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Il préfère le chant des psaumes et des canti- des confréries 6, avec obligation de prier
ques à la prière !, parce qu'en chantant des pour ceux quilui donnaient du bien, que c'était
psaumes on imite sur la terre ce que les an- vendre, pour ainsi dire, l'office divin, et être
ges font dans le ciel. Il regarde la prière faite mercenaire que de prier lorsqu'on donne quel-
aux saints ?, comme faite à Dieu même; Dieu que chose, et de cesser de prier lorsqu'on ne
la recevant, dit-il, fait connaître aux saints donne rien. Il n'était donc point d'avis d'ajou-
cette prière, et c'est à cause d'eux qu'il fait ter d'autres prières à celles que lui et ses dis-
miséricorde à celui qui les invoque.

ciples faisaient chaque jour; et quoiqu'elles
Le recueil des sentences de saint Etienne leur fussent particulières, il les regardait
finit par une instruction surles dîmes, où, après comme étant communes à tous les hommes.
avoir montré comment Dieu donne l'accrois. 22. Dom Martène 7 a fait encore imprimer
sement à la semence que le laboureur jette dans le cinquième tome de ses Anecdotes un
sur la terre, le saint ajoute qu'on ne peut, sans livre intitulé : Doctrine ou Instruction des no-
injustice, ne pas en payer la dime aux mi- vices de l'ordre de Grandmont; mais on ne
nistres de Dieu.

peut l'attribuer à saint Etienne de Muret, ni 21. Il y a encore quelques autres maximes 3 à aucun de ses premiers disciples, puisque de saint Etienne de Muret dans la Vie qu'en dans le premier chapitre le supérieur de a composée Etienne de Lisiac 4, quatrième l'ordre est appelé abbé, titre que les grandprieur de Grandmont, en 1139, imprimée montains ne se sont donnés que sous le pondans le sixième tome de la Grande Collection tificat du pape Jean XXII, au lieu qu'aude dom Martène, [et de là au tome CCIV de paravant, ils ne donnaient à leur supérieur la Patrologie, col. 1071-1086;] mais si quel général que le nom de prieur. Le premier ques-unes de ces maximes sont à peu près qui a pris la qualité d'abbé est Guillaume les mêmes que celles de la collection de Hu- Pellicier, en 1317. Dom Martène le regarde gues de Lacerta, les autres sont différentes. comme auteur de l'ouvrage dont nous parSaint Etienne croyait que l'on devait du sou lons, soit à cause du grand zèle qu'il avait lagement aux femmes publiques et aux gens pour la religion, soit parce que le plus ande théâtre 5, dans leurs besoins corporels, cien manuscrit de cette instruction pour les afin d'en prendre occasion de les rappeler novices est d'un caractère usité dans le temps au soin de leur salut. « Si nous recevons, auquel Guillaume Pellicier était abbé. Le disait-il, le pécheur avec des paroles dures, livre est divisé en dix-sept chapitres, où l'on lorsqu'il s'adresse à nous, il en sera plus at- peut apprendre quels étaient alors les usages taché à son péché, pensant que Dieu est un de l'ordre de Grandmont. La formule du Concruel; mais en lui procurant d'abord les be- fiteor est marquée au troisième chapitre en soins du corps, il écoutera plus volontiers ce ces termes : Confiteor Deo et Beatæ Mariæ, et que nous lui dirons pour le salut de son Angelis Dei, et Sancto Stephano, Confessori, et ame. » Il répondait à ceux qui lui proposaient omnibus Sanctis, et tibi Pater, etc 8.

CHAPITRE XLV.
Pierre, diacre et bibliothécaire de Mont-Cassino.

(Ecrivain latin, 1159.]
Pierre, dia 1. Né à Rome d'une famille patricienne 10, abbé de Mont-Cassin , le fitélever sous ses yeux
mencemerlot Pierre fut offert par ses parents à saint Benoît pendant huit ans. Pierre, une fois en âge de cul-

dès l'âge de cinq ans en 1115. Girard, alors tiver les belles-lettres, s'y appliqua avec suc

cre. Ses com mencements en 1116.

