Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

Portes,

fon

Chartreuse de ce nom.

Bernard. ep. 153, 154.

[blocks in formation]

qu'il a faites sur les endroits difficiles du texte Elles ont été imprimées à Dijon, en 1657,
de Pullus 1.

in-8°, et réimprimées dans le XXIVe tome de Bernard des 29. La Chartreuse des Portes, que l'on la Bibliothèque des Pères, à Lyon en 1677, (et dateur de la comple pour la troisième de l'ordre, eu égard dans le tome CLIII de la Patrologie latine,

au temps de sa fondation, fut bâtie en 1115 col. 885-900.] Les lettres à Aymon de Varen-
par Bernard connu depuis sous le nom de nes et à Aymon de Robières, ont pour titre :
Bernard des Portes, qui fut celui de cette De la Fuite du siècle. Bernard presse ces per-
nouvelle Chartreuse. Il quitta le monastère sonnes de quitter le monde pour vivre dans
d'Ambournai où il avait professé la règle de la retraite, où il leur promet des plaisirs plus
saint Benoit, pour se mettre à la tête de la solides que ceux qu'ils avaient goûtés dans le
communauté des Porles. Saint Bernard y al- siècle. Il leur fait voir le danger des conver-
lait quelquefois, lié d'amitié avec les reli- ésions tardives, en ce que les renvoyant au
gieux de ce nouveau monastère, mais surtout moment de la mort, ou à quelque maladie
avec Bernard leur prieur. Il demandait avec dangereuse, ce n'est pas nous qui mettons
empressement à l'abbé de Clairvaux des ser- fin à nos crimes, mais Dieu qui y met fin en
mons sur le Cantique des Cantiques. « Que nous faisant sortir de cette vie.
ne suis-je capable, lui répondit saint Bernard, 32. La lettre aux religieuses de Lyon,
de quelque production digne de vous ! Pour c'est-à-dire de Sainte-Eulalie, le seul monas-
rais-je alors refuser quelque chose à une per- tère de filles qui fût alors en cette ville, est
sonne pour qui je sacrifierais ma propre vie, pour les exhorter à persévérer avec joie dans
à un ami intime, à un cher et tendre frère la vie régulière qu'elles venaient d'embras-
que j'aime en Jésus-Christ de toute l'éten- ser. Bernard veut que celles qui avaient pris
due de mon caur ? » Bernard des Portes en avec zèle le parti de la réforme, consolent
était encore prieur en 1147 ; mais la même celles qui ne s'y étaient soumises qu'avec
année, ses infirmités autant que son grand peine ; qu'elles prient pour elles, et les invi-
âge l'obligèrent à se démettre de cette charge tent par leur exemple à prier elles-mêmes,
entre les mains d'Antelme ou Nantelme, qui et à faire de nécessité vertu. Il leur expose
avait été autrefois son novice. Bernard mou- les différentes manières dont nous sommes
rut le 12 février 1152.

tentés en cette vie, et leur fait voir qu'il n'y
Ses lettres. 30. Nous n'avons aucune de ses lettres à a que le consentement aux suggestions de
Chimet, saint Bernard, et il en reste très-peu de celles l'ennemi, qui soit un péché.
Frivi qu'il avait écrites à diverses personnes. On 33. Le moine Raynaud vivait en reclus

lit dans un manuscrit de la Chartreuse des dans un ermitage à deux lieues de la Char-
Portes, qu'elles étaient sur des matières de treuse des Portes. Il avait demandé à Ber-
piété, particulièrement sur la vie religieuse; nard une règle de vie. Voici ce qu'il lui pres-
qu'il y en avait une à Falcon, doyen de l'E- crit : « En été depuis complies jusqu'à pri-
glise de Lyon; et une seconde après qu'il fut mes, et en hiver jusqu'à tierce, vous garde-
élevé à l'épiscopat; une à Aymon de Ro- rez un silence exact, si ce n'est qu'il y ait
hières; une à un reclus nommé Raynaud; une grande nécessité de le rompre, ce que
qu'il avait écrit aussi aux religieuses de Lyon; vous ferez en peu de mots. Ne souffrez point
à Berlion, évêque de Bellay; aux religieuses que personne vous entretienne de choses
de Blésie ; au pape Eugène III; à saint Ber- vaines et inutiles, ni d'affaires extérieures.
nard, abbé de Clairvaux; et à lsmion, abbé N'écoutez que des choses dont vous puissiez
d'Ambournai, à qui il rendait raison de sa rendre grâces à Dieu. Que tous ceux qui vien-
sortie de ce monastère et de sa retraite dans dront vous voir, vous disent des choses édi-
le désert des Portes. Celle-là était la plus fiantes, ou qu'ils en entendent de vous : si ce
belle de toutes au jugement de l'auteur de ce sont des savants, écoutez-les plutôt que de
manuscrit.

