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communica

Sur l'Eu. charistie,

lence, que nous voulons et faisons le bien a dans les écrits 15 de saint Anselme plu-
librement. Il pense encore, comme saint Au- sieurs exemples d'absolutions accordées par
gustin, sur les enfants morts 'sans baptême. lettres avec injonction de quelques péni-
Quant à ceux qui le reçoivent, il enseigne tences, mais on ne doit pas les regarder
que la grâce opère seule en eux le salut 2 comme des absolutions sacramentelles. Les
sans le libre arbitre; que c'est même une prêtres se croyaient obligés 16 de prier pour
grāce de Dieu d'inspirer aux autres, c'est-à- les personnes qui s'étaient confessées à eux.
dire à ceux qui les tiennent sur les fonts de 7. Il n'était pas permis 17 de communiquer sur l'Ex
baptême, de répondre pour eux.

avec les excommuniés, ni à ceux-ci d'assis- tivo,
5. On a vu dans l'analyse de la lettre cent ter aux offices divins. S'ils s'y présentaient,
septième, que saint Anselme enseignait, sans on devait les avertir de leur devoir. Un évé-
aucune ambiguité, le dogme de la transsub- que ne doit point 18 rendre de sentence d'ex-
stantiation. C'est ce qu'il fait encore en plu- communication dans sa propre cause, ni
sieurs autres endroits de ses écrits, où il quand il prévoit que sa sentence sera mé-
déclare 3 qu'il croit fermement que le corps prisée. Il est aussi défendu 19 d'admettre à la
de Jésus-Christ dans l'eucharistie est le profession monastique un excommunié, avant
même qui est né de la sainte Vierge, qui a qu'il n'en ait reçu l'absolution de son évêque.
été crucifié, mis dans le tombeau, ressuscité 8. On observait encore, du temps de saint Sur les Cier
d'entre les morts, qui est monté aux cieux, Anselme, de n'ordonner prêtre un clerc 20
est assis à la droite du Père; que les anges qu'à l'âge de trente ans, suivant le onzième
assistent à la célébration des saints mystè- canon du concile de Césarée. Celui qui avait
res, où Jésus-Christ est lui-même le sacri- été ordonné par un évêque interdit 21, de-
fice * et le sacrificateur, d'une manière admin meurait privé de ses fonctions, mais on ne
rable : et ineffable; et que ce sacrifice est la le réordonnait pas. Si un clerc ou un moine
rémission des péchés 6 tant des vivants que avait fourni 22 à une femme des herbes pour

des morts. Car on priait pour les morts. faire mourir son mari, et que la mort s'en Sor la Coo: 6. On distinguait la confession que le pé- fût suivie, on ne le devait promouvoir ni au

cheur fait de ses péchés à Dieu seul 8, de diaconat ni au sacerdoce. A l'égard des pé-
celle qu'il devait faire au prêtre, quoique chés d'impureté dans lesquels les clercs
celle-ci renfermât l'autre. Il se confessait au étaient tombés depuis leur ordination, si ces
prêtre en secret', mais il lui découvrait tous crimes étaient publics 23, on les interdisait
ses péchés 10, avec les circonstances qui 11 pour toujours de leurs fonctions. S'ils ne les
pouvaient en faire connaitre la grièveté. Il avaient commis qu'en secret, qu'ils s'en fus-
était aussi d'usage de faire des confessions sent confessés secrètement à ceux à qui il
générales 12 de tous les péchés que l'on avait appartenait, et en eussent fait pénitence, il
commis depuis la jeunesse. On ne doutait élait permis de les rétablir dans les fonctions
pas que la confession et la pénitence ne fus- de leur ordre. Ce fut dans le ixe siècle que
sent le moyen d'obtenir de Dieu 13 la rémis l'on commença à distinguer les crimes se-
sion de toutes les fautes que l'on avait com- crets dont les ecclésiastiques s'accusaient
mises. Il se trouvait 14 toutefois plusieurs volontairement, d'avec les crimes publics
personnes qui aimaient mieux mourir sans dont ils étaient convaincus canoniquement,
confession, ou la différer jusqu'à la mort, et que l'on permit aux premiers de repren-
que de passer pour coupables de certains dre leurs fonctions après avoir fait pénitence.
crimes, ou même d'en être soupçonnées. Il y On peut voir là-dessus les capitulaires d'Hinc-

des

festion péchés.

