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Sermoos sarles Saints.

Sur l'Incarnation

ption, un arification, te vierge,

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l'Eucharistie,

Dartrine Hildebert sur la foi en Jesus-Christ.

2. Suivent les sermons en l'honneur des 5. «Voici ce que Dieu a fait de nouveau sur saints : un de l'Annonciation de la sainte Vierge, la terre 5 : Jésus-Christ est né de la chair trois pour la Fête de la Purification, trois pour sanctifiée d'une vierge, par l'opération seule celle de l'Assomption, un à la louange de sainte du Saint-Esprit. Né donc Fils de Dieu dans Geneviève, deux sur saint Jacques et saint la vérité de sa nature, il est né aussi fils de Christophe, un sur saint Jean-Baptiste, trois l'homme dans la vérité de sa nature, en sorte sur la Solennité de saint Pierre et de saint Paul, qu'il est vrai Dieu et vrai homme, mais un un pour sainte Madeleine, un sur saint Pierre- seul Fils et un seul Christ par l'union des aux-Liens, unsurl'Exaltation dela sainte Croix, deux nalures sans confusion ni mélange. un Eloge de la Croix, trois sermons pour la Nous disons que la sainte Vierge est la mère Fête de tous les Saints, un sur saint Nicolas, un non-seulement de l'homme, mais de Dieu, sur saint Andrė, apôtre, deux sur saint parce que celui que le Père a engendré de Etienne, premier martyr, deux sur saint Jean toute éternité, la sainle Vierge l'a conçu et l'Evangéliste, six sur la Dédicace.

enfanté dans le temps. » 3. Les discours sur divers sujets sont au 6. « La nature humaine qu'il venait rache- ... Sur nombre de cinquante-deux. Tous les dis- ter était corrompue dans l'âme comme dans cours’ d’Bildebert respirent une piété so- le corps. Pour guérir l'un et l'autre, il a livré lide, et l'on y trouve des traits fort intéres- son âme et son corps; et c'est pour les resants pour le dogme, la morale et la disci- présenter que nous mettons sur l'autel du pline de l'Eglise. Voici les plus importants. pain et du vin, afin que par le pain fait corps

4. « Aucun des hommes nés avant la venue et reçu dignement de nous, notre corps parde J.-C. n'a pu être sauvé 2 sans la foi en ce ticipe en quelque manière à l'immortalité et médiateur de Dieu et des hommes. Sorti du à l'impassibilité de celui de Jésus-Christ, et sein de Dieu, son père, de toute éternité, que par le vin changé en sang et reçu de c'est-à-dire engendré de lui avec une éga- nous, notre âme devienne conforme à celle lité parfaite 3, il est venu en ce monde, non de Jésus-Christ, soit dans ce monde, soit en changeant de lieu, parce qu'il était dans dans la gloire. Il ne faut pas toutefois s'imale monde par son immensité, mais en se re- giner qu'en recevant le sang de Jésus-Christ vétant de la chair pour se montrer, sans au- nous ne recevions que son âme , et son cun changement de sa nature. C'était le corps seul quand nous recevons son corps. moyen le plus convenable 4 pour racheler Nous recevons Jésus-Christ tout entier, vrai les hommes, ce qui était le motif de son in- Dieu et vrai lomme, soit en ne recevant que carnation. Le premier homme avait perdu tous son sang, soit en ne recevant que son corps; ses descendants; il fallait que le nouvel homme et quoique nous recevions séparément le les délivrât de l'esclavage du démon. S'il eût sang et le corps, nous ne recevons pas pour été vaincu par tout autre que par un homme, cela deux fois Jésus-Christ, mais une seule la victoire n'aurait pas été juste, parce qu'il fois. L'usage de recevoir séparément le corps y aurait eu de l'injustice d'enlever de force et le sang s'est introduit dans l'Eglise à au démon l'homme qui s'était assujetti vo- l'exemple de Jésus-Christ, qui, dans la derlontairement à son empire; d'un autre côté, nière cène, donna séparément son corps et il fallait que cet homme rédempteur fût Dieu, son sang à ses disciples. L'eau que l'on mêle afin qu'il ne fût pas lui-même sujet au pé- avec le vin dans le sacrement, est pour reché. »

présenter l'eau qui coula avec le sang du

· L'auteur ne semblait porter ce jugement que des cinquante-deux discours : la suite montre qu'il l'ap. plique à tous ; c'est pourquoi nous avons mis tous les discours d'Hildebert au lieu de tous. (L'éditeur.)

