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ristie,

Ecrits de

nouvelle édition, ni dans celle du père Chif- ses disciples. C'est donc au nom de cette ter-
flet, qui l'a fait entrer dans sa dissertation rible Majesté que je te commande de sortir de
sur la noblesse de l'extraction de saint Ber- cette femme. » Le démon fut contraint d'o-
nard. A la suite des deux livres de Jean l'Her- béir et d'avouer par sa fuite quelle puissance
mite, dom Mabillon a mis le poème du moine et quelle efficacité résident dans les divins
Philothée, intitulé : de la Vie et des moeurs de mystères. La liberté de l'esprit et celle des
saint Bernard, quelques autres pièces en vers sens furent rendues à celte dame, sa figure
à la louange de ce saint, la description de changée et la tranquillité de son âme rétablie.
l'emplacement du monastère de Clairvaux, le Tout Milan fut témoin du miracle. Le même
discours prononcé à son anniversaire par écrivain raconte que saint Bernard eut aussi
l'abbé Geoffroi, sa lettre au cardinal d'Albe, recours à l'eucharistie pour vaincre l'obsti-
son opuscule contre Gilbert, évêque de Poi, nation de Guillaume, duc d'Aquitaine, dans
tiers, sa lettre à Josbert, contenant quelques le schisme, et pour le faire entrer dans des
remarques sur l’Oraison domicale, les Actes vues de paix et de conciliation, qu'il avait
de la canonisation de saint Bernard, et les toujours rejetées. Nous avons rapporté ses
témoignages que l'on a rendus à son savoir paroles dans l’abrégé de sa vie, et nous nous
et à sa vertu.

contenterons de transcrire 2 ici en latin celles Doctrine de 32. Les historiens de sa Vie et de ses mi- qui attestent sa croyance sur la réalité du sur l'Eucba- racles en ont rapporté des circonstances dont corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eu

il est important de faire ici mention, parce charistie.
qu'elles sont des preuves évidentes de sa foi

& XVI.
sur la présence réelle dans l'eucharistie. Ar-

De quelques écrits de saint Bernard, publiés
naud de Bonneval dit que saint Bernard étant
à Milan pour les affaires de l'Eglise, on lui

depuis la dernière édition de ses auvres.
amena par force une dame de cette ville pos- 1. Les écrits de saint Bernard dont nous
sédée du démon, qui l'agitait şi violemment, avons parlé jusqu'ici, se trouvent dans le saint Bernard
que dans le temps de ses convulsions, elle même ordre dans la dernière édition, qui a mise l'adilica
ressemblait plutôt à un monstre qu'à une été faile par dom Mabillon, et que l'on a mise
femme ; que le saint abbé offrit pour elle le plus d'une fois sous prssse, savoir, en 1666,
saint sacrifice dans l'église de saint Ambroise, 1690 et 1719, à Paris. C'est à cette dernière
et qu'après l'Oraison dominicale ayant mis le que nous nous en sommes tenus. Depuis ce
corps, sacré de Jésus-Christ sur la patène qu'il temps, dom Martène et dom Durand ont pu-
tint élevée sur la tête de la possédée, il parla blié plusieurs lettres de ce père et quelques-
ainsi au démon: «Voici ton juge, ô méchant uns de ses opuscules ou d'autres monuments
esprit, voici celui à qui appartient le souve- qui intéressent son histoire.
rain pouvoir, Résiste-lui, si tu le peux. Voici 2. Dans le premier tome de leur Grande

Lattres de celui qui, peu de temps avant de souffrir Collection, ils ont donné, sur un manuscrit de saint Bore la mort pour notre salut, a dit : C'est main- Saint-Vaast d'Arras, trente-cinq lettres adres- Amplies.coltenant que le prince du monde va être chassé sées à diverses personnes. Dans la première, pag. 726. dehors. C'est " ici le même corps qu'il a pris Saint Bernard exhorte deux personnes made celui de la Vierge, le même qui a été riées, le mari et la femme, à la pratique des étendu sur le bois de la croix, qui a été mis bonnes cuvres, surtout de l'aumône; en leur dans le tombeau, qui est ressuscité d'entre représentant que Dieu n'avait rendu le temps les morts, qui est monté au ciel à la vue de présent si fâcheux aux pauvres, qu'afin que

pobles depuis la dernière édition de ses auvres, Pag 740.

