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la parole, ce qui ne manquait jamais d'arri- ques que les sermons qu'il prononçait dans
ver, lorsqu'il lui prêchail la pénitence. Aussi l'église et en présence d'une grande assem-
ses discours faisaient-ils tant d'impression blée. « Rien de plus touchant, poursuit son
surl'âme de ses auditeurs, qu'ils ne pouvaient bistorien, que ce qu'il disait sur la nécessité
s'empêcher de pleurer et de gémir comme de la mortification et contre le vice de la
lui. Ses discours particuliers et sa conversa- vaine gloire, »]
tion habituelle n'étaient pas moins pathéti-

CHAPITRE III.

Saint Hugues, abbé de Cluny (1109); Thierry, abbé de Saint-Hubert

en Ardenne [1109); Guillaume, archevêque de Rouen (1110); Théofroy,
abbé d'Epternac (1110).

(Ecrivains latins.)

gos.Sa nais

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Sa réputatio

moine à Clu

Saint Ac. 1. Environ huit jours après la mort de février de la même année par Hugues, ar-
bance. Son saint Anselme, Hugues, abbé de Cluny, son chevêque de Besançon. Au inois d'octobre

ami intime, paya le même tribut à la nature. suivant, il assista au concile que Léon IX tint
Il était né en 1024 ', à Semur en Brionois, à Reims, et y fit, par ordre du pape, un dis-
dans le diocèse d'Autun, de parents de la cours contre les vices qui régnaient alors, la
première condition. Dalmace, son père, son simonie et le concubinage des clercs. De
gea à le former de bonne heure dans la pro- Reims il reconduisit 4 le pape à Rome. En
fession des armes. Oremburge de Vergy, sa passant à Mayence, il se trouva au concile
mère, pensant différemment, l'élevait pour qui y fut tenu, et signa dans celui de Rome
le service de Dieu. Hugues, se sentant de la condamnation des erreurs de Bérenger,
l'inclination pour ce dernier parti, obtint 4. En 1052, l'empereur Henri-le-Noir l'ap-
d'aller vivre sous la conduite de Hugues, pela à la cour, et pour lui donner des mar-
évêque d'Auxerre, son grand-oncle.

ques de son estime, il l'engagea à lever des Il fait 2. A l'âge de quinze ans?, l'évêque le con fonts du baptême 5 un de ses fils né au mois ny; on l'on duisit à Cluny, où saint Odilon, qui en était de novembre l'année précédente. Peu de

alors abbé, lui donna l'habit monastique. temps après il fut député en Hongrie par
Quelques années après, voyant la maturité Léon IX, pour ménager la paix entre le roi
de ses meurs, il le fit prieur de la maison, André et l'empereur. Il réussit dans cette né-
de l'avis de la communauté, et le députa en- gociation. Au concile d'Autun en 1055 6, il per-
suite à la cour d'Allemagne pour y négocier suada à Robert II, duc de Bourgogne, de par-
la réconciliation des moines de Payerne, mo- donnerauxmeurtriers de son fils. Les papes Ni-
nastère dépendant de Cluny, avec l'empe- colas II et Grégoire VII, l'associèrent plusieurs
reur Henri-le-Nuir. Son voyage eut tout le fois aux légats qu'ils avaient en France, et
succès qu'on en pouvait attendre : mais il il se tint peu de conciles dans ce royaume où
eut le chagrin, à son retour à Cluny, d'y ap- l'abbé de Cluny ne se trouvât. Il présida
prendre la mort de son abbé, arrivée le 1er même en qualité de légati à celui d'Avignon,
janvier 1049.

fait prieur.

sous le pape Nicolas II, avant l'an 1061, car Il est éia ab. 3. Quoique Hugues n'eût que vingt-cinq on ne sait pas l'année. Les affaires de l'Eglise

ans, les suffrages de la communauté 3 se et de l'Etat ne l'empêchaient pas de veiller réunirent en sa faveur, et il fut béni le 22 au maintien du bon ordre de sa maison, et

bé de Cony.

