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de sortir de

cause que d'autres étaient morts par divers rent de Liége, se retira à Saint-Hubert, et
accidents, soit parce qu'ils avaient souvent Thierry dans une terre dépendante 7 de son
dissimulé les fautes de leurs frères sans les abbaye, emportant avec lui les ornements
corriger. Il assigne une terre en particulier les plus précieux de son église pour les met.
pour fournir à la nourriture de la commu- tre en sûreté. Il y reçut une lettre de Jaren-
nauté le jour de son anniversaire ; et règle ton, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, qui lui
quelques autres dépenses que l'on devait offrait de partager ses disgrâces, en le rece-
faire à son occasion après sa mort, en sorte vant lui et les siens dans son abbaye, en les
qu'on peut regarder ces deux lettres comme exhortant à persévérer dans la défense de
son testament. Il y fait aussi sa profession de la vérité et dans l'unité, sans se laisser ébran-
foi sur la Trinité : et finit par la doxologie. ler par les persécutions d'Olbert, qu'il dit être

18. Toutes ces pièces se trouvent rassem- pire que n'était l'hérésiarque Cérinthe. Bares blées dans la Bibliothèque de Cluny, par les 20. Jarenton devait se trouver avec Hu- 11 estobligo

soins de dom Marrier et de Duchesne. Ils y gues, archevêque de Lyon el légat du Saint- son abbaye.
ont joint une partie du discours que le saint Siége, au sacre de Burchard, élu évêque de
abbé fit en chapitre la nuit de Noël 1108, et Melz à la place d'Hérimann. Thierry y alla S
qui contient la vision qu'il avait eue cette avec l'abbé Béringer et quelques autres, pour
nuil-là même de la sainte Vierge, portant y demander la protection du légat. Il l'ac-
son enfant sur son sein, et la relation de corda, et défendit à tous ces abbés de com-
deux miracles, que saint Pierre Damien di- muniquer avec Olbert. Celui-ci en fut irrité.
sait avoir appris de saint Hugues. Cette Il alla à Saint-Hubert, commit mille irrévé.
pièce est rapportée au tome CLIX de la Pau rences dans l'église, interrompit la messe et
trologie, col. 953-956. On trouve dans la même l'office, excommunia l'abbé et ceux qui l'a-
Bibliothèque, la Vie de saint Morand, disciple vaient suivi, et mit à sa place un moine de
de saint Hugues, que quelques-uns lui ont Liége, nommé Ingobrand. Cet intrus jeta le
attribuée, ne réfléchissant pas que saint Mo- trouble dans l'abbaye et dissipa les biens.
rand survécut à son maitre : plusieurs années, Thierry, secondé des seigneurs du pays,
et qu'il y est fait mention du saint abbé de rentra dans son siége. On le contraignit une
Clony. [Les éditeurs de la Patrologie ont fait seconde fois d'en sortir. Il se retira à Saint-
suivre les écrits de saint Hugues des dona- Remy de Reims, où las de tant de contrastes,
tions faites au monastère de Cluny sous le il se démit de l'abbaye entre les mains de
gouvernement du saint abbé, et rapportent Beringer. Celui-ci l'ayant refusée, Otbert la
à ce sujet vingt-sept charles.)

fit donner à Wirède, moine de Saint-Hubert. 19. L'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne Thierry, offensé du procédé d'Otbert, cita avait dans le même temps pour abbé, Wirède devant le tribunal de Manassés II, Thierry 4, loué dans l'histoire pour sa cons- archevêque de Reims, et ensuite à Rome. tance à défendre la liberté et les droits de Wirède n'ayant osé comparaître, le pape son Eglise, et son attachement à l'unité pen- Urbain II 10 l'excommunia, et annonça la sendant le schisme de l'antipa pe Guibert et de tence portée contre lui par deux rescrits, l'empereur Henri IV. Il avait embrassé la vie l'un adressé aux moines de Saint-Hubert, monastique à Saint-Hubert. Il en était prieur l'autre aux clercs et aux fidèles de Liége, sous 5 le bienheureux abbé Thierry, et lui qui étaient liés de communion avec le Saintsuccéda en 1087. En 1093, il assista au con- Siége. Ceci se passa en 1098. Thierry revint cile de Soissons 6 contre Roscelin. Quelque de Rome avec ces deux rescrits; mais Wirède temps après, Olbert, évêque de Liége, attaché n'y eut aucun égard, et quoiqu'excommunié au parti des schismatiques, poursuivit avec une seconde fois dans un concile 11 tenu dans tant de violence les abbés qui tenaient pour les Gaules en 1105, par Richard, abbé de l'unité, qu'ils furent contraints d'abandonner Saint-Victor de Marseille, et légat du pape, leurs maisons. Beringer, abbé de Saint-Lau- il se maintint dans l'abbaye de Saint-Hubert

Thiery,

Hibert.