1 Cap. civ, cv. – 2 Cap. cxII. — 3 Marten., tom. VI Ampliss. Collect., pag. 1043. - Cela est contredit dans le Journal de Verdun, août 1766, pag. 133. (L'é. diteur.) – 5 Pag. 1122. - 6 Pag. 1123. – 7 Marten., tom. V Anecdot., pag. 1823. — 8 A la suite de saint Etienne, les éditeurs de la Patrologie ont reproduit, après Etienne de Lisiac, six lettres de Pierre Bernardi ou de Corillo, cinquième prieur, en 1171; deux lettres de Guillaume de Trahinac, sixième prieur, en

1174; la Vie de saint Etienne de Muret, et Révélation d'un frère, par Gérard Ithier, septièmc prieur, 1188; la Vie de saint Hugues de Lacerta, par Guillaume Dandina , en 1187; lItinéraire des frères de Grandmont, apportant les reliques des sept compagnes de sainte Ursule, par un anonyme. (L'éditeur). - 9 Voyez les Prolégomènes de Wattembach, au tome CLXXIII de la Patrologie, col. 461-480. (L'éditeur.) — 10 Petr., de Viris illust. Cassin., cap. XLVII.

2. odele déposé hit encour

voyé en exil, en 1128.

tion des moi

Cassin.

Dispute de

Il revient à Mont-Cassin.

cre, avec un pbilosophe

cès : il ne fit pas moins de progrès dans l'é- du pape. Pierre répondit qu'ils ne s'étaient
tude de l'Ecriture sainte, de la théologie, et point séparés du pape Innocent, mais qu'il
de l'histoire sacrée et profane.

les avait abandonnés lui-même en se sauvant Il est en. 2. Oderise, successeur de l'abbé Girard, en France; qu'à l'égard de l'élection de leur

ayant été déposé par ordre du pape Hono- abbé, elle devait se faire librement, selon la
rius II, dont il avait encouru l'indignation règle de saint Benoît. Il cita quantité d'élec-
pour lui avoir refusé l'hospitalité' avant son tions auxquelles le pape n'avait concouru, ni
élévation sur le Saint-Siége, fut obligé de par lui-même, ni par député. Pierre défen-
quitter le Mont-Cassin, et l'on mit à sa place dit les droits de son monastère avec tant de
Seignoret, dont l'élection lui fut si agréable, suffisance, que l'empereur Lothaire le prit à
qu'il voulut le bénir lui-même : soit que son service.
Pierre lui eût refusé son suffrage, ou qu'il 5. Ce prince, pendant l'entre-temps de ces Recone'lia.
fut trop attaché à Oderise, on l'obligea de séances, avait souvent pressé le pape Inno- nes de Mont-
sortir de Mont-Cassin n'étant âgé que de cent de pardonner aux moines et à l'abbé du
vingt-un ans : c'était en 1127 ou 1128. Pto- Mont-Cassin 5. Ses instances eurent leur ef-
lemée, son oncle, mit cet exil sur le compte fet. Le pape leur pardonna; et après qu'ils
de l'abbé Seignoret 2. Il offrit à son neveu de lui eurent promis obéissance pour lui pour ses
le recevoir chez lui avec l'abbé Oderise, et successeurs, il leur rendit sa communion, et
de les mettre en possession de toutes les ba- les reçut au baiser de paix.
siliques dépendantes de Mont-Cassin.