* Expleta Oratione dominica efficacius hostem ago cap. III, pag. 1112. — ° Vir Dei jam non se agens greditur vir beatus. Patence siquidem calicis sacrum ut hominem, corpus Domini super patenam ponit et Domini corpus imponens, et mulieris capiti superpo secum tollit, atque ignea facie et finmmeis oculis non nens, talia loquebatur :.., « Hoc illud corpus quod de supplicans, sed minax foras egreditur, et verbis terricorpore Virginis sumptum est; quod in stipite crucis bilibus aggreditur ducem : « Rogavimus te, inquit, extensum est; quod in tumulo jacuit; quod de morte et sprevisti nos..... Ecce ad te processit Filius Virginis surrexit; quod videntibus discipulis ascendit in coe qui est caput et dominus Ecclesiæ quam tu perselum : In hujus ergo Majestatis terribili potestate, queris..... Numquid et ipsum spernes? numquid et tibi, spiritus maligne, præcipio ut ab hac ancilla ejus ipsum sicut servos ejus contemnes ?.....» Videns comes egrediens contingere eam deinceps non præsumas.... » abbatem in spiritu vehementi procedentem et sacratisFuguto diabolo, mulier mentis suæ compos effecla, red- simum Domini corpus ferentem in manibus, expavit.... ditis cum ratione sensibus, Deum confessa gratias et quasi amens solo provolvitur. Idem, ibid., cap. vi, egit, etc. Arnald. Bonævallis, lib. H Vit. Bernardi, pag. 1122.,

nard, tom. I

lect. Marten.,

Pag. 730.

Pag. 743

les riches en prissent occasion de s'amasser fallait que deux pour aller reconnaître le lieu
plus facilement un trésor dans le ciel. Dans où l'on voulait bâtir le nouveau monastère,
la septième, il fait des reproches à l'évêque et que ces deux moines partiraient au premier
de Troyes d'avoir conféré un archidiaconé à ordre du roi. Par la vingt-huitième, il prie le
un enfant qui ne savait pas encore se gou- roi de France de lui permettre de ne pas ac-
verner lui-même. La huitième est à un abbé quiescer à l'élection qu'on avait faite de lui
qui s'appliquait à rétablir son monastère. pour remplir le siége archiépiscopal de
Saint Bernard l'exhorte à y faire refleurir Reims, vacant, ce semble, par la mort de
aussi les bonnes moeurs et l'hospitalité. Par Renaud.
la dixième, il détourne un de ses amis de re- 6. Pendant la famine qui régna presque pe su
cevoir un bénéfice de la main d'un militaire, partout en 1146, saint Bernard écrivit à ses Epist. 20.
disant qu'on n'en doit recevoir que de la main frères, non-seulement de soulager de leur
de son évêque.

substance les pauvres, mais d'y exciter en130. 3. Après la mort d'Hildebert, archevêque core les autres. Trois ans après, c'est-à-dire

