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tre les erres

d'avoir la foi, et de se convertir à Dieu, il La loi de Moïse n'ordonne-t-elle pas des sa- Lerit., ti, ti
n'est point de salut pour eux, s'ils meurent tisfactions pour les péchés d'ignorance?
sans baptême. Ce sacrement leur donne en 6. La dernière proposition de l'anonyme Cap. F.
quelque façon cette foi, sans laquelle il est regardait saint Bernard, qu'il accusait de
impossible de plaire à Dieu ; et la foi d'au- s'être trompé en disant dans ses bomélies,
trui supplée à celle dont ils ne sont pas que le mystère de l'incarnation n'avait été
capables. »

révélé à aucun ange, avant de l'avoir été à Cap. 11. 4. L'anonyme soutenait, en second lieu, la sainte Vierge. Ce père répond qu'il ne s'é

que les justes de l'ancienne loi qui ont pré- tait pas expliqué affirmativement sur ce point,
cédé l'avènement de Jésus-Christ, connais- et qu'il avait laissé au lecteur le choix des
saient l'avenir aussi clairement que nous qui deux sentiments, dont l'un est que les anges
sommes nés depuis l'incarnation du Verbe, ont connu ce mystère avant son accomplis-
l'enfantement d'une Vierge, la doctrine du sement, l'autre qu'ils ne l'ont pas connu. Il
Sauveur, ses miracles, sa croix, sa mort, sa en prend un troisième qui tient le milieu,
sépulture, sa descente aux enfers, sa résur savoir, qu'il a été révélé aux anges; mais
rection, son ascension. Hugues de Saint- que les circonstances de ce mystère, le temps,
Victor, en rendant compte de cette seconde le lieu, la manière, la personne de qui de-
proposition de l'anonyme, l'avait réfutée so- vait naître le Messie, leur ont été inconnus.
lidement. Saint Bernard n'entreprend donc 7. Le onzième opuscule par lequel saint Traité est-
pas de la réfuter de nouveau ; seulement il Bernard réfute les erreurs condamnées dans d'Abeilard.
ajoute qu'en la supposant vraie, il faut sup- Abaillard au concile que les évêques de
poser dans les anciens justes autant de lu France tinrent à Sens, en 1140, en présence
mières que dans les enfants de l'Evangile, et de Louis-le-Jeune, roi de France, a été mis
plus de grâces; puisque ce n'était ni à la lec- au nombre des lettres dans les éditions an-
ture, ni à la prédication, qu'ils se trouvaient térieures à celles de Horstius et de dom Ma-
redevables de leurs connaissances, mais à la billon. Ce qui nous a engagé à suivre ces
seule onction du Saint-Esprit, qui leur ensei- anciennes éditions, c'est le grand nombre de
gnait toutes choses. Il fait voir que saint Jean- lettres que saint Bernard fut obligé d'écrire
Baptiste, le plus grand d'entre les enfants nés au sujet des nouveautés que ce théologien

des hommes, ayant, de son propre aveu, continuait de répandre. Nous avons rappro..11.3. ignoré quelque chose : Est-ce vous, dit-il à ché ces lettres du traité contre les erreurs

Jésus-Christ, qui devez venir? En attendons- dAbaillard, et donné de suite dans l'analyse
nous un autre? On ne pouvait dire, sans lui générale des lettres, ce qu'il contenait de re-
faire injure, que les justes qui l'ont précédé, marquable '.
aient tout connu. Jésus-Christ ne dit-il pas :

