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Canons des conciles pour

mant des religieuses, pag.

202.

loisse.

geait à venir au chapitre, où en présence de Abaillard pour le détourner du mariage! Son
la communauté, la supérieure lui faisait une style est toujours élégant, mais il est des en-
sévère réprimande, afin que la honte l'enga- droits dans ses lettres où elle s'est surpassée.
geât à se corriger. Au commencement de Les pensées en sont fines et délicates, les
toutes les heures de l'office divin, après le idées nobles, la latinité pure, le tour natu-
Deus in adjutorium, la semainière commen- rel. Il y a moins de feu et moins de légèreté
çait Veni Sancte Spiritus, on y ajoutait le dans le style des lettres d'Abaillard, mais
verset et la collecte. On introduisit cet usage elles sont écrites solidement et avec élégance,
au Paraclet, parce que cette maison était dé- remplies, comme tous ses autres ouvrages,
diée au Saint-Esprit.

d'érudition sacrée et profane. Un anonyme 73. Dans le manuscrit du Paraclet, les florentin, presque contemporain d'Abaille gouverne. Constitutions d'Héloïsse sont suivies de plu- lard 3, écrivit en France pour avoir le recueil

sieurs canons des conciles, de décrets des de ses lettres, disant qu'il n'en avait jamais
papes , 'et de passages des pères pour le lu de plus agréables. Ses autres écrits n'ont
gouvernement des religieuses; apparem- pas eu un sort si heureux. Plus philosophe
ment pour faire voir qu'elle n'avait rien or- que théologien, il voulut, dans les premières
donné qui ne fût conforme à l'esprit de l'E- années qu'il se montra au public, enseigner
glise.

des matières qu'il n'avait pas approfondies, Mort dfé 74. Héloïsse survécut vingt-deux ans à et pénétrer par les lumières de la raison dans

Abaillard, étant morte vers l'an 1164, le 17 des mystères au-dessus du raisonnement hu-
mai, auquel jour sa mort est marquée dans main. De là les reproches qu'il eut à essuyer
le Nécrologe du Paraclet, comme la première de la part des plus savants hommes de son
abbesse qu’ait eue ce monastère. Il y est aussi siècle, soit dans les conciles, soit à Rome, et
fait mention de sa mère Hersende, d'Agnès, la nécessité de rétracter par des monuments
nièce d'Abaillard et prieure du monastère; de publics des sentiments que la pureté de la
Denise, seur d’Abaillard, et d'Astrolabe son foi catholique n'admet point.
fils !. Héloïsse était de la famille des Mont- 76. Nous ne connaissons qu'une seule édia
morency, moins considérable alors que sous tion complète de ses euvres, faite à Paris en Traductions
le roi Henri II, qui érigea la terre de Mont- 1616, in-4°, par les soins de François Am- Vie d'Abail-
morency en duché. Le corps d'Héloïsse fut boëse; mais en 1718 ses lettres furent réim- loisse.
mis dans un caveau 2 assez vaste, où l'on primées à Londres, in-4°, avec les correc-
avait déposé longtemps auparavant celui tions de Richard Bawlinson. François Am-
d'Abaillard. Cette circonstance fait tomber la boëse a mis en tête de son édition une pré-
tradition fabuleuse de la Chronique de Tours, face apologétique de la personne et des sen-
où il est dit qu'Héloïsse étant malade demanda timents d'Abaillard et d'Héloïsse, et à la fin
d'être inhumée dans le tombeau d’Abaillard, des notes de Duchesne sur la lettre à un ami
et que lorsqu'on l'eut ouvert pour y descen- qui contient l'histoire de ses calamités. Après
dre le corps d'Héloïsse, son mari étendit les la préface apologétique, suit la censure, faite
bras pour la recevoir.

par les docteurs de Paris, des propositions Jogerent 75. Abaillard et Héloïsse étaient l'un et qui leur avaient paru repréhensibles dans les ba anar d'ei l'autre de ces génies heureux à qui il en coûte écrits d’Abaillard et d'Héloïsse. (En 1849 pa