de Tours, arrivée le 18 décembre 1136, le en 1149, il écrivil à la reine et tante de l'em-
chapitre choisit canoniquement Hugues, re- pereur des Espagnes, que la communauté de
commandable par sa noblesse et par sa pru- Clairvaux l'avait associée, et avait consenti
dence. Mais il fut troublé dans son élection que l'on fît pour elle pendant sa vie, la même
par un nommé Philippe. Il y eut procés entre chose que pour un religieux du monastère. Il
les deux contendants. Le pape Innocent II la pria par la même lettre, qui est la trente-
délégua saint Bernard pour le terminer. C'est quatrième, d'apaiser un différend survenu
le sujet de sa lettre à ce pape, à qui il fait entre les religieux du monastère de Careda
connaître la nullité de l'élection de Philippe. et ceux du monastère de l'Epine, ou de le
Il lui en écrivit six autres en faveur de l'évès faire juger par les évêques diocésains.
que Hugues. Quand il se présentait à Clair- 7. La lettre trente-cinquième est une rée par
vaux quelqu'un dont les forces n'étaient ponse à celle que saint Bernard avait reçue
pas suffisantes pour soutenir l'austérité de la de l'évêque d'Albane, qui lui demandait son
vie qu'on y menait, il l'adressait à quelque homélie sur le fermier d'iniquité dont il est
abbé d'un ordre plus doux. C'est ce que l'on parlé dans saint Luc. Le saint abbé la lui en-
voit par la vingt-unième lettre. Mais il ne les voya avec un petit couteau à manche d'ivoire
envoyait, qu'après avoir éprouvé leur voca- appelé Quinivers. Ces lettres sont suivies de
tion.

quelques notes, ou observations des éditeurs, 786. 4. Consullé par un de ses amis sur les qua- sur les inscriptions de plusieurs lettres de

lités d'un jeune homme qui recherchait le l'édition de dom Mabillon. Ils remarquent,
mariage avec une personne de la première par exemple, que la lettre soixante-sixième,
considération, il ne fit aucune difficulté de dans cette édition, s'adresse à Geoffroi, abbé
dire à cet ami le mal qu'il connaissait en ce de Saint-Médard, au lieu que dans quatre
jeune homme, et l'éloignement qu'il lui sa- manuscrits différents, elle est adressée à
vait pour le bien. La lettre suivante, qui est Geoffroi, abbé de Saint-Thierry; que la deux
la vingt-cinquième, regarde un moine sorticent soixante-quatorzième dans dom Mabil-
de son monastère pour aller consulter saint lon est à Guy, abbé de Trois-Fontaines,
Bernard sur l'obligation qu'il se croyait d'ac- quand il était à Rome; mais que dans deux
complir le væu, qu'il avait fait d'abord, d'en- manuscrits, l'un de Liége, l'autre d'Orvalle,
trer dans un monastère différent de celui où elle est à Hugues, évêque, touchant le pré-
il avait fait profession. La décision fut que le vôt d'Auxerre. Ces observations, et plusieurs
premier veu n'ayant pas été fait publique- autres, que l'on doit à dom Martène et à dom
ment, et les deux monastères étant d'une Durand, pourront trouver place dans une
même observance, il devait rester dans celui nouvelle édition de saint Bernard.
où il était engagé pour lors.

8. Ils ont aussi découvert une hymne de
5. La vingt-sixième lettre à Amédée, abbé ce saint en l'honneur de saint Malachie, ar- saint Mala

chie, p. 746. de Haute-Combe, est pour le prier de faire chevêque d'Irlande, et mort à Clairvaux. En ses excuses au roi de Sicile, de ce qu'il ne la comparant avec celles que saint Bernard lui avait point envoyé de ses religieux; de a failes pour saint Victor, on y reconnaît ailui dire qu'ils étaient prêts à partir, lorsqu'on sément le même génie. était venu lui annoncer de sa part qu'il n'en 9. Enfin, nous leur sommes redevables de Lele

Hymne ser ta roi Louis.

738.

ticulières de ses ouvrager,

des écrits de

leari,, frère la découverte d'une lettre de saint Bernard, écrits des pères : quoiqu'il en suive la doc

