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ceux qui contracter ment sur le ricon, ¢

Epist. 20. 16. Consulté si l'on pouvait unir par un lé- ou si ce n'est pas la figure du corps régnant

gitime mariage ceux qui avaient vécu au- dans le ciel. Hugues répond à la première paravant dans des conjonctions illicites, et si par les paroles de saint Ambroise et de saint ceux qu'on a séparés pour cause d'inceste, Augustin : «On doit recevoir le corps de Jépeuvent contracter un nouveau mariage, il sus-Christ toutes les fois qu'on en est digne;

répond affirmativement sur l'un et l'autre il faut se rendre digne d'en approcher chaque 21. cas. Il était lié d'amitié avec Embricon, évê- jour, parce que, péchant chaque jour, nous tuèrent un autre Hérode, sous le règne du son sang, vous n'aurez point la vie en vous, Jésusquel Jésus-Christ fut crucifié. Hugues résout Christ ajoute : Celui qui mange ma chair et boit aussi une autre question qu'il avait agitée mon sang demeure en moi et moi en lui. Or, il avec Uldéric, c'était sur la prédestination; y en a beaucoup qui mangent la chair du Seiil suit dans sa solution le sentiment de saint gneur, qui ne demeurent pas en lui ou qui Augustin.

que et duc de Wirtzbourg, car ce prélat avait avons besoin chaque jour de remède : en reces deux titres; sachant donc qu'Embricon se cevant le corps de Jésus-Christ, notre vie deconduisait avec prudence dans l'épiscopat, vient meilleure, et nos péchés nous sont il l'en congratula, et lui apprit en même remis. Celui qui est dans la volonté de pétemps qu'il avait renoncé au monde, et aux cher, ne doit pas approcher de la table du occupations mondaines, pour vivre sous la Seigneur; si au contraire il a quitté entièrerègle de saint Augustin : il parle encore dans ment la volonté de pécher, il peut approcher cette lettre de sa passion pour la poésie, avec confiance de l'autel, quoique jusque-là pour la philosophie d'Aristote, et de ses tra- il ait été pécheur.» Sur la seconde question, vaux inutiles dans la recherche de la qua- Hugues répond qu'il est vrai que saint Audrature du cercle. Dans sa lettre à un abbé gustin trouvait de la figure dans ces paroles de son ordre, qui passait pour excéder dans dn Sauveur : Si vous ne mangez la chair du les corrections, Hugues lui dit que nous ne Fils de l'homme, etc., parce que Jésus-Christ sommes point sous la loi qui ne savait que les avait dites pour annoncer aux incrédules punir, mais sous la grâce qui pardonne; sa passion sous une expression figurée, et qu'un supérieur doit avoir égard dans ses faire entendre à ses amis l'union spirituelle corrections au caractère de ses religieux, qui devait être entre le chef et les membres, punir avec douceur ceux qui sont doux et par une charité opérante. Mais il cile d'autres dociles, être ferme envers les rebelles et les endroits des écrits de ce père, où saint Auorgueilleux, les châtier avec sévérité au gustin dit nettement, que nous recevons dans dehors, mais en conservant intérieurement le pain eucharistique celui-là même qui a été des sentiments de compassion et de charité. attaché à la croix, et le sang qui a coulé de

17. Dans sa lettre à Scibert, il suit le sen- son côté. Il proteste qu'il le croit ainsi, et timent de saint Augustin sur l'origine de rapporte ce qui est dit de la présence réelle

l'âme, et pense, comme lui, qu'elles sont cha- dans le concile d'Ephèse, dans saint Jérôme, 26. que jour créées de Dieu. Dom Mabillon con- dans saint Ambroise, et ce qu'en croit l'E

