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des écrits de

Malmesbury.

encore été imprimés.

de Malmes- Guillaume de Malmesbury, l'un intitulé De 20. Guillaume est de tous les historiens Jagement

ľAntiquité de l'Eglise de Glaston, à Oxford en anglais celui qu'on estime le plus, soit pour Guillaume da
1691, dans la collection de Quinze historiens sa candeur et son exactitude dans le récit
anglais ; l'autre est une lettre de Guillaume des évènements; soit parce qu'il n'en est
à Pierre, moine de Malmesbury. Elle se trouve point parmi les anciens de sa nation qui nous
à la tête des cinq livres de Scot Erigène, ait donné une plus longue suite d'histoire. Il
qui ont pour titre : De la Division des natu est presque le seul ? qui ait rempli les de-
res, imprimés en la même ville en 1681, in- voirs d'un historien. C'est ce que dit Savill
folio.

dans l'épître dédicatoire, à la tête de l'édition Ecrits de 19. Ce n'est là qu'une partie des ouvrages des ceuvres de cet écrivain, imprimées à qui n'ont pas de Guillaume de Malmesbury; il s'en trouve Londres en 1596, et à Francfort en 1601, in

beaucoup d'autres dans les bibliothèques folio, chez Claude Marnius. Henri Warton ne
d'Angleterre, que l'on n'a pas encore rendus laisse pas de suspecter quantité de chartes
publics. Voici ce qui en est dit par Leland, du monastère de Malmesbury, insérées par
Baleus et Pitseus ' : quinze livres en vers de Guillaume dans son Histoire des évêques
différentes espèces sur les Evangiles; quatre d'Angleterre, surtout celles qui exemptent
livres de commentaires sur les Lamentations ce monastère de la juridiction des évêques.
de Jérémie ; quatre livres des Miracles de la Mais ce qu'il dit sur ce sujet n'attaque point
sainte Vierge ; un recueil des miracles de la bonne foi de Guillaume, et prouverait
saint André et des saints du pays; l’abrégé tout au plus que cet auteur a employé quel-
de l'histoire d'Aymon, moine de Fleury, de- quefois des monuments qu'une critique épu-
puis Justinien jusqu'à Charlemagne ; la - rée lui aurait fait rejeter, s'ils sont supposés
néalogie de Henri II, roi d'Angleterre; l'Itiné comme le dit Warton 3. (Waitz qui a donné
raire de Jean, abbé de Malmesbury, ou son des extraits de l'ouvrage de Guillaume sur
Voyage à Rome avec Pierre, moine de son les faits et les gestes des rois d'Angleterre
monastère ; les Antiquités du monastère de dans le tome IX des Scriptores, tome XII des
Glessobourg; Vie dIndruct, roi d'Irlande; Vies Monum. Germanice historica, dit que Guil-
de saint Patrice, de saint Bénigne et de saint laume s'acquit une grande gloire. Historia
Dunstan ; Histoire de Wgdenes ou Wugdenes; suæ gentis antiqua elegantius et ornatius des-
plusieurs lettres et plusieurs sermons; trois cripta, rebus vero suo tempore gestis satis fide-
livres de chroniques; l'abrégé des livres des liter et candide narratis; il ajoute que, lors
Offices ecclésiastiques d'Amalaire, dédié à un même qu'au milieu des faits historiques il
de ses amis, nommé Robert. Pierre Allix en a raconte des légendes, celles-ci ne sont pas
fait imprimer la préface à la fin de celle qu'il inutiles, car elles font connaitre les traditions
a adressée à Jean de Paris, sur la manière répandues parmi le peuple au moyen âge.]
dont le corps de Jésus-Christ est dans l'eu- 21. Suit dans la Collection des historiens an-
charistie, à Londres en 1686. Guillaume y glais, par Henri Savill, l'Histoire des Anglais, Hongiin ton.
parle ainsi : « Si vous voulez savoir ce que par Henri ^, archidiacre de Hungtington 5, des Anglais,
signifient les différentes parties de la messe, auparavant chanoine de Lincoln. Il l'écrivit an. 1596.
lisez ce qu'en a écrit en vers Hildebert, évêm à la prière d'Alexandre, évêque de cette
que du Mans, et ensuite archevêque de ville, et la divisa en huit livres qui commen-
Tours. Si vous êtes curieux de connaître les cent à l'entrée des Saxons et des Anglais
diverses significations des ornements sacrés, dans la Bretagne en 449, et finissent à la
vous les apprendrez dans les discours d'Yves mort du roi Etienne en 1153. Pour donner
de Chartres. Ces deux évêques étaient très- une introduction à son histoire, Henri em-
versés dans l'intelligence de ces sortes de ploie le premier livre à celle des empereurs
matières, et les ont très-bien expliquées. A romains depuis Jules César, le premier qui
l'égard des offices divins, nous n'avons rien déclara la guerre à la Grande-Bretagne, jus-
de plus profond que ce qu'en a écrit Ama- qu'à Théodose-le-Jeune qui perdit le pouvoir
laire. »

que ses prédécesseurs avaient eu sur ce

Heori de

Son Histoiro

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edit.