1 Mabill., lib. LVII Annal., num. 102, et lib. LXXI,
num. 74, et Bolland., ad diem 29 aprilis.

2 Mabill., lib. LXXI Annal., num. 73, et lib. LIX,
num. 50.
-8 Bolland., et Mabill. ubi sup.

. Idem, lib. LIX, num. 72, 75.

5 Mabill., lib. LX Annal., num. 5; Bolland, in Vita, pag. 636.

6 Bolland., pag. 659; Mabill., ibid., num. 67. 7 Gallia Christiana nov., pag. 483.

des autres monastères qui en dépendaient, avec respect, se fit apporter la chape de saint soit en France, soit dans les pays étrangers. Marcel dont il invoqua le secours avec larUn auteur contemporain dit' que l'abbé de mes, et mourut le soir du même jour, 29 avril Cluny avait jusqu'à dix mille moines sous sa 1109, couché sur la cendre et le cilice, après discipline. Il étendit même ses soins sur plu- avoir été abbé de Cluny soixante ans, deux sieurs monastères de filles, nommément sur mois et huit jours, laissant à ses religieux la celui de Marcigny, qu'il for.da avec les libé- joie de sa béatitude éternelle, l'exemple ralités du comte Geofroi son frère.

d'une sainte vie et l'espérance de l'avoir Hatari des 5. Il était à Florence : au mois de juillet pour intercesseur dans le ciel. Ce sont les

{057; le pape Etienne IX, qui s'y trouvait at- termes d'Hildebert, auteur de sa Vie. (Cette
taqué d'une dangereuse maladie, le pria de Vie est rapporlée au tome CLIX de la Patro-
l'assister au lit de la mort. Il fut honoré de logie, col. 843-894, d'après les Bollandistes.]
ce pape et de ses successeurs. En 1077, il 7. Elle fut encore écrite par deux moines Il est
ménagea avec la comtesse Mathilde 4 la ré- de Cluny 6, l'un nommé Ezelun, qui aupara- de saineobre
conciliation de l'empereur Henri IV avec le vant était chanoine de Liége; l'autre Gilon,
pape Grégoire VII, et fit rendre à ce prince depuis cardinal-évêque d'Ostie. Raynaud,
la communion de l'Eglise. Urbain IJ ne fut son neveu, abbé de Vézelay, et ensuite ar-
pas plus tôt élevé sur la Chaire de saint chevêque de Lyon, écrivit aussi sa Vie en
Pierre, qu'il en écrivit à l'abbé Hugues; et il prose et en vers élégiaques. Les derniers
voulut loger à Cluny en allant au concile de sont conçus en ces termes : Hæc Pater Hugo
Clermont, en 1095. Pascal II lui donna aussi tui Rainaldi dicta nepotis suscipe, quæso, pie, me-
avis de sa promotion et lui témoigna sa con- que tuere, Pater. (La Vie de saint Hugues par
sidération par divers priviléges. Philippe fer, Raynaud est reproduite au volume cité de la
roi de France, Alphonse VI, roi d'Espagne, Patrologie, col. 893-910. Elle est suivie d'un
Robert II, duc de Bourgogne, et plusieurs abrégé qu'un anonyme a fait de celles que
autres princes de l'Europe respectèrent le Ezelon et Gilon avaient composées, et des
mérite de l'abbé de Cluny. Il fut lié d'amitié Analectes recueillis dans la Bibliothèque de
avec les cardinaux, les archevêques, les évê- Cluny.) On en connait une quatrième, mais
ques et les abbés les plus distingués.

