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l'utilité. Dieu avait commandé à David de L'hérésie est un dogme contraire à la foi ca- Pag. 1100 el
bâtir un temple, mais voyant ensuite qu'il tholique : le schisme, une séparation de l'E-
était un homme de sang , il révoqua cet or- glise catholique. Les sacrements conférés par
dre. Saint Paul avait défendu la circoncision les schismatiques sont valides, mais inutiles
aux gentils; cependant il circoncit Timothée à ceux qui sont dans le schisme; s'ils revien-
pour empêcher que les simples ne tombas- nent à l'Eglise, on ne réitère en eux ni le
sent dans l'erreur, en s'imaginant que la cir- baptême, ni l'ordination; on se contente de

concision était aussi sacrilége que l'idolâtrie. leur imposer les mains : on les impose aussi Pag 1039. D'après saint Augustin, il faut quelquefois à ceux qui ayant été baptisés par les béréli

tolérer les méchants pour le bien de l'uniié ques, embrassent la foi catholique, pourvu 1041. de l'Eglise et de la paix; il n'est pas nuisible que le baptême leur ait été conféré au nom

de recevoir les sacrements de la main des des trois personnes de la sainte Trinité. Al

ministres indignes; le baptême donné, même ger s'élève fortement contre la simonie; dis1066. par un païen, ne doit pas être réitéré; avant tinguant la puissance royale d'avec la puis

la consécration, le pain et le vin sont subs- sance pontificile, il dit que, comme les pré-
tantiellement du pain et du vin , et après tres doivent être soumis aux rois en ce qui
la consécration ils sont changés, en sorte que regarde les choses terrestres, les rois doivent
c'est la chair et le sang du Seigneur, en la être encore plus soumis aux prêtres en ce

même chair dans laquelle il est né de la qui regarde la religion. Il établit les préro- pag. 1182. 1056. Vierge, et est assis à la droite du Père. Dans gatives du Siège apostolique sur toutes les

le baptême, et dans le sacrement de péni- Eglises, son droit de juger leurs causes par tence, nous recevons, par le ministère d'un appel, de condamner seul les hérétiques, et 1134

mauvais prêtre, mais catholique, la rémission d'absoudre ceux qui auraient été condamnés 1051 et 1052. de nos péchés, et il en est de même des injustement dans quelque synode 3.

autres sacrements. Quand le mal s'est em- 31. Alger s'était appliqué à recueillir tout Histoire de

paré de la multitude, il ne reste aux bons ce qu'il avait ouï ou trouvé par écrit tou- Liége. 1069. qu'à gémir et à souffrir, de peur que la sévé- chant la dignité et les priviléges de l'Eglise

rité de la correction n'occasioune un schisme. de Liége; et afin qu'à l'avenir quelques clercs Deacièm. 29. Selon Alger' la pénitence d'un prêtre, inquiets et amateurs de nouveautés ne s'aviPag. 1079. dont le crime est public, doit être connue de sassent pas de contester à cetle Eglise ses

tout le monde, mais elle doit se faire secrète- anciennes prérogatives, il fit là-dessus un
ment, comme dans un lieu séparé du cloître traité historique. Nicolas de Liége le cite*
ou du monastère, et s'il fait une digne péni- dans ses remarques sur les écrits d'Alger;

tence de ses fautes, on doit le rétablir dans mais il n'est pas venu jusqu'à nous, non plus 1889. sa dignité. Il faut punir de verges celui qui qu'un livre de vers ou de poèmes, car Tri

a attaqué la réputation de quelqu'un public thème 5 dit qu'Alger était poète. Nous avons
quement, soit de vive voix, soit par écrit. aussi perdu grand nombre de lettres o sur
Alger entre dans le détail des qualités des des affaires ecclésiastiques. Trithème fait en-
juges, des témoins, des accusateurs et de leur core mention d'un traité d'Alger sur la Grâce
nombre, et de la manière dont les accusés et le Libre arbitre. Il a été publié depuis quel-
doivent se justifier.

ques années par dom Bernard Pez, au tome IV
30. Dans la troisième partie ?, il donne la de ses Anecdotes. [Il a été reproduit au tome
différence de l'hérésie d'avec le schisme. CLXXX de la Patrologie latine, col. 967-972.]

