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supérieurs à travailler et à semer, et à Dieu 10. C'est sans doute des décrets du Siege Epist 66 à donner l'accroissement et le fruit.

aposiolique contre les investitures qu'il veut Evist. 33. 8. Il fit entendre à un moine qui, avant de parler dans sa lettre au comte Gumbert,

se consacrer à Dieu, avait voué un pèleri- lorsqu'il se plaint de la désobéissance des
nage, et pressait son abbé pour le laisser ac- princes à saint Pierre ou à ses successeurs ;
complir ce vou, qu'il n'y était plus obligé; du mépris qu'ils faisaient de l'Eglise, et de
et qu'en se dévouant tout entier à Dieu par l'esclavage sous lequel ils voulaient la ré-
la profession religieuse, ce veu avait ac- duire. « Puisqu'ils méprisent, dit-il, les dé-
quitté tous les autres petits voux faits précé- crets de saint Pierre, ou de ceux qui tien-
demment, et auxquels il ne s'était point as- nent sa place et celle de Jésus-Christ, c'est à
treint au point d'engager sa foi. Il sera parlé eux à chercher d'autres portes du ciel, puis-
ailleurs de diverses difficultés dont saint An- qu'ils n'entreront certainement pas par celle

selme demanda la solution au pape Pascal II. dont cet apôtre porte les clefs. » C'est pour65. Ayant appris que l'abbesse et les religieuses quoi il exhorte ce comte à ne point regarder

de Ramsey rendaient un culte à un homme l'église située dans ses terres comme un domort, parce qu'elles le croyaient saint, il maine béréditaire, mais de la considérer leur fit défense de continuer à rendre à cet plutôt comme un objet de vénération et homme les honneurs qu'on ne rend qu'aux dont il devait prendre la défense. Il conseilla 66. saints; les menaçant en cas de désobéissance à un de ses amis qui voulait faire le voyage

de leur interdire la célébration de l'office de la Terre-Sainte, tant pour le service de 81. diyin. Il fit inême chasser de la ville le fils de Dieu que pour le salut de son âme, de faire,

cet homme, afin qu'il ne séduisit personne. avant de se mettre en chemin, une confes65. 9. Les travaux de l'épiscopat ne lui fai- sion générale des péchés qu'il avait commis

saient rien relâcher de ses jeûnes, en sorte depuis son bas âge, autant qu'il pourrait s'en
que l'on craignait qu'il ne succombât à ses souvenir; et de disposer tellement ses affaires
austérités. Mathilde, reine d'Angleterre, lui domestiques, que sa femme el ses enfants ne
écrivit là-dessus une lettre très-sage et pleine manquassent ni de secours ni de conseils
de charité. Elle lui rappela l'exemple de pendant son absence.
saint Paul, qui ordonnait à son disciple Ti- 11. Il était lui-même absent de Cantor- 78.
mothée de boire un peu de vin pour fortifier béry, lorsqu'il apprit que le roi avait de-
son estomac; et celui de saint Grégoire, qui mandé de l'argent aux moines qui desser-
épuisé par les fatigues inséparables du mi- vaient sa cathédrale. Sur cela il écrivit à l'é-
nistère de la prédication et de l'instruction, vêque Gondulphe de prier le roi d'attendre
ne faisait aucune difficulté de réparer ses son retour, parce que ces moines n'étaient
forces par le boire et le manger. Elle joignit ni en état, ni en pouvoir de lui donner de

les présents à ses remontrances. L'archevêc l'argent, soit parce qu'étant moines ils ne a que la remercia, et l'exhorta à prendre la pouvaient rien donner, soit parce qu'ils ne le

défense de l'honneur et des intérêts de l'E- pouvaient sans l'agrément de leur prélat. Un glise, cette épouse si chérie de Jésus-Christ, nommé Eustache avait consenti à ce que sa qui est mort pour elle. En remerciant la com femme se fit religieuse, et fait de son côté

tesse Ide de la réception qu'elle avait faite à veu de chasteté. Quelque temps après il se re- 43. 68. ses députés à leur retour de Rome, il lui dit maria, et eut un enfant de sa seconde femme.