et les et des

plus courte que les précédentes, composée 6. Zélé pour l'observance de la discipline par un moine du nom de Hugues. Mais tous monastique, il en donna toujours l'exemple ces écrivains étaient au-dessous de leur maà ses frères, et la leur prêcha de vive voix. tière, et le saint abbé de Cluny ? méritait un Au jour de Noël qui précéda sa mort, ils le historien aussi exact qne celui de saint Anconduisirent au chapitre pour recevoir ses selme, je veux dire Eadmer. Les vertus et instructions. Il les exhorta à la persévérance les miracles de Hugues engagèrent le pape et à combattre fortement les princes des té- Calixte 11 8 à le mettre au nombre des saints nèbres. Il élait alors dans la quatre-vingt- que l'Eglise révère au 29 avril. cinquième année de son âge, et ses forces 8. Ses lettres devaient être précieuses pour diminuaient considérablement. Il en eut tou. toutes les personnes à qui il en écrivait, et il a Gailliame tefois assez pour aller jusqu'à Pâques, et eut lieu d'en écrire un grand nombre, oc- terre. pour assister le jeudi-saint à l'office divin. cupé très-souvent des affaires de l'Eglise et Ses religieux le prièrent de les absoudre. Il de l'Etat. Il n'en reste toutefois que sept ou s'en défendit, se disant lui-même lié par ses huit, que l'on aurait peut-être encore perpéchés : néanmoins il leur donna l'absolu- dues, si elles ne se trouvaient enchâssées en tion et sa bénédiction; à l'heure du Mandat différents monuments considérables. [Elles il leur lava les pieds, et ordonna ce jour-là sont reproduites au tome CLIX de la Patroune aumône plus abondante que de coutume. logie, col. 927-932. On les a fait suivre des Le mercredi de Pâques, on lui apporta le via- lettres que différents personnages lui adrestique. Interrogé s'il reconnaissait la chair vi- sèrent.] La première lettre de saint Hugues vifiante de Jésus-Christ , il répondit : « Je la est rapportée dans la Bibliothèque de Clunyo reconnais 5 et je l'adore. » Il baisa la croix et dans les Annales d'Angleterre du père Al

Ses lettres

1 Orderic. Vital., lib. XI, pag. 839.
? Bolland., pag. 638, 651. - 3 Bolland., pag. 649.
. Mabill., lib. LXV Annal., num. 1.
I Mabill., lib. LXXI Annal., num. 73.

6 Mabill., lib. LXXI Annal., num. 73.- 7 Idem, ibid.
8 Bolland., ad diem 29 april., pag. 633.

9 Cluniac. Bibliot., pag. 454; Alford. Annal., ad
an. 1078.

salot Anarla. se, etuite.

Pbilippe, 1 de France

ford, sur l'an 1078. C'est une réponse à Guil- chevêque de Lyon, et ils avaient l'un et l'au.
laume-le-Conquérant, qui avait demandé à tre pour ami commun saint Anselme de Can-
l'abbé Hugues quelques-uns de ses religieux, torbéry. C'est pourquoi Hugues de Lyon
s'offrant de payer à l'abbaye de Cluny pour étant mort en 1106, l'abbé de Cluny en donna
chacun de ceux qu'on lui enverrait, cent li- avis 3 à saint Anselme, en le priant de lui
vres d'argent. L'abbé ne crut pas devoir en- accorder après sa mort les marques d'amitié
voyer ses religieux à de pareilles conditions, qu'il lui avait données de son vivant. L'année
et fit entendre à ce prince qu'il en achèterait précédente il écririt deux lettres 4 à l'arche-
plutôt lui-même pour fournir aux besoins de vêque de Cantorbéry. Elles sont pleines de
plusieurs monastères dont il s'était chargé ces témoignages d'amitié et de charité, qui
Le vrai motif de son refus était la crainte font en cette vie l'union des saints. Il de-
de voir ceux qu'il enverrait en Angleterre se mande à Dieu dans l'une des deux qu'il ne
relâcher de l'observance établie à Cluny, at permette point, qu'ayant été unis en cette
tendu qu'il n'y avait pas encore de monastère vie, ils soient séparés dans la gloire ; grâce
de son ordre en Angleterre.

