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quatre 1. Dans la première, qui est à Heimé celles que la différence du style et des senric, cardinal et chancelier de l'Eglise ro- timents rendait indignes d'un si savant maine, il l'avertit que nous avons deux prin- homme; comme la lettre à Démétriade que cipaux ennemis à combattre, l'orgueil et la saint Augustin assure être de Pélage. Il envolupté; que si nous venons à bout de les voya une copie de son recueil aux moines de vaincre, nous n'aurons plus rien à craindre. la Chartreuse de Durbon, en les avertissant Les armes dont nous devons nous servir con- de mettre sa lettre à la tête de toutes celles tre eux sont l'humilité et la mortification de de saint Jérôme, afin qu'elle servît à faire la chair. Il ne croit pas que l'on puisse recourir distinguer les lettres de ce père d'avec celles aux armes matérielles pour soutenir ou agran- qu'on lui a supposées. Cette quatrième letdir l'Eglise; et il se plaint de ce que le luxe tre de Guiges a d'abord été donnée au public était passé des palais des rois dans les cours par dom Mabillon dans ses Analectes. Guiges ecclésiastiques. La seconde, au prieur de la corrigea encore les lettres ? qui sont véritasainte milice, ou des chevaliers du temple, blement de saint Jérôme. traite aussi de la guerre spirituelle contre les 26. André Duchesne, dans ses notes 3 sur .. o vrages ennemis du salut. C'est à cette guerre que la Bibliothèque de Cluny, cite sous le nom de Goises, duge Guiges l'exhorte, et non à combattre les en- Guiges un traité de la Contemplation 4, un au- écrits. nemis de l'Eglise. Par la troisième, adressée tre des Quatre degrés spirituels, un troisième au pape Innocent II, il le rassure contre les de la Vérité de la paix, et un quatrième à la efforts des schismatiques, par les victoires louange de la vie solitaire. Mais peut-être sontque l'Eglise a remportées en tout temps ils de Guiges II, prieur général de la Charcontre eux et contre les hérétiques. Il ajoute treuse, qui se démit de sa charge en 1176, que le monde presque tout entier doit être et mourut en 1188. Le traité de la Contemconsidéré comme son diocèse; et que comme plation ou de la Vie contemplative, se trouve il n'y a qu'un Dieu, de même le vicaire de dans le sixième tome 5 des cuvres de saint saint Pierre, c'est-à-dire le pape, doit être Augustin, et parmi celles de saint Bernardo, un. Guiges s'était appliqué à recueillir les sous le nom de Guiges 7, avec le titre d'Eouvrages des saints pères, et à corriger les chelle du paradis ou des Cloîtres. Guiges II manuscrits qui les renfermaient. Il recueillit écrivait avec noblesse; et dans un temps où entre autres les lettres de saint Jérôme, dans la critique était peu cultivée, il en avait un lesquelles il corrigea quantité de fautes; goût très-sain et très-exact. mais il ne fit pas entrer dans son recueil

ment de ses

1 Il y en a six. La cinquième, adressée à Pierre-leVénérable, est la deuxième dans la Patrologie : c'est une lettre d'amitié en réponse à celle qu'il avait reçue de Pierre. La sixième, qui est aussi la sixième dans la Patrologie, est d'Hugues, de Guiges et des frères chartreux, aux pères du concile de Jouarre sur la mort de Thomas, prieur de Saint-Victor de Paris, qui avait été tué cruellement par des impies. (L'éditeur.)

2 Trithem., de Script. Eccles., cap. CCCLXXVI. 3 Pag. 112.

Les auteurs de l'Histoire littéraire de France refusent cet ouvrage à Guiges, 10 à cause de l'éloge que l'auteur donne aux chartreux, ce qui est contraire à la manière d'écrire de Guiges; 20 parce que l'auteur parle d'un voyage qu'il avait fait au Mont-Dieu, or les

statuts de la Grande-Chartreuse, rédigés par Guiges,
défendent au prieur de passer les limites de la mon-
tagne. Est-il vraisemblable que Guiges ait epfreint
une loi que ses prédécesseurs avaient si religieuse-
ment observée, et que lui-même venait de renouve-
ler ? Cet ouvrage semble appartenir à Guillaume de
Saint-Thierry. L'éditeur.)

