Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

vre, pag. 323,

livre, p. 375.

Premier li. 6. Dans le premier livre, il fait un précis des culte des idoles; les ducs ses successeurs fu-
edil. ap.1610. principaux événements, depuis l'incarnation rent Guillaume Jer, Richard Jer, Richard II,

du Sauveur, jusque vers l'an 1140 : il rap- Robert Jer. Orderic raconte dans son troisième
porte les différents sentiments des anciens livre ce qui se passa sous leur gouvernement.
sur le nombre des années qui se sont écou. Il donne de grands éloges à Thierry, abbé
lées depuis la création du monde jusqu'à la de Saint-Evroul, sous le duc Guillaume. Cet
naissance et à la passion de Jésus-Christ; puis abbé savait se faire aimer des bons, et craindre Pag. 170.
entrant dans le détail de sa vie, il la donne, des méchants. Assidu à la prière, il aimait
en accordant les quatre évargélistes dans les aussi le travail des mains; il réussissait à
endroits où ils paraissent ne pas se rencon transcrire des livres; un art si utile ne pou-
trer; ensuite, il parle de tous les empereurs, vant être trop mis en pratique, il l'enseigna
en commençant par Tibère; des rois de aux jeunes religieux de son monastère, où
France el d'Angleterre, des ducs de Saxe, l'on vit, par ce moyen, se former une nom-
de Bourgogne et de Normandie; des six pre- breuse bibliothèque. Outre les livres d'église,
miers conciles généraux, et de quelques les missels, les lectionnaires, les antipho-
conciles particuliers. Il a recours dans ce li- naires, les graduels, il copia lui-même, ou fit
vre aux écrits d'Eusébe de Césarée, de saint copier tous les livres de l'Ecriture sainte, les
Jérôme, du sophiste Hibérius, d'Osorius, de ouvrages de saint Grégoire, de saint Jérôme,
saint Isidore de Séville, et du Vénérable de saint Augustin, de saint Ambroise, de
Bede.

saint Isidore, d’Eusébe, d'Orose, et de plu7. Il commence son second livre par l'a sieurs autres docteurs de l'Eglise. Cet abbé Deuxième

brégé des Actes des apôtres, des livres des avait coutume de dire à ses moines qu'il
Récognitions, qui portent faussement le nom voulait préserver des tentations du démon :
de saint Clément, et de celui d'Arator, sous- « Priez, lisez, psalmodiez, écrivez, ou appli-
diacre de l'Eglise romaine, qui a mis en vers quez-vous à quelqu'autre ouvrage sembla-
les Actes des apôtres, les combats et les souf- ble. »
frances de saint Paul. Ce qu'il dit de saint 9. Guillaume II succéda à Robert dans le
André, il l'avait tiré d'un livre dont il ne duché de Normandie en 1066; puis il con- livre, p. 5em.
connaissait pas l'auteur; c'étaient les Actes quit l’Angleterre, dont il se fit couronner
que nous avons sous le nom des prêtres et roi après la mort d'Harold. L'histoire de ce
des diacres d'Achaïe. Il cite pour l'histoire grand conquérant, et des grands hommes
de saint Jean le faux Méliton, et sur le mar- qui fleurirent sous son règne, fait la matière
tyre de saint Jacques, frère du Seigneur, les du quatrième livre. On y trouve la réponse
Commentaires d'Hégésippe. Après avoir donné édifiante que Guitmond, moine de la Croix-
la vie des autres apôtres, et de quelques-uns de-Saint-Leufroi, au diocèse d'Evreux, fit à
de leurs disciples, il donne la suite des pa ce prince qui le pressait d'accepter un évê-
pes, depuis saint Pierre jusqu'à Innocent II, ché en Angleterre. Sa modestie fut admirée
qui fut élu en 1130; prenant dans les fausses de toute la cour, et le roi lui permit de re-
décrétales ce qui concerne les papes des six tourner à son monastère.
premiers siècles.