peu pour se rendre habiles dans toutes sortes rut à Paris un volume in-4° contenant quel-
de sciences. On est surpris, en lisant les let- ques écrits d'Abaillard, savoir : des séquences
tres d'Héloïsse, d'y trouver une si grande et des hymnes, l'exposition sur l'Hecameron,
étendue de connaissances. Elle cite avec ai- avec un appendice qui contient des docu-
sance les écrivains sacrés, les pères de l'E- ments originaux. L'éditeur, M. Cousin, a
glise, les auteurs profanes, surtout les poètes, revu ces écrits, y a mis des notes, des som-
ce qui fait voir que la lecture lui en était fa- maires, des tables. Il a été aidé par MM. Jour-
milière. Rien n'égale la vivacité de son pin- dan et Despois.]
ceau, quand elle peint ses malheurs et ses En 1695, il parut à Cologne une traduction
peines. Quelle force d'expressions et de rai. française des lettres d'Abaillard et d'Héloïsse,
sonnements dans le discours qu'elle fait à mais aussi infidèle qu'injurieuse à l'un et à

Editions de ses en res.

des

lettres.

lard et d'Hé

des écrits d'A.

d'Héloisse.

| Ambæsius, Præfat. in opera Abælardi.
2 Mabillon., lib. LXXVII Annal., num. 129.

3 Marten., tom. II Ampliss. Collec., pag. 1455.

liomprennent u

illard et d'Hallant venger

l'autre. Il s'en fit deux éditions à Paris, en d'Abaillard est celle qu'ont donnée les édi1714 et en 1721; celle de Cologne est attri- teurs de la Patrologielatine, au tome CLXXVIII. buée à Bussy-Rabutin; les deux autres au père On y trouve d'abord des prolégomènes qui F. Godard de Beauchamp. Dom Gervaise, comprennent une notice historico-littéraire ancien abbé de la Trappe, voulant venger tirée de l'Histoire littéraire de la France; une l'honneur d'Abaillard et d'Héloïse, et celui autre notice tirée de Fabricius; une disserde la vie monastique attaqués dans cette tra- tation sur la vie et les écrits d'Abaillard, par duction, en donna une nouvelle à Paris en Oudin; la doctrine d’Abaillard par Martène, 1723, chez Jean Musier, où il a tâché de ren- la préface apologétique par Amboëse; son dre exactement non-seulement les pensées épitaphe reproduite en six manières difféd'Abaillard et d'Héloïsse, mais encore leurs rentes; sa confession de foi; la censure des ternies, autant que la langue française a pu docteurs de Paris. Viennent ensuite les oule permettre; et afin que l'on fût en état de vrages d’Abaillard. Ils sont divisés en quatre juger de son exactitude, il a mis le texte la parties. La première comprend les épitres au tin dans une colonne séparée vis-à-vis de sa nombre de trente, parmi lesquelles il n'y en traduction '. Ce traducteur avait fait impri- a que douze qui soient d'Abaillard; les autres mer chez le même Jean Musier, en 1720, la lui sont adressées par Héloïsse ou par divers Vie d'Abaillard et d'Héloïsse, dans laquelle il personnages, ou sont des lettres qui le cona discuté exactement tous les reproches faits cernent. La deuxième partie renferme les

à Abaillard tant sur sa conduite que sur sa sermons au nombre de trente-quatre, et pluCap. III. doctrine. Cette Vie est terminée par une dis sieurs écrits ascétiques : l'Exposition de l'O

sertation sur un passage d'Abaillard. Cet écri- raison Dominicale, l'Exposition du Symbole des vain avait dit, dans son livre contre les Héré- apôtres, l'Exposition de la foi sur le Symbole sies, que si dans la primitive Eglise les dis- de saint Athanase, l'Ethique ou le livre inticiples des apôtres se faisaient baptiser pour tulé Connais-toi toi-même, les Problèmes d'Héles morts, en croyant par là contribuer au loïsse avec les Solutions d'Abaillard. La troisalut de ceux qui étaient morts sans baptême, sième partie comprend les æuvres théologi. à plus forte raison devons-nous croire que ques et philosophiques, savoir : l'Exposition la foi des parents suffit pour procurer aux sur lHecameron, celle sur lEpitre aux Roenfants la grâce de la régénération. Dom mains, lIntroduction à la théologie, la Théologie Gervaise fait voir qu'Abaillard n'a point pré chrétienne, le Sic et le Non, d'après Henke tendu par là autoriser le baptême pour les et Lindenkohl, Marbourg, 1851, in-8°, édimorts, mais seulement réfuter certains héré- tion plus complète et plus exacte que celle tiques de son temps, qui voulaient qu'on at- de M. Cousin; le Dialogue entre un philosophe, tendit que les enfants fussent en état de un juif et un chrétien; lAbrégé de la théologie croire, avant de leur administrer le baptême, chrétienne. Dans la quatrième partie, on donne [Les lettres d'Abaillard et d'Héloïsse ont été les poésies d’Abaillard. (Voir ce que nous en traduites de nouveau par Oddoul, Paris 1839, avons dit ci-dessus). L'appendice contient le in-40; elles sont précédées d'un essai bisto livre des Hérésies, l'indication des priviléges rique sur la vie et les écrits d’Abaillard, par accordés au Paraclet par les souverains ponM. et Mme Guizot. On y trouve aussi la tra tifes, la concession faite par Hugues, archeduction de l'Apologie d'Abaillard par Béren vêque de Sens; la série des abbesses du Pager, son disciple, et celle de sa lettre à l'é raclet. Le volume est terminé par des notices vêque de Mende, avec les lettres de Pierre- sur Hilaire et Bérenger, disciples d'Abaillard, le-Vénérable en faveur d'Abaillard, et les avec leurs écrits. On n'a d'Hilaire qu'une témoignages des anciens sur cet écrivain. élégie dans laquelle il déplore le départ d'A

