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dirons qu'il y a dans la prose de Marbode du d'une manière si frivole. Ses dernières poé-
naturel, de la clarté, de l'élégance, de la fa- sies sont en effet remplies de réflexions so-
cilité. Parmi ses vers, il s'en trouve un cer- lides qui portent de la lumière dans l'esprit
tain nombre marqués au meilleur coin. Dans et de l'onction dans le cœur. C'est ce que
sa jeunesse, il se livra au brillant de son ima- l'on remarquera surtout dans le livre Des dix
gination et suivit, comme les poètes de son chapitres, dans celui Des pierres précieuses et
siècle, le mauvais usage des rimes et des quelques autres. On trouve aussi dans ses
consonances; mais, dans un âge plus avancé lettres d'excellents principes de morale,
et plus mûr -, il secoua ce joug et s'attacha soutenus de l'autorité de l'Ecriture et des
plus à dire des choses utiles qu’à les orner pères.

CHAPITRE XX.

Saint Etienne ? Harding, abbé de Citeaux (1134); Frowin, abbé (vers

l'an 1131]; Turgot (XIIe siècle); Siméon de Durham; Gotzelin, moine
de Cantorbéry (1130); Hariulfe et Anscher; Arnulphe, évêque de
Rochester (1124); Clarius, moine de Saint-Pierre-le-Vif; Bérengose
ou Bérengaude, abbé de Saint-Maximin de Tréves; Rodulphe ou Raoul,
abbé de Saint-Trond [1138).

[Ecrivains latins.]

Saint Elicone Har.

éducation.

00

chapl

1116 ct 11

1. Saint Etienne naquit en Angleterre, nard, accompagné de trente jeunes hommes, ding. son d'une famille noble. Après avoir mené quel qui abandonnaient le siècle pour vivre dans

que temps la vie monastique dans le monas- la retraite. Etienne leur donna l'habit de l'or-
tère de Schirburn, il passa en Ecosse et de dre el prononça devant eux un discours, que
là en France, pour s'y former successive- l'on a eu soin de conserver à la postérité 4.
ment dans les belles - lettres el dans la théo- 3. En 1116, Etienne assembla à Câteaux un 11 assem
logie 3. D'un esprit profond et capable d'ap- chapitre général de tous les monastères qu'il général
plication, il fit de grands progrès dans ses avait élablis ou qui s'étaient unis à son ordre.
études, s'appliquant en même temps aux de. Il en tint un second en 1119, où il publia la
voirs de la piété chrétienne et aux exercices charte de charité dont il sera parlé dans la
de son état. Il fit, par dévotion, le pèlerinage suite. Comme cette charte contenait les règle-
de Rome, d'où étant revenu en France, il ments fondamentaux du gouvernement de ce
s'arrêta à Molesme, attiré par la réputation nouvel ordre, Etienna alla trouver le pape Ca-
de ce nouveau monastère. Saint Robert, qui lixte II pour le prier de confirmer ces régle-
en était abbé, le quitta pour bâtir celui de ments. La bulle qui lui fut accordée à ce
Cîteaux, où il se retira avec Albéric et Etienne. sujet est datée de Saulieu le 23 décem-
Mais, contraint de retourner à Molesme, Ro- bre 1119.
bert céda la place d'abbé à Albéric, qui 4. Etienne gouverna l'abbaye de Câteaux 1 se da
donna à Etienne celle de prieur.

jusqu'à ce que, cassé de vieillesse et presque ment de
2. A la mort d'Albéric, arrivée en 1109, la privé de la vue, il se crût obligé de se dé-
communauté choisit pour abbé Etienne. Elle mettre de sa dignité d'abbé. Il mourut sain-
était pauvre et en petit nombre, ce qui cau- tement le 28 mars de l'an 1134. Bucelin a
sait de l'ennui aux moines qui la composaient. mis son nom dans ses Ménologes, et du Saus-
Dieu les consola par la venue de saint Ber- asi dans le Martyrologe gallican.

do gou vel

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Il est fait abbé da Citeaux en 1109.

i Quæ juvenis scripsi, senior dum plura retracto Pænitet, et quædam vel scripta, vel edita nollem..... Ut rerum virtus, verborum lege subacia, Servetur, verbisque cano: sub rebus abundet; Quod jugi studio tunc affectare videbar. Sed mihi nunc melius sundet maturior ætas, Quam decet ut facili contenta sit uti. litate, Ulque supervacuum studeat vitare laborem. Marbod., cap. I, pag. 1595.

