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Grammairien.
P.g. 143

au nombre de

Volonté

de

151.

Eib- tion

relles 190.

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degré, l'autre au septième, le mariage pou- Cologne en 1612 est plus ample, mais on n'a
vait alors se contracter au sixième degré; ou point de preuves certaines que toutes les ho-
qu'on ne le pouvait qu'au septième, s'ils mélies qui y sont sous le nom de saint An.
étaient l'un et l'autre parents au sixième. selme soient de lui. La plupart ont beaucoup
Telle est la disposition du concile de Londres de rapport pour le génie et pour le style au
sous Lanfranc en 1075.

commentaire sur saint Matthieu, qui est de Traité du 10. Le dialogue qui a pour titre le Gram- Pierre Babion, anglais.

mairien est une introduction à la Dialectique, 2. La première homélie est sur le vingt. Elles sont
ou à l'art de raisonner juste. C'est pourquoi quatrième chapitre de l'Ecclésiastique. Les seizo.
saint Anselme y donne des notions claires quatre suivantes sont sur divers endroits de
de ce qu'on entend par les termes de subs- l'Evangile de saint Mattbieu; la sixième jus-
tance et de qualité sur lesquels roulent toutes qu'à la treizième, sur saint Luc; la quator-
nos idées. Il intitula ce traité Le Grammairien, zième et la quinzième, sur saint Jean; la
parce que ce terme présente tout à la fois dernière, sur ces paroles de l'Epître aux Hé-

l'idée d'une substance et d'une qualité. Il est breux : Il était raisonnable que Dieu , pour le-
Pag. 109. rappelé dans le prologue du livre de la Vérité. quel et par lequel sont toutes choses, etc. On l'a
Livre de la 11. On a vu plus haut' que saint An- réimprimée parmi les extraits des euvres *
Dieu. P.g. selme, dans un traité de la Volonté en géné- de saint Anselme.

ral, distinguait trois volontés en Dieu : une 3. On trouve sous son nom une homélie sur
qui opère, une qui approuve, une qui per la Dédicace, dans un manuscrit 5 du collége an mépris des
met. Il traita depuis la même matière avec de Saint-Benoit à Cambridge, et une sur la
un peu plus d'étendue, et au lieu des trois félicité éternelle, dans un recueil de divers
volontés en Dieu, il fit voir que l'on pouvait opuscules des pères, imprimé à Lyon en 1615,
y en distinguer quatre, que l'on connait par in-12, par les soins de Thomas Galletti. Mais
les effels. Dieu , par sa volonté efficace, fait un manuscrit 6 de l'abbaye du Bec l'attribue
ce qu'il veut. Par un autre acte de sa vo à Eadmer, qui en prit la matière dans les
lonté, il approuve ce qui lui plaît; telle est ouvrages de saint Anselme. L'exhortation au
sa volonté pour le salut de tous les hommes. mépris des choses temporelles et à l'amour
Quelquefois il accorde, comme à l'homme, des éternelles, n'a été rendue publique qu'en
de se marier, s'il ne veut pas un état plus 1630, par Théophile Raynaud, et c'est sur sa
parfait. Enfin il permet des choses mêmes parole 7 qu'on l'a mise depuis parmi les vé-
qui lui déplaisent. C'est ainsi qu'il tolère le ritables écrits de saint Anselme, car il n'a
pécheur dans son endurcissement.

apporté aucune preuve qu'elle soit de cet
archevêque. Comme on y trouve plusieurs

maximes tirées presque mot pour mot de la
Des Homélies de saint Anselme et de ses

règle de saint Benoît, il est au moins vrai

semblable que cette exhortation est l'ouvrage Méditations.