§ XII.
Plusieurs rois et plusieurs prophètes ont souhaitė

Vie de saint Malachie, archevêque d'Irlande.
Loc., 8, 24. vainement de voir ce que vous voyez, d'entendre

ce que vous entendez. Pourquoi ? Parce qu'ils 1. Ce saint prélat désirant depuis plusieurs Vie de saisi
souhailaient de voir pleinement les choses années le pallium, autant pour honorer son dhe vende
dont ils n'avaient que des lueurs et des om- siége, que pour remplir toutes les cérémo-
bres. Saint Bernard dit, d'après le Vénérable nies auxquelles, suivant l'usage de l'Eglise,
Bède, que les anciens justes n'ont connu ni sa qualité d'archevêque l'obligeait, prit le
le temps, ni l'ordre, ni l'économie de la ré temps que le pape Eugène III était en France.
demption, quoiqu'ils espérassent en un ré- Mais ayant été arrêté quelque temps en An-
dempteur.

gleterre par les ordres de la cour, il n'arriva Cap. 16.

5. Il vient à la troisième proposition de à Clairvaux que plusieurs jours après le dé-
l'anonyme, qui n'admettait aucun péché d'i- part du pape pour Rome. Il ne laissa pas de
gnorance. « En cela , dit-il, il se contredit lui- se disposer à le suivre; mais surpris par la
même, puisqu'ayant avancé dans sa première fièvre dans cette abbaye même, il y mourut
proposition, que le précepte du baptême la nuit du second jour de novembre 1148.
donné en secret à Nicodème, obligeait même Saint Bernard écrivit aussitôt aux commu- e

comum Epist. 374. i ceux qui ne pouvaient en avoir connaissance, nautés d'Irlande pour les consoler de la mort

il suit de là nécessairement qu'il y a des pé- de leur archevêque, fit son oraison funèbre Psal. XXIV, 7. cbés d'ignorance. David ne demande-t-il pas

pardou des péchés coinmis par ignorance ? Voyez la lettre 190 au pape Innocent II.

lapde.

contient de re

le jour même de son décès, et écrivit sa Vie 5. Vers l'an 1125, le siége épiscopal de Cap. VIII.
à la prière de l'abbé Congan et de ses reli- Conneret en Ultonie étant venu à vaquer,
gieux, qui étaient de l'ordre de Câteaux. Elle Malachie fut choisi pour le remplir. Il était

fait le douzième des Opuscules de saint Bernard. alors âgé d'environ trente ans. Ce diocèse Ce qu'elle 2. Saint Malachie, né en Irlande l'an 1095 était rempli de chrétiens qui ne l'étaient que marquable. de parents nobles et riches, fut élevé à Ar- de nom. A force de patience et de travaux, Cap. 1. magb, où il fit aussi ses études. Sa mère qui il y établit la même discipline que dans celui

avait beaucoup de piété, s'appliqua à lui d’Armagh.Celse,qui en était évêque, se voyant
faire connaître le vrai chemin qui conduit à près de mourir, déclara qu'il ne connaissait
la vie, persuadée que la vertu serait plus personne plus digne de lui succéder que Ma-
utile à son fils, que la connaissance des bel- lachie. Il commanda même au roi et aux x.
les-lettres. Malachie fit des progrès dans l'une grands du royaume, par l'autorité de saint
et dans l'autre. S'étant mis sous la conduite Patrice à laquelle on ne savait pas résister,
d'un saint lomme nommé Imarius, il mena parce que ce saint avait été l'apôtre de la na-
avec lui une vie très-austère, jeûnant sou- tion, de ne point en élire d'autre. Il fut en effet

vent, passant les jours et les nuits en prières, choisi; mais son siége fut usurpé par un nommé
11. Celse, archevêque d'Armagh, l'ordonna dia- Maurice, qui s'y maintint par force pendant

cre, et ensuite prêtre ; mais il fallut user de cinq ans. Il était d'une certaine famille qui
contrainte pour l'engager dans les ordres. Il avait possédé cet archevêché près de deux
reçut le diaconat avant la vingt-cinquième cents ans, par droit d'hérédité.
année de son âge, et la prêtrise avant la 6. Saint Malachie ne prit possession d'Ar ami.
trentième. C'était contre les canons. Son mé- magh qu'en 1133. Il y rétablit la paix et les
rite l'en fit dispenser.