2 Etienne est honoré d'un culte public; son nom

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Ce qu'elle contieni.

Ses écrits. 5. On cite 'sous le nom de l'abbé Etienne : et 1119. Ayant remarqué, avec les autres

un livre de sermons faits en particulier aux abbés de son ordre, que leurs monastères se
moines de Citeaux; l'Oraison funèbre d'Albéric multipliaient chaque jour en divers lieux, ils
son prédécesseur, rapportée par Manriquez; crurent qu'il était nécessaire, pour mainte-
divers rites et usages de la vie monastique, nir dans l'union de la charité tous ceux qui
que quelques-uns attribuent à saint Bernard; les composaient, de les obliger à l'observa-
le Petit commencement de l'ordre de Cîteaux, tion d'une même règle et des mêmes usages.
imprimé, avec les notes d'Ignace Firmin, en C'est pourquoi on donna aux règlements qui
1610; plusienrs lettres, dont deux se trou- furent faits à cette occasion le titre de Charte
vent parmi celles de saint Bernard, l'une à ou Carte de la charité, parce que la charité
Louis, roi de France, l'autre au pape Hono- est le seul but de ces règlements.
rius Il; et la charte de charité. [Le tome CLXVI 8. Cette charte est composée de cinq cha- .
de la Patrologie latine , col. 1373-1509, con- pitres, mais on peut en rapporter les décrets
tient de ce saint abbé une correction de quel- à deux chefs ; à l'institution des moeurs, et
ques endroits de la Bible, d'après l'édition au régime général de tout l'ordre. « Quant au
qu'en avait d'avance donnée Mabillon, Oper. premier chef, qui regarde les mæars, nous
S. Bern., t. III, p. XI; l'Oraison funèbre dAl voulons dès à présent (ce sont les paroles de
béric, d'après Manriquez; la Charte de la Cha- la charte), et nous commandons à tous les ab-
rité; les Usages de l'ordre de Câteaux; les Pre- bés et religieux de l'ordre, d'observer la règle
miers commencements de lordre de Citeaux, d'a. de saint Benoît en tous ses points, comme
près le Nomasticon Cisterc., Paris 1664, in-fol. elle est pratiquée dans le monastère de Ci-
La lettre au roi Louis-le-Gros est la quarante- teaux, sans lui donner d'autre explication
cinquième parmi les lettres de saint Bernard, que celle de nos prédécesseurs, et que nous
et la lettre au pape Honorius est la quarante lui donnons encore aujourd'hui, afin que tous
neuvième.)

l'entendent et la pratiquent de même. » Sur Lettres d'E. 6. Etienne de Senlis, évêque de Paris, étant le second chef, on décide que les observances Louis et au devenu odieux au roi Louis pour s'être retiré et les cérémonies, soit pour le chant, soit pour

de la cour et opposé aux exactions que le les livres nécessaires à toutes les heures du
doyen et les archidiacres de son Eglise fai- jour et de la nuit, et aux messes, seront par-
saient sur le clergé par ordre de ce prince, tout les mêmes; qu'il ne sera permis à au-
vint, avec l'archevêque de Sens, au chapitre cun monastère de demander à qui que ce
général de Citeaux, en 1127, demander la soit des priviléges contraires au commun
médiation de l'abbé et de ses religieux, dont institut, ni de retenir ceux qu'on aurait obte-

