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CHAPITRE LI.

Le bienheureux Ælrede !, abbé de Riedval (1166]; Amédée

de Constance (vers 1160).

[Ecrivains latins.]

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ute fils cour pour de Riedva b'une comées après

val, mort en 1166.

d'Angle XXI

Ses écrits.

1. Elevé dès son enfance avec le prince Henri, fils de David, roi d'Ecosse, Ælrède quitta la cour pour embrasser l'état monastique dans l'abbaye de Riedval, ordre de Citeaus, dans le diocèse d’York. D'une conduite édifiante, il fut chargé quelques années après sa profession du soin des novices; ensuile il fut élu abbé de ce monastère, qu'il gouverna jusqu'à l'an 1166, qui fut celui de sa mort, le 12 janvier. Sa vie et ses miracles se lisent en ce jour dans Bollandus, qui lui donne le titre de bienheureux.

fragment de son ouvrage iutitulé : Des affaires d'Angleterre, adressé à Henri II, duc des Normands, et depuis roi, contenant le discours que le roi Eadgar fit aux évêques et aux supérieurs des monastères. Il se trouve dans le chapitre ni du x° siècle de l'Histoire d'Angleterre, par Nicolas Haerpsfild, et dans le tome XXIII de la Bibliothèque des Pères à Lyon, en 1677.

3. Les bibliothécaires anglais font men- Autres écrite tion de quelques ouvrages historiques d'Æl.” rède, qui n'ont pas encore été rendus publics, savoir : un livre des Miracles de l'Eglise d'Hagustalde; la Vie de saint Ninien, évêque; la Vie de saint Edouard, en vers élégiaques, dédiée à Laurent, abbé de Westminster; celle de David, roi d'Ecosse, en deux livres adressés à Henri II, roi d'Angleterre. Le second de ces livres donne un précis de la vie des rois d'Angleterre, depuis Edelwulfe , père du grand Alfred, jusqu'à Henri II, et une chronique depuis Adam jusqu'à Henri I.

historiques.

Ecrits bistoriques.

2. (Le tome CXCV de la Patrologie, col. 209-796, contient les cuvres d'Ælrède, divisées en deux parties, dont la première contient les cuvres ascétiques, et la deuxième les cuvres historiques. Parmi les æuvres ascétiques sont lovingt-cinq sermons; 2o trentedeux discours sur le prophète Isaïe; 3° le Miroir de la Charité, en trois livres suivis d'un abrégé; De l'Amitié spirituelle, en trois livres; 5° De Jésus à l'âge de douze ans, au tome. CLXXXIV de la Patrologie, parmi les cuvres de saint Bernard; 6° la règle des recluses, au tome XXXII de la Patrologie, col. 1451. Les ouvrages historiques sont 1° la Guerre de Standard entre les Ecossais et les Anglais ; 2° la Généalogie des rois anglais, 3° la Vie du roi saint Edouard, en deux livres; 4° la Vie d'une religieuse de Wathun. Ces écrits sont reproduits d'après Roger Twisden.] On trouve du bienheureux Æl rède, dans le recueil des Historiens anglais, fait par Roger Twisden, et imprimé à Londres en l'an 1652, in-folio, l'Histoire de la guerre de Standard en 1138; la Généalogie des rois d'Angleterre; la Vie et les miracles de saint Edouard, roi et confesseur; celle d'une religieuse de Wathun; la Vie de sainte Marguerite, reine d'Ecosse. Il y a aussi de lui un

4. On a fait un recueil particulier des sermons et des autres cuvres spirituelles d'Æl- hele lande rède. L'auteur de ce recueil est le père Richard Gibbon, jésuite, qui le fit imprimer à Douai en 1631; elles ont passé de là dans le tome V de la Bibliothèque de Citeaux, et dans celle des Pères à Lyon, en 1677. Ces sermons, au nombre de trente et un?, expliquent ce qui est dit dans les chapitres XIII, XIV, Xv et xvi d'Isaïe, touchant les malheurs de Babylone, des Philistins et des Moabites. Le premier discours intitulé : De l'Avent ou Avénement du Seigneur, se trouve dans le tome II des ouvrages de aint Bernard », de l'édition de Paris, en 1719. Ælrède avait d'abord commencé à expliquer en peu de mots à ses frères la prophétie d'Isaïe; voyant qu'ils y trouvaient du plaisir et de l'avantage, il con