ou des moines de Clairvaux qui l'accompagnè- trine, il la propose d'une manière qui lui est
rent dans son voyage d'Allemagne, à Henri, propre. Il s'étend peu sur la discipline de
novice en cette abbaye, frère du roi Louis'. l'Eglise. Son goût était décidé pour la mo-
Cette lettre était à la tête du recueil des mi- rale, la spiritualité et l'allégorie.
racles que saint Bernard avait faits en Alle- 2. On a su dans tous les temps apprécier Editions pa
magne. Ce recueil, dans les éditions de ses le mérite des ouvrages de saint Bernard.;
@uvres, est adressé à Samson, archevêque Avant l'invention de l'imprimerie, il s'en fit
de Reims; mais il est vraisemblable que les des copies sans nombre. Depuis, on les a mis
compagnons de saint Bernard l'envoyèrent très-souvent sous presse. La première édi-
d'abord à ce jeune prince qui s'était fait no- tion est celle de Mayence, en 1475, par Pierre
vice à Clairvaux, soit pour lui faire plaisir, Schoyffer. Elle ne comprend que les sermons
soit pour sa consolation et celle de tous les du Temps , ceux des Saints, et de divers
frères, et qu'ensuite ils l'adressèrent à l'ar- sujets, avec le livre aux chevaliers du Tem-
chevêque de Reims. Cette lettre se trouve ple, et quelques opuscules faussement attri-
dans le tome 1er des Anecdotes, imprimé à Paris bués à saint Bernard. On met pour la se-
en 1717.

conde, celle qui se fit à Rouen, sans date, et
S XVIJ.

où l'on fit entrer trois de ses principaux

écrits; les livres de la Consideration; l'Apo-
Jugement des écrits de saint Bernard. Cata-
logue des éditions qu'on en a faites.

logie à Guillaume de Saint-Thierry, et le

traité du Précepte et de la Dispense. Dans celle Jogement 1. Plus on lit les écrits de saint Bernard, de Bruxelles en 1481, on ajouta aux sermons talat bero plus on en admire les beautés. L'on y voit du Temps et des Saints, des lettres de saint

d'un côté reluire la doctrine, le zèle, la piété; Bernard. Cette édition est sans nom d'édi-
de l'autre, briller un esprit naturellement teur et d'imprimeur. Celle de Paris, en 1494,
noble, vigoureux, sublime; mais doux, com- est de maître Rouauld, docteur en théologie.
plaisant, poli, et une éloquence sans enflure On y trouve trois cent dix lettres avec les
et sans fard, plus embellie des grâces de la sermons sur les Cantiques. Il s'en fit une à
nature, que de l'art. Son style est vif, serré, Bresce, en 1495; une à Spire, en 1501; et
plein d'onction, varié, suivant la différence deux ans après, une à Venise. On donna
des matières et des sujets. Ses pensées sont place dans celle de Bresce aux homélies sur
élevées; ses sentiments ne respirent que la Missus est. (Le livre de la Considération a paru
vertu; tous ses discours portent à Dieu, et à à Rome en 1749, avec un commentaire
l'amour des choses célestes. Il ne cherche adressé au pape Benoît XIV, par les soins de
qu'à échauffer le cæur, et non å le brûler. Sianda, abbé de l'ordre de Citeaux, 2 vol.
Ses reproches ne tendent pas à aigrir le pé- in-4°; et sans commentaire à Dole, en 1828,
cheur, mais à l'émouvoir; à le toucher, non imprimerie Joly, chez Méquignon, à Paris,
à l'insulter. S'il le reprend, s'il le menace, 1 vol. in-32. On a joint en cette édition le
s'il l'effraie, c'est sans indignation et sans traité des Mæurs et des devoirs des évêques,
colère, uniquement par un effet de son zèle celui sur la Conversation, adressé aux clercs, et
pour le salut des âmes. Ses caresses ne tien- les lettres huitième et neuvième à Brunon.]
nent rien de la flatterie. Il loue, sans inspirer 3. Toutes les éditions étaient très-impar-
des sentiments d'orgueil, et dit les vérités faites, et ne contenaient qu'une partie des générales.
sans offenser. Mêlant partout la douceur à la ouvrages de saint Bernard. Mais en 1508,
vivacité de ses expressions, il plaît et échauffe Jean Bocard et Josse Clicthou les rassemble-
lout ensemble. L'on dirait qu'en même temps rent, pour la plus grande partie; et après
que les paroles coulent de sa bouche comme les avoir corrigés avec soin sur les originaux
un fleuve de lait et de miel, il sort de son de la Bibliothèque de Clairvaux, il les firent
cour un torrent de sentiments enflammés imprimer à Paris, chez Jean Petit, imprimeur
de l'amour le plus pur. L'Ecriture sainte lui de l'Université. Cette édition est intitulée :
est si familière, qu'il en emploie à chaque Séraphique. Elle fut remise sous presse en
période les paroles et les expressions. Il n'en 1515, à Lyon, chez Jean Cleyn, avec les dis-
use pas toujours de même à l'égard des cours de Gillebert de Hoillande sur le Canti-

