Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

riet al.

de Paris, l'autre de l'abbaye de Fleury, où vait vivre en paix. Saint Anselme lui conseille
se trouvaient les hymnes, pour tous les offi- ou de se séparer de ce supérieur, avec sa
ces du jour jusqu'à complies. Le reste man- permission, ou de lui obéir en patience et en
quait, c'est-à-dire le Psautier même de la silence, parce qu'on n'est point obligé de re-
Vierge; et ces deux manuscrits étaient sans prendre ceux qui s'offensent des remon-
nom d'auteur. Il y a donc tout lieu de douter trances au lieu de s'en corriger. Anselme
qu'il soit de saint Anselme, surtout si l'on avait prêté des livres de la bibliothèque du
fait allention qu'il y a dans ce Psautier quan- Bec à une autre communauté. On les lui ren-
tité d'endroits qui ne répondent point à l'é. voya comme s'il les eût réclamés, avant qu'on
lévation ni à la solidité de son esprit. s'en fût servi. La lettre qu'il reçut à ce sujet Epist 10.

l'affligea. Il y fit une réponse très-obligeante,
§ VI.

dans laquelle il proteste n'avoir aucune part Des Lettres de saint Anselme. Livre premier.

à la répétition des livres, et offre tout ce qu'il

y avait dans la bibliothèque, assurant RoLettres de 1.On a remarqué dans sa Vie qu'il demeura dulphe, à qui sa lettre est adressée, qu'il lui se it. I, pag. pendant trente-trois ans dans l'abbaye du fait cette offre du consentement de son abbé

Bec, qu'il y fut trois ans simple religieux, et de toute la communauté.
quinze ans prieur et quinze ans abbé; qu'en- 4. Girard, monétaire à Arras, pensait à 13.
suile on le plaça sur le siége archiepiscopal quitter le monde et à se faire moine au Bec;
de Cantorbéry, qu'il occupa environ seize mais il était redevable à quelques-uns de ses
ans. On a suivi cet ordre dans la distribution créanciers. Anselme lui conseilla de s'adres-
de ses lettres, qui font la troisième partie de ser à Lanfranc, alors archevêque de Cantor-
ses cuvres. Le premier livre contient celles béry, avec assurance de recevoir de ce pré-
qu'il écrivit avant d'être abbé du Bec; le se- lat de quoi s'acquitter; qu'ensuite il pourrait 12.
cond, celles qu'il écrivit étant abbé; le troi- se présenter au monastère pour y être reçu.
sième et le quatrième, celles qu'il écrivit pen- Lanfranc aimait cette maison et lui faisait de
dant son épiscopat. Ce qui fait en tout quatre temps en temps des présents. Il y a plusieurs 11,17,14.
cent vingt-six lettres, suivant l'édition de dom lettres à Gondulphe, ami particulier de saint
Gerberon. Mais il lui en est échappé plusieurs Anselme. Comme elles ne contiennent que
dont on parlera dans la suite.

des marques de tendresse, nous ne nous y Pezire 2. Aussitôt que saint Anselme eut avis arrêterons pas, et nous en userons de même

de la promotion de Lanfranc à l'archevêché à l'égard de toutes les autres qui ne montre-
de Cantorbéry, il lui en écrivit une lettre de ront rien d'intéressant pour notre sujet. Il
félicitation, à laquelle il joignit un petit pré- détourna un moine nommé Henri de faire le
sent que Lanfranc lui-même avait autrefois voyage d'Angleterre en Italie pour délivrer

donné à un moine du Bec, et qui était passé de la servitude une sour, qu’un riche voulait Epist. : à Anselme. Il y joignit une lettre pour Odon y réduire injustement. Ses raisons sont qu'il s.

et Lanzon, deux moines de Cantorbéry, dans n'appartient pas à un moine d'entreprendre
laquelle il leur prescrivait, suivant leurs dé- une affaire de cette nature au préjudice de
sirs, un plan de vie plus sainte que celle l'observance des devoirs de son état, de la
qu'ils avaient menée jusqu'alors. En suppo- santé de son corps et da salut de son âme.
sant qu'ils trouveront dans la lecture de l'E- Dans sa lettre à Rodulphe, il le prie, au nom ..
criture sainie, à laquelle il les exhorte, toutes de son prieur, de lui noter un Antiphonaire.
les lumières nécessaires pour se conduire 5. Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, M.2, 23,
sagement, il se contente de leur dire de ne avait un neveu qu'il aimait tendrement. Il 24
point s'arrêter à ce qu'ils avaient fait de bien l'envoya au Bec préférablement à tout autre
jusque-là, mais de s'avancer de plus en plus monastère , pour y être élevé dans la vertu
dans la perfection, et de vivre avec autant de et dans les lettres. Le jeune homme y fut
piété que l'on en remarque dans ceux qui reçu avec joie, y prit l'habit monastique et
donnent à juger par leur conduite qu'ils sont s'y rendit aimable par sa vertu. Son oncle
du nombre des prédestinés.