2 Serm. 7, pag. 595.
3 Serm. 8, pag. 246 et 247.
.Serm. 9, pag. 254.
5 Serm. 55, pag. 501.

6 Nec tamen intelligendum est quod in sanguinis acceptione solam animam, et non corpus, vel in acceptione corporis solummodo corpus et non animam accipiamus; sed in acceptione sanguinis totum Christum verum Deum et hominem, et in acceptione corporis si militer totum sumimus. Et quia'bis separatim corpus

et separatim sanguinem, non tamen bis, sed semel Christum accipimus..... Nec dubitare debemus quin panis per sacra verba benedictionis sacerdotis in verum Domini corpus immutelur, ita ut panis substantia non remaneat, sed colorem et saporem panis voluit Christus remanere, et sub illa specie veram corporis Christi substantiam latere, ne si in ea qualitate, in qua revera est, appareret verum hominem animus hominissumere abhorreret... Debet autem necessario credere christianus manibus sacerdotis cujuslibet tantummodo sacerdotii ordinem habentis, sive mali, sive boni, æqualiter per verba potestativa benedictionis corpus Domini posse consecrari, et tunc Spiritum Sanctum in consecratione illa adesse. Hildeb., Serm. 38, pag. 422, 423.

Sur la Corception im

côté de Jésus-Christ. Au reste, nous ne de- sa faute, et non celle de Dieu; qu'il veut que
vons pas douter que le pain ne soit changé tous les hommes soient bons, et que, pour
au vrai corps du Seigneur par les sacrées ôter toute excuse, il leur prépare sa grâce
paroles de la bénédiction du prêtre, en sorte qui les soutient; qu'il distribue des moyens
que la substance du pain ne demeure plus pour les aider, qu'il offre des récompenses
Jésus-Christ a voulu que la couleur et la sa- pour les exciter, qu'il menace pour les inti-
veur du pain demeurassent, en cachant sous mider, » Cette doctrine suppose de la part
cette espèce la vraie substance de son corps, d’Hildebert celle de la transfusion du péché
de peur qu'en se présentant à nous sous la originel, qu'il établit en effet ?.
qualité d'homme, nous n'eussions horreur de 8. Il semble se déclarer pour la conception
manger sa chair. » Hildebert, pour marquer immaculée de la sainte Vierge, en disant 8
le changement du pain et du vin au corps et que, vierge sans tache et exempte de tout maculée.
au sang du Seigneur, se sert du terme de péché, elle a mis au monde le Saint des Saints;
transsubstantiation ", et c'est le premier qui qu'elle n'a point connu le péché ni senti en
l'ait employé; les autres théologiens, comme elle le foyer de la concupiscence, parce qu'il
Pierre de Celle, Etienne d'Autun, s'en sont était éteint. Ailleurs, il dit seulement que
servis depuis. Il exige de tous les chrétiens le Saint-Esprit descendit sur elle', et (que le
qu'ils croient indubitablement que le corps Fils de Dieu, au moment d'entrer en elle] la
de Jésus-Christ peut être consacré par tous trouva purifiée du péché d'autrui et exemple
les prêtres, soit bons, soit mauvais, en pro- de péchés propres. Il s'explique plus nette-
nonçant les paroles de la consécration, qu'il ment sur son assomption dans le ciel en corps
appelle potestatives, et que le Saint-Esprit et en âme 10, et il appuie son sentiment sur
est présent en cette consécration.

l'oraison que l'Eglise chantait alors à l'office la Pré- 7. Hildebert dit, en parlant de la prédes- de ce jour, différente de celle que nous chanet tination ?, « que le Fils de Dieu, qui a pré- tons aujourd'hui.

