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crologe elle est appelée fondatrice, quoiqu'elle ouvrages des pères, il y avait ceux d'HoPag. 10. ne fût que bienfaitrice. L'auteur des Actes mère, de Perse, d'Helpéric, de Donat, de

dit que Vernaire étant allé à Constantinople Martial, d'Ovide, de Saluste, de Stace, d'Apar ordre de l'empereur Conrad, y mourut chille Stace, et des livres de dialectique, de en 1027. C'est une faute. La mort de cet évè. grammaire, de musique, de géométrie , de que n'arriva 1 qu'en 1029, le 28 octobre. rhétorique, et une mappemonde. Après en

10. Embricius, abbé de Notre-Dame des avoir donné le détail, l'auteur des Actes Ermites, prit soin du nouveau monastère, ajoute : « Il faut toujours avoir soin de transauquel il donna pour prieur ou prévôt le crire des livres et d'en augmenter le nombre, moine Reginbold. L'évêque de Constance fa- parce que la vie des hommes spirituels n'est vorisa ce nouvel établissement à la prière de rien sans les livres. » Radeboton et d'Itta. Reginbold amena avec 13. Il remarque que l'usage d'avoir à Pag. 6k. lui des moines de Notre-Dame des Ermites Moury des frères convers ou laïques pour les des reliques, des livres et des ornements sa ouvrages du dehors, venait de l'abbaye de cerdotaux. Il acheta des cloches à Strasbourg, Saint-Blaise ; qu'il s'était répandu partout, fit transcrire les livres de l'Ecriture et plu- et qu'on devait le maintenir, en les obligeant sieurs ouvrages des pères, un Psautier, des de vivre sous la règle et l'obéissance du père Missels, un Antiphonaire et une partie du spirituel. Il est aussi d'avis qu'on laisse sub- 65. Graduel; en un mot, il se donna tous les sister le monastère de filles bâti dans le voj

soins nécessaires pour former une bibliothè- sinage de Moury, pourvu qu'il y ait entre ces 16. que et une sacristie. Le comte Radeboton deux maisons une distance convenable, pour

étant mort, il le fit inhumer dans l'église, éviter tout soupçon , et qu'on donne à celui
devant l'autel de la sainte Croix.

des filles des personnes sages pour les diri-
11. Lui-même étant morten 1055, les moines ger. On les transféra depuis en un lieu ap- 69.
de Moury, de concert avec le comte Vernaire, pelé Hermentfwile, qui faisait partie de la
fils de Radeboton , demandèrent un autre fondation de Moury.
prieur à Hermann, abbé de Notre-Dame des 14. Le quatrième abbé fut Rupert, qui Los Act>
Ermites, qui leur donna Burkard, nourri dès mourui en 1110. Il eut pour successeur Udal- logie ne sont
son enfance dans ce monastère. Mais après ric II, à qui succéda en 1119 Ronzelin, dont même temps,
la mort de l'abbé Hermann, le comte Ver le successeur fut Chunon ou Conrad, auteur auteur.
naire, craignant que les moines de Notre des Actes dont nous parlons. Il finit son ou-
Dame des Ermiles ne s'arrogeassent un pou vrage en priant ceux qui viendront après lui
voir trop absolu sur le monastère de Moury, de mettre par écrit ce qui arrivera de remar-

en fit choisir abbé Burkard, qui mourut en quable dans l'abbaye de Moury. Ce qui 26. 1072. On élut pour second abbé Luitfrid, suit, de même que la table généalogique

moine de l'abbaye de Saint-Blaise. Dans un des comtes d'Hapsbourg, a été ajouté aux

voyage qu'il fit à Rome en 1096, il obtint des Actes de la fondation de Moury. La chose 28. cardinaux, en l'absence du pape, un décret qui est évidente pour le fragment qu'on lit à la

confirmait l'exemption de son abbaye, sous la suite des Actes; et elle ne l'est pas moins à
rétribution d'un denier d'or de cens annuel. l'égard de la généalogie, puisqu'elle va beau-