I Bibliot. Cluniac., pag. 498.

? Bibliot. Cluniacens., pag. 500, et Bolland., ad
diem 29 april., pag. 646.
3 Mabill, lib. LXX Annal., num. 97.

Mabill., lib. LXVII. Annal., num. 49, et Flores
Leodienses, pag. 438.

5 Mabill., tom. IX Actor., pag. 573.
6 Mart., lom. IV Ampliss. Collect., pag. 974 et seq.
7 Ibid., pag. 977.
8 Ibid., pag. 978, 980. - O Pag. 982, 983 et seq.
10 Pag. 1012, 1013. - 11 Ibid., pag. 1018.

jusqu'à la mort de Thierry', le douzième de de Verdun, de Toul, à qui vous avez inspiré
juillet 1109.

de la douleur pour l'état présent de l'Eglise Ecrit: do 21. Les persécutions qu'il souffrit, tant de de ligge et même de Saint-Hubert, vexées Thierry.

la part de l'évêque Otbert, que de Wirède, l'une et l'autre par Olbert. » Il se plaint des usurpateur de son abbaye, le mirent dans la violences qu'il avait exercées contre lui, et nécessité de se défendre, du moins par écrit, parce que Manassés, archevêque de Reims, ne pouvant en honneur abandonner sa cause, et Engelramne, évêque de Laon, avaient qui devenait en quelque sorte celle de l'E- rendu une sentence, portant que Wirède glise et celle de ses religieux. Il écrivit d'a- n'aurait point le nom d'abbé, et n'en ferait bord à l'Eglise de Liége ? une lettre en façon aucune fonction sans l'autorité du Saintd'apologie, dans laquelle il faisait voir qu'il siége, il le cite à Rome pour la fête des apò. n'était point excommunié, parce que per- tres saint Simon et saint Jude. sonne ne pouvait l'être que pour crime; 22. Wirède refusa de comparaitre, disant qu'ainsi l'excommunication proponcée con- que son différend devait être porté devant ba tre lui par l'évêque Otbert, devait être comp- son évêque, qui était celui de Liége, c'est-àtée pour rien. « Je n'ai, dit-il, commis aucun dire Othert. Thierry fit donc seul le voyage crime digne d'anathème; je ne suis ni voleur de Rome avec Héribaud. Il trouva le pape à ni sacrilége; je n'ai rien enlevé à mon église, Benevent, et lui présenta sa supplique 4, où et je n'ai permis à personne de la dépouiller. il expose au juste toute son affaire, Si j'ai contie a ceux qui sont sortis avec moi mande justice. (Cette supplique est reproune partie du trésor, je ne l'ai fait que de duite au tome CLI de la Putrologie, col. 555l'avis du duc Godefroy et d'autres personnes 537.] Le pape, touché de voir un abbé désages, dans la crainte que quelques abbés pouillé de son abbaye pour avoir été fidèle simoniaques ne le vendissent pour le prix de au Saint-Siége, donna les deux rescrits 5 dont leur sinonie, comme il était arrivé à plu- nous venons de parler; l'un portant excomsieurs; d'ailleurs ce que j'ai fait enlever a munication contre Wirède, avec ordre aux été mis en mains sûres, et dans des lieux de moines de Saint-Hubert de le chasser, s'il ne la dépendance de Saint-Hubert, pour y être se désistait de ses prétentions sur l'abbaye; reporté aussitôt que je le pourrai; ce qui est l'autre pour engager les catholiques de Liége arrivé, puisque l'ai restitué en entier, comme à chasser Otbert, ou du moins à lui refuser un fidèle dépositaire. D'où il suit que, si l'on l'obéissance. a lancé contre moi une excommunication, 23. L'historien de Saint-Hubert remarque elle est injuste, suivant le témoignage de que l'ordination de Burchard, à laquelle ou de Bore l'Ecriture et de saint Jérôme, qui, en expli- l'abbé Thierry assista, ne se fit par Hugues, quant le pouvoir des clefs accordé à l'Eglise, archevêque de Lyon, que parce que Burdit que ceux qui en abusent, en condamnant chard ne voulut pas se faire sacrer par l'arles innocents, se condamnent eux-mêmes. » chevêque de Tréves, attaché au parti de l'anIl prouve la même chose par le témoignage tipape Guibert. Il ajoute que Hugues fül de saint Grégoire. [La lettre de Thierry à l'E- assisté des évêques de Constance, de Mâcon, glise de Liége est citée au tome CLVII de la de Langres, de Toul et de Verdun, et quc Patrologie, p. 487-488, et reproduite dans la Jéronte, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, s'y Chronique de Saint-Hubert, tome CLIV, col. trouva aussi. Il est dit au contraire, dans la 1428-1430.] Thierry écrivit ensuite à Wirède, Chronique de Berthold de Constance, comme intrus dans le siége abbatial de Saint-Hubert on l'a déjà observé ailleurs, que le sacre de par l'évêque Othert. Il témoigne son étonne- Burchard se fit en cette ville, el non à Meiz, ment du changement subit de Wirède, si at comme le dit l’bistorien de Saint-Hubert. Ils taché autrefois à l'unité de l'Eglise, qu'il au s'accordent du moins en ce qu'ils convienrait sacrifié sa vie pour la bonne cause, pour nent l'un et l'autre, que l'évêque de Conslaquelle il avait en effet souffert l'exil et tance fut de la cérémonie. d'autres maux, et dévoué depuis au parti 24. Il ne nous reste que trois lettres de Gaillara, des schismatiques. « Votre changement, dit- Guillaume, archevêque de Rouen : l’unc à Rua .. il, scandalise les Eglises de Reims, de Laon, saint Anselme ?, a qui, en qualité de son évê