Savil.

i Leland., cap. CLXVI; Balæus, Centur. 11, 73; Pitseus, pag. 209 ; Lavus, ad an. 1130, pag. 661 ; Thomas Galæus, præfat. ad 15 Scriptor. Ang.

3 Warton, præfat. in tom. II Angl.sacr., pag. 2 et seq.

. Cette histoire est reproduite au tome CXCV de la Patrologie, col. 799-978. (L'éditeur.)

2 E nostris prope solus historicis munus explesse videtur. Savil., in Epist. ad Elisabeth reginam.

5 Voir sur Henri une notice tirée de Fabricius, au tome CXCV de la Patrologie, col. 797-800. (L'édit.)

Le tre de Henri de

royaume. A ces huit livres, l'archidiacre de épitaphe à mettre sur son tombeau 4. Elle
Hungtington en ajouta quatre 'qui n'ont pas est en seize vers élégiaques. Il y fait mention
encore vu le jour. Le neuvième traite des des épigrammes et de quelques pièces de
saints d'Angleterre et de leurs miracles. Le poésie qu'il lui avait adressées autrefois, et
dixième a pour titre : de la Sublimité des cho- qui se trouvaient dans son onzième livre de
ses. Le onzième contient des satires et des l'Histoire des Anglais. Les vers en l'honneur
épigrammes. Le douzième, des hymnes sa- d’Elflède 5, reine des Merciens, et d'Alfred,
crées et autres pièces de poésies. Dans la roi d'Angleterre, font partie du cinquième
préface qu'il écrivit en 1135, il traite de la livre. Henri rapporte dans le troisième livre
fin du monde. Cette préface est suivie d'une les lettres de saint Grégoire et de ses suc-
lettre au roi Henri, contenant la suite des cesseurs touchant la mission de saint Au-
rois et des empereurs, des Juifs, des Assy- gustin en Angleterre. Il est aussi parlé dans
riens, des Perses, des Macédoniens et des le quatrième de la conversion des Anglais.
Romains jusqu'à son temps ; puis d'une au- Le septième donne un précis de la croisade
tre lettre à Warin-le-Breton, touchant l'ori- sous Urbain II, de sorte que l'on peut regar-
gine des rois bretons depuis Brutus jusqu'à der l'ouvrage de Henri de Hunglington
Cadwalladrus, dont il n'avait rien dit dans comme une histoire civile et ecclésiastique
son Histoire, parce qu'il n'avait alors aucun de l'Angleterre. On lui attribue encore un
mémoire sur ce sujet. Il en trouva depuis au opuscule sur la province de Bretagne, dont
Bec dans le livre de Galfrède Arthur; et c'est le manuscrit se trouve dans la bibliothèque
ce qui lui donna occasion d’écrire cette lettre de Cambridge; et un autre opuscule intitulé
Elle est reproduite au tome CLX de la Pa. De lImage du monde, ou quelquefois du Désir
trologie, col. 423 et suiv.]

du monde, ou des Evêques et des hommes 22. Il y en a une troisième adressée à illustres de son temps ; mais ce n'est autre Hung tingtun. Wautier, évêque de Winchester, et intitulée : chose que la lettre à Wauthier dont on vient

