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taléon, à Co.

logue à tous les abbés ses successeurs et aux son Eglise suivant les saints canons. » (Cette religieux de Saint-Trond, présents et à venir, Vie est reproduite au tome CXLVI de la Paà qui il rend compte de son travail, il donne trologie latine, col. 1449 et suiv.) la suite de tous les abbés de ce monastère, 35. Il était d'usage autrefois que les parents Lattre à Si. avec le nombre des années qu'ils ontgouverné, offrissent leurs enfants à Dieu dans les mo- de Saint Paul lorsqu'il a pu le découvrir. Il marque aussi nastères, et que le væu par lequel ils les logne. leurs bonnes qualités et leurs actions mémo- consacraient à Dieu fût irrévocable, selon rables. Sur Adalard II, mort en 1082, il dit qu'il est dit dans le chapitre Lix de la Règle qu'élevé dès l'enfance dans le monastère de de saint Benoit. On voit encore des formules Saint-Trond, il apprit les belles lettres, la de ces sortes d'oblations. Dom d'Achéry en

sculpture et la peinture; qu'il peignait et a rapporté quelques-unes dans ses notes sur Pag. 385. sculptait des images. Il commence, au second Guibert de Nogent. La plupart des parents

livre, l'histoire de la dévastation de l'abbaye, accompagnaient la consécration de leurs enqu'il ne feint pas de comparer à celle de Jé- fants de grandes libéralités, d'où est venue rusalem sous Tite et Vespasien. Depuis le l'opulence des monastères. Quelques-uns eshuitième livre jusqu'à la fin, il parle, mais sayèrent, sous le règne de Louis-le-Pieux, en troisième personne, de son élection et d'abolir cette coutume. Raban, alors moine de tout ce qu'il fit à l'avantage de son mo- de Fulde, en prit la défense dans un livre nastère pendant tout le temps qu'il le gou- que l'on n'a pu encore recouvrer, mais dont verna. Il marque, dans le treizième livre, il est fait mention dans sa Vie par le moine en quoi consistait la prébende de chaque Rudolphe. Soit que ses raisons aient prévalu,

moine, tant en pain qu'en vin et bière. On soit que l'usage d'offrir les enfants ait été 607. servait à tous un mets de légumes cuits avec attaqué faiblement, il était encore en vigueur

de la graisse, et en certains jours du pois- dans le XII° siècle. Cela se voit par une lettre
son; au souper, quatre @ufs, ou la moitié de Sibert, prieur de Saint-Pantaléon, à Raoul,
d'un fromage.

abbé de Saint-Trond, par laquelle il le con-
34. La Vie de saint Lietbert, évêque de Cam. sultait 4 sur ce que l'on devait répondre à un
brai, mort au mois de mai de l'an 1076, a avare très-riche qui voulait offrir son fils à
été publiée, sans nom d'auteur, dans le ce monastère sans lui donner aucune dot. Le
tome IX du Spicilège ?; mais, dans un ma- prieur, au contraire, et les moines, exigeaient
nuscrit de l'abbaye d'Anchin?, elle est attri- de cet avare qu'il abandonnât à son fils la
buée à Raoul, moine, le même, sans doute, part qu'il avait dans les biens de sa famille.
qui fut abbé de Saint-Trond; ce qui le prouve, 36. Raoul répondit de façon à Sibert 5 qu'il
c'est que l'auteur de cette Vie marque clai- le mit en état de juger ce qu'il convenait de
rement qu'il écrivait au commencement du faire à l'égard de cet avare, et de prescrire peut autres
XIIe siècle. En parlant de Gérard, prédéces- aux moines de Saint-Pantaléon la manière Raoul.
seur de Lietbert, il dit : « Il reste encore 3 dont ils devaient se comporter en cette affaire.
des hommes de vertu qui sont témoins de la Sa réponse est donc composée de deux par-
sainteté de sa vie, et comment il a gouverné ties. Dans la première, il traite durement cet

Vie de saint Lietbert, évêque de Can. brai.