10. Orderic continue dans le cinquième liTroisième 8. Le troisième livre a une préface, dans vre l'histoire du règne de Guillaume II. Il y livre, p. ssi. 57. laquelle Orderic avertit que ses maîtres lui rapporte le testament que Roger de Montgo

ont ordonné de rapporter les événements de mery, comte de Scrobesbury, fit en faveur
la guerre des Normands dans la France, l'An- du monastère de Saint-Evroul, et le discours
gleterre et la Pouille; les fondations des mo- qu'Odeliri, son père, fit à ce seigneur pour
nastères; la suite des évêques et des abbés l'engager à fonder l'abbaye de Saint-Pierre
dans presque toute la Neustrie, et les choses à Scrobesbury : Odeliri y donna lui-même

· Pag 579.
mémorables du règne de Guillaume II, sur la plus grande partie de son bien, y consacra
nommé le Bâtard et le Conquérant. Il entend à Dieu Benoît son second fils, et y embrassa
par Neustrie, ce que nous appelons la Nor- la vie monastique. On trouve dans le même
mandie, et on la nommait ainsi de son temps, livre plusieurs chartes de donations faites à
ll compte pour le premier duc de Normandie, des monastères, surtout à celui de Saint-
depuis l'invasion des Danois, Rollon, qui fut Evroul.
baptisé par Francon, archevêque de Rouen, •11. Celle que lui fit Guillaume-le-Conqué-
en 912, et renonça avec loute son armée au rant est rapportée dans le sixième livre. Or- et 602.

Quatrième

Cinquièe

livre, p. 457.

Sinema livre, D. 97

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

livre, p. 761.

Septième livre, p. 633.

deric y demande pardon à ses lecteurs de les avaient échappé. Il remarque que l'empres- Pag. 720.
avoir entretenus si longlemps des bienfaits sement pour la Croisade était si général,
dont tant de personnes avaient enrichi cette qu'il n'y avait pas jusqu'aux femmes et aux
abbaye; et dit qu'en cela il n'a eu d'autre enfants qui ne se présentassent; les seigneurs
intention, que d'engager les moines ses suc- vendaient ou engageaient leurs châteaux et

cesseurs à se souvenir de leurs fondateurs leurs terres, même à vil prix; chacun quittait Pag. 608. et bienfaiteurs dans leurs prières. Il donne ce qu'il avait de plus cher, femme, enfants,

ensuite la Vie de saint Evroul sur les mé- père et mère; les voleurs mêmes et les scé-
moires qu'en avaient laissés ceux qui l'avaient lérats confessaient leurs péchés, espérant les
connu, et celle des abbés qui avaient gou- expier par la guerre sainte.
verné ce monastère depuis la mort du saint. 15. La ville de Jérusalem fut prise par les Dixième

12. Le septième livre présente d'abord une Croisés quelques jours avant la mort d'Ur-
suite des rois de France, depuis Pépin jus- bain Il, arrivée le 29 juillet 1099. L'antipape
qu'à Henri, fils de Robert, et les diverses ré- Clément était mort quelque temps aupara-
volutions arrivées dans le royaume de la vant. Henri IV mourut le 7 août 1106, aban-
part des Vandales, des Normands et des donné de tous ses amis et excommunié. Son
Saxons, les guerres entre les ducs de Bour- corps, que l'on avait d'abord inhumé dans
gogne et les rois. Viennent ensuite les diffé- une église de Liége, fut déterré et mis en un
rends de Henri IV, roi d'Allemagne, avec le lieu profane. Henri V, son fils et son succes-
pape (saint] Grégoire VII; les tentatives de seur, imita la tyrannie de son père; il fit des
Robert Guiscard, duc de Pouille, sur l'empire vexations sur ses peuples et sur le clergé,
d'Orient. Orderic met la mort de ce prince, qu'il assiégea Rome, y répandit beaucoup de sang,
regardait comme un des plus grands héros se saisit du pape, obtint de lui tout ce qu'il
de son siècle, en 1085, et dit que Robert s'y voulut, notamment une concession des in-
disposa par la confession de ses péchés, et la vestitures. Le pape Pascal, se retrouvant en
communion salutaire de l'eucharistie. Il rap- liberté, assembla un concile, où, de l'avis des
porte aussi la mort de la reine Mathilde, et plus babiles jurisconsultes, l'on cassa tout ce
celle du roi Guillaume son époux; l'bistoire qu'il avait accordé malgré lui à ce prince.
de la translation des reliques de saint Ni- Après avoir raconté ce qui se fit en cette oc-
colas de Myre à Bari; et de l'enlèvement casion, Orderic vient à ce qui se passa dans
d'un bras du saint, enchâssé dans un reli- le même temps en Angleterre, dans la Nor-
quaire d'or et d'argent, par Etienne, chan- mandie et au Mans; puis il reprend l'histoire
tre du monastère de Saint-Nicolas à Angers. de la Croisade, et retourne ensuite à celle de