du Mépris du monde. Dom Luc d'Achéry et de donner le précis.
Henri Warton ? l'ont rendue publique 3. 23. Il a déjà été parlé plus haut de Siméon
Henri, pour s'imprimer à lui-même et à son de Durham, moine bénédictin et premier
ami le mépris des biens, des honneurs, des chantre de ce monastère. Jean Leland, qui
plaisirs du monde, propose plusieurs exem- en a écrit la Vie, le met au rang des plus sa-
ples d'évêques, de princes, de ministres vants de son siècle. Plein d'ardeur pour
d'Etat, de dignitaires ecclésiastiques, de transmettre à la postérité l'histoire de son
grands seigneurs, qui après avoir vécu dans pays, il en fit une étude particulière, ne dou-
le luxe et satisfait leurs passions, leur ava- tant pas que ravagé par les guerres conti-
rice, leur cruauté, leur cupidité, leur gour- nuelles des Danois, il ne manquât d'histo-
mandise, sont morts misérablement, con- riens, s'il ne prenait le soin de mettre par
damnés quelquefois à des supplices infâmes. écrit les grands évènements de son temps,
Il passe de ceux qui en punition de leur vie et de préserver de l'oubli ce qui s'était passé
licencieuse ont souffert une fin tragique, aux dans les siècles précédents. Il fit sur cela des
évêques qui ont vécu avec honneur et gou- recherches exactes, qu'il ne discontinua point
verné sagement leurs Eglises; et dit, que jusqu'à ce qu'il eût trouvé une suite de mé-
leur bonne vie ne les a pas dispensés de la moires qui le mirent en état de continuer l'his-
mort; qu'il en sera de même de ceux qui vi- toire des rois d'Angleterre et de Danemark,
vaient de son temps. Ce qu'il conclut de tout depuis l'an 731, où le Vénérable Bède avait
cela, c'est que la mort étant pour nous une fini, jusque vers l'an 1130, cinq ans avant
loi inévitable, nous ne devons point nous at- qu'Etienne s'emparât du royaume d’Angle-
tacher à la vie présente, mais nous appliquer terre, après la mort de Henri Jer.
à nous rendre heureuse la vie future, qui ne 24. Nous avons d'autres ouvrages sous le
finira pas. Avant de finir sa lettre, Henri ap- nom de Siméon dans la Collection de dir
prit la mort de Wauthier à qui il l'écrivait; écrivains anglais, imprimée à Londres en 1652,
au lieu donc de la lui envoyer, il envoya une par les soins de Jean Selden, chez Jacques

Siméon de Durham og Donelme,

Histoire de

Eglise de

Durbam.

1 Wartou, ubi sup., pag. 29.

2 Tom. VIII Spicileg., pag. 178, et tom. II Ang. sac., pag. 684.

3 Elle est reproduite d'après Warlon, au t. CXCV

de la Patrologie, col. 979-990. (L'éditeur.) — * Angl.
sacr., tom. II, pag. 702.

Edit. Savill., pag. 354, 352.

gouvis Paulin en omges de cette métrdonne

rois d'Angle

Danemark,

Flesher. Le premier est l'Histoire de l'Eglise de lettre à Hugues, doyen d'York, où il donne saint Cuthbert, évêque de Durham 1. S'il faut la suite des archevêques de cette métropole, en croire Siméon dans son apologie placée depuis Paulin en 627, jusqu'à Roger qui à la tête de cette histoire, il a entrepris son gouvernait cette Eglise en 1154. Suit l'hisouvrage par ordre de ses supérieurs et de toire du siège de Durham en 969 sous Ethelses anciens; il l'a composé sur des mémoires red, roi des Anglais, et Kined, roi des Ecosépars çà et là, après les avoir mis en ordre; sais. et d'ailleurs la préface de l'ouvrage porte 25. L'Histoire des rois d'Angleterre et de Histoire des son nom; cette histoire lui est attribuée dans Danemark 2, par Siméon de Durham, s'étend, terre et de les manuscrits. Il est vrai néanmoins que les comme on vient de le dire, depuis l'an 731 quatre premiers livres sont mot à mot les jusque vers l'an 1130; ce qui fait une suite mêmes que ceux de Turgot, moine, et en d'évènements d'environ quatre cents ans. Ce suite prieur de Durham, comme cela se que dit Siméon du martyre d'Ethelbert et prouve par un manuscrit de l'âge même de d'Ethelred vers l'an 616, est tiré du VénéraTurgot, et par plusieurs circonstances mar- ble Bède, de même qu'une partie de ce qu'il quées dans le troisième, qui ne conviennent dit des rois de Northumberland et de Kent. qu'à Turgot; mais Siméon de Durham a Il fait entrer dans l'Histoire des rois d'Anglesupprimé ou changé tout cela pour s'ap- terre, celle de plusieurs évêques du royaume, proprier l'ouvrage. On peut lire là-dessus la et des disputes occasionnées entre l'Empire préface du premier tome de la collection et le Sacerdoce, au sujet des investitures, des de Selden. Il faut donc attribuer à Turgot élections, et autres droits respectifs de l'une l'Histoire de l'Eglise de Durham depuis l'an et l'autre puissance. 635 jusqu'en 1097, et donner à Siméon la 26. Jean, prieur d'Hagustad, monastère Joan d'Hasuite de celle histoire, depuis le sacre de de bénédictins, mais qui en 1113 fut cédé Foire des rois l'évêque Ranulphe en 1099, jusqu'à l'ordi- aux chanoines réguliers, continua l'histoire nation de Hugues en 1154. L'Histoire de saint de Siméon, depuis 1130 jusqu'en 1154 3. Cuthbert, patron de l'église de Durham, et Contemporain des évènements qu'il rapdes donations faites à son église, appartient porte, on le regarde comme un historien encore au moine Siméon, de même que la digne de foi.