6. Vers le même temps, c'est-à-dire l'an
3. Pierre y était de retour en 1137, lors. 1137, avant le mois de septembre, arrivè- ciertovec 'an
que l'abbé Raynald eut ordre, de la part de rent des ambassadeurs de Jean Comnène, srec.
l'empereur Lothaire 3, de se trouver à Melfe, empereur de Constantinople , pour féliciter
pour la cour qu'il devait y tenir à la Saint Lothaire de sa victoire contre Roger, roi de
Pierre. Raynald y vint accompagné de plu- Sicile. L'un d'entre eux, qui était philosophe,
sieurs de ses moines, du nombre desquels se répandit en invectives contre le Saint-
était Pierre, diacre, que ce prince avait de Siége et toute l'Eglise d'Occident. Il disait
mandé nommément. Il était question d'exa- que le pape était moins un évêque qu'un em-
miner l'élection de Raynald, dont le pape pereur; lui reprochait ainsi qu'aux évêques
Innocent II contestait la canonicité, parce d'aller à la guerre, et de se vêtir de pourpre.
qu'elle s'était faile dans le temps que Ray- Il traitait les clercs de l'Eglise romaine d'ex-
nald et les moines de Mont-Cassin adhéraient communiés et d'azymites, et faisait un crime
au schisme de Pierre de Léon.

à tous les Latins d'avoir ajouté au symbole Il est choisi 4. L'empereur Lothaire avait bien voulu la particule Filioque. Pierre, diacre, s'éleva les droits de se rendre arbitre, ou plutôt médiateur, entre contre ce pbilosophe. L'empereur Lothaire

le pape et la communauté de Mont-Cassin. leur ordonna de disputer ensemble devant
Il se fit assister du patriarche d'Aquilée et lui. La dispute commença de grand matin,
de plusieurs évêques. Le pape nomma pour et ne finit que le soir?. Au reproche que le
sa défense le chancelier Aimeric, trois autres Grec faisait aux Latins d'avoir contrevenu au
cardinaux, et saint Bernard. Henri, duc de symbole de Nicée, en y ajoutant que le Saint-
Souabe, et plusieurs autres grands seigneurs, Esprit procède du Père et du Fils, Pierre ré-
prirent le parti des moines de Mont-Cassin; pondit : « Si vous nous dites excommuniés
et ceux-ci choisirent Pierre, diacre, pour dé- pour avoir fait cette addition, vous êtes donc
fendre leur cause : elle occupa cinq séances, aussi excommuniés, vous qui y avez ajouté
pendant lesquelles Pierre répondit aux diffi- que le Saint-Esprit procède du Père seul. »
cultés que le cardinal Gérard forma sur l'é- Ce Grec ne répliqua rien; mais il eut soin
lection de l'abbé Raynald. Les principales de mettre par écrit tout ce qui s'était dit de
étaient 4 que les moines de Cassin avaient part et d'autre dans cette dispute, et de l'en-
abandonné le pape Innocent pour adhérer voyer à l'empereur et au patriarche. Il donna
à l'antipape Pierre de Léon, et que l'élection aussi par écrit à Pierre, diacre, les autorités
de Reynald s'était faite sans le consentement sur lesquelles on se fondait dans l'Eglise

poordéfendre

Mont Cassin.

1 Mabillon., lib. IV Annal., num. 147.
2 Mabillon., ibid., lib. LXXV, num. 4.
3 Chronic. Cassin., lib. IV, cap. cvili et seq.
* Ibid., cap. cx, CXI, CXII, CXIII, CXIV.

5 Ibid., cap. CXV.
6 Ibid., cap. cxv.
7 Ibid., cap. CXVI.

Pierre accompagne l'empereur,

grecque pour permettre le mariage aux Mont-Cassin, poète célèbre de son temps.
prêtres. Lothaire, extrêmement content des On y a ajouté trois autres chapitres, où il est
réponses de Pierre, diacre', le fit son secré- parlé des écrits de Gélase II, pape, et aupa-
taire, son auditeur, et chapelain de l'empire ravant moine de Mont-Cassin; de Jean Ti.
romain. On ne sait si Pierre rédigea par écrit burtin el de Pierre, diacre : ce chapitre con-
sa dispute avec le philosophe grec, mais il ne tient le dénombrement de ses ouvrages. Ce
s'en trouve rien dans le catalogue de ses traité, qui est intitulé : Des Hommes illustres
ouvrages. Il y est fait mention de ce qu'il dit de Mont-Cassin, a été enrichi de longues et
en présence de l'empereur Lothaire pour la savantes notes par Jean-Baptiste Mari, cha-
défense des droits du Mont-Cassin.