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l'Egliso de

partie.

Troisième

partia.

1 Dans la première partie, l'auteur énumère les conditions auxquelles la sévérité de la discipline peut être adoucie à l'égard de certaines personnes, dans certaines circonstances. Dans cette seconde partie il traite de l'organisation de la discipline, notamment des accusations des évêques et des prélats, de la pénitence et de la réintégration des prêtres délinquants, du témoignage et des appels au Saint-Siège. (L'édileur.)

La troisième partie roule sur les sacrements et ceux qui sont hors de la communion de l'Eglise. (L'éditeur.)

3 Voilà ce que le pieux et savant Alger établit dans le xie siècle, non par aucune fausse décretale, mais par les décrétales très-authentiques du pape Gélase

qui florissait à la fin du vo siècle. S'il en cite quelques-unes de fausses dans les deux premières parties de son livre, elles de regardent que l'espèce d'équité compatissante, qui doit présider aux jugements ecclésiastiques et les formes de procédure qui doivent les accompagner; formes qui ont été trouvées si sages qu'elles ont passé dans la jurisprudence de toutes les nations catholiques. Rohrbacher, Hist. univers, de l'Eglise cathol., 3e édit., p. 378. (L'éditeur.)

Tom. V Anecdot. Marten., pag. 1021. 8 Trithem., de Script. Eccles., cap. cccxxviii, et lib. III, cap. xc de Illustrib. ord. S. Bened.

6 Tom. V Anecdot. Marten., pag. 1021.

Grâce et du

Traité de la 32. Voici ce que contient ce petit traité di- bien de lui-même vouloir le mal, mais non
Libre arbitre. visé en cinq chapitres 1. Adam , avant son pas le bien sans l'inspiration de la grâce de

péché, était tellement libre, qu'il ne pouvait Dieu.
être contraint ni pour le bien ni pour le mal. Alger, dans ce traité, n'allègue aucune
Il pouvait tomber de lui-même dans le péché, autorité des pères de l'Eglise, ni même de
et ne pouvait se soutenir dans l'état où il avait l'Ecriture, qui ait un rapport direct à sa ma-
été créé, sans le secours de la grâce de Dieu. tière. Il ne procède que par voie de raison-
Se fiant trop à ses forces, il consentit libre- nement. Trithème 3 parle de ce traité, et il
ment aux mauvais conseils du démon. Par porte le nom d'Alger dans le manuscrit d'Uf- .
sa chute, tous ses descendants en devinrent fenbach, sur lequel il a été donné au public
les esclaves, et ils l'ont été jusqu'à ce que le par dom Pez, Nicolas de Liége n'en dit rien,
Seigneur nous ait rétablis dans notre premier peut-être le comprenait-il dans le nombre des
degré de liberté. La prédestination des bons lettres de cet auteur. C'est la conjecture 4 de
à la vie éternelle et la prescience des méchants l'éditeur.
à la peine éternelle, ne nuisent en rien à 34. (Le cardinal Maï a publié au tome IX Traité de
notre libre arbitre. Dieu a prévu que par son de sa Collectio veterum scriptorum, page 371, ce de la Messa
secours nous serions vertueux, ou que de d'après un manuscrit de la bibliothèque
nous-mêmes nous serions méchants. Quel royale de Paris, n° 812, un petit opuscule
inconvénient y a-t-il à ce que, selon les divers sur le Sacrifice de la messe. Ce traité ne porte

mérites qu'il a prévus, il ait préordonné les pas le nom d'Alger; mais comme il se trouve Cap. 111. uns à la gloire, les autres aux supplices ? Sa copié par la même main et avec le traité de

prévision éternelle n'impose aucune néces- la Grâce et du libre arbitre, qui est certainement
sité aux bons, ni aux mauvais.