gustad. His. toire des rois d'Angleterre.

CHAPITRE XXVII.

Pierre Abaillard , abbé [1142], et Héloisse, abbesse du Paraclet (1164).

(Ecrivains latins.]

Pierre Abail

même sa vie.

ce, son éducation, son amour pour

1. Il est peu d'histoires plus connues que latere scritte celle d'Abaillard et d'Héloïsse, ni qui soit

plus intéressante par la variété et la singu-
larité des évènements. Elle a encore cet
avantage qu'elle a été écrite par Abaillard
même , qui en rapporte ordinairement les
circonstances avec assez de candeur, racon-
tant ses mauvaises comme ses bonnes ac-
tions, ce qu'il y avait en lui de blâmable ou
de digne d'éloge. Il y a toutefois des endroits
où il paraît trop de passion et qu'on doit lire
avec précaution.

2. Pierre Abaillard naquit en 1079 au Sa naissan-
bourg de Palais, à trois lieues de Nantes en cation, son
Bretagne. Son père se nommail Bérenger, et les lettres.
sa mère Lucie. Ils se réunirent à faire prendre
à leur fils une teinture des lettres, avant de
l'engager dans le parti des armes. Pierre,
préférant l'étude à la gloire militaire, s'ap-
pliqua particulièrement à la dialectique, et
dans le dessein de s'y rendre habile, il par-
courut diverses provinces, où il savait que
l'étude de cet art était en réputation. Un de
ses premiers maîtres, selon Otton de Frisin-

· Tom. I Script. Ang., Londini, an. 1652, pag. 1.
2 Pag. 86. – 3 Pag. 257.

* On écrit maintenant Abailard ou Abélard, et Hé-
loïse. (L'éd.) — 3 Abælard., Epist. 1.

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gue, fut Roscelin de Compiègne; Abaillard pour l'autre de l'amour, dont les suites fu-
n'en dit rien : puis il se mit sous la discipline rent la naissance d'un fils, qui fut nommé
de Guillaume de Champeaux '.

Pierre, et surnommé Astrolabe, ou astre bril-
3. Pendant qu'il étudiait à Paris sous Guil. lant. Il fallut, pour apaiser la colère de l'on-
laume ?, il s'en fit aimer d'abord par les sail. cle, épouser Héloïsse. Elle s'y opposa, et fit
lies de son esprit; mais ayant ensuite entre sur cela à Abaillard un discours des plus
pris de réfuter quelques-unes de ses opinions, éloquents 5 ; elle lui faisait voir, qu'en l'é-
el affecté de le pousser dans la dispute jus- pousant il sacrifiait sa fortune, soit dans l'E-
qu'à paraître l'emporter sur lui, il devint glise qui pourrait récompenser son savoir
odieux au maître et aux écoliers. Alors, plein par quelque bénéfice considérable, car il
de confiance en lui-même, il alla, quoique n'était encore que clerc, mais chanoine; soit
jeune, ouvrir une école à Melun, qu'il trans- dans le monde, par la réputation que lui don-
féra quelque temps après à Corbeil, pour neraient ses talents. Elle concluait à ce qu'elle
être plus près de Paris. Il eut un grand nom fût toujours son amie, et jamais son épouse.
bre de disciples. Son ardeur à se rendre ca- Toutes ces considérations furent inutiles.
pable de les bien instruire, lui occasionna Abaillard ne craignit pas même les mauvais
une maladie qui l'obligea à aller reprendre traitements de l'oncle, que la nièce lui faisait
son air natal. Après quoi il revint à Paris se envisager comme certains. Renonçant donc
rendre une seconde fois disciple de Guillaume à son canonicat, il épousa Héloïsse dans une
de Champeaux, qui tenait alors ses écoles à des églises de Paris à l'issue de matines, en
Saint-Victor, où il avait pris l'babit de cha- présence de l'oncle et de quelques témoins
noine régulier. Ils eurent ensemble de fré- affidés; et aussitôt après la bénédiction nup-
quentes disputes sur les universaux. Guil- tiale, ils se séparèrent. Héloïsse resta chez
laume enseignait que la même chose est son oncle, et Abaillard reprit ses leçons pu-
essentiellement tout entière dans chaque bliques.
individu. Abaillard soutenait le contraire, et 6. Cependant ayant su que Fulbert mal. Il se fait
sur ses raisons, Guillaume changea de sen- traitait sa nièce, il l'envoya à Argenteuil où Denis.
timent 3. Cela fit augmenter la réputation il lui fit prendre l'habit de religieuse, à l'ex-
d'Abaillard, qui ouvrit de nouveau une école ception du voile. L'oncle, se croyant trompé
à Melun, d'où il revint peu de temps après à par Abaillard, s'en vengea 6 en le faisant
Paris s'établir sur le mont de Sainte-Gene- mutiler, comme il dormait, par des gens qui
viève.