noine de Rome, et imprimé en cette ville en
7. Pierre obtint de ce prince la liberté d'y 1655, in-8°; à Paris en la même forme, l'an
retourner pour quinze jours 3; ensuite il eut 1666; au XXIe tome de la Bibliothèque des
ordre de revenir à la cour, Lothaire songeait Pères, à Lyon, en 1677; dans la Bibliothèque
même à l'emmener avec lui en Allemagne, ecclésiastique de Fabricius, à Hambourg, en
et lui avait déjà ordonné de prendre les de- 1718, in-fol.; au VIe tome des Ecrivains d'I-
vants pour des affaires de l'Empire; mais talie, de Muratori, au IXe de Burmann (et au
l'abbé Wibald ou Guibald, qui venait d'être tome CLXXIII de la Patrologie, col. 1003-1050,
élu à la place de Reynald, fit si bien valoir d'après Muratori.] Il est suivi dans ces éditions
le besoin qu'il avait de Pierre, diacre, dans du supplément de dom Placide, aussi diacre
le gouvernement de Mont-Cassin, que l'em- de Mont - Cassin, en trente et un articles ou
pereur le lui laissa. Wibald eut lui-inême le chapitres, quiconduisent l'histoire des savants
dessein d'envoyer Pierre en Allemagne, en de cette abbaye jusqu'en 1584, qui fut l'an de
Saxe, en Lorraine 4, et en quelques provinces la mort de Grégoire Cortese, le dernier de
du nord ; mais on ne sait s'il l'exécuta. Onceux dont il est parlé dans ce supplément.
croit que Pierre, diacre 5, vécut jusque sous 9. Léon de Marsi , moine de Mont-Cassin, Chronique
le pontificat d'Alexandre III, élu pape le 7 et depuis cardinal évêque d'Ostie, avait d'a- sia. Disami
septembre 1159, qui le pourvut de l'ab- bord été chargé par Oderise, abbé de ce mo- ques e
baye de Venouse après la mort de l'abbé nastère, l'an 1087, d'écrire la Vie de Didier,
Gilles.

l'un de ses prédécesseurs, plus connu sous 8. Pierre, diacre, voyant que saint Jérôme, le nom de Victor III, pape; Oderise lui orhommes dias. Gennade, Isidore 6 et quelques autres, s'é- donna depuis de donner la Vie de tous les

taient appliqués à faire connaître à la posté. abbés de Mont-Cassin, à commencer par
rité ceux que leur savoir avait rendu recom- saint Benoit jusqu'à Didier. Léon obéit, et
mandables, forma le dessein de donner le dédia l'ouvrage à celui qui le lui avait com-
catalogue de tous les écrivains de l'abbaye mandé. Il trouva des secours dans les ar-
de Mont-Cassin, avec un précis de leur vie chives de l'abbaye, surtout dans une Chro-
et la liste de leurs écrits. Gui , son maitre, nique de l'abbé Jean , dans l'Histoire des
homme de lettres et de mours très-pures, Lombards, des Empereurs romains, des Papes,
avait travaillé sur la même matière quelques et dans divers diplômes des concessions et
années auparavant; mais la difficulté de privileges accordés au Mont-Cassin. L'ou.
l'entreprise la lui fit abandonner. Pierre n'en vrage a pour titre : Chronique du Mont-Cas-
fut point effrayé, et quoiqu'il se crût beau- sin. Les trois premiers livres sont de Léon
coup au-dessous de son maître pour la beauté d'Ostie ?, et finissent à la mort de l'abbé Di-
du langage et la solidité du jugement, il se mit dier, ou Victor III, en 1087. Pierre, diacre,
à l'ouvrage. Son écrit est composé de quarante- y en ajouta un quatrième, qui commence à
quatre chapitres, dont le premier traite de l'abbé Oderise, en 1087, et finit à la mort de
saint Benoît, de sa règle, et de deux lettres Rainald Il et à la mort de l'antipape Anaclet,
qui portent son nom, l'une à saint Remi, ar- en 1138; mais on ne trouve point dans ce
chevêque de Reims, l'autre à saint Maur, son quatrième livre la même exactitude ni la
disciple, qu'il avait envoyé dans les Gaules. même précision que dans les précédents.
Le dernier regarde Rainald, sous-diacre de Quelques-uns ont soutenu que tout ce qui

de Most

Ses écrits. Catalogue des hommes illas. tres de MontCassin.