13. Robert II succéda à Guillaume, son Normandie et d'Angleterre. ll finit son père, dans le duché de Normandie ; et Guil- dixième livre par la prise de Boëmond, prince laume-le-Roux, (son frère), dans le royaume d'Antioche, et sa délivrance par le moyen de d'Angleterre. Henri, troisième fils de Guil- Mélaz, fille du prince d'Alimann. laume-le-Conquérant, n'eut que de l'argent 16. Le onzième livre continue l'histoire de en partage. Ils eurent soin d'orner superbe la Croisade; mais il est employé particuliè- livre, p. 802. ment le tombeau de leur père; mais ils n'i- rement à faire connaître l'état de la Normanmitèrent ni sa piété, ni son attachement à die et de l'Angleterre sous le règne des deux l'Eglise. Orderic rapporte leurs principales fils de Guillaume-le-Conquérant, Robert et actions dans le huitième livre.

Henri. Il y est parlé aussi de la venue du 14. Il décrit dans le neuvième l'histoire de pape Pascal en France; de la mort du roi la première Croisade, sous le pontifical d'Ur- Philippe, et de son fils Louis, son successeur; bain II et de Pascal II. Elle avait été écrite de saint Anselme, archevêque de Cantoren quatre livres par Baudric, évêque de Dol, béry; de Hugues, abbé de Cluny, et de pluqui la conduisait depuis le départ des Croisés, sieurs évêques de réputation. Orderic remarjusqu'à la première guerre qui suivit la prise que que le roi Philippe, se voyant près de sa de Jérusalem. D'autres, Grecs et Latins, tra- fin, assembla les seigneurs de sa cour qu'il vaillèrent sur le même sujet; mais Orderic, aimait le plus, et leur dit : « La sépulture des croyant l'histoire de l'évêque de Dol plus rois est à [l'église de) Saint-Denis; mais en Pag. 838 sincère, s'y attacha, en abrégeant ce qui lui considérant le grand nombre de mes péchés, paraissait trop diffus, et en ajoutant quels je n'ose me faire enterrer auprès du corps ques circonstances intéressantes qni lui d'un martyr si respectable, de peur qu'en

Hoitième livre, p. 693

Opzième

Nea vième ivre, p. 717.

ឆ្លង de l'Histoir

mort.

Douzième liste, p. 842,

punition de mes fautes, je ne sois livré au Le jour qu'il devait leur livrer bataille, il en-
démon, et qu'il ne m'arrive ce qu'on dit être tendit la messe; le cierge bénit qu'il tenait en
arrivé à Charles-Martel. J'aime saint Benoît, main se rompit et tomba trois fois. Ceux qui
j'invoque humblement le pieux père des s'en aperçurent en tirèrent un mauvais au-
moines, et je désire être inhumé dans l'é- gure, que l'événement vérifia. La victoire
glise bâtie sous son nom sur la Loire. Il est tourna du côté des rebelles, et le roi fut fait
bon et clémenl, et reçoit avec bonté tous les prisonnier.
pécheurs qui désirent de se corriger, et de se 19. Telle est en substance l'Histoire ecclé-
réconcilier avec Dieu en observant sa règle, » siastique dOrderic Vital. Quoiqu'il y ait peu d'Orderie. S
Ce prince fut donc enterré, selon ses désirs, d'ordre et de méthode, et plusieurs fautes
au monastère de Fleury-sur-Loire, entre le de chronologie 1, elle est néanmoins fort
cheur et l'autel, la quarante-septième an- intéressante par le grand nombre de faits
née de son règne, de Jésus-Christ 1108. qu'elle contient et qu'on ne trouve point ail-

17. On trouve dans le douzième livre la leurs, du moins, si bien détaillés. Elle est
suite de l'histoire d'Henri, roi d'Angleterre; encore recommandable par son air de naïveté
ses démêlés avec Louis, roi de France; les et de sincérité. Il parait que l'auteur revit
actes du concile de Reims en 1119, auquel le son ouvrage après l'avoir achevé; car en ti-
pape Calixte Il présida; ceux du concile de nissant le premier livre, il dit qu'alors Lo-
Mouzon; la lettre de Roger, abbé de Saint- thaire régnait en Allemagne, Louis en
Evroul, à Henri, roi d'Angleterre, par la France, Etienne en Angleterre, Jean, fils
quelle il le prie, à raison de son grand âge d'Alexis, à Constantinople. Cependant l'em-
et de ses infirmités, de le décharger du gou pereur Lothaire ne mourut qu'en 1136; et

