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aux autres d'aliment pour la vie éternelle. autorité qu'elle est établie dans toutes les Deuxième 28. Le quatrième sacrement dont Hugues églises du monde 8; tous ceux qui la por

prend la défense contre les hérétiques, est tent ont le nom de clercs; il y a trois
celui de l'ordre. Il en parcourt tous les de- sortes de clercs, dont deux (les chanoines
grés au nombre de sept. Les évêques ? agis- réguliers et les moines cénobites) vivent en
sent dans tout l'univers au nom de Jésus- commun après avoir renoncé à la propriété
Christ, occupés principalement à bâtir la de leurs biens; la troisième comprend ceux
maison de Dieu. Successeurs des apôtres, ils qui se divisent chacun leurs prébendes, et,
ont comme eux le pouvoir de donner le sous le nom de chanoines, chantent ensem-
Saint-Esprit par l'imposition des mains, à ble, à certaines heures, les louanges de
l'exclusion des autres ministres de l'Eglise; Dieu.
ils consacrent aussi les prêtres 3, qui, par 30. Hugues ne désapprouve pas les secondes
leur consécration, reçoivent la puissance noces, mais il ne trouve que dans les pre-
de consacrer les sacrements du corps et du mières ! le sacrement de l'union perpétuelle
sang du Seigneur, et de faire la même chose de Jésus-Christ avec l'Eglise. Il veut que l'on
sur l'autel, que Jésus-Christ a faite à la cène sépare, par l'autorité du Saint-Siége, ceux
pascale; c'est pourquoi les mains consacrées qui se sont mariés dans le septième degré
pour former sur l'autel le corps et le sang du de consanguinéité ou d'affinité, et au-dessous,
Sauveur, sont les mains mêmes de Jésus- et que l'on prive de la communion de l’E-
Christ, par lesquelles le Fils est offert au glise ceux qui, après avoir fait publiquement
Père. Les diacres, qu'on peut appeler les et en face de l'Eglisc væu de chasteté, au-
yeux des évêques et des prêtres , les ront osé se marier. Le dernier article qu'il
servent à l'autel dans la consécration de ce traite est celui de l'Eglise catholique 10, qu'il
sacrement; ils le reçoivent de leurs mains, dit être une, quoique composée de plusieurs
tant pour s'en nourrir eux-mêmes que pour peuples. Quiconque ne connaît point cette
le distribuer aux peuples; ils sont aussi unité, ou l'a quittée par apostasie, a perdu
chargés de dispenser les biens de l'Eglise tous les biens, s'il ne retourne à l'unité de
sous les ordres de l'évêque, de réprimer l'Eglise. Le père Pagi et Oudin attribuent à
ceux qui troublent les prédicateurs de l'E. Hugues de Rouen trois livres des Offices et des
vangile dans leurs fonctions, de faire con- Ministres de l'Eglise 11; mais en disant qu'ils
naître à l'évêque les choses intéressantes ont été imprimés à la suite des ouvrages de
pour son diocèse, et de chanter l'évangile à Guibert de Nogent, il est visible qu'ils se sont
la messe. Hugues s'étend sur les devoirs de trompés par inadvertance, ayant donné aux
tous les autres ministres inférieurs, en re- trois livres contre les Hérétiques, qui sont effec-
marquant, sur les sous-diacres, que l'évêque, tivement dans les œuvres de Guibert, le titre
dans l'ordination, ne leur met en main le cas de livres des Offices et Ministres de l'Eglise.
lice que parce qu'ils ont promis de garder la 31. Le style de Hugues de Rouen est clair, Jagement
chasteté 5. Il répète, en parlant une seconde précis, développé, propre au sujet qu'il traite Holder
fois des prêtres, ce qu'il avait dit touchant la [et presque également éloigné de la barbarie
présence réelle dans l'eucharistie 6, et ajoute: et de l'affectation.] Bon théologien, il met les
« Jésus-Christ a enseigné à ses disciples ce vérités de la religion dans un grand jour; il
qui regarde le sacrement de son corps et de en résout les difficultés d'une manière qui ne
son sang, et tous les autres sacrements, et se ressent point de la sécheresse de la théo-
quels en étaient les ministres. Les disciples logie scolastique, qui commençait de son
ont enseigné aux leurs ce qu'ils avaient ap- temps à être en vogue. Ses réponses et ses
pris du Seigneur, avec ordre de faire passer décisions sont toujours appuyées de l'auto-
toutes ces choses à la postérité, pour y être rité de l'Ecriture et de la tradition, suivant
observées en la même forme.))