Analyse de cette le tre. [Editions de cette lettre.

lettres do

par des témoignages pris dans l'ouvrage même qu'il
n'est pas l'auteur des treize livres publiés par d'A-
chéry; qu'on doit lui attribuer seulement les sept
premiers livres. Il parait les avoir composés en l'an
1114 ou 1115. Le premier continuateur, dont on
ignore le nom, a écrit les six autres livres de la
Chronique du vivant de Rodulphe, entre les années
1136 et 1138. Ami de Rodulphe, il a écrit ses livres
de manière à en faire un tout avec ceux de son abbé
et il ne lui est pas demeuré inférieur. Le second con-
tipuateur pousse la Chronique de l'an 1138 à l'an
1180. Elle comprend en quatre livres les événements
qui eurent lieu sous les abbés Folcarde, Gérard et
Wiric. Le troisième continuateur conduit les gestes
des abbés de Saint-Trond depuis l'an 1183 jusqu'à l'an
1366 ; mais il ne borne pas là sa tâche: il a écrit en
trois livres les origines du monastère depuis l'an
628 ju: qu'à l'an 999 ; c'est la première partie de sa

continuation. La soconde partie, divisée en denx li-
vres, va de l'an 1183 à l'an 1366. Mais le chroni-
queur poussa encore plus loin : il voulut fo:'mer un
tout de ce qu'il avait écrit ou de ce qu'il avait trouvé
écrit sur les gestes des abbés de Saint-Trond, comme
on le voit dans la préface de sa première partie; il
corrigea l'ouvrage même de Rodulphe, et le divisa
en chapitres. Ce continuateur fut moine de Saint-
Trond, mais on ignore sou nom. Vid. Prolegomena,
tome CLXXIII de la Patrologie, col. 11 et suiv.
(L'éditeur.)

1 Tom. IX Spicileg., pag. 675.

9 Mabillon., lib. LXIV Annal., num. 131, et in
Analectis, pag. 471.

3 Vita Lielberti, cap. II, pag. 676.
4 Epist. Sibert. ad Rodulp., in Analect., pag. 465.
8 In Analectis Mabillon, pag. 465.

avare de ce qu'en offrant son fils à Dieu dans les recueils cités. Elle est adressée au duc le monastère, il voulait frauder cet enfant Waléramne, à qui Raoul recommande sa des biens qui lui étaient dus. La raison que communauté. La seconde lettre est adressée le père alléguait, était qu'il ne pouvait, sans à Etienne, évêque de Metz. C'est comme un simonie , faire une oblation de cette nature. supplément de celle qu'on rapporte au neuRaoul fait voir que ce n'était de sa part au- vième livre, et qui lui fut écrite par Raoul. cune crainte de simonie, mais un motif d'a- L'une et l'autre ont été conservées par le varice qui le faisait agir; que la portion de premier continuateur qui les a insérées dans bien échue à son fils dans le siècle devant le le neuvième livre. Raoul raconte à l'évêque suivre, de droit divin et humain, dans l'E- de Metz les exactions et les violences que la glise, il n'y avait point de simonie du côté de communauté avait éprouvées de la part du ceux qui l'exigeaient. Il ajoute que les mo- comte Otton, fils de l'avocat Gislebert. On nastères ne sont pas établis pour décharger peut aussi ranger parmi les lettres de Raoul les familles des riches, mais pour y nourrir la relation qu'il adressa à ses moines au suceux qui sont véritablement pauvres de biens, jet de l'invention des reliques des saints marcomme les riches qui choisissent ces retraites tyrs de la légion thébéenne, arrivée au temps par un esprit de pauvreté. Dans la seconde où il vivait dans le monastère de Saint-Panpartie, Raoul avertit Sibert et ses inoines de taléon. Surius a publié le premier les Actes ne rien exiger de cet avare, ni de qui que ce de la translation des reliques de saint Gésoit, pour la réception de leurs enfants; qu'on réon, un des martyrs de la légion thébéenne, peut les avertir qu'ils doivent à l'Eglise, à qui et après lui Martène et Durand , dans leur ils les offrent, la portion de bien qui leur Collection. Cette relation de Raoul est reproest échue, mais qu'on ne doit pas les con- duite dans la Patrologie, tome CLXXIII, col. Iraindre à la donner; enfin, que comme il 433-438, d'après Pertz, Monumenta Germania est au pouvoir des moines de ne pas rece- historica.] voir l'enfant, le père est libre aussi de ne pas 37. Au huitième livre de sa Chronique, donner au monastère les biens échus à son Raoul fait mémoire d'un ouvrage qu'il avait Raoal non imfils. Il décide, en général, que les moines ne composé contre les simoniaques ?. Il était moment sur peuvent exiger quoi que ce soit pour la ré- dédié à Lietbert, chanoine de Lille, et divisé ception des enfants ou des novices, sans en- en sept livres. Dom Mabillon dit l'avoir vu, courir le crime de simonie. Il va plus loin et avec les deux lettres dont nous venons de dit qu'en recevoir par l'espérance de la ré- parler, dans un manuscrit de l'abbaye de tribution, c'est encore simonie, sinon devant Gembloux. Par le sommaire qu'il donne de les hommes, du moins devant Dieu. Ces ces sept livres, on voit que Raoul entrepredeux lettres, celle de Sibert et la réponse de nait de montrer que dans les églises, soit des Raoul, ont été publiées pour la première fois villes, soit de la campagne, il n'y avait ni par dom Mabillon, dans ses Analectes. [Elles offices, ni prébendes, ni dignités, ni ordinase trouvent à la suite de la première conti- tions exemptes de simonie. (Raoul avait com. nuation de la Chronique de Saint-Trond, et ont posé un catalogue de ses ouvrages, comme été imprimées dans les Monumenta Germaniæ nous l'apprend le premier continuateur de historica , t. X, d'où elles ont passé au tome sa Chronique, livre VIII, chap. xv.] Cet abbé CLXXIII de la Patrologie latine, col. 193-208. possédait l'Ecriture sainte et n'était pas ignoLa lettre de Raoul à Sibert parait avoir été rant dans la belle littérature. Mais il fut plus écrite après 1123. Nous avons encore deux recommandable par sa piété et par son zèle autres lettres de Raoul. La première, écrite pour l'observance régulière. entre 1119 et 1138, a été donnée au public par Le Mire, Opp. dipl., et de là elle a passé dans Rodulp., in Chron., pag. 450.