Sa reqnele at papo Ur. bain II.

Remarque sur l'ord

chard, évège de Mots.

archevêqardo

1 Gallia Christiana nov., tom. III, pag. 972, et Mabill., lib. LXVII Annal., num. 49.

9 Pag. 994, 995.

3 Pag. 1007, 1008.
* Pag. 1010, 1011. - B Pag. 1012, 1013.
8 Pag. 978. - 7 Ladwer., lib. I, pag. 36.

que diocésain, il permet et ordonne de la conscience; et le peuple de l'ile de Walchre, part de Dieu, d'accepter l'archevêché de dans la Zélande, en le prenant pour arbitre Cantorbéry; les deux autres à Lambert!, d'un différend qui occasionnait entr'eux des évêque d'Arras, à qui il recommande un meurtres. Il alla sur les lieux. A son passage prêtre nommé Richard, qu'il avait ordonné, à Anvers, toute la ville alla au-devant de lui et un nommé Gautier, qui, pour éviter les avec les châsses des reliques des saints. Arpersécutions qu'il souffrait dans le lieu de sa rivé à Walchre avec un de ses moines nomdemeure ordinaire, s'était retiré dans le dio mé Ekebard, qui, avant sa conversion, était cèse d'Arras. Orderic Vital 2 semble attribuer un des principaux de la ville, il y établit la à l'archevêque Guillaume l'épitaphe de Sy- concorde et la paix, opérant des miracles bille, duchesse de Normandie. Elle est en dix par la vertu d'une relique de saint Willivers élégiaques. On parlera dans l'article brode, apôtre de Zélande, qu'il avait appordes Conciles de celui que ce prélat assembla 3 tée, La Chronique d'Epternacomet sa mort a Rouen en 1096. Il y en tint un autre en au mois d'avril de l'an 1110, et ne compte 1108 *, dont les actes ne sont pas parvenus les années de sa prélature que depuis l'an jusqu'à nous, et en 1080 il se trouva 5 avec 1083, qu'il y fut maintenu à Rome par le Guillaume-le-Conquérant à l'assemblée de pape Grégoire VII. Elle ajoute qu'il laissa Lillebonne. Avant de parvenir à l'archevê- plusieurs inonuments de la subtilité de son ché de Rouen, il avait été moine à Caen, esprit tant en prose qu'en vers, et dans la sous Lanfranc, puis au Bec. Etant ensuite composition de divers chants pour les offices retourné à Caen, il en fut fait abbé en 1070, des saints. Il était savant 10 et possédait, outre et neuf ans après archevêque de Rouer. la langue latine, l'hébraïque et la grecque. Ayant encouru la peine de suspense de ses 26. Son principal ouvrage ", et celui qu'il fonctions, on ne sait pourquoi; saint Anselme appelle les prémices de son travail, a pour los neurs intercéda pour lui 6 auprès du pape Pascal II, titre : Les Fleurs de l'épitaphe des Saints. des salles. qui lui donna commission d'examiner les Quoiqu'il soit divisé en quatre livres, il ne raisons de cette censure, et d'en absoudre lui donne que le nom de libelle. C'est un rel'archevêque : ce qu'il fit dans un synode cueil des peuvres miraculeuses que Dieu a tenu à Rouen, vers l'an 1106. Guillaume faites par les corps des saints, par leurs cenmonrut environ quatre ans depuis, c'est-à- dres, par leurs vêtements et par les instrudire le neuvième de février de l'an 1110. ments de leurs supplices. Théofroi le dédia Parmi les lettres des papes Urbain II et Pas- à Brunon II, archevêque de Trèves. Il fut cal II, et de saint Anselme, il s'en trouve imprimé à Luxembourg en 1619, par les plusieurs adressées à l'archevêque Guil- soins du père Jean Robert, jésuile, in-4°, laume. Nous n'avons plus les réponses. chez Reuland. (Il est reproduit au tome CLVII