12. Le troisième abbé fut Udalric, à qui l'em- coup plus loin que les Actes, et qu'elle est con-
pereur Henri IV confirma, par un diplôme, traire pour certains faits aux Actes mêmes. La

tous les droits et toutes les possessions de comtesse Itta est appelée dans la généalogie, 32, 36. l'abbaye de Moury, en 1094; nommément réparatrice du monastère de Moury: les Ac

le pouvoir (laissé] à la communauté d'élire tes l'en disent fondatrice. Il est dit dans ceux-
un abbé selon la règle de saint Benoît. Le ci que Radeboton, comte d'Hapsbourg, prit
nombre des reliques de saints qu'il y avait pour femme Itta; la généalogie ne fait pas
à Moury est prodigieux. On y en voyait en même mention de Radebolon, quoiqu'il fût
tre autres de la sainte Croix, de l'éponge du la tige de la maison d'Hapsbourg et de la
Seigneur, du sépulcre de la sainte Vierge et maison d'Autriche : ce qui fait voir que l'au-
de ses cheveux, du sang de saint Jean-Bap- teur n'était pas au fait de la matière qu'il

tiste. La bibliothèque était aussi très-nom- avait à traiter, ou que cette généalogie n'est 48. breuse ; outre les livres de l'Ecriture et les pas complète.

1 Mabillon. , ibid., et Gallia christiana , tome V, ? C'est probablement ici une faute d'impression pag. 793.

pour l'Achilléide de Stace. (L'édit.)

et la Généa

20.

pas tons d'un

ni d'un messe Autres

Moury.

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on Udascalc.

15. On attribue encore à l'abbé Conrad primée à Leipsik en 1687, et reproduite au rad, abbé de une Chronique du monastère de Burglen, situé tome CLXX de la Patrologie, col. 803. L'au

sur une montagne très-élevée dans le Bris- teur écrivait entre 1124 et 1125. Son récit Chronic. gau, entre Bâle et Fribourg. Cette Chronique, , présente une lecture assez intéressante. Outre

que l'on conserve dans la bibliothèque de sa conversion et celle de son frère, Herman
Saint-Blaise, avec quelques autres opuscules nous fait connaître les doctrines qui avaient
qu'on juge, par le style et la méthode, être cours à cette époque 1.
du même Conrad, moine de cette abbaye 17. Udascalgue, moine de St-Ulric d'Augs- Udascalque
quand il les composa, a été iroprimée à Fri- bourg, fut le compagnon inséparable de son moine.
bourg, en 1755, in-4°, par les soins de dom abbé Eginon. Il se distinguait par sa science
Rustène Héer. Elle nous apprend que le mo- autant que par sa piété ; il était poète, musi-
nastère de Burglen fut fondé par Wernher cien et théologien très en réputation. L'an

de Catlinbach, d'une très-noble et très-an- 1125, il fut élu abbé de son monastère, Cap. 114, 1r. cienne famille de Brisgau , seigneur recom- charge qu'il remplit avec prudence et fidélité

mandable par ses vertus, surtout par ses li- pendant vingt-cinq ans. Il mourut en 1151.
béralités envers les pauvres, sa compassion Il a écrit un livre de musique ; il a composé
pour les malheureux, et ses bienfaits envers en vers de différentes mesures l'histoire de

le clergé et les moines de l'abbaye de Saint- plusieurs saints, en particulier celle de sainte
M. Blaise ; qu'il y fit même profession de la vie Afre, de saint Ulric, de saint Maurice et de

monastique sous le Vénérable Rustène, qui sainte Marie-Madeleine. Plusieurs épigram

en fut abbé depuis l'an 1108, jusqu'en 1125; mes de sa façon attestent la fécondité de son xi. qu'Itta, femme de Wernher, qui ne cédait à génie, l'étendue et la solidité de ses connais