d'un bénédictin. 1. Les traités dont nous venons de parler 4. C'est aussi le père Théophile Raynaud composent la première partie des écrits de qui a le premier publié l'avertissement à un mens han saint Anselme. La seconde renferme ses ou moribond effrayé de la vue de ses péchés. Il Pag vrages parénétiques ou exhortatoires, moraux porte le nom de saint Anselme dans le maet ascétiques. Il n'est pas douteux qu'un évê- nuscrit du Vatican, sur lequel il a été rendu que aussi zélé que lui, et qui avait l'éloquence public, et dans quelques autres où il est iuen partage, n'ait souvent instruit publique- titulé : Comment 8 on doit interroger le mament ses peuples. Eadmer 2, son historien, lade à l'article de la mort, et comment il le remarque plus d'une fois, et on voit, par doit répondre. Ces formules sont ditférentes, la neuvième homélie 3, que n'étant qu'abbé suivant la qualité du mourant. Aux interdu Bec, il prêchait souvent ses religieux. rogations sont jointes des prières tirées des Cependant il ne nous reste que seize bomé- Psaumes, une oraison à la sainte Vierge lies sous son nom. Il ne s'en trouve qu'une pour implorer son secours au moment de la dans l'édition de Venise en 1549. Celle de mort, et quelques avis au moribond. Entre

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Honél.es de saint dogece.

Avertis$cmeut à un mer bond.

1 Tom. XIII.
2 Eadmer., pag. 10 et 22.
3 Anselm. Oper., pag. 640. —

5 Bibliot. Angl. manusc., part. III, num. 1532, 27.
6 Montfaucon, Bibliot. Bibl., pag. 1252.
7 Censura Exhortat. - 8 Censura Admonit,

Pag. 546.

que ce poème,

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autres demandes qu'on lui fait, nous remar- 6. Son poème est de plus de huit cents Co que c'est
querons celles-ci : « Avez-vous la volonté de vers. Il y fait une description détaillée des
vous corriger, si Dieu vous en donne le loi- devoirs d'un moine, en remarquant d'abord
sir? Croyez-vous que Jésus-Christ est mort que ce n'est ni la tonsure, ni l'habit qui fait
pour vous, et que vous ne pouvez être sauvé le moine, mais l'austérité de la vie, la cons-
que par sa mort? » Le malade répond affir- tance dans la verlu, l'humilité, le mépris du
mativement.

monde, la pureté de la vie, la sobriété, l'ac5. Le poème du Mépris du monde n'est complissement des voeux faits à Dieu. Maître tra qu'en partie dans l'édition des @uvres de de ses passions avec le secours de Dieu, il ****de saint Anselme faite à Cologne en 1573; mais doit laver ses fautes passées dans ses larmes;