jecture que Gérard, à qui la vingt-sixième glise romaine, « dont la foi, ajoute-t-il, n'a lettre est adressée, n'est pas différent de Ger- jamais été souillée d'aucune erreur. » land, à qui la trente-troisième est écrite, 18. Il conseilla à un jeune homme nommé Epist. 27. inais il paraît, par l'inscription même, qu'on Uldéric, qui s'appliquait à vérifier ce qui est doit les distinguer; Gérard y est appelé dit dans saint Matthieu de la généalogie de moine d'un esprit éprouvé, et on voit par le Jésus-Christ, de lire ce qu'en ont écrit saint corps de la lettre qu'il faisait son étude de la Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise, saint théologie, et son occupation de la lecture des Grégoire-le-Grand. Supposant dans Uldéric pères. Gerland au contraire est qualifié dans beaucoup de lecture et de capacité, il le prie le titre de la lettre, d'homme vain, enflé de de lui expliquer la prophétie de Jacob et celle la connaissance qu'il avait acquise dans les de Danie!, et d'en montrer l'accomplissement beaux-arts, la grammaire, la rhétorique, la en Jésus-Christ. L'explication d'Uldéric ne 28. dialectique, l'astrologie, la géométrie, l'a- lui ayant pas plu, il en donna une lui-même rithmétique, la musique. Gérard proposa à de la prophétie de Jacob, montrant qu'elle Métellus deux questions sur l'eucharistie; la avait été accomplie à la venue de Jésus-Christ, première, si l'on doit recevoir chaque jour le où le sceptre étant passé de Juda à Hérode, corps de Jésus-Christ; la seconde, si c'est qui était un étranger, celui-ci eut pour sucson vrai corps que l'on conserve sur l'autel, cesseur Archélaüs, à qui les Romains substi

1 Mabillon., Observat. in Epist. Metelli, pag. 476 Analector,

* Certum est quia eventus rei certificat fidem Romanæ Ecclesiæ secundum promissum Dei numquam

defecisse, nec aliqua hæresi temeratam esse. Romana
autem Ecclesia in prædicta fide corporis Christi fuit
et fideliter perstitit, et per præcones suos eam longe
lateque disseminat. Hugo, Epist, 26.

ne sont pas ses membres. Hugues convient Epist 29. 19. Il y a deux fautes dans la lettre de Hu- encore que, dans le sentiment de saint Au

gues à Foulques, l'une de doctrine, l'autre de gustin, la communion, ou comme il dit, l'infait : la première, en ce qu'il avance, contre le corporation sacramentelle du corps de Jésussentiment de l'Eglise, que les prières que l'on Christ, est une figure, ou un signe de l'union fait pour les chrétiens condamnés pour leurs par laquelle nous sommes et nous serons péchés aux supplices éternels, adoucissent unis avec Jésus-Christ. Mais pour montrer ces supplices : la seconde, en disant que que ce saint docteur, outre ces sens figures saint Grégoire-le-Grand a prié pourle salut de de l’Eucharistie, croyait nettement qu'elle est l'empereur Trajan, fait dont on a montré ail- le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ, leurs la fausseté?. Dans une seconde lettre à il rapporte ses paroles dans l'explication d'un Albéron, archevêque de Trèves, Métellus se psaume : « Le même sang, dit-il ?, que les congratule de ce que sa mère avait fourni juifs persécuteurs de Jésus-Christont répandu,

aux besoins de ce prélat pendant son bas-âge; a été bu ensuite par les Juifs qui ont cru en 30. il lui demande en reconnaissance le secours lui. » Gerland niait que le corps de Jésus

de ses prières, et pour sa mère, et pour lui- Christ pût être en divers lieux dans le même

même après sa mort, qu'il croyait prochaine. moment; mais il ne niait pas qu'il fût né 31. Il dit dans une autre lettre que le repentir en d'une Vierge, qu'il fût entré dans la chambre

Dieu ne consiste pas à changer de dessein, des apôtres les portes fermées. Hugues dit mais d'actions; qu'encore que l'âme soit toute qu'en croyant l'un, on ne doit pas nier l'auentière dans chaque membre du corps, elle tre, puisqu'ils sont également contre les rè

n'y est pas entière selon son essence, mais gles de la nature. Il ajoute : « Si le pain 32. par rapport à la vie qu'elle communique à sanctifié n'est pas le corps, mais la figure du

chacun, parce qu'étant incorporelle de sa na- corps de Jésus-Christ, c'est sans raison que ture, elle ne peut animer le corps par une l’Apôtre dit que ceux qui le mangent indidiffusion locale.