trouvèrent le moyen d'entrer la nuit dans 4. C'était vers l'an 1113 et dans la trente- son logis. Abaillard reconnut les justes juquatrième année d'Abaillard. La réputation gements de Dieu, qui le punissait par où il d'Anselme, qui enseignait la théologie à avait péché; et ne pouvant plus supporter la Laon, l'y attira. Il en sortit peu satisfait; et honte qui lui en revenait, il se fit moine dans de retour à Paris, il reprit ses leçons de dia- l'abbaye de Saint-Denis, et Héloïsse prit le lectique. Etant à Laon, il avait commencé à voile à Argenteuil. Ce fut l'évêque de Paris expliquer la prophétie d'Ezéchiel 4, sans qui le bénit, et le mit sur l'autel. Héloïsse, avoir auparavant étudié l'Ecriture sainte, sortant du chour pour l'aller prendre et Ses leçons sur cette matière plurent à ses mettre elle-même sur sa tête, fut arrêtée par écoliers : ils le crurent aussi habile dans plusieurs personnes qualifiées, qui essayél'intelligence des livres saints que dans la rent de la détourner de son dessein. Mais philosophie.

moine à Saint

11 ouvre une

elle ne se laissa point ébranler, et malgré 5. En voyant augmenter sa réputation, il les larmes qui coulaient de ses yeux et les se laissa aller à la vanité, et lâcha la bride à soupirs que son ceur poussait, elle accomses autres passions. Chargé par un chanoine pagna son sacrifice du récit des vers de la de Paris, nommé Fulbert, d'instruire Hé- Pharsale de Lucain ?, où ce poète représente loïsse, sa nièce, fille d'une beauté médiocre, Cornélie déplorant la mort du grand Pommais de beaucoup d'esprit, et déjà savante, pée, son époux, s'accusant de l'avoir rendu qui, outre la langue latine, possédait la malheureux, et déclarant qu'elle va s'en grecque et l'hébraïque, ils conçurent l'un · punir.

école à Paris.

Il se marie.

· Abælard., Epist. 1. – 2 Ibid.
3 Abælard., Epist. 1. — * Ibid. — 6 Ibid.

6 Abælard., ibid.
7 Pharsal., lib. VIII, vers. 95.

foreigoe dans

pendant

de

Conduite d'A. baillard dans le concile.

Abaillard 7. Abaillard ne fut pas longtemps caché à légat lui ordonna de le porter à l'archevêque
os prieuré de Saint-Denis. Plusieurs clercs et autres étu. de Reims, à Albéric et à Lotulphe, qui étaient
Sex Di-Denis. diants vinrent l'y trouver, lui représentant ses accusateurs. Le jugement du livre fut

