

sura qu'à l'avenir elle serait comptée parmi démon, ennemi déclaré de la virginité et de
les filles de son Eglise, et nommée à l'autėl la prière, fait ce qu'il peut pour faire perdre
pendant la célébration du saint sacrifice l'une et interrompre l'autre; mais il ne rem-
Dans la même lettre, qui est de l'an 1123, porte la victoire, que lorsque l'on consent à
Hildebert appelle les moines de Saint-Vin- ses suggestions,» Il conseille à ce moine de
cent ses enfants et ses frères. Quoiqu'il ne résister à l'ennemi; de se lever la nuit pour
désapprouvât pas les pèlerinages aux Lieux prier; de multiplier ses jeunes; de mortifier
saints, il voulait que le motif en fût raison- sa chair par de fréquentes et fortes disci-
nable et religieux. Hors ce cas, il était d'avis plines ; de se munir du signe de la croix et
qu'il valait mieux remplir les devoirs de l'é- de l'aspersion de l'eau bénite avec du sel, et
tat auquel on est appelé de Dieu, que de de combattre la tentation par des larmes et

s'obliger même par veu à ces sortes de des soupirs. Hildebert met cette différence es. 18. voyages. C'est sur ce principe qu'il détour entre l'amour du monde et l'amour de Dieu,

nait le comte d'Angers du pèlerinage de que l'amour du monde est doux dans ses
Saint-Jacques, disant qu'il serait plus utile commencements, et amer à la fin; au lieu
pour lui et pour ses peuples de rester avec que l'amour de Dieu commence par l'amer-
eux pour les gouverner.

lume, et finit par la douceur. 7. Hildebert était archevêque de Tours 9. Consulté vers l'an 1098 par l'archidiacre de 18.

lors de sa seconde lettre à la reine Adèle. de Séez, dont le nom n'est pas marqué, s'il de Comme elle n'avait point d'enfants, il essaie était permis à une veuve d'épouser le frère de la consoler de sa stérilité, en lui disant de son mari, avec qui elle n'avait pas babité qu'elle pouvait se procurer des enfants en de son vivant; il répondit que cela ne se pou- Epist. i. adoptant les pauvres; qu'il sera plus heureux vait, parce que le mariage ne consiste pas pour elle d'être féconde d'esprit, que de l'être essentiellement dans sa consommation, mais de corps; et qu'au surplus le bien qu'elle fera dans le pacte conjugal, ainsi que le dit saint aux pauvres, pourra lui obtenir de Dieu des Ambroise, et ainsi que les conciles l'ont déenfants. Il lui cite les exemples de Sara et de cidé. L'archidiacre, peu satisfait de cette ré- . Rébecca, à qui Dieu accorda des enfants en ponse, voulait passer outre et célébrer le maconsidération des prières de leurs maris, ou riage. Hildebert écrivit à l'évêque de Séez de leurs bonnes auvres. Cette lettre fut écrite pour l'empêcher, et il allègue les raisons lorsque la reine Adèle retournait de Nor- qu'il avait données dans la lettre précédente.

mandie en Angleterre, c'est-à-dire vers l'an ll y ajoute l'autorité de saint Chrysostome et 12. 1130. Hildebert écrivit la suivante avant le de saint Isidore de Séville.

Carême de l'an 1131, auquel le pape Inno- 10. Vers le même temps Marbode, n'étant . cent II vint en France; puisqu'il promet à une que chanoine et archidiacre d'Angers, voulut religieuse de faire voir lui-même son inno- se démettre de son canonicat en faveur de cence au pape dans l'audience qu'il espérait son neveu. La chose n'était pas aisée à cause de lui ; qu'elle pouvait en conséquence lui de l'opposition de l'évêque et des chanoines. envoyer un exprés après la première se- ll eut donc recours à Hildebert pour lever maine de Carême, pour lui marquer sa vo- ces difficultés. Le prélat en parla à l'évêque lonté et recevoir sa réponse.

d'Angers, qui parut d'abord favorable ; mais 8. La lettre à une récluse, nommée Atha- il changca ensuite de sentiment; et les chalie, est un éloge de la virginité, qu'Hildebert noines continuèrent de s'opposer, parce

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Analyse de deuxième vre, pag. 77.