L'édition la plus complète des cuvres baillard du Paraclet.]

1 Malgré cela, les auteurs de l'Histoire littéraire de France, tom. XII, lui reprochent de n'avoir pas rempli le devoir d'un traducteur exact : « Souvent,

disent-ils, il rend son original en français avec l'étendue et la liberté d'un paraphraste. » (L'éditeur.)

CHAPITRE XXVIII.

Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers (1154); Abandus (1134);

Francon, abbé d'Afflighen [1135; un anonyme, sous l'an 1141).

[Ecrivains latins.]

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évêque de

1. Né à Poitiers même, Gilbert de la Por- qu'on lui faisait sur sa doctrine 3. On l'accurée y fit ses premières études, puis il s'appli- sait d'enseigner que l'essence divine n'est qua à la philosophie, et, pour s'y rendre ha- pas Dieu, que les propriétés des personnes bile, il l'étudia dans les plus célèbres écoles divines ne sont pas les personnes mêmes, que de France'. A Laon, il eut pour maîtres An- la nature divine ne s'est pas incarnée, et selme, doyen de cette Eglise, et Raoul son quelques autres erreurs de moindre imporfrère; à Poitiers, Hilaire; Bernard à Chartres. tance. L'on produisit contre lui pour témoins Il enseigna lui-même la philosophie en die deux maîtres en théologie, Adam de Petilverses provinces du royaume avec succès. Pont, chanoine de l'Eglise de Paris, et Hugues Admis dans le clergé de Poitiers, il en devint de Champ-Fleuri, chancelier du roi, et l'évêchanoine.

que de Soissons. Tous trois assurèrent par Il est fait. 2. L'évêque Guillaume Adélelme étant mort serment qu'ils avaient ouï de sa bouche quelPoitiers en au mois d'octobre de l'an 1140, on elut à sa ques-unes de ces propositions. Lui-même n'en

place l'abbé Grimoard, qui ne fut sacré qu'au disconvenait pas entièrement, mais il les ex-
mois de février de l'année suivante 1141. Le pliquait favorablement, soutenant qu'il n'a-
roi Louis lui défendit de se mettre en posses. vait jamais dit ni écrit que la divinité ne fût
sion de son siége avant la Pentecôte. Gri pas Dieu; il citait pour témoins de la pureté
moard ne l'occupa que peu de temps, puisque de sa doctrine Raoul, évêque d'Evreux, et
Gilbert lui succéda la même année.

un docteur nommé Yves de Chartres, qui
3. Les moeurs de Gilbert étaient graves et avaient l'un et l'autre étudié sous lui. Saint
pures; mais d'un génie vif et subtil, il se plai- Bernard, que les deux archidiacres avaient
sait trop dans les raisonnements de la dialecti- engagé dans cette affaire, fut le principal ad-.
que, d'où vient qu'ildonna dans des sentiments versaire de Gilbert en ce concile; mais il se
singuliers, même en matière de religion. déclara encore plus hautement contre lui dans