1 Pag. 98. - 2 Pag. 128, 199. 3 Pag. 266. — * Pag. 268.

5 Quanta enim cordis contritione, quanta reverentia et tremore , quanta corporis castitate et animæ puritate istud divinum et cæleste sacrificium est celebrandum, Domine, ubi caro tua in veritate sumitur, ubi sanguis tuus in veritate bibitur, ubi adest sanctorum angelorum præsentia, ubi tu es sacrificium et sacerdos mirabiliter et ineffabiliter! Pag. 268.

6 Sit omnibus vivis et defunctis sacrificium lui corporis et sanguinis remissio omnium peccatorum. Pag. 267. De illo hæc fideliter crede, quod corpus

hoc veraciter corpus illud sit quod de Virgine natum est, quod crucifixum est, quod in sepulcro positum est, quod lertia die a mortuis resurrexit, quod ad cælos ascendit, quod scdet ad dexleram Patris. Pag. 266.

7 Pag. 245, 255. — 8 Pag. 248. - 9 Pag. 332. 10 Pag. 185. – 11 Pag. 182. – 12 Pag. 391. 13 Pag. 168. – 16 Pag. 140, 332. - 18 Pag. 372, 389, 399, 410, 415, 420, 445. 16 Mabill., in Analect., pag. 448. 17 Pag. 332, 400. – 18 Pag. 382. 19 Pag. 425. — 20 Pag. 173, 174. – 21 Pag. 374. 22 Ibid. - 23 Pag. 332.

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Sar la Con

mar' aux doyens de son diocèse, et le Péni- pape nouvellement élu, sans un ordre du
tentiel de Raban Maur. Les anciens canons l'oi.
ne connaissaient point cette distinction. Le 11. L'Eglise est le siége de la majesté 16 de Sur l'Exliso.
pape Urbain II ne permit à Gébéhard, évê. Jésus-Christ. C'est la cité de Dieu. Elle est
que de Constance, d'user d'indulgence en dans le ciel 17 et sur la terre, c'est-à-dire dans
vers les clercs qui n'étaient point notés d’in- les anges et dans les hommes. Hors d'elle on
famie, quoique coupables, qu’à cause de la ne trouve 18 point Dieu. Elle peut être trou-
nécessité de l'Eglise, déclarant ? qu'il ne vou- blée 19 par l'agitation des flots, mais non sub-
lait pas donner atteinte à l'ancienne discipline mergée. Vouloir renverser ses coutumes 20,
qui ne rétablissait jamais les clercs criminels, c'est une espèce d'hérésie. Dieu l'a recojp-
quelque pénitence qu'ils eussent faite. mandée aux princes 21 de la terre pour en

9. Il est de la discipline canonique 3 de ne prendre la défense, non comme un domaine pas laisser une église sans pasteur au-delà béréditaire. Aussi ne leur est-il pas permis de trois mois. Un évêque élu, mais non con- d'en retenir pour eux les dimes ou les autres sacré, n'a point le gouvernement des âmes biens, ni à aucun laïque, sous peine d'être et ne peut le donner aux autres, ni sacrer exclus 22 du royaume du ciel. C'est pourquoi na autre évêque. Le sacre d'un évêque 4 doit les évêques sont obligés de s'opposer 23, lorsse faire par plusieurs, et pour le régime que les princes s'emparent des biens de l'Ed'une église particulière. S'il arrivait donc glise pour les donner à leurs soldals; et lorsqu'un évêque ordonnât seul un aulre évê- que les laïques sont en possession des dimes que, et qu'il ne lui assignât point un lieu ou autres biens de l'Eglise, il est permis 24 de fixe pour exercer son ministère, l'un et l'au- les racheter. tre devraient être déposés. Il ne faut pas 12. On avait consulté saint Anselme 25 sur moins de trois évêques 5 pour l'ordination ce que l'on devait faire lorsqu'on avait dé- sácration des

églises. d'un évêque. On ne doit point le transférer 6 moli le maître-autel d'une église, et lorsque, à un autre siége sans l'agrément du métro- sans toucher au maître-autel, on rétablissait politain, des évêques de la province, sans une partie de l'église, ou on la rebâtissait l'antorité du pape et sans de grandes rai- toute entière. Il lut, avant de répondre, les sons. C'est aux évêques ?, et non aux princes, décrets et les canons, et n'y trouva pas la à panir les fautes commises contre les ca- décision de ces questions. Mais il apprit d'un nons. Un évêque ne peut retenir chez lui 8 certain évêque, que les décrets du pape Euun moine sans le consentement de son abbé, gène portaient, qu'un autel déplacé devait ni lier celui que le pape a absous , ni dé- être consacré de nouveau. Il conféra encore lier celui que le pape a délié.