mours; puis ayant remis cette Eglise à Gé111. 3. L'archevêque le fit son vicaire, et le lase, homme digne de la gouverner, il alla

chargea de l'instruction d'un peuple aussi prendre soin de celle de Doune, qui faisait
barbare qu'ignorant. Malachie l'instruisit, le auparavant partie de son ancien évêché,
polica ; et comme il avait appris le chant c'est-à-dire de Conneret, qu'il avait depuis par-
dans sa jeunesse, il l'enseigna aux clercs et tagé en deux, ainsi qu'il l'avait été autrefois.
aux simples fidèles, l'établit pour les heures Voulant confirmer ce démembrement et ob- xv.
canoniales, introduisit les coutumes de l'E- tenir le pallium pour le siége archiepiscopal
glise romaine, mit en vigueur les décrets des d'Armagb,auquel on ne l'avait jamais accordé,
saints pères et les constitutions apostoliques, il fit le voyage de Rome vers l'an 1139. Le
l'usage de la 'confession, le sacrement de pape le reçut avec honneur, lui accorda une

confirmation, et la règle dans les mariages. partie des grâces qu'il demandait, et le fit
19. Pour se perfectionner dans la discipline de son légat dans toute l'Irlande.

l'Eglise en l'administralion des sacrements, 7. Ce voyage lui permit de voir deux fois
il alla consulter Malc, évêque de Lesmor en Clairvaux, où il laissa quatre de ces disciples
Moumonie, et demeura quelques années pour en apprendre l'institut. De retour en
avec lui.

Irlande, il y tint plusieurs conciles en qualité
4. Cependant ayant eu avis de la mort de de légat, et fit divers règlements pour le ré-
sa seur, il offrit pour elle le sacrifice de tablissement de la discipline. Il en sera parlé
l'autel, et Dieu lui fit connaître que ses priè- dans la suite. Son exemple et ses miracles
res avaient eu leur effet. Depuis son retour donnaient beaucoup d'autorité à tout ce qu'il
de Lesmor, il rétablit le inonastère de Ban- ordonnait pour la réformation des mours.
cor ruiné par les pirates, qui y avaient mas 8. S’étant mis en chemin une seconde fois

sacré en un seul jour jusqu'à neuf cents pour Rome en 1148, il tomba malade à Clair-
vi, moines. Saint Malachie, content de rétablir vaux. Les frères s'empressèrent à l'envi pour

le monastère, en abandonna à d'autres la le soulager. Mais sachant que son heure était
possession et les biens, par zèle pour la pau. proche, il leur dit : « C'est ici le lieu où doit
vreté. Saint Bernard ne l'approuva pas en reposer mon corps. Pour ce qui est de mon
cela, et l'évènement fit voir qu'il aurait mieux âme, Dieu, qui sauve ceux qui espèrenl en
fait de retenir le tout.

lui, en prendra soin, s'il lui plait. » Il ajouta,

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XVII.

XIX.

XXII.

i Usum saluberrimum confessionis, sacramentum confirmationis, contractum conjugiorum, quce omnia

XIV.

aut ignorabant, aut negligebant, de novo instituit Ma-
lachius. Vila, cap. III.