qu'il ne la trouvait point coupable dans le Saint Anselme, dont il était ami, lui ordonna fait qu'elle lui a fait exposer ; que toutefois, de faire au plus tôt pénitence de ce crime, puisqu'elle craint d'avoir offensé Dieu, et dans la crainte qu'il ne fût surpris par la qu'elle en demande pénitence et absolution, mort, et conséquemment damné éternelleil prie le Seigneur de lui pardonner, et lui ment; ajoutant que quand même il n'aurait enjoint pour pénitence de tous ses péchés la pas fait veu de chasteté depuis la retraite récitation du Psautier. Dans sa lettre à la de sa femme, il ne lui était pas pernis, de comtesse Clémence, il loue le comte son son vivant, d'en épouser une autre. mari de ce qu'il ne donnait point l'investiture 12. Mathilde, abbesse d'un monastère à a aux abbés de Flandre; et persuadé que cette Caen, voulait se démettre de sa dignité, à dame entrait pour quelque chose dans la sage raison de ses infirmités et de la faiblesse de conduite de son mari à cet égard, il lui en son âge; mais avant d'exécuter son desfait ses remerciements.

sein, elle consulta saint Anselme. Sa ré

59.

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Lettres du

vre.

Episl.

ponse fut qu'elle ne le pouvait sans le con- ses moines qui, avant d'embrasser la vie mosentement de l'archevêque de Rouen, de qui nastique, avait fait voeu de n'en jamais boire; elle dépendait, el sans l'agrément de ses reli- mais qu'aussi il pouvait le laisser observer gieuses; qu'au lieu de se démettre elle pouvait pendant quelque temps ce qu'il avait promis: partager le gouvernement de se maison avec Il se fonde sur les mêmes raisons qu'il avait les plus sages de la communauté. On a déjà alléguées dans une autre lettre touchant les vu plus haut ce qu'il pensait des veux de voux de pèlerinage qu'on aurait faits avant

pèlerinage faits avant la profession religieuse, d'entrer en religion. Le troisième livre des Lepist. 116. Il s'en explique encore dans une lettre à un lettres de saint Anselme devrait être de cent

moine nommé Odon, à qui il dit, que ceux quatre-vingt-huit; mais on a renvoyé les
qui étant encore dans le monde ont fait le vingt-quatre dernières aux livres d'Eadmer,
veu d'aller à Jérusalem ou à Rome, sont intitulés : Nouveautés, où elles se trouvent en
dispensés de l'accomplir, lorsqu'ils entrent effet.
en religion. Il en donne pour raison que les
veux de pèlerinage ne nous lient qu'en une
partie de nous-mêmes : au lieu que par le

Lettres du quatrième Livre. veu d'obéissance que nous faisons dans le 1. Le quatrième livre en contient cent sept monastère, nous nous donnons entièrement avec le titre de la cent huitième, qui est rap- quatrième lià Dieu.

portée dans l'appendice où elle sert de pro13. On consulta saint Anselme sur la trans logue au Dialogue de Gislebert contre les lation d'un évêque à un siége hors de sa pro Juifs. Toutes ces lettres n'avaient pas encore vince. Il répondit que, comme on n'en peut été mises au jour. Il y en a une de saint ordonner pour quelque église sans le consen- Vulstan en réponse à celle que saint Antement de l'archevêque et des évêques de la selme lui avait écrite au sujet du droit attaprovince, on ne devait pas non plus faire ché à son siège de consacrer les églises de passer un évêque d'une province à une autre sa dépendance, en quelque diocèse qu'elles sans le consentement de l'archevêque et des fussent situées. Saint Vulstan reconnaît ce évêques de cette province ; qu'il fallait de droit comme incontestable, et convient qu'il plus recourir à l'autorité du Saint-Siége, et y avait dans son diocèse plusieurs autels et que l'évêque qu'on voulait transférer obtint quelques églises consacrées par Stigand, arla permission de l'archevêque et des évêques chevêque de Cantorbéry, sans aucune oppode la province où il avait été consacré. Il dis- sition. Les lettres de saint Anselme au pape ena suada un moine de Saint-Martin de Séez d'en- Pascal II regardent les difficultés que les in. treprendre le voyage de Jérusalem; premiè. vestitures occasionnaient dans le royaume rement, parce qu'en cela il aurait agi contre d'Angleterre, et la manière dont on pouvait sou veu de stabilité dans le monastère ; en contenter le roi sur ce sujet. Robert, comte second lieu, parce que le pape avait défendu de Flandre, n'usait pas de ce droit. L'archece voyage à tous les moines, si ce n'est à ceux vêque l'en félicite. qui pourraient y travailler utilement pour le 2. Pendant son absence le roi Henri donna gouvernement de l'Eglise, ou pour l'instruc- l'abbaye de Saint-Edmond, malgré les moilion des peuples : encore fallait-il qu'ils en nes du monastère, à Robert, moine de Saintcussent le consentement de leur prélat. Evroux, fils de Hugues, comte de Chichester,