la méthode des anciens. (Si l'on excepte l'arTroisième 29. D'après Hugues, la couronne cléricale?, ticle que nous avons relevé dans ses Dialo

des écrits de

qui est un mémorial de la liberté chrétienne, gues, toui ce qu'il enseigne est puisé dans les tire son origine des apôtres, et c'est par leur sources les plus pures de la tradition. On ne

livre,

1 Pag. 700.
2 Cap. I. — 3 Cap. II.
* Cap. III. — 5 Cap. IV.
6 Cap. X. - ' Pag. 706.

8 Cap. II, III. — 9 Cap. IV. — 10 Cap. VIII.

11 Pagi, ad an. 1134, num. 11; Oudin., tom. II, pag. 1473,

trouve dans ses écrits aucune de ces ques- bliques. C'est un docteur vraiment sage, qui tions frivoles qui s'agitaient alors avec tant cherche à instruire solidement, et non à faire de bruit et si peu d'utilité dans les écoles pu- briller vainement la subtilité de son esprit.]

CHAPITRE XLIX.
(Ulger, évêque d'Angers.

(Ecrivain latin, 1152.]

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1. Nous empruntons à l'Histoire littéraire de septembre. A peine fut-il installé, qu'il se vit la France, la notice suivante sur Ulger 1 : obligé d'aller à Rome pour un sujet que

« Quoique la patrie d'Ulger ne soit mar- l'histoire ne dit pas 5. Gui d'Etampes, évêquée dans aucun monument, il est très-vrai- que du Mans, et Guillaume, évêque de Poisemblable qu'il naquit en Anjou ?, puisqu'on tiers, l'accompagnèrent dans ce voyage. A le voit, dès son enfance, parmi les élèves de son retour, il renouvela le différend de ses l'école d'Angers. La régularité de ses moeurs prédécesseurs avec les abbés de Vendôme, et les progrès qu'il fit dans les lettres lui mé touchant le rachat des autels. On ne répètera ritèrent d'abord un canonicat. Il obtint en- point ce qui a été dit ci-devant pour explisuite l'emploi d'écolâtre après la retraite de quer la nature de cette contestation. Ulger Geoffroi Babion, et y joignit l'an 1113, selon poussa vivement sa pointe, et trouva toujours les uns, ou 1119 selon les autres, la dignité une résistance égale à ses efforts. Il avait en d'archidiacre d'Outre-Loire 3.

tête un homme qui ne lui cédait ni en savoir, » Le grand nom qu’Ulger se fit par ses le- ni en fermeté, ni en crédit, et qui de plus çons attira dans la ville d'Angers l'élite de la avait sur lui l'avantage du bon droit. C'était jeunesse française. Guillaume Quadrad, fils le célèbre abbé Geoffroi de Vendôme. Les du baron de Jonsac, élu évêque de Saintes, légats du pape mandèrent jusqu'à quatre l'an 1127, fut un de ses premiers et plus af- fois au prélat de cesser ses poursuites, atfectionnés disciples *. L'historien de l'Uni- tendu que l'abbé de Vendôme avait pour lui versité d'Angers rapporte une lettre qu'il lui un canon du concile de Clermont qui conécrivit peu après son élection, lettre où l'on damnait le rachat en question comme un remarque les traces d'une tendre et vive re- pacte illicite et simoniaque ?. Ulger, excité connaissance. Le temps nous a sans doute par son archidiacre Richard, loin de se renenvié plusieurs témoignages semblables de dre, assembla son synode, pour engager la gratitude de ses autres élèves. Car on voit, tout le clergé d'Anjou dans sa querelle. Là, par les éloges qui lui ont été donnés dans les il se plaignit amèrement de la prétendue rétemps, qu'il avait acquis des droits sur le volte de l'abbé de Vendôme et de la téméceur comme sur l'esprit de tous ceux qui rité qu'il avait eue, selon lui, de le citer deavaient passé par ses mains.