od pouvoile Lue, vreme

qu'ils prenaient ombrage du grand pouvoir lise, dit-il, saint Matthieu, saint Marc et saint
de Marbode et de sa famille. Cette famille Luc, et l'on verra que Jésus-Christ donna

est connue aujourd'hui à Rennes sous le nom séparément le pain et le vin à ses apôtres; Epist. 4. de Marbeuf. Hildebert conseilla à Marbode que Judas fut le seul à qui il presenta un

de prendre une autre voie pour réussir dans morceau trempé, mais que ce n'était pas
son dessein, c'est-à-dire la voie d'amitié et l'eucharistie, ni rien qui la désignât ; que ce
de conciliation. Il ne devait du reste attendre n'était qu'un signe par lequel il voulait faire
aucune réponse favorable de l'évêque d’An- connaître celui qui le trahirait. » Il cite sur
gers dans cette affaire, lui qui s'était opposé cela un passage de saint Augustin sur le
à son ordination, en écrivant à l'archevêque treizième chapitre de saint Jean.
de Tours que l'élection de Raynaud de Mar. 13. Hildebert écrivit de sa prison vers l'an Epist. 17.

tigne, c'était le nom de l'évêque d'Angers, 1110 une lettre circulaire aux évêques, aux 5, 6. était vicieuse dans toutes ses parties. Il avait prêtres et à tous les fidèles, pour les ins

de plus écrit deux lettres à Raynaud même, truire de la manière dont le comte de Rotrou.
pour le détourner d'accepter l'épiscopat, à l'avait fait arrêter, et pour quel sujet. Il leur
raison de la nullité de son élection.

déclare qu'ayant été racheté du sang de Jé-
11. La lettre à Serlon, évêque de Séez, sus-Christ, il ne demande pas à être racheté
écrite vers l'an 1099, est pour le congratuler de sa prison par argent, d'autant qu'il n'ac-
de s'être opposé à ceux qui avaient violé querrait en ce cas sa liberté, qu'en ôtant à l'E-
l'immunité de l'Eglise, en tirant avec vio- glise la sienne; qu'ainsi il aimait mieux mou-
lence des personnes qui s'y étaient réfugiées. rir esclave, ou du moins courir les risques de
Hildebert l'exhorte à tirer vengeance de cette sa liberté personnelle. Il se plaignil néanmoins,
insulte faite aux droits de l'Eglise, et à faire à l'évêque de Séez de l'avoir laissé en pri-

remettre en liberté ceux que l'on avait tirés son, sans aucune consolation, et l'exhorta à 2. violemment du lieu d'asile. Dans la lettre frapper d'anathème le comte de Rotrou. Il

suivante qui est de l'an 1100, il s'excuse au- est remarqué dans la lettre circulaire d’Hil-
près de Jean et Benoît, cardinaux et légats debert, que ce comte, confus des reproches
du pape Pascal II, de n'avoir pas assisté au qu'on lui faisait d'avoir emprisonné l'évê-
concile indiqué par eux à Poitiers, sur ce que, avait ordonné de le faire sortir de pri-
qu'il n'avait pas eu le moyen de faire la dé-

son, et que, pour marque de la sincérité de
pense de ce voyage, ayant été dépouillé de

sa parole, il avait coupé une partie des che-
tout par le roi d'Angleterre et les consuls du veux de sa tête et les avait envoyés à sa
Mans. Saint Anselme, archevêque de Can- mère : circonstance que Ducange a relevée
torbéry, avait assisté en 1098 à celui de Bari, dans son Dictionnaire 1, pour montrer qu'il
et avait réfuté solidement l'erreur des Grecsétait d'usage chez les anciens de se couper
touchant la procession du Saint-Esprit; Bil- volontairement quelques cheveux pour at-
debert le pria de lui envoyer par écrit ce tester la vérité de leur parole.
qu'il avait dit de vive voix sur celte matière. 14. Un prêtre qui, se trouvant à l'autel
Saint Anselme lui donna satisfaction; ce qui sans s'être muni du pain azyme, avait offert
occasionna à Hildebert une lettre de remer le sacrifice avec du pain commun ou fer-
ciement.

menté, s'adressa à Hildebert, ou pour être
12. Il écrivit vers l'an 1103 à l'archevêque absous de sa faute, ou pour la connaitre. Ce
de Rouen, qu’un mariage entre parents dans prélat le renvoya à Raynaud, évêque d'An-
le.i degrés prohibés ne devait pas se per- gers, sachant qu'il était de son diocèse, et
mettre, même pour terminer une guerre qu'il lui paraissait juste que la faute fût ré-
entre les deux familles, parce que, selon parée où elle avait été commise : car le peu-

l'apôtre, « nous ne devons pas faire le mal ple avait été scandalisé en voyant ce prêtre Rom. Iu, 8.