lui avait défendu de lire au réfectoire et au €. 3. Un moine nommé Hugues l'avait con- chapitre, jusqu'à ce qu'il eût appris les psau

sulté sur la façon de se comporter envers son mes et qu'il se fût accoutumé aux exercices
supérieur, qui n'était pas de bonnes moeurs, de la vie monastique. Le jeune homme ne
et avec lequel, pour cette raison, il ne pou- put soutenir cette défense pendant un an. Il

24, 31.

38, 61.

fit tant d'instance à ses supérieurs, qu'on lui savoir ce qu'il convient de faire en cette oc-
permit de lire en communauté. L'archevêque casion. A l'égard des prêtres incontinents, il
en témoigna d'abord du mécontentement, est d'avis qu'on leur fasse subir avec rigueur
mais il se radoucit envers son neveu, quand la sentence rendue contre eux par le Siege

il apprit de saint Anselme de quelle manière apostolique, en sorte qu'ils ne fassent aucune „Epist. 34, la chose s'était passée. Ce saint lui avait en fonction de leur ministère. Il veut qu'on agisse

voyé un de ses religieux qu'il estimait beau- différemment envers ceux qui étant dans les
coup, nommé Maurice. Il profita de son sé- ordres sacrés sont tombés dans l'impureté,
jour en Angleterre pour avoir, par son moyen, mais secrètement, pourvu qu'ensuite ils aient
la Règle de saint Dunstan, le trailé des Temps, confessé leurs péchés et en aient fait péni-
par le vénérable Bède, les Aphorismes avec tence; il croit qu'on peut leur permettre
les gloses, et lui recommanda de n’apporter l'exercice de leur ordre.
que les exemplaires les plus corrects, afin 8. Il avait dans son monastère les Epitres Epist. 57.
qu'on pût s'en servir pour corriger les exem- de saint Paul, et dans un même manuscrit
plaires de ces ouvrages, qui se trouvaient les Commentaires de Lanfranc sur ces épîtres.

dans la bibliothèque de l'abbaye du Bec. Cet archevêque lui demanda les Epitres ; 43. Maurice n'était pas le seul des moines de ce et Anselme ne pouvant les séparer du ma

monastère auprès de l'archevêque de Can- nuscrit qui contenait les commentaires, il le
torbéry. Saint Anselroe y en avait envoyé pria de les lui renvoyer. Par une autre let- 63.
plusieurs, apparemment pour le service de tre, il pria Lanfranc d'examiner et de corri-
la cathédrale ; et quoiqu'il sût qu'ils ne man- ger son Monologue. Dans l'incertitude du ju- 65.
quaient point d'instructions ni de conseils de gement qu'il en porterait, il écrivit à Mau-
la part de Lanfranc, il ne laissait pas de leur rice, qui devait retourner dans peu au Bec,
en donner encore par lettres.

de rapporter le Monologue au cas que l'arche35, 46. 6. Mais il ne trouvait pas aisément des per- vêque y eût corrigé quelque chose, sinon de

sonnes à qui il pût les confier, surtout quand le laisser à Cantorbéry, parce qu'il avait
il en adressait en Angleterre. Les passages lui gardé l'original.
étaient aussi bouchés pour la France. Les 9. Sa lettre à Paul, nouvellement élu abbé 1.
gens de guerre y insultaient les voyageurs, et de Saint-Alban, est un compliment de con-
lorsqu'ils rencontraient un moine, ils le dé- gratulation sur sa promotion, et une instruc-
pouillaient, lui prenaient son équipage et tion sur ses devoirs en qualité de supérieur.
tout ce qu'il porlait. C'est ce qui empêcha Il lui conseille d'instruire les peuples plus
saint Anselme d'aller voir Folcérade son pa- par sa bonne vie que par ses discours, puis-

rent, et de lui envoyer les oraisons qu'il avait qu'il se trouvait dans un pays dont il n'en52, 53. fait décrire pour lui. Il écrivit à Foulques tendait pas la langue; de s'appliquer à se