il avait, de même que le roi, obtenu des let- nus. Il est ordonné à l'abbé de Cileaux de Epist. 18, tres de fraternité. C'est le sujet de la lettre visiter une fois l'an, en personne ou par quel

qu'Etienne et sa communauté écrivirent au qu'autre abbé, tous les monastères de sa
roi Louis, ou plutôt saint Bernard en leur fondation; la visite de Citeaux est réservée
nom, et de tout le chapitre général. Ils re- aux quatre premiers abbés de l'ordre, sa-
montrent à ce prince qu'en persécutant, voir : de la Ferté, de Pontigny, de Clairvaux
comme il le faisait, l'Eglise de Paris et son et de Morimond. Tous les abbés doivent se
évêque, leur père et leur ami, ils ne pour- trouver chaque année au chapitre général
ront plus avec confiance lever les mains au qui se tiendra à Citeaux, si ce n'est qu'ils en
ciel pour attirer sur sa personne et son soient empêchés par maladie ou autrement,
royaume la protection de Dieu, ni refuser à ce dont ils donneront avis. Défense à quelque

cet évêque des lettres au pape en sa faveur. monastère que ce soit de se choisir un abbé Epist. 19, Le roi n'ayant eu aucun égard à leurs re d'un autre ordre. Les abbés incorrigibles se

montrances, ils supplièrent le pape de pren- ront déposés après quatre monitions. S'il ar-
dre connaissance de l'affaire, lui faisant en- rive que l'observance soit négligée dans l'ab-
tendre qu'en la laissant juger devant le roi, baye de Citeaux, les quatre premiers abbés

c'était livrer l'évêque de Paris à ses ennemis. travailleront à l'y rétablir. C'est aussi à eux Clarte do 7. A l'égard de la Charte de charité, Etienne qu'il appartient de prendre soin de ce mo

en avait conçu le dessein pendant la tenue nastere pendant la vacance, jusqu'à ce qu'il
des deux premiers chapitres généraux en 1116 y ait un abbé élu et établi.

tiene au roi

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inter Berbar

inter Bertar

1 Balæus, 11, 63.

2 Manriquez, tom. I Annal., ad an. 1109.

cette charte.

que de Saint

Frowin, abbé du Mont des Anges.

Editions de 9. La Charte de charité a été mise sous et que toutes les vertus de l'homme, sa sa

presse plusieurs fois et en divers endroits. Il gesse, sa justice, sa félicité, sont fondées sur
y en a une édition chez Plantin, à Anvers, le libre arbitre. Frowin citait, contre les er-
en 1663, et une à Lyon en 1642, dans le reurs nouvelles, non-seulement les docteurs
tome ser des Annales de Citeaux d'Ange Man- du siècle précédent, mais aussi ceux du sien,
riquez , sur l'an 1419. Elle fut imprimée en c'est-à-dire du xie et du xiro.
latin et en français en 1678, à Paris, chez 12. Jean Selden 3 a revendiqué à Turgot Turgot, évê-
Mabre Cramoisy, dans un ouvrage intitulé : l'Histoire de l'Eglise de Dunelme ou Durham, Andre en

Ecosse.
Le véritable gouvernement de lordre de Citeaux. depuis sa fondation par le roi Oswald , jus-
Frowin... 10. Il est parlé, dans le tome VI des Annales qu'au temps de Guillaume-le-Roux, en 1097.