son mari ni en noblesse ni en vertu, se con- sances. Il a écrit une relation des controver

sacra à Dieu dans un monastère de filles, ses entre Herman, évêque d'Augsbourg, at-
1. nommé Béraw, bâti par l'abbé Rustène. Avant taché au parti du roi Henri IV, et Eginon,

la fondation de Burglen, il y avait au même abbé de Saint-Ulric, fidèle au pape, avec un
lieu une ancienne Eglise, desservie par un poème du voyage et de la mort d'Eginon.
seul clerc. Wernher la donna à l'abbaye de ces écrits ont été donnés par Canisius dans le
Saint-Blaise, avec une partie des terres qu'il tome IIe de sa collection , Ille de la nouvelle
possédait dans le Brisgau , la Bourgogne et édition de Basnage. On a reproduit ces deux
la Suisse, à charge d'établir à Burglen une ouvrages avec une notice tirée de Fabricius,

communauté de moines sous la règle de au tome CLXX de la Patrologie, col. 833-8642,
1. saint Benoît. Cela s'exécuta sous l'abbé Ber- Pertz 3 a publié un autre ouvrage d'Udals-

thold, successeur de Rustène, malgré les op- calc; c'est la Vie de Conrad, évêque de Cons

positions de l'évêque de Constance, qui en- tance. Elle est reproduite au tome CLXX de

xn. suite les leva, par la médiation du pape Ho- la Patrologie. L'auteur la composa à la prière XIII, XIV, sv. noré II. Wernher mourut à Saint-Blaise, en d’Udalric ser, évêque de Constance, qui lui

1125, et son épouse à Béraw, l'année sui- avait donné l'hospitalité pendant l'exil qu'il
vante. Des deux enfants qu'ils avaient eus de eut à subir avec Eginon, son abbé. Après la
leur mariage, le premier, nommé Wernhère, lecture de cette Vie, le pape Callixte ordonna
se fit moine à Saint-Blaise, et y mourut en la levée du corps de Conrad; elle eut lieu
odeur de sainteté, en 1559. Le second, qui le 26 novembre 1123. Saint Conrad était mort
se nommait Wipert, embrassa aussi la vie en 976.
monastique, et fut le premier prévôt de Bur- 18. Munio ou Martin, qui de trésorier de l’E-
glen, dont il augmenta les fonds.

glise de Compostelle, devint évêque de Mon-
16. (Herman, juif de Cologne, converti par donhédo ou Mindon en Galice, et qui fut en
les sermons d'Egbert, évêque de Munster, et même temps chapelain et secrétaire du roi
par les conférences qu'il eut avec l'abbé Ru- Alphonse VII, a travaillé, de concert avec
pert, se retira dans un monastère de chanoines Hugues, Français de nation, archidiacre
réguliers de son pays. Il a composé un petit de la même Eglise, et depuis évêque de
écrit de sa conversion, donné par Caprovius Porto, au premier livre de l'Histoire de cette
dans l'édition du Bouclier de Raymond, im- Eglise, qui est regardée comme un des plus

1 Voyez Dupin, Nouvelle Bibliothèque, xiie siècle ; ? Voyez Fabricius, Bibl. med. et inf. lat., tom. VI,
Fabricius, Biblioth. mediæ et inf. latin., tom. VIII, pag. 288.
pag. 238, et Carpzovius, Epist. nuncupatoria.

3 Monum. Germ. hist. Script., tom. IV, pag. 429.

Munio, éve que de Mon donbédo; flu. goes, évèque de Porto ; Gi. rard, chanoine et curé.

Hermia jail converti de Cologoe.