il est tout entier dans celle que l'on fit en la s'appliquer continuellement à l'étude des Li-
même ville en 1612, sur un manuscrit de vres saints, ou à des études utiles et honnê-
l'abbaye de Saint-Victor de Paris; [il est re- tes; se persuader que, Dieu étant présent
produit au tome CLVIII de la Patrologie, col. partout, ses plus secrètes actions lui sont
687-708). On le trouve encore en d'autres connues; ne se relâcher en rien de la ri-
manuscrits, dans aucun sous le nom de gueur de la discipline. Il repasse tous les ob-
saint Anselme. Il y en a qui l'attribuent à jets du monde qui peuvent exciter nos pas-
Bernard de Cluny; celui de l'abbaye du Bec sions, et en fait voir le vide; montrant qu'il
le donne à Roger de Caen, moine du Bec y a bien plus de paix et de tranquillité dans
sous saint Anselme, qui en est effectivement la pauvreté volontaire que dans l'abondance,
l'auteur. Dom Mabillon 1 ne témoigne là- dans les honneurs, dans les plaisirs du siècle et
dessus aucun doute, et le nom de Roger qui dans tous les autres avantages que le monde
se trouve à la tête du manuscrit de la mai- estime. Il s'étend beaucoup sur les dangers
son même où ce poème a été composé, est que court un moine dans des liaisons avec
une preuve suffisante pour le lui attribuer des personnes d'un autre sexe. Ce poème fut
Il est visible d'ailleurs que l'attribution qui publié en 1612, par Jean Picard, chanoine
en est faite dans le manuscrit de l'abbaye de Saint-Victor de Paris, avec deux autres
d'Oudenbourg à Bernard, moine de Cluny, petites pièces de poésie, dont la première,
est fautive. Il est vrai que Bernard a écrit en qui est en grands vers rimés, est aussi inti-
vers sur le même sujet : mais son poème est tulée du Mépris du monde; l'autre, Que l'on
en vers héroïques, et divisé en trois livres : ne doit aimer que Dieu. Celle-ci est en vers
au lieu que celui de Roger est en vers élé- élégiaques, on n'en connaît point l'auleur:
giaques et sans aucune division. La poésie et c'est une pure conjecture de les attribuer
en est même beaucoup au-dessus de celle de à Roger, parce qu'elles se sont trouvées dans
Bernard, plus douce, plus coulante, plus le même manuscrit que le long poème dont
moelleuse. Le poème de Bernard a été im- on vient de parler. Barthius 4 fait l'éloge
primé plusieurs fois : à Bâle en 1557, in-8°, d'un autre poème sur le mépris du monde,
par les soins de Matthias Flaccius, entre qui, dans quelques manuscrits, porte le nom
les poèmes de l'Etat corrompu de l'Eglise, à de Roger. Mais il n'est guère à présumer
Brème en 1597, in-8°; à Rostocb en 1610, qu’un même poète se soit exercé jusqu'à
in-8°; à Rintel en 1626; à Lunébourg en trois fois sur une même matière, après l'a-
1640, in-12. Celui de Roger du Bec ne se voir surtout traitée avec autant d'étendue;
trouve que dans les éditions des auvres de à moins qu'on ne veuille faire passer les deux
saint Anselme depuis celle de Cologne en autres pour des coups d'essai.
1612. Il était né à Caen en Normandie. S'é- 7. Le recueil des Méditations de saint An-
tant consacré à Dieu dans l'abbaye du Bec selme en comprend vingt-une, mais on ne sait
sous l'abbé Herlouin, dont il était parent, il les croit pas toutes de lui. Il en est parlé
en fut depuis prieur, et on le compte ? pour dans sa Vie 5 par Eadmer, et le saint en parle
le troisième qui remplit cet emploi depuis la lui-même dans ses lettres 6. Elles se trouvent
fondation de ce monastère. Il vivait encore 3 dans un grand nombre de manuscrits. Il y
en 1090.

en a que l'on n'a pas encore mises au jour. Le

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n

Premjero Méditation do Saint Ansel me. Pag. 202. Pag. 214,90

Mabill., lib. CXV Annal., num. 41, pag. 134. ? Mabill., ibid. 3 Anselm., Oper. Not. in Epist. 26, pag. 559.

Barthius, lib. CXL Adversar., cap. vii, et lib. L,

cap. XII, et lib. LII, cap. ix, et lib. LIII, cap. xiv, ct
lib. LV, cap. v, édit. Francof., an. 1624.

5 Anselm. vit., pag. 4.
6 Lib. I, Epist. 20; lib. II, Epist. 51.

tion. Pag.

Mé litation.
Pag. 207.

prologue qui est à la têle de ces Méditations de quatre paragraphes, dont les deux pre- ditation.
nous apprend que saint Anselme les com- miers se lisent sous le nom de saint An-
posa pour exciter ses lecteurs à aimer et à selme dans un manuscrit de Saint-Martin de
craindre Dieu, et les aider à s'examiner et à Tournay : les deux autres sont du style et