sur cette matière avec le pape Urbain ll et 10. C'est au pape que Dieu a confié 10 la quelques évêques. Le sentiment du pape garde de la foi et le gouvernement de son était qu'une table d'autel ótée de sa place, Eglise, et s'il arrive dans l'Eglise quelque ne pouvait être ni réconciliée, ni consacrée chose contre la foi catholique, c'est par l'au- une seconde fois, ni servir à un autel; les torité du pape qu'on doit le corriger. Saint évêques étaient d'avis de la réconcilier, mais Anselme l'appelle le seigneur 11 et le père ils ne donnaient point de raisons solides de de l'Eglise universelle, et lui donne quelque- leur sentiment. Tous s'accordaient sur un fois le titre de majesté 12. Il dit que ceux qui poinl, savoir que, quand l'autel principal de refusent d'obéir à ses décrets 13 touchant la l'Eglise a été violé, on doit la consacrer tout religion, désobéissent à saint Pierre, ou entière avec l'autel; parce qu'on ne doit jamême à Jésus-Christ qui a donné à cet apô- mais consacrer d'église, qu'on ne consacre tre le soin de son Eglise; que les décrets en même temps un autel, soit le principal, apostoliques sont préférables 14 aux volontés soit un autre. Ils s'accordaient encore à dire des rois. L'usage s'était introduit en Angle- que si l'on rétablit une partie de l'église, ou terre 15 de ne point reconnaître ni nommer le qu'on la rétablisse toute entière, sans dépla

Sur le Pape.

Hincmar., tom. I Oper., pag. 730, et Morin.,
lib. IV de Pænitentia , cap. xv, num. 14, et not. in
sancti Gregor. Epist ad Secundinum, tom. II, pag. 969.

· Tom. IV Concil. Harduini, part. 11, pag. 1651.
3 Pag. 420. — Pag. 417, 419, 439.
5 Pag. 419. - . Pag. 412. - 7 Pag. 407.

8 Pag. 352. - 9 Pag. 385. – 10 Pag. 41. – 11 Ibid.
12 Pag. 439. – 13 Pag. 391, 430. – 1* Pag. 382.
15 Pag. 381. – 16 Pag. 161. – 17 Pag. 156.
18 Pag. 172. — 19 Pag. 160. — 20 Pag. 141.
21 Pag. 389. – 22 Pag. 433. – 33 Pag. 375.
24 Pag. 424. - 25 Pag. 423.

Jugement des écrits

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cer le grand autel, il n'est pas nécessaire de rationalistes, que de ceux qui, sous prétexte
la consacrer, et l'évêque peut se contenter de fonder la foi, anéantissent la raison.
de la bénir, en y répandant de l'eau bénite. Quant aux premiers, l'ardente sincérité
Saint Anselme en donne pour raison qu'on avec laquelle il soumettait tous les résultats
ne fait point l'autel pour l'église, mais l'é de la pensée et de la science aux règles de
glise pour l'autel; d'où il suit que quand le la foi, à l'autorité de l'Eglise, creuse un
principal autel est violé, l'église est cen- abime entre sa tendance et la leur. Au reste,
sée ne plus exister, et quand cet aulel n'a il semble avoir défini d'avance cette énorme
point été déplacé, l'église subsiste. Il pense distance, lorsque, parlant des rationalistes de
à l'égard de l'autel déplacé, qu'on doit le son temps, il dit : « Ils cherchent la raison,
consacrer de nouveau. Son sentiment sur les parce qu'ils ne croient pas, et nous la cher-
autels portatifs, est qu'il ne faut point en chons, parce que nous croyons 2. Je ne cher-
consacrer qui ne soit attaché. Il convient che pas à comprendre afin de croire, mais je
néanmoins qu'en Normandie, lorsqu'il y crois afin de comprendre 3. Si l'autorité de
était, on ne faisait point difficulté de consa- l'Ecriture sainte répugne à notre sens, quel-
crer des pierres nues et qui n'étaient point qu'inexpugnable que nous semble notre rai-
attachées, et il ne condamne pas cet usage. son, il faut croire cette dernière dépouillée en

ce point de toule vérité 4. Nul chrétien ne doit § xiv.

disputer sur le fait même de l'existence des Jugement des écrits de saint Anselme.

choses que l'Eglise catholique croit et con

fesse; mais seulement, en conservant cette Editions qu'on en a faites.