que, par les soins de Josse Clicthou de Nieu-
1 Tom. I Anecdot. Marten., pag. 399.

port. Il s'en fit depuis plusieurs autres édiXIV.

32

Editions

Université. Ceute remise sous yec les dis

Edition de dun Nabill [See réiapressional

tions, tant à Lyon, qu'à Paris et à Venise. Seigneur; le troisième, ses commentaires
Une des plus correctes est celle de Lyon en sur le Cantique des Cantiques; le quatrième,
1520, 1530, 1544, par les deux moines de les livres de la Considération, de la Vie et des
Clairvaux Lambert et Laurent. C'est celle-là mours des évêques, son Apologie à Guillaume
que suivit François Comestor, docteur de de Saint-Thierry, et divers autres traités ; le
Sorbonne, dans la révision qu'il fit des æu- cinquième, les ouvrages douteux, supposés,
vres de saint Bernard sur les manuscrits de ou étrangers, comme les sermons de Gille-
ce collége. Il y trouva l'épilogue du livre de bert de Hoillande ; le sixième, les ouvrages
l'Amour de Dieu, et l'opuscule de l'Amour de de deux disciples de saint Bernard : Gillebert
Dieu, et de la dignité de cet amour, non impri- de Hoillande, et Guerric, abbé d'Igni.
més jusque-là, ce qui rendit son édition plus 6. Horstius s'était donné beaucoup de
ample que les précédentes. Elle parut à Paris, peine pour rendre son édition correcte; mais de
chez la veuve de Claude Chevallon, en 1547 y ayant remarqué des faules notables, et peu
et 1566. On en cite une de Venise, en 1549, content de l'impression, il se préparait à en
en deux vol. in-4°.

donner une plus correcte à tous égards,
4. Pendant que Comestor revoyait à Paris lorsque la mort rompit son dessein, le 20
les ouvrages de saint Bernard, Antoine Mar- avril 1644. Alors dom Chantelou, bénédictin
cellin les confrontait à Bâle avec les anciens de la congrégation de Saint-Maur, reçut or-
exemplaires. Trouvant l'ordre des éditions dre de ses supérieurs de revoir et corriger le
précédentes défectueux, il le changea, mit texte de saint Bernard, sur les manuscrits
en premier lieu les sermons; en second lieu, qui se trouvaient en France. Il fit imprimer
les lettres; en troisième lieu, les traités; puis à Paris, en 1662, en un volume in-4o, la Vie
les écrits supposés ou étrangers. Le tout fut de ce saint, par Alain, évêque d'Auxerre;
imprimé avec des notes critiques de sa façon, ses sermons et la Vie de saint Malachie, par
chez Jean Hervage, en 1552 et 1566. Jean saint Bernard. Dom Chantelou étant mort le
Gillot en donna une nouvelle, à Paris, chez 28 novembre 1664, dom Mabillon fut chargé
Jean Nivelle, en 1572, qui fut réimprimée à de continuer l'édition projetée. Il ne se con-
Anvers, en 1576, et à Paris, en 1586, sous le tenta pas de rendre le texte des cuvres de
symbole du grand navire, et dédiée au ré- saint Bernard plus correct, il s'appliqua en-

vérend père Gui Cornuat, abbé de Clairvaux. core à séparer les ouvrages supposés d'avec Mabillon. Il y eut peu d'années dans le xvie siècle où les véritables, et à mettre ceux-ci dans un

il ne parût quelqu'édition de saint Bernard, meilleur ordre.
et ce fut à peu près la même chose dans le 7. On connait quatre éditions des écrits de
xvii.