gnement, mangent leur propre condamna33. 20. Un nommé Gerland, homme d'esprit tion; il n'en a pas eu plus de préférer le

et de savoir, mais infecté de l'hérésie de Bé- pain sanctifié sur l'autel au pain bénit par renger, la répandait parmi le peuple : il s'ap- le prêtre à la table commune. » Hugues donne puyait ordinairement de l'autorité de saint des raisons de cette préférence : « Celui qui Augustin, et soutenait que ce père avait pris sanctifie sur l'autel, et ce qui est sanctifié, dans un sens figuré les paroles de Jésus- est le même ; c'est le même qui immole, et Christ à ses disciples touchant l'obligation qui est immolé, le prêtre et la victime, le de manger son corps et de boire son sang. même Dieu et homme; c'est pourquoi le Hugues Métellus lui écrivit pour le détrom- pain ainsi sanctifié peut remettre les péchés, per, et le mettre au fait du vrai sentiment de ce que ne fait pas le pain bénit à la table saint Augustin. Ce père reconnaissait en effet commune. Ne discutons point les grandeurs dans les paroles du Sauveur un sens figuré, de Dieu par les lumières de la raison : la foi mais qui supposait la réalité; il entendait les doit nous les rendre vénérables.» Il rapporte paroles de Jésus-Christ à ses apôtres de la ce qu'on lit dans la Vie de saint Grégoire-lecommunion spirituelle de son corps et de son Grand, qu'à sa prière le pain consacré sur sang, qui n'est commune qu'aux bons, et non l'autel prit la figure de chair; et après avoir de la sacramentelle, qui est commune aux cité un passage de saint Augustin pour bons et aux méchants ; telle était la pensée la présence réelle, il presse Gerland de se du Sauveur, comme on le voit par le texte rendre au sentiment unanime des personnes

évangélique, car après avoir dit : Si vous ne de piété et de savoir, qui croient fermement Joan. VI, 54,

mangez la chair du Fils de l'Homme, et ne buvez que le pain 3 sanctifié sur l'autel n'est plus du 1 Voy. tom. XI, pag. 582.

gustin., Serm. 77, cap. II, pag. 423, tom. V, et 2 Ipsum sanguinem quem fuderunt Judæi perse- Serm. 81. quentes , postmodum biberunt Judæi credentes. Au- : Nonne vides religiosos viros et magni nominis doc

37.

pain, mais le corps vivant de Jésus-Christ, et tence et au sacrement de l'autel, n'est plus
à la doctrine du Saint-Siége, qui, conformé. reçu à faire pénitence, de peur qu'elle ne
ment à la foi de saint Pierre, a toujours cru' devienne méprisable. Métellus répond : Cela Epist. 39.
ce qu'il croit encore touchant le corps et le doit s'entendre de la pénitence publique, qui
sang du Seigneur dans l’Eucharistie. On cite en effet ne s'accordait qu'une fois.
de Gerland un comput ecclésiastique non im- 23. Sa lettre à Humbert, son condisciple, 40.
primé, que l'on trouve manuscrit dans quel contient le détail des études qu'ils avaient

ques bibliothèques, avec le livre d'Hespérica. faites ensemble : ce qui lui donne occasion de Epist. 34, 35. 21. La lettre à Hugues, maître des écoles parler des diverses sectes de philosophes, pé

à Chartres, est pour le prier d'examiner cer- ripatéticiens, platoniciens, stoïciens, épicu-
tains ouvrages que Métellus avait composés riens, et d'expliquer en latin tout ce que ces
dans sa vieillesse. Dans celle qui est adressée noms signifient en grec. Mais lorsqu'il écrivit
à un chanoine régulier, nommé Humbert, il cette lettre, ils avaient l'un et l'autre fait leur
répond aux questions qu'il lui avait faites : étude de la théologie, n'ayant conservé que
{° On n'est obligé de se séparer de la com- du mépris pour les chicanes de la dialecti-
munion de quelqu'un à la table et dans la que.
prière, qu'après qu'il aura été excommunié 24. L'établissement du nouvel ordre des m.
nommément pour crimes par un jugement norbertins ou prémontrés, fit tant de déplai-
ecclésiastique; 2° on peutanathématiser après sir à Hugues, qu'il se plaignil aux cardinaux
la mort, ceux que l'on croit avoir eu des de la grande variété qu'ils souffraient dans
sentiments contraires à la foi pendant leur les habits des différents ordres religieux : il
vie; 3. lorsqu'il est possible de trouver aisé- leur dit qu'on n'obtient pas le royaume des
ment des sujets pour la prêtrise, il ne faut cieux par la forme ou la couleur des habits,

