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Analyse de ce traité, pag 110).

XXXII, XXXIII.

besoin de libérateur, mais seulement de coo- l'on donne au public pour la première fois, le Sacrement
pérateur. « Il faut savoir, ajoute ce prélat, que s'est trouvé joint à celui de l'Honnête et de
le libre arbitre ne s'appelle pas ainsi parce lUtile, dans le manuscrit de Colbert. La doc-
qu'il est porté également à l'un et à l'autre, trine de l'Eglise sur la présence réelle y est
c'est-à-dire au bien et au mal ?; car chacun si clairement établie, que l'on ne peut dou-
peut bien tomber de soi-même, mais ne peut ter de la catholicité d'Hildebert sur ce point,
se relever s'il n'est aidé de la grâce de Dieu; ni de son éloignement des erreurs de Béren-
le libre arbitre est suffisant de lui-même pour ger son maître.

le mal, mais il ne suffit pas pour le bien.» 14. Cet évêque convient que de tous les Cap, XIXMI: 11. Hildebert traite après cela des péchés, mystères que la foi nous enseigne, et de tous seraitė, pag.

de l'originel et de l'actuel : le premier est les effets de la puissance de Dieu, il n'y en a
ainsi appelé, parce que nous le contractons point où la raison humaine pénètre moins
dès notre origine, c'est-à-dire de nos parents, que dans ce qui se passe à l'égard de l'eucha-
qui nous le transmettent parla concupiscence. ristie; mais il en établit la réalité. « Le corps

C'est par cette voie que le péché d'Adam est de Jésus-Cbrist, dit-il, est en même temps
XXXIV 9t zeg. passé à tous ses descendants. Le péché ac- dans le ciel et sur nos autels, en quelque

tuel est celui que l'on commet par soi-même. nombre et en quelque lieu qu'ils soient; il est
On distingue sept péchés capitaux qui sont sur chaque autel, non par parties, mais tout
la source de tous les autres, et on leur op- entier; non en figure, mais réellement; non
pose sept vertus que produisent en nous les dans une forme sensible, mais insensible;
sept dons du Saint-Esprit.

encore que l'hostie soit divisée en plusieurs Xb. 12. « Pour remédier aux maux que cau- parties, le corps de Jésus-Christ est enlier

sent le péché originel et les péchés actuels, sous chacune de ces parties, en sorte que
Jésus-Christ a établi les sacrements. Ce sont tous les communiants le reçoivent entier et
des signes visibles des grâces invisibles qu'ils sans division; malgré le changement de la
produisent. Ainsi, dans le baptême, l'a- substance du pain et du vin au corps et au
blution extérieure qui se fait par l'eau est le sang de Jésus-Christ, les accidents du paio
signe de l'ablution intérieure du péché, soit et du vin 3 demeurent sans être changés, et
originel, soit actuel. » L’ablution extérieure sans substance ou sans sujet : lout cela est
se faisait encore sur tout le corps, du temps inconnu à la raison; mais ce qu'elle ignore,
d'Hildebert, ce qui montre que le baptême se la foi le connaît. Elle connaît par la grâce ce
donnait parimmersion. Cet auteur n'entre pas que la raison ne peut savoir par l'expérience.)
dans le détail des sacrements, et il finit son 15. C'est encore sur l'autorité d'un manus- Exposition
traité par quelques réflexions sur l'Ancien et crit de la bibliothèque de Colbert que l'on
le Nouveau Testament. Mais il n'en est venu attribue à Hildebert une Exposition ou Com.
qu'une partie jusqu'à nous. Les autres man- mentaire moral sur la messe; on y remarque
quaient dans le manuscrit sur lequel ce traité aussi son génie pour les allégories, et une
a été publié. Il est écrit avec beaucoup de grande conformité de sentiments avec ses
méthode, de netteté et de précision. Hilde- poèmes sur lEucharistie, dont le principal
bert commence ordinairement par rapporter est imprimé sous son nom dans toutes les
les différents sentiments des auteurs sur une éditions. Le commencement de ce commen-
question; puis il donne le sien, et l'appuie de taire avait déjà été publié par Melchior Hil-
raisons et d'autorités. Ensuite il propose les torpius, à Cologne en 1568. Hildebert donne
objections, et les résout.

en premier lieu une explication morale de
13. Le traité du Sacrement de l'autel, que tous les habits sacerdotaux. Ensuite il ex-

de la Masse, pag 1107.