leur parler. Partagez votre temps entre la 31. Les trois lettres données par le père prière, la lecture des livres saints, la psalbàiés par le Chifflet sont, l'une à Aymon de Varennes et modie et le travail des mains, si ce n'est les ibid., p.1801. à Aymon de Rohières; l'autre aux religieuses jours de dimanche où vous vous occuperez Epist. 1.

de Lyon; la troisième au reclus Raynaud. entièrement d'exercices spirituels. Soit que

[merged small][ocr errors]

epist. Bero.;
tom. XXIV,
Biblioth. Pal. 11 dona un monuenit
pag. 1464,
1466.

[ocr errors]
[ocr errors]

Lettres pa.

779 et suiv. (L'éditeur.)

1 Le livre des Sentences de Pierre de Poitiers est reproduit au tome CCXI de la Patrologie latine, col.

Suite,

l'on vous donne les besoins de la vie, soit que nous reconnaissons coupables, mais aussi de
vous les acquériez par votre travail, donnez ce nos péchés d'ignorance; 2° la connaissance
qui vous restera aux pauvres, ne retenant au- et l'accomplissement de la volonté de Dieu ;
près de vous, que ce qui vous est nécessaire.» 3o notre salut éternel, c'est-à-dire la recher-

34. «N'usez point de chemises de lin, mais che de Dieu dans toutes nos actions avec un Pag. 150. de laine; et pour vos vêtements extérieurs, il simple qui ne se ressente ni de la vanité,

servez-vous de peaux. Ne vous livrez point à ni de l'hypocrisie. Jean rapporte des formu-
de grandes abstinences ; et contentez-vous de les de prières au Père et au Fils : les unes,
jeûner tous les vendredis, ne prenant en pour obtenir la connaissance de la vérité; les
ce jour qu'un seul repas, sans vin, à moins autres, le pardon des péchés ; une pour les
que ce ne soit un jour de fête. Si vous voulez prélats et autres ministres de l'Eglise. La
en user de même les mercredis, c'est tout ce troisième lettre contient d'autres formules Epist, 3.
que vous pourrez faire. Depuis le mois de que l'on peut adresser au Saint-Esprit, à la
septembre jusqu'à Pâques, vous ne mangerez sainte Trinité, lorsque l'on rend grâces pour
qu’une fois par jour; mais depuis Pâques quelques bienfaits. Cette lettre est adressée à
jusqu'au 5 de ce mois, vous ferez deux repas; un nommé Hugues.
vous boirez du vin, mais mêlé d'eau. Jamais 36. La suivante à Bérard a pour titre : De Suite.
vous ne mangerez de chair qu'en cas de ma- la garde du coeur ; c'est le résultat d'un dis- Epist. h.
ladie. A l'égard de l'office divin, vous suivrez cours dans lequel Jean lui avait fait voir, et
l'usage des clercs. En été vous ferez la méri- aux frères qui l'accompagnaient, que nous
dienne suivant la coutume des moines. Dans devons veiller continuellement sur nous-mê-
vos prières vous vous souviendrez de vos mes, et faire en sorte que notre esprit et
bienfaiteurs et de tous les fidèles tant vivants notre corps soient toujours soumis à Dieu, et
que trépassés. A la psalmodie et à la prière, prêts à faire sa volonté. Dans la cinquième, B.
vous ferez succéder la lecture des livres saints, intitulée : De la constance dans ce qu'on s'est
ayant grand soin des livres que l'on vous proposé, il détourne Bernard son neveu de la
prêtera. »

pensée où il était de quitter l'ordre des Char-
Bernard recommande ensuite à Raynaud treux pour passer à un autre. Il lui repré-
la pratique des vertus d'humilité et de cha- sente que les raisons de santé et d'austérité
rilé. Après quoi il lui conseille de se choisir ne doivent point rompre son engagement,
dans le monastère un religieux sage et dis- parce que le salut éternel est préférable à la
cret, auquel il puisse de temps en temps santé; il lui dit, à l'égard des austérités, qu'on
confesser ses péchés, et il l'engage, à cet effet, n'est tenu qu'à celles qu'on peut observer.
à les écrire sur une tablette de cire, ou bien de 37. La lettre d'Etienne de Chalmet est sur Ledero
s'en accuser de mémoire.