23. Théofroi (Thiofridus), moine d'Epternac de la Patrologie, col. 297]. Cet ouvrage est au diocèse de Tréves ?, sous l'abbé Régim- une preuve de l'érudition de son auteur, bert, lui succéda 8 dans sa dignité en 1081. Il mais plus encore de sa piété et de sa mofut inquiété pendant deux ans par un com- destie. Le style n'en est ni poli, ni coulant, pétilear. Mais comme il sut se pourvoir au. et l'on y rencontre quantité de grécismes. Il près de Grégoire VII, ce pape le maintint en témoigne au quatrième chapitre du second possession de l'abbaye, qu'il gouverna pen- livre désapprouver les dépenses que l'on faidant vingl-buit ans. On peut juger de la véné- sait pour revêtir les châsses des saints d'orration que l'on avait pour lui, par la confiance nements précieux. «Les sainis, dit-il 12, ne que lui témoignèrent et Brunon II, archevê- sont point avides de l'or, mais ils sont portés que de Trèves, en le chargeant du soin de sa à favoriser ceux qui en font un usage reli

Ses écrits. Livre intitu.

tilpelle les premiad ouvrage 1. la grecq

de l'ép taphe

[ocr errors]

· Baluz., tom. V Miscellan., pag. 286, 314.
! Orderic. Vital., lib. XI, pag. 810.
* Tom. X Concil., pag. 599.

Orderic. Vital., lib. VIII, pag. 700, et tom. X
Concil., pag. 758.

Concil. Norm., part. I, pag. 67, 74, et Orderic. Vilal., lib. V, pag. 552

• Eadmer., lib. IV Novor., pag. 74.

? Voir sur Théofroi une notice historique tirée de Fabriciu ,et me notice historique tirée de l'Histoire

lilléraire de la France, au tome CLVII de la l'atro-
logie, col. 293-298. (L'éditeur.)

8 Mabill., lib. LXV Annal., num. 46.
9 Marten., tom. IV Ampliss. Collect., pag. 510.
10 Mabill., lib. LXV Annal., num. 46.
11 Mabill., lib. LXXI Annal., num 23.

18 Non quidem appetunt aurum sancti, sed propitiari religiose dispensantibus aurum. Non appetunt in al. tum constructa oratoriorum ædificia, non fabricata columnarum epistylia, non splendentia divitiis la

Vins d sainte Hirmi de, et de said Willibrode.