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Traité Eur

1 Præterea sciendum est quod non ideo dicitur li. berum arbitrium quod æqualiter se habeat ad utrum que, scilicet ad bonum et ad malum, cum per se quisque possit cudere, sed per se non potest surgere, nisi juvetur a gratia Dei. Hildeb., Tractat. Theolog., cap. XXX.

2 Sacramento per partes diviso, non tamen corpus in partes scinditur, ut et ipsum divisim et per partes sumatur, sed sub partibus divisis et in partibus sin. gulis a singulis percipientibus ipsum percipitur totum atque indivisum. Hild., de Eucharistiu, pag. 1105.

3 Numquid ei (rationi humanæ capabile est, qualiter substantia panis et vini in substantiam corporis et sanguinis Domini conversa, non tamen conversa sunt pariier, sed manent immutata, sine panis et sine vini substantia, tam panis quam vini accidentia ? Quomodo accidentia sine subjecto, vel hæc accidentia in quo nata sint sine subjecto ? Via in istis est ignota rationi, sed non penitus ignota fidei. Ratio hic totum ignorat, sed fides præsumit quod ralio non capit. Ibid.

ce poème,

plique, dans le même goût, toutes les parties de temps après Hildebert. Quoi qu'il en soit
de la messe, dont il donne aussi quelquefois de l'époque et du titre du poème, il est visi-
une explication littérale. On faisait alors, dans ble que l'auteur ne le composa, de même que
le canon, mémoire du saint ou des saints au les deux traités sur l'eucharistie , dont nous
jour de leur fête. Nous ne le faisons plus. Il avons déjà parlé, que pour faire voir au pu-
s'explique sur la présence réelle avec autant blic combien il était éloigné des erreurs de
d'énergie que dans le traité précédent, en Bérenger et attaché à la doctrine de l'Eglise,
ajoutant que le corps de Jésus-Christ consa- que cet hérésiarque avait combattue.
cré par le prêtre, est le même corps qui est 2. Son poème est précédé d'une élégie de Analyse de
né de la Vierge. A l'occasion de la bénédic- la façon de Pierre Paillard, dans laquelle il pag. 1136.
tion qui se donne à la fin de la messe, il re- annonce ce poème sous le nom d'Hildebert,
marque qu'il était d'usage, dans un entre- et d'une autre pièce en vers hexamètres au
tien avec un serviteur de Dieu , de prendre nombre de quatorze, intitulée Apologie. Ce
sa bénédiction lorsqu'on se séparait de lui : prélat dit, dans sa préface, qu'il se propose
coutume observée parmi les moines à l'égard de montrer ce que signifiait la messe des
de leur supérieur, lorsqu'ils sortent du mo- anciens, c'est-à-dire les sacrifices de l'an-
nastère ou qu'ils y retournent. Quoique les cienne Loi. Il commence par l'introït de la
apôtres ne fussent pas à jeun lorsqu'ils re- messe et donne de suite l'explication de
çurent l'eucharistie, l'usage général de l'E- toutes les autres parties. Sur la leçon de
glise est de la recevoir avant tout autre ali- l'Evangile, il remarque qu'elle se faisait au
ment, de s'en approcher ou de s'en éloigner côté gauche de l'autel, et qu'alors les assis-
suivant l'avis de son pasteur.

tants mettaient bas les bâtons sur lesquels

ils s'appuyaient pendant le reste de l'office, § IV.

qu'ils entendaientordinairement debout. C'est Des Poèmes d'Hildebert.