pour qu'il en arrive un bien. » Il était d'u- offrir avec du pain levé. C'est sur ce scandale,
sage en quelques monastères, nommément et sur la négligence de ce ministre, qu'Hilde-
à Cluny, de tremper l'eucharistie dans le bert appuie le plus. Du reste, il dit que ce
précieux sang, avant de la donner aux com- prêlre a plutôt péché contre la coulume que
muniants. Hildebert désapprouve cet usage, contre la foi. C'est pourquoi il prie l'évêque
non-seulement comme n'élant autorisé par d'Angers de rendre contre lui une sentence
aucun décret de l'Eglise, mais comme con-
traire à l'institution de ce sacrement. « Qu'on Ad verbum Capilli.

11, 13,

qui tienne plus de la bonté d'un père que de Eglises de Bretagne, comme métropolitain,
la sévérité d'un juge.

et assembla à ce sujet un concile à Nantes. Epist. 21, 22. 15. Il y a deux lettres d’Hildebert dans On y fit plusieurs statuts dont il demanda la

lesquelles il gémit sur les mauvais traite- confirmation au pape Honorius II, qui l'ac-
ments que l'empereur Henri V avait fait corda par une lettre adressée aux suffra-

souffrir au pape Pascal II, au clergé et au gants de la métropole de Tours. 23. peuple romain. Dans une autre, écrite vers 17. Il y a neuf autres lettres d'Hildebert au Epist. 32.

la fin de l'an 1112, il combat un certain hé- même pape Honorius, Dans la première, il rétique qui renouvelait l'hérésie de Vigilance, intercède pour les chanoines de Saint-Martin et soutenait qu'on ne devait pas invoquer les de Tours, qui en défendant leurs priviléges, saints. Il l'altaque d'autant plus vivement, avaient encouru la disgrâce du pape, appaque ce novateur publiait qu'Hildebert pen remment en les faisant valoir en des termes sait comme lui sur cette matière. « Je pense peu respectueux. Par la seconde, il le prie et je crois, dit cet évêque, que les âmes des de ne pas accorder le pallium aux évêques saints qui règnent déjà avec Jésus-Christ, de Dol en Bretagne, ses suffragants, attendu savent ce que nous faisons, et qu'elles prient que l'usage n'en avait jamais été accordé pour nous lorsqu'il est besoin. » Il prouve qu'à Baudri, à cause de ses qualités person

cette doctrine par l'autorité de l'Ecriture et nelles, et non à cause de son siége. Il fait 36. 21. des pères. Hildebert fit revenir à l'unité de dans la troisième des plaintes au pape contre

l'Eglise deux clercs, Cyprien et Pierre, qui ceux qui avaient mutilé un de ses chanoines,
s'étaient laissé séduire par l'hérétique Henri; et lui demande comment il doit se comporter
et après s'être assuré de la sincérité de leur envers eux. La quatrième contient aussi une 36.
conversion, il en donna avis à tous les ar- plainte contre le roi de France, dont il avait

chevêques et évêques par une lettre circu- été maltraité pour n'avoir pas voulu recevoir 23. laire. Il s'intéressa auprès de Girard, cardinal de sa main un doyen et un archidiacre, in

légat, pour la réforme du monastère d'Eyron capables l'un et l'autre de ces dignités. Il est 38, 37.
dans le diocèse du Mans; il écrivit à Ray- parlé dans la même lettre, et dans la précé-
naud de Martigné, évêque d'Angers, qu'il dente au même pape, du procès que Nicolas,

n'avait pu sans injustice frapper d'anathème chanoine de Tours, avait avec son doyen, . un certain Lisiard, parce que le rapt dont on nommé Raoul, frère de celui qui avait mu26. l'accusait était supposé, et que ce Lisiard et tilé ce chanoine. Raoul était accusé d'avoir

son épouse, fille de Goffrède, s'étaient ma- conseillé celte mutilation. Comme ce diffé

riés d'un mutuel consentement et très-libre- rend jetait le trouble dans l'Eglise de Tours, 27. ment; et il promit d'envoyer à un évêque Hildebert supplie le pape de le terminer. Ces

d'Angleterre les extraits des décrets qu'il trois lettres sont de l'an 1128. La sixième est se avait commencés de recueillir.