Ecrits de

ne

gement sur Raoul.

CHAPITRE XXI.

Hugues de Fleury (vers 1120]; Florent Bravon, moine (1118]; Pierre

de Honestis, prévôt (1119); Gilbert, évêque de Londres ; Udalric de Bamberg; (Ponce, 'abbé de Saint-Ruf, 1124); Jean de Coutances; Drogon, cardinal; Vivien de Prémontré.

[Tous auteurs latins.]

Fleury.

Hugnes de 4. Hugues, surnommé de Sainte-Marie, à Yves de Chartres. Le premier livre, dans

était moine de l'abbaye de Fleury-sur-Loire, ce manuscrit, ne commence qu'à Ninus, predans le diocèse d'Orléans'. On ne sait ni mier roi des Assyriens, et le quatrième finit l'année de sa naissance, ni celle de sa mort, à Charles-le-Chauve, roi de France, ou à la et l'on n'est pas plus informé de son origine, mort de Lotbaire en 855. Le manuscrit est ni de ce qu'il était avant de se consacrer à donc bien différent de celui de la bibliothèque Dieu dans l'état monastique. Mais on voit du roi, où l'Histoire ecclésiastique de Hugues par le grand nombre et la qualité de ses commence avec le monde et ne finit qu'en écrits, qu'il faisait son application principale 1034. Dans celui de Saint-Denis, cette bisde l'étude, qu'il avait une grande connais- toire est suivie de celle des Gestes des rois de sance de l'histoire, tant sacrée que profane, France, tirée des écrits de saint Grégoire de et qu'il était théologien et canoniste. (Son Tours, de Frédegaire et autres anciens style est clair, précis et plus pur que celui historiens, mais elle paraît d'un autre écride la plupart des ouvrages composés à la vain. L'Histoire ecclésiastique de Hugues même époque.] Ses ouvrages n'ont pas en fut imprimée, sans division de livres, à Munscore été tous rendus publics.