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curieux monuments de l'ancienne histoire divisée en trois livres; elle commence par le
d'Espagne. Girald ou Girard, Français de récit de la prédication de saint Jacques en
nation, chanoine de l'Eglise de Compostelle, Espagne, et de la translation de ses reliques
et curé de la paroisse de Sainte-Anastasie, a à Compostelle, après qu'il eut été martyrisé
continué cette histoire. On voit par le prolo- à Jérusalem. Elle finit au second concile de
gue qu'il a mis en tête de son travail adressé Latran, dont elle fixe le commencement au
à Didace Gelmire, premier archevêque de quatrième dimanche de Carême de l'an 1139,
Compostelle, qu'il l'avait entrepris par ordre le 2 avril. On y trouve un grand nombre de
de ce prélat. L'auteur, ne voulant pas se faire faits intéressants pour l'histoire de l'Eglise.
honneur de ce qui ne lui appartient pas dans Elle a été publiée par Florez dans l'Espana
cette histoire, a soin d'avertir qu'il n'a fait sagrada, tom. XX, d'où elle a passé avec les
que continuer et finir l'ouvrage, composé notices données par Antoine et par Florez, au
par Munio et par Hugues. Cette histoire est tome CLXX de la Patrologie, col. 875-1236.)

CHAPITRE XLI.

Discours sur la Théologie positive et scholastique.

ment de la

vélée.

positive. Son

s'est fait.

Etablisse- 1. Il a été facile au lecteur de remarquer que depuis les vie et vire siècles, les écrivains religion ró- dans le cours de cette histoire, de quelle ma- ecclésiastiques ajoutèrent en témoignage de

nière la religion révélée s'est établie dans le la religion chrétienne ce qu'en ont dit les pères
monde; quels en ont été les commencements dans leurs ouvrages, les décisions des con-
et les progrès; comment elle s'est soutenue; ciles, les décrets des souverains pontifes,
quels moyens les docteurs de l'Eglise ont sans négliger les arguments tirés des lumiè-
employés, soit pour la persuader aux incré- res de la raison.
dules, soit pour la défendre contre ceux qui 4. Cette méthode de traiter les mystères, Théologie
l'ont attaquée. Quoique la même dans tous est ce qu'on a appelé Théologie positive ; et elite
les siècles, la méthode de l'enseigner ou de dès lors on conçoit aisément de quelle utilité

la défendre n'a pas été toujours uniforme. elle a été à l'Eglise. Les docteurs n'avaient Comment i) 2. Dans les onze premiers siècles, les pères point de voies plus assurées pour faire par

de l'Eglise, qui savaient comment on doit venir une connaissance certaine de nos dog-
rendre la vérité sensible et aimable, et qui mes à tous les siècles, ni de sources plus
n'ignoraient point que ce n'était pas assez de pures, où puiser les preuves de la vérité de
la faire connaître, si on ne porte à la faire ces dogmes.
révérer et adorer, l'ont traitée d'une manière 5. C'est Dieu qui nous parle dans l'Ancien
noble et élevée ; mais toujours par des dis- comme dans le Nouveau Testament : l'un et hoje pocar
cours à la portée des esprits qu'ils voulaient l'autre sont marqués au sceau de la divinité. Pérites de in
convaincre. Ils s'appuyaient, soit dans leurs Il voulut, en donnant la loi sur le mont Sinai, loi de Moyse.
écrits, soit dans leurs instructions verbales, faire connaître par les signes les plus écla-
surl'autorité des divines Ecritures, sur la tra- tants, qu'il en était l'auteur; et afin que l'on
dition apostolique, sur le témoignage que les ajoutåt foi à Moïse, qu'il avait chargé de la
martyrs avaient rendu à la vérité de nos promulguer, il le revêtit de sa science et de
mystères jusqu'à l'effusion de leur sang; sur le sa puissance, dons qui se manifestèrent par
consentement unanime de toutes les Eglises, un grand nombre de miracles publics, qui
et sur l'authenticité des miracles de Jésus- confondirent les prestiges de la magie.
Christ et des apôtres.