le même sujeta. Il l'écrivit à des novices qui, Chalmet, pag. Lettres de 35. Aux trois lettres de Bernard des Portes, encore dans leur année de probation, dans Chartreuse le père Chifflet en a ajouté cinq de Jean', et l'abbaye de Saint-Sulpice, ordre de Citeaux, sid. p. 1806. une d'Etienne de Chalmet, moines l'un et fondée au diocèse de Belley, par Amédée,

l'autre du même monastère vers le milieu du comte de Savoie, en 1130, semblaient vouloir Epist. 1. XII° siècle. La première des cinq est une ins- en sortir pour se faire chartreux. Etienne

truction solide sur la fuite du siècle. Il est leur fait envisager cette inconstance comme
aisé d'y remarquer que l'auteur était rempli une tentation du démon; et pour les engager
des sentiments de piété qu'il voulait inspirer à persévérer dans l'état qu'ils avaient choisi,
à Etienne son frère. Dans la seconde qui est il leur cite ces paroles de saint Paul aux Co-
adressée à Latolde, le moine Jean, pour con- rinthiens : Que chacun demeure dans l'état 1Cor. VII, 20.
ienter ses désirs, lui propose plusieurs for- il était quand Dieu la appelé. Il leur repré-
mules de prières, toutes en termes différents, sente qu'il n'est point dit : Celui qui aura
tirées ou de l'Ecriture sainte, on des oraisons commencé..., mais : Celui qui persévérera sera
usitées dans les offices divins. Il dit, que sauvé; et que la miséricorde de Dieu nous
quand nous prions pour nous, nous devons ayant prévenus, il est certain qu'il ne nous
demander trois choses : 1° le pardon de nos retirera pas le secours de sa grâce, si nous
péchés, nou-seulement de ceux dont nous ne l'abandonnons pas les premiers.

d'Etienne de

15 18.

[ocr errors]

Portes.

1 Ces lettres sont reproduites au tome CLIII de la Patrologie latine, col. 899-930. (L'éditeur.)

XIV.

? Elle est reproduite au tome CLIII de la Patrologie latine, col. 931-934. (L'éditeur.)

26

guatre exer

cellule. Ibid., pag. 1469

éréque d'un

Traité des 38. A la tête de toutes ces lettres, le père la procession du Saint-Esprit, du Père et du
cices de la Chifflet a placé dans son Manuel des solitaires Fils. Fabricius n'est pas éloigné d'attribuer à

un traité qui a pour titre : Livre des quatre Guiges l'Echelle du Paradis ou des Cloîtres,
exercices de la cellule ?, qu'il croit être de Gui- intitulée aussi de la Manière de prier, et de la
ges, [autrement Guigues II,] prieur général Vie contemplative ?, imprimée parmi les @u-
de la Chartreuse, qui ayant abdiqué le gé- vres de saint Augustin et saint Bernard 3.
néralat en 1176, mourut en 1188. L'ouvrage (39. Bernard Pez a publié au tome IV de Zacbarie,
est dédié à Bavon, prieur des Pauvres de son Thesaurus Anecdot., pag. 17, un sermon slegte in con-
Jésus-Christ, de Vitteham en Angleterre, sur saint Georges. Il est attribué dans le ma-
c'est ainsi qu'on nommait les chartreux dans nuscrit qui a servi à Pez à un évêque du nom
les commencements de leur institut, à cause de Zacharie, mais l'éditeur n'a pu découvrir
de la pauvreté de leur nourriture et de leurs ni quel siège cet évèque a occupé, ni en quel
habits. Guiges y traite des moyens de sanc- temps il a vécu. Il conjecture que ce pourrait
tifier le séjour des chartreux dans leurs cel- être Zacharie, vingt-troisième du nom, évêque
lules. Pour se sanctifier, les chartreux évite- de Sabione, maintenant Brixen, qui florissait
ront de s'y occuper l'esprit des affaires du au xe siècle. Quel que soit l'auteur de ce dis-
monde ; ils méditeront les vérités de la reli- cours, il le trouve grave, savant et digne
gion, et s'appliqueront à la prière, et en cer- d'être mis au jour 4. Les éditeurs de la Pa-
taines heures au travail des mains. Le pre- trologie ayant placé cet auteur parmi les écri-
mier et le quinzième chapitre regardent le vains du xile siècle, au tome CLXXXVI, col.
chapitre général et annuel de la grande Cbar. 619-629, nous avons cru devoir en parler ici.
treuse, et l'avantage qui en revient à tout D'après Zacharie, Georges signifie cultiva-
l'ordre pour le maintien de la discipline. teur, et selon l'étymologie de son nom, il cul-
L'auteur cite aux douzième et trente-sixième tiva le champ de son esprit par la pratique
chapitres les statuts de l'ordre rédigés par des vertus, mais il porta encore les autres à
écrit, par Guiges, cinquième prieur de la l'imiter. Il souffrit sous Dioclétien. Zacharie
grande Chartreuse, dont il a été parlé plus décrit en peu de mots, d'après les actes de
haut. Dans le trentième, il s'explique d'une son martyre, les souffrances que saint Geor-
manière orthodoxe sur la trinité des person ges endura.]
nes en Dieu dans l'unité de substance; et sur