pour cela qu'on leur permettait l'usage d'un

bâton, pour se soutenir dans les grandes soTraité de la 1. Le poème d'Hildebert sur le sacrifice de lennités. Il parle clairement de la transsubsl'aurice et de la messe est intitulé diversement dans les tantiation du pain et du vin au corps et au gifer, og de différentes éditions qu'on en a faites. Dans sang de Jésus-Christ; il s'exprime de la même

celle de Paris, en 1548, il a pour titre : De la manière dans le second poème, qui est aussi
Concorde de l'ancien et du nouveau Sacrifice; sur le sacrement de l'aulel, et s'y fait recon-
dans celle d'Anvers en 1560 : Vers sur le naître par le terme sacrifex pour signifier
mystère de la Messe. Le titre, dans l'édition de le ministre, terme qu'il emploie aussi dans
Lyon en 1677, est le même, mais il y est dit ses autres opuscules sur cette matière, et qui
qu'Hildebert était archevêque de Tours lors- lui est particulier 2.
qu'il composa ce poème; ce qui n'est pas 3. L'opuscule suivant est encore sur l'eucha-
vraisemblable, puisqu'il ne passa du Mans à ristie 3. Il n'est pas surprenant qu'Hildebertait l'Euchariste,
Tours qu'en 1125, dans la soixante-dixième traité souvent cette matière dans un temps où
année de son âge, et que depuis il fut occupé les bérengariens répandaient partout leurs
de très grandes affaires. Il est plus probable erreurs sur ce dogme. Il y enseigne, en plus
qu'il l'écrivit ou étant à Cluny avec l'abbé d'un endroit , que le pain et le vin * sont
Hugues, ou au Mans dans le temps qu'il en changés au corps et au sang de Jésus-Christ;
gouvernait l'école. Ce dernier sentiment est que ce corps est le même qui est né de la
appuyé de l'autorité d'un manuscrit de Mar. Vierge et qui a été attaché à la croix. Ces
moutiers, et du témoignage de Pierre Paillard, endroits sont cités sous le nom de cet évêque
moine du même monastère, qui vivait peu dans les manuscrits : ce qui ne laisse pas lieu

Concorde de

DOD Tan Sr

La Meste.

Livro 800

pag. 1151.

1 Nam sicut caro Christi quam assumpsit in utero
virginali, verum corpus ejus est, et pro nostra salute
occisum; ita panis quem Christus tradidit discipulis
suis et quem quotidie consecrant sacerdotes in Eccle-
sia, cum virtute divinitatis quce illum replet, verum
corpus cst Christi, nec sunt duo corpora illa caro
quam assumpsit et iste panis, sed unum et verum
corpus sunt Christi, in tantum ut dum hic frangitur
et comeditur, Christus immoletur et comedatur, et ta-
men integer et vivus permaneat. Hild., Expos. Missæ,

pag. 1120. - ! La nouvelle édition de ce poème
donnée par M. Bourassé, contient six vers inédits.
(L'éditeur.)

3 Les auteurs de l'Histoire littéraire attribuent cet
opuscule comme tous les autres poèmes sur l'Eu.
charistie, à Pierre-le-Peintre, chanoine de Saint-Omer.
Il porte en effet le nom de cet auteur dans un ma.
nuscrit de Saint-Germain. L'éditeur.)

Pag. 1153, 1155, 1157, 1158.

mes d'Hildo

1310.