ter et en Westphalie, en 1638, avec un pro2. Son Commentaire sur les Psaumes se logue en vers à Louis-le-Gros, à la suite de trouve parmi les manuscrits des bibliothèques la lettre à Yves de Chartres. L'édition est d'Angleterre. Il est cité 2 dans la Bibliothèque in-4° et due aux soins de Bernard de Rottensacrée du père Lelong. On conserve 3, dans dorff, qui l'a enrichie de ses notes. Marquard celles du roi et de Saint-Victor, ses quatre Fréhérus en avait publié une partie sous le livres de l'Histoire ecclésiastique 4. Hugues les nom d'Yves, dans le corps de l'Histoire de dédia à Yves de Chartres 5. Ils commencent France imprimée à Hanovre en 1611, c'est-àà la création du monde et vont jusqu'en 1034. dire ce qui regarde Ninus et la suite des évéAndré Duchesne rapporte un fragment du nements jusqu'au grand Constantin. Lambétroisième livre 6, où il est parlé de la situa- cius rapporte à l'évêque de Chartres 8 ce tion et des provinces de la Gaule. L'inscrip- qu'on lit dans cette histoire touchant Louistion de cette histoire dans le manuscrit de le-Débonnaire. On doit ' à André Duchesne Saint-Denis 7 porte que Hugues la composa deux autres parties : celle qui va depuis l'an en 1110 pour dame Adèle, comtesse de 923 jusqu'en 987, et l'autre qui contient ce Chartres, de Meaux et de Blois, et qu'il se qui s'est passé depuis 987 jusqu'en 1034. On servit des histoires publiées auparavant. Cette donne quelquefois le nom de Chronique à inscription est suivie de l'épitre dédicatoire cette histoire, et c'est, je pense, ce qui a oc

Ses como mentaires ot son Histoire ecclésias. tique.

aumilaamaan

1 On peut voir les Prolégomènes de Waitz, tome
CLXIII de la Patrologie latine. (L'éditeur.)

2 Pag. 785.
3 Idem, Bibliot. Histor. Galliæ, num. 1518.

D'après les auteurs de l'Histoire littéraire de
France, tome X, ces quatre livres seraient un pre-
mier travail que Hugues aurait retouché et aug.
menté dans la suite. C'est ce travail qui a été publié.
(L'éditeur.)

6 Ils ne sont point dédiés à Yves, mais bien à la comtesse Adèle; seuleinent Hugues envoya l'histoire retouchée et augmentée à Yves pour l'examiner et la corriger. Voy. Hist, litt., tom. X. (L'éditeur.)

6 Tom. I Rerum Francor., pag. 347.
7 Mabillon, lib. LXXI Annal., num. 98.
8 Lambecius, tom. II, pag. 858.

9 Duchesne, tom. III Scriptor, de reb. Franc., pag. 347, 349, et tom. IV, pag. 142, 143.

stes des rois

Puissance royale et de la dignité sacerdotale.

casionné d'attribuer à Hugues de Fleury deux qu'il fit présent à l'abbaye de Saint-Denis
ouvrages à peu près de même nature, une d'un des clous avec lesquels on attacha Jésus-
histoire universelle et une chronique dans le Christ à la croix, et d'une particule de sa
même goût, ce qui ne peut guère se soute couronne d'épines; que Girard, comte de
nir. [L'Histoire de Hugues a été réimprimée Bourgogne, bâtit deux églises, dont une à
dans le tome CLXII de la Patrologie latine, Vézelai, où est à présent, dit l'auteur, le tom-
col. 805-834, d'après les Monumenta Germa- beau de sainte Madeleine; l'autre à Poutières,
niæ historica, tome IX. On y trouve les deux où il fut enterré lui-même. (Un autre frag-
éditions revues sur les manuscrits, mais elles ment de l'Histoire des Rois modernes a été in-
n'y sont point en entier; on en donne seule- séré dans le tome XII du Recueil des béné-
ment des extraits considérables.]

dictins; il est traduit, avec l'épître dédicaHistoire des 3. Mais il composa pour l'impératrice Ma- toire, au tome VII de la Collection des e France. tbilde une Histoire des Rois modernes de moires relatifs à l'Histoire de France, par