les ordonner qu'à trente ans, autrement on mais par la pureté des mœurs ; que si elles 36. peut les ordonner à vingt-cinq ans. Il décide se corrompent, ce ne seront pas les habits qui

dans la lettre à Garbode, que lorsqu'il y a rendront l'Eglise heureuse; il préfère le sur-
nécessité, on peut élever aux ordres sacrés plis des chanoines de Saint-Augustin, à la
les enfants des prêtres; et qu'aussi dans le tunique des norbertins : ceux-ci, dit-il, sont
cas de nécessité, une ordination faite sans le tout récents, au lieu que les chanoines régu-
consentement de l'évêque diocésain doit sub- liers existent depuis plus de deux cents ans.
sister.

Hugues parle apparement de quelque con37. 22. Les deux lettres suivantes contiennent grégation particulière de chanoines réguliers,

la solution de deux questions sur les anges. puisque deux ligres plus bas, il fait auteur de On avait demandé à Hugues pourquoi les la règle des chanoines saint Urbain, pape et anges sont appelés animaux dans l'Ecriture, martyr en 223, et qu'il attribue à saint Auet pourquoi Dieu a racheté les hommes et gustin celle qu'il suivait dans son monastère non les anges ? Il répond à la première ques- de Toul, situé dans le voisinage de celui de tion qu'ils sont appelés animaux, non à rai Saint-Mansui. Il survint entre ces deux ab- 42. son de leur nature, mais de leur innocence, bayes quelque difficulté qui y occasionna du comme les âmes des saints sont quelquefois refroidissement : Hugues n'en explique pas

figurées sous les noms des bæufs et des bre- bien la raison ; mais en prêchant à Thierry, 28. bis. Il dit sur la seconde que Dieu a racheté moine de Saint-Mansui, les devoirs de la cha

l'homme parce, que fait d'une matière fra- rité, il a grand soin de l'humilier, en lui digile, et entrainé au péché par l'amour qu'il sant que les moines cenobites sont étrangers avait pour sa femme, il s'est repenti de sa au sacerdoce; qu'ils mangent par usurpation faute; au lieu que lange a péché par or- les pains de proposition, qu'il n'est permis gueil, par ingratitude, et n'a point témoigné qu'aux seuls prédicateurs de manger; qu'il de repentir. Un de ses amis était surpris n'en est pas des moines comme des clercs; de ce que saint Augustin dit dans sa lettre qu'il appartient à ceux-ci de paître les brebis, à Macédonius, que celui qui pèche une se- et aux moines de pleurer, mais non d'enseiconde fois après avoir élé admis à la péni- gner. Il convient toutefois que saint Grégoire

tores in hac sententia stare, in hac fide perstare panem altaris sanctificatum non jam panem, sed vivum corpus Christi esse ? Hug., Epist. 33.

" Verum est fidem Petri de corpore et sanguine Do

mini ab eo derivatan, usque ad tempora nostra per successiones apostolicorum virorum manasse intemerutam. Ibid.

Oudin., tom. II de Script. Eccles., pag. 1097.

le-Grand, [saint] Grégoire VII et Urbain II ont, durant ce saint temps l'on suspendait un voile
sous l'habit monastique, présidé à l'Eglise devant l'autel, et en quelques endroits, un
romaine, et ont enseigné. Mais pouvait-il autre à l'entrée du chæur; tous les jeudis de
ignorer que depuis le concile d’Aix-la-Cha- Carême n'avaient point d'offices propres, et
pelle en 817, il y avait eu des écoles publiques le samedi saint point d'office de nuit, celui
dans un grand nombre de monastères de que l'on y célébrait appartenant à la fête de
l'ordre de Saint-Benoît, tant pour les laïques Pâques; pendant les trois jours précédents,
que pour les moines; et qu'à Toul, Adson, l'on éteignait tous les luminaires.
moine de l'abbaye de Luxeuil, invité par saint 27. Les deux dernières lettres sont à Si- Epist. 54, 56.
Gauzelin, lint dans l'abbaye de Saint-Evre mon, abbé de Saint-Clément à Metz; dans