paré de toute éternité ce qui était nécessaire 9. ll exhorte les séculiers à s'abstenir des
pour l'établissement de l'Eglise, a prévu viande dans le temps de l'Avent "1. D'après lielipides
aussi, par une disposition et une élection lui, aux jours des Rogations, le jeûne et l'abs-
éternelle, le nombre et le mérite des élus, tinence étaient indispensables 12; on passait
afin que ce qu'il avait arrêté avant les siècles, aussi ces jours en prières, et les fidèles con-
se fît dans le temps en la manière qu'il l'a-' fessaient leurs péchés. Hildebert distingue
vait arrêté. » S'adressant à l'homme déchu entre les péchés véniels et les mortels, les
de son premier état par le péché originel, il péchés secrets 13 et les péchés publics : tous
lui dil : « Vous qui, créé dans le bien 3 et sont matière de confession; « mais nous
placé dans un lieu de félicité, ayez vieilli devons, dit-il, confesser les grands péchés ou
dans la misère et le péché, étant fait mem- les crimes à ceux qui ont reçu les clefs du
bre du vieil homme; réparé ensuite et récon- ciel : ce sont les évêques ou les prélats, et
cilié par la grâce du nouvel homme, vous les docteurs de la sainte Eglise. » On n'est
tombez tous les jours , et toutefois la grâce dispensé de se faire absoudre 14 par le prêtre
secourable ne vous abandonne pas. » Il en- que dans le cas de nécessité, c'est-à-dire lors-
seigne en un autre endroit 5, « que la grâce qu'il ne se trouve point de ministres de l'E-
de Dieu est très-officieuse envers les hommes glise. L'on devait se confesser avant de com-
et comme engagée par serment à les secou mencer le jeûne du Carême 15, parce que c'est
rir 6; que si la créature n'est pas juste, c'est renverserl'ordre, quede punirles péchésavant

destination et la Grace.

Sur quel

1 Cum profero verba Canonis et verbum transsubstan-
tiationis, et os meum plenum est contradictione et ama-
ritudine et dolo, quamvis eum honorem labiis, tamen
spuo in faciem Salvatoris. Id., Serm. 93, pay. 680.

2 Serm. 74, pag. 610.
3 Serm. 111, pag. 772.

· Quotidie cadis, nec sic tamen gratia auxiliatrix
te deserit. Ibid.

8 Serm. 61, pag. 537, et Serm. 69, pag. 580.
9 Serm. 101, pag. 731.
10 Serm. 59, pag. 527. – 11 Serm. 1, pag. 215.
12 Serm. 45, pag. 403.

13 Est confessio venialium, et est confessio morta-
lium; sunt peccata occulta, sunt et manifesta: majora
peccata seu delicta illis confiteri debemus, qui claves
acceperunt ; hi sunt prælati atque doctores Ecclesiæ.
Hildeb., Serm. 45, pag. 458.

5 Lib. I Epist. 16, pag. 51.

6 Officiosissima est hominibus gratia Dei et velut in eorum jurata obsequium. Ibid.

7 Serm. 25, 111, 112, pag. 216, 233, 782.

14 Pænitens, nisi necessitate mortis cogatur, solvendus est a ministro ecclesiæ. Idem, Serm. 29, p. 366.

15 Serm. 18, pag, 301.

prêtres.

gainle Rade

doctriae.