31

saiat Bernard

qu'il n'avait pas peu ' de confiance au jour nom dans le diocèse de Senlis ; ou enfin que
où les vivants rendent tant de bons offices Gui de Charlieu dans le diocèse de Besançon
aux morts, voulant parler du jour auquel est appelé auteur de cet écrit, parce qu'il
l'Eglise fait la commémoration de tous les avait eu part à la correction du chant et de
fidèles défunts, et qui fut en effet celui de sa l'antiphonier.
mort. Mais avant qu'elle arrivât, il se fit ad 2. Saint Bernard dit en effet dans sa lettre Lettre de
ministrer l'extrême-onction, ensuite le viati- que l'Antiphonier copié par les premiers pė.
que, se recommanda aux prières de la com- res de Citeaux sur celui de l'Eglise de Metz,
munauté, pria pour elle, imposa les mains à qu'on disait être le même que le grégorien,
tous les frères présents, et leur donna sa bé- se trouva si défectueux, que le chant en étant
nédiction, Saint Bernard et plusieurs abbés insupportable, les abbés de l'ordre lui don-
l'assistèrent à la mort, qui arriva, comme on nèrent mission de le corriger; qu'il assem-
l'a déjà dit, le 2 novembre 1148, dans la cina bla, pour cet effet, ceux de ses confrères qui
quante-quatrième année de son âge.

passaient pour habiles dans le chant; et que
9. Il est parlé de la Vie de saint Malachie leur nouvel Antiphonier ayant été approuvé
faite par saint Bernard, dans la bulle de ca- dans le chapitre général, il fut ordonné à
nonisation de cet archevêque, datée de la tous les monastères de s'en servir. Il déclare
troisième année du pontificat de Clément III, dans la même lettre, que ceux qui avaient
c'est-à-dire en 1190.

corrigé l'ancien antiphonier, avaient aussi

rendu compte dans une préface, ou dans un § XIII.

traité (spécial], des changements faits pareux. Traité du Chant ou de la Correction de l'Anti

Et c'est ce qui prouve encore que ce traité

appartient à plusieurs personnes, et qu'on a phonier.

pu l'attribuer tantôt à Gui de Charlieu, tantôt Traité du 1. Le treizième et dernier des opuscules à un abbé ou religieux de Longpont.

de saint Bernard dans le second tome de ses 3. Par ce qu'on vient de dire, il paraît hors Saint Bar
cuvres, est intitulé : du Chant ou de la Cor- de doute que l'Antiphonier de Citeaux fut l'Antiphone
rection de l'Antiphonier 2. Il est précédé d'une corrigé par saint Bernard avec l'aide de ses
lettre que les manuscrits attribuent à ce saint confrères. Cependant il y en a qui préten-
abbé, et qui est en effet de son style. Mais dent que cette correction ne se fit pas de son
en d'autres manuscrits, la préface porte le vivant. La raison qu'ils en donnent, c'est

nom de Gui, abbé de Charlieu dans le dio- qu'il semble par les premiers mots de la Epist. 197. cèse de Besançon, le même que saint Ber- lettre qu'on lit à la tête de ce traité, et qui

nard recommanda à Pierre, doyen de cette porte le nom de saint Bernard, que l'on ne
Eglise, dans une de ses lettres. Il paraît travailla à la correction de l'Antiplionier, que
néanmoins que l'auteur de cette préface, ou longtemps après l'établissement de l'ordre
du traité du Chant, car c'est la même chose, de Citeaux. Mais, outre que ces mots sont
ne demeurait pas dans le diocèse de Besan- susceptibles d'un sens contraire, l'auteur de
çon, puisque sur la fin il appelle ses compro- la Vie d'Etienne, abbé d'Obazin, qui écrivait
vinciales les Eglises de Reims, de Beauvais, sur la fin du XIIe siècle, lève toute difficulté,
d'Amiens et de Soissons, et qu'en parlant de en disant 3, que saint Bernard fut chargé par
l'Antiphonier de Soissons, il dit : « Nous l'a un décret commun des abbés de Citeaux, de
vons, pour ainsi dire, à notre porte. » Cela corriger les livres en usage dans l'ordre pour
fait conjecturer à dom Mabillon, ou que l'au- les offices divins; et qu'il les corrigea, en
teur du traité était de l'abbaye de Longpont, effet, secondé de ceux qui possédaient le
qui n'est pas éloignée de Soissons ; ou que chant 4.
par Gui, abbé de Charlieu, il faut entendre 4. L'Antiphonier ainsi corrigé, fut imprimé Autres con
un autre Gui, abbé d'une abbaye de même à Leipsick en 1517, chez Michel Lother; en-

Chapt.

de Cileen

rections adri baées å si Bergard.

