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1639 à Anvers, en un volume in-folio; édi- cun de ces livres, il invective avec chaleur tion renouvelée par Fabricius, l'an 1718, à contre ses envieux, qu'il se flatte de confonHambourg, avec des notes qui jettent une dre par ses succès. Cet ouvrage n'était guère grande lumière sur le texte.

propre à leur fermer la bouche. Tels sont les ouvrages imprimés de notre Le second écrit est un abrégé d'astronoauteur énoncés dans le catalogue ou traité mie usuelle, intitulé : De solis affectibus. Il dont nous venons de rendre compte.

est le quatrième des sept livres de l'édition 17. Parmi ceux qui n'y sont point nommés, de Bâle dont on a déjà parlé. Le manuscrit et dont le public est en possession, le plus sur lequel il a été publié dans ce recueil, considérable est le traité intitulé de la Philo- ainsi que dans les grandes Bibliothèques des sophie du monde, partagé en quatre livres. pères, était fort défectueux; ou, ceux qui On le voit à la tête des sept écrits d'Honoré, l'ont fait imprimer, de mauvais lecteurs : publiés à Bâle en 1544. Il a passé depuis car on y trouve des fautes grossières de caldans les grandes Bibliothèques des pères de cul, et d'autres qui forment des contre-sens. Cologne et de Lyon. Notre auteur parle dans Le troisième est le livre des Hérésies, dans le premier livre de Dieu, de l'âme du monde, lequel Honoré parcourt sommairement les des anges et de l'âme humaine. Après avoir anciennes hérésies ou sectes, tant des juifs, prouvé l'existence de Dieu par la nécessité que des païens et des chrétiens. Il en compte d'admettre une Providence, il recherche la huit parmi les juifs, neuf parmi les païens et raison pourquoi le Père est appelé la puis- soixante-sept parmi les chrétiens jusqu'aux sance, le Fils la sagesse, et le Saint-Esprit la agnoëtes, où il finit. Cet opuscule, inséré volonté; pourquoi la création est attribuée dans les grandes Bibliothèques des pères, fut au Père, l'incarnation au Fils, et la rémis- imprimé pour la première fois à Helsmtat, sion des péchés au Saint-Esprit. Sur l'âme l'an 1612, avec le catalogue des hérétiques du monde il propose divers sentiments, et de Constantin Hermenopule, en un volume renvoie, pour connaître le sien, à ses gloses in-4o. sur Platon, que nous n'avons plus !. Il dis- Le quatrième, imprimé pareillement dans tingue deux sortes d'anges, les bons et les la grande Bibliothèque des pères de Lyon, mauvais. Il fait trois classes de ceux-là, dont est une liste chronologique des papes, qui la première habite, selon lui, le firmament, se termine à Innocent II. Elle est suivie, dans pour régler le cours des étoiles; la seconde un manuscrit de la bibliothèque du roi, d'une réside dans le ciel des planètes; la troisième pareille liste des empereurs d'Occident; et est répandue sur la terre pour prendre soin l’une et l'autre ne sont qu'une suite du quades hommes. Il ne dit presque rien de l'âme trième livre de la Philosophie du monde, qui humaine, parce qu'il doit en traiter à fond, les précède immédiatement dans le même dit-il, dans le dernier livre. De là il passe manuscrit. Les dernières paroles de ce livre aux principes de la physique, et finit par des le prouvent manifestement: Non arbitror inraisonnements sur la manière dont s'est exé- fructuosum, portent-elles, seriem temporum cutée la création.

huic operi inserere, quo lector cuncta transacti L'objet du second livre est la disposition mundi tempora queat uno intuitu agnoscere. du ciel.