vant le légat. L'assemblée entra dans ses » Après avoir gouverné avec tant de suc- vues. En conséquence, il jette un interdit cès l'école d'Angers, il fut jugé digne d'être sur toutes les églises de l'abbaye situées dans mis à la tête du diocèse, lorsque l'évêque son diocèse. Appel à Rome de la part de Renaud de Martigné le quitta pour passer à Geoffroi. Le pape Honoré Il délègue l'archel'archevêché de Reims. Les chroniqueurs de vêque de Tours et l'évêque du Mans pour Saint-Florent de Saumur et de Saint-Aubin terminer ce débat. Mais Ulger, ayant interd'Angers placent son ordination en 1125, le cepté les lettres adressées à ces prélats, en XII° des calendes d'octobre, c'est-à-dire le 20 empêcha l'effet. Celle que le pontife lui écri

1 Tom. XII, pag. 302 et suiv. (L'éditeur.)

? Gall. chr, vet., tom. II, pag. 132; Liron, Singu. larités hist., tom. I, pag. 387.

8 Hist. univ. And., tom. I, pag. 88; Liron, ibid.

- Egas. Bul., Hist. univ. Paris., tom. II, p. 216.
0 Lobineau, Hist. de Bret., tom. II, pag. 279.
6 Hist. litt., tom. XI, pag. 204-206.
7 Gauffr. Vindoc., Ep. lib. III, Ep. 12.

vit à lui-même pour l'exhorter à la paix eut pour la capacité. Il n'y en avait pas pour un aussi peu de succès. L'abbé Geoffroi ne vit seul à la fois dans la ville d'Angers. Nous point l'issue de cette affaire; mais Fromard, avons une lettre d'Herbert 4, l'un d'entre eux, son successeur, fit, par la médiation du pape à Hilaire, professeur d'Orléans, dans laquelle Innocent II, l'accord suivant avec Ulger 1. il nomme cinq autres de ses collègues qui L'abbé de Vendôme renonça aux oblations enseignaient en même temps sous l'épiscodes baptistères dans ses églises du diocèse pat d'Ulger. Leur émulation était excitée par d'Angers, et l'évêque lui accorda pour l'a- son attention à récompenser leurs travaux. venir celles des purifications et des noces, On se contentera de citer Boémond qui, de comme il en avait joui par le passé.

maître d'école, devint archidiacre, et Veslat, » Un autre démêlé qui exerça notre prélat qui parut avec la même dignité au concile durant la plus grande partie de son épisco- de Reims de l'an 1131, où il accompagna le pat, dans lequel il fit paraitre la même viva- prélat. cité et qu'il laissa le soin de terminer à son » Cet illustre évêque, après avoir fourni successeur, fut celui qu'il eut avec Pétronille glorieusement une longue carrière, la terde Chemillé, abbesse de Fontevrault 2. L'ob. mina par une mort édifiante, le 17 octobre jet en était peu considérable, car il s'agissait 1148. C'est l'époque marquée dans les chroseulement de quelques petits domaines que niques de Saint-Florent de Saumur et de l'évêque contestait à l'abbaye. Il n'y eut pas Saint-Aubin d'Angers 5. On est d'autant mieux moyen toutefois de l'amener à un accorde- fondé à les en croire sur ce point, qu'on ne ment. Les gens de bien en gémirent. Saint trouve pas d'acte d’Ulger postérieur à cette Bernard, sans entrer dans le fond du procès, année. Son corps fut inhumé dans la nef de ne put s'empêcher de mander au prélat que l'église, devant la chapelle de Saint-Mathurin, sa conduite à cet égard scandalisait le public. près de la porte du cloître, où l'on voit en.. Sa lettre était d'ailleurs assaisonnée de té- core aujourd'hui une figure en émail avec moignages de la plus haute estime pour le son épitaphe sur une plaque de cuivre attamérite d'Ulger. Le pape Innocent, dont les chée au mur. La figure le représente en hareligieuses de Fontevrault avaient réclamé bits pontificaux, la mître en tête; mais mitre la protection, cita l'évêque d'Angers à Rome, singulière, moins semblable à celles d'auoù il fut obligé de se rendre l'an 1137. Il en jourd'hui qu'à un bonnet de docteur. L'hisreyint sans s'être laissé fléchir ni par les toire témoigne qu'il emporta dans le tomprières, ni par les menaces du pontife. Sa beau les regrets universels de son peuple, résistance fut punie d'un interdit de ses fonc- pour lequel il avait toujours eu les entrailles tions, qu'Innocent lui fit signifier l'année sui- d'un père et le zèle vigilant et actif d'un vante.