de douter que le livre où ils se trouvent en sorte qu'en l'attribuant à Hildebert, on est
châssés ne soit de lui. Ajoutons que le terme obligé de dire qu'il l'écrivit étant encore
sacrifex y est aussi employé plus d'une fois. jeune , appliqué à l'étude des belles-lettres,
Il se propose, dans cet ouvrage, de montrer et que son but, dans la composition de cette
pourquoi l'on offre du pain et du vin dans le bistoire, était plutôt d'inspirer, par une pièce
sacrement du corps et du sang de notre Sei- académique, de la haine contre Mahomet et
gneur, pourquoi l'on y mêle de l'eau; ensuite ses sectateurs, que de les faire connaitre tels
il prouve que la chair de Jésus-Christ con- qu'ils étaient véritablement.
sacrée sur l'autel, est la même que nous 5. C'est du même manuscrit que l'on a tiré Autres ree
croyons être née de la Vierge et avoir été le livre d'Hildebert intitulé Mathématique 4. berb, p. 1295.
attachée à la croix; que nul autre que Jésus- C'est une pièce académique faite dans le
Christ ne pouvait satisfaire pour le péché même temps que la précédente, mais en dé-
d'Adam; que le prêtre, à l'autel, n'est que rision de l'astrologie judiciaire. Il n'y attaque
le ministre de Dieu qui est le sacrificateur; personne en particulier. Ce poème ne parait
qu'il n'est permis à aucun fidèle d'ignorer ce pas achevé.
que c'est que le sacrement de l'eucharistie, 6. Il fit lui-même un recueil de ses poèmes Poèmes ss-
parce que cette ignorance le rendrait indigne sacrés et moraux, qu'il envoya à un évêque raux, pag.
de la recevoir; qu'elle leur est profitable ou qui les lui avait demandés. On croit que c'est
nuisible suivant la diversité des mérites Guillaume, évêque de Vinchester, qui en
de ceux qui la reçoivent. Ce traité est rem.. effet lui demanda quelques-uns de ses opus-
pli de sentiments de piété et d'onction. Il cules, et à qui il en promit, comme on le
suffit de le lire pour trouver vrai ce que dit voit par la trentième lettre du livre III. Ce
l'auteur des Actes des évêques du Mans, qu’Hil recueil se trouve, sous le nom d'Hildebert,
debert, en montant à l'autel pour y célébrer dans un manuscrit d'environ cinq cents ans,
le saint sacrifice, était si vivement pénétré de avec le titre de Floridus aspectus, qui est le
douleur à la vue de son indignité, qu'il fon- même que l'auteur lui donne dans le prolo-
dait en larmes.

gue. Il commence par un poème sur la nais„Poèmes sur 4. Hildebert exerça sa muse sur divers sance de Jésus-Christ. Suit l'épitaphe de Rosix jours et autres sujets', mais en mêlant toujours dans bert d'Arbrissel, et quantité d'autres pour

ses vers des réflexions édifiantes, et donnant des personnes de la première condition. Les
aux endroits de l'Ecriture qui en paraissent éloges qu'il donne à Robert font voir ou que
le moins susceptibles un sens spirituel et mo- la lettre dans laquelle il lui reproche sa fa-
ral. C'est ce que l'on remarquera dans son miliarité avec les femmes n'est pas de lui, ou
poème sur l'Ouvrage des six jours ?, sur les que, si elle l'est, il pensa depuis plus saine-
Livres des rois et sur divers passages de l'An- ment de ce saint fondateur, ayant connu par
cien Testament. Il mit aussi en vers le cha- lui-même la fausseté des bruits répandus sur
pitre jer de l'Ecclésiaste, les plus beaux en- son compte. Il y parait de l'excès dans les
droits des Evangiles, des remarques sur quels louanges qu'il donne à Bérenger son maître.
ques points de discipline ou de morale, la dé- Mais on doit pardonner quelque chose à la
fense de Suzanne par Daniel , le martyre des reconnaissance d'un disciple, qui était d'ail-
Machabées, celui de saint Vincent, celui de leurs persuadé que son maître était mort pé-
sainte Agnès, l'invention de la sainte Croix, nitent et dans la foi catholique, après l'avoir
la Vie de sainte Marie d'Egypte (celle-ci est combattue de son vivant.
en vers léonins). Tous ces poèmes portent le 7. Suivent diverses oraisons et proses ri- Suite, page
nom d'Hildebert dans les meilleurs manus- mées; un poème contre l'avarice, une élégie
crits. Son nom se lit aussi dans un très-bon sur son exil, des vers sur les douze patriar-
manuscrit de l'abbaye de Saint-Amand, à la chies, sur les sept heures canoniales, sur les
tête de l'Histoire de Mahomet 3. Mais elle est trois ordres de l'Eglise, d'autres à la louange
défigurée par plusieurs anachronismes et au- des rois et des reines d'Angleterre, et sur dif-
tres fautes contre la vérité de l'histoire; en férentes matières.