que Dieu leur accorda, puisqu'ils passèrent Lettre à 9. Il avait permis à un de ses religieux presque dans le même temps à la félicité

nommé Anastase, dont il a été parlé plus éternelle, ainsi que nous l'avons déjà re-
haut, de se retirer dans les monts Pyrenées marqué. Dans l'autre lettre il partage avec
pour y vivre en ermite. L'odeur de sa sain- saint Anselme ses peines et ses chagrins.
teté y atlirait quantité de personnes pour re- 12. Philippe fer s'était rendu méprisable Lee're
cevoir de lui des instructions. Au bout de par ses meurs, et l'autorité royale s'élait de
trois ans, l'abbé Hugues, étant bien aise de affaiblie dans ses mains : il avait été excom-
l'avoir sous ses yeux comme un modèle de munié par Urbain II 5, et frappé d'anathème
piété pour toute sa communauté, lui écrivit pour la seconde fois dans le concile de Poi-
de revenir à Cluny. Anastase plein de joie se tiers. Ni l'abbé de Cluny, ni son ordre ne pri-
mit aussi en chemin. Mais ayant été saisi de rent aucune part à tout ce qui se fit contre
la fièvre en un lieu nommé Doydes, au dio. ce prince. Ils le respectèrent comme leur
cèse de Rieux, il y mourut au mois d'octobre souverain, et s'intéressèrent à sa gloire. Phi-
de l'an 1086. C'est donc à cette année qu'il lippe en remercia l'abbé par une lettre que
faut rapporter la seconde lettre de saint Hu- nous n'avons plus. Mais on voit par la ré-
gues. Gaulbier, auteur de la Vie de saint Anas- ponse de Hugues, qu'il témoignait quelque
tase', l'a insérée dans sa narration.

désir de renoncer à la couronne, et d'aller
10. La troisième se lit dans l'Histoire ? de finir ses jours à Cluny; qu'il souhaitait néan-
l'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne, à la moins de savoir auparavant s'il y avait des
suite de celle de Hugues, archevêque de exemples qu’un roi se fut fait moine. L'abbé
Lyon. Elles sont l'une et l'autre adressées le loue de son dessein, il en rend grâces à
au pape Urbain II, pour l'engager à mainte- Dieu, et lui cite pour exemple le roi Gontran
nir la sentence de déposition, prononcée par qui 6 renonça aux vanités et aux délices du
Manassés II, archevêque de fieims, contre monde, pour embrasser la vie monastique.
Robert, abbé de Saint-Remy. Cet archevêquel l'exhorte à corriger ses moeurs, et å re-
lui avait donné lui-même la bénédiction ab- tourner à Dieu par une sincère pénitence;
batiale, le croyant capable de la dignité tâchant de lui inspirer une crainte salutaire
d'abbé; mais la conduite de Robert ne fut des jugements de Dieu, par le récit de la
pas telle que Manassés avait espéré. Saint manière dont Guillaume-le-Roux, roi d'An-
Hugues fait mention dans cetle lettre d'une gleterre, et l'empereur Henri V venaient de
autre qu'il avait écrite au même pape, en finir misérablement leurs jours.

faveur de l'archevêque dont il était ami. 13. La huitième lettre de l'abbé de Cluny? Lettres 11. Il l'était pareillement de Hugues, ar- est aux religieuses de Marcigny; il l'écrivit pe tine

Litres ao rape Urbain

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Lettre a

saint Ansel. LO

1 Mabill., tom. IX Actor., pag. 492.
2. Marten., Collect, ampliss., tom. IV, pag. 999.
sluter Epist. Anselm. Epist. 79, et Mabill., lib.
LXXI Annal., num. 19.

to Inter Epist. Anselm., Epist. 17 et 80.
* Tom. II Spicileg., pag. 401.
6 On ne lit rien de semblable dans Frédegaire ni

dans les autres historiens français. Mais il est vraiscin.
blable que Gontrari, qui mourut dans le monastère
de Saint-Marcel, y avait vécu quelque temps aupara-
van!, et pris par dévotion l'habit monastique. Bol.
land., ad diem 29 april., pag. 631.