memo r
se connaître eux-mêmes. C'est pourquoi il

ia in Journay es aeus autres sont au seyle

du génie de saint Anselme. Il est vrai que leur conseille de les lire dans un temps de l'on trouve les deux premiers dans le livre tranquillité, lentement et peu à la fois, sans intitulé : de la Contrition du cour, imprimé s'astreindre à en lire une entière de suite. Il dans l'appendice du neuvième tome des Eules partagea en plusieurs paragraphes, afin vres de saint Augustin. Mais il faut remarquer qu'il fût libre à chacun de commencer ou de que ce livre n'est qu'un extrait des Méditafinir à quel endroit il voudrait, et d'éviter tions et des Oraisons de ce père. Le père par ce moyen l'ennui que cause la prolixité. Théophile Raynaud a donné la huitième méLa première méditation a pour matière la di- ditation sur un manuscrit du Vatican. Elle gnité de l'homme considéré comme fait à ne contient rien qui ne soit digne de saint l'image et à la ressemblance de Dieu, et sa Anselme. On y voit un pénitent qui crie vers misère depuis sa chute dans le péché. Elle Dieu pour obtenir sa miséricorde. Dans la est divisée en quatorze paragraphes, et c'est septième, après s'être représenté les biendéjà une raison de l'attribuer à saint An- faits dont Dieu l'a comblé, il déplore son inselme. Une seconde preuve est, qu'elle porte gratitude, et confesse son péché dans l'amerson nom dans quelques manuscrits; et la tume de son coeur. troisième, c'est qu'on y trouve plusieurs cho 11. Les titres de la neuvième méditation Neuvièl ses qu'il répète à peu près en mêmes termes varient suivant les différents manuscrits. Elle ethe Med

dans son Monologue et son Prosloge. est intitulée tantôt 3 : De l'Humilité de Jésus- et seq. Deoxièmo 8. La seconde méditation lui est aussi at Christ, tantôt : Le Miroir de la parole évangéli

tribuée dans tous les imprimés, comme dans que, tantôt: L'Aiguillon de l'amour divin. Onl'a
tous les manuscrits. Il l'avait, ce semble, en quelquefois attribuée à saint Bernard, mais
voyée à Durand, abbé de la Chaise-Dieu, et elle n'est point de son style; on n'y remarque
depuis évêque de Clermont, qui l'en remer- non plus aucune des expressions familières
cia par une lettre ' où il en fait un grand à saint Anselme : elle est toulefois sous son
éloge. Elle est intitulée : de la Crainte du ju- nom dans toutes les éditions de ses cuvres,
gement de Dieu. Saint Anselme la composa et dans quelques manuscrits; mais elle se
n'étant que prieur du Bec, et avant l'épis- trouve aussi intitulée du nom d'Ecbert, abbé
copat de Durand, qui commença en l'an de Saint-Florin, ou Schonauge au diocèse de
1076.

Trèves, dans trois manuscrits : et c'est sur 9. On peut rapporter au même temps la leur autorité que dom Bernard Pez la lui a Méditation et

troisième méditation, et la mettre au nombre attribuée dans le tome VII de sa Bibliothèque Pag. 208.

des opuscules propres à inspirer de la com- ascétique 4, imprimée à Ratisbonne en 1725,
ponction, dont il est parlé dans la lettre de in-8°. Il y a plusieurs autres écrits de cet
l'abbé Durand, que l'on vient de citer. Cette abbé, dont il sera parlé dans la suite. La
méditation a pour objet d'exciter à la dou- dixième a été publiée par le père Théophile
leur et à la pénitence des péchés commis Raynaud, sur un manuscrit du Vatican. On
dans la jeunesse. Elle est sous le nom de n'a pas d'autre preuve qu'elle soit de saint
saint Anselme dans tous les manuscrits 2, de Anselme. La onzième est constamment de
même que les trois suivantes. Le pécheur lui. Eadmer dit qu'il la composa 5 étant à
trouve dans la quatrième des motifs pour Lyon, en 1099. Elle roule sur l'économie de
l'engager à se corriger; dans la cinquième, la rédemption du genre humain par l'incar-
les avantages d'une bonne mort, et les suites nation du Fils de Dieu.
funestes de la mort des impies; dans la 12. La douzième méditation a été publiée
sixième, des préservatifs contre le désespoir, pour la première fois par le père Raynaud oraz
dont le principal consiste dans une véritable sur un manuscrito de Bigot, où elle est farmi P.