· Ibid., et in notis ad Litter. B. — * Petr., de Viris illust. Cassin., cap. XLVII. — 3 Chronic. Cassin., cap. CXVIII, CXIX, cxx, CXXI, CXXII, CXXIII , CXXV, - Gui bald., Epist. 1, tom. II Ampliss. Collect., pag. 185.

5 Mabillon., lib. LXXV Annal., num. 4. - 6 Petr., de
Viris illust. Cassin., in prolog. – ? L'ouvrage de
Pierre commence au chapitre XXXV du livre III.
(L'éditeur.)

cette Chronique.

cetto Cbroni

Réponses 101 diffeul. tes.

y est dit depuis le chapitre cvIII jusqu'au toute l'authenticité qui a dépendu de lui, cette chroni-
CXV°, n'était pas de Pierre, diacre, mais une n'ayant rien avancé que sur l'autorité des re-
addition faite à sa Chronique par quelque gistres des papes saint Grégoire VII et ses suc-
schismatique du parti de l'antipape Anaclet; cesseurs, que ce qu'il avait appris de l'abbé
ils en donnent pour raison qu'il eût été in- Seignoret, ou de témoins dignes de foi, ou ce
digne de Pierre, diacre, d'avancer que l'em- qu'il a vu de ses propres yenx : c'est ce qu'il
pereur Lothaire avait été juge en présence assure dans la préface du quatrième livre de
du pape Innocent Il du différend agité entre sa Chronique.
les cardinaux et les moines de Mont-Cassin; 12. Elle fut imprimée à Venise en 1513, Editions de
que l'auteur confond saint Bernard, abbé de in-4', par les soins du moine Laurent; à quos
Clairvaux, avec saint Norbert, disant que Paris en 1603, in-fol., avec les gestes des
celui-ci assista à cette dispute, ce qui n'est Français, par Aimoin. L'édition est de dom
vrai que de saint Bernard; enfin qu'il met Jacques de Breuil, moine de Saint-Germain-
cette conférence au mois de juillet 1138, ce des-Prés; celle de Naples, en 1616, est de
qui est absolument contraire à la vérité de Matthieu Lauret, Espagnol, abbé de Saint-
l'histoire, qui nous apprend que Lothaire Sauveur. On a de lui une dissertation sur le
était mort sur la fin de l'année précédente. · monachisme de saint Grégoire-le-Grand, et