que s'il ne pouvait, sans désobéir, refuser la faire plus aimer par sa douceur et sa bonté,
dignité qu'on lui offrait, il devait l'accepter que craindre par une justice trop sévère qui
et en remplir les devoirs avec exactitude; et ne pardonne à personne. Un autre abbé 76.
à l'abbé Gauthier, qu'il ne lui était pas per- nommé Raynaud lui avait demandé son Mo-
mis d'abandonner sa communauté à cause nologue. Saint Anselme ne put le lui refuser;
de quelques calomnies répandues contre lui, mais il lui recommanda de ne point le com-

vu qu'on en avait fait voir la fausselé muniquer à des vétilleux ni à de grands par56. 7. L'abbé Guillaume l'avait consulté au leurs. Il craignait qu'ils ne condamnassent

sujet d'un comte excommunié, qui ne laissait ses expressions sans les comprendre, comme
pas d'assister à la messe; et de certains près il était déjà arrivé à quelques-uns, qui voyant
tres, qui ne gardaient pas la continence et que saint Anselme s'était servi du terme de
continuaient toutefois de monter à l'autel. substance au lieu de personne, en parlant de
Saint Anselme répond qu'il doit première- Ja sainte Trinité, s'imaginaient qu'il admet-
ment avertir ce comte de s'abstenir de l'en- lait en Dieu trois substances proprement
trée de l'Eglise, et d'observer tout ce qui lui dites, quoique sous le nom de substance il
était prescrit par la sentence d'excommuni- entendît avec les Grecs ce que les Latins en-
cation; en second lieu , au cas que ce comte tendent par le mot de personne.
n'écoutât pas ses remontrances, consulter ou
le Saint-Siège, ou quelqu'un qui en ait l'au-
torité en qualité de légat ou autrement, pour

[ocr errors]
[ocr errors]

§ VII.

saint Anselme lui prescrivit se réduisit à l'a

mour de Dieu et du prochain. « Dieu, lui Lettres du second livre.

dil-il, ne fait part de son

dit-il, ne fait part de son royaume qu'à ceux 181,

1. Les sept premières lettres du second
1. Les sept premières lo

quil'aiment plus qu'eux-mêmes, et quiaiment
livre sont ou des actions de grâces à l'arche- leur prochain comme eux-mêmes. Il suit de
vêque Lanfranc, pour les secours qu'il en- cet amour qu'ils ne veulent que ce que Dieu
voyait à l'abbaye du Bec, qui était dans le veut, et qu'ils ne veulent aussi que ce que
besoin, ou pour des présents qu'il faisait à veut leur prochain, pourvu qu'il ne veuille
l'église de ce monastère, ou des recomman- rien contre la loi de Dieu. De là vient qu'ils
dations pour ceux de ses moines qu'il faisait aiment la prière et se plaisent à s'entretenir
passer en Angleterre. Car il faut se souvenir des choses de Dieu; qu'ils compatissent aux
que toutes les lettres de ce second livre furent besoins de leurs frères; qu'ils donnent vo-

écrites depuis qu'on l'eut élu abbé du Bec. lontiers aux pauvres; qu'ils méprisent les s. Il joignit à la huilième lettre son traité du Mal, richesses, les voluptés, les honneurs. » De

d'où il prend occasion d'expliquerune seconde tout ce détail, ce saint abbé conclut que de
fois comment on peut dire que le mal n'est l'amour de Dieu et du prochain dépendent
rien, quoique le nom de mal signifie quelque la loi et les prophètes.
chose dont nous avons horreur. 'Il fait là. 3. Pendant qu'il était en Angleterre pour Epist. 12, 33
dessus de fort subtils raisonnements, qu'il les affaires de son abbaye, il reçut une lettre
rend sensibles par l'exemple de l'état de du pape Urbain II, qui lui ordonnait d'aider
cécité. Ce n'est qu'une privation de la vue, l'évêque de Beauvais dans le gouvernement
conséquemment rien en lui-même. Mais le de son église; et, en cas d'absence, d'en-
mot d'aveugle ne laisse pas de signifier quel voyer pour le service de cette église quel-
que chose, savoir, que la vue manque où elle qu'un de ses moines qui eût du zèle el de la
devrait naturellement se trouver.

science. Il lui manda par la même lettre d'en11. 2. Saint Anselme ayant été fait abbé du voyer à Rome ce qui était resté en Angle