d'Alger, le cardinal, ainsi que le père TheiSuite. 33. Aussi l'on ne peut douter que nous ner, qui lui a communiqué une copie du maCap. ir ne puissions par nos mérites et par nos nuscrit parisien, ne doute point que cet ou

prières obtenir une place parmi les prédes- vrage ne soit d'Alger. Au reste il en est
tinés, parce que Dieu, en prédestinant les digne, dit M. Malou 5. L'auteur y explique
bons, les prédestine de façon qu'ils obtien- brièvement les prières et les rites usités dans

nent ? eux-mêmes par leurs mérites et par le saint sacrifice. M. Malou a donné cet opusv. leurs prières cette prédestination. Mais il faut cule à la suite du traité de l'Eucharistie; on

remarquer qu'encore que notre libre arbitre le trouve aussi au tome CLXXX de la Patro-
soit exempt de contrainte extérieure, il peut logie latine, col. 853-856.]

Saint Sacrif

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1. C'est faire en un mot l'éloge de Guil. laume, que de dire qu'il fut jusqu'à sa mort uni d'une étroite amitié avec saint Bernard. Guillaume était originaire 6 de Liége, et né d'une famille noble. Il fut envoyé à Reims avec Simon son frère, pour y faire ses études. Ils se consacrèrent l'un et l'autre au service

de Dieu dans l'abbaye de Saint-Nicaise, cé-
lèbre alors par l'exactitude de la discipline
régulière que l'on y observait. Ils la prati-
quèrent eux-mêmes avec tant de zèle, qu'on
les jugea dignes de la faire observer aux au-
tres. Simon fut choisi pour abbé de Saint-
Nicolas-aux-Bois, dans le diocèse de Laon;

Guillaume, abbé de SaintThierry on 1120.

1 Tom. IV Anecdot. Pez., part. II, p. 113.

* Sed cum Dominus bonus ad vitam predestinaverit, ita eos prædestinavit ut ipsa sua prædestinatio meritis et precibus nostris obtineatur. Cap. IV.

3 Trithem., de Script. Eccles., cap. CCCXXVIII.

Pez., Dissertat, in tom. IV, pag. 10. 5 Præfatio ad librum de Sacramentis divi Algeri, Bibliotheca ascetica. (L'éditeur.)

6 Mabillon., notis in epist. 85 Bernardi, tom. I, pag. 34.

avec saiat kernard.

l'abbaye de

ry, et se retiro à Sigoy en 1134; meart en 1150.

et Guillaume envoyé à l'abbaye de Saint- Anyers en 1550, 1590, et dans le vingt-
Thierry, proche de Reims, pour prendre la deuxième tome de la Bibliothèque des Pères,
place de l'abbé Geoffroi que l'on venait de à Lyon en 1677; le traité de la Nature et de
transférer à Saint-Médard de Soissons; c'était la dignité de l'amour divin, qui a été imprimé
en 1120.

à Louvain, à Anvers, avec le livre des MédiSes liaisons 2. Guillaume, n'étant encore que moine à tations, et dans les nouvelles éditions de saint

Saint-Nicaise, fit un voyage à Clairvaux, sur Bernard. On y trouve un autre traité de
le bruit que saint Bernard, dont les vertus Guillaume de Saint-Thierry, intitulé : de la
éclataient partout, y était tombé malade. Ce Contemplation de Dieu. Il composa aussi deux
fut dans cette première entrevue que se livres de la Nature du corps et de l'âme, adres-
forma entre eux cette liaison d'estime et d'a- sés Théophile; trois autres qui ont pour
mitié qui subsista toujours entre eux. Guil- titre : Dispute des pères catholiques contre les
laume, autant attiré à Clairvaux par la pau- dogmes de Pierre Abaillard, dédiés à Hugues,
vreté et la simplicité de la vie de saint Ber- archevêque de Rouen, avec une lettre à
nard, que par la douceur et l'onction de ses Geoffroi, évêque de Chartres, et à saint Ber-
entretiens, se présenta plusieurs fois pour y nard; un traité des Erreurs de Guillaume de
être reçu dans la communauté; mais voyant Conches; un commentaire imparfait sur le
que le saint abbé lui refusait cette grâce, il Cantique des Cantiques ; un sur lEpître aux
quitta volontairement son abbaye de Saint- Romains, dont il est fait mention dans l'ap-
Thierry, et se retira au monastère de Signy, pendice ? à Henri de Gand; et un traité du