CHAPITRE XXXVI.

Hervé, moine bénédictin (vers le milieu du XIIe siècle); Godefroi, évêque

de Chartres; Galfrède, moine de Tiron; Eggohart ou Eccard, abbé
de Saint-Laurent d'Uragen; Eccard, chanoine régulier de Saint-Victor;
Jarland ou Gerland, chanoine; Hugues de Ribomond; Odon, abbé de
Saint-Remy, à Reims; Osbert de Stockeclare; Hugues de Mâcon, évêque
d'Auxerre; Geoffroi de Loriole, archevêque de Bordeaux ; Geoffroi de
Breteuil; saint Oldegaire, archevêque de Tarragone; Hermann, abbé de
Saint-Martin de Tournay; Anselme, évêque d'Havelburg; Henri de Saul-
téri, moine (vers l'an 1150); Jean, moine de Saint-Laurent de Liége.

[merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Ecrits sur l'Ancien Tes.

et à cultiver son esprit par l'étude des scien- thèques, mais manuscrits. Le premier dans
ces utiles. Il apprit à connaitre à fond la ce catalogue, est une explication du livre de
bonne théologie ; lisant avec soin l'Ecriture saint Denis, intitulé : De la Hiérarchie des
sainte, et les ouvrages des principaux doc- anges. Hervé expliqua ensuite tout le livre tament,
teurs de l'Eglise latine, saint Augustin, saint d'Isaïe, les Lamentations de Jérémie, et la
Ambroise, saint Grégoire, et quelques autres dernière partie d'Ezéchiel, commençant où
savants interprètes catholiques.

saint Grégoire-le-Grand avait fini. Son comSes études. 2. Rien ne pouvait le détourner de son ap- mentaire sur Isaïe, adressé à Jean, abbé

plication à l'étude. Il y passait les jours et de Dol, est divisé en huit livres 2. Suivirent
les nuits, et toujours dans la recherche de la ses commentaires sur le Deutéronome, l'EC-
vérité. D'un génie excellent et d'une mémoire clésiaste de Salomon, les livres des Juges, de
heureuse et tenace, il remplit son coeur de Ruth et de Tobie. Le but d'Hervé est de mon-
tout ce qui lui paraissait le plus intéressant, trer qu'on ne doit point dans ces livres se
cboisissant à la manière des colombes les contenter du sens littéral, mais qu'il faut dé-
grains les plus mûrs et les meilleurs : ce sont couvrir sous l'écorce de la lettre les mystères
les lermes de la lettre circulaire que ses con de Jésus-Christ et de l'Eglise. [Le commen-
frères du bourg de Dolécrivirent après sa mort. taire sur Isaïe est au tome CLXXXI de la Pa-
Ils ajoutent qu'il vécut dans une rigoureuse trologie latine, col. 17-392. Il est précédé de
abstinence, et dans une grande pureté; qu'il deux notices, l'une tirée de Bernard Pez,
était sage dans ses conseils, humble dans ses l'autre des auteurs de l'Histoire littéraire de la
sentiments, parlant peu, éloigné de toute va- France.]
nité, d'une doctrine orthodoxe, de meurs 4. Il commenta aussi les Epitres de saint Commen:
très-pures ; que pendant le saint temps de Paul. Ses commentaires ont été imprimés Epitres do
carême, il affligeait son corps par de fré- pour la première fois à Cologne, avec la pré- Gunase et les
quentes macérations; qu'il offrait chaque jour face d'Hittorpius en 1533, parmi les écrits de
le sacrifice du corps et du sang de Jésus- saint Anselme, et plusieurs fois depuis. Dom
Christ; que le jour de Pâques qui précéda sa Gerberon les a supprimés dans son édition
mort, il chanta la messe conventuelle, et fit des cuvres de cet archevêque, espérant don-
dans le chapitre un discours à la commu- ner quelque jour au public tous les ouvrages
nauté; qu'étant tombé malade le lendemain, d'Hervé ; ce qu'il n'a pas fait. D'après l'au- Præfat. in
après avoir encore chanté la messe comme teur de la lettre circulaire, les commentaires mais
tournaire, il reçut le mercredi l'extrême d'Hervé sur saint Paul furent si estimés de
onction, ensuite les saints mystères du corps son teinps, que l'on convenait entre les sa-
et du sang de Jésus-Christ, et mourut le di- vants, qu'on n'avait rien de plus exact sur
manche dans l’octave. On ne sait en quelle cette matière; on trouvait aussi admira-
année. Mais l'opinion commune est qu'il flo- bles ses explications du livre des douze Pro-
rissait vers le milieu du XIe siècle.