vrai pasteur. Son épilaphe est conçue en ces » Mais à la prière de l'abbé de Clairvaux, termes : qui ne pouvait voir dans l'opprobre un prélat

Hic jacet Ulgerius teneris consuetus ab annis, d'ailleurs si estimable, il fut promptement

Lingua, mente, manu fructificare Deo. rétabli 3. On voit parmi les poésies d'Hilde Hujus opus multis prodesse, docere minores, bert (p. 1337), une petite pièce qui fut faite Exstirpare scelus, consolidare fidem, à l'occasion de cet interdit, et dans laquelle

Flentem solari, nudum vestire, superbum

Frangere, nec quemquam lædere, recta sequi. on représente Ulger comme un évêque dont le courage était à l'épreuve de tout, lorsqu'il » 2. Ulger est un des prélats du XIIe siècle, s'agissait de la fidélité à ses devoirs. Elle a dont les auteurs contemporains ont le plus pour titre : Disputatio inter romanum Ponti- célébré le savoir 6. A juger par là de la féficem et Ulgerium episcopum.

condité de sa plume, on serait porté à croire » Au milieu de ces embarras et de toutes qu'elle aurait enfanté quantité de volumes. les sollicitudes attachées au ministère épis. Cependant il ne reste de lui qu'un petit nomcopal, Ulger n'oublia pas le soin des écoles bre d'écrits assez succincts, et l'on n'en conde son diocèse. Il fut attentif à les pourvoir nait pas beaucoup d'autres qui aient été la d'excellents maitres, et pour les meurs et proie du temps.

Ses écrits.

1 Liron, Sing. hist., tom. II, pag. 392.
2 Cosnier, Exord, Fontis Ebr., pag. 192.
3 Bern., Ep. 340.
Duches., tom. IV, pag. 767.

Hist, univ. And., pag. 121.
6 Act. ep. Cenom., pag. 345; Orderic Vital., Histor.
Eccl., pag. 882 ; Bern., Ep. 340.