Le cinquième contient des questions et des Le troisième concerne l'eau, l'air, le feu, réponses sur les Proverbes et l'Ecclésiaste. les cinq zones, les pluies et les autres mé- Nous remarquerons, d'après Cornelius à Latéores.

pide ?, que ces deux espèces de commenDans le quatrième, il s'agit de la terre et taires sont tirés mot à mot de ceux de Salode ses habitants. Mais ce qui occupe princi- nius, écrivain du ve siècle; à cette différence palement Honoré, c'est l'homme, dont il près que notre auteur a transporté un endonne une description anatomique assez droit de cet interprète, et en a retranché ou ample, et néanmoins fort superficielle. Ce changé un autre en partie. Car ce que dit qu'il dit sur l'âme ne répond pas à ce qu'il Salonius des trois noms de Salomon à la tête avait promis.

de l'Ecclésiaste, Honoré l'emploie pour la Dans les préfaces qui sont en tête de cha- préface de ses explications des Proverbes, et 1 M. Cousin dans les ouvrages inédits d’Abailard a CLXXII de la Patrologie, col. 245-252. (L'éditeur.) publié des fragments du commentaire d'Honorius ? Comment. in Eccles., pag. 6. sur le Timée de Platon. Ils sont reproduits au tome

Samma duodecin qox3tionem,

imprimés ou

à la fin de ces mêmes explications il abrège lui fait honneur non-seulement de tous les
ou supprime ce que l'autre avait mis dans dons de la sagesse, mais aussi de la grâce
les siennes. Ce plagiat n'est point honorable apostolique; ce qui semble dire qu'il avait
à la mémoire de notre auteur, supposé qu'il été promu à l'épiscopat. La matière dont
ait voulu faire passer le travail de Salonius notre auteur l'entretient ici, concerne les
pour le sien. Quoi qu'il en soit, ces questions sciences humaines et divines. Il dit que no-
et réponses, après avoir été publiées l'an 1554, tre exil consiste dans l'ignorance, et notre
à Cologne, sous le nom d'Honoré d'Autun, patrie dans la possession de la vraie sagesse
avec d'autres écrits, dans un volume in-8°, qu'il entreprend de développer. Il n'y a rien
ont été insérées depuis dans les Bibliothèques à qui mérite d'être remarqué.
des Pères, de Cologne et de Lyon,

4. Un traité Du libre arbitre, adressé à un
Les ouvrages suivants ont été tirés de l'obs- abbé nommé Gothescalc. Le dessein est le
curité par D. Pez.

même que celui de l'Inévitable, mais exécuté 18. 4° Un livre intitulé : Summa duodecim avec plus de brièvelé. Il n'y a que six chaquæstionum. Voici quelle en fut l'occasion. pitres d'Honoré; le reste consiste en passages Deux hommes, dit Honoré, l'un chanoine et de plusieurs pères. l'autre moine, s'étant rencontrés en voyage, 5• Un petit discours sur la Vie du cloître, se demandèrent réciproquement ce qu'ils qui contient une mysticité peu assortie à la étaient et d'où ils venaient. J'appartiens à portée du commun des lecteurs. saint Pierre, dit le chanoine; et moi, dit le 19. Ce sera D. Bernard Pez, comme nous Eerits non moine, à saint Michel. Le premier soutient en avons averti ci-devant, qui nous servira perdus. que son patron est le plus digne, comme de guide dans le dénombrement des écrits prince de l'Eglise et portier du ciel. L'autre non imprimés ou perdus de notre auteur. prétend au contraire que c'est le sien, étant o Un traité de l'Incontinence des prêtres. Il non-seulement ange, mais prévôt de la cour était compris dans la liste des livres dont un céleste. La dispute s'étant beaucoup échauf- moine, nommé Henri, avait fait présent à l'abfée sans qu'il y eût rien de conclu, quelques baye de Gotwic, au xi1e siècle. Mais il ne se personnes, dit notre auteur, m'ont demandé rencontre plus aujourd'hui parmi les masur cela mon sentiment. J'ai d'abord répondu nuscrits de cette maison, et on ne peut dire de vive voix; mais ensuite, à leur prière, j'ai où il existe. mis ma réponse par écrit. Honoré, pour ré- 2° Un grand ouvrage intitulé Summa totius soudre une question aussi futile, entreprend de omnimoda historia. Il est compris dans la d'établir douze points métaphysiques, à la donation du moine Henri, et annoncé sous fin desquels on est à peu près aussi avancé le nom d'Honoré. D. Pez dit avoir vu et par. qu'auparavant. Cet ouvrage est dédié à un couru, dans la bibliothèque de Gotwic, une Thomas, tout rayonnant de l'éclat de la sagesse, chronique anonyme qui portait ce titre, et suivant l'expression de l'auteur.