4. Deux de ses archidiacres, Arnaud et le concile de Reims, où le pape avait renvoyé
Calon, en portèrent leurs plaintes à Eugène III la décision de la cause.
en 1146 2. Il était alors à Sienne et dans le 6. Le concile de Reims fut assemblé à la Concile de
dessein de passer en France; c'est pourquoi mi-carême de l'an 1148, le 22 mars. Parmi 1148."
il renvoya l'examen de cette affaire au con- le grand nombre d'évêques et d'abbés qui y
cile qu'il devait y lenir. Gilbert continuant assistèrent, on nomme Geoffroy de Lorroux,
à soutenir les propositions qu'il avait avan- archevêque de Bordeaux; Milon, évêque de
cées, Arnaud et Calon vinrent une seconde Terrouane, et Josselin de Soissons, recom-
fois s'en plaindre au pape, dans le temps mandables par leur savoir; l'abbé Suger et
qu'il était à Auxerre. Eugène leur ordonna saint Bernard 4. Eugène III présida au con-

de se rendre à Paris pour la fête de Pâques. cile. Avant qu'il se tînt, Gilbert lui envoya Concile de 5. On y assembla un concile auquel le pape son commentaire sur Boëce; le pape le donna Gilbert"un présida, assisté de plusieurs cardinaux, d'é- à examiner à Gothescalc, alors abbé du Mont

vêques, d'abbés et de gens de lettres. Gilbert Saint-Eloy, près d'Arras, ensuite évêque de
de la Porrée, qu'on y avait appelé, fut cité cette ville. Celui-ci en tira quelques proposi-
au consistoire pour répondre aux reprochestions qui lui parurent erronées, et leur opposa

Il donne dans des sentimeats singuliers.

Plaintessor sa doctrine,

Reins en

Paris coutre

1167.

1 Mabillon., præfat. in Bernard., num. 52, et lib. LXXVII Annal., num. 113.

2 Mabillon., ibid., lib. LXXVIII, num. 83 et 120.

3 Mabillon., ibid., num. 121.
Mabillon., ibid., lib. LXXIX Annal., nuin. 1.

La doctrina de Gilberty est condam. né.

plusieurs passages des pères. Albéric, évêque Patrol. latine, t. LXIV.] Le livre de Gilbert, d'Ostie, légat en France, avait fait aussi des intitulé des Six principes, a été imprimé sourecherches sur la vie et la doctrine de Gilbert, vent dans les anciennes éditions latines d'Amais ce légat mourut avant la tenue du ristote, par les soins d'Hermolaus Barbarus. concile.

[Il est reproduit au tome CLXXXVIII, col. 12577. A la première session, Gilbert fit appor- 1270.] Nous avons sur cet opuscule de Gilbert ter par ses clercs plusieurs gros volumes pour luit traités d'Albert-le-Grand dans le tome ser se mettre en état de montrer que ses adver- de ses ouvrages ?. (Les auteurs de l'Histoire saires avaient tronqué les passages allégués littéraire de la France, t. XII, attribuent encontre lui, ou qu'il·les avait pris à contre- core à Gilbert un commentaire sur l'Apocasens, « Qu'est-il besoin, lui dit saint Bernard", lypse. La préface, disent-ils, se trouve à la de tant de livres et de paroles ? Le scandale tête des Postilles de Nicolas de Lyra sur ce que vous avez donné ne vient que de ce que livre, et le corps de l'ouvrage a été imprimé plusieurs assurent que vous croyez et que dans une compilation de différents interprètes vous enseignez que l'essence ou la nalure de anciens de l'Apocalypse, publiée à Paris l'an Dieu, sa divinité, sa sagesse, sa bonté, sa 1512, en 1 vol. in-8°. Ces mêmes auteurs cigrandeur, ne sont pas Dieu, mais la forme tent comme n'ayant pas vu le jour, 1° des par laquelle il est Dieu; déclarez si vous questions diverses sur toute l'Ecriture; elles pensez ainsi, ou non.» Gilbert eut la hardiesse existent, disent-ils, à l'abbaye de Saint-Ouen de répondre que cette forme n'est pas Dieu. de Rouen et à celle de Saint-Bertin; 2° des « Nous tenons, dit saint Bernard, ce que gloses sur le prophète Jérémie, dont il y a nous cherchions; qu'on écrive cette confes- deux exemplaires à la bibliothèque du roi ; sion. » Henri de Pise, cardinal, l'écrivit. Alors 3° des gloses sur le Cantique des Cantiques, Gilbert, s'adressant à saint Bernard, lui dit : conservées à la bibliothèque publique d'U. « Ecrivez aussi que la divinité est Dieu,» trecht; 4° des gloses sur l'Evangile de saint « Oui, dit le saint, qu'on l'écrive avec un sty- Jean, qui ne nous sont connues que par le let de fer et sur un diamant. » Après qu'on témoignage de Henri de Gand; 5° des gloses ent beaucoup disputé de part et d'autre sur sur les Epîtres de saint Paul, dont il y a des cette proposition et sur quelques autres avan- exemplaires à la bibliothèque du roi, à celles cées par Gilbert, on chargea saint Bernard de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Victor, de dresser une confession de foi pour l'oppo- de Vauclair, des Dunes en Flandres, du colser aux erreurs de Gilbert. Il la fit en quatre lége de la Madeleine à Oxfort, et à la biblioarticles, que l'on rapportera dans l'bistoire thèque Pauline de Leipsick. Toules ces gloses des conciles. La profession de foi fut approu- ne sont qu'une extension de celles d'Anselme vée du pape et de tout le concile; tous con- de Laon, qui servirent de canevas pour ainsi damnèrent aussi les erreurs de Gilbert; il dire à tous les glossateurs de l'Ecriture, qui acquiesça lui-même au jugement du concile, vinrent après lui dans les bas temps. 6° Un se réconcilia avec les deux archidiacres ses commentaire très-prolixe et assez peu intelaccusateurs, el retourna à Poitiers reprendre ligible, à la manière de presque tous ceux de ses fonctions et jouir en paix des honneurs Gilbert, sur le traité de Boëce des Deux nade sa dignité.