foi sans atteinte, en l'aimant et en y confor1. On reconnaît dans les écrits de saint mant sa vie, chercher humblement le mode de Saint And Anselme qu'il étail habile philosophe, excel de cette existence. S'il peut la comprendre, vrages théo: lent métaphysicien, et théologien exact. Le qu'il en rende grâces à Dieu; sinon, qu'il ne philo:opbi -" lecteur y apprend à raisonner juste et soli- dresse pas la tête pour s'escrimer contre la

dement; à goûter, en s'élevant au-dessus de vérité, inais qu'il la courbe pour adorer 5, II
l'impression des sens, les vérités purement y a de faux savants qui, avant de s'étre mu-
intellectuelles, et à connaître ce qui fait l'ob- nis des ailes de la foi, dirigent leur vol vers
jet de la foi chirélienne. Ce qui rend ce saint les questions souveraines. Ne pouvant com-
docteur plus admirable, c'est qu'élevé dans prendre ce qu'ils croient, ils disputent contre
ses pensées, subtil dans ses raisonnements, la vérité de la foi que les pères ont confir-
il n'en est pas moins humble dans la façon mée, pareils aux liboux et aux chauves-sou-
de les proposer, alliant la supériorité des ris, qui, ne voyant le ciel que la nuit, iraient
talents avec la solidité de la vertu. Rarement argumenter sur la lumière du jour contre les
il fait usage de l'autorité des pères, quoiqu'il aigles, qui contemplent d'un cil intrépide le
en eût lu plusieurs, surtout saint Augustin, soleil lui-même 6.
et par une méthode peu commune alors, il Les seconds ne peuvent pas davantage
établit par la force du raisonnement les vé- revendiquer saint Anselme. Car il nous sem-
rités révélées, qu'il avail apprises dans leurs ble que le saint docteur n'a pas voulu, au
écrits et dans les divines Ecritores. C'est fond, aller au-delà des questions suivantes :
cette méthode que l'on appela depuis théo. Pourquoi le chrétien interdirait-il à sa raison
logie scolastique. Mais elle ne se trouve point le droit de discuter les fondements du chris-
dans saint Anselme mêlée des chicanes, ni tianisme, c'est-à-dire la preuve des faits,
des termes barbares que les écoles employé pourvu que cette discussion se renferme
rent dans la suite. Tout son but est de mon- dans de justes bornes ? Pourquoi encore la
trer, non qu'on peut arriver à la foi par la raison ne chercherait-elle pas à s'assurer
raison, mais que l'on peut par des raisonne- qu'il n'y a aucune contradiction entre les
ments !, fondés sur les lumières naturelles, vérités qu'elle découvre et les vérités révé-
soutenir et rendre croyables les vérités que Jées ? Pourquoi n'irait-elle pas même jusqu'à
Dieu nous a révélées. (On voit par là que chercher, comme saint Augustin, ou Féne-
saint Anselme est aussi éloigné des purs lon et Bossuet, non pas l'identité, mais de

telme. Ses ou vrages théo log ques et

quos.

par des naturellque che

1 Anselm., lib. I, Cur Deus homo, cap. I, pag. 74.

Illi ideo rationem quærunt quia non credunt, non vero quia credimus. Cur Deus homo, lib. I, cap. II.

3 Proslog. 1.
Concordgrat. et lib. urb., quæst. 3, cap. vi.
De fide Trinitatis, cap. II. — 6 Ibid.

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mystérieuses analogies entre nos facultés in- in-8°. Sommalius ayant revu ces Méditotions
tellectuelles et l'essence divine ?

sur quelques manuscrits, les fit remettre sous
En résumé, saint Anselme a été regardé presse à Douai, chez Beller, en 1607, 1608,
par plusieurs comme le père et le fondateur in-24. Elles y furent réimprimées en 1613 et
de la philosophie chrétienne au moyen âge, 1632. Les autres éditions sont de Lyon, chez
de cette philosophie large qui consommait Simon Rigaud, en 1615, et chez Pierre Ri-
l'alliance de la foi avec la raison, non leur gaud en 1616; de Rouen en 1616, chez Le
divorce. D'un autre côté, ce que le saint doc. Preu; d'Anvers, chez Verdussen, en 1616,
teur pensait et écrivait à la fin du XIe siècle 1617; de Mayence en 1616; de Paris, chez
et au commencement du xuje siècle, ne per- Gautier, en 1626, et chez Sébastien Huré, en
met pas d'accuser son époque d'avoir été un 1634 et 1646; d'Amsterdam, chez Corneille
temps de complète ignorance : car il est cer- d’Egmond, en 1631 et 1649; et de Lyon, chez
tain d'ailleurs, que ses traités de métaphysi- Gayet et Faëlon, en 1660. Ces Méditations
que chrétienne ont été recherchés avidement furent traduites en français par Jean Guitot,
par ses contemporains '.]