1 Nec parun spei repositum mihi in die illa qua mortuis tanta a vivis beneficia impenduntur. Nec longe aberat dies ipsa, cum talia loqueretur. Interea jubet se sacro oleo ungi..... ungitur et sancto viatico, fratrum se orationibus, et frutres commendans Deo, ud lectum revertitur. Vita Malachiæ, cap. XXXI, num. 71.

2 Mabillon.,præfat. in Opuscul. XIII. - Vita Stephani,

lib. II, cap. XIII, apud Baluzium, tom. IV Miscellan.

"Oudin prétend que le traité de la Correction du chant de l'ordre de Citeaux, appartient à Gui, abbé de Charlieu, et il appuie son sentiment sur l'autorité d'un manuscrit. Voyez tome CLXXXI de la Putrologie, col. 1719. L'ouvrage est reproduit au tome CLXXXV, col. 1121. (L'éditeur.)

De sont pas

Bard.)

de ses ser

jours il précbait.

(Ecrits ren- suite dans le Supplément des Pères, par Jac- style, ou pour la variété des sentiments; soit
le tome li qui ques Homey, augustin, à Paris en 1686, pour la sublimité des pensées, ou pour l'onc-
de saict Her. in-8°, avec la lettre de saint Bernard; et dans tion et la tendresse des expressions.

le recueil des cuvres de ce père par dom 2. Mais au lieu que les pères de l'Eglise Caractère
Mabillon, à Paris en 1666, 1690, 1719 ; mais avaient à parler à des personnes de toutes mons:
ce dernier éditeur n'a pas cru devoir grossir conditions, saint Bernard n'avait entre ses
son recueil de quelques autres écrits que le auditeurs que des hommes la plupart très
père Homey a mis dans son supplément, éclairés dans les choses spirituelles, et dans
sous le nom de saint Bernard ; savoir, un les divines Ecritures ; qui avaient vécu dans
traité de la Manière de chanter le graduel de le monde avec distinction, autant par leur
Citeaux, un autre des Tons, au nombre de naissance, que par leurs qualités personnel-
huit. Il n'est fait aucune mention de ces deux les. Voilà, ce semble, la raison de la diffé-
traités dans la leltre de saint Bernard, mais rence qu'il y a entre ses sermons et ceux des
seulement de l'Antiphonier. Dom Mabillon autres pères de l'Eglise, On convient toutefois
rejette aussi les autres, opuscules publiés par qu'il y a dans sa façon de prêcher moins
le père Homey comme de saint Bernard. Ce d'art que de naturel ; mais son style esl vif,
sont des expositions morales, en partie affec- agréable, propre à remuer le coeur, à entre-
tives, en partie speculatives, la plupart sur di- tenir la ferveur et la piété.
verses circonstances de la vie de Jésus-Cbrist; 3. Suivant le soixante-septième chapitre Eno
un petit traité du Corps du Seigneur, un livre des Us de Citeaux, on ne prêchait dans l'ordre bai.
des Louanges de la sainte Vierge. Le même qu'aux fêtes principales de l'année, le di-
père a donné la continuation des commen- manche des Rameaux et le premier diman-
taires sur le Cantique des Cantiques, par Gille- che de l'Avent. Ces Us ne parlent pas des
bert de Hoillande. (On a aussi publié dans sermons pour les fêtes ordinaires, ni pour
l'édition de l'an 1719 le Speculum monachorum les féries. Mais saint Bernard prêchait très-
d'Arnoul, moine de Boéri, de l'ordre de Ci- souvent, même en ces jours-là. D'où vient
teaux, au diocèse de Laon. Il est reproduit que dans son premier sermon sur la Septua-
au tome CLXXXIV de la Patrologie.] Fabricius gésime, il dit à ses frères : « Je vous parle
cite' plusieurs traités de chant ou de musique, souvent, contre la coutume de notre ordre 3. »
d'un autre Bernard ou Bernon, abbé de Rei- Il en donne pour raison, sur la fin de son
chenow, mort en 1048, et d'un moine de dixième discours sur le psaume xco, que les
même nom qui mourut vers l'an 1180. Entre abbés de son ordre l'y avaient engagé ; que
ces traités, il y en a un sur les Tons, et un sur sa santé ne lui permettait pas de s'occuper
l'Antiphonier.]