6. L'accomplissement des événements pré- Les prepbe-
3. Telle était la façon de prouver la divi- dits par les prophètes-forme une preuve si accomplisee-
nité de Jésus-Christ et de sa doctrine, [en évidente de leur certitude, que les payens, ne
particulier) pendant les trois premiers siècles. pouvant résister à la force de cette preuve,
On l'a suivie encore dans le ive et dans tous
les autres jusqu'au XII°, avec cette différence Voyez les notices publiées par Antoine et Florez.

Moyens qu'elle €m

prouver

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religion.

La Vide et Act.,

Jag fanm

na nasa : lios, of lear

ment.

des martyrs.

ont pris le parti de dire que les prophéties Corinthiens : Je n'ai pas employé, en vous par- 1 Cor...1,6.
ont été fabriquées après l'événement. C'est lant et en vous prêchant, les discours de la sa- 1,16.
la remarque de saint Augustin : mais ce saint gesse humaine, mais les effets sensibles de les-
docteur fait voir par le témoignage même prit et de la vertu de Dieu ; afin que votre foi
des Juifs, ennemis les plus irréconciliables ne fût point établie sur la sagesse des hommes,
de la religion chrétienne, que les prophéties mais sur la vertu de Dieu. Il était important
dont ils sont les dépositaires, ont été écrites que ces miracles fussent rapportés dans le
en leur langue dans le temps de leurs dates, livre des Actes des apôtres, parce qu'ils for-
c'est-à-dire sous les règnes des princes qui y meront toujours une preuve subsistante de
sont rappelés. Au reste, ce n'est pas seule- la vérité de l'Evangile qu'ils devaient prê-
ment à l'égard des mystères de la religion cher dans tout l'univers.
prédits par les prophètes, que leurs prophé- 8. Il n'était pas moins intéressant que l'on Los actes
ties ont été accomplis. On a vu la naissance recueillit les actes des martyrs : les fidèles
et la chute de l'empire des Perses, des Grecs s'en faisaient un devoir; ils marquaient exac-
et des Romains, arrivées en la manière et tement le genre et le jour de leur mort pour
dans le temps qu'ils avaient prédits. Tout ce en faire la fête. L'usage de mettre par écrit
qui est arrivé à l'Egypte, à Ninive et à Ba- les circonstances de leurs supplices, avait
bylone, avait auparavant été révélé aux pro- lieu dès le siècle des apôtres, parce qu'on
phètes. Des preuves si évidentes de la certi- regardait les souffrances des martyrs : comme
tude des prophéties faisait dire à l'apôtre autant de témoins qui déposaient pour la di-
saint Pierre, qu'il ajoutait plus de foi à ce vinité de Jésus-Christ. C'est pourquoi les pre-
qu'on lisait dans les écrits des prophètes, qu'à miers évêques, et ceux mêmes qui avaient
ce qu'il avait vu de ses propres yeux sur le été disciples des apôtres, après avoir em-

Thabor, lors de la transfiguration du Sauveur. ployé contre les hérétiques a l'autorité de la
L'autorité 7. Or ces prophètes ont annoncé la venue loi de Moïse, des prophètes et de l'Evangile,
et des mira- du Messie; ils ont marqué le temps et le lieu y ajoutaient, pour les convaincre , les actes

de sa naissance, et n'ont omis aucun des ca- des martyrs. C'est ce que l'on voit dans l'é-
ractères auxquels on devait le reconnaître. pître de saint Ignace, évêque d'Antioche, et
Jésus-Christ les a tous réunis en sa personne: martyr, aux Smyrniens. « Défenseurs de la
il l'a prouvé par un nombre infini de mira- mort ou de l'erreur, plus que de la vérité 3,

cles ; et c'est par la même voie qu'il a établi ils n'ont, dit-il en parlant des hérétiques, pu Joan., 71, 16. son Evangile par toute la terre. A la multi- être persuadés jusqu'à ce jour, ni par les