vernement de ce monastère, et de le donner Orderic ne finit son treizième livre qu'en Pag. 873. à un autre; la permission que ce prince ac- 1142, dans le temps qu'Etienne, roi d'Angle

corda a la communauté de se choisir un terre, était détenu en prison; et au commen-
abbé; l'ordre du roi à l'évêque de Lisieux, cement de ce livre, il fait mention de la mort
aux comtes et aux barons de Normandie, de de l'abbé Guérin, à qui il avait dédié son ou-
reconnaître pour abbé Guérin, qui avait été vrage. Il compte dans le même livre deux Pag. 910.
élu par les moines de Saint-Evroul, et de le autres abbés depuis Guérin, savoir Richard
laisser jouir paisiblement de tous ses droits; et Ranulfe. Tout cela fait voir, qu'après avoir
et plusieurs autres événements depuis l'an fini son histoire, il mit à la fin du premier un
1118 jusqu'en 1131, qui fut l'année de la précis des principaux événements qu'elle
mort du pape Honorius, et de l'élection d'In- renfermait. On ne dit point en quelle année
nocent II.

Orderic Vital mourut; mais il nous apprend
Treizième 18. Orderic raconte dans le treizième livre lui-même ? qu'il n'avait que soixante-sept

ce qui se passa dans la guerre qu'Hilde- ans, lorsqu'il acheva son Histoire.
phonse, roi d'Aragon, eut à soutenir contre 20. François de la Croix avait promis de Edition de
les Sarrasins; les suites fâcheuses du schisme la mettre au jour; on ne sait quelle raison
occasionné par l'élection de deux papes en l'a empêché de tenir sa promesse. André
même temps, Innocent II et Anaclet II ; les Duchesne y a suppléé, en lui donnant place
calamités dont on fut affligé en divers en- dans son Recueil des historiens de Normandie,
droits, l'an 1134 et 1136; la mort de Louis, roi imprimé à Paris, en 1619, chez Sébastien
de France, et celle de Henri, roi d'Angleterre. Cramoisy, in-fol., sur trois manuscrits, dont
Il fait de ce dernier un grand éloge, et rap- l'un était de la bibliothèque de Bigot 3. Il y a
porte son épitaphe. Etienne de Boulogne, ajouté, par forme d'appendice, l'Histoire ano-
neveu de Henri, lui succéda dans le royaume nyme d'Etienne, successeur de Henri dans le
d'Angleterre. Son règne fut troublé par la royaume d'Angleterre, écrite par un auteur
révolte de quelques seigneurs vers l'an 1141. contemporain; une Chronique aussi anonyme,

livre,

cette biste

1 Pagi, ad an. 1141, num. 7; Mabillon., tom. IV Annal., pag. 343, 519, 585.

2 Orderici, in fine lib. XIII, et in limine lib. XI, pag. 802.

3 On peut voir dans la Biographie universelle de Michaud, article Orderic, les travaux et le projet relatifs à une édition plus correcte. Duchesne n'eut pas

communication d'un manuscrit d'Orderic qui était
conservé à l'abbaye de Saint-Evroul. Ce manuscrit,
de 502 pages d'étendue, maintenant à la bibliothèque
d'Alençon, est regardé comme autographe; ce n'est
qu’un fragment considérable qui s'étend depuis l'an
688 jusqu'en 1141. (L'éditeur.)

depuis l'an 1139 jusqu'en 1259; une autre Duchesne et celle de Bouquet, que les éditeurs
Chronique de Saint-Etienne de Caen, qui com- de la Patrologie en ont donné une nouvelle
mence à l'an 633, et finit en 1273; divers ca- édition au tome CXCVIII, col. 15-984; ils l'ont
talogues des seigneurs de Normandie, qui fait précéder d'une préface où ils expliquent
suivirent le roi Guillaume en Angleterre, et la manière dont ils reproduisent leur édition,
reçurent de lui des fiefs dans ce royaume; font connaître la vie d'Orderic et son Histoire
les noms des chevaliers qui portaient les ecclésiastique. Une autre édition avait précédé
bannières en Normandie et dans les autres celle de la Patrologie; elle est due à M. A.
provinces de France; plusieurs chartes des Le Prévost, Paris, 4 volumes in-8°, 1838-
ducs de Normandie et des rois de France, 1852. Elle est revue sur les manuscrits, et ac-
avec quelques autres pièces pour servir à compagnée d'un commentaire continuel. Les
l'histoire de France et d'Angleterre. [Dom éditeurs de la Patrologie citent souvent les
Bouquet, ou plutôt ses continuateurs, ont in- notes de M. Le Prévost. La société de l'His-
séré en grande partie dans la collection toire de France a fait paraître une édition en
Scriptores rerum Francicarum, tome X, pages 5 volumes, Paris, 1852-1855. Une traduction
234 et suiv., tome XI, pages 224 et suiv., française, faite par M. L. Dubois, a paru á
tome XII, pages 585 et suiv., l'Histoire ecclé- Paris, en 1827, 4 volumes in-8°, sous le titre
siastique d'Orderic. C'est d'après l'édition de d'Histoire de la Normandie.)