Sermons

1 Voir sur Ælrède, sa Vie, par un anonyme, avec
préface des Bollandistes, au tome CXCV de la Patro-
logie. Elle est suivie, ibid., d'une notice par Fabricius

et d'une autre par Tissier. (L'éditeur.) – 2 Il y en a
trente-deux. (L'éditeur.)

3 Pag. 568.

linua jusqu'au dernier des malheurs de que par elle on acquiert l'innocence des
Moab. Alors, rédigeant par écrit ses homé- mæurs 4, qui consiste dans l'amour réglé de
lies, il les envoya à Gilbert, évêque de Lon soi-même et du prochain, que ce double
dres, pour les examiner et lui en dire son amour est pour ainsi dire une portion de l'a-
sentiment. Il s'y applique moins à dévelop- mour divin 5.
per le sens littéral du prophète, qu'à en tirer 7. Dans le premier livres, qui est composé
des allégories et des moralités pour l'instruc- de trente-quatre chapitres, Ælrède enseigne
tion de ses religieux. Il ne laisse pas de que l'homme fait à l'image de Dieu était ca-
temps en temps de faire remarquer que ce pable de la béatitude, et que par son libre
qui avait été prédit par Isaïe de l'Eglise arbitre, aidé toutefois de la grâce, il pouvait,
chrétienne sous des termes mystérieux, s'est en aimant Dieu sans cesse, trouver toujours
accompli depuis de point en point. Il dit dans son plaisir dans le souvenir et la connais-
le dixième discours que les deux grandes sance de Dieu ?; mais qu'ayant cessé d'ai-
lumières dont il est parlé dans la Genèse, le mer Dieu pour s'attacher à la créature, il est
soleil et la lune, sont la figure des deux lu- tombé dans la misère. Il traite ensuite de la
minaires qui brillent dans le firmament de réparation de l'homme par Jésus-Cbrist; de
l'Eglise, le sacerdoce et la royauté, le roi et la grâce du Rédempteur 8, de son efficacité,
l'évêque, le prince et le clerc, et qu'ils pro- qui est telle, qu'elle laisse au libre arbitre
duisent un effet admirable quand ils se tien- son activité, en sorte que c'est l'homme qui
nent chacun dans les bornes de leur puis- fait le bien, prévenu et aidé de la grâce, et
sance, l'un en présidant aux choses spiri- qu'il le fait librement ! Il fait cette distinc-
tuelles, l'autre aux temporelles et séculières. tion entre la grâce donnée à l'homme inno-
Il rappelle aux évêques l'exemple de saint cent, et la grâce accordée à l'homme depuis
Augustin, de saint Grégoire, de saint Am- son péché 10, que celle-ci est plus forte que la
broise, de saint Hilaire; aux rois et aux première à cause de nos infirmités, incon-
princes, celui du grand Constantin et de nues à l'homme dans l'état d'innocence, et
Théodose ser.

en ce qu'alors la grâce du Créateur donnait 5. Il y a encore d'Ælrede vingt-cinq ser- à l'homme le pouvoir de persévérer dans le mons sur les évangiles et les fêtes de l'an- bien, s'il eût voulu; au lieu que la grâce du née : on les trouve dans l'édition de Douai, Rédempteur nous donne même la persévéen 1631, et dans le tome V de la Bibliothèque rance. Il dit ensuite que de tous les animaux '1 de Citeauz, à Bonne-Fontaine, en 1662; mais l'homme est le seul qui ait la prérogative de on ne les a pas rapportés dans la Bibliothè- s'élever des plaisirs des sens au désir du souque des Pères de Lyon.