saint Bernard par dom Mabillon : deux en
5. Nous remarquerons ici celle d'Edmond 1666 à Paris, chez Frédéric Léonard, l'une
Tiraquau, moine de Citeaux, en 1601; de en huit volumes in-8°, l'autre en deux volu-
Jean Picard, chanoine régulier de Saint-Vic- mes in-folio. Celle-ci fut remise sous presse
tor, en 1609; celle d'Anvers, en 1620. On en 1690, et dédiée au pape Alexandre VUI.
trouve dans celle-ci quatre opuscules publiés Il était près d'en publier la quatrième, lors-
par le père Gretzer, à Ingolstat, en 1617. qu'il mourut, le 27 décembre 1707. Elle fut
Celle de Jacques - Merlon Horstius, curé à mise au jour en 1719, par dom Massuet et
Cologne, sortit de presse en 1641, dans la dom Tixier qui l'ont augmentée d'une nou-
même ville, en deux volumes in-folio. Le velle préface générale, et de quelques let-
public la reçut avec applaudissement, et elle tres, savoir : deux au premier volume, qui
fut réimprimée à Paris en 1658, par la so- sont la quatre cent dix-huitième et la quatre
ciété des libraires, sous le signe du navire. cent dix-neuvième; une troisièmo, déjà pu-
Horstius dédia l'ouvrage à saint Bernard bliée par Baluze; deux chartes pour le mo-
même, et rendit compte de son travail dans nastère de Luxeuil, et la troisième partie de
une préface au lecteur. Ces deux volumes la lettre aux frères du Mont-Dieu, que dom
sont divisés en six tomes. Le premier con- Massuet fait voir être de Gui ou Guigues,
tient les sept livres de la vie de ce saint, di- cinquième prieur de la grande Chartreuse.
verses pièces qui y ont rapport, et ses lettres C'est sur l'édition de 1719 qu'a été faite celle
avec des notes; le second, ses sermons, les de Vérone, en 1726. On y a ajouté, par
paraboles qu'on lui a attribuées, l'office de forme d'appendice, les lettres de saint Ber-
saint Victor, et l'hymne sur la passion du nard rapportées par dom Marlène dans le

in præfat. general.

Soito.

Edition:

françaises.