de l'année suivante 1129. L'archevêque de 29. 16. Il exhorta vivement l'évêque de Cler- Tours s'y excuse de n'avoir pu exécuter la

mont, vers l'an 1124, à déraciner un abus commission que le pape lui avait donnée qu'il avait souffert jusque-là : c'est que, dans d'examiner la canonicité du mariage entre son diocèse, les dignités ecclésiastiques et Hugues de Craon, et Agnès sa femme ; soit les canonicats élaient héréditaires dans les parce que cette dame n'avait pas eu le temps familles. Hildebert fait voir que cel abus ne ni la liberté de se rendre au lieu et au jour peut avoir lieu sans un péché considérable; marqués, soit à cause qu'il avait été luique toutes les dignités de l'Eglise se confé- même obligé de se trouver, avant ce jour, à raient autrefois par élection ; que la disposi- Reims, pour assister au sacre de Philippe, tion des biens ecclésiastiques est interdite fils aîné de Louis-le-Gros. Dans la septième, .. aux laïques; que l'évêque qui introduit dans il fait de vives, mais respectueuses remonl'Eglise des coutumes abusives, et celui qui trances sur l'abus des fréquentes appellations les tolère, sont coupables ; qu'il en est de à Rome. « Nous n'avons point, lui dit-il, apmême d'un successeur qui ne corrige pas le pris au-deçà des Alpes, et nous ne trouvons mal que son prédécesseur a fait. En 1127, pas dans les lois ecclésiastiques, que l'Eglise Hildebert réforma plusieurs abus dans les romaine doive recevoir indifféremment toutes

30,3

1 Sentio enim, sentio el dico sanctorum animas jam cum Christo regnantes scire quid agatur a nobis, et

easdem cum oportet et expedit orare pro nobis. Hild., lib. II, Epist. 23.

sortes d'appellations. Si l'on établit cette ponse de l'archevêque fut que, comme il Epist. 43. nouveauté, l'autorité des évêques périra, et n'était pas permis à un prêtre de répandre la discipline de l'Eglise n'aura plus aucune le sang d'autrui pour conserver sa propre vigueur. Quel ravisseur menacé d'anathème vie, il ne croyait pas qu'on pût lui permettre n'appellera pas aussitót? Quel prêtre ne con- l'administration des choses saintes; qu'au tinuera pas sa vie scandaleuse à l'abri d'un reste, si ce cas lui était arrivé, il en aurait pareil frustratoire ? Les sacriléges, les pilla demandé la décision au Saint-Siége. ges, les adultères, se multiplieront de toutes 19. La quarante-cinquième lettre que l'on 46. parts, tandis que les évêques auront la bou a mise dans les Bibliothèques des Pères de che fermée par des appellations superflues. Paris en 1589, de Cologne en 1618, et de Je sais, ajoute-t-il, et toute l'Eglise l'ensei- Lyon en 1677, au nombre de celles d’Hildegne, que le secours de l'appellation est dû à bert, n'est qu'un fragment de la lettre de ceux qui sont blessés par un jugement; qui saint Jérôme à la vierge Démétriade. Il 46. tiennent leurs juges pour suspects, ou qui paraît par la suivante, que cet évêque était craignent la violence d'une multitude em- rentré entièrement dans les bonnes grâces portée ? ; d'où vient qu'il est dit dans un des de Henri Jer, roi d'Angleterre, et que ce décrets du pape Corneille : Si quelqu'un prince s'était même employé auprès du roi connait que le juge lui est contraire, qu'il se de France pour l'engager à rendre à Hilserve de la voie d'appellation, qu'on ne doit debert une prévôté de l'Eglise de Tours, refuser à personne. » Cette épitre décrétale dont il s'était emparé depuis quatre ans :

du pape Corneille passait pour authentique. celle lellre est de l'an 1131. On ne sait pas iph 14 La buitième lettre est une supplique au pape la date de celle qui est adressée à Guillaume,

pour la confirmation d'une aumône annuelle archidiacre du Mans. Hildebert lui donne 48. accordée par Henri ler, roi d'Angleterre, au avis qu'il avail suspendu du diaconat un monastère de Fontevrault. Dans la neuvième, clerc qui l'avait reçu par simonie, et qu'il Hildebert se plaint au pape de ce qu'il avait lui avait aussi défendu de se faire promouabsous et rétabli dans leurs bénéfices des voir au sacerdoce. Dans une autre lettre, il 62. clercs de l'Eglise de Tours, excommuniés, reproche à un prêtre d'avoir employé la torsans lui en avoir écrit auparavant, et sans ture de la question pour découvrir un vol