5 In appendice, tom. VI, pag. 643.
6 Pag. 325, edit. 1719.

7 Les auteurs de l'Histoire littéraire de France,
tom. XI, refusent encore cet ouvrage à Guiges II,
de même que le traité des Quatre degrés spirituels,
celui de la Vérité de la paix, et celui de la Louange
de la Vie solitaire. (L'éditeur.)

CHAPITRE XXVI.

Guillaume de Malmesbury ou de Somerset; Henri de Hungtington;

Siméon de Durham ou Dunelme; Jean d'Hagustadt.

(Ecrivains latins du milieu du xi1e siècle.]

Guillame

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Leurs tisos.)

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Histoire des rois d'Angleterre. Edit. Frapcofurt, ann, 1601.

1. Guillaume fut nommé de Somerset, dulieu Malmesbury, sur Scot Erigène; elle se trouve Sob crits de sa naissance, et surnommé de Malmesbury, au tome CXXII de la Patrologie, col. 92,

du monastère où il fit profession de la règle dans les Prolégomènes des ouvres de Scot;
de saint Benoît, situé dans le comté de Wilt 7° des extraits tirés de l'abrégé d'Amalaire,
en Angleterre. Il en fut bibliothécaire et pré- fait par Guillaume; on en donne la préface
chantre. Sa piété le fit respecter '; et par à la fin du premier livre, et celle de l'ouvrage
son savoir il mérita d’être consulté, même où l'abréviateur prend la parole. Ces extraits
par les plus grandes lumières du royaume, sont reproduits d'après Alixius, Præfat. ad
je veux dire par saint Anselme, successeur Joannis Parisiensis determinationes de modo
de Lanfranc dans le siége de Cantorbéry. On existendi corpus Christi in Eucharistia, Londres
contestait à ce saint archevêque les droits de 1686, in-8°, page 82.)
son Eglise. Guillaume, qui avait fait une 2 . Son Histoire des rois d'Angleterre con-
étude sérieuse des anciennes coutumes de tient ce qui s'est passé de plus considérable
toutes les Eglises d'Angleterre, était en état • en ce royaume, pendant environ sept cents
de décider de celle de Cantorbéry. Il vivait ans, en commençant à l'arrivée des Saxons
encore en 1143, et se trouvait alors assez vers l'an 449, jusqu'à la dix-huitième année
de forces pour donner de nouvelles produc- du règne de Henri Ier ou l'an 1127. Elle est
tions de son esprit. On n'en connaît toutefois divisée en cinq livres et dédiée à Robert,
aucune qui soit postérieure à cette année, comte de Glocester, fils naturel de ce prince.
On a dans la Patrologie latine, tom. CLXXIX, Le Vénérable Bède avait travaillé sur le
col. 939-1771, les divers écrits imprimés de même sujet et conduit l'histoire des Anglais
Guillaume de Malmesbury. On y trouve jusqu'à son temps, c'est-à-dire jusqu'à l'an
d'abord une notice faite par Waitz, Monu- 731. Personne n'entreprit la suite de cette
menta Germanice historica, tome X, une histoire. Eadmer se contenta de donner un
notice littéraire tirée de Fabricius, l'épître précis des principaux événements depuis le
dédicatoire mise à la tête de l'édition de roi Edgar jusqu'à la première année de Guil-
Savilius; puis viennent les auvres en cet laume le Conquérant, en sorte qu'il laissa un
ordre : 1° Les Gestes des rois anglais ; 2° les vide de plus de deux cent vingt-trois ans. Ce
Histoires nouvelles. Ces deux ouvrages sont fut pour le remplir et mettre dans un plus
reproduits d'après l'édition publiée à Londres grand jour les événements des règnes men-
en 1840, in-8°, par Duffus Hardy, qui les a tionnés par Eadmer, que Guillaume de Mal-
revus sur les manuscrits; une préface pré- mesbury reprit la suite des temps depuis
cède son édition ; 3° les Gestes des évêques an- l'entrée des Saxons en Angleterre. Sans co-
glais, en cinq livres. Les quatre premiers pier Bède, il en tira ce qui lui parut de meil-
sont reproduits d'après Savile, Londres 1596; leur.
le cinquième, qui contient la Vie d'Adelhme, 3. Dans le prernier livre, il donne l'histoire ce que cou:
évêque de Schirburn, est reproduit d'après de ce qui se passa en Angleterre, depuis igire. Premier
Warton, Anglia sacra; 4. le livre de l'Anti- qu'elle fut occupée par les Saxons, jusqu'au livres, pag. 7
quité de l'Eglise de Glaston, d'après Gale, roi Egbert, qui, ayant défait en divers com-
Historia britannicæ, Oxford, 1691; 5° la Vie de bats les petits rois du pays, devint le seul
saint Wulstan , d'après Warton, Anglia sacra, monarque de presque toute l'île de la Grande-
Londres, 1691;6°une lettre à Pierre, inoine de Bretagne, en 827, c'est-à-dire des quatre an-