gieux. Ils ne demandent point qu'on leur de saint Liutwin, qu'elle n'est point son ou.
bâtisse des oratoires magnifiques, décorés vrage, et qu'il s'est contenté d'y puiser,
de colonnes et de lambris où reluise l'or, ni parce qu'il ne pouvait faire la vie de l'oncle
des autels enrichis de pierres précieuses, ni sans parler du neveu, qui avait été son suc.
que l'on emploie des vélins de prix ou pour cesseur. La Vie de saint Liutwin n'a pas été
prés, et de l'or moulu pour écrire leur vie, rendue publique.
ni qu’on mette sur les couvertures de livres 28. On doit mettre encore entre les pro-
des perles ou des pierreries. Ils sont plus ductions de Théofroi, les Vies de sainte Ir-
sensibles au peu de soin que l'on a des mi- mine 3, vierge, abbesse d’OEren, dans la ville
nistres des autels et des pauvres, que l'on de Trèves, et de saint Willibrode, patron d'Ep-
laisse mourir faute de leur donner de quoi ternac. La première est perdue : dom Mabil-
se vêtir. » Sur la fin du quatrième livre, il lon a donné la seconde dans le troisième
nous apprend qu'il entreprit ce recueil des tome des Actes, à la suite de celle qu'Alcuin
miracles des saints par ordre de Régimbert, en avait composée. Elles sont l'une et l'autre
son abbé et son prédécesseur, qui brûlait en prose et en vers. Théofroi y a fait entrer
d'un saint zèle pour le culte des saints, et une partie de l'histoire de son voyage à
soubailait avec autant d'ardeur qu'on publiât Walchre, pour le rétablissement de la paix
leurs vertus et leurs merveilles. Ce fut lui qui, entre les habitants de ce lieu. Browerus parle
en 1059, la neuvième année de sa bénédic. de cette Vie 4 dans les Annales de Trèves, mais
tion abbatiale, ordonna, de l'avis de sa com- comme n'étant que manuscrite; ce qui fait
munauté, que l'on ferait dans l'église d'Ep- voir qu'elle n'avait pas encore été imprimée
ternac, le dix-neuvième de nouvembre, la en 1670, qui est la date de l'impression de
fête ou commémoration de tous les saints, ses Annales. [Le tome CLVII de la Patrologie,
dont il y avait des reliques dans le monas- col. 411-414, reproduit des fragments de la
tére.

Vie de saint Willibrode, d'après Mabillon, et
27. Théofroi écrivit aussi la Vie de saint une pièce de poésie sur le même saint, com-
Liutwin (ou Ludvin), archevêque de Trèves, posée par Théofroi, d'après Herbert, Script.
dans le viure siècle. Il avait été tiré de l'ab- de Musica, tome II.]
baye de Metloc, dans le même diocèse, ab 29. En 1555, on publia à Cologne, sous le
baye encore si fameuse du vivant de cet écri- nom de l'abbé Théofroi, deux homélies :
vain, qu'il ne craint point d'assurer que les l'une sur le culte des saints, l'autre sur leurs
moins capables méritaient, par leur vertu reliques. Elles ont depuis été imprimées
et leur savoir, les premières places de l'E- dans les Bibliothèques des Pères, et se trou-
glise : façon de parler hyperbolique, qui vent dans le douzième tome 5 de celle
prouve du moins que l'observance régulière de Lyon, avec celles de l'abbé Isaie, et
était en vigueur à Metloc. Il dédia cette Vie quelques opuscules de saint Maxime. C'est
à Udon, qui fut archevêque de Trèves depuis le même ordre qu'elles tiennent dans le ma-
l'an 1067 jusqu'en 1078. Théofroi l'écrivit nuscrit du Vatican, où elles portent simple-
donc avant d'être revêtu de la dignité d'abbé. ment le nom de Théofroi. (Elles sont repro-
Mizon l'occupait alors, à la place d'Ever- duites au tome CLVII de la Patrologie, col.
helme, déposé pour cause de simonie. Il faut 405-410.] Le style de ces deux homélies est
distinguer ce Mizon de l'abbé de Mithlac, que plus net, plus concis, plus doux, plus cou-
l'on appelle aussi Nizon, auteur de la Vie de lant, que celui du recueil intitulé : les Fleurs
saint Basin, archevêque de Trèves, et oncle des Saints, et l'auteur y parle des châsses ou
maternel de saint Liulwin. Cette affinité a vases d'or dans lesquels on enfermait leurs re-
fait croire que Nizon était également auteur liques, sans désapprouver ces magnificences,
de la Vie de saint Liutwin. Mais outre que le commeon a vu qu'ille fait dans ce recueil. Tout
style des deux vies est différent, il est visi- cela porte à croire qu'elles sont d'un auteur
ble ? par la manière dont il parle de la Vie différent. Cependant elles contiennent cer-

Vie desaint LintwD.

Homélie do Tbéofroi.

qucaria, non crebro maculis distincta smaragdo alta
ria, nec ut membruna purpureo colore inficiantur,
non ut aurum liquescat in litteras, non ut gemmis
codices vestiantur; et ministrorum Christi aut minima
aut nulla diligentia habeatur, et nudus ante fores eo-
rum Christus moriatur. Thiofrid., lib. IV.