premier tome de ses Anecdotes, et de sa breuses pièces; 14° recherches sur la part
Grande Collection. Il en a été parlé plus haut. que l'ordre de Cîteaux et le conseil de Flan-
Il est inutile d'entrer dans le détail de l'édi- dre prirent à la lutte de Boniface VIII et de
tion de saint Bernard, par dom Mabillon. Philippe-le-Bel, par Kervien de Lettenhove;
Nous l'avons assez fait connaitre par l'usage 15° deux diplômes inédits donnés par saint
de ses préfaces et de ses notes, dans la criti- Bernard. Les Quvres complètes de saint
que et l'analyse des écrits de ce père, et par Bernard s'impriment de nouveau à Trèves,
l'ordre que nous avons suivi, qui est le même in-8°, chez Brawn. Le premier volume con-
que dans cette édition. [En 1750 parut à Ve- tenant les sermons du Temps, a paru en 1861.
nise une édition de saint Bernard, six volu- J. M. Mandernach, qui s'est chargé de cette
mes in-fol., avec les notes de Hor-tius ct de édition, y ajoute un choix de notes vario-
Mabillon. Les oeuvres authentiques de saint rum.]
Bernard ont été réimprimées par Gauthier, 8. En 1575, Hubert Lescot, chanoine ré-
Besançon et Paris, 1835, trois volumes in-12 gulier, traduisit et fit imprimer en français
et trois volumes in-8°, et en 1845, chez Pé- les sermons et les opuscules de saint Ber-
risse, Lyon et Paris, trois volumes in-12. nard. Philippe le Bel, docteur de Paris, en
MM. Gaume frères ont fait à Paris, en 1839 donna une nouvelle version en 1622, et y
et en 1849, une très-belle réimpression de ajouta la traduction de quelques lettres. Dom
l'édition de Mabillon , quatre vol. grand in-8°. Antoine de Saint-Gabriel, feuillant, tradui-
Les tomes CLXXXII, CLXXXIII, CLXXXIV sit de nouveau les sermons de saint Bernard;
et CLXXXV de la Patrologie, reproduisent l'é. ils furent imprimés à Paris en 1681, chez Jac-
dition de 1719 avec des appendices très- ques de Laize-de-Bresche. Il s'en fit une autre
étendus qui éclaircissent la vie du saint doc- édition chez Jean Dupuis, et une troisième
leur et son époque. Le premier volume ren- en 1686, chez Léonard Plaignard. A l'égard
ferme le premier et le deuxième de l'édilion des lettres de ce saint docteur, on en connaît
de Mabillon; le deuxième contient le troi- deux traductions françaises : l'une de Roy,
sième et le quatrième; le troisième renferme à Paris, en 1702, chez Jean Moreau, en deux
le cinquième, et le quatrième contient le volumes in-8°; l'autre, de Villefort, en 1715,
sixième, avec plusieurs appendices et des aussi en deux volumes. Il l'avait annoncée
additions considérables. Voici le sommaire dans sa préface sur la vie de saint Bernard,
de ces additions : 1° Les actes de saint Ber- qu'il fit imprimer en français, en 1704, à
nard d'après les Bollandistes; 20 la Gloire Paris, chez Jean de Nully, in-4o. On en avait
posthume de saint Bernard; 3° onze donations déjà une par Lamy ou Le Maître, imprimée
pieuses faites à Clairvaux pendant sa vie; en la même ville en 1648, chez Antoine Vitré,
4° le livre ayant pour titre : Exordium ma. in-4o. En 1658, le sieur des Mares traduisit
gnum de l'ordre de Câteaux, ou histoire de en français, et publia en cette langue à Paris,
cette abbaye en six livres; 5° l'ouvrage édité chez Guillaume de Luynes, les livres de la
par le père Chifflet, ayant pour titre : Preu. Considération, en un volume in-12. Il y en
ves de l'illustre origine de saint Bernard; 6° Dé- avait une édition italienne dès l'an 1606,
cret authentique de la congrégation des rites in-4°, à Venise, par les soins de Renaud Re-
décernant à saint Bernard le titre de doc- tini; mais ils furent aussi imprimés séparé-
teur; Bref de Pie VIII en 1830; 7° Monu- ment en latin, à Paris, en 1701, in-8°. Dom
ments de Clairvaux et épitaphes qui s'y trou. Mabillon, auteur de l'édition, prit soin qu'elle
vent; 8o Chant à la louange de Clairvaux, par fût en bon papier et en beaux caractères,
Richard, moine de la Sauve-Majoure; 9° Voyage averti que le pape Clément XI souhaitait de
à Clairvaux , par Meslinger, en 1667; 10° Des s'appliquer à la lecture d'un ouvrage qui
cription des tombeaux et sculptures tirée du avait été fait par Eugène III, l'un de ses pré-
Voyage littéraire de deux bénédictins en décesseurs. (On a publié en 1830, en deux vo-
France; 11° note sur Fontaine-lès-Dijon, où lumes in-12, chez Seguin, à Avignon, les
est né saint Bernard, avec diverses pièces en homélies pour tous les dimanches et les prin-
français; 12° lettre sur les reliques de saint cipales fêtes de l'année extraites des peuvres
Bernard etcelles de saint Malachie, par M. Gui- de saint Bernard et traduites en français
gniard, en français, avec de nombreuses piè- avec une table analytique des matières. Les
ces; 13° documents sur un voyage de saint Ber- lettres ont été traduites en français avec des
nard en Flandre, par dom Pitra, avec de nom- notes historiques et critiques, par M. l'abbé

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