bénédictines, d'un abbé du Mont-des-Anges, Il se fonde sur un manuscrit d'Angleterre de
vulgairement Engelberg, dans le canton de l'âge mème de Turgot, et sur certaines cir-
Zurich, en Suisse, qui se rendit recomman- constances rapportées dans cette histoire, qui
dable par ses vertus et son savoir, vers l'an ne conviennent qu'à Turgot. Tel est l'endroit
1131 '. Cet abbé se nommait Frowin, et avait du troisième livre où il est dit que Turgot fut
succédé à Adelhème, premier abbé de ce bien reçu au monastère de Durham par le
monastère. Dom Mabillon élant à Einsiedeln, prieur Aldwin; qu'il ne voulut quitter l'ha-
ou Notre-Dame-des-Ermites, y trouva deux bit clérical pour se revêtir de l'habit mo-
ouvrages de Frowin, savoir : une Explication nastique, qu'après avoir été éprouvé long-
de l'Oraison Dominicale, adressée à Bertholde temps par Aldwin; qu'ensuite Turgot lui
son disciple, et sept livres à la louange du succéda dans la dignité de prieur. Turgot la
libre arbitre, dans lesquels l'auteur traite les posséda pendant vingt ans, veillant avec soin
principales questions de théologie, contre et crainte de Dieu sur l'intérieur et les de.
certains novateurs qui se faisaient gloire de hors du monastère. Ensuite il fut fait évêque
leurs nouvelles inventions. C'était peut-être de Saint-André en Ecosse, et gouverna cette
contre Abailard; du moins dit-on qu'en ce Eglise pendant sept ans.
temps-là Gerhoh, prévôt de Reichersperg 13. Pendant son séjour à Durham, il écri- Ses écrits.
dans la Bavière, écrivit contre les disciples vit, en quatre livres, l'bistoire de ce monas-
d'Abailard. Il ne serait pas surprenant que tère 4, en la commençant, comme on l'a dit,
les nouveautés de cet écrivain fussent pas au règne d'Oswald, ou plutôt à l'année où
sées de la Bavière dans la Suisse, qui n'en ce prince fonda cette Eglise, c'est-à-dire à
est pas fort éloignée.

l'an 635. Il la conduisit jusqu'en 1097, la Ses écrits. 11. Dom Mabillon, pour exciter les posses seizième année de l'épiscopat de Guillaume,

seurs des ouvrages de Frowin à les mettre auparavant abbé de Saint-Vincent, martyr.
au jour, a publié, dans l'appendice du lome Turgot rapporte une lettre de cet évêque aux
VI de ses Annales 2, les prologues ou préfaces moines de Durham, dans laquelle il leur té-
des deux écrits dont nous venons de parler, moigne le désir qu'il avait de demeurer avec
avec les sommaires de tous les chapitres eux, si la chose lui eût été possible. Puis, il
dont les sept livres sur le libre arbitre sont les exhorte à chanter avec décence et mo-
composés. (La Patrologie latine , t. CLXXIX, destie l'office divin, à se confesser fréquem-
col. 1801-1812, reproduit ce que Matillon ment à leur prieur, et à recevoir avec cha.
a publié des écrits de Frowin.] Frowin mar rité les étrangers. Le prieur de Dunelme
que, dans le prologue sur l'Oraison Domini- était alors Aldwin. Turgot marque sa mort,
cale, qu'il ne dira rien de neuf sur cette prière, et dit que les frères du monastère le choi-
et qu'il se contentera de rapporter ce que les sirent d'un commun consentement pour lui
pères en ont dit. Il paraît, par la préface sur succéder, la vingt-deuxième année du règne
les livres, A la louange du libre arbitre, que du roi Guillaume, c'est-à-dire en 1087. Il
le moine Adelbert l'avait engagé à écrire ajoute que l'évêque Guillaume ayant encouru
sur celte matière, et que Frowin intitula la disgrâce du roi Guillaume-le-Roux, ce
ainsi l'ouvrage demandé parce que le libre prélat fut envoyé en exil, qu'il en fut rap-
arbitre l'emporte sur tous les autres dons que pelé quelque temps après, et qu'étant de re-
le Créateur a faits à la créature raisonnable; tour, il le chargea , en présence des fidèles

1 Mabil)., Annal. Bened., lib. LXXV, num. 148. Tom. I Scriptorum decem Anglor., Londini , an.
2 Pag. 657.
3 Selden, præfat. in Script. 10, Londini, an. 1652.

1652.

Darbam.