1 Mabill., lib. LXV Annal., num. 47.
? Bollaod., ad diem 4 martii, pag. 319, num 19.

3 Calmet, Histoire de Lorraine, tom, IV, part. I,
pag. 123.
* Browerus, lib. XII Annal. Trev., bum, 28, 32.

Tom. XII Bibliot Pat. pag. 417, 419.

tains traits qui ont du rapport à l'abbé d'Ep- S'il ne dit rien dans ces homélies contre le
ternac. L'auteur marque clairement qu'il les luxe des châsses où l'on enfermait ces reli-
prêchait dans une église riche en reliques; ques, c'est qu'il était question dans ces dis-
que Dieu en avait accordé aux provinces et cours d'instruire les peuples, et non de mel.
aux villes pour leur défense et la consolation tres des bornes à la magnificence de ces
des fidèles. Il paraît qu'il avait fait une étude châsses; d'ailleurs il n'en voulait dans son
particulière du culte des reliques et des mi- traité des Fleurs des Saints, qu'à ceux qui
racles opérés par leur vertu, et qu'il était enricbissaient ces monuments au préjudice
abbé ou supérieur d'un monastère. Or, on de l'aumône qu'ils devaient aux pauvres.
sait que Théofroi le fut de cette abbaye; Par une semblable raison, son style, dans
qu'il y avait quantité de reliques de saint ces homélies, est plus clair et ne se sent
Willibrode, premier évêque d'Utrecht, de point du grécisme, parce qu'il parlait au
saint Liutwin, archevêque de Tréves, et de peuple, et non à des personnes lettrées. Il y
sajnte Irmine, abbesse d'OEren , en cetle ville. a dans le premier tome de la Grande Collec-
Il avait été témoin de celles que l'on con- tion de dom Martène une lettre de Théofroi
servait à Anvers, el il connaissait non-seu- à l'empereur Henri III, pour l'engager à faire
lement, les autres villes où il y avait des re. rendre à l'abbaye d'Epternac les églises qu'on
liques de saints en dépôt, mais encore les lui avait enlevées. La lettre est de l'an 1108.
merveilles qui s'opéraient à leurs tombeaux,

CHAPITRE IV.

Sigebert, moine de Gemblou (ou Gemblours) (1112); Gibelin, patriarche

de Jérusalem (vers 1112]; Roger, évêque d'Oléron (1112).

(Ecrivains latins.]

Sg bert,

Gestou.

Sa réputation. Il tra

1 led: Ente de saint Gui:

1. Le second chronologiste de l'abbaye de .610 de Gemblou, située autrefois dans le diocèse de

Liége, aujourd'hui dans celui de Namur,
dit 'en parlant de Sigebert, qu'il se rendit
recommandable par la probité de ses mours,
et l'élendue et la variété de ses connaissan-
ces, et aimable à tous les sages de son temps.
Il avait fait profession de la vie monastique
à Gemblou, sous l'abbé Otbert, mort en 1048.
Sous Mascelin, son successeur, Sigebert,
quoiqu'encore très - jeune, s'était déjà fait
une si grande réputation de savoir, que Fol.
cuin, abbé de Saint-Vincent de Metz, et les
religieux de sa communauté, le demande
rent pour présider à l'école de cette abbaye.
Il y fut, pour me servir des termes de ce se-
cond chronologiste qui fut un de ses éco-
liers ?, une fontaine de sagesse, non-seule-
ment pour les moines, mais aussi pour les
cleres qui accouraient à Melz de tous côtés
pour prendre de ses leçons. Sigebert s'y at

tira l'amitié et l'estime de toute la ville. Les
Juifs mêmes avaient confiance en lui, parce
que, possédant la langue liébraïque 3, il était
en état de montrer les différences qui se ren-
contrent entre le texte hébreu et les versions
qu'on en a faites, et qu'il s'accordait ayec
eux dans les endroits qu'ils traduisaient con-
formément à la vérité hébraïque.

2. Baudri, auteur de la Chronique de Cam-
brai, l'ayant envoyé à Renaud du Bellai,
archevêque de Reims, pour en avoir son
jugement; l'archevêque voulut auparavant
consulter là-dessus Sigebert, dont il en-
prunla les termes 4 dans l'approbation qu'il
donna à cette Chronique. Après un long sé-
jour dans la ville de Melz, Sigebert obtint,
quoiqu'avec peine, de retourner à Gemblou.
Ceux qu'il avait enseignés le comblèrent de
présents, qu'il employa à l'usage 5 et à la
décoration de l'église du monastère. Saint
Guibert, son fondateur, mort depuis environ

bert.

I Chronicon. Gemblac, tom. VI Spicileg., pag. 536.
: Idem, ibid. -- * Ibid.

. Chronic. Cameracens., in prolog.
$ Chronic. Gemblac, pag. 536.

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