France ?, c'est-à-dire de la seconde race, afin M. Guizot, pages 61-92.]
de faire connaître la noblesse de ses ancêtres 5. Hugues de Fleury, voyant que les disputes Traité de la
à la postérité. Hugues dit que jusque-là au- élevées depuis quelque temps dans l'Eglise au royale et de
cun historien n'avait donné de suite les gestes sujet de la puissance royale et de la diguité cerdotale.
de ces princes, mais seulement quelques sacerdotale s'aigrissait de jour en jour et com-
morceaux épars de leur histoire. Il com- mençaient à se répandre de tous côtés, essaya
mence la sienne à Charles-le-Chauve, fils de de les apaiser par un écrit qu'il composa sur
Louis-le-Débonnaire . Dom Martène a placé ce sujet et qu'il dédia à Henri Ier 4, roi d'An-
dans le lome ser de ses Anecdotes l'épitre dé- gleterre. Ce fut avant l'an 1135, puisque ce
dicatoire à Mathilde, et le commencement prince mourut en cette année, au mois de
du livre, tirés l'un et l'autre d'un manuscrit décembre. Hugues le prie de faire examiner
de Saint-Trond, (maintenant de Liége. L'His- son ouvrage par des gens habiles, d'y corri-
toire des Gestes des rois de France a été pu- ger ce qui se trouve défectueux, et au cas
bliée en entier par Waitz, dans les Monu- qu'on le juge utile au public, d'employer son
menta Germania historica, tome IX, et de la autorité pour lui donner cours. Il supplie
elle a passé dans la Patrologie, tome CLXIII, aussi les évêques, tous les prélats et les clercs
col. 873-912.) Ce ne peut être la même his- de l'Eglise catholique de le prendre en bonne
toire que celle du manuscrit de Saint-Denis, part, et de le lire dans le même esprit qu'il
dont on a parlé plus haut, intitulée : Des l'avait composé, c'est-à-dire pour le bien de
Gestes des rois de France, puisque celle-ci re- l’Eglise.
montejusqu'aux rois de la première race et que 6. Son but, en effet , est de détruire une
l'auteur ne parle qued'après Grégoire de Tours erreur qui s'y était répandue 5. On soutenait ce traitě.
et Frédegaire. (Cette histoire est publiée en que la puissance royale ne vient point de
entier dans les recueils cités à la suite de Dieu, mais des hommes; qu'ainsi la dignité
celle des Gestes des rois de France; elle a été sacerdotale lui est supérieure, ayant été éta-
revue par Waitz, sur les manuscrits. Le même blie de Dieu. Hugues fait voir que l'une et cap. i.
éditeur a joint aux cuvres bistoriques de l'autre de ces dignités sont de Dieu, parce
Hugues des fragments relatifs à l'histoire des que, selon saint Paul, il n'y a point de puis-
rois de France.]

sance qui ne vienne de Dieu; el, commenC. qu'elle 4. Quoique le fragment publié par dom çant par la puissance royale, il raisonne en per argeable. Martène soit petit, il ne laisse pas de conte- substance comme il suit : Ce que la tête est

nir plusieurs choses remarquables. On y voit dans le corps, le roi l'est dans son royaume;
que Charles-le-Chauve bâtit la ville de Com- tous les évêques du royaume lui sont soumis,
piègne, et qu'il lui donna son nom, voulant non à raison de leur dignité, mais du bon
qu'on l'appelât Carolopolis 3; qu'il enrichit ordre qui demande l'unité ou l'union des
l'église de ce lieu du précieux linceul qui membres avec leur chef; il est du devoir d'un ..
servit à ensevelir le corps de notre Seigneur; roi de corriger ses sujets et de les rappeler

Analyse do

i Tom. I Anecdot., Martene, pag. 327.

2 Outre l'histoire des Gestes des rois de France, Hugues composa une histoire abrégée et succincte des Français. Waitz u'a point voulu l'éditer, parce qu'elle répète à peu près les mêmes choses et dans les mê.

mes termes : elle ne fait guère que changer l'ordre
des matières (L'édileur.)
3 Tom. I Anecdot. Martene, pag. 329.

Tom. IV Miscellan., Baluz., pag. 9.
5 Baluz., tom. IV, lib. II, pag. 12.

Cap. iv. à la voie de l'équité et de la justice; il peut cesseurs de saint Pierre dans le siége apos

les y rappeler par la terreur des peines tolique; et pour marquer avec quel concert comme par les lois; à cet égard, le royaume les rois et les empereurs chrétiens ont agi céleste reçoit des avantages par le royaume avec les pasteurs de l'Eglise, il rapporte d'un terrestre, en ce que la puissance royale fait côté les avantages que le grand Constantin a par la crainte ce que le prêtre ne peut faire faits à l'Eglise de Rome, comme il est marpar la force seule de ses discours. Encore qué dans l'acte de donation faussement attrique les rois doivent s'appliquer à être utiles bué à ce prince; les secours que les rois à leurs peuples, on ne doit pas refuser l'o- de France ont prêtés aux papes opprimés; la béissance et le respect aux princes qui agis- déposition des papes intrus, par ordre des sent autrement, parce que Dieu, souvent à empereurs, qui en même temps leur en ont cause de nos péchés, nous donne des rois fait substituer de légitimes; la part que les dans sa fureur; nous devons au contraire rois et les princes ont eue aux élections ecprier pour eux, suivant la coutume de l'E- clésiastiques, et le décret du pape Nicolas II glise, et rendre à César ce qui est dû à César, par lequel il accorda, en 1058, à l'empereur c'est-à-dire l'honneur et le service, en con- Henri et à ses successeurs, que l'élection servant à Dieu une inviolable pureté de corps d'un pape ne se ferait pas sans lui en avoir et d'esprit.