CHAPITRE XXXII.

Suger, abbé de Saint-Denis, ministre d'Etat et régent du royaume

de France.

(Ecrivain latin, 1151.]

Kaissance de Suger. Son education.

est deshironde nais- tumours depuis

1. Tous ces titres que l'histoire donne à * Suger, font bien voir qu'on peut parvenir

aux premières dignités, sans être de nais-
sance illustre; et qu'il est des hommes de
basse extraction, qui, par la force et l'éten.
due de leur esprit, ont mérité et rempli
avec honneur les charges les plus éclatantes
de l'Etat. Né, comme on le croit', dans la
ville de Saint-Denis, il fut de bonne heure
offert à Dieu, par Elinaud, son père, homme
sans nom, dans le monastère situé au même
lieu. C'était en 1102, sous l'abbé Adam. Su
ger y fut élevé avec Louis VI, qui l'honora
dans la suite de sa bienveillance.

2. Après qu'il eut commencé à prendre
quelque teinture des lettres dans l'abbaye de
Saint-Denis, l'abbé Adam, remarquant en lui
de l'esprit et des dispositions pour les scien-
ces ?, l'envoya faire ses humanités dans une
école fameuse aux environs de Tours et de
Poitiers, mais assez près de Fontevrault, dont

l'établissement était tout récent. Suger aima
toujours depuis cette maison, et pria le pape
Eugène de la prendre sous sa protection. De
retour à Saint-Denis, il y acheva ses études
de philosophie et de théologie.

3. Ses études ordinaires ne l'empêchaient les faire
pas de feuilleter quelquefois les archives de Toury.
l'abbaye. Il s'appliquait surtout à la discus-
sion des chartes 3 qui en contenaient les pri-
viléges et les immunités; ce qui le mit en
état d'en prendre la défense en 1107, contre
Gualon, évêque de Paris, en présence du
pape Pascal II. Jeune encore, il obtint la
prévôté de Toury, la plus considérable de
l'abbaye de Saint-Denis, située en Bauce. Il
eut beaucoup à souffrir pour défendre ce lieu
des vexations des seigneurs de Puiset; et il
ne trouva pas de meilleur expédient, que de
faire cause commune contre eux avec les
seigneurs voisins, et de les exciter contre
ceux de Puiset 4.

Inadier au le Poi

1 Mabillon, lib. LXX Annal., uum. 21, et Suger, in
Testament.
· Ibid. et tom. IV Duchesne, pag. 623.

3 Mabillon., lib. LXX Annal., num. 21, et Suger. Lud, vita, tom. IV; Duchesne, pag. 289.

- Mabillon, lib. LXXII, num. 12.

te aux conci

et de Latran,

conseiller

gent.

abbé de Saint

1122.

Il metla ré forme å skis te. Geue ver et à Saint-D

Sager assis- 4. En 1106, il assista au concile tenu à maux faits à l'abbaye de Saint-Denis, était
les de Reims Poitiers par Brunon, évêque de Ségni et car- excommunié, et leva ensuite l'excommuni-

dinal. Il dit lui-même qu'il était revenu tout cation. L'accommodement consistait dans la
récemment des études. Six ans après, c'est cession du prieuré de Celle, diocèse de Metz,
à-dire en 1112, il fut présent à celui que le à l'abbé et aux moines de Saint-Denis.
pape Pascal II assembla à Rome, pour se 7. L'abbé Suger était conseiller d'Etat en Il est fait
purger des calomnies que l'on répandait 1141 6, avec l'évêque de Soissons; mais en d'Etat et Ré.
sur sa conduite et sur sa doctrine, au sujet 1147, quelque temps avant le départ du roi
des investitures qu'il avait accordées par con- Louis pour la Croisade, il fut choisi régent
trainte au roi Henri. C'est de Suger que nous du royaume, de l'avis des évêques et des
apprenons une partie de ce qui se passa à grands seigneurs. Il n'accepta la régence
Châlons-sur-Marne, entre le pape Pascal II qu'après un ordre exprès du pape Eugène III,
et les ambassadeurs de l'empereur Henri, en et l'on n'eut pas sujet de se repentir de la lui
1107, parce qu'il y était présent 2 avec Adam avoir confiée. Habile dans les affaires, sage
son abbé. Ils suivirent l'un et l'autre le pape et prévoyant dans le gouvernement, prudent
au concile de Troyes.