7 Bolland., ad diem 29 april., pag. 632, et Bibliot.
Cluniacens., pag. 491, 493.

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peu de temps avant sa mort. Alors ce monas- chait à détrôner son père et à le dépouiller tère, qui dans son commencement n'avait que de ses Etats. On croyait donc avoir à Aix ces peu de revenus et une petite communauté, trois reliques. Il se plaint encore de ce qu'il possédait des fonds plus considérables, et un l'avait fait arrêter dans une prison très-étroile, plus grand nombre de seurs. Le saint rap- et sans lui laisser même un prêtre 8 de qui il pelle à ces seurs les engagements qu'elles pût, dans la fâcheuse situation de sa santé, onl contractés par leurs vœux; il les exhorte recevoir le corps et le sang du Seigneur, et å les remplir, à faire pénitence de leurs pré- lui confesser ses péchés. Dans la lettre suivarications, et à les découvrir humblement vanle le même prince prie l'abbé de Cluny au supérieur qu'il leur avait donné. Il prie de s'entremettre auprès du pape GréDieu de leur remettre tous leurs péchés en goire VII pour sa réconciliation. Cette lettre ce monde par l'intercession de la très-sainte eut son effet, et Hugues, conjointement avec Vierge et des saints apôtres; de les affermir la comtesse Mathilde, réconcilia Henri IV dans leurs saintes résolutions, et de leur ac- avec le pape. Celle de l'impératrice Agnès corder en l'autre la félicité; lui demandant est pour donner avis à l'abbé de Cluny de la encore l'effusion de ses bontés sur ces filles, mort de l'empereur Henri-le-Noir, et le retoutes les fois qu'elles liraient cette lettre; commander à ses prières et à celles de sa ce qu'elles devaient faire dans le chapitre communauté. Ce prince avait de son vivant aux cing principales fêtes de l'année. pris sous sa protection tous les biens que

14. Nous n'avons plus les autres lettres' l'abbaye de Cluny possédait, soit en Alleque saint Hugues écrivit aux mêmes reli- magne, soit en Italie. gieuses pour leur instruction, ni celles qu'il 15. Alphonse, roi d'Espagne, qui n'était adressa à Arnoul ?, abbé de Saint-Médard de pas moins dévoué à l'abbé et à l'abbaye de accordée par Soissons, pour l'exhorter à ne pas s'exercer Cluny, augmenta du double ! le cens annuel dans des austérités au-dessus de ses forces, que son père avait ordonné de payer à la et d'où il aurait pu tirer vanité; ni ses lettres communauté, et régla par son testament à l'empereur Henri-le-Noir; à l'impératrice 3, qu'il serait payé de la même manière par ses son épouse; à son fils Henri IV; à Philippe ler, successeurs. Il parait par la même lettre, qui roi de France; à Alphonse VI, roi d'Espagne; est adressée à l'abbé Hugues, que ce prince à Thibaud, comte des Français ou de Cham- avait établi par son ordre l'office romain pagne; à Grégoire VII 4; à Guillaume 5, abbé dans ses Etats; mais cette nouveauté y caud’Hirsauge; et à Wallon 6, abbé de Saint- sait une grande desolation ; c'est pourquoi Arnoul de Metz. Il en avait reçu lui-même Alphonse le prie d'engager le pape à enplusieurs de Grégoire VII, des empereurs voyer le cardinal Girauld poor corriger ce Henri, des rois de France et d'Espagne, de qu'il y avait à corriger. Hugues, de son côté, saint Pierre Damien et de quantité d'autres pour reconnaître les bienfaits d'Alphonse et personnes de la première qualité. Dom Luc de l'empereur Henri-le-Noir, fit un statut d'Acbéry en a rapporté 7 quelques-unes de adressé en forme de lettre 10 à tous les moil'empereur Henri-le-Noir; de l'impératrice nes de Cluny présenls et à venir. En voici la Agnès, son épouse ; de Henri IV, leur fils, substance : « Alphonse pendant sa vie devait roi d'Allemagne, et ensuite empereur. Ce participer à toutes les bonnes Quvres qui se sont antant de témoignages de l'estime et de feraient tant à Cluny que dans les maisons la vénération qu'ils avaient pour l'abbé de en dépendant; chaque jour, à l'heure de Cluny. Dans la première de ces lettres, tierce, on chanterait le psaume Exaudiat te Henri IV, dont les affaires étaient en mauvais Dominus ; et à la grande messe on dirait la élat, se plaint de l'infidélité de Henri V, son collecte : Quæsumus, omnipotens Deus ; au fils, qui contrairement au serment qu'il avait jour de la cène du Seigneur, on admettrait fait à Aix sur la croix, le clou et la lance qui au Mandat trente pauvres en son nom; le avaient servi à la passion du Seigneur, cher- célérier en nourrirait cent aussi à l'inten