Autres Vies écr les par

(Edition de

la Patrologie.

Gotselin, coise de Can ter béry.

du diocèse, d'en prendre soin , en le faisant par Gotcelin. Il écrivit encore l’bistoire de la
archidiacre, non-seulement lui, mais tous les translation de ses reliques, faite en 1091, le
prieurs ses successeurs. Quoique Selden ait 6 septembre. Le prologue ou l'épitre dédi-
restitué à Turgot les quatre premiers livres catoire est à saint Anselme, archevêque de
de l'Histoire de l'Eglise de Dunelme, il n'a pas Cantorbéry. Dom Mabillon a placé cette his-
laissé de les faire imprimer sous le nom de toire sur la fin du tome IX des Actes de l'ordre.
Siméon, moine de Dunelme; elle est la pre- On la trouve, avec la Vie de saint Augustin, dans
mière dans la collection des écrivains de l'E- Bollandus, au 26 mai. Ordéric Vital dit, en
glise d'Angleterre, imprimée à Londres en parlant de la description de cette cérémonie,
1652, chez Jacques Flesher, par les soins de que Gotcelin la décrit d'une manière si pa-
Jean Selden.

thétique, qu'il semble au lecteur la voir de Symbon de 14. La suite de l'Histoire de Durham, dans ses propres yeux.

collection , est due à Siméon, moine 17. Gotcelin donne de suite, mais en abréet préchantre de cette Eglise, dont il sera gé, la Vie de saint Létard, celles du roi Ethel- Gorzelin parlé dans la suite.

rède, de sainte Mildrède, l'histoire de la trans- ses écrits dans 15. Un autre moine anglais, mais français lation des reliques de cette sainte et de l'étade naissance, se rendit célèbre dans le même blissement de son monastère. Il fit un autre temps par plusieurs écrits. Il se nommait écrit pour prouver que ceux qui se vantaient Golcelin ou Gotzelin. Moine d'abord de Saint- de s'être emparés des reliques de sainte MilBertin, il passa ensuite en Angleterre avec drède étaient dans l'erreur, parce qu'elles n'éHérémann, évêque de Sarisbery. Il était ha- taient pas dans l'église de Saint-Grégoire à bile dans les lettres, et savait très-bien le Cantorbéry, comme ils se l'imaginaient, mais cbant et la musique. Après Osberne, on n'en dans le monastère de Saint-Augustin, où elles avait pas vu qui réussit mieux que Gotcelin avaient été transférées par l'abbé Elfstan, dans ce genre de science. Aussi en laissa-t-il sous le roi Canut. Un ancien manuscrit de des monuments dans tous les évêchés et les la bibliothèque Cottonienne met encore sous abbayes qu'il parcourut; mais il s'appliqua le nom de Gotcelin les Vies des saints Lausurtout à mettre par écrit les Vies des saints rent, Mellite, Juste, Honorius, Dieudonné et morts récemment, à retoucher celles qui Théodore, archevêques de Cantorbéry, dont étaient écrites depuis longtemps, et à en ré- le fond de l'histoire est pris de Bède; et la tablir un grand nombre altérées ou consu- Vie d'Adrien, abbé de Saint-Augustin, mort mées par les flammes ou quelque autre ac- en 708, avec l'histoire de la translation de cident pendant les guerres. Nous apprenons son corps sous le roi Guillaume. Balæus ' lui

tout ce détail de Guillaume de Malmesbury 2. fait aussi bonneur des Vies des saints SwiVies desaiat 16. On avait déjà l'Histoire de la vie de saint thun, Grimbald, Erhenwald, Eadgathe, Milbistoire de sa Augustin, apôtre d'Angleterre, dans le véné- burge, Wéréburge, Yves, et de l'histoire de