dans laquelle on rencontre des choses imDialogue 2° Un Dialogue entre le maître et le disciple, portantes pour l'histoire d'Allemagne. Mais tre et le dise sur huit questions théologiques, que celui-ci ce qui lui fait douter que ce soit la même

propose et que l'autre résout; les deux plus que celle d'Honoré, c'est qu'elle ne va que
importantes sont : 1° Jésus-Christ se serait-il jusqu'en 1058, et que l'auteur y nomme
incarné, si l'homme n'eût pas péché? Le maî- Adalbert, marquis d'Autriche, son seigneur.
tre répond affirmativement, sur ce que le ll semble aisé néanmoins de répondre à ce
principal motif de l'Incarnation n'a pas été, doute. D'abord, le manuscrit étant du xile
selon lui, la réparation du péché, mais la siècle, comme dom Pez en convient, n'est-il
déification de la nature humaine. 2° Quelle pas naturel de le confondre avec celui qui
est la destinée des enfants morts sans bap- venait du moine Henri? Que cette chronique
tême? La réprobation et le feu éternel, ré- finisse au milieu du XIe siècle, cela ne prouve
pond le maitre.

absolument rien contre Honoré, puisqu'on De l'exil et 3° Un traité De l'exil et de la patrie de lâme. peut dire ou que le manuscrit est mutilé, ou

Ce Thomas, à qui l'auteur avait dédié sa que l'auteur n'a pas eu le loisir de conduire
Somme des douze questions, est encore le Mé- son travail plus loin. A l'égard de ce que
cène qu'il célèbre à la tête de ce livre. Mais celui-ci témoigne, qu'il vivait sous la domi-
il avait crû en dignité dans l'intervalle de ces nation du marquis d'Autriche, nous avons
deux écrits, puisqu'Honoré, dans celui-ci, reconnu ci-devant qu'Honoré, voulant se li-

ciple.

de la patrie de l'ame,

vrer à la retraite, avait transporté son domi- de sa Chronique des chroniques. Mais est-il cile de France en Allemagne. Nous pourrions différent, ou non, du Summa totius dont on a ajouter quelque chose de plus positif, si nous parlé ci-devant? C'est ce que nous ne pouavions vu l'exemplaire de la Chronique d'Ho- vons décider. noré, qui, au rapport d’Arnoul Wion, avait go Des Homélies sur les Evangiles que saint passé des mains de Lazius dans la bibliothè- Grégoire n'a point expliqués. C'est encore un que de l'empereur au xvje siècle. Quoi qu'il ouvrage dont on ne peut garantir l'existence. en soit, Bellarmin s'est mépris en nommant 10° Un opuscule très-court sur les dix une édition de cette chronique faite à Bâle, plaies de l’Egypte. On en conserve un exemen 1544. L'ouvrage est encore dans les té- plaire, écrit au Xive siècle, dans la Chartreuse nèbres ?.

de Gemnic, en Allemagne 2. 3° Des extraits de saint Augustin, sur la 11° Notre auteur a fait, comme nous l'anature et les propriétés de l'âme, disposés vons déjà remarqué d'après lui, des gloses en forme de dialogue. D. Pez ne les a dé- sur Platon: ouvrage perdu ou profondément couverts, dans l'abbaye de Molk, qu'après enseveli. avoir publié son second tome d'Anecdotes, 12° Un volume de Lettres qui n'est condu où il a renfermé les ouvrages d'Honoré. Il que sur le témoignage de Trithème. témoigne son regret de cette omission, et 13° Un écrit intitulé : Suum quid de virtupromet de la réparer par la suite; mais il n'a tibus et vitiis. D. Pez, parlant de cette propas tenu parole.