ciens royaumes de Westsex, Sussex, Essex
1 Mabillon., lib. LXIX Annal., num. 4.

et de Kent. Pour les autres, il les laissa à

tient cette histoire, Premier et deuxième

et 36.

Troisième livre, pag. 96.

des rois particuliers, à la charge de lui en faire la Croisade, que Guillaume commence au
hommage et de payer un tribut. Le second concile de Clermont où le pape Urbain II la
livre continue l'histoire des Anglais depuis proposa en 1095. Après avoir rapporté le
Ethelwolph qui reçut la couronne après la couronnement du roi Baudouin à Bethléem,
mort de son père Egbert, en 837, jusqu'à le jour de Noël de l'an 1100, par le patriarche
Guillaume ser dit le Bâtard et le Conquérant, Daïmbert, il raconte le fait suivant : En l'an-
qui se rendit maître du royaume d’Angle- née 1101, la veille de Pâques, que le feu Pag. 147.
terre après la défaite et la mort d'Harold, sacré avait coutume d'éclairer de bonne
dernier roi saxon en 1066. Dans le prologue heure, tarda plus qu'à l'ordinaire; on lut
l'auteur fait ces remarques : Ses parents lui alternativement les leçons de l'office tant en
avaient inspiré de bonne heure le goût des grec qu'en latin; on chanta trois fois le
livres; l'étude faisait son principal plaisir; il Kyrie eleison, et plusieurs choses en musique,
étudia la logique pour apprendre à raisonner; toujours dans l'espérance de voir paraître
la pbysique, pour sa santé; la morale, pour ce feu, et l'on fut obligé de sortir de l'é-
former ses mœurs relativement à Dieu; en- glise sans cette consolation. Le lendemain
suite il s'appliqua à l'histoire, surtout à celle les Latins allèrent en procession au tem-
de sa nation; à cet effet il acheta même les ple appelé de Salomon pour y inplorer la
livres historiques des nations étrangères dans miséricorde de Dieu; les Syriens firent la
l'espérance d'y trouver quelque chose pour même chose au Saint-Sépulcre; et Dieu ,
celle d'Angleterre; et peu content de ce que sensible aux instances des uns et des au-
les anciens Anglais avaient écrit, il travailla tres, envoya le feu sacré qui, s'étant atta-
à donner une histoire plus exacte et plus ché à une des lampes du Saint-Sépulcre,
suivie.

l'alluma; ce qui rendit la joie à toute l'as-
4. Le troisième livre est occupé entière- semblée. Guillaume ajoute, que le patriarche
ment à l'histoire de Guillaume le Conqué- • averti par un Syrien accourut, ouvrit la porte
rant. Les Normands en avaient fait dans leurs de la chapelle du Saint-Sépulcre, alluma un
écrits des éloges outrés. Les Anglais, au cierge à la lampe, et fit ensuite voir le mi-
contraire, le regardant comme un usurpa- racle à tous ceux qui y accoururent. On
teur, l'avaient chargé de reproches. Notre croyait donc dans le XIIe siècle qu'il y avait
historien, qui tirait son origine de parents ordinairement du miraculeux dans le nou-
dont l'un était Normand, l'autre Anglais, veau feu de la veille de Pâques à Jérusalem.
prend le parti de ne louer ni blâmer qu'avec 6. Le cinquième livre est consacré à l'bis- ci
beaucoup de réserve; de ne s'attacher qu'au toire de Henri Ier, second fils de Guillaume livre, p. 154.
vrai, et à rendre son histoire utile et agréable le Conquérant. L'auteur convient qu'il n'a
au lecteur. C'est ce qu'il observe dans l'his- rapporté qu'une partie des actions de ce
toire de Guillaume et de ses deux fils, Guil- prince, et sur la relation d'autrui; sa condi-
laume II dit le Roux, et Henri Jer.