14. Il conseillait aux personnes qui se Saint Anselme à son retour désapprouva le trouvaient quelquefois importụnées par des procédé du roi, et écrivit là-dessus trois letpensées contre la pureté, de ne point s'ap- tres, deux à Guillaume, archevêque de Rouen,

14, 20, 21, 32. pliquer à les combattre avec opiniâtreté; par lesquelles il le prie d'obliger l'abbé de mais plutôt de s'occuper de pensées contrai- Saint-Evroux de rappeler son moine de l'abres, parce qu'on ne se défait d'une mauvaise baye dont il s'était emparé, sans en avoir été pensée que par une bonne, et il en est de choisi abbé canoniquement; la troisième aux mème de loute autre pensée. En général ilmoines de Saint-Edmond, qu'il exhorte à la décide que, quand il se passe en nous quel patience. Il y en a une quatrième à l'abbé et que chose où la volonlé n'a point de part, il aux moines de Saint-Evroux, qu'il blâme n'y a point de péché. Il écrivit à Guillaume, d'avoir agi en cette occasion contre la règle son successeur dans l'abbaye du Bec, qu'il de Saint-Benoît, en usant de violence contre était le maître de faire boire du vin à un de ceux de Saint-Edmond, pour les obliger à

6.

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Epist, 27.

9. 36.

choisir Robert pour leur abbé. Saint Anselme, 6. Thomas, ayant été élu archevêque t. pist. 88.
voyant qu'il n'avait rien gagné par ses re- d’York, écrivit à saint Anselme pour avoir
montrances', déposa Robert deux ans après de lui des lettres testimoniales de sa per-
dans le concile de Londres, et mit à sa place sonne et de son élection. Il ajoutait qu'il
un autre abbé de même nom, prieur de cherchait de l'argent pour envoyer à Rome
Westminster.

demander le pallium. Sa réponse fut qu'il 29. 3. Il fit des reproches à Samuel, évêque de lui donnerait volontiers les témoignages qu'il

Dublin, de ce qu'il avait fait sortir les moines souhaitait, quand ils auraient eu une entre-
de sa cathédrale pour une très-petite raison; vue, et qu'il saurait à qui adresser ces té-
de ce qu'il ne voulait recevoir aucune satis- moignages ; qu'à l'égard du pallium, il était
faction de leur part; de ce que, contre la cou- inutile d'envoyer à Rome, puisque personne
tume, il faisait porter la croix devant lui lors- ne le devait avoir avant d'être sacré archc-
qu'il allait en voyage, et de ce qu'il distri- vêque. Guillaume le Camérier avait épousé 89.
buait à son gré les biens de l'église de Dublin une femme qui avait été mariée en premières
comme les siens propres : ce qui n'était pas, noces à un de ses parents. Inquiété appa-
puisque Lanfranc les avait donnés à cette remment par l'archevêque de Rouen sur
église. Il enjoignit au peuple de Dublin de cette conjonction illicite, il répondit que saint
s'opposer à cette distribution irrégulière. Anselme l'avait assuré qu'ils pouvaient ra.

4. Les deux lettres à Beaudoin, roi de Jé- cheter ce péché par des aumônes. Mais ce
rusalem, sont pour l'exhorter à se conduire, prélat soutint qu'il ne leur avait rien dit de
lui el son peuple, suivant la loi de Dieu, dans semblable; au contraire, qu'aucun d'eux ne
le lieu où s'est faite la rédemption du genre verrait la gloire de Dieu, s'ils mouraient dans
humain, et de se rendre par ses bonnes au- ce péché.
vres le modèle de tous les rois de la terre. 7. Richard, abbé de Préaux, dédia à saint

103. n. Il écrivit à Ernulfe, prieur de Cantorbéry, Anselme un commentaire sur la Genèse, qui

qu'il le laissait le maître d’établir dans cette commençait à l'endroit où saint Augustin église l’octave de la Nativité de la sainte avait fini le sien, c'est-à-dire à la sortie Vierge, mère de Dieu, puisqu'elle était déjà d’Adam et d’Eve du paradis terrestre; cet établie en plusieurs endroits, et que plusieurs abbé n'ayant pas voulu, par respect pour saint des frères le souhaitaient.