duction, dil : Hoc quid monstri sit, nondum 4° Un livre de Questions théologiques, où il assecuti sumus. Quidquid id demum operis fueest traité des limbes, de l'enfer, du ciel, etc., rit, certe inter Honoriï opuscula in donatione tiré pareillement de saint Augustin et d'au- Henrici monachi hoc modo exprimitur. tres pères. D. Pez avait aussi dessein de le 14° Doublet 3 attribue encore à notre au. mettre au jour, et en est demeuré là.

teur un commentaire sur la Hiérarchie de so La Clef de la physique, Clavis physicæ. saint Denys l'Areopagite; mais l'on ne sait où « Il y en a, dit notre guide, qui prennent cet cet historien a puisé cette anecdote, et l'on ouvrage d'Honoré pour ses livres de la Phi- ne connaît ni bibliographe qui lui donne un losophie du monde. Mais, ajoule-t-il, le manus- pareil ouvrage, ni bibliothèque où il se crit du monastère de Zuetlen nous apprend trouve. le contraire. Car il y est disertement énoncé Il est inutile de réfuter l'erreur où est que la Clef de la physique était un abrégé des tombé Polycarpe Leyser 4, en mettant sur le cinq livres d'un certain Chrysostomius. Cet compte de notre auteur certains vers élégiaouvrage n'a donc point encore paru; mais ques rapportés par dom Mabillon, dans le nous espérons le donner un jour au public.) premier tome de ses Anecdotes , sous le nom C'est encore une promesse qui n'a point eu d'Honoré Scholastique. La note de l'éditeur, d'exécution.

qui met au vio siècle la mort de Jourdain, 6° Un recueil intitulé Pabulum vitæ. Il est évêque de Ravenne, à qui ces vers sont énoncé dans la donation de Henri; mais adressés, suffit pour montrer que Leyser a l'exemplaire de Gotwic est perdu, et l'on n'en confondu deux écrivains de même nom. connaît point d'autre.

20. Quoique la postérité n'ait pas tiré de Jagement 7° Un autre recueil de sermons qui a pour grands secours des écrits d'Honoré, ce serait d'Honora. titre: Refectio mentium de festis Domini et Sanc- néanmoins une injustice de dire qu'ils ont été torum. Il faisait également partie des livres inutiles à son siècle. On n'y voit, à la vérité, de Henri, et existait encore du temps de comme dans ceux de presque tous ses conTrithème; mais on ne sait aujourd'hui ce qu'il temporains, aucune nouvelle découverte, est devenu.

nulle trace de ce génie inventif qui sait per8° Historia solemnis. Thierri d'Engelbusen fectionner et agrandir les connaissances qu'il nomme cet ouvrage dans la liste des auteurs a reçues; mais ils peuvent être regardés dont il dit s'être servi pour la composition comme un dépôt de la tradition sur plusieurs

1 Une partie seulement a été publié par Pertz, Germanice Script. X, et est reproduite au t. CLXXII de la Patrologie, col. 187-196 ; elle va de l'an 726 à 1125. (L'éditeur.)

2 Pez l'a publié au tom. II de ses Anecdot., et on

l'a reproduit au tom. CLXXII de la Patrologie, col.
265-270. (L'éditeur.)
3 Hist. de l'abbaye de Saint-Denis, pag. 128.

Hist. poet. medii vvi, verbo Honorius.