de Nevers, et imprimées plusieurs fois en Ses erries 2. Ses Méditations et ses Oraisons sont très- cette langue, comme on l'a dit plus haut. On

édifiantes, remplies d'instructions salutaires, connaît deux éditions des Oraisons de saint
de sentiments de piété et de reconnaissance Anselme, l'une à Rome, par le cardinal d'A-
en vers Dieu. Ce sont proprement des effu- guirre; l'autre à Vérone, en 1726, in-12. (Le
sions de son cœur, qui brûlait d'amour pour traité de lExistence de Dieu, texte latin et tra-
Dieu et pour le salut des hommes. Aussi le duction française en regard, fait partie de la
slyle en est-il tendre, jusque dans les repro- Collection des chefs-d'ouvre des Pères, t. XV.
ches qu'il fait aux pécheurs. On y trouve des M. Denain, bibliothécaire de l'Arsenal, a pu-
pensées mystiques, et on voit, par d'autres blié, en 1849, une nouvelle traduction des
endroits des ouvrages de saint Anselme, qu'il Méditations, avec noles el notice sur Anselme.
aimait à s'en entretenir.

La Connaissance de Dieu, c'est-à-dire le Mono-
Ses lettres. 3. Quant à ses lettres, elles sont courtes logue et le Prosloge, avec ses appendices, a

pour la plupart, d'un style simple, naturel, été traduite par M. Ubaghs, professeur de
clair et concis. Quoique sa latinité soit pure, philosophie à Louvain, texte en regard et
il se sert quelquefois de termes que l'on ne notes au bas des pages; Paris, 1 vol. in-12.
trouverait pas dans les bons auteurs.

M. Bouchitté a fait paraitre, en 1842, in-8°,
Ses vers. 4. Saint Anselme fut du nombre de ceux qui Paris, chez Amyot, une traduction du Mono-

firent éclater leur douleur à la mort de Lan- logue et du Prosloge, avec une introduction
franc. Il composa ? en cette occasion un rationaliste. L'ouvrage porte le titre singulier
poème lugubre en cinquante grands vers ri- de Rationalisme chrétien à la fin du xie siècle,
més, qui ont été imprimés à la suite de la ou Monologium et Proslogium de saint Anselme
Vie 3 de Lanfranc par dom d'Achéry, par dom archevêque de Cantorbéry. L'ouvrage sur la
Mabillon et dans le recueil des euvres de Doctrine du Saint-Esprit a été imprimé à
saint Anselme par le père Théophile Raynaud. Berlin en 1838, 1 vol. in-4°; et le livre Pour-
Ils ne se lisent point dans l'édilion de dom quoi Dieu s'est fait homme a paru á Erlangen
Gerberon, mais on les trouve au tome CLVIII en 1834, 1 vol. in-8°. Le texte des Méditations
de la Patrologie, col. 1049-1057.] C'est le seul fait partie de la Bibliothèque ascétique publiée
poème que nous ayons de la façon de saint à Cologne par Hébelé, 1849-1831.]
Anselme, dont la poésie n'était pas le talent 6. Les éditions générales connues pour les
principal

plus anciennes sont celles de Nuremberg en Eftiess por. 5. Le recueil de ses Méditations fut impri- 1491 et 1494, in-fol. Elles furent suivies de serts de sitt mé sur la fin du xve siècle, in-4', sans nom deux éditions gothiques, sans nom de lieu et

Editions gé. nėrales.

de lieu ni d'imprimeur, et sans date. Josse d'imprimeur, et sans date, in-fol. Celle que Bade le réimprima à Paris en 1510, in-16, et l'on fit à Paris en 1544, chez Guillaume Moen 1521, in-8°. Cette édition fut suivie de rel, est en même forme. On y en fit une secelle de Lyon, chez Antoine Gryphe, en 1578, conde la même année. La première fut diri

tuleres des

Assalae.

1 Dictionnaire de l'Histoire universelle de l'Eglise,
par M. Guérin.

• Orderic. Vital., lib. VIII, pag. 678.
3 Lanfranc. Vita, pag. 17, et tom. IX Actor.,

pag. 656, 657, et tom. XVIII Bibliot. Pat., pag. 620.