phètes, et de celui de la Genèse. [Les com-
3. Cette lettre circulaire qui a été donnée mentaires sur saint Paul suivent les commen-
d'abord au public dans le tome II du Spicilege taires sur Isaïe dans la Patrologie, volume
de d'Achéry, ensuite par Oudin, puis par dom indiqué. Ils sont reproduits d'après l'édition
Bernard Pez', [et dans le tome CLXXXI de la des ouvres de saint Anselme, Cologne 1573.]
Patrologie latine, dans la première notice qui 5. Il fit des commentaires sur les Evan, Sarles Evan-
se lit au commencement du volume) contient giles, donna des explications des cantiques
le catalogue des ouvrages d'Hervé, dont la que l'on lit dans les offices de l'Eglise, et re-
plupart se trouvent encore dans les biblio- marqua plusieurs variétés qui se trouvaient

taires sur les

saint Paal, la Gubèse et les Prophètes.

opera doselmiracles de la

Ses onvrages.

giles.

· Tom. II Spicileg., pag. 514; Oudin, tom. II, pag. 1114 ; Pez., præfat. ad tom. III Anecdot., pag. 4.

? Voici ce que disent les auteurs de l'Histoire lit téraire de la France, tom. XII, pag. 345 : « On remarque dans ce commentaire une grande lecture des pères dont l'auteur a, pour ainsi dire, exprimé le suc dans ses explications. Il parle de la grâce en vrai disciple de saint Augustin, et de l'Eglise comme un homme fort atlaché à son unité. Souvent son zèle éclate en plaintes contre les pasteurs de son temps, qu'il peint dans des couleurs qui ne relèvent ni leur

savoir ni leur vertu. A l'occasion des derniers temps, il dit qu'Elie viendra pour réformer les abus qu'on voit se multiplier chaque jour parmi les chrétiens ; que comme l'Eglise a eu les apôtres dans sa naissance, elle aura vers sa fin Elie, Enoch et d'autres excellents docteurs qui ne seront point inférieurs aux hommes apostoliques. Hervé regarde comme un point de foi que la persécution de l'antechrist ne durera que trois ans et demi; mais il ne pense pas que sa mort doive être immédiatement suivie du jugement. (L'éditeur.)

entre les leçons de l'Ecriture, telles qu'on les livre de la Considération. Godefroi mourut le
lisait en quelques églises, et le texte de la 24 janvier 1148.
Bible. Par exemple dans une leçon du ca. 8. Le recueil des lettres de Godefroi, abbé Sos lettres.
rême tirée du livre d'Esther, on lit : « Esther de Vendôme 3, en contient plusieurs de cet
pria le Seigneur, en lui disant : Dieu, roi abbé à Godefroi, évêque de Charlres, qui sup-
tout-puissant, toutes choses sont en votre posent visiblement entre eux un commerce
puissance; » au lieu que le texte de la Bible de lettres. Il n'en reste toutefois aucune de
atttribue cette prière à Mardochée. [Les ex cel évêque à l'abbé de Vendôme; mais il y
plications sur les Evangiles sont parmi les en a une à Hubert, successeur de Godefroi,

cuvres de saint Anselme, tome CLVIII.] au sujet de la profession de foi que les évêLivre des 6. Il y avait dans l'église du monastère de ques de Chartres voulaient exiger des abbés sainte Vierge. Dol une image miraculeuse de la sainte de ce monastère, lorsqu'ils les bénissaient,