Edition de ses ca vres

logie. Juga. ment sur l'au. Laur.

genres de savoir. Notre anteur, en effet, nous paraît défectueuse par plus d'un enpossédait et a transmis presque tout ce qu'on droit. Dans presque tous ses écrits, les disavait alors de mathématiques, de cosmo- verses pièces qui les composent ne sont ni graphie, de géométrie et de métaphysique. distribuées avec méthode, ni rapprochées Il se distinguait même dans cette dernière avec intelligence. C'est un auteur qui enpartie, comme le fait voir son traité De la fante, pour l'ordinaire, à mesure qu'il conconnaissance de Dieu et de la vie éternelle ; ou- çoit, sans trop se soucier de ce qui précède vrage réellement digne des deux grands et de ce qui doit suivre. De là vient cette nénoms qu'il porte dans quelques manuscrits. gligence qu'on remarque aussi dans son Sans être un théologien profond, il n'était style. Il eût pu se corriger de ses défauts, rien moins que novice en théologie, malgré s'il eût travaillé ses écrits avec plus de loisir certaines erreurs ou méprises que l'on aper- et de réflexion, comme réellement il s'en est çoit dans quelques-uns de ses écrits. Son garanti dans quelques-unes. Elucidaire, qui a donné le plus de prise à la 22. Le tome CLXXI de la Patrologie, col. censure, aurait trouvé grâce auprès des cri- 1 à 1270, reproduit les auvres d'Honorius. tiques, s'ils eussent fait attention que c'était Les éditeurs les ont divisées en quatre par- ens ha en tres le fruit de ses premières études théologiques. ties. La première, renferme les æuvres sur Son traité de l'Inévitable marque plus de ma- l'enseignement et sur l'histoire; la deuxième, turité. C'est dommage, comme on l'a dit, l'Exégèse; la troisième, les ouvrages liturqu'on y aperçoive deux ou trois taches qui le giques; la quatrième, les ouvrages dogmadéparent et l'empêchent d'aller de pair avec tiques et ascétiques. Dans les prolégomènes les meilleurs écrits du temps sur le même qui précèdent, on trouve une notice tirée de sujet. Le don que notre auteur avait reçu Roger Wilmans, tome X Script. Germania, pour l'interprétation des Livres saints se ma- par Pertz, une autre notice tirée de l'Histoire nifeste dans son Commentaire du Cantique des littéraire de la France, et une troisième tirée cantiques. S'il n'a pas été aussi heureux sur de Pez, Thesaurus Anec., une quatrième emles Psaumes, peu d'interprètes d'alors y ont pruntée à Fabricius, une cinquième tirée de mieux réussi. Les idées mystagogiques, qui la Bibliothèque des Pères de Lyon, tome XXI. avaient prévalu dans le xile siècle, ne permet- 23. Voici le jugement que porte Gams dans taient guère de saisir le véritable esprit d'un le Dictionnaire encyclopédique de la théologie texte dont la lettre sert de base à tous les catholique, tome XI : « Honorius était un des autres sens. Ces mêmes idées l'ont jeté dans écrivains les plus considérables et les plus l'illusion et lui ont fait avancer beaucoup savants de son siècle; il possédait toute la d'absurdités sur les rits ecclésiastiques. C'est science de son temps et cherchait à l'exposer ainsi que les bons esprits se gâtent en se lais- avec ordre. C'est un homme qui mérite d'être sant entraîner par les préjugés et le mauvais tiré de l'obscurité où il est demeuré et de goût que les esprits faux ont établis.

devenir l'objet d'une dissertation spéciale. » 21. A l'égard de sa manière d'écrire, elle

CHAPITRE XXV.

(Etienne de Baugé, évêque d'Autun, vers 1136); Le bienheureux Guiges

ou Guigues, cinquième prieur de la Chartreuse (1137):

[Ecrivains latins.]

vers 1136.