de les confesser. Les pénitents étaient exilés pensables aux ministres sacrés 13, et l'on ne fonctions des
de leurs propres maisons' pendant le temps doit ordonner aucun prêtre qui ne s'y en-
de leur pénitence. On les couvrait d'un ci- gage. Celui qui entre dans les dignités de
lice ?; on jetait sur eux de la cendre; il leur l'Eglise par la main des laïcs, dit Hildebert 14,
était défendu de se raser la barbe et de se n'y entre pas par la porte : ce n'est pas aux
faire couper les cheveux; on les chassait de laïcs qu'a été confiée la dispensation des
l'Eglise; pour l'ordinaire, ils étaient récon- choses spirituelles; c'est aux vicaires du Sei-
ciliés le jour du jeudi-saint, afin qu'ils pus- gneur, c'est-à-dire à ceux qui tiennent la
sent recevoir le corps de Jésus-Christ à Pa- place des apôtres. Etre avare 15, c'est être
ques avec les autres fidèles, et quelquefois indigne du nom de prêtre. Ceux-là sont si-
on leur accordait en ce jour 3 la grâce de la moniaques, qui vendent les sacrements, qui
réconciliation, quoiqu'ils n'eussent pas achevé tirent de l'argent pour les messes, le bap-
leur pénitence. Les jours de jeûne 4, on ne tême, les confessions, la prédication, la sé-
mangeait que le soir. Le dimanche des Ra- pullure.
meaux 5, on lavait la tête aux enfants, afin

§ III.
qu'elle fût nette le samedi-saint, lorsqu'on
leur ferait les onctions saintes.

Des Opuscules d'Hildebert. Sarie for. 10. La fête de tous les Saints était suivie 1. Entre les opuscules d'Hildebert, le Vis de ires points de de la commémoraison des fidèles trépassés; premier dans la nouvelle édition de ses cu- gonde, p.886.

on jeûnait ce jour-là et on faisait d'autres vres est la Vie de sainte Radegonde , reine de
bonnes æuvres 6 pour procurer aux âmes France. Dom Mabillon, à qui on l'avait en-
détenues dans le purgatoire, ou leur déli- voyée de Rome, s'était proposé de la mettre
vrance, ou l'adoucissement de leurs peines. au jour; mais, occupé de divers autres pro-
En considération des fatigues que soutfraient jets, il s'est contenté d'en publier le prologue
les fidèles qui venaient de tous côtés pour parmi ses Analectes, laissant à dom Beau-
assister à la dédicace des églises, les saints gendre de publier la Vie entière, qui n'avait ,
pères avaient ordonné qu'on leur accorde- pas été jusque-là mise sous presse. Le ma-
rait des indulgences en ces solennités 7. A la nuscrit d'où elle a été tirée représente Hil-
procession du dimanche des Rameaux, on debert aux pieds de cette sainte, à qui il offre
portait des fleurs et des palmes que l'on bé- un livre, pour signifier apparemment celui
nissait ensemble 8. A celle du jour de la Pu- de sa vie. L'éditeur rapporte à la fin une
rification, on portait des cierges', suivant le autre préface tirée d'un manuscrit de Poitiers,
décret des pères. Hildebert dit que de son et différente de celle que dom Mabillon avait
temps l'on avait coutume dans l'Eglise de dans son manuscrit; mais il est à remarquer
prier la sainte Vierge avec plus d'affection qu'il y a eu d'autres Vies de sainte Rade-
que les autres saints, et que, lorsque l'on pro- gonde et d'autres recueils de ses miracles, d'où
nonçait son nom 10, on fléchissait les genoux. cette préface peut avoir été tirée.
Lorsque le pape ordonnait un prêtre 11, celui- 2. Le second opuscule d'Hildebert est la
ci, tenant un cierge en ses deux mains, l'of- Vie de saint Hugues , abbé de Cluny, sous le- do
frait au pontife qui l'ordonnait. L'habit ordi- quel il avait vécu dans ce monastère et étu-
naire des clercs 12 était une tunique qui des- dié les divines Ecritures; il la composa à la
cendait jusqu'aux talons. Dans le sermon prière de Pons, successeur de saint Hugues.
quatre-vingt-dixième, où Hildebert fait cette En un endroit 16, Hildebert appelle Hoël, évê-
remarque, il cile un traité de la Virginité, et que du Mans, son prédécesseur, d'où il suit
il en fait aussi mention dans la lettre qua- qu'il était évêque du Mans lorsqu'il écrivit
rante-cinquième du livre II; cet opuscule n'a celle Vie. On la trouve dans Surius, au 29
pas encore été rendu public.

ayril, et dans la Bibliothèque de Cluny, par Sar le cée 11. Le célibat et la continence sont indis- dom Martin Marrier, avec les notes d'André

Vie de saint Hagues, abbé de Cluny, p. 903.

i Serin. 18, pag. 298. - 2 Serm. 34, pag. 393. 3 Ibid., Serm. 34, pag. 394.