I'Ouvrage des

agtres sujets, pag. 1169 et seq.

1337.

1 Il y en a un intitulé Physiologue, où il est ques. tion de quelques animaux. (L'éditeur.)

2 D'après les auteurs de l'Histoire littéraire, t. XI, p. 372, cet opuscule serait l'euvre de l'évêque Théo bald. (L'éditeur.)

8 On le trouve aussi dans un manuscrit de Tours, num. 117. (L'editeur.)

Ce livre se trouve dans le manuscrit de Tours cité dans la note précédente. (L'éditeur.)

Hildebert

poist dans la

toa, ou qai stat perdos.

§ V.

font juger que ces vers sont l'oeuvre d'HildeAutres Opuscules d'Hildebert.

bert 8. Philippe de Bergame 9 attribue à cet

auteur une exposition sur tout le Psautier, et Opuscules 1. Baluze publia en 1715 ', dans le sep- il cite à ce sujet Vincent de Beauvais qui n'en que de sont tième tome de ses Mélanges, trois charles parle point. On ignore si Philippe avait vu ce hoovelle édi: d’Hildebert. La première est de l'an 1114; traité. Les fables d'Hildebert à l'imitation de

la seconde , du 21 septembre; la troisième, celles d'Esope ont été publiées par M, Robert
sans date. Ce sont toutes des donations faites en 1825, Paris, 2 vol. in-8°, parmi les fables
à l'abbaye de Marmoutiers 2, Nous devons inédites des xilo, xile et xive siècles. Un au-
l'édition de son poème élégiaque sur la Créa- teur du moyen âge, sous le pseudonyme de
tion du monde et l'Ouvrage des six jours à Po- Romulus, avait mis en prose assez libre les
lycarpe Leyserus, qui l'a fait entrer dans son vraies fables d'Esope: Hildebert composa sur
Histoire des poètes du moyen âges, sur un ma- cette prose des vers qui eurent une grande
nuscrit de la bibliothèque de Leipsik. Le poème vogue dans les xifre et xive siècles. Le poème
sur la Création fut aussi imprimé dans le Jour sur la ruine de Troie a été donné au public
nal théologique, en 1723. On a déjà remarqué par Leyser dans l'ouvrage intitulé : Historia
que nous n'avions plus l'histoire qu'Hildebert poetarum et poematum medii ævi, Hales 1721,
avait faite des miracles 4 de l'église d'Exester, pag. 398 et suiv., d'après un manuscrit de
dont il fait mention lui-même dans sa lettre Leipsick; il y vient immédiatement à la suite
à Clarembauld 5; ni les statuts qu'il avait de l'ouvrage sur les Six jours. Les auteurs de
composés pour le diocèse du Mans; ni le l'Histoire littéraire, tome XI, regrettent beau-
livre de la Virginité, qu'il témoigne 6 avoir coup un ouvrage d'Hildebert sous le titre de
écrit avant l'âge de trente ans.

Lamentation de l'âme pécheresse. M. Bourassé
2. (La nouvelle édition des auvres d'Hil- l'a retrouvé dans un manuscrit de la biblio-
é debert contient plusieurs opuscules inédits : thèque de Tours, et l'a publié dans la nou-

on y trouve un recueil d'inscriptions chré. velle édition des peuvres d'Hildebert. Parmi
tiennes pour les églises, au nombre de cin- les cuvres de Philippe, abbé de Bonne-Es-
quante-cinq, un poème sur la conception de pérance, se trouvaient neuf pièces de poésies
la bienheureuse Vierge, qu'on pourrait mieux qu'il a restituées à Hildebert. Nous avons
intituler : Sur l'Annonce de la conception et de parlé plus haut des autres ouvrages qui en-
la naissance de Jésus-Christ; un poème sur la trent dans la nouvelle édition.]
bienheureuse Vierge, déjà imprimé dans les