plication des cing pains, cinq mille person prophéties qui rendent témoignage à la divi

nes croient qu'il est vraiment le prophète qui nité de Jésus-Christ, ni par la loi de Moïse, Joen., 18, 38. doit venir dans le monde. L'aveuglé-né l'a ni par l'Evangile, ni par les tourments que

dora comme Dieu, aussitôt qu'il l'eut guérinos martyrs ont soufferts pour la foi en Jésus

et lui eut fait connaître qu'il était le Fils de Christ. » Joan., 11, 65. Dieu. Plusieurs Juifs, ayant été témoins de la 9. Telle était, dès le premier siècle de l'E

résurrection de Lazare, crurent en Jésus- glise, la méthode de traiter les matières de

Christ, sachant qu'il avait fait ce miracle. Il la religion : ainsi l'on peut faire remonter la Act., 11, 61. se convertit environ trois mille hommes à la théologie positive jusqu'au temps des apôtres

première prédication de saint Pierre, et en- ou de leurs disciples. Cette méthode fut sui..: viron cinq mille à la seconde. La première vie par saint Justin dans ses Apologies pour

venait d'être précédée de la descente du la foi contre les païens. Il y établit, comme
Saint-Esprit et du don des langues ; et la se- saint Ignace, la vérité de notre religion par
conde de la guérison du boiteux à la porte l'autorité des divines Ecritures, et par la
du temple. Les apôtres employaient des mi- constance des martyrs. Il en est de même
racles, non - seulement pour convertir les des autres apologistes du christianisme,
Juifs et les infidèles, mais aussi pour les af- comme Théophile d'Antioche, Athénagore,
fermir dans la foi lorsqu'ils l'avaient em- Miltiade, Tertullien, Saint Irénée la prouve
brassée : d'où vient que saint Paul disait aux aussi par l'unité de doctrine“, toujours la

de l'Evangile

des.

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· Pont. diacon., in Vita S. Cyprian., pag. 1.
• Cyprian., de Idolor, vanitate, pag. 12.

Patroni mortis magis quam veritatis, quibus nec prophetiæ persuasere nec Moysis lex, nec Evangelium

in hunc usque diem, neque nostræ singulorum passiones. Ignat., ad Smyrnens., num. 5.

Iren., lib. III cont. Heres., cap. 11, iu, et lib. IV cap. XXXID.

apostolique.

Lo consentement de

thode,

églises.

même dans l'Eglise depuis Jésus-Christ, au contre ses ennemis : de là sont venus tant

lieu qu'elle variait chez les hérétiques d'excellents ouvrages de saint Cyprien, de La tradition 10. Un autre de ses arguments est!, que saint Hilaire, de saint Athanase, de saint Ba

l'Ecriture étant obscure en quelques endroits, sile, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint
il est nécessaire de recourir à la tradition, Ambroise, de saint Augustin, et d'un grand
c'est-à-dire à la doctrine que Jésus-Christ et nombre d'autres savants de l'antiquité, dont
ses apôtres nous ont transmise de vive voix les écrits sont d'autant plus précieux, qu'ils
par une succession constante des évêques. nous y ont transmis d'âge en âge les vérités
Saint Clément d'Alexandrie insiste aussi sur qu'ils avaient reçues par la voie de la tradition.
la nécessité de cette tradition orale 2. Les hé- Quoiqu'ils ne se soient pas appliqués à faire
rétiques ne pouvant montrer par une succes des corps entiers de théologio, ils en ont ex-
sion non interrompue d'évêques, qu'ils des- pliqué tous les dogmes. Les théologiens qui
cendaient des apôtres ou des hommes apos- vinrent après eux, citèrent leurs écrits, les
toliques, Tertullien conclut de là 3, que leur décrets des conciles, les décrétales des pa-
doctrine était nouvelle, et conséquemment pes, avec d'autant plus de succès, qu'ils n'a-
qu'ils ne devaient pas être reçus à la paix vaient rien enseigné que de conforme aux
et à la communion par les Eglises apostoli- divines Ecritures et à la tradition de l'Eglise.
ques.