tures en Jésus-Christ. Il existe un exemplaire 8. Il composa divers écrits, savoir: un com- de cet écrit de Gilbert à Saint-Amand. 7° Un mentaire sur les Psuumes, un sur l'Evangile commentaire sur l’écrit attribué à Mercure de saint Jean, un sur les Epîtres de saint Paul, Trismégiste : De hebdomadibus seu de dignitate un sur le Traité de la Trinité par Boëce, et un theologice. Ce commentaire, avec le texte qui sur le livre des deux Natures unies en une seule en est l'objet, se trouve à la bibliothèque de Personne en Jésus-Christ. De tous ces ouvrages l'Eglise de Tours; il est aussi à la bibliothèque il n'y a que le commentaire sur les Livres de impériale. 8° Un livre De causis, qui se voit la Trinité de Boëce qui ait été rendu public. à la bibliothèque des Dunes; 9° Oudin met On le trouve dans l'édition générale des cu- de plus sur le compte de notre auteur vres de Boëce, à Bale en 1570, set dans la un traité en forme de la Trinité, qu'il disait

Ecrits de

Gilbert.

1 Mabillon, ibid. et tom. X Concil., p. 1109, 1121 et seq.

2 On peut voir sur Gilbert de la Porrée la notice historique tirée de la Gallia christiana nov., tom. II,

et la notice littéraire, d'après les auteurs de l'Histoire littéraire de la France, tom. XII. Ces deux notices sont reproduites au tome CLXXXVIII de la Patrologie latine, col. 1247-1256. (L'éditeur.)

Gilbert

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(Jage to eat des écrits de

être en la bibliothèque des Carmes-Déchaus- adoption. Il ne releva point ces deux endroits sés de Paris. Ce que nous pouvons assurer, au concile de Reims, où il était avec saint Berc'est qu'il ne s'y rencontre plus. Il ne diffère nard, parce qu'il n'avait pas lu alors ces deux peut-être pas du commentaire sur Boëce. écrits de Gilbert. D'autres disent que cet évê10° A la bibliothèque de Saint-Ouen de Rouen que enseignait dans ces mêmes commentaion voit Magistri Gisleberti Porretani glossulæ res qu'il n'y a que Jésus-Christ qui mérite, et super S. Matthæum, dans un manuscrit qui que les élus qui soient véritablement bapest de la fin du Xile siècle. Le même ouvrage tisés. se trouve aussi, mais sous le nom de Geoffroi 10. Sa lettre à Matthieu , abbé de Saint- Lettre de Babion, à l'abbaye de Saint-Germer. Ce der- Florent, est intéressante. Dom Luc d'Achéry Fucharistie. nier exemplaire est moins ancien que le pre- l'a publiée dans ses 4 notes sur Guibert de des écrits de