10. Mais les remarques suivantes répon- une sur la translation du corps de saint Be-
dent à toutes les difficultés : Pierre, dia- noit, imprimées en la même ville en 1607,
cre', au moment de la dispute de ses con- in-4o. Ange de la Noix, cent trente-sixième
frères avec les cardinaux au sujet de l'élec- abbé de Mont-Cassin, ayant remarqué plu-
tion de l'abbé Raynald , adhérait comme sieurs omissions, et quelques altérations du
toute la communauté de Mont-Cassin au texte dans l'édition de Lauret, en donna une
parti de l'antipape Anaclet; l'empereur Lo- nouvelle, revue sur deux manuscrits, qui pa-
thaire étant médiateur entre le pape Inno- rut à Paris en 1668, in-fol., avec des notes
cent II et les moines de ce monastère, pou. de l'éditeur, la vie de saint Benoît, tirée du
vait présider à une assemblée convoquée second livre des Dialogues de saint Grégoire;
du consentement du pape, et juger, assisté un poëme en vers élégiaques, de Marc, dis-
de divers évêques, d'un différend que les ciple de saint Benoit, sur la construction et
deux parties avaient remis à sa prudence; la situation du monastère de Cassin, et plu-
toutefois ce prince ne prononça sur rien, sieurs autres pièces qui ont rapport à l'his-
il renvoya tout au pape, et se conduisit toire de cette maison : l'édition est dédiée
plutôt en intercesseur qu'en juge. S'il y a au pape Clément IX. En 1670 on imprima
faute pour l'époque de cette assemblée, ce à Rome un supplément aux notes d'Ange de
n'est que dans l'édition de Venise, où il est la Noix, mais sans la Chronique, dont la der-
dit qu'elle se tint la septième année du règne nière édition est celle qui vit le jour à Milan,
de Lothaire, au lieu que dans les autres édi- en 1724, in-fol., au IVe tome du Trésor ďl.
tions et dans le manuscrit de Mont-Cassin, talie de Muratori, avec les notes d'Ange de
on lit la sixième. A l'égard de ce qui est la Noix. On ne trouve point dans l'édition de
échappé à l'auteur de la Chronique, de met- Paris la dissertation où Ange de la Noix
tre Norbert pour Bernard, c'est une faute entreprend de démontrer que le corps de
d'inadvertance d'autant plus pardonnable, saint Benoît repose encore dans l'église de
qu'il la corrigeait lui-même en donnant à Mont-Cassin:aussi ne fut-elle imprimée qu'en
Norbert la qualité d'abbé de Clairvaux, qui 1670 à Rome?, chez Fabius de Falco. (Le
ne convenait qu'à saint Bernard. Ce qu'on tome CLXXIII de la Patrologie, col. 765 -978,
peut reprocher à Pierre, diacre, dans la con- renferme la continuation de la Chronique du
tinuation de la Chronique de Cassin, c'est Mont-Cassin, par Pierre, diacre. Elle est re-
qu'il est trop prolixe, qu'il charge son histoire produite d'après l'édition de Wattembach
de quantité de minuties et d'inutilités, et qu'il dans Pertz, Monum. Germ. Historice.]
affecte de relever la noblesse de sa famille, 13. Pierre, diacre, dans la relation qu'il a
et la considération que les grands du siècle faite de la manière dont on découvrit à Mont- :

avaient pour son mérite et son savoir. Cassin le tombeau de saint Benoit, sous
do 11. Au reste, il a donné à ce qu'il raconte l'abbé Didier, dit qu'un nommé Georges,

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Rolation da l'Invention du corps de sajat Benoit

Editions de

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Mont-Cassin. Commentaire de Pierre, dlacre.

mansionaire ou garde de l'église ', proposa, noît. Nous en avons une dans le tome ser des en l'absence de cet abbé, aux religieux qui Actes de l'ordre, mais elle y est sous le nom veillaient la nuit auprès du tombeau de ce du moine Gordien , et il y est dit qu'étant à saint, de l'ouvrir, et d'en regarder les reli- Constantinople, il l'écrivit en grec, par ordre ques; que tous y ayant consenti et le tombeau de l'empereur Justinien. Dom Mabillon, en la étant ouvert, ils trouvèrent les ossements donnant au public, ne doutait pas qu'elle n'eût de saint Benoît et de sainte Scholastique; été interpolée; néanmoins, il laissa en tête que George emporta une dent du saint, la le nom du moine Gordien, comme s'il en eût mit dans un vase d'argent; mais qu'il fut été l'auteur original; il changea depuis de aussitôt attaqué d'une douleur violente, qui sentiment, et dans les troisième et quatrième ne cessa que lorsqu'il eut remis cette dent livres des Annales bénédictines 5, il fait passer où il l'avait prise. Il raconte beaucoup d'au- ce Gordien pour un écrivain supposé et éloitres miracles qui accompagnèrent l'invention gné de plusieurs siècles du moine Gordien, de ces reliques; non-seulement Léon d'Ostie disciple et compagnon de saint Placide dans ne rapporte aucun miracle ?, mais il as- la mission de Sicile. En effet, ce qu'on lit sure même que l'on n'ouvrit point le tom- dans cette Vie, depuis le nombre cinquième beau de saint Benoit, de peur que l'on n'en jusqu'au quatorzième, est tiré du livre JI des prit quelque chose. Il en met l'invention au Dialogues de saint Grégoire-le-Grand, mort temps de la construction d'une nouvelle trente-sept ans après le règne de Justinien. église à Mont-Cassin, par l'abbé Didier, en Au nombre LXXX, il est dit que le pape 1066.