verain bien, dont la possession seule peut le 6. L'éditeur y a donné place à l'ouvrage rendre véritablement heureux. d'Ælrède' qui a pour titre : Miroir de la 8. Le second livre est divisé en vingt-six Charité. Il est divisé en trois livres, dans les chapitres 12 : Ælrède s'y étend sur les effets quels l'auteur traite à fond de la charité et différents que la charité et la cupidité prodes autres vertus chrétiennes. Dans un duisent dans le caur de l'homme; l'une en abrégé qui précède l'ouvrage, il montre que calme les passions, l'autre les irrite; mais il nous ne pouvons nous dispenser d'aimer avertit qu'il ne faut pas prendre pour chaDieu ?, parce qu'en l'aimant nous évitons rité, pour amour de Dieu 13, certaines affecd'être condamnés de lui, nous méritons d'en tions momentanées que l'on se sent pour être récompensés, et nous lui rendons amour lui : le vrai amour de Dieu consistant dans pour amour, Dieu nous ayant aimés le pre- un attachement sincère et continuel à sa vomier; qu'en possédant cette vertu on rend lonté, qui est Dieu même. Cet amour n'est toutes ses actions agréables à Dieu; que, pas parfait d'abord; il a ses degrés de percomme un couteau divin 3, elle retranche de fection par lesquels nous nous élevons vers l'âme toutes les passions vicieuses; qu'elle le ciel '4, comme la cupidité a les siens pour procure à l'homme un repos qu'il ne peut nous abaisser vers la terre. trouver ni dans la santé du corps, ni dans 9. Dans le troisième livre, divisé en quales plaisirs des sens, ni dans les richesses; rante-un chapitres, l'auteur donne la dé1 Tom. XXIII Bibliot. Pat., pag. 76.

Sermons da Temps et sor les Saints.

Le Miroir

7 Cap. IV. – 8 Cap. v. — ° Cap. XI, XII. ? Cap. I. – 3 Cap. II. — • Cap. v.

10 Cap. xiv. - 11 Cap. XXII. 5 Cap. XIV. — 6 Lib. I, cap. 1.

19 Lib. II, cap. III. – 13 Cap. XVIII. - 16 Cap. XXI.

de la charité.

Traité de l'Amitié spiri

finition de l'amour 1, de la charité, de la cu- 12. Le traité de l'Amitié spiriluelle est aussi Traité de pidité, ce qu'il n'avait pas encore fait. Sous partagé en trois livres ?; on l'a réimprimé, inelle. le nom d'amour, il dit qu'on peut entendre, comme le précédent, dans la Bibliothèque des ou la faculté naturelle de l'âme d'aimer ou Pères à Lyon. Il est en forme de dialogue, ne pas aimer un objet, ou l'acte même de dont les interlocuteurs sont Ælrède, Yves, cette faculté, qui se porte vers un objet bon Gratien et Gauthier. Dès son enfance Ælrede ou mauvais. La bonté de l'objet détermine la ne trouvait rien de plus agréable que d'aibonté de l'amour; mais si l'objet est mau- mer et d'être aimé : cette passion le suivait vais, l'amour est mauvais. Selon Ælrède, la dans les écoles; mais il n'en connaissait charité et l'amour sont une même chose, point les dangers, et ne sachant pas même avec cette différence que la charité a tou- les lois de l'amitié, il changeait souvent d'objours un bon objet, Dieu ou le prochain, et jet. La lecture des livres de Cicéron intituque l'amour peut en avoir de mauvais : c'est lés : De l'Amitié, lui donna des sentiments, à nous de choisir ce dont nous voulons jouir, et lui fit connaître en quoi l'amitié consiste. et après le choix ?, de fixer notre amour selon Ayant quitté le monde quelque temps après que la raison nous le dicte. Or elle nous en pour se consacrer à Dieu dans un monasseigne que nous devons aimer Dieu comme tère, il s'appliqua à la lecture des divines l'Etre suprême de qui nous devons tout Ecritures; il y trouva du goût, et comparant craindre et tout espérer, et parce qu'il nous ce qui est dit de l'amitié dans les livres saints a aimés le premier; nous devons aussi nous avec ce qu'il en avait lu dans les écrits de aimer nous-mêmes, et notre prochain comme Cicéron, il était surpris de ne plus se sentir nous-mêmes : Dieu l'ordonne ainsi.