8 9 pénitence de ses péchés.

les Méditations de saint Anselme. On y reSeptième 10. La septième méditation est composée marque aussi son style : mais on ne le re

Troisière

suivantes.

Doua

treizièa

Méditat

ser

haitiome Mó

· Lib. I, Epist. 61. - 2 Censura Meditat.
3 Censura Meditat. IX. - Pag. 13.

& Anselm. vit., lib. I, pag. 23.
6 Censura Meditat.

me, vingtième

mo Médita

237.

connaît pas dans la treizième. La quator- 14. Les trois dernières respirent l'onction Dix nen vid.
zième est encore dans le manuscrit de Bigot et la piété de saint Anselme. La dix-neu- et vingi uniò.
parmi celles de saint Anselme, et dans un vième a été donnée sur un manuscrit du Va- 1:0. Pag.
manuscrit de Vienne qui a servi à l'édition tican, et la vingtième sur un manuscrit de la
du père Raynaud. Elle est divisée en sept para bibliothèque de De Thou. La vingt-unième
graphes, suivant l'usage de ce père, et intitu- porte le nom de ce père dans divers manus-
lée Enchiridion ou Manuel. Le saint archevê- crits. Elle est tirée, pour la plus grande par-
que remarque dans le prologue que, comme tie, du Prosloge. De ces trois méditations, il
nous nous trouvons environnés de piéges de la n'y a que la première qui soit divisée en pa-
part de nos ennemis, l'amour des biens cé- ragraphes. Saint Anselme y donne des rai-
lestes se refroidit aisément en nous, et qu'il sons pourquoi nous devons plus aimer Dieu
est besoin de pressants motifs pour nous qu'aucun homme : parce que si nous aimons
rappeler à l'amour du souverain bien. C'est, les hommes pour des bienfaits qui ne durent
ajoute-t-il, ce qui l'a engagé à composer ce que peu de temps, nous devons beaucoup
manuel des plus belles sentences des pères; plus aimer Dieu, puisque les grâces dont il
et il avoue que lorsqu'il se trouvait dans la nous favorise, soit en cette vie, soit en l'au-
tiédeur à l'égard de son salut, la lecture de tre, sont plus stables, et que celles de l'autre
ce manuel ranimait sa ferveur et son amour vie dureront toute l'éternité. Il met la res-
envers Dieu. C'est aussi le but principal de semblance de l'homme avec Dieu, en ce qu'il
cette méditation.

a été créé raisonnable, et bon par volonté. Quinzième 13. D'une méditation divisée en trois par- La vingtième est une plainte que l'àme fait veprime e ties dans l'édition de Lyon, en 1630, on à Dieu, quand elle s'en voit abandonnée à

en a fait trois dans la nouvelle édition, sa- cause de ses péchés. Elle s'excite dans la
voir : les quinzième, seizième et dix-sep- vingt-unième à chercher Dieu et à se don-
tième. Elle se trouve aussi dans le manus- ner les mouvements nécessaires pour le trou-
crit de Bigot. Saint Anselme l'adressa à sa ver. Nous ne nous arrêterons pas a d'autres
sceur, qui avait consacré à Dieu sa virginité. Méditations qui portent le nom de saint An-
Quelques - uns l'ont attribuée à saint Au- selme dans quelques manuscrits, mais que
guslin : on la trouve en effet toute entière l'on n'a pas encore rendues publiques.
dans le livre de la Vie érémitique, imprimé
parmi les ouvrages de ce père; mais on con-