§ VI.
additions du tome XI de l'Histoire littéraire;
un opuscule en vers intitulé Hieronymus in . Jugement des écrits d'Hildebert. Editions
Annalibus Hebræorum de 15 signis quindecim

qu'on en a faites.
dierum ante diem judicii. L'éditeur doute si 1. Il est surprenant qu'un homme occupé
ce dernier est d'Hildebert; mais comme ils de tant d'affaires, agité de tani de persécu-
sont à la suite d'un ouvrage d'Hildebert , il tions, ait trouvé assez de loisir pour compo-
pense qu'ils sont pareillement de la compo ser un si grand nombre de vers et de toute
sition de ce prélat.

espèce. On les fait monter à plus de dix
3. Dans un manuscrit du monastère de mille, soit en poèmes, soit en épigrammes,
Cambrone 7 se trouvent quatorze homélies soit en épitaphes. Mais il faut se souvenir
d'Hildebert avec quatre lettres dont on n'in- qu'il cultiva de bonne heure les belles-lettres,
dique pas les titres, en sorte que M. Bourassé qu'il s'y appliqua sérieusement, et qu'il y
ignore si elles font partie de la collection don réussit de façon que, suivant le rapport des

Adop. Hild. née au public. Un manuscrit du monastère Actes des évêques du Mans, il surpassa dans prælat. de Saint-Loz ou Loos, près de Lille, contient la science des beaux-arts presque tous ses un poème désigné sous le titre de Vers héroï. condisciples, et qu'il s'acquit dans la suite ques. Le style et la ressemblance des sujets par ses écrits, tant en prose qu'en vers, une

Opuscules pobliés ré cenaznl.

Jugement de ses poèmes,

Oartages direts d'Eldebert.

1 Pag. 202, 203, 209.

2 Deux de ces chartes se trouvent sous les num.
12 et 13, parmi les diplômes rapportés par M. Bou-
rassé. (L'éditeur.)

3 Pag. 391, 398.
• Beaugendre, Præfat. général., pag. 14.

5 Lib. III, Epist. 3.

Lib. II, Epist. 45, et Serm. 3, pag. 677.
7 Voyez Sanderus, Biblioth. Belg. mss., part. 1,
pag. 357.