tion de moine ne lui ayant pas permis de péQuatrième 5. Le premier monta sur le trône au mois nétrer dans les mystères de la cour. Il con

de septembre de l'an 1088; le second, au vient encore qu'il n'en a pas dit tout ce qu'il
mois d'août de l'an 1100. Quelques-uns trou en savait. Pour indemniser en quelque façon
vèrent mauvais qu'on écrivit leur histoire de son lecteur, il l'instruit de quantité d'événe-
leur vivant, disant que dans ces sortes d'é- ments qui se sont passés dans les pays étran-
crits la vérité fait souvent naufrage, et que gers à l'Angleterre. Ces cinq livres sont in-
le mensonge prend sa place, la plume de téressants par quantité de monuments qui
l'bistorien étant guidée ou par la crainte ou regardent l'histoire ecclésiastique; par les
par la flatterie. D'autres ne croyaient pas que lettres des papes contemporains des rois
Guillaume de Malmesbury fût assez habile d'Angleterre dont il y est parlé; et par celles
pour écrire avec dignité l'histoire de ces de ces princes ou d'autres personnes consi-
deux princes. Les conseils de ses amis l'em- dérables. Il en a été dit quelque chose dans
portèrent. Il se rendit à leurs sollicitations, e cours de cette histoire, à mesure que l'oc-
et comptant sur le secours du ciel, il ren- casion s'en est présentée. Henri Jer mourut
ferma dans le quatrième livre les événements au commencement de décembre l'an 1135,
du règne de Guillaume le Roux, le premier dans la soixante-huitième année de son âge
des enfants de Guillaume le Conquérant. On après un règne de trente-cinq ans et quatre
trouve dans ce quatrième livre la relation de mois. Mais l'histoire que Guillaume de Mal-

Cinquien

livre, p. 119.

Dog velles, p.

13.

Troisième

mesbury en a faite, ne va que jusqu'en 1127, mence son second livre par le dénombre-
la vingt-huitième année du règne de ce ment des évêques de cette ville, dès lors
prince. Il en reprit apparemment la suite très-opulente par son commerce avec toutes
dans un autre ouvrage qu'il intitula Chroni- les provinces du monde, surtout avec l'Alle-
ques, divisé en trois livres, qui n'ont pas en- magne. Le premier évêque fut Mellite, en-
core été rendus publics.

voyé de Rome à saint Augustin pour l'aider Histoires 7. Il en parle dans le prologue des deux à la conversion des Anglais. L'auteur donne

livres qui ont pour titre : Histoires nouvelles, après cela la suite des évêques orientaux an-
qu'il dédia encore à Robert, comte de Glo- glais, et des évêques occidentaux saxons ;
cester. C'est un supplément à l'histoire de des évêques de Dorchester, de Winchester,
Henri Jer, et en même temps la suite des évé- de Schirburn, de Velles, d'Exester, de
nements mémorables de l'Angleterre. Le Cridien, de Cornouailles, de Selesig, et des
premier livre commence à la vingt-sixième abbés de divers monastères situés dans ces
année du règne de Henri [er, qui était l'an diocèses.
1126 de l'ère vulgaire, et finit à l'an 1138, le 11. La notice des archevêques d’York et
quatrième du règne d'Etienne, fils d'Etienne, des évêchés dépendants de cette métropole,
comte de Blois, et d'Adèle, fille de Guillaume occupe le troisième livre. Paulin en fut le livre, p. 258.
le Conquérant. Le second continue l'histoire premier archevêque sous le pape Honorius,
de ce prince jusqu'en 1143. Guillaume ne va de qui il reçut le pallium; et saint Wilfrid,
pas plus loin, quoiqu'Etienne ait régné jus- le troisième. Guillaume fait mention des évê-
qu'au mois d'octobre 1154. Ces deux livresques de Haugustald et de Witerne, mais
contiennent, comme les cinq précédents, di- en avertissant qu'ils ne subsistaient plus ;
vers traits intéressants pour l'histoire de l'E- que de tous les évêchés du Northumberland
glise, comme la tenue des conciles en An- soumis à la métropole d'York, on ne cori-