13. Ils profitèrent encore des arguments Theologiens 11. Il prouve au contraire la vérité de nos que les lumières de la raison naturelle four- les Course toutes nos dogmes par le consentement unanime de nissaient, ou qu'ils trouvaient dans les écrits

toutes les Eglises en une même croyance. «Il des pères. Avec tous ces secours, il leur fut
n'est pas vraisemblable, dit-il 4, que tant facile de composer des traités de théologie
d'Eglises et si nombreuses se soient accor- sur tous les articles de la foi. Aussi la plu-
dées à recevoir l'erreur : si leur doctrine eût part des écrivains des villo, ixe et xe siècles,
été fausse, elle aurait dû varier. Ce qui se ont fait de leurs ouvrages un tissu des pas-
trouve être le même chez plusieurs, n'est pas sages de l'Ecriture et des pères, des décrets
une erreur, mais une tradition. »

des conciles, et des décisions des papes. Le 12. Les siècles suivants fournirent à la lecteur en a vu des preuves dans ce que nous des conciles théologie positive plusieurs autres moyens avons dit de Bède, d'Alcuin, de Raban Maur,

de constater les vérités que la foi nous en- et de quantité d'autres écrivains du moyen
seigne. La paix qui suivit la conversion des âge.
empereurs et autres potentals de l'univers, 14. Mais quoique les pères de l'Eglise aient Usage de la
mit les évêques dans la liberté de s'assem- communément employé la voie d'autorité dans les crits
bler pour les besoins de l'Eglise. Tous dépo- dans les matières de religion, ils n'ont pas
sitaires des vérités spéculatives et pratiques laissé en certains cas de recourir à la mé-
de la religion, ils s'accordèrent à composer thode des écoles péripatéticiennes, pour dé-
des canons ou des décrets pour le maintien velopper toutes les ruses des novateurs. Saint
et l'observation de ces vérités. Les Souve- Grégoire de Nysse , ayant à réfuter Euno-
rains Pontifes, consultés de toutes parts sur mius, le plus dangereux et le plus subtil so-
les matières de la religion, répondirent par phiste de son siècle, mêla dans l'ouvrage
des épitres décrétales, que l'on reçut par qu'il écrivit contre lui les raisonnements de
tout le monde avec respect, parce qu'il était la pbilosopbie et de la théologie. Il répondit
d'usage dans toutes les Eglises de n'y rien suivant la méthode d'Aristote aux objections
traiter d'important en matière de foi et de de cet hérésiarque, distingua les termes
discipline, sans en communiquer avec l'E- qu'Eunomius confondait, débrouilla ses rai-
glise de Rome, comme étant chargée du soin sonnements captieux, découvrit ses subter-
de toutes les autres. L'instruction des caté- fuges. Il suivit la même méthode dans ce
chumènes et des néophytes, les diverses héré- qu'il écrivit contre Apollinaire, et combattit
sies qui jetèrent le trouble dans l'Eglise, en- si puissamment ces deux ennemis de la vé-
gagèrent les évêques et d'autres écrivains rité, qu'elle en reçut un nouvel éclat. Ce fut
ecclésiastiques à écrire, soit pour l'utilité et aussi avec le secours de la philosophie que
l'édification de l'Eglise, soit pour la défendre saint Augustin fit évanouir toutes les subti-

1 Iren., lib. III cont, Hæres., cap. II, III, et lib. IV, 8 Tertull., lib. de Præscript., cap. XXXII. cap. XXXIII.

"Tertull., ibid., cap. XXVIII, XXIX, XXX, XXXII. * Clemens, lib. I Stromat., pag. 322.

L'autorité

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des décrets de Rome, et des écrits des Pères.

pbilosopbie i

des pères.

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