ordre de Citeaux, dans le diocèse de Reims. Sacrement de l'autel. Trithème en parle dans Il goitle 3. Il faut mettre sa retraite en 1134, puis le Catalogue 3 des écrivains ecclésiastiques. Tous Saint-Tbier qu'il est constant par le catalogue des abbés ces écrits sont contenus dans le quatrième

de Saint-Thierry, que Guillaume y remplit tome de la Bibliothèque de Citeaux. Il y en a
les fonctions de cetle dignité pendant qua- d'autres imprimés ailleurs, savoir un com-
torze ans et cinq mois. Il fit veu de stabilité mentaire sur le Cantique des Cantiques, à la
à Signy, en 1135, et y vécut pendant environ fin du premier tome des cuvres de saint
quinze ans dans la pratique exacte de la Ambroise, et un second commentaire sur le
règle, toujours occupé de la méditation des même livre tiré des écrits de saint Grégoire-
choses célestes. Il mourut vers l'an 1150, le-Grand. Ce dernier commentaire a été
après avoir écrit le premier livre de la Vie rendu public par Casimir Oudin, avec quel-
de ce saint, qui fut continuée par Arnaud de ques opuscules des anciens écrivains de
Bonneval. Saint Bernard faisait tant de cas France et de Flandre, à Leyde, en 1692,
de l'érudition et de la doctrine de Guillaume, in-8°. Le premier livre de la Vie de saint Ber-
qu'il lui dédia son livre de la Grâce et du libre nard, par l'abbé Guillaume, se trouve dans
arbitre, en le soumettant à sa censure. Luc, Surius et dans Bollandus au 20 août, et dans
abbé de Cuissi, l'ayant consulté sur quelques diverses éditions des cuvres de ce père.
difficultés, il lui répondit : « Je suis ' surpris Trithème 4 fait mention d'un livre de Guil-
qu'étant si éloigné, vous vous soyez adressé laume, sous le titre de Sentences de la foi.
à moi pour résoudre vos questions, tandis Oudin dit en avoir donné un à dom Thomas
que vous avez près de vous un homme sage, Blampin, pour le mettre dans l'appendice au
qui est porté d'inclination pour votre maison, dernier tome des ouvrages de saint Augustin;
je veux dire l'abbé de Sainl-Thierry. » on ne l'y trouve point : et les sentences mê-

4. Les ouvrages de Guillaume de Saint- lées d'un auteur inconnu imprimées dans
Thierry ont été recueillis par dom Bertrand l'appendice du sixième tome, n'ont point de
Tissier, dans le quatrième tome de la Biblio- rapport à cet opuscule, étant plus morales
thèque de Citeaux, imprimée à Bonne-Fon- que dogmatiques. Mais il faut entrer dans le
taine en 1669, in-fol. En voici le catalogue : détail de quelques-uns des ouvrages de Guil-
le Miroir de la foi; l'Enigme de la foi; un livre laume 5.
de Méditations, publié à Louvain en 1546, à 5. Il était autrefois d'usage aux personnes

Ses écrits.

Livre des

Méditations

· Bernard., Epist. 78 in prima edit., in secunda 79. . Cap. VI. — 3 Cap. CCCLXXXIII. — Ibid.

5 Les ouvrages imprimés de Guillaume de SaintThierry sont reproduits ou indiqués au tome CLXXX de la Patrologie latine, col. 205.725. Ils sont précédés

d'une notice tirée de Fabricius et d'une autre tirée
des auteurs de l'Histoire littéraire de la France, tom.
XII. Les ouvrages seulement indiqués sont la plupart
parmi les œuvres supposées de saint Bernard. (L'é-
diteur.)