des écoles, où cet évêque envoyait ses clercs? l'une, Metellus fait l'éloge de ses vertus, de Epist. 13. 25. Un jeune homme, nommé Foulques, son amour pour les pauvres, de sa libéralité

demanda à Métellus pourquoi Dieu avait créé envers les étrangers, de la douceur de son
l'homme qu'il savait devoir tomber, et pour- gouvernement; dans l'autre il répond à la
quoi il l'avait fait capable de chute? Mé- question que Simon lui avait proposée, sa-
tellus répondit : L'ange avait été créé de voir : si l'absolution donnée par un prêtre,
même, avec pouvoir de persévérer dans son qui, par compassion pour la fragilité humaine,
état primitif, ou d'en déchoir; et l'homme ou par ignorance, n'impose pas une péni-
ayant été fait pour remplir la place des anges tence proportionnée au crime, est valide.
apostats, Dieu lui a laissé, comme à eux, la Hugues répond que cette absolution vaut, si

liberté de persévérer ou de ne pas persévérer le pénitent accomplit, avec toute la ferveur h. dans l'état d'innocence. Il s'explique dans dont il est capable, la pénitence qui lui est

cette lettre sur la différence de la crainte fi- imposée. La raison qu'il en donne, c'est que
liale et de la crainte servile, suivant les prin- Dieu même opère dans le sacrement : c'est lui
cipes de saint Augustin, qu'il suit ordinaire qui absout ou qui baptise par le ministère du
ment dans ses décisions; c'est de lui aussi et prêtre, dont le mérite ou démérite ne fait rien
de Boëce, qu'il emprunte l'explication qu'il a l'effet du sacrement; parce que ce n'est pas

donne du mystère de la Trinité dans sa lettre par le mérite de sa vie qu'il remet les péchés, 46 et 46. à l'abbé Odon, et la solution des difficultés c'est par son office ou caractère de prêtre.

qui regardent les futurs contingents marqués 28. Par l'extrait que nous venons de don- Poésies de 17. dans l'Ecriture. Il condamne le duel; mais il ner des lettres de Hugues Métellus, on voit teilas

n'approuve nine désapprouve les épreuves de qu'elles méritent d'être lues, soit à cause des
l'eau chaude et du fer chaud, disant qu'elles questions importantes qu'il y traite, soit pour
ne sont autorisées par aucune loi, et qu'elles l'exacte discussion qu'il en fait. Elles sont

ont été mises en usage par la nécessité des d'ailleurs écrites avec esprit, mais on ne 68. temps. Il n'est pas d'avis qu'on moleste les trouve ni dans son style, ni dans sa latinité,

Juifs, parce qu'ils sont utiles à la religion, l'élégance, la douceur, ni la pureté des écri-
par le témoignage que lui rendent les livres vains du siècle d'Auguste, dont il s'était tou-
dont ils sont dépositaires ; mais il pense dif- tefois rendu la lecture familière dès sa jeu-
féremment de ceux qui enlèvent aux chré- nesse. Il emploie souvent des termes barba-
tiens leurs biens et les persécutent.

Hogues Mé

res, et il se plaît presque partout dans des 26. Dans les deux lettres à Constantin, jeux de mots, et d'une même terminaison. Hugues résout plusieurs questions touchant Sa poésie est au-dessous de sa prose. Conles usages et les rits de l'Eglise pendant le tent des pensées et des sentimenls vulgaires, Carême et les trois semaines précédentes. La il ne donne à ses vers ni l'air de noblesse, ni plupart de ses solutions ne sont fondées que le ton de dignité, souvent même il néglige sur des explications mystiques, mais qui sup- les règles de l'art; ses poésies sont une fable posent toujours la réalité de ces rits et de ces du loup et du berger, où l'auteur n'a gardé usages. On y trouve les usages suivants : à ni la décence, ni le respect dû à la religion ; l'office de la nuit de l'Epiphanie, on suppri- divers problèmes selon les lettres de l'alphamait l'invitatoire ; l'Alleluia ne se chantait bet, et quelques épigrammes sur les mystèpas depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques; res et sur quelques sujets profanes. On peut pendant le Carême on s'abstenait de viande, les voir à la suite de ses lettres de l'édition mais on pouvait manger du poisson, comme de l'abbé Hugo; la Bibliothèque Lorraine, par moins propre à nourrir la concupiscence; Dom Calmet, en rapporte aussi quelques-unes.