leur avoir ordonné aucune satisfaction. qu'on lui avait fait; et il soutient que celte 23, ** 18. Hildebert était souvent inquiété par le sorte de voie n'est connue que dans les jus

roi de France, et par quantité d'autres per- tices civiles, et non dans les tribunaux ecclé-
sonnes, parce qu'il soutenait avec vigueur les siastiques. La dernière lettre du second livre
droits de son Eglise; il prenait le parti alors est la préface de la Compilation des décrels
de recourir à la protection du ciel, à l'exem- ou des règles ecclésiastiques, par Hildebert.
ple de Joseph et de David ; et il avait pour L'auteur y fit entrer des extraits des épîtres
maxime qu'on devait agir envers les princes décrétales des papes; des actes des conciles,
par voie de remontrances respectueuses, et des ouvrages des pères ; des ordonnances
non par des réprimandes ou des châliments. des princes catholiques. Cette compilation
C'est pourquoi il s'adressa à Girard d’An- commençait par ce qui regarde la foi ; puis
goulême, legat en France, pour adoucir l'es- on y traitait des sacrements; ensuite de ce
prit du roi, qu'il n'avait néanmoins aigri, qui concerne les meurs. Hildebert com-
qu'en usant des droits que lui donnait sa menca, inais n'acheva pas ce recueil. On
qualité d'archevêque. Cette lettre et la pré- croit qu'Yves de Chartres y mit la dernière
cédente sont de l'an 1128. Aimeric, évêque main. D'où vient que Juret, dans son édition,
de Clermont, avait interdit les fonctions sa- met cette lettre pour la deux cent quatre-
crées à un prêtre, qui attaqué par un voleur vingt-huitième d'Yves de Chartres.
qui en voulait à sa vie, l'avait lui-même tué 20. Les lettres du troisième livre sont,
d'an coup de pierre. Le temps de l'interdit comme on l'a déjà remarqué, presque toutes
écoulé, il demanda á Hildebert s'il pouvait d'amitié ou de recommandation, et ne de-
rétablir ce prêtre dans ses fonctions. La ré- mandent pas qu'on s'y arrête longtemps.

Analyse da Troisième li. pre, pag. 170.

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u

On le voit clairement, H:ldebert n'a point condamné les appels à Rome, mais uniquement leur ex tension abusive. C'est aussi à tort qu'on l's accusé d'avoir ménagé fort peu la papauté dans ses vers.

Ceux que l'on cite pour prouver ce manque de défé-
rence ne s'appliquent nullement à Rome catholique,
mais à Rome païenne. Voyez Goriui, Défense de l'E.
glise, tom. II, pag. 210. (L'éditeur.)

Sermons d'Hildebert

res.

Epist. 18.

Voici ce qu'elles contiennent de plus impor- Hildebert était encore évêque du Mans, ses
Epist. 8. tant. Hildebert n'ayant pas de planète pour prédécesseurs s'étaient choisi leur sépulture

le service de l'autel, pressa la comtesse de dans l'abbaye de Saint-Vincent, comme les
Blois de lui envoyer celle qu'elle lui avait chanoines, et avaient ordonné qu'une partie
promise. Il envoya à un de ses amis une du cimetière serait destinée aux clercs; à cet
copie de l'histoire des miracles de l'Eglise effet, les moines de cette abbaye devaient
d'Exester : on ne sait pas ce qu'elle est deve- jouir d'une prébende : mais contrairement à
nue. Le pape Calixte II avait ordonné aux cet établissement, quelques chanoines avaient
évêques de deçà les Alpes de se rendre en porté ailleurs un de leurs confrères, et l'a-

1102 au concile que l'on devait tenir à Rome. vaient même enterré en un lieu non consa-
4. Hildebert se disposa à ce voyage, mais il n'est cré. Hildebert prie donc le pape de mainte-
7. pas certain qu'il l'ait exécuté. Il y alla en nir les moines dans leur droit, et dans la

1106 ou 1107, pour demander au même pape jouissance de la prébende qui leur avait été
8. d'être déchargé de l'épiscopat. On croit qu'il adjugée 3.
assista la même année au second concile de