§ V.
vient que ce livre n'est pas de lui, qu'il est

Des Oraisons de saint Anselme, de ses Hymnes, d'on écrivain plus récent que saint Benoit et

et de son Psautier. saint Grégoire qui y sont cités !. Saint Anselme s'occupe, dans cette méditation, des 1. Ses Oraisons, dans le recueil que nous raisons de bienfaits de Dieu, passés, présents et futurs, en avons, sont au nombre de soixante-qua- mo. Pag.245. comme d'autant de raisons d'aimer Dieu. La torze, la plupart faites ? pour ses amis. On les dix-huitième a en tête huit vers héroïques, a distribuées suivant l'ordre des matières. La dans lesquels l'auteur donne le précis de la première est à la sainte Trinité; la seconde vie de Jésus-Christ depuis sa naissance jus. au Père par les mérites de Jésus-Christ; les qu'à son ascension au ciel. Il nous le fait en onze suivantes à Dieu; la quatorzième au visager dans cette méditation comme notre Saint-Esprit; les suivantes , jusqu'à la vingtmaitre, notre Sauveur, notre espérance, no huitième inclusivement, sont à Jésus-Christ. tre salut, à qui nous devons d'infinies ac Il y en a plusieurs pour le prêtre avant la tions de grâces pour ses miséricordes, et de messe, pendant la messe, et avant la comqui nous devons attendre les secours dont munion. Suivent un long rhythme adressé à nous avons besoin. Le père Raynaud l'a ti- Dieu et à tous les saints; des oraisons à la rée du manuscrit de Vienne. On ne la trouve croix, à la sainte Vierge; un autre rhythme en point ailleurs. Elle ne contient rien qui ne son honneur et à celui de tous les saints; des puisse convenir à saint Anselme. C'est l'ou- oraisons à l'ange gardien, à saint Jean-Bapvrage d'un homme qui vivait en commu- tiste, aux saints apôtres Pierre, André, Jean; nauté et qui en était supérieur. Il l'écrivit aux saints Etienne et Laurent, à saint Mardonc dans l'abbaye du Bec.

tin, à saint Benoit, à saint Dunstan, à saint

* Cap. XIV, XIX, XLVI.

· Anselm. vit., lib. I, pag. 4.

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A

ces oraisons.

Paul, à sainte Marie-Madeleine, et une gé- 1075, comme fait dom Mabillon ?; on peut
nérale pour le patron de quelque église. dire que saint Anselme était en état de four-