Etienne de 1. [Etienne de Baugé prit son surnom de éloge en ces termes dans une lettre qu'il
que d'Anton, la petite ville de Baugé en Anjou, dont Gaw- écrivit à Humbert son neveu, archidiacre

reram son père était seigneur. Son enfance d'Autun. « Ce respectable prélat, dit-il, a
et sa jeunesse nous sont complètement in- tout méprisé : noblesse, famille, faste, di-
connues; nous ne commençons à rencontrer gnités, fortune, pour suivre Jésus-Christ pau-
quelques documents sur sa personne que vre et humilié. Après avoir persévéré dans
vers l'an 1112, époque de son élévation sur cet état avec une ferveur des plus sainte-
le siége épiscopal d’Autun. On le voit trois ment soutenues, il a rendu l'esprit entre
ans après assister au concile de Tournus, mes bras. Pleins de vénération pour un si
assemblé par Guy, archevêque de Vienne et saint personnage, ma communauté et moi
légat du Saint-Siége, pour terminer l'affaire nous lui avons rendu les honneurs funèbres
des deux églises de Saint-Jean et de Saint- qui convenaient à son rang et à son mérite.»
Etienne de Besançon qui se disputaient le Il était enterré derrière le choeur, sous une
tihe d'église métropolitaine. La même année tombe marquée du n° XXII, avec une épita-
1115, il reçut une lettre du pape Pascal II, phe gravée vis-à-vis sur le mur. Ce n'est que
dans laquelle ce pontife lui marque qu'il par conjecture qu'on fixe sa mort au 7 jan-
prend l'Eglise d'Autun sous sa protection, et vier 1140.
la confirme dans tous ses biens et priviléges. 2. Nous avons dans les trois grandes Bi- Ses écrits.
En 1129, il fut du nombre des prélats qui bliothèques des Pères, un traité du Sacrement
assistèrent à la cérémonie du sacre de Phi- de l'autel, qui porte le nom d'Etienne d'Au-
lippe, fils de Louis-le-Gros. Sa piété envers tun. Bellarmin, Possevin et Lemire placent
saint Lazare, patron de son diocèse, se si- cet auteur deux siècles plus tôt; mais il est
gnala par le magnifique mausolée qu'il lui certain qu'il n'y eut point d'Etienne sur le
fit ériger l'an 1131, après avoir transféré son siége d'Autun avant le xile siècle. Dans le
corps de l'ancienne église dans la nouvelle cours de ce siècle, on en trouve deux : celui
Il eut pour saint Bernard un attachement so- dont nous venons de parler, et un autre qui
lide, et qui se manifesta surtout par la ces- mourut le 28 mai 1189. Reste à savoir encore
sion qu'il fit au saint abbé de la terre de auquel des deux on doit attribuer cet ou-
Fontenay, près de Montbard, pour y bâtir vrage. Dom Mabillon, avec toute la foule des
un monastère. Ce fut de son temps et proba- critiques, se prononce en faveur du premier,
blement par ses soins que les chanoines de fondé principalement sur ce que Pierre le Vé-
Saint-Symphorien d'Autun embrassèrent la nérable le qualifie d'homme recommandable
vie régulière. En considération de cette ré- par la sagesse de sa doctrine. Il faut avouer
forme, il augmenta leurs revenus et ne cessa que ce sentiment ne porle pas sur une raison
jamais de se montrer leur protecteur. Peu absolument décisive; mais comme nous n'en
content d'honorer et de favoriser la profes- avons aucune pour le combattre, nous ne
sion religieuse, il résolut de l'eunbrasser lui- croyons pas devoir nous en écarter. L'ou-
même, et dans ce dessein, après avoir abdi- vrage est partagé en vingt chapitres, précé-
qué en 1136, il choisit pour retraite l'abbaye des d'une préface, dans laquelle l'auteur
de Cluny. Il y acheva saintement ses jours s'applique à faire voir que les sept ordres
avec le titre de simple moine, et non pas, sont représentés par les sept dons du Saint-
comme l'avance Pictet, dans la dignité d'abbé Esprit. En parlant de la tonsure, il prétend
dont il ne fut jamais revêtu. Pierre le Véné- qu'elle est d'institution apostolique, et la fait
rable, qui reçut son dernier soupir, fait son venir originairement des Nazaréens. Les cinq

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