Augustin, donner une autre explication que 5. La reine Mathilde se plaignit à lui-même la sienne des premiers chapitres de ce livre. de ce que, par les expressions trop vives de 8. Les moines de Saint-Alban ne savaient ses lettres, il avait indisposé l'esprit du roi pas bien comment s'expliquer, quand ils et des seigneurs de la cour. Ces expressions parlaient entre eux des mystères de l'Incarregardaient le roi Guillaume et l'archevêque nation et de la Trinité, parce qu'ils avaient Lanfranc, dont il disait qu'il n'avait pas pro- lu dans quelques écrits des pères catholimis dans le baptême. ni dans l'ordination, ques, que Dieu et l'homme sont unis en Jéde suivre les coutumes et les usages. Saint sus-Christ en une seule substance; et dans Anselme répond, que le roi, en lisant sa let d'autres que deux substances, la divine et tre, n'y avait rien trouvé à redire; et que, si l'humaine, ne font qu'une personne en Jé. depuis il en avait témoigné du mécontente- sus-Christ. Saint Anselme leur écrivit qu'ils ment, cela ne pouvait venir que de quelque ne devaient point être troubles de la difféflatteur. Qu'au reste, s'il ne s'était pas assu- rence de ces expressions, qui au fond signijetti aux coutumes en vigueur sous son pré- fiaient la même chose. Il leur fait remarquer décesseur, c'est que le Saint-Siége avait premièrement, que quand nous disons qu'il donné depuis un décret contraire, qu'il ne y a un Dieu, nous croyons qu'il est seul pouvait s'empêcher de suivre. C'était appa- Dieu ; que lorsque nous disons, le Père, le remment à l'occasion des investitures. Mais Fils et le Saint-Esprit, nous disons et nous on avait fait entendre au roi tout autre croyons plusieurs; en second lieu, que ces chose, savoir, qu'Anselme se glorifiait d'avoir trois que nous croyons en Dieu, le Père, le toujours observé la loi de Dieu, et que Lan- Fils et le Saint-Esprit, ne sont désignés ni franc et le père du roi ne l'avaient point ob- dans les Prophètes ni dans l'Evangile par un servée.

seul nom, qui marque cette pluralité en Dieu,

et que l'Ecriture ne les nomme nulle part ni 1 Mabill., lib. LXIV Annal., num. 130, pag. 418. trois personnes, ni trois substances, ni trois

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106.

tout-puissants; troisièmement, que les pères Christ que le sang qui est le siège de l'âme.
catholiques, nécessités à s'expliquer en cer- Ce n'est pas, ajoute saint Anselme, qu'en re-
taines occasions, ont choisi des termes gé cevant le sang de Jésus-Christ, on ne reçoive
néraux sous lesquels ils exprimassent cette que son âme, et non son corps; et qu'en re-
Trinité; que les Grecs se sont tenus à celui cevant son corps, on ne reçoive pas son
de substance, et les Latins à celui de per âme. Dans la réception 'de son sang, comme
sonne; en sorte que ceux-là ont dit qu'il y dans la communion de son corps, nous rece-
avait en Dieu trois substances, le Père, le vons Jésus-Christ tout entier : et soit que
Fils et le Saint-Esprit, et ceux-ci trois per- nous recevions séparément son corps, et sé-
sonnes, entendant les uns et les autres la parément son sang, nous ne recevons pas
même chose sous ces différents termes, sa- deux fois, mais une fois seulement Jésus-
voir, que le Père, le Fils et le Saint-Esprit Christ immortel et iinpassible. Il dit que la
sont trois personnes différentes et distinguées coutume de recevoir séparément les deux
l'une de l'autre, quoique d'une même nature; espèces vient de ce que Jésus-Christ les donna
quatrièmement, que soit qu'ils aient dit qu'il séparément à ses disciples dans la dernière
y a deux natures en Jésus-Christ unies en cène, afin qu'ils comprissent qu'ils devaient
une seule substance ou personne, ils n'ont se conformer à Jésus-Christ selon le corps et
pas eu pour cela une foi diwérenle sur l'In- l'âme ; et que dans le calice on mêle de
carnation ; personne et substance signifiant l'eau avec le vin, à cause de l'eau qui sortit
à cet égard la même chose.