8 Ibid., part 2, pag. 119.
9 In suppl. ad Chronic., an. 1106, pag. 289.

Elit ons par

avaient dans le nom des du marty

réputation qui s'étendil jusque dans les pro- 3. La Vie de sainte Marie d'Egypte par Hil- Evitons par-
vinces les plus éloignées. Orderic Vital té- deberi a été imprimée dans Bollandus au ses carries
moigne' la même chose, et il va jusqu'à tome ser d'avril; et celle de saint Hugues, abbé
l'appeler un versificateur incomparable, à de Cluny, au tome III du même mois, et dans
mettre ses vers en parallèle avec ceux des la Bibliothèque de Cluny, par André Duchesne,
anciens, et à dire qu'il les égalait ou même et dans Surius. En 1637, Rivinus rendit pu-
les surpassait. Des critiques de ce siècle (XVIIe] blics à Leipsick les Actes du martyre de sainte
n'en ont pas jugé si favorablement. Ils trou- Agnès , sous le nom du même évêque. Ils
vent ces pièces poétiques grossières, et se avaient déjà été publiés par Barthius au cba-
plaignent qu'il n'y ait pas même observé les pitre xjii de son trente-unième livre. Son
règles de la quantité. Mais si Hildebert a pé- hymne et ses rhythmes sur la Trinité, avec
ché en cela, ce n'a pas été par ignorance, son oraison au Seigneur, se trouvent dans le
puisqu'il y a de ses poèmes, où il s'est assu- traité du Symbole par Usserius, et ont été
jetti, avec autant d'exactitude que nos poètes imprimées séparément à Helmstad, et dans
modernes, aux règles de l'art poétique. S'il le Supplément des Pères, du père Homey, à
a été moins scrupuleux en d'autres, c'est Paris en 1684. Le poème sur le Mystère de la
qu'il était plus permis à un évêque ? qui Messe, a été souvent publié sans nom d'au-
traite des inatières d'édification, et dont le teur. Il est sous celui d'Hildebert dans l'édi-
fond est tiré des divines Ecritures, de ne pas tion de Paris en 1548, par Gui de Mont-Ro-
s'asireindre si rigoureusement aux lois de la cher, dans la collection de Melchior Hittor-
grammaire, qu'à des laïques qui s'occupent pius à Cologne en 1568, in-folio, et dans les
de matières profanes. Nous ajouterons que, Bibliothèques des Pères, de Paris, de Cologne
écrivant dans un siècle qui n'était pas dé- et de Lyon. Le poème de la Création du pag. 391, 398.
pouillé de toute barbarie, il y aurait un man- monde et de l'ouvrage des six jours, avec celui
que d'équité d'exiger qu'alors il eût écrit du Siège de Troie, fail partie de l'Histoire des
comme dans le nôtre, où l'on a , à tous égards, Poètes latins du moyen âge par Polycarpe
plus de facilité de former de bons vers. Pour Leyserus.
juger sainement de ceux d’Hildebert, il faut 4. En 1708, dom Antoine Beaugendre pu- Erition gé.
lire ses poèmes sur l'ouvrage des six jours, blia une édition de tous les ouvrages d'Hil-
sur l'ornement de l'univers, sur Suzanne, sur debert, chez Laurent Le Conte, en un volume
les rois et les reines d'Angleterre , sur son exil, in-folio. Elle est dédiée au cardinal d'Estrées.
sur la vraie amitié, sur les mathématiques, et Dans une préface générale, dom Beaugendre
quelques autres sujets qu'il a remplis très rend comple de son édition, et nomme avec
exactement.

éloge les savants de qui il a tiré quelques 2. A l'égard de ses lettres, elles sont bien secours. Ensuite il donne la Vie d'Hildebert, de ses lettres écrites, d'un style correct, élégant, poli, net, les Gestes des évêques du Mans, où il est parlé

agréable. Saint Bernard en adnirait l'érudi- de lui; des notes sur ces Gestes ; les témoi-
tion et la douceur. Il y a moins d'élégance gnages que saint Bernard, saint Anselme,
dans ses sermons, et peu de feu. Mais ils sont Yves de Chartres, el quelques autres, ont
solides, très-instructifs, pleins de sentiments rendus à son savoir et à sa vertu. Suivent
de piété, et propres à l'inspirer. On y apprend les œuvres d'Hildebert dans l'ordre où nous
la plus saine théologie, et le sens de plu- les avons analysées ; l'éditeur a mis au bas
sieurs anciens rits de l'Eglise. De tous ses des pages des notes ou théologiques, ou his-
opuscules, le plus intéressant est son Traité toriques, ou grammaticales, selon qu'il en
théologique. Celui de lEucharistie est moins est besoin pour l'éclaircissement des endroits
clair pour le style ; ce qui vient apparemment difficiles. Il a mis aussi, à la tête des trois li-
de la difficulté de bien traiter un si profond vres de lettres, des sermons, des opuscules
mystère. [ll cite souvent l'Ecriture suivant el des poésies d’Hildebert, de savantes obser-
la version des Septanle, qui était encore vations, pour assurer à cet évêque les écrits
en usage de son temps, de même que la qui sont de lui, ou lui ôter ceux qui lui sont
Vulgate 3.]

faussement attribués. Dom Beaugendre avoue

nérale.

Jugement

et de ses autres écrits.

1 Hic sacer heros Hildebertus tam divinarum quam sæcularium eruditione litterarum studiosus tempori. bus nostris incomparabilis versificator floruit, et multa carmina priscis poemalibus æqualia vel eminentia

condidit. Orderic. Vital., lib. X Hist., pag. 770. -? Grammaticæ leges plerumque Ecclesin spernil.

: Cette phrase se trouvait ailleurs ; elle est ici à sa place nalurelle. (L'éditeur.)

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