Serm. 23, pag. 327. — 5 Serm. 33, pag. 387.
6 Memoria mortuorum agitur ut hi, qui in purga-
torio putiuntur, plenam consequantur ubsolutionem,
vel poenæ miligationem. Serm. 85, pag. 650.

7 Serm. 87, pag. 658. -- 8 Serm. 33, pag. 386.
9 Serm. 57, pag. 517. — 10 Serm. 58, pag. 528.
11 Serm. 90, pag. 677. – 19 Ibid.
13 Serm. 76, pag. 615. – 17 Serm. 92, pag. 682.
15 Serm. 96, pag. 698. — 16 Num. 17.

te et du com

et de l'âme.

quatre Vertus

néle, p. 993.

Duchesne. Il est parlé de cette Vie dans la Blois, comte palatin, pour l'exhorter à user
Chronique de Cluny, composée par dom Fran- de clémence envers ses sujets, dont le gou-
çois de Rive, qui appelle Hildebert disciple vernement lui était dévolu pendant l'absence

et moine de saint Hugues, c'est-à-dire de de son mari. Dans ce traité, Hildebert fait
. Cluny, dont ce saint était abbé.

usage surtout du livre de Sénèque sur la De la Plaia. 3. Le livre intitulé De la plainte et du com- Clémence, mais il emprunte aussi plusieurs bat de la chair bat de la chair et de lâme', qui fait le troisième maximes des poètes profanes : ce qui donne

opuscule d'Hildebert, fut imprimé pour la lieu de croire qu'il le composa étant jeune, et
première fois en 1684, dans le supplément dans le temps qu'il s'appliquait à l'étude des
du père Homey, sur un manuscrit de la bi. belles-lettres.
bliothèque du roi. Dom Beaugendre l'a revu 5. Un très-ancien manuscrit de la biblio. Livre des
sur plusieurs autres manuscrits dont il a thèque de Colbert met parmi les ouvrages de la vie hou
donné les variantes. Ce traité a lant de con- d'Hildebert un livre qui a pour titre : Des
formité de style, de génie, d'expressions avec quatre Vertus de la vie honnête : la Prudence,
les lettres, les sermons et les autres écrits la Force, la Tempérance, la Justice. Ce n'est
d'Hildebert, qu'on ne peut l'y méconnaître. qu'un précis des maximes et des préceptes
Quelques-uns l'ont mis entre les ouvrages du traité de l'Honnête et de l'Utile, qu'Hildebert
douteux de Hugues Dufoliet, qu'ils font moine avait fait, ou pour son propre usage, ou pour
de Corbie vers l'an 1130; mais ce Hugues ne l'instruction des jeunes étudiants; car on leur
fut jamais moine de ce monastère; il était donnait à lire les lettres de ce prélat pour en
chanoine régulier, et suivait la règle, non de imiter l'éloquence et la politesse, et appa-
saint Benoit, mais de saint Augustin. D'ail- remment encore ses autres écrits (je parle
leurs, le recueil manuscrit de ses ouvrages, de ceux qui pouvaient être à la portée des
qui est de six cents ans au moins, n'en pré- écoliers et propres à leur former un style).
sente aucun dont le titre ait rapport à celui de Pierre de Blois 3 nous assure qu'étant jeune
plainte et de combat de la chair et de l'âme. et dans les études, on l'obligeait d'apprendre
Il y a apparence qu'Hildebert composa ce par cæur les lettres d'Hildebert, et Ordéric
traité après la dévaslation de l'église du Mans, Vital 4 dit que l'on envoyait aussi ses vers
de la maison et des biens de l'évêché par les dans les écoles de France et d'Italie , et qu'on
consuls, fauteurs des desseins et des entre y en admirait la beauté. Nous faisons ici cette
prises de Guillaume-le-Roux, roi d'Angle remarque, parce que le livre Des quatre
terre, et dans la prison où ce prince l'avait Vertus de la vie honnête est en vers élé-
fait mettre. C'est pourquoi, à l'imitation des giaques.
livres de la Consolation philosophique de Boëce, 6. Le principal des opuscules d'Hildebert Traité théo