dans ses entreprises, désintéressé dans le !! est choisi 5. Gélase Il, successeur de Pascal 11, étant maniement des finances, équitable, mais Denis, en arrivé en Provence l'an 1118, dans le dessein ferme dans l'administration de la justice, il

de passer plus avant dans le royaume, le roi était, selon l'expression de saint Bernard ?,
Louis envoya au-devant de lui 3 Suger chargé l'ami du roi et du royaume.
de présents. Il fut encore envoyé en Italie par 8.On verra dans l'article du pape Eugène III
le même prince, en 1122, pour quelques af- combien Suger se donna de mouvement
faires d'Etat. En chemin, il apprit que l'abbé pour mettre la réforme à Sainte-Geneviève. ais.
Adam était mort, et qu'il avait été élu pour Il eut besoin, pour en venir à bout, de l'au-
son successeur. Le roi Louis désapprouva torité du pape, et de celle du roi, dont il était
d'abord cette élection, parce qu'elle avait été dépositaire pendant l'absence de ce prince.
faite sans son agrément; mais ensuite il la Il s'était réformé lui-même dès l'an 1130 8,
confirma. Suger n'était alors que diacre. Il et avait obligé les moines de Saint-Denis à
reçut la prêtrise le samedi de la quatrième suivre son exemple. Saint Bernard, qui lui
semaine de carême, et le lendemain la béné- avait sans doute inspiré du mépris pour la vie
diction abbatiale de la main de l'archevêque fastueuse et toute séculière qu'il menait au-
de Bourges, devant le corps de saint Denis. paravant, le félicita de son changement', et
Il était dans la quarantième année de son de celui qu'il avait apporté à son monastère,
âge.

en y faisant revivre par ses discours et par Il assiste ao 6. L'année suivante 1123, le pape Ca- son exemple la discipline la plus exacte. Il ral de Latran lixte II tint à Rome, dans le palais de Latran, fut aussi choisi en 1150 par le pape Eugène III

un concile général de plus de trois cents évê- et le roi Louis, pour 10 mettre la réforme dans
ques, et de plus de six cents abbés. Suger, l'église de Saint-Corneille de Compiègne; ce
que ce pontife aimait, y alla 4, et durant un qui ne se put faire qu'en faisant sortir les
séjour de six semaines en cette ville, il fut chanoines, et en leur substituant des moines
caressé de toute la cour, et logé dans le pa- de Saint-Denis.
lais du pape. En 1124, il se mit encore en 9. Sur la fin de la même année, Suger fut
chemin pour Rome, invité par Calixte II; attaqué 11 d'une fièvre, qui lui fit envisager tombeau de
mais il apprit en Toscane la mort de ce pape. sa fin comme prochaine. Alors il demanda
L'année suivante, il se trouva à l'assemblée qu'on le conduisît au chapitre, où, après
de Mayence, où Lothaire, duc de Saxe, fut quelques mots d'édification, il se prosterna
choisi empereur. Il y fit, en présence de l'ar- aux pieds de ses religieux, et les pria de lui
chevêque de cette ville 5, un accommode- pardonner les fautes qu'il avait commises
ment avec le comte Maynard, qui, pour les contre eux; ce qu'ils lui accordèrent les lar-

ens

concile géné.

en 1123.

Il tot be malade; vi an

1 Mabillon., lib. LXXI Annal., num. 18, et lib. LXXII, num. 21.

2 Sug., Vita Ludov., pag. 289, 290.
3 Ludovici vita, pag. 309, 310, 311.
* Ludovic, vita, pag. 311, 312.
5 Mabillon., lib. LXXIV Annal., num. 1114.

6 Bernard., Epist. 222.
7 Bernard., Epist. 377.
8 Mabillon., lib. LXXV, num. 90.
9 Bernard., Epist. 78.
10 Mabillon., lib. LXXIX, num. 99.
11 Mabillon., lib. LXXIX Annal., num. 132.

« ZurückWeiter »