Hugues

Latiro de à l'obhá otábhamado com muvion

l'abbé do Clu
ny.

1 Bolland , ad diem 29 april., pag. 632.
? Mabill., lib. LXIV Annal., num. 128.
* Bolland., ad diem 29 april., pag. 630 et seq.

Gregor. VII, lib. V, Epist. 21.
* Mahill., in Analectis, pag. 155.
€ Ibid., pag. 457. - 7 Tom. II Spicileg., pag. 390.

8 Neque relictus est nobis sacerdos cum de vila nos-
tra desperaremus, a quo possemus corpus el sanguinem
Domini pro viatico accipere, et cui possemus peccato-
rum nostrorum confessionem facere. Pag. 393.

9 Tom. VI Spicileg., pag. 445.
10 Ibid., pag. 444.

lots de

tion de ce prince le jour de Pâques ; et cha- laïde, son épouse, dans lequel ils prient ce
que jour, soit pendant sa vie, soit après sa saint abbé de baptiser lui-même leur fils
mort, on donnerait à un pauvre les mêmes Odon, persuadés qu'il lui serait plus avanta-
portions que l'on eût servies à Alphonse, geux d'avoir eu pour parents en Jésus-Christ
s'il eût mangé au réfectoire avec les frères; des personnes pieuses que des riches.
après sa mort on ajouterait à toutes ces bon- 17. L'abbé Hugues ordonna 5 qu'à Cluny Aura
nes æuvres une messe haute pendant un an, on chanterait chaque année le jour de la gues,
laquelle serait chantée dans l'église des Saints- Pentecôte, à l'heure de tierce, l'hymne Veni
Apôtres, que l'on pouvait regarder comme Creator. Il défendit de prêter 6 aucun livre
hätie à ses frais ; et à l'égard de son anni- de la bibliothèque, sans caution , et fit re-
versaire, on le célébrerait en la même ma- trancher ? du Præconium ces mots : 0 feliz
nière que celui de l'empereur Henri-le-Noir, culpa. On a parlé plus haut de la lettre qu'il
c'est-à-dire qu'à vệpres, à l'office et à la écrivit peu avant sa mort aux religieuses de
messe, on sonnerait toutes les cloches ; on Marcigny. Nous ajouterons ici qu'il avait dé-
chanterait le trait en chapes, et la messe à fendu d'y recevoir aucune fille avant l'âge de
l'autel qu'il avait érigé dans cette église; en vingt ans 8, et permis d'y admettre des
outre, on donnerait à manger à douze pau- femmes âgées. Ces religieuses étaient de
vres, et en ce jour la réfection des religieux deux sortes, les unes vivant ensemble dans
serait plus abondante que de coutume. Le la clôture du monastère, d'autres enfermées
même statut porte que la reine, épouse d'Al. séparément, et qu'il était également défendu
phonse, participerait à toutes ses bonnes à toutes, pour quelque raison que ce fût, de
@uvres, et que son anniversaire serait célé- se faire voir aux hommes. Des moines sages
bré comme celui de l'impératrice Agnès. et prudents avaient soin de leurs affaires
Baluze ne s'étant point aperçu que ce statut temporelles, et saint Hugues leur donna pour
avait été publié par dom Luc d'Achéry, l'a les instruire un vieillard de grande vertu,
fait imprimer dans le sixième tome de ses nommé Renchon, et recommanda à ses suc-
Mélanges. (On le trouve reproduit au tome cesseurs le soin de ce monastère. (L'exposi-