qu'étant dans le repos de la solitude, il pour- renvoyé à la fin du concile ; et après plu.
rait plus facilement leur donner des leçons, sieurs délibérations entre les évêques, on
et faire alors pour Dieu ce qu'il n'avait fait, obligea Abaillard de jeter lui-même son
étant dans le monde, que pour gagner de livre au feu, sans qu'on l'eût auparavant
l'argent, ou s'attirer de la gloire. Ils mirent examiné.
dans leurs intérêts l'abbé et les moines de 9. Quoique cité au concile comme accusé
Saint-Denis, qui commençant à se lasser d'un d'erreur, Abaillard eut la permission de
censeur importun de leur vie, furenl bien monter en chaire 3 chaque jour avant que
aises de s'en défaire ; ils l'envoyèrent à les pères s'assemblassent, et d'expliquer
Deuil, prieuré dépendant de l'abbaye. Aus- quelques points de notre croyance. Le clergé
sitôt que l'on fut averti qu’Abaillard y avait et le peuple en furent édifiés, et n'y remar-
ouvert une école, il lui vint un si grand nom- quant rien que d'orthodoxe, les auditeurs se
bre d'écoliers', qu'il ne se trouvait pas dans disaient l'un à l'autre : « Voilà cet homme
le lien assez de maisons pour les loger, ni de qui parle publiquement, et personne n'ose lui
quoi les faire subsister. Quoique ses leçons rien dire ; ne serait-ce pas que nos évêques
roulassent principalement sur l'intelligence ont enfin reconnu qu'ils sont eux-mêmes
de l'Ecriture et la théologie, il ne laissait pas dans l'erreur, et qu'il a raison? » Un certain
pour contenter ses disciples de leur expliquer jour 4 Albéric l'attaqua au sortir de la pré-
les arts libéraux. C'était comme un appât dication, et croyant avoir trouvé des propo-
dont il se servait pour les conduire à la con- sitions erronées dans son livre, lui cita entre
naissance des grandes vérités de la religion. autres celle où Abaillard disait que Dieu ne
Telle était, dit-il, la méthode du grand Ori s'est pas engendré lui-même. Il demanda à

Albéric le temps d'expliquercette proposition; 8. Les écoles de la plupart des villes, nom- et celui-ci ayant répondu qu'il voulait non concile de mément de Reims, se trouvant désertes, Al des raisons, mais des autorités, Abaillard

béric et Lotulphe, qui en avaient soin, s'éle- lui montra, deux lignes après la proposition,
vèrent contre Abaillard, et engagèrent dans un passage de saint Augustin qui disait la
leur parti des archevêques et des abbés. même chose. Albéric s'en retourna confus.
Leurs raisons étaient qu'il ne convenait pas 10. Après la condamnation du livre d’A-
à un moine d'enseigner les belles-lettres, et baillard, on lui fit faire sa profession de foi, posta
qu'à l'égard de la théologie et de l'Ecriture ce qui se réduisit à lui faire lire tout baut le puis onferen?
sainte, Abaillard était incapable d'en donner Symbole de saint Athanase; puis on le mit Denis.
des leçons, n'ayant jamais eu de maitre dans lui-même entre les mains de Geoffroi, abbé
cette sorte de science. Il fournit lui-même un de Saint-Médard, pour le tenir enfermé dans
autre sujet de plainte par un traité de l'Unité son cloitre. Cet abbé et ses moines le reçu-
de Dieu et de la Trinité des personnes, dans le rent avec joie et le traitèrent avec honneur,
quel, aux instances de ses écoliers, il expli- dans l'espérance qu'ils le garderaient quel-
quait et prouvait ces mystères plus par des que temps. Mais il n'y demeura que quelques
raisons de philosophie, que par les autorités jours, et le légat le renvoya à Saint-Denis.
de l'Ecriture et des pères, dont ils étaient Abaillard y retrouva les moines 5 à qui il s'é-
déjà instruits. Abaillard et son livre furent tait rendu odieux en censurant leurs meurs,
déférés au légat Conon ?, évêque de Pales- Mais il ne fut pas longtemps avec eux sans
trine, et à Raoul-le-Vert, archevêque de les irriter encore davantage, au sujet de
Reims, qui, en conséquence, le citèrent au l'Histoire de saint Denis lAreopagite, écrite
concile qu'on devait tenir à Soissons en par l'abbé Hilduin. Comme il avait lu dans
1121, avec ordre d'y apporter son livre, Il Bède que saint Denis l'Areopagite avait été
obéit ; et aussitôt son arrivée à Soissons, il évêque de Corinthe plutôt que d'Athènes, il
alla trouver le légat, lui donnant son livre à soutint cette opinion, d'où il suivait que celle
examiner, offrant de corriger tout ce qu'il y d'Hilduin, qui le faisait évêque d'Athènes,
aurait de contraire à la foi catholique. Le était fausse, et que cet abbé n'avait pas

gène.

sé dans le

1181.

On lui donne pour prison l'abbaye de

voie à Saint

1 Abælard., Epist. 1. – ? Ibid. — 3 Ibid.

* Epist. 1. - 5 Eptst. 1.

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