S II.
Troyes; et pour y aller avec plus d'aisance,

Des Sermons d'Hildebert.
il pria la comtesse de Blois de Ini permettre
l'usage de la voiture qu'elle avait procurée à 1. Il y a tant de conformité de style entre Sermone
l'évêque de Chartres.

les sermons que l'on nous a donnés sous le sur les Mysce. Suite. 21. Il reçut de Réginold, moine de Saint nom de cet évêque, et ses autres écrits, que

Augustin, l'histoire du moine Malch, qu'il l'on ne peut refuser de l'en reconnaitre au-
avait écrite en vers. Un de ses amis lui ayant teur. On voit partout le même génie, le même

demandé ce que Jésus-Christ avait écrit sur tour de phrase, les mêmes expressions, les 6. la terre lorsque les Pharisiens lui présentèrent mêmes consonnances. C'est sur celte con25. ja femme adultère, il répondit avec saint formité que dom Beaugendre a restitué à

Ambroise, qu'il avait écrit ces paroles pro- Hildebert plusieurs discours que l'on avait

phétiques qui sont dites de Jéchonias dans trop légèrement attribués à d'autres auteurs, Jorum. xxII, Jérémie : Terra, terra, scribe hos viros abdi- ou qui se trouvaient anonymes dans les ma

catos 1. Dans une autre lettre, que l'on conjec- nuscrits. Jusqu'en 1708, où parut la nouvelle
ture être adressée à saint Anselme de Can- édition des peuvres d’Hildebert, on n'avait
torbéry, Hildebert le remercie des sandales mis au jour que trois de ses sermons. Dom
pontificales qu'il lui avait envoyées; il re- Antoine Beaugendre en a publié cent qua-
marque qu'en France elles étaient ouvertes rante 4, savoir : hait sur l'Avent, trois sur la

par dessus, en sorte qu'on voyait le pied. II Naissance de Jésus-Christ, un sur la Fête de la Epist. 31. en rend cette raison mystique, que le prédi- Circoncision, trois sur lEpiphanie, un sur le

cateur ne doit ni cacher ni découvrir à tout Troisième Dimanche qui suit cette fête, un sur
le monde les mystères de l'Evangile, et ajoute le Dimanche de la Septuagésime, un sur le
que c'est de là qu'est venue la coutume de commencement du Carême, où l'auteur traite
porter à l'évêque le livre de l'Evangile ouvert, de la pénitence, un sur le Premier Dimanche,

Joan. VIII,

29, 30.

au lieu qu'on le porte fermé aux autres. neuf sur le Carême, cinq sur le Dimanche des Suite. 22. Il est incertain si les trente-deuxième Rameaux, sept sur la Cène du Seigneur, deux

et trente-troisième lettres sont d'Hildebert 2. sur sa Passion, deux sur la Fête de Pâques, Ce sont des instructions à des moines qui quatre sur les Rogations, deux pour la Fête de demeuraient en quelque cellule ou prieuré. l'Ascension, deux pour celle de la Pentecôte, un La trente-quatrième est une supplique au sur la très-sainte Trinité, un pour la Fête du pape Urbain II, en 1099. Dans le temps où sacrement de lEucharistie.

Epist. 32, 33

1 La Vulgate porte : Scribe virum sterilein. – ? Ces lettres sont d'Odon, premier abbé de Saint-Pierre d'Auxerre. Voy, le Spicileg. d'Achéry, t. II. (L'édit.)

3 Muratori, Anecdot., tom. III, pag. 216-219, a publié deux lettres qui ne se trouvent point reproduites dans l'édition de Beaugendre; elles se lisent au tome CLXXI de la Patrologie latine, col. 311-312. La pre

1. 311-312. La première est à un ami à qui Hildebert avait recommandé Etienne et Radulphe ou Raoul, doyen de l'Eglise de Tours. La deuxième est à un anonyme pour

le remercier des bienfaits qu'il en avait reçus. On a aussi douze diplômes ou cbartes d'Hildebert. Dom Beaugendre en avait déjà publié six ; les uns et les autres sont à la suite des lettres. (L'éditeur.)

Il faut y ajouter uu sermon sur les Rameau se trouve à la fin des cuvres de Marbode, et deux autres édités par Muratori; l'un est sur l'Avent, et l'autre fut prononcé dans le concile de Chartres. Ainsi nous avons cept quarante-trois sermons d'Hil. debert. (L'éditeur.)

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