Biblintb. Pat. pag. 1142.

no

tra Pierre

lettre à Geol

tres.

Traité de la Nature et de

l'amour divin.

la Contempla

tom. XXI, de grande piété, de composer pour elles- en peu de termes, mais très-clairs, ce que
pag. 1142.** mêmes des formules de prières et de médi- nous devons croire. Dans le petit traité de

tations, afin de ranimer de temps en temps la Physique, c'est-à-dire de la Nature du corps
leur ferveur, et de se rappeler plus aisément et de l'âme 4, il apprend au lecteur à se con-
les vérités du salut. C'est dans cette vue que naître lui-même.
saint Augustin écrivit ses Soliloques et ses 9. Guillaume de Saint-Thierry voyant que Livres con-
Confessions. Guillaume, dans ses formules de Pierre Abaillard, environ dix-huit ans après Abailard et
méditations et de prières, se proposa non- sa condamnation au concile de Soissons, re- froi de Char-
seulement son utilité particulière, mais aussi commençait en 1139 à enseigner des nou-
celle des novices, dont il était important de veautés; que ses écrits passaient les mers,
former de bonne heure l'esprit dans les exer et traversaient les Alpes; que ses nouveaux
cices de la vie spirituelle. Ses Méditations et dogmes se répandaient dans les provinces,
ses prières roulent sur divers passages de et qu'on les y soutenait librement, en écrivit
l'Ecriture, surtout des psaumes, dont il donne à Geoffroi, évêque de Chartres, et à saint
en passant le sens mystique et moral. Bernard 5. Il fit plus. Ayant trouvé par ha-

6. Dans le traité de la Nature et de la dignité zard la Théologie d'Abaillard, il en fit divers la digoité de de l'amour de Dieu , Guillaume instruit le extraits qu'il réduisit à treize propositions. Il

vrai philosophe, c'est-à-dire le vrai chré- les réfuta par un ouvrage divisé en trois li-
tien, par quels degrés et en quelle manière vres, et dédié à Hugues, archevêque de
il peut parvenir à la perfection de l'amour Rouen, sous ce titre : Dispute des pères catho-

de Dieu, telle qu'on peut l'avoir en cette vie. liques contre les dogmes de Pierre Abaillard. Il Traité do 7. Le traité de la Contemplation de Dieu a rapporte en plusieurs endroits les propres tion de Dieu. été attribué quelquefois, de même que le paroles de cet écrivain, et leur oppose celles

précédent, à saint Bernard, sous le titre de des pères. La lettre à Geoffroi de Chartres et
Soliloques ?; mais Guillaume se reconnaît au- à saint Bernard, sert de préface à tout l'ou-
teur de l'un et de l'autre, dans le catalogue vrage. Guillaume les exhorte l'un et l'autre
de ses ouvrages rapporté par dom Tissier. à réfuter aussi Abaillard. L'abbé de Clair-
Ils sont aussi sous son nom dans la liste de vaux 6 goûta beaucoup l'écrit de Guillaume,
ses écrits par l'abbé Tritheme, et dans l'a- le crut assez fort pour renverser les impiétés
brégé de la Vie de Guillaume, cité : par dom qu'il attaquait, et lui promit d'en conférer
Mabillon. Il est à remarquer que ce traité est avec lui. Il a déjà été parlé de tout ce qui se
le même qui, dans le vingt-deuxième tome passa en cette occasion, et il en sera encore
de la Bibliothèque des Pères, a pour titre : de dit quelque chose dans l'article de saint Ber-
l'Amour de Dieu, et que l'on n'y en a supprimé nard.
que le prologue. L'auteur fait voir la néces- 10. C'est au même saint que Guillaume