neur des'agissait, de Craon, ap

» Entre ceux-là, le plus remarquable et le de ma partie, et l'énoncé simple et succinct seul, à bien dire, où l'on aperçoive des traits de ce qui est essentiel à la cause que je désensibles de ce rare génie qu'on lui attri- fends : voilà ce que je me propose, très-saint buait, est son plaidoyer ou rapport du pro père, de vous mettre sous les yeux, ainsi cés qui se poursuivait en cour de Rome en qu'à cette auguste cour à laquelle j'ai l'hontre l'abbaye de Vendôme et celle de la Roë, neur de parler. » L'auteur expose ensuite le touchant l'église de Saint-Nicolas de Craon. fait. Il s'agissait, cemme on l'a dit, de l'église Il est court, mais clair, méthodique, nerveux, de Saint-Nicolas de Craon, que chacune des éloquent et tel, en un mot, qu'il pourrait en- deux parties prétendait lui appartenir. Ulger core aujourd'hui servir de modèle. Baluze, décrit en peu de mots l'histoire de cette qui en a fait part au public dans le second église. C'était dans son origine une chapelle volume de ses Mélanges, l'appelle gravissi- ou oratoire, que les seigneurs du lieu avaient mam et elegantissimam relationem. Ce fut en fait construire pour eux et pour leur famille. présence du pape Innocent II qu’Ulger le Elle n'avait alors ni titre, ni revenus paroisprononça, en l'an 1136. En voici le début : siaux; mais ces mêmes seigneurs, voulant « Père et seigneur unique de ce monde, dit- depuis y faire célébrer l'office divin, la dotèil, en adressant la parole au pape, la com- rent de plusieurs portions de leur fief pour passion et la charité m'engagent à répondre l'entretien d'un certain nombre de chapepour le pauvre abbé Jean et pour sa maison lains. Quelque temps après, ils s'avisèrent très-pauvre, que l'abbé et les moines de Ven- de la donner avec toutes ses dépendances à dôme, à la faveur du voisinage, s'efforcent l'abbaye de la Roë. Cette donation fut cond'opprimer sous le poids de leurs excessives firmée, non-seulement par Renaud de Marrichesses. Cet bomme, parvenu jusqu'à vous tigné, mais aussi par le pape Pascal II. Cenon sans d'extrêmes fatigues, n'a dépêché pendant ce même Renaud, des mains duquel personne avant son départ pour le prévenir Albin, abbé de la Roë, avait reçu l'investien cette cour; il n'a pareillement amené per- ture de cette église, changea d'avis lorsqu'il sonne avec lui, enfin il n'attend depuis son fut nommé archevêque de Reims; et par le arrivée personne qui soit convenu avec lui conseil de Gilbert, archevêque de Tours, de le suivre. Il est seul, il est sans crédit, il est d'Hildebert, évêque du Mans, et d'autres pauvre. Seul, il est attaqué par plusieurs; sans graves personnages, il en investit l'abbé de crédit, il est en butte à des hommes puissants; Vendôme. Le motif de cette variation était pauvre, il est environné d'adversaires très- que la chapelle en question se trouvait dans riches. Son âme est plongée dans l'affliction. l'enceinte de la paroisse de Saint-Clément, C'est ce qui me porte à le secourir, parce qui appartenait à cet abbé. Les légats du qu'il n'est ni d'un honnête homme, ni d'un Saint-Siége, du nombre desquels était Innochrétien, de refuser son aide à l'innocent op. cent II, alors cardinal, approuvèrent la nouprimé. Cet homme est votre serviteur et prêt velle investiture, et le pape Calliste II la raà vous donner toutes les marques de dévoue- tifia. Mais tout cela ne fit point lâcher prise ment qui dépendent de lui. C'est un chanoine aux religieux de la Roë. Ils protestèrent conrégulier de Sainte-Marie-du-Bois, laquelle tre l'injustice et se maintinrent dans leur posentre les églises saintes passe pour la plus session. Ulger entreprend de faire voir qu'elle sainte, et entre les plus pauvres, est assuré- est légitime et hors d'atteinte, étant fondéc ment la plus pauvre. C'est, dis-je, le fils pau. sur un titre incontestable de propriété. Il révre de cette mère indigente qui, résolu de fute avec force les objections des religieux combattre pour elle, vient se jeter aux pieds de Vendôme. Il faut se ressouvenir qu'il était de votre majesté pour lui demander justice. alors en procès avec eux, et l'on peut assuJe me joins à lui et je vous supplie avec lui rer que si l'on a besoin de passion pour être de rouloir bien prêter une oreille attentive éloquent, son ressentiment personnel le seret un cour sensible à ses moyens de défense. vit à merveille en cette occasion. Enfin, il Car mon dessein n'est nullement d'amuser remporta une pleine victoire sur ses advervotre sérénité par de vains discours au pré- saires, qui furent déboutés de leurs demanjudice du respect dû à la gravité de son ca- des. Il y a bien de l'apparence qu'Ulger fit ractère. Je laisse à Cicéron et à ses imita- de semblables plaidoyers dans les affaires teurs les ornements de la rhétorique. La vé- qu'il eut en son propre non, mais il n'en rité pure dont l'évidence doit faire le salut reste aucun vestige.