avec le sang du côté de Jésus-Christ; que Erist, too 9. Des deux lettres sur l'Eucharistie, il y cette eau signitie encore le baptême dans le

en a uue qui n'est point de saint Anselme, quel le peuple est renouvelé par l'effusion mais d'Anastase Ermile, comme on l'a prouvé du sang. Ensuite il s'explique en ces termes dans le volume précédent. On ne sait poiul sur la présence réelle ou la transsubstantia, à qui l'autre est adresséc, mais elle porte le tion”: «Selon les définitions des saints pènom de saint Anselme dans un manuscrit de res, nous devons croire que le pain mis sur Saint-Remy à Reims; et ce qui ote toute l'autel est changé par les paroles solennelles équivoque, c'est qu'il y est qualifié archevés au corps de Jésus-Christ; que la substance que de Cantorbéry. Dom Mabillon cite d'un du pain et du vin ne demeure pas, mais manuscrit des Cordeliers de Florence un seulement l'espèce en apparence, sa voir la traité de saint Anselme intitulé : Du Corps et forme, la couleur, la saveur; que c'est sur du Sang du Seigneur. On le trouve dans quel ces espèces ou apparences que tombent tous ques manuscrits d'Angleterre : ce peut être les accidents qui renferment quelque indéla même chose que la lettre.

cence, comme d'être foulés aux pieds ou Letre ses 10. Saint Anselme y enseigne que loute la mangés des souris. Il convient que les infi

nature humaine étant corrompue par le pé- deles comme les fidèles, les méchants comme
ché dans l'âme et dans le corps, il a fallu que les bons reçoivent substantiellement le corps
Dieu, qui venait racheter l'un et l'autre, s'unil de Jésus-Christ, mais avec cette différence
à lous les deux, afin que l'âme de l'homme que les fidèles et les bons le reçoivent avec
füt rachetée par l'âme de Jésus-Christ, et son fruit, qu'ils en sont fortifiés dans le bien, af-
corps par le corps de Jésus-Christ; que c'est fermis dans la vertu ; ce qui n'arrive ni aux
pour les représenter, qu'on off're sur l'autel infidèles ni aux méchants, » Il rapporte là-
du pain et du vin; que lorsque nous y recc- dessus un passage de saint Augustin, tiré du
vons dignement ce pain iait corps, noire quatrième livre du Bapteme.
corps participe à l'immortalité de celui de
Jésus-Christ, et notre âme devient conforme

& X.
à celle de Jésus-Christ, en prenant le vin

Traité de la Paix et de la Concorde. changé en son sang; rien n'ayant paru plus convenable pour représenter l'âme de Jésus 1. On aurait dû le placer parmi les autres

Euchariste,

Traité da la Paix et de la

1 In acceptione sanguinis iolum Christum Deum et hominem; et in acceptione corporis similiter totum accipimus; et quamvis separatim corpus, separalim sanguinem, non tamen bis, sed semel, Christum acci imus immortalem et impassibilem. Anselm. Epist. 07, lib. IV, pag. 453.

. Secundum definitiones sanctorum patrum est intel-
ligendum panem super ultare positum per illa solem-
nia verba in corpus Christi mutari, nec remanere sub-
stantiam punis et vini : speciem tamen intelligendum
est remunere, formam scilicet, colorem, s
Anselm., Epist. 107, lib. IV, pag. 453.

em.

Pag. 705.

Poema da

ce traité.

monde.

Elucidarlun

s. meat Pag. 657.

Colicor.ie. traités de saint Anselme et avant le recueil biter ensemble. Il ne faut pas toutefois croire

de ses lettres; mais l'éditeur ne l'ayant re- que le cæur soit impur, quand on est atta-
couvré qu'après l'impression de tous les qué de pensées ou de mouvements contre la
écrits de ce père, et même de ceux à qui pureté. Ce n'est que le consentement qui
l'on a fait porter son nom, quoiqu'on n'ait fait le crime. Méprisez ces traits de l'ennemi,
point de preuves qu'ils soient de lui, il s'est ne consentez à rien, détournez votre pensée
trouvé obligé de le placer après l'appendice, de l'objet qu'il vous présente.
de même qu'une lettre de l'archevêque à
l'archidiacre Hugues son ami, à qui il rend