du travail des mains, et qu'il y étail poussé
§ XIV.

par son zèle pour l'avancement de ses frères

dans la perfection évangélique.. Des ouvrages de saint Bernard contenus dans

4. Quand il n'en était pas détourné par les troisième et quatrième tomes.

des occupations indispensables, il prêchait le de

matin après prime, ou avant la messe, ou le 4u
cite des 1. Les sermons ou bomélies des pères de soir avant complies. Il y avait à Clairvaux
at Bergard. l'Eglise sont, pour l'ordinaire, moins bien des frères laïques, qui, n'ayant pas la tonsure

travaillés que leurs autres ouvrages?, soit cléricale, assistaient au chæur avec les reli-
parce qu'ils faisaient souvent ces discours gieux clercs. Ces frères laïques étaient diffé-
sur-le-champ, n'ayant pas le loisir de les rents des convers, mais également sans let-
préparer ; soit à cause que n'ayant pour but tres, et ne sacbant d'autre langue que celle du
que d'instruire les peuples des mystères de pays. Comme il n'est pas douteux qu'ils n'as-
la foi et des règles de la vie chrétienne, ils sistassent aux sermons de saint Bernard, on
affectaient un style commun et plus popu- pourrait en conclure qu'il les prononçait dans
laire. Il n'en est pas ainsi des sermons de la langue vulgaire, que l'on appelait par cor-
saint Bernard. Ils ne cédent en rien à ses ruption la romaine; d'autant que l'on trouve
autres ouvrages, soit pour la vivacité du chez les feuillants, à Paris, des sermons de

A quelles beures il procbait, et dans quelle langue,

1 Fabricius, Bibliot. latin., mediæ latinit., tom. I, pag. 630, 643.

9 Mabillon., præfat. in tom. III. 3 Mabillou., ibid.

en latin.

des Saints

saint Bernard écrits en cette langue, et dont pour le Carême; dix-sept sur le psaume xce
le manuscrit et le langage peuvent remonter Qui habitat, prononcés pendant le Carême;
au temps de cet abbé.

trois pour le dimanche des Palmes; un pour !! prêchait 5. Mais on ne laisse pas d'être persuadé le Mercredi-Saint; un pour le Jeudi-Saint;