rable Bède 3 et dans la Chronique de Sigebert la translation de ce dernier saint. On attri-
de Gemblou. Gotcelin la donna en deux opus bue encore à Gotcelin une Chronique et une
cules séparés, l'un plus grand, l'autre plus Prose en l'honneur de saint Ethelrede, et la
petit. Celui-ci se trouve sans nom d'auteur 4 Vie de saint Guthlac, prêtre et anachorète en
parmi les ouvrages de Lanfranc, de l'édi- Croyland, vers l'an 740. On peut voir, sur
tion de Luc d'Achéry, à Paris en 1648, et cette Vie, les Bollandistes, au 11 avril. Celle
dans le tome II de l'Angleterre sacrée, par de saint Swithun, évêque de Vinchester, mort
Warthon 5. L'autre a été imprimé dans le en 862 , est dans Surius et dans Bollandus,
tome jer des Actes de l'ordre de Saint-Benoît ©, au 2 juillet. Ce dernier a publié la Vie de
avec une épitre dédicatoire à l'abbé et aux sainte Wéréburge, vierge, fille du roi des
moines du monastère de Saint-Augustin. Merciens, au tome jer de février 10, et celle
Dom Mabillon a joint à cette Vie l'histoire d'Yves, évêque en Perse, dans le vile siècle,
des miracles du même saint?, composée aussi au tome II de juin ". Nous ne savons ce que

Vies de saint Angustia, et

Selden, præfat., ibid., et pag. 59. ? Lib. IV de Regib. Ang., cap. ultimo. (On peut voir sur Gotzelin une notice par Oudin, reproduite au tome CLV de la Patrologie, col. 9-12.)

3 Lib. I Hist. Angl. cap. XXIII et seq., et lib. II, cap. II et III.

Pag. 57. - 5 Pag. 7. (Il est reproduit au tome CL de la Patrologie, col. 43 et suiv.] — 6 Pag. 485 [et au tome LXXX de la Patrologie, col. 41.] - 7 Pag. 520.

& Warthon, tom. II Angliæ sacre, in præfat., num. 3, pag. 6. - 9 Balæus, Centur. 13, cap. xvn.

10 Pag. 386. - 11 Pag. 289.

Anscher, au

de saint An. gilbert.

c'est que le livre de Gotcelin , intitulé Con- saint. Hariulfe était abbé de ce monastère fortatorius, qui faisait partie des manuscrits lorsqu'il travailla à cette Vie et qu'il fit lever de la bibliothèque de Ménars, vendue à la de terre le corps de saint Arnoul. Mais, n'éHaye en 1720. L'Obituaire de Saint-Augustin tant que moine de Saint-Riquier, il acheva, de Cantorbéry met sa mort au 15 mai, on ne en 1088, en quatre livres, la Chronique de ce sait de quelle année.

monastère, commencée longtemps aupara(Le tome CLV de la Patrologie indique ou vant par Saxowalon. Il ne laissa pas, dans la contieni les ouvrages de Gotcelin, savoir : les suite, d'y ajouter, comme on voit par ce qu'il deux Vies de saint Augustin , l'histoire de sa y dit du pape Urbain II; elle est imprimée translation, la Vie de saint Swithun, l'histoire dans le tome IV du Spicilége de dom d'Ade sa translation, la Vie de saint Yves, la Vie chéry 5 (et dans le tome II de l'édition de La de sainte Véréburge, celle de sainte Eadgithe, Barre, d'où elle a passé au tome CLXXIV de et l'éloge de saint Laurent, évêque de Can- la Patrologie, col. 1211-1366.) On le fait entorbéry.]