Traité con
sité d'aimer Dieu, et il montre que le premier adressa la réfutation des erreurs de Guil.
précepte du Décalogue ne peut s'accomplir laume de Conches, qui avait expliqué le mys-
que par l'observation des autres commande- tère de la sainte Trinité, à peu près de la
ments. Pour montrer les avantages de la même manière que Pierre A baillard 7. Guil-
contemplation, il représente en ces termes laume de Conches disait entre autres choses,
ceux qu'il en tirait lui-même : «Quelquefois, que le Père était la puissance, le Fils la sa-
Seigneur, lorsque je vous contemple, les gesse, le Saint-Esprit la volonté. Confus
yeux quasi fermés, vous envoyez dans la d'avoir raisonné plus en philosophe qu'en

bouche de mon cœur un je ne sais quoi qu'il théologien sur nos mystères, il rétracta ce Cap. 13.

ne m'est point permis de connaître. Je sens qu'il avait avancé de contraire aux dogmes
une saveur douce qui me fortifie de telle de la religion. Le livre où il fit cette rétrac-
sorte, que si elle demeurait toujours en moi, tation est un dialogue entre Henri II, duc de
je ne chercherais rien au-delà. »

Normandie, et lui, intitulé Dragmaticon, que Traités da 8. Les deux opuscules, l'un intitulé : le l'on conserve encore dans la bibliothèque du lengmedela Miroir de la foi ; l'autre, l'Enigme de la Foi, Mont-Saint-Michel. Le père Le Long 8 cite de tare du corps ont un même but, qui est de nous apprendre Guillaume de Conches une glose manuscrite

tre les erreurs de Goillaume de Conches. de l'au:el.

Miroir et de l'Enigma dela foi; de la Na.

et de l'âme,

1 Tom. II Op. Bernardi, pag. 256.
2 Tom. II Op. Bernardi, pag. 246.

3 Præfat. in lib. de Contemplando Duo et de Natura
amoris Dei,

* Tom. IV Bibliot. Cisterciensis, - 8 Ibid.
6 Epist Bernard. 326 et 327, edit. an. 1719.
7 Tom. IV Bibliot. Cisterciens. - 8 Pag. 758.

taires sur le

Castiques.

sur les quatre Evangiles. Ses autres écrits pas encore été mis sous presse. On le dit écrit du Sacrement
traitaient des matières philosophiques. On de la main de Guillaume dans l'abbaye de
met sa mort vers l'an 1150.

Signy. L'auteur y traite de l'essence divine,
Commen- 11. Guillaume de Saint-Thierry étant'ma- de ses attributs, de la trinité des personnes,
Gatique des lade à Clairvaux, pria saint Bernard de lui de l'unité de nature, et de la création des

expliquer le Cantique des Cantiques dans un anges et de l'homme, employant presque
sens moral, et sans entrer dans les mystères toujours les propres paroles de saint Augus-
que ce cantique renferme. Chaque jour il tin et de Boëce. Guillaume met ce traité au
mettait par écrit, autant que sa mémoire pou nombre de ses ouvrages, avec celui du Sa-
vait lui fournir, ce que l'abbé de Clairvaux crement de l'autel; celui-ci est imprimé dans
avait dit, dans le dessein d'en faire un com- le quatrième tome de la Bibliothèque de Ci-
mentaire suivi ? ; mais il ne le conduisit que teaux 4. L'abbé de Saint-Thierry l'envoya à
jusqu'au troisième verset du chapitre troi- saint Bernard pour l'examiner et le corriger
sième. C'est ce commentaire qui est imprimé avant de le rendre public. Il y compare les
dans le quatrième tome de la Bibliothèque de autorités des pères sur l'eucharistie, et rap-
Citeaux. Il y en a un autre sur les deux pre- porte leurs passages, surtout ceux de saint
miers chapitres du même livre, qui n'est Augustin, qui, n'étant pas entendus de tout

qu’un abrégé des sermons de saint Bernard le monde, causaient quelques troubles aux Pag. 278. sur le Cantique des Cantiques. Dom Mabillon personnes moins instruites. Pour les tran