» Nous avons de notre prélat sept lettres, dans ses notes sur la Vie de saint Bernard de dont il y en a deux au pape Lucius II dans Tiron (p. 302), est adressée à Guillaume, le tome IV (p. 769-770) des Historiens de abbé de cette maison. Elle a pour objet de France, de Duchesne. Ulger, dans la pre- l'engager à consentir que le prieuré d'Asmière, se jette en esprit aux pieds du pape, nières, en Anjou, dépendant de Tiron, fût pour lui recommander Odon, doyen de Saint- érigé en abbaye, sans que toutefois il sortit Martin de Tours, qui fut obligé de se rendre de la dépendance du chef-lieu. Cette lettre à Rome sur une citation fort dure qu'il lui renferme un grand éloge des religieux d'Asavait faite. Il n'explique point l'affaire qui nières et de ceux de Tiron. Elle est de l'an était le sujet de ce voyage, mais il atteste 1139. que tout le chapitre de Saint-Martin est prêt Nous ne connaissons la sixième que par ce à rendre témoignage devant le Saint-Siége qu'en rapporte D. Liron', qui l'avait lue dans de l'innocence du doyen. La seconde est en l'histoire manuscrite de l'abbaye de Saintfaveur de Robert, prieur du monastère de Nicolas d'Angers. « C'est un accord, dit-il, Saint-Cosme de Tours, qui devait la rendre que le prélat fit entre cette maison et celle lui-même au pape. L'évêque d'Angers le prie des religieuses du Ronceray, à l'occasion d'un de faire un bon accueil à Robert, de lui ac- corps mort porté dans l'église de Saint-Nicorder ce qu'il va demander. et de le ren- colas; les religieuses, à l'instigation du curé voyer satisfait en France. Il ajoute, à la fin de Saint-Jacques, revendiquant la sépulture qu'il doit bientôt dépêcher à Rome Peloquin, de ce cadavre, vinrent avec leurs gens pour son official, avec les marques de son parfait l'enlever de force,» Il y eut en cette occasion dévouement pour le Saint-Siége : Cum inter des violences commises de leur part, qui ne signis servitutis meæ.

firent honneur ni à leur sexe, ni à leur » Le même éditeur a mis à la suite de ces état. Cette affaire devait avoir des suites; deux lettres, un mandement ou lettre pasto- mais la sagesse d'Ulger les prévint par l'acrale d’Ulger à tout le clergé de son diocèse, commodement dont nous parlons.Nousl'avons pour recommander à leur charité les députés qualifié de lettre sur ce qu'il est adressé aux de l'ordre des templiers dont il fait le plus parties dans la forme épistolaire. Peut-être grand éloge. Ce mandement se trouve aussi mériterait-il mieux le titre de charte. dans l'Histoire de l'Université de Paris, par »On est en doute si la septième lettre, qui Duboulai.

n'a jamais vu le jour, non plus que la pré» Entre les lettres de Suger publiées dans cédente, existe encore 2. Ce qui est certain, le même volume, la troisième est de notre c'est que Babin, chancelier de l'Université prélat. Elle fut écrite à cet abbé pour lors d'Angers, en avait eu l'original entre ses régent du royaume, pendant le voyage de mains, mais depuis il a disparu. Cette lettre Louis le Jeune à la Terre-Sainte. Ulger prie est une réponse de notre prélat à celle que Suger, qu'il traite de majesté, de vouloir saint Bernard lui avait écrite pour l'engager bien confirmer l'élection que les religieux à terminer son différend avec l'abbaye de de Bourgueil avaient faite de Robert pour Fontevrault. abbé après la mort de Pierre. Robert, qui » Ulger honorait d'une estime et d'une afremit lui-même au régent cette lettre, en fection singulière l'abbaye de Marmoutiers. * apportait aussi une de son chapitre, par la- On a la preuve de ces sentiments dans une quelle on lui demandait la même grâce. Mais charte dont le monastère conserve l'original. comme cette élection s'était faite sans qu'on Elle contient la fondation de l'hospice de eût demandé la permission de la cour, Su- Saint-Eloi dans la paroisse de Saint-Etienne ger, en bon politique, ne l'approuva dans sa d'Angers, en faveur des religieux de Marréponse, qu'avec la restriction salvo regni moutiers. C'est ainsi qu'elle finit : Facta est jure; « en sorte, dit-il, que si elle blesse la hæc donatio, Ludovico regnante in Francia, et dignité royale, les électeurs seront tenus de Gaufrido filio Fulconis regis Jerusalem, comite répondre à la cour du roi, lorsqu'il sera de Andegav., data per manum Vasleti magistri retour, ou devant nous qui avons l'honneur scholarum et cancellarii xvii kalendas novem. de tenir sa place. »

bris. Mais il est à propos de représenter en » La cinquième lettre publiée par Souchet partie le texte de cet acte, pour les raisons

ger, en bon pour

la restriction salvo regne

hoc donatio, Ludovico regno" Jerusalem, comite

1 Singularités hist., tom. I, pag. 401.

2 Hist. univ. Andegav. pag. 116.

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