Vigile confirma, par un privilége accordé Statuts de 14. C'est à Pierre, diacre, que nous devons à saint Benoit, tous les biens que le patrice

la connaissance de la discipline régulière qui Tertulle lui avait donnés en Sicile, et qu'ils s'observait en cette abbaye. Ce qu'il nous a lui furent confirmés aussi par quarantelaissé sur ce sujet a été imprimé dans le re- neuf papes, successeurs de Vigile, ce qui recueil des Ecrivains de l'ancienne discipline mo- vient au pontificat de Jean VIII, mort an mois nastique, à Paris, en 1726, in-4°, par les soins de décembre de l'an 882. Outre ces traits de de dom Marquarl-Ergott, [et au tome CLXXIII nouveauté qui décèlent un écrivain plus réde la Patrologie, col. 1133-1138.) Nous avons cent que le moine Gordien, missionnaire en donné plus haut le précis de cette collec- Sicile avec saint Placide, on trouve dans cette tion. Pierre nous apprend à la fin de cet Vie quantité de faits incertains et fabuleux, opuscule, qu'il avait fait un commentaire avancés sur une tradition vague et sans fonsur la règle de saint Benoît : on ne l'a pas dement. Ange de la Noix 6, abbé de Montencore rendu public. Le cardinal Bona en Cassin en 1668, les met tous sur le compte de a rapporté un fragment 3 dans son Traité Pierre, diacre. Il est vrai que Pierre composa de l'harmonie que ľEglise observe dans le une Vie de saint Placide, et qu'il traduisit celle chant des psaumes.

qui portait le nom de Gordien. Pierre le dit Traité des 15. Pierre composa un traité pour expli- lui-même dans le prologue qu'il mit à la tête

quer les sigles ou lettres qui, suivant l'usage de cette Vie ?, que l'on garde encore parmi des Romains, signifiaient un mot entier, les manuscrits de Mont-Cassin, et qui a été comme celles-ci : S. P. Q. R., Senatus Popu- donnée au public par dom Martène; mais il lusque Romanus. Il le dédia à l'empereur Con- est visible, et par ce prologue et par le comrad. Nicolas Chythrée l'a fait imprimer à Ve- mencement et la fin de la Vie écrite par ce nise 4 en 1525, in-4°. Il se trouve aussi dans diacre, qu'elle n'est pas la même que celle la Collection des anciens Grammairiens latins, qui a été donnée par dom Mabillon au tome ler à Hanau, en 1605, par les soins d'Hélie Put des Actes. Pierre aurait-il interpolé celle-ci, schius.

en la mettant de grec en latin? Ç'aurait été Viede saint 16. Au chapitre XLVII des Hommes illustres mal répondre aux intentions de Grégoire,

de Mont-Cassin, où il est parlé de Pierre, évêque de Terracine 8, qui avait exigé de lui diacre, on met au nombre de ses ouvrages ce travail. A la suite du prologue de Pierre, la Vie de saint Placide, disciple de saint Be- diacre ', dom Martène a mis une lettre d'E

Sigles.

Piac de.

1 Bolland., tom. III, Mart., ad diem 21, pag. 288.
2 Chronic. Cassin., lib. III, cap. XXVIII.
3 Bona, de Harmon. Psal. Eccles., cap. XII, n. 2.
• Pag. 1579, 1638.

5 Mabillon., lib. VII et IV Annal., pag. 66 et 91.
6 In cap. XXXVII Vitæ S. Benedicti.
7 Marten., tom. VI Ampliss. Collect., pag. 786 et seq.
8 Ibid., in prolog. - 9 Marten., ibid., pag. 788.

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