core auteur de la Vie de Gervin son prédéHariulle et 18. Un des plus illustres seigneurs de la cesseur et second abbé d'Aldenbourg, et leurs de la vie cour de Charlemagne fut Angilbert. Sa nais. d'un recueil des miracles opérés en cette

sance et ses qualités personnelles engagèrent abbaye par l'intercession de l'apôtre saint ce prince à lui donner en mariage sa fille Pierre. A la tête des deux livres de la Vie de Berthe. Il remplit les premières charges du saint Arnoul, Hariulfe mit trois lettres : la palais. Dans le désir de vaquer à son salut, première à Lambert, évêque de Tournay, il se retira, du consentement de sa femme et qu'il prie de la faire approuver par Lisiard, de Charlemagne, au monastère de Saint- évêque de Soissons 6, et de se joindre ensemRiquier, dont il fut choisi abbé en 793. En- ble pour l'offrir à Raoul, archevêque de viron trois ans après y être entré, l'empereur Reims, leur métropolitain ; la seconde est à le rappela à son palais, où Angilbert fit les Lisiard, à qui il demande cette grâce; et la fonctions d'archichapelain. Il rebâtit le mo troisième à Raoul, à qui il présente cette nastère de Saint-Riquier, l’orna, en augmenta Vie. De ces deux livres, et du troisième comles revenus et obtint un diplôme de Charle- posé par Lisiard , Surius n'en a fait qu'un magne, portant que le monastère de Forest qu'il a mis en son style, attribuant le tout à Montier, que l'on en avait séparé, lui serait Lisiard, quoiqu'il ne soit auteur que du troisoumis à l'avenir. Angilbert mourut en 814. sième, c'est-à-dire du recueil des miracles. On connait deux écrivains de sa Vie : Ha- Hariulfe vécut jusqu'en 1130. Il avait fait riulfe, moine de Saint-Riquier, et ensuite lui-même son épitaphe en vers élégiaques. abbé d'Aldenbourg ?, mort vers l'an 1130, le On l'a rapportée, sur l'année de sa mort ?, 19 avril, et Anscher, aussi moine de Saint- dans les Annales bénédictines, avec les trois Riquier, et depuis abbé du même monastère. vers par lesquels il dédia sa Chronique à ses Dom Mabillon a rapporté ces deux Vies dans confrères de Saint-Riquier. (Le tome CLXXIV le tome V des Actes 3 de l'ordre de Saint-Benoit, de la Patrologie latine, col. 1211-1450, reproavec des observations et des notes de sa duit, avec une notice de Fabricius sur Hafaçon. [La Vie de saint Angilbert, par Hariulfe, riulfe, la Chronique du monastère de Saintfait partie de la Chronique de Saint-Riquier; Riquier, la Vie de saint Arnoul, évêque de elle forme le II° livre.]

Soissons, avec un abrégé de cette Vie; celle 19. Hariulfe composa aussi, en 1114 , la de saint Madelgisile, vulgairement saint MauVie de saint Arnoul, premier abbé d'Alden- guille, confesseur, d'abord moine de Saintbourg. Il la divisa en deux livres auxquels Riquier, et ensuite du monastère de MonstreLisiard, évêque de Soissons, en ajouta un let. Cette Vie est donnée, d'après Mabillon, troisième qui comprenait les miracles du Acta SS. ord. Bened., part. II, p. 537 8.]

Antres écrits d'Hariulfe

1 Fabricius, 'tom. III Bibliot. Latin., pag. 227.
? Mabillon., Annal., lib. LXXV, num. 105.
3 Pag. 87 et seq.
* Mabillon, lib. LXVII Annal., num. 37 et 38.
5 Pag. 616.

6 Dans le même temps vivait un autre personnage
nommé aussi Lisiard ; il était clerc de l'Eglise de
Tours, et fut doyen de Laon depuis l'an 1153 à 1168.
Barthius, au livre CLXVIII des Adversaires, ch. VII,

lui attribue une Histoire de Jérusalem, que Bongars
a publiée sans nom d'auteur dans les Gestes de Dieu
par les Francs, pag. 594-621, et dans laquelle l'auteur
raconte ce qui se passa de l'an 1100 à 1124. On n'en a
que la première partie , qui est reproduite avec une
notice tirée de Fabricius au tome CLXXIV de la
Patrologie, col. 1589-1634. (L'éditeur.)

7 Lib. LXXV Annal., num. 105.
8 Les écrits d'Hariulfe sont suivis dans la Patro-

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