& XI.
compte de la bonne réception qu'on lui Des ouvrages oui ne sont pas certainement de
avait faite partout depuis sa sortie d’Angle-

saint Anselme, ou qui sont supposés.
terre.
Analyse do 2. Ce traité de la Concorde et de la Paix, 1. Il a été prouvé plus haut que le poème

est fait visiblement pour des moines et des intilulé : du Mépris du monde, n'est point de Mépris du
chanoines. Saint Anselme le divise en trois saint Anselme, mais de Roger de Caen,
parties, contenues chacune dans un chapi- moine du Bec dans le temps que ce saint en
tre. Le premier regarde la paix que nous était supérieur.
devons entretenir avec notre prochain ou 2. Le livre qui a pour titre : Elucidarium,
nos frères; la seconde, celle qu'il convient ou Eclaircissement, porte le nom de saint on Eclaircis
de garder avec son prélat ou son supérieur; Anselme dans quelques manuscrits 1; dans
la troisième, celle que nous devons avoir beaucoup d'autres il est sans nom d'auteur :
avec Dieu.

on en cite un où il est attribué à Lanfranc, Cap... 3. Nous aurons la paix avec nos frères, un autre où on le donne à Guillaume de Co

si nous les prévenons en ce qui peut leur être ventri, carme qui vivait vers l'an 1360. Tri-
avantageux, en préférant leur volonté à la thème attribue? un ouvrage assez semblable
nôtre, en leur rendant tous les devoirs de la à Honorius d'Autun; mais de la manière
charité et de l'amitié, en aimant plus à leur dont Honorius lui-même en parle 3, il est vi-
donner qu'à en recevoir.

siblement différent de celui dont il est ici
4. La paix des inférieurs avec leurs supé- question. Quel qu'en soit l'auteur, on peut
rieurs consiste dans la manière dont on leur avancer que ce n'est point saint Anselme,
rend l'obéissance. Celui qui n'obéit pas de par les inepties et les inutilités que l'on y
ceur, mais uniquement par la nécessité de trouve, à l'occasion du deuil d'Adam sur le
la loi d'obéissance, n'en a point le mérite, meurtre d'Abel", et des miracles qu'on dit
et n'en recevra pas la récompense. Ce qui étre arrivés à la naissance de Jésus-Christ.
n'est pas volontaire n'est pas bon. L'amour Il décide en téméraire sur le temps que nos
doit être l'âme de l'obéissance. La bonne premiers parents furent dans le paradis ter-
volonté nous rend seule amis et enfants de restre; sur l'heure de la formation d’Eve, et
Dieu. Ainsi nous ne devons vouloir que ce sur plusieurs autres circonstances de l'his.
qui est conforme à la volonté de Dieu, et à toire sainte que Dieu n'a pas voulu nous faire
celle de notre père spirituel. Le démon craint connaître. Sa doctrine sur le libre arbitre 5
de s'approcher de celui qui est dans cette est toute contraire à celle de saint Anselme,
disposition.

et il ne pense pas comme ce père sur le 5. Le moyen d'avoir la paix avec Dieu est germe de la génération de l'homme. Enfin de vivre dans la purelé de ceur. C'est la saint Anselme, dans son prologue sur le condition qu'il demande de nous pour faire traité de la Vérité 6, ne fait mention que de en nous sa demeure. Mais en quoi consiste quatre dialogues de sa façon, et il ne dit rien cette pureté de cour? A êlre dégagé des af- de celui-ci. On pourrait répondre qu'il le fections de la terre, et à ne brûler que de composa depuis : mais cette réponse ne peut l'amour de Jésus-Christ. Autant le coeur est avoir lieu ici, parce que l'auteur de l'Elucirempli de l'amour du monde, autant il est darium dit dans la préface, qu'il l'a composé vide de l'amour de Dieu. L'iniquité, et l'es- étant encore dans les écoles : au lieu que prit de Dieu, qui est amour, ne peuvent has saint Anselme était prieur ou abbé du Bec,

111

· Censura Elucidarii, et Angl. Bibl. Reg., pag. 83.
9 Trithem., de Scriptor. Eccles., cap. CCCLVII.
3 Hunor , de Script. Eccles., lib. IV, cap. XVII.

" Lib. I, cap. XV, XIX.
5 Lib. III, cap. III. – 6 Lib. II, cap. XV.

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