l'a publié dans le second tome des œuvres quilliser, et rendre en même temps raison
de ce père, sur un manuscrit de l'abbaye de pourquoi les anciens semblaient quelquefois
Dunes en Flandre, où il se trouvait joint à penser différemment sur ce mystère, ou,
deux opuscules de Guillaume : l'un, de la comme il dit, sur les saints sacrements, qu'il
Contemplation de Dieu ; l'autre, de la Nature nommait ainsi à cause des deux espèces du
et de la Dignité de l'amour divin. Cela lui donne pain et du vin, il fait dans le onzième chapi-
lieu de conjecturer que ce commentaire est tre cette remarque importantes: «La question
du même auteur que ces deux traités; et il de l'eucharistie n'ayant point été agitée de-
appuie sa conjecture sur la conformité du puis le commencement de l'Eglise jusque
style. Guillaume de Saint-Thierry, dans le vers notre époque, les pères ne défendaient
catalogue de ses ouvrages, se déclare auteur point ce qui n'était pas contesté; ils se con-
de deux autres commentaires sur le Cantique tentaient, dans leurs traités, de dire ce qui
des Cantiques : l'un, tiré des écrits de saint était de leur sujet; n'ayant pas répondu aux
Ambroise, a été trouvé 3 dans le monastère questions qui n'ont été agitées que depuis,
de Signy; il est écrit de la main même de il n'est pas surprenant que l'on ne trouve pas
Guillaume; l'autre, est un extrait des ouvra- dans leurs écrits la solution aux objections
ges de saint Grégoire-le-Grand. Le premier qu'on a faites depuis; ne s'attendant pas à
se lit à la fin du premier tome des æuvres de ces difficultés, ils ont dit plusieurs choses
saint Ambroise; le second fut imprimé à sur le sacrement de l'Eucharistie, qui, dans
Leyde en 1692, par les soins de Casimir Ou- leurs écrits, et selon leur sens, sont bien
din, comme on l'a déjà remarqué, [et dans dites; mais qui déplacées, et dans la bouche
Galland, Bibliotheca Veter. Patrum, tome XIV, de ceux qui aiment à disputer, semblent dire
page 394 et suiv., d'où il a passé au tome tout le contraire; enfin ne pouvant pas pré-

CLXXX de la Patrologie latine, col. 441-474.1 voir toutes les calomnies et les chicanes des cea 12. L'opuscule des Sentences de la foi n'a hérésies futures, ils se sont servis quelquefois la loi. Traité

Sentences de

1 Lib. I de Vita Bernardi, cap. XII.
: Tom. IV Bibliot. Cisterciens.

3 Oudin, de Scriptor. Eccles., tom. II, pag. 1437, et
tom. I Oper. Ambrosii, pag. 1546.

- Tom. IV Bibiot. Cisterciens.

s Quia ab initio sanctæ Ecclesiæ usque ad nostra pene tempora, hæc ab omnibus quæstio intacta relicta est, sancti Patres, quod non impuynabatur, non defendebant : nisi aliquando in tractatibus suis hoc inde proferebant, quod res postulabat, quce in manibi:s ha bebatur. Quod quia quæstionibus non respondebat, quæ nondum erant; parum modo sufficere videtur ad eas,

cum exsurgunt, compescendas. Contra quas, quia tunc non vigilabat intentio eorum , plurima de sacramentis sanctis in suis scriptis reliquerunt, quæ suo loco, suo sensu bene dicta, ab eis qui contendere, vel errare amant , eruta de locis suis, aliud per se videntur sonare, quam ibi sonent unde sumpta sunt, et quam senserit qui scripsit : sed et multa de eadem re ab eis relicta sunt, quæ bene dicta, vel obscurius, utpote ab eis qui, ut homines, venturas omnes errorum calumnias non poterant prævidere, male intellecta, materiam errandi vel contendendi, perditis videntur præstare. Guillelm., tom. IV Bibliot. Cisterc., p. 132.

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