gleterre par les légats du Saint-Siége. • naissait alors que celui de Lindisfarne. Il destes. 8. Il manquait à l'Angleterre une histoire cite un fragment d'une lettre d'Alcuin à Hide pe suivie de ses évêques, et l'on ignorait même gebald ou Hingebald, évêque, et à toute la

le nom de plusieurs. Guillaume de Malmes- congrégation de l'Eglise de Lindisfarne,
bury crut qu'il y avait de l'ignominie à lais- dans laquelle il témoigne sa douleur des ra-
ser dans l'oubli ceux de qui l'on a reçu les vages que les païens y avaient causés, en
premiers élements de la foi et les règles de souillant les sanctuaires de Dieu, en répan-
la vie chrétienne; dans cette pensée, il en- dant le sang des saints autour de l'autel, et
treprit d'en faire l'histoire. Elle lui coûta en foulant aux pieds les saintes reliques. Al-
beaucoup plus que celle des rois d'Angle- cuin leur promet sur la fin de la même lettre par
terre, parce qu'il trouva moins de secours. de s'employer auprès de Charlemagne pour
Les chroniques qu'il avait par devers lui le le rachat des enfants que ces païens avaient
guidèrent dans le premier ouvrage. Il n'avait emmenés captifs. Guillaume parle ensuite
pour le second que des histoires fort em- de la fondation de l'évêché de Dunelme ou
brouillées. La tradition vint à son secours, Durham, et de ses évêques.
et apparemment l'archive de chaque Eglise. 12. Il n'y avait de son temps d'autres évê-
Il en a renfermé l'histoire en quatre livres, chés dans la province des Merciens, que
intitulés : Les Gestes des évêques d'Angleterre. Worcester, Herfords, Lichfelds, Cester, Lex- livro, p 278.

9. Le premier livre traite des archevêques cester, Lincolne et Cly. On voyait dans ces tiesneatices de Cantorbéry, depuis saint Augustin, dis- évêchés des monastères d'hommes et de premier, pag. ciple de saint Grégoire le Grand, jusqu'à filles. Il donne le dénombrement des évêques

Raoul, mort au mois de novembre de l'an et des abbés. Il ajoute un précis de la vie de
1122. Guillaume de Malmesbury s'étend saint Wlstan, évêque de Worcester, qui après pag. 279.
beaucoup sur l'épiscopal de Lanfranc et de avoir rempli les devoirs de la vie monastique,
saint Anselme. Il donne ensuite quelque chose et la charge de prieur, fut élevé à l'épisco-
de la vie des évêques de Rochester, dont le pat. Mais on l'a toute entière · dans le se-
siége était voisin de celui de Cantorbéry cond tome de l'Angleterre sacrée, et [dans les

10. L'évêché de Londres n'était pas non Bollandistes) au tome sixième de mai 2 avec Deuxième plus éloigné. C'est pourquoi Guillaume com- les notes d'Henschénius.

Les gestes

d'Angleterre, pag. 193.

Pag. 275.

Quatrièine

Ce que con

155,

livre, p. 234.

1 Pag. 241.

2 Bolland., ad diem 25 maii.

Wistan.

cette vie.

sur cette vie.

cap. VII.

Vie do saint 13. Cette Vie est divisée en trois livres, et Vie de saint Adelme, il recueillit encore ses

dédiée à Guarin, prieur, et aux moines de miracles, et fit une description du monastère
Worchester, qui l'avaient engagé à l'écrire. de Malmesbury, dont ce saint était fondateur.
Personne avant lui ne l'avait écrite; mais on C'est ce qui forme le cinquième livre des
conservait les mémoires que le moine Cole- Gestes des évêques d'Angleterre. Il ne parut
mann mort en 1113 avait laissés en anglais. que longtemps après les quatre premiers. De
Les actions du saint et ses miracles étaient là vient, que les exemplaires manuscrits en
d'ailleurs connus et attestés par tant de gens sont très-rares; au lieu qu'il y en a beaucoup
de probité, qu'il y aurait eu de la témérité à des quatre autres.
les révoquer en doute. Colemann avait été 16. Dom Mabillon a publié la Vie de saint Editions de
disciple de saint Wlstan, et son chapelain Adelme dans la première partie du ive siècle
pendant quinze ans. C'en était assez pour bénédictin; mais très-imparfaite et telle qu'il
connaître ses mæurs et le détail de ses ver- l'avait trouvée dans un manuscrit de la bi-
tus. Guillaume eut donc ordre de travailler bliothèque Cottonienne d'environ cinq cents
sur les mémoires de Colemann, d'en suivre ans. Henri Warton s'étant aperçu qu'elle ne
l'ordre, et de ne rien ajouter du sien aux contenait guère que la huitième partie de
faits rapportés par cet écrivain.