Gilbert). mier. Néanmoins, l'attribution qu'il porte est Nogent; Dom Martène 5, dans le tome ser de fortifiée par l'autorité d'un aulre exemplaire ses Anecdotes , dom Mabillone, au tome VI de que l'on rencontre à Citeaux sous ce titre : ses Annales, [et les éditeurs de la Patrologie Gaufridi Babionis super Matthæum. Quoi qu'il latine , au tome CLXXXVIII, col. 1255-1258, en soit, l'ouvrage, partagé en quatre-vingts d'après Martène.] Matthieu avait consulté chapitres, commence par ces mots : Dominus Gilbert sur la pénitence que l'on devait imac Redemptor noster ad commendationem , etc. poser à un prêtre qui , après la consécration et finit par ceux-ci : Christum meruerint ha- du pain, avait prononcé sur le calice vide les bere mansorem in sui cordis hospitio. 11° Gilbert paroles sacrées, et qui, s'en étant aperçu à avait composé une prose rimée sur la Trinité, la fraction du pain lorsqu'il fallait en mettre qui fut produite contre lui au concile de Pa- une parcelle dans le calice, avait fait une ris; mais nous croyons cette pièce perdue, nouvelle consécration du pain comme du vin. ou du moins nous n'en connaissons aucun Gilbert témoigne, par sa réponse, que semexemplaire. 12° Il faut mettre aussi parmi les blable cas était déjà arrivé, et, se souvenant productions de Gilbert que le temps nous a de ce que des gens sages et prudents avaient enlevées, ses sermons, dont Pierre de Celles ordonné pour des fautes de cette nature, il faisait un si grand cas, qu'il ne craignait dit que ce prêtre doit s'abstenir pendant quelpas de les comparer à ceux de saint Ber- que temps de célébrer la messe; qu'il connard.]

vient aussi de lui imposer des jeûnes et des 9. Le moine Geoffroi, dans sa lettre à l'évê- macérations corporelles, et d'obliger même que d’Albane, remarque que Gilbert, après la communauté à expier cette faute par des avoir rapporté dans sa glose sur le Psautier prières. Au reste, il ne croit pas que la pénices paroles de saint Augustin : « Jésus-Christ tence du prêtre doive être de longue durée, a pris chair de Marie; nous adorons cette parce qu'elle ne venait que d'inadvertance. chair sans impiété, parce que personne ne Gilbert ajoute qu'il avait eu tort de réitérer mange spirituellement la chair de Jésus-Christ la consécration du pain, qu'il pouvait s'absqu'il ne l'ait auparavant adorée, » ajoute : tenir de la consécration du vin et de l'eau, et « non de cette adoration qui est appelée la- ne communier que sous la seule espèce du trie, qu'on doit au Créateur seul, mais de pain, parce que le corps de Jésus-Christ est celle qui est plus digne que l'adoration de tout entier sous chaque espèce; qu'ainsi le dulie 2, que l'on rend même à la créature. » corps et le sang étaient sous l'espèce du pain, Geoffroi avait encore lu , dans les gloses de quoiqu'il n'y eût point de vin consacré. Il Gilbert sur les Epitres de saint Paul 3, que le cite 7 l'usage de l'Eglise de ne communier nom de Dieu et de Fils de Dieu n'est pas les enfants baptisés que sous l'espèce du vin, donné à l'homme en Jésus-Christ, sinon par et les malades sous la seule espèce du pain,

Remarques sur ses écrits.

1 Tom. X Concil., pag. 1125.

2 Le texte latin de la lettre porte : Sed illa quce
dulia dignior est. Dulia enim adoratio est, quæ etiam

reaturæ exhibetur : Quæ duas habet species, unam
quæ hominibus indifferenter, alteram quæ soli huma-
nitati Christi exhibetur. Au lieu donc de traduire de
cette manière : « Mais de celle qui est plus digne que
l'adoration de dulie, » dom Ceillier aurait dû le faire

peu près ainsi : « Mais de cette adoration qui, quoi.
que distinguée entre tout autre culte de dulie, n'en

est pas moins ce culte de Dulie que l'on rend même à la créature. » (L'édit.) — 3 Ibid. - "In append., p. 564.

- 6 Pag. 427. – 6 Lib. LXXVII, num. 113. - 7 Quoniam et pueri baptizati in solius calicis, et infirmi in solius panis sacramento sæpe communicant, et nihilominus quantum ad rem ipsam et ad incorruptionis futuræ sacramentum accipiunt quantum illi a quibus in utroque, panis scilicet et calicis sacramento in Ecclesia de ipsa mensa Dominica Christus assumitur. Gilbert., Epist. ud Matt. S. Florentii.

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