donné avis. Il fait remarquer de l'autre côté v. 7. Hugues pense aussi que le roi a le pou- l'autorité que les prophètes dans l'ancienne

voir d'accorder à un clerc l'honneur de l'é- Loi, et les évêques dans la nouvelle, ont toupiscopat, mais que c'est à l'archevêque à lui jours eue sur les rois, pour les obliger à renconfier le soin des âmes. Il fonde son senti. trer dans la voie du salut. Nathan reproche ment sur l'usage où les princes chrétiens à David son adultère et l'en absout; saint étaient de nominer aux évêchés 1. Mais il en Ambroise interdit à Théodose la communion excepte les Eglises où le clergé et le peuple de l'Eglise jusqu'à une salisfaction convenaétaient en possession de choisir leur évêque, ble pour son crime; saint Germain, évêque et regarde comme une tyrannie la tentative de Paris, excommunie Caribert, roi de France, que le roi ferait de les troubler dans cette pour s'être séparé de sa femme et tenir dans possession. Il ne veut pas non plus que l'é- son palais deux femmes sous-introduites. De vêque élu reçoive l'investiture de la main du tout cela , Hugues conclut que si chaque roi par la tradition du bâton pastoral et de puissance veut se contenir dans ses bornes l'anneau, mais seulement l'investiture des et ne pas empiéter sur les droits de l'autre, biens temporels de l'Eglise; c'est de l'arche- il sera aisé de maintenir la paix entre elles.

vêque qu'il doit recevoir l'anneau et la crosse. Il paraît dire, sur la fin du second livre, qu'il VI, VIII, IX. 8. L'auteur descend dans le détail des de avait traité la même matière avec étendue

voirs d'un évêque et de ses pouvoirs; il dit dans un autre livre. Mais cela se peut à la
qu'il tient de Dieu et de notre Seigneur Jésus- rigueur entendre du premier livre de ce
Christ la puissance d'ouvrir et de fermer le traité. Il est écrit clairement et solidement.
ciel aux hommes. Il enseigne que les rois Baluze lui a donné place dans le tome IV de
mêmes doivent s'éloigner de ceux que l'évè. ses Mélanges. [ll a été réimprimé par Mansi,
que a excommuniés, et déclame contre la tome III, Miscellanea, d'où il a passé au tome
simonie et le parjure. Tel est en substance CLXIII de la Patrologie latine, col. 939-975.)
le premier livre de Hugues de Fleury.

10. On a, dans les Bollandistes, au tome V Derrième

9. Dans le second, il prouve plus particu- de mai ?, une Vie de saint Sacerdos, évêque Sacerdos. lièrement que Dieu a établi deux puissances de Limoges, composée par Hugues de Fleury*; dans son Eglise, la royale et la sacerdotale, mais l'auteur semble dire, en un endroit, pour le bien des peuples dont elle est com- qu'il n'a fait que corriger une ancienne Vie posée. Il commence sa preuve par les rois du saint qui était demeurée dans l'obscurité. et les prophètes de l'Ancien Testament, aux. On lui attribue une petite Chronique des Gaules, quels, selon lui, les rois et les évêques ont depuis Pharamond jusqu'à Pbilippe fer, mort succédé dans le Nouveau. Sous le nom d'é, en 1108. Elle est imprimée à la fin des cuvêques, il entend particulièrement les suc- vres d'Yves de Chartres, de l'édition de Pa

Vede saint

line, pag. 46.

1 Le prince séculier n'a ce pouvoir que par concession de l'Eglise ou du pape. (L'éditeur.)

2 Apud Bolland., toin. II Maii, ad diem 5, pag. 14,22.

Elle est reproduite au tome CLXII de la Patrologie latine, col. 975-1004. (L'éditeur.)

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