Bec, il crut qu'il devait se qualifier abbé à la terre des effets du sous-diacre Hubert, et de
tête de tous ses ouvrages, non pour se donner la collecte du denier de saint Pierre, de ve-
à lui-même plus de relief, mais afin d'éviter nir lui-même le plus tôt qu'il pourrait visiter
l'équivocité du nom, parce qu'il était très- le Siége apostolique. Saint Anselme, dans sa
possible qu'il y eût alors d'autres écrivains réponse, fit l'apologie de l'évêque de Beau-
du nom d'Anselme. Il entrait quelquefois dans vais, contre lequel on avait prévenu le pape,

la conduite des autres monastères. Informé et lui exposa les persécutions qu'il avait à souf!.. qu'un moine de Saint-Pierre-sur-Dive était frir, soit de la part de ses chanoines, soit de

allé à Paris, contre la volonté de son abbé, la part de quelques laïcs, uniquement parce
pour y faire ses études, et qu'il y demeurait qu'il reprenait leurs désordres avec zèle. Cet
dans le monastère de Saint-Magloire, il lui évêque était allé à Rome pour se justifier lui-
ordonna de s'en retourner au sien, en l'as- même. Saint Anselme prie Urbain II de le

surant que son abbé, dont il avait la parole, renvoyer dans son diocèse avec des lettres 4,2. le recevrait avec douceur. Il n'en recevait de recommandation pour l'archevêque de

jamais dans son abbaye du Bec qu'ils n'eus Reims, pour les évêques voisins, et pour le
sent une lettre de leur abbé, scellée de son clergé et le peuple de Beauvais. Ensuite il
sceau, et ne croyait pas qu'un abbé pût rete. supplie le pape d'accorder au monastère du

nir chez lui un clerc malgré lui, avant que ce Bec quelques priviléges contre la domination * clerc eúl fait veu de stabilité. En ce cas il des évêques. Voyant depuis que l'évêque de

était obligé de demeurer dans le monastère Beauvais, quoique d'une vie pure, sucomoù il avait fait sa demande et le võu de bait sous le fardeau de l'épiscopat et les attamoine, c'est-à-dire d'obéissance. Saint An- ques de ses ennemis, il écrivit une lettre à selme était lié d'amitié avec un reclus nommé Urbain II pour le prier de décharger cet évêHagues. Sa réputation lui attirait la visite que du soin de son église, et de la confier à

des séculiers, touchés du désir de leur salut. un autre. a Il en envoya deux à l'abbé du Bec, pour re- 4. On a vu plus haut que Roscelin ensei

elo 35, 61. cevoir ses instructions, et il lui en demanda gnait que les trois personnes de la Trinité pour lui-même qu'il pût communiquer aux étaient trois choses réellement distinctes séculiers qui viendraient le voir. Tout ce que comme le sont trois anges ou trois âmes, et

qu'il soutenait que l'on ne pouvait sans cette raison à saint Nicolas, la lettre qu'il avait distinction concevoir comment le Père et le commencée contre Roscelin, et les autres Epist. 51. Saint-Esprit ne se seraient pas incarnés lettres qui pouvaient élre entre les mains de comme le Fils. Il tachait de donner cours à dom Maurice. ses erreurs en disant que saint Anselme pen.

S VIII. sait là-dessus comme lui. Cet abbé essaya d'abord de donner un bon sens à la proposi