2. Il n'y a pas lieu de douter que ces orai. nir des oraisons à l'abbé Jean, puisque
sons ne soient de saint Anselme. Eadıner saint Anselme en composa étant prieur du
son historien dit qu'il en composa plusieurs Bec, et qu'il l'était en 1063. S'il en écrivit
pour ses amis, étant prieur du Bec. Il en cite pour ses amis, pourquoi n'en aurait-il point
lui-même trois dans sa lettre à Gondulphe?. envoyé à l'abbé de Fécamp, qui en cherchait
Durand, abbé de la Chaise-Dieu, loue la pour son livre de prières ? Cet abbé ne mou-
piété et l'esprit de componction qui règne rut 8 qu'en 1078, et saint Anselme était abbé
dans ces prières. Enfin elles sont sous le du Bec dès l'année précédente. Cela ne
nom de saint Anselme dans quantité 3 de forme pas une si grande disparité d'âge.
manuscrits. Nous n'avons plus celle qu'il Quoi qu'il en soit, outre les oraisons que
avait adressée à saint Nicolas, et dont il fait nous avons de saint Anselme dans les im-
mention dans sa lettre à Baudric, prieur du primés, il s'en est perdu plusieurs, entre
Bec. L'oraison avant la communion, donnée autres celle qu'il adressait à saint Nicolas,
par dom Mabillon dans ses Analectes ", ne se dont il fait mention dans une de ses lettres".
trouvait pas dans la première édition des 3. Toutes ces oraisons ont été en grande es- ctedi do
euvres de saint Anselme, en 1675. On l'a time dans l'Eglise. Saint Thomas, archevê-
ajoutée dans celle de 1721. Elle est remar- que de Cantorbéry, dans le même siècle que
quable, parce que le prêtre y prie en géné- saint Anselme, en avait un recueil 10 où il
ral pour tous ceux à qui il devait des prières; faisait ses prières avant d'offrir le saint sacri.
pour ceux qui lui en araient demandé, ou qui fice; et depuis elles ont passé à l'usage com-
lui avaient confessé leurs péchés. Elle est mun des églises. Quelques-unes des orai-
suivie dans les mêmes Analectes d'une autre sons et des méditations de saint Anselme ont
prière avant la communion, où le prêtre de été traduites en français, avec d'autres opus-
mande à Dieu son secours contre les usur- cules, par Jean Guitot, et imprimées à Paris
pateurs et détenteurs des biens de l'Eglise. chez Pierre Lhuillier, en 1571; et en 1588 et
Il n'est pas dit dans l'inscription qu'elle soit 1642, chez Guillaume Bichon. On les réim-
de saint Anselme. Dom Mabillon, en parlant, prima à Rouen chez Thomas Doré, en 1602,
au même endroit, du livre des Prières, que et en allemand à Lunébourg, en 1638.
l'abbé Jean, qu'il croit être celui de Fécamp, 4. Les hymnes de saint Anselme en l'hon- Hymtes eru
composa pour l'impératrice Agnès, qui vi- neur de la sainte Vierge sont en vers iambi- la sainte vir
vait encore en 1075, remarque qu'il s'y en ques, et il y en a pour toutes les heures de tier. Pag. 303.
trouve plusieurs de celles que l'on attribue la nuit et du jour, depuis matines et laudes,
à saint Anselme. Cet abbé avait composé son jusqu'à complies. Suit le Psautier, que l'on
livre de ce qu'il avait lu dans les anciens ne commençait qu'après avoir récité l'an-
pères, surtout dans saint Augustin; mais il tienne Salve, Regina. Il est composé de trois
ne paraît pas qu'il ait eu recours aux écrits parties, et chaque partie d'un grand nombre
de saint Anselme, qui était encore jeune lors de strophes, chacune de quatre vers iambi-
que l'abbé Jean était déjà avancé en âge. Cette ques, dont le premier commence toujours
différence d'âge fait dire à dom Mabillon par Ave. Les strophes sont intercalées d'un
qu'il est plus vraisemblable que saint An- verset de quelque psaume. Le Psautier finit
selme a emprunté de l'abbé Jean 5, que non par l'antienne Ave, regina cælorum. Vienneni
pas l'abbé Jean de saint Anselme. On pour ensuite diverses autres hymnes en l'honneur
rait opposer à cette conjecture 1° que l'abbé de la sainte Vierge. Jean Picard Il est le pre-
Jean fait profession à la tête de son livre de mier éditeur de ce Psaulier. Il ne dit pas s'il
l'avoir composé des passages de l'Ecriture portait le nom de saint Anselme dans le ma-
et des pères : ce qui marque proprement un nuscrit sur lequel il l'a fait imprimer. Le père
compilateur, titre qu'on ne peut donner à Théophile Raynaud avoue qu'il ne l'a pas
saint Anselme; 2° qu'en mettant la compo- même trouvé manuscrit. Dom Gerberon en
sition de ce livre de prières entre l'an 1066 et a vu deux, l'un de l'abbaye de Saint-Victor

tota

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1 Eadmer., Vita Anselm., lib. I, pag. 4.

Lib. I, Epist. 20.
3 Censura Orat. -- « Mabill., in Analect., pag. 448.
8 Mabill., ibid , pag. 126. — 6 Ibid., pag. 121.

7 Ibid., pag. 125. - 8 Ibid., pag. 126.
9 Lib. II, Epist. 51.
10 Marten., tom. I, de Vir. Eccles., pag. 375.
11 Censura Psulterii.

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