Vierge. Aussitôt qu'il se faisait quelque mi- comme ils l'exigeaient des autres abbés du
racle, Hervé le mettait par écrit en la ma- diocèse. L'abbé Godefroi refusa de la donner;
nière qu'il l'apprenait de celui sur qui le Fromond, son successeur immédiat, en usa
miracle avait été fait, ou du sacristain du de même. Ils se fondaient sur un indult d'Ur-
monastère. Son recueil faisait un livre assez bain II et de Pascal II, qui défend aux abbés
gros 1.

de Vendôme de faire cette profession devant
7. Après la mort d'Yves de Chartres, arri- l'évêque de Chartres lors de leur bénédiction,
vée en 1115, on élut pour son successeur et leur permet, en cas de refus de la part de
Godefroi, issu de la noble famille des sei- l'évêque de cette ville, de se faire bénir par
gneurs de Lèves, et chanoine de l'Eglise de quel autre évêque ils voudront. Godefroi, .
Chartres. Thibaud, comte de cette ville, s'op- ayant vu ces bulles, bénit non-seulement ces
posa à cette élection ?; mais il y consentit trois abbés successivement, mais il confirma
quelque temps après sur les remontrances de encore les priviléges du monastère de Ven-
Robert d'Arbrisselle. Ce ne fut pas le seul ser- dôme, et tout ce qu'il possédait, soit en di-
vice que Robert rendit à l'Eglise de Chartres; mes, soit en terres, avec pouvoir aux moines
il en bannit la simonie qui l'infectait depuis de s'adresser à tout autre évêque que lui
longtemps, et Godefroi fit apparemment de pour l'ordination. Il y a deux lettres de Go-
son avis, et du consentement des chanoines, defroi dans les troisième et treizième tomes
un décret portant qu'aucun d'eux ne donne- du Spicilége : dans l'une, il recommande å
rait ni ne recevrait rien pour les places d'hon- Henri, archevêque de Sens, Archambaud,
neur, ni pour les prébendes. Le pape Ca- sous-doyen de l'Eglise d'Orléans, maltraité
lixte II confirma ce décret par une bulle par l'archidiacre Jean : dans l'autre, il permet
adressée à l'évêque Godefroi, datée de Reims aux chanoines de Chartres de se choisir un
l'an 1119. Godefroi assista en 1128 au concile doyen.
de Troyes, où l'on donna une règle aux cbe- 9. Ce fut à Godefroi de Chartres que Gal- Galfråde
valiers du Temple, avec l'habit blanc. L'an frède le Gros, moine de Tiron, dédia la Vie mon, eriti
1130, il accompagna le pape Innocent II de saint Bernard, fondateur de ce monastère. nard, fonda
dans son voyage d'Orléans à Chartres, et fit, Bernard était abbé de Saint-Cyprien de Poi- bästòre.
en sa présence, un discours dans l'église de tiers dès l'an 1100; mais ayant fait élire un
Maurigny, à la consécration de l'autel de autre abbé à sa place, il se retira avec quel-
saint Laurent. On croit que ce fut vers ce ques disciples en un lieu écarté dans le
temps-là que le pape lui donna la légation bois nommé Tiron, du ruisseau qui l'arrose,
sur les provinces de Bourges, de Bordeaux, et y bâtit un monastère avec l'agrément
de Tours et de Dol, dont il s'acquitta avec d'Yves de Chartres, évêque diocésain, dont
beaucoup d'honneur et d'intégrité, et à ses il reçut la bénédiction. Le monastère de Tiron
frais. C'est le témoignage que lui rendit saint s'accrul en peu de temps par les libéralités
Bernard, au chapitre cinquième du quatrième du comte Rotrou, et devint chef d'une con-

Godefroi, é r&que de Chartres.

moine de Ti

Vie de Ber

teur de ce of Dastère

uite des cuvres d'Hervé, col. 1692-1704,
les éditeurs de la Patrologie reproduisent l'opuscule
sur la contemplation, par Hildebrand le Jeune qui
écrivit aussi des commentaires sur saint Matthieu.
Martène l'avait publié dans le tome IX de son Amplis-
sima Collectio. Cet écrit respire la piété et le plus

tendre amour de Dieu. (L'éditeur.) - ? Gall. Christ.,
tom. VIII, pag. 1134.

3 Lib. II Epist. Godefridi Vindocinensis, in notis ad
Epist. 27, edit. Sirmundi , et tom. XXI Bibl. Patr.,
pag. 101. (Patrol. lat., tom. CLVII, col. 94.]

« ZurückWeiter »