Lettres du troisième livre. tion de Roscelin , disant que sans doute par 1. Celles que l'on trouve au commence- Irvislès les trois choses il entendait les trois relations, ment appartiennent à l'élection de saint Anselon lesquelles les trois personnes sont dis selme pour le siége archiepiscopal de Cantinguées entre elles, ce qui est avoué de tout torbéry. La première est adressée aux moines Epist. 1. le monde. Mais faisant attention qu'il ajou du Bec, à qui il fait part de son élection. tait que les trois personnes n'ont qu'une Quoiqu'il n'y eût consenti qu'après beaucoup même volonté et une même puissance, il en de résistance, il ne laisse pas de les presser conclut que la volonté et la puissance étant d'y consentir eux-mêmes, parce que la cirdans les personnes, non selon les relations, constance des temps le demandait ainsi. Il en mais selon la substance, et en tant qu'elles reçut une d'Osbern, moine de Cantorbéry, qui ?. sont un seul Dieu, il fallait que Roscelin, en l'exhortait à accepter l'épiscopat auquel Dieu disant que les trois personnes sont trois l'appelait si visiblement. Gondulphe, évêque choses, en tant que chaque personne est de Rochester, jugeant bien que les moines du 3. Dieu, admit trois dieux, ou ne sût ce qu'il Bec ne verraient qu'avec douleur qu'on leur disait. Saint Anselme, apprenant depuis que avait enlevé leur abbé, leur écrivit pour les Noscelin, en distinguant dans Dieu trois consoler. Par une seconde lettre, saint An- b. choses, disait qu'on pouvait dire aussi qu'il y selme leur manda de lui envoyer, ainsi qu'au a trois dieux, adressa une lettre à Foulques, roi, leur consentement par écrit. Le moine B. évêque de Beauvais, le priant de la faire lire Osbern, impatient du délai qu'il apportait à dans le concile que Raynaud, archevêque de son sacre, lui écrivit de le hâter, l'assurant Reims, devait assembler pour la condamna que l'on pleurerait toujours Lanfranc dans le tion des erreurs de Roscelin. Il fait profes- monastère de Cantorbéry, jusqu'à ce qu'enfin sion, dans cette seconde lettre, de croire tout on le vit en sa place. Les moines du Bec lui ce qui est contenu dans les Symboles des firent réponse que quelques-uns d'entre eux apôtres, de Constantinople et dans celui qui avaient, mais avec beaucoup de peine, con- 6. porte le nom de saint Athanase. Il dit de plus senti à son élection; que d'autres avaient

livre.

anathème à l'erreur enseignée par Roscelin. protesté qu'ils n'y consentiraient jamais. Dans Epist. 42, 43.

5. Lanfranc, un de ses moines, ayant ac- une troisième lettre, saint Anselme les assura cepté une abbaye contre sa défense, il lui en qu'il ne se voyait séparé d'eux qu'avec doufit de vifs reproches mêlés toutefois de dou- leur, et que, s'il avait refusé longtemps l'arceur, et lui déclara que n'étant point entré chevêché de Cantorbéry, ce n'était pas par dans cette dignité par l'obéissance, il ne de- une fausse humilité, comme quelques mauvait pas s'attendre à être bénit par l'archevê- vais esprits le répandaient. Il en appelle à la 7, 10, 11. que. C'étaient le prieur et les religieux de façon dont il s'était comporté étant ou prieur Saint-Vandrille qui l'avaient choisi pour leur ou abbé du Bec; et les prend à témoins, eux et abbé. C'est pourquoi saint Anselme leur écri- tous ceux qui l'avaient connu alors, si jamais vit qu'il ne consentirait pas à cette élection, il avait témoigné prendre plaisir à exercer la surtout depuis que Lanfranc les avait traités supériorité. Il proteste devant Dieu que s'il lui cruellement. Il ne croyait pas que lorsqu'un était permis, sans violer les lois de l'obéismoine élu abbé se faisait bénir par un évê sance et de la charité, il aimerait mieux vique, il dût de nouveau promettre obéissance vre en moine sous un supérieur, lui obéir et à cet évêque, puisqu'en faisant profession, lui demander ses besoins, que de commander suivant la règle de saint Benoît, un moine aux autres et de vivre dans l'abondance. promet l'obéissance, non-seulement à son Saint Anselme crut qu'il devait, en cette ocabbé, mais à tous ses supérieurs, ce qui ren- casion, repousser la calomnie, afin qu'elle ne ferme l'évêque. Son séjour en Angleterre fitimpression ni sur ses frères ni sur ses amis, ayant été plus long qu'il n'avait cru, il écri- qui auraient pu, sans cette précaution, se vit à Baudric son prieur de lui envoyer l'o- scandaliser de sa conduite. C'est pourquoi il

prie les moines du Bec de montrer sa lettre selme lui écrivait de temps en temps pour aux évêques et aux abbés qui étaient de ses l'exciter à s'avancer chaque jour dans la peramis. Il les exhorte aussi à se choisir au plus fection, lui disant qu'elle ne pourrait jamais tột un abbé.