il l'écrivit partie en prose, partie en vers. Il est un traité de théologie qui a servi de mo- 1000 l'ag. 952. dit en un endroit que les ouvrages de saint dèle aux théologiens scholastiques qui sont

Augustin lui étaient familiers; c'est ce que venus après lui; ils en ont suivi non-seule-
l'on remarque surtout dans son traité théo- ment la méthode, ils y ont encore puisé di-
logique où il les cile fréquemment.

vers arguments, quoiqu'ils les aient souvent 4. Il y a plus que des raisons de style pour rendus er différents termes. Hildebert prouve de l'Utile, . attribuer à Hildebert le traité intitulé De l'Hon- ordinairement ce qu'il avance par les témoi

logique, pag Analyse de

nête et de l'Utile. Dom Beaugendre l'a trouvé gnages de l'Ecriture et des pères, surtout de dans deux manuscrits ? d'environ six cents saint Augustin; mais il y emploie aussi des ans, à la suite des Epîtres de cet évêque, et arguments tirés des lumières de la raison. écrit de la même main; on conjecture que Dom Beaugendre attribue ce traité à Hildec'est le même dont Hildebert fait mention bert, parce que, dans un ancien manuscrit du dans la lettre douzième du livre Jer, adressée monastère de la Lyre, il se trouve au milieu à Henri Jer, roi d'Angleterre, pour le conso- des ouvrages de cet évêque, quoiqu'il paraisse ler de la perte de ses deux fils, submergés quelque variété dans l'inscription, et parce dans la mer; et dans la troisième du même qu'en conférant la doctrine établie dans cet livre, écrite à Adèle, femme d'Etienne de ouvrage avec celle des sermons de cet au

Traité de

959.

. C'est le même livre que l'on désigne quelquefois sous le nom d'Incendie. (L'édileur.) - Un autre manuscrit plus considérable et plus exact qui est con

servé au séminaire de Padoue a servi à la nouvelle édition de M. Bourassé. (L'édil.) 3 Petrus Blesejis., Epist. 102. — Orderic. Vital., lib. X Hist., pag. 770.

XIX.

teur, on voit qu'elle est la même, et souvent qu'il puisse tout, il ne fait que ce qui convient
en mêmes termes ?.

à sa vérité et à sa justice; sur l’Incarnation, xii. te do 7. Ce traité est divisé en quarante-un cha- qu'il était convenable que la seconde personne Cap. 1. pitres précédés d'un petit prologue. Hilde, de la Trinité s'incarnât, afin que le Fils de