52 et 63.

CHAPITRE XXXI.

Orderic Vital, moine de Saint-Evroul.

(Ecrivain latin du XII° siècle. ]

al Sa nais.

Qox ordres sa

Ses études Il est adais

Orderic Vi- 1. Il nous sera aisé de rapporter les prinhace en 1075. cipales circonstances de sa vie, puisqu'il a eu

soin lui-même de les mettre par écrit. Il naquit en Angleterre le 16 février 1075. Son père, nommé 1 Odeliri, était né à Orléans, de Constance, citoyen de cette ville; mais étant passé en Angleterre avec Roger de Montgomery, il s'établit dans un des faubourgs de Scrobesbury. Il eut trois enfants, dont Vital fut le premier. L'année même de sa naissance il reçut le baptême, la veille de Pâques, à Ettingesham dans l'église de Saint-Catte, confesseur, et fut nommé Orderic, du nom du prêtre qui le baptisa. C'est pourquoi il

l'appelait depuis son parrain 2. Sas études. 2. A l'âge de cinq ans, Odeliri, con père, dans le der- le mit entre les mains du prêtre Siwade, pour

apprendre les premiers éléments des lettres, c'est-à-dire de la langue latine. Il y apprit aussi les hymnes, les psaumes et les autres choses nécessaires pour remplir ses fonctions dans le clergé de la basilique des Saints-Apô tres, où on l'avait admis. Cette basilique n'é. tait dans son origine : qu'une chapelle bâtie de bois, dans un faubourg de Scrobesbury; Roger, seigneur du comté de ce nom, l'avail donnée à Odeliri, qui, quoique marié, était prêtre; et celui-ci, avec le secours de son bienfaiteur, l'avait construite de pierres, et convertie en un monastère. La charte 4 de la fondation par le comte Roger est de l'an

1082. D embrasse 3. Orderic ne servit dans cette église que senastique. jusqu'à l'âge de dix ans 5. Alors son père le

fit passer d'Angleterre en Normandie, sous la conduite d'un moine nommé Rainald. Quoiqu'il n'eût point appris la langue du pays, il l'entendait, et en cela il se compare au patriarche Josepb, à qui le langage égyptien devint familier aussitôt qu'il entra en Egypte.

Mainère, abbé de Saint-Evroul, reçut Orderic avec bonté, lui donna l'habit monastique et la tonsure cléricale. Au lieu du nom d'Orderic, il voulut qu'on l'appelât Vital, du nom d'an des compagnons de saint Maurice, martyr, dont on faisait la fête le jour qu'il reçut la tonsure, c'est-à-dire le 21 septembre de l'an 1086. Il se fit aimer et considérer de ses confrères.

4. Il n'avait encore que seize ans e, quand il est promu Serlon, son abbé, le fit ordonner diacre, par crés. Gislebert, évêque de Lisieux; il servit dans ce grade pendant quinze ans, au bout desquels il fut ordonné prêtre aux Quatre-Temps de décembre de l'an 1107, par Guillaume, archevêque de Rouen, qui ordonna le même jour deux cent quarante-quatre diacres et cent vingt prêtres. Orderic était dans la trente-troisième année de son âge. Il en avait soixante-sept, lorsqu'il écrivait toutes les particularités de sa vie, et avait vécu à SaintEvroul sous six abbés, Mainère, Serlon, Roger, Guarin, Richard et Ranulfe.

5. Ce fut par ordre de l'abbé Roger? qu'il Son Histoire entreprit d'écrire l'histoire de son temps; il gue la dédia à l'abbé Guarin, son successeur. Il s'appliqua moins à rapporter les grands événements de l'Etat, que ce qui avait trait aux affaires de l'Eglise; c'est pour cela qu'il intitula son ouvrage Histoire ecclésiastique. Il concevait bien qu'il la rendrait plus intéressante en y faisant entrer ce qui s'était passé de remarquable dans les Eglises de Rome et d'Orient; mais son veu de stabilité dans le monastère de Saint-Evroul, et les observances de son état, ne lui permettaient point des recherches si étendues. Il se borna donc à la Normandie, et aux provinces voisines, pour les choses qui se passèrent de son temps : il divisa son histoire en trois tomes, et le tout en treize livres.

ecclésiasti

la profession

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