s'assurer d'être du nombre des élus, qu'elle 2. Robert, duc de Normandie, l'avait con- ne vécut d'une manière si parfaite, que persulté sur cette élection; saint Anselme lui sonne ne pût lui être comparé. Il ajoutait proposa Guillaume, prieur de Poissy dans le même que, quelque progrès que l'on ait fait diocèse de Chartres. C'était apparemment une dans la vertu, on ne doit se croire qu'au predépendance de l'abbaye du Bec. Il le pro- mier degré de la perfection. posa aussi à Baudry, prieur de cette maison, 6. Les archevêques de Cantorbéry étaient Epist 19 et à la communauté. Guillaume fut choisi, et en possession de dédier toutes les églises des son éleclion agréée du duc Robert. Cepen- lieux dépendants de cette métropole, en dant l'archevêque défendit à Baudry de quit- quelque diocèse qu'elles fussent situées. ter sa place de prieur autrement que de son L'évêque de Londres voulut s'opposer à cet

consentement et de celui du nouvel abbé. usage. Saint Anselme consulta là-dessus 12. 3. Pendant que ces choses se passaient, il saint Vulstan, qui savait mieux qu'aucun

reçut une lettre de Valéranne, chantre de évêque d'Angleterre les usages anciens des l'église de Paris, son ami, dans laquelle il lui églises de ce royaume, et le pria de l'aider donnait avis que, s'étant retiré au monastère à soutenir son droit contre l'évêque de Londe Saint-Martin-des-Champs, dans le dessein dres. Il écrivit à Osbern', évêque d'Excester, 20. d'y prendre l'habit monastique, Geoffroy, de ne plus empêcher les moines du monasévêque de Paris, l'en avait fait tirer de force. tère de Bataille d'annoncer les offices divins Saint Anselme en écrivit à cet évêque, le par le son des cloches, et de réprimer les priant amiablement de ne point empêcher clercs de sa cathédrale qui s'opposaient à ce Valéranne de suivre sa vocation. Il montre, que ces moines enterrassent chez eux leurs par l'autorité de saint Grégoire-le-Grand ct confrères, quoique le pape Urbain II leur en du quatrième concile de Tolède, que ceux eût accordé le pouvoir. qui tendent à la perfection y arrivent plus 7. Consulté par l'abbé de Saint-Martin de aisément dans les exercices de la vie monas- Séez au sujet d'un moine ordonné par un tique que dans un autre état. Il ajoute que évêque interdit de ses fonctions, il répondit l'on ne pourrait entendre sans horreur qu'un que ce moine devait lui-même être interdit évéque ail renvoyé dans le monde ceux que des siennes pour toujours, c'est-à-dire de Jésus-Christ en avait retirés. Comme il n'é- celles qui étaient attachées à l'ordre qu'il tait plus alors abbé du Bec, et qu'il n'avait avait reçu; mais qu'on ne devait point le répas encore été sacré archevêque, il ne scella ordonner. Il déclara par la même lettre, que

25, 126. point sa lettre, ne voulant point se servir du celui qui avait fourni à une femme des hersceau de l'abbaye du Bec, qui ne lui appar- bes pour empoisonner son mari, ne devait

tenait plus, ni de celui de Cantorbéry. Il écri- jamais être ordonné. Il consulta lui-même 11, vit aussi à Valéranne pour l'exhorter à per- Hugues, archevêque de Lyon, sur le dessein sévérer dans sa vocation.

où il était d'abdiquer le siége de Cantorbéry, 1.1 4. Aussitôt qu'il eut appris qu'on lui avait à cause des mauvais traitements qu'il souf

donné Guillaume pour successeur, il en té- frait tant de la part du roi, que des évêques moigna sa joie, lui ordonnant de vivre avec et des seigneurs. Mais cet archevêque fut d'un ses moines comme leur père, et à eux de lui avis contraire. Il remontra à saint Anselme, obéir comme ses enfants. Les plus jeunes que s'il y avait en Angleterre de mauvaises d'entre eux lui avaient écrit sur la peine que terres, qui né faisaient point produire la seleur causait son absence, et pour lui deman- mence de la parole divine; il y en avait aussi

der sa bénédiction et l'absolution de leurs de bonnes, qui pouvaient rapporter beaue péchés. L'archevêque leur fit réponse par coup. Plus tard, saint Anselme conseillait à 21.

une lettre de consolation, qu'il finit en priant un abbé qui pensait à quitter sa dignité, à Dieu de leur accorder la rémission de leurs cause des chagrins et des peines qu'il troufautes.

vait dans le gouvernement, de continuer ses 5. La comtesse Ide, mère de Godefroy de soins à sa communauté, disant que c'est aux l&£L. Bouillon, vivait dans une grande piété et

faisait du bien aux moines du Bec. Saint An- Mabill., lib. LXIX Annnl., num. 3, pag. 346,

« ZurückWeiter »