CLIX de la Patrologie, col. 945-946.) . tion aux religieuses de Marcigny, et l'avertis. do 16. Lambert ?, abbé de Saint-Bertin 3, sement à ses successeurs pour ces religieu

était allé à Cluny prier l'abbé de recevoir la ses, est reproduit au tome CLIX de la Patrodémission de son abbaye, de s'en charger logie, col. 949 -952; il est précédé d'une lui-même, et de le recevoir au nombre de autre adressée aux religieuses elles-mêmes.] ses moines ; mais tout ce qu'il put obtenir, Par une autre lettre 9 ou statut adressé à fut que pendant sa vie l'abbaye de Saint- tous ceux de son ordre, saint Hugues rend Bertin serait soumise à celle de Cluny, et grâces à Dieu de ses faveurs envers lui et sa que lui-même en serait censé membre. L'abbé congrégation qui était déjà étendue, nonHugues ajoute par considération, qu'après seulement en Bourgogne, mais en Italie, en la mort de Lambert, on ferait pour lui un Lorraine, en Angleterre, en Normandie, en trentain à Cluny et chaque année son anni. France, en Aquitaine, en Gascogne, en Proversaire. (Ce statut est reproduit au tome vence, en Espagne. Mais plus le nombre des indiqué de la Patrologie, col. 945-948.] 11 moines de son ordre était grand, plus il apest suivi dans le Spicilege 4 d'un acte de do- préhendait pour le compte qu'il aurait à en nation faite à Hugues et à l'abbaye de Cluny, rendre à Dieu, soit parce que plusieurs étaierit par Thibaud III, comte de Troyes, et Ade morts sans confession et sans viatique, soit à

Tombant

Statut do Rogue de Cluny.

1 Pag. 476.

? Lambert, élu abbé de Saint-Bertin en 1095 et mort en 1123, paraît être le même que Lambert, chanoine de la même communauté, auquel on doit le Liber floridus, conservé manuscrit dans la biblio. thèque de Gand. C'est une de ces encyclopédies in digestes, telles qu'on en rencontre souvent parmi les monuments littéraires du moyen å re, et qui, à une époque où il y avait peu de livres, présentaiect, resserrées en un volume, les principales notions scientifiques dont on pouvait avoir besoin. La notice sur le Liber floridus, par Jules de Saint-Genois,

professeur bibliothécaire à l'université de Gand, pu-
bliée dans le Messager des sciences historiques de
Belgique, est reproduite au tome CLXIII de la Patro-
logie, col. 1003-1032. (L'éditeur.)

3 Tom. VI Spicileg., pag. 448.
o Pag. 449.
5 Mabill., lib. LXXI Annal., num. 74.
6 Ibid., et Pet. Venerabilis, lib. IV, Epist. 38.
7 Marten., de Ritib, monast. lib. III, cap. xv.

8 Mabill., lib. LXI Annal., num. 89, et lib. LXXI, num. 68, et Billiot, Cluniacens., pag. 491 et seq.

o Ibid., pag. 495.

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