On a encore les hymnes sur la sainte Vierge et une petite pièce sur notre Seigneur. (L'éditeur.)

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--

Suite des

gée par Antoine Democarés, et dédiée à Jean donné environ cent lettres de cet archevêque,
de Hangest, évêque de Noyon. On la réim- que l'on ne trouvait pas dans les éditions
prima en la même ville en 1549, et à Venise précédentes. Il a encore augmenté la sienne
en 1568. On doit la seconde à Simon Fon- des ouvrages du moine Eadmer, disciple et
taine, franciscain, qui la dédia à Charles historiographe de saint Anselme, à qui on en
Monsieur, évêque de Nevers. Elle est divisée avait attribué la plupart. [L'édition de 1721
en deux parties, dont la première comprend a été reproduite à Venise en 1744, 2 vol. in-
les commentaires sur les Epîtres de saint Paul, fol., et dans la Patrologie, t. CLVIII et une
et douze homélies sur les Evangiles; la se- partie du CLIX. Les ouvrages renfermés dans
conde, les vrais ouvrages de saint Anselme les suppléments ont été mis à leur place na-
et ceux qui sont supposés. Cette édition, avec turelle, ainsi que les écrits de saint Anselme
celle de 1549, servit de modèle à l'édition de publiés par Martène. On y trouve aussi une
Cologne en 1560, chez Jean Birckman, à la petite poésie intitulée : Salutation à notre
réserve de quelques ouvrages qu'on y ajouta Seigneur Jésus-Christ. Elle est reproduite au
sous le nom de saint Anselme, comme un tome CLVIII, col. 1035-1036, d'après de Levis,
commentaire sur le Cantique des Cantiques, un Anecdota sacra. Un catalogue de Scheuring
sur l'Apocalypse et un sur saint Matthieu. Tous indique une reproduction de l'édition donnée
ces ouvrages furent réimprimés en la même par Gerberon, à Venise 1774. Est-ce une faute?
ville avec ceux de saint Anselme en 1573, Les auteurs que j'ai pu consulter ne parlent
chez Materne Cholin.

point de cette édition.]
7. Jean Picard, cbanoine régulier de Saint- 8. Dom Gerberoa donna, en 1692, un corps Théslog
Victor, revit cette édition et l'augmenta de de doctrine tiré des écrits de ce père, qu'il selme.
plusieurs pièces, entre autres du poème in- intitula : Saint Anselme, archevêque de Can-
titulé : Du mépris du monde, et de l'Elucidu- torbéry, enseignant par lui-même. L'ouvrage
rium; l'enrichit de notes et en fit une nou- est en latin, en un petit volume in-12. Il fut
velle édition à Cologne en 1612, in-fol., chez publié à Delfe, en Hollande, sans nom d'au-
les Cholin. Il s'en fit une autre à Lyon en teur, chez Henri Van-Rhyn. Quelque temps
1630, par les soins du père Théophile Ray- auparavant dom Joseph Saens, connu plus
naud, jésuite, chez Laurent Durand, in-fol. communément sous le nom du cardinal d’A-
La dernière est de dom Anselme Gerberon, guire, fit un commentaire sur les ouvrages
bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. dogmatiques du même père, sous le titre de
Elle parut à Paris en 1675 , chez Louis Bil- Théologie de saint Anselme. Cela fait trois vo-
laine et Jean Dupuis, in-fol. C'est la même lumes in-fol., imprimés d'abord à Salaman-
qui fut réimprimée à Paris, chez Montalant, que en 1679, 1681, 1683; puis à Rome en
en 1721. Dom Gerberon la dédia à Nicolas 1688, 1689 et 1690, avec quelques corrections
Colbert, abbé du Bec. Il a mis en têle une et quelques additions. L'auteur s'était pro-
critique de tous les ouvrages de saint An- posé' de commenter aussi les Méditations et
selme et de ceux qu'on lui a faussement at les Oraisons de saint Anselme, et de faire de
tribués; sa Vie, ses épitaphes, une synopse ces commentaires un quatrième volume, mais
chronologique de ses ouvrages. Quant à l'or- il ne trouva point le loisir d'exécuter son
dre qu'ils tiennent dans cette édition, c'est le projet.
même que nous avons suivi dans l'analyse.
Mais nous devons remarquer que l'éditeur a Bibliot. Eccles. mag., tom. I, pag. 170.

éditions géné rales.

de saint All

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