que ce manuscrit est postérieur à saint Ber- trois pour le jour de Pâques; deux, sur l'Oc-
nard, et que les sermons qu'il renferme ne tave de Pâques; un pour les Rogations; cinq
sont qu'une traduction ". On le prouve par pour la fête de l'Ascension; trois pour celle
l'inscription même du manuscrit, qui est en de la Pentecôle; un pour le quatrième di-
ces termes : « Ci commence li Sermon saint manche d'après cette solennité; trois pour
Bernaut. » Ceux qui, de son temps, recueil- le sixième; cinq pour le premier dimanche
laient ses sermons, l'appelaient-ils saint à la de novembre.
tête de leur collection? Les chartreux rece- 8. Nous avons deux sermons sur la Con- Sermans
vaient, comme les cisterciens, des frères version de saint Paul; trois sur la Purification
laïques; toutefois, ils prononçaient leurs dis- de la sainte Vierge; un pour la fête de saint
cours publics en latin, comme ils le font en- Victor, confesseur, avec l'office du même
core. Mais ce qui montre que saint Bernard saint composé par saint Bernard, à la prière
prêchait en lalin à ses religieux de chaur, et de Gui, abbé de Montier-Ramey; le panégy-
que les copistes nous les ont transmis en la rique de saint Benoît; trois discours pour la
même langue qu'ils les avaient ouïs, c'est la fête de l'Annonciation; un sur celle de saint
conformité du style avec ses autres écrits, Jean-Baptiste; un pour la veille des apôtres
ce jeu continuel, mais naturel des termes la- saint Pierre et saint Paul; trois pour la fête;
tins, dont il forme d'ingénieuses antithèses : quatre sur l'Assomption de la sainte Vierge;
c'est enfin le témoignage même de saint un sur sa Nativité; deux pour la fête de saint
Bernard, qui, parlant de ses discours sur le Michel; cinq pour celle de tous les Saints;
Cantique des Cantiques, dit ? qu'ils ont été deux sur la mort de saint Malacbie; un sur
écrits, ainsi que tous ses autres sermons, dans saint Martin; un sur saint Clément, pape et
le même style, ou la même langue qu'ils martyr; un pour la veille de saint André;
avaient été prononcés.

deux pour la fête; un sur la mort de dom Il prêchait 6. A l'égard de ses discours aux frères Humbert, moine de Clairvaux; six pour la en langue vul. convers, ou aux séculiers, il paraît certain Dédicace de l'Eglise.

qu'il les faisait en langue vulgaire, c'est-à- 9. Les sermons sur divers sujets sont au Sermos as
dire la romaine ou gauloise. Il s'en servait nombre de cent vingt-cinq. Il y en a sur l'in- jets.
également lorsqu'il prêchait la croisade en certitude et la brièveté de la vie; sur l'obéis-
Allemagne; et parce que cette langue y était sance, sur le cantique d’Ezéchias, et sur plu-
peu commune, un interprète rendait en alle sieurs autres endroits de l'Ecriture, tant de
mand ce qu'il avait dit en gaulois. Ces faits l'Ancien que du Nouveau Testament; sur le
sont attestés par les historiens 3 de sa vie et Baptême; sur les dons du Saint-Esprit, et
de ses miracles.

sur quantité d'autres sujets différents. Ces
7. Les sermons de saint Bernard sont di- discours sont suivis de quarante-trois sen-
visés en trois classes, dont la première con- tences, ou passages tirés de l'Ecriture, avec
tient ceux que l'on appelle du Temps ; la se- les explications de saint Bernard; de cinq
conde, ceux des Saints, ou les Panegyriques; paraboles, dont la première seule parait être
la troisième, ceux qui sont sur divers sujets. de saint Bernard. Elle traite du combat spi-
Parmi les sermons du Temps, il y en a sept rituel. La formule d'une confession particu-
sur l'Avent; quatre sur ces paroles : l'ange lière n'a rien d'indigne de saint Bernard.
Gabriel fut envoyé; six pour la veille de Noël; 10. Pressé par Bernard, religieux de la Sermon
cinq pour le jour de la fête; un sur les saints Chartreuse des Portes, d'expliquer le Canti- que des a
Innocents; trois sur la Circoncision du Sei- que des Cantiques, il commença pendant l'a-
gneur; trois sur l’Epiphanie; un pour l'Oc- vent de l'an 1135, comme on le voit par
tave; deux pour le premier dimanche après l'exorde du second discours 4. La faiblesse
l'Octave; deux pour la Septuagésime; sept de sa santé l'obligea d'interrompre le qua-

gaire.

sur divers :

Sermons du Temps.

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sur le CL

1 Mabillon , in præfat.
2 Serm. 54 in Canticum, num. 1.

3 Vita Bernard., lib. VII, cap. XXIII, et lib. VI de Miraculis, num. 16. — " Mabillon., præfat, in Cantic.

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