l'histoire du saint, l'a donnée toute entière à Kemarques 14. Nous remarquerons sur cette Vie que la tête du second tome de l'Angleterre sacrée,

Wlstan, dès le lendemain de son ordination, sur un manuscrit de Jean Fox". On l'imprima
Lib.1, cap. xiv. dédia une église sous le nom du bienbeu- en même temps à Oxford dans le second tome

reux Bède, voulant consacrer les prémices des Historiens d'Angleterre de Galeus. Warton,
de ses fonctions épiscopales en l'honneur de ayant trouvé cette édition plus correcte que

celui qui avait été le prince de la littérature la sienne en quelques endroits, mit ces corLib. IV, chez les Anglais ; qu'il recevait avec bonté rections sur une feuille séparée, où il corri

les pénitents qui venaient lui confesser leurs gea aussi un grand nombre des fautes de
péchés, pleurant avec eux sur leurs fautes, l'édition d'Oxford.
sans les rebuter; les exhortant à ne plus re- 17. Guillaume a divisé la Vie de saint Actions re
tomber et à prendre confiance en la miséri- Adelme en quatre parties 2. Il fait voir dans de salut A del.
corde de Dieu ; ce qui lui attirait des péni- la première qu'il était d'une naissance illus-
tents de toute l'Angleterre, qui n'osaient tre; et que s'étant appliqué à l'étude des arts
confesser leurs péchés à d'autres ; qu'aussi. libéraux et des belles-lettres, il fut le pre-
tôt qu'il apprenait la mort de quelqu'un, il mier de l'Angleterre qui s'appliqua à faire

récitait l'Oraison dominicale et trois psaumes, des vers en anglais; qu'il écrivit grand nomLib. III, savoir les cxvi', cxxix®, CL°; et qu'excepté les bre de lettres et composa plusieurs discours 3.

dimanches et les fêtes solennelles, il faisait Dans la seconde il fait le dénombrement des

chanter chaque jour une messe pour les monastères fondés par saint Adelme, des Lib 111, morls ; qu'il changea en autels de pierre priviléges et des biens dont il les enrichit.

dans son diocèse tous ceux qui n'étaient que Guillaume rapporte l'épigramme, ou, comme

de bois suivant l'ancien usage du royaume. il l'appelle, l'épithalame que le saint fit en Vie de saint 15. En parlant des évêques de Schirburn vers hexamètres latins, pour la dédicace de gue de Schir: ou Salisbury, dans le second livre des évê- l'Eglise des apôtres saint Pierre et saint Paul,

ques d'Angleterre, Guillaume de Malmesbury Il raconte dans la troisième les actions mer-
ne crut pas devoir entrer dans le détail de la veilleuses qu'il fit étant jeune, et confirme ce
vie de saint Adelme ; remettant à le faire, qu'il en dit par divers fragments de ses let-
quand il aurait recouvré les mémoires né- tres ou de ses écrits. Enfin la quatrième
cessaires. Il se donna à ce sujet tous les partie est employée à montrer les progrès
mouvements qui dépendirent de lui; par- du monastère de Malmesbury, et les évène.
courut tous les évêchés d'Angleterre, et ments considérables sous les abbés qui l'ont
trouva en divers endroits de quoi exécuter gouverné successivement jusqu'en l'an 1125,
son dessein, sąns recourir au recueil de quatre cent seize ans depuis la mort de saint
l'abbé Fawicius, qui lui paraissait sans auto Adelme.
rité. Guillaume composa non-seulement la 18. Galeus a publié deux autres écrits de Autres écrits

marquables

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cap. XI.

cap. XIV.

burn

de Guillaume

1 Warton, præfat. in tom. II Angl. sacre, Londini an. 1691.

9 Tom. II Angl. sac., pag. 1.
3 Voyez tom. XVII, pag. 753.

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