bert traite d'abord de la foi, dont il donne Dieu fût aussi le fils de l'homme, et que
deux définitions: la première, de l'apôtre; la comme c'est par sa sagesse que Dieu a créé
seconde, en cette manière : La foi est une le monde, il le rachetât par la même sagesse;
certitude volontaire des choses qui ne tom- que le Verbe, en se faisant chair, n'a pris que
bent pas sous nos yeux, qui est au-dessus de la nature de l'homme, et non la personne;
l'opinion, mais au- dessous de la science. que l'âme humaine, unie au Verbe, savait xill.
Elle est au-dessus de l'opinion, parce que tout par grâce, au lieu que le Verbe sait tout
croire est plus qu'opiner; elle est au-dessous par nature; qu'il y a en Jésus-Christ deux na- xiv, xv, xvi.
de la science, parce que nous ne croyons tures et deux volontés, la divine et l'humaine;
qu'afin que nous sachions un jour. Dieu que depuis quele Fils de Dieu s'est fait homme,
s'est tellement fait connaître dès le com- il est toujours demeuré homme-Dieu et Dieu-
mencement, que comme on n'a pu l'ignorer homme, en sorte qu'il n'a pu pécher.
entièrement, on n'a pu aussi le comprendre. 9. Sur les anges, Hildebert enseigne 1911, xvus,
C'est par la Loi écrite que la connaissance de qu'ils ont été créés en même temps que
la foi a pris des accroissements; dès lors le l'homme, et mis dans le ciel empyrée; que
Messie fut promis, mais on ne connaissait Dieu, dans la création, les a faits spirituels,
pas la manière dont il viendrait. L'Incarnation immortels, intelligents; qu'il ne les a pas
n'était connue avant la Loi et après la Loi, créés heureux, mais pour le devenir avec le
que de peu de personnes à qui Dieu l'avait secours de la grâce qu'ils avaient reçue dans
révélée, et qui étaient comme les colonnes leur création; qu'il n'y a point eu d'intervalle
de l'Eglise. C'était néanmoins la foi au Mé- entre leur création et leur chute; que Lucifer u, xs1.
diateur qui sauvait les justes, les petits avec était le plus excellent de tous; que les démons
les grands, c'est-à-dire ceux qui étaient sa- ne sont ni dans le ciel, qui est le séjour des
vants avec ceux qui vivaient dans la simpli- bons anges, ni sur la terre, de peur qu'ils ne
cité; en sorte que la foi des uns suppléait en fassent trop de peine aux hommes; qu'ils
quelque manière pour les simples, qui, ne font leur demeure dans un air ténébreux qui
connaissaient pas ce mystère, comme aujour leur sert de prison jusqu'au jour du jugement,
d'hui beaucoup de fidèles simples qui ne où ils seront précipités dans les enfers. Il
connaissant pas distinctement le mystère de parle des divers ordres d'anges et de leur
la Trinité, y croient cependant, parce qu'ils mission vers les hommes, et dit, d'après saint
sont liés de communion et de foi avec ceux Grégoire, que chacun a deux anges : un bon,
dont la foi est plus éclairée.

pour le garder; et un mauvais, pour le tenter.
8. Hildebert traite ensuite de l'unité et de 10. Venant à l'ouvrage des six jours, il XXIII, 2014.
l'existence de Dieu, de la Trinité, de la dis- l'explique en peu de mots. Puis il parle de Ni.
tinction et des propriétés des personnes, de la création de l'homme, de la formation de
leur égalité. Sur quoi il allègue le Symbole la femme, de l'état de l'homme avant le pé-
attribué à saint Athanase. Il passe de là à la ché, de son péché qu'il fait consister dans un
prescience et à la prédestination, et dit qu'il mouvement d'orgueil. « Adam pouvait, dit-il, xxx.
y a entre l'une et l'autre cette différence, que réprimer ce mouvement, et résister au tenta-
la prescience regarde également les élus et teur par le secours de la grâce qu'il avait
les réprouvés, et que la prédestination n'a reçue dans la création; par ce péché, les

pour objet que ceux qui doivent être sauvés. forces de son libre arbitre sont diminuées, de
x. Il dit de la volonté de Dieu, qu'elle est la façon qu'après même la rédemption du genre

cause de toutes choses, et immuable; que humain il a besoin, pour faire le bien, d'une
Dieu nous la fait connaître en quatre ma- grâce intérieure opérante qui le délivre , en
nières : par ses commandements, par ses même temps qu'excitanie et coopérante; au

défenses, par ses cuvres, par ses permissions; lieu qu'avant le péché il ne lui fallait qu'une Cap. ss. il dit de la toute-puissance de Dieu, qu'encore grâce coopérante, parce qu'alors il n'avait pas

It'l.

11. IV, , VI, VII, 4111.

XIV. XXVI
XXII.

XIVIII.

1 M. Bourassé attribue aussi cet ouvrage à Hildebert sur la foi de la plupart des manuscrits. Les au

teurs de l'Histoire littéraire, tom. XI, pag. 362-365, l'attribuent à Hugues de Saint-Victor. (L'éditeur.)

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