pour ces derniers le même attrait. Il n'en 10. Mais il doit y avoir de l'ordre dans ces trouvait plus que dans ce qui se ressentait amours 3 : si nous aspirons au comble de la de la douceur du nom de Jésus, et assaisonné perfection, il faut nous attacher à Dieu par du sel des saintes Ecritures : cela lui fit naiamour, nous le proposer pour la fin de toutes tre le dessein de tirer de ces divins livres et nos actions, lui rapporter notre abstinence, des écrits des pères de l'Eglise de quoi fornos veilles, nos lectures, nos travaux. L'or- mer un traité où il prescrirait les règles dre de l'amour de nous-mêmes est de procu- d'une amitié chaste et sainte. rer à notre corps ses besoins 4, et à notre 13. Il distingue trois sortes d'amitié 8, la âme tout ce qui est nécessaire au salut. charnelle, la mondaine, la spirituelle. La Comme nous devons aussi aimer le prochain, première tire son origine d'un consentement non plus que nous-mêmes, mais comme aux mêmes vices; la seconde de l'espérance nous-mêmes, nous sommes conséquemment du gain, et du désir des biens temporels; la obligés de contribuer, autant qu'il est en troisième, qui est la seule véritable, n'a pour nous, au salut de son âme et aux besoins de but ni les voluptés, ni les richesses, c'est son corps. Il y a même un ordre à garder une union qui se forme entre des personnes dans les attentions que nous devons au pro- de probité et de bonnes meurs. chain, savoir 5 : de préférer ceux qui nous 14. Cette amitié est un degré à l'amour de sont les plus proches, ou par le sang, ou Dieu", aussi ne se trouve-t-elle qu'entre les par l'amitié, ou par les bienfaits que nous bons; elle ne peut être entre les méchants, en avons reçus, et ceux qui sont dans un et l'on doit détester le sentiment de ceux qui degré supérieur, en conservant toutefois la croient qu'il est permis de manquer à son volonté de se rendre utile à tous.

devoir pour faire plaisir à un ami. En effet, 11. Ælrede croit que nous pouvons en l'amour de Dieu étant le fondement de l'acette vie 6 jouir, dans le même ordre, de, mitié chrétienne 10, il est nécessaire que Dieu ceux avec qui nous sommes ou parents ou en soit aussi la fin, et que les amis lui rapamis, ou liés par quelque motif honnête, portent tout ce que l'amour leur suggère. c'est-à-dire, les pratiquer avec joie, et nous 15. Le discours sur le second chapitre de en servir; mais toujours dans le Seigneur, saint Luc, où il est dit que Jésus, âgé de de douze ans. et non pour contenter des désirs illicites. douze ans !, fut trouvé dans le temple au

Discoors sur Jésus âgé

1 Lib. III, cap. VII.
· Cap. IX, XVII, XXXVII. – 3 Cap. XXXVI.
* Cap. XXXVII. — 8 Cap. XXXVIII.
6 Cap. XXXIX, XL

7 Tom. XXIII Bibliot. Pat., pag. 138.
8 Lib. I. - ' Lib. II. — 10 Lib. III.
11 Tom. XXIII Bibliot. Pat., pag. 153.

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des écrits d'Ælrede,

milieu des docteurs, a été imprimé dans le tie du Code des Règles, par Holstenius, im-
tome II des ouvres de saint Bernard, de l'é- primé à Rome en 1661, et dans l'appendice
dition de Paris, en 1609, puis dans les re- du tome I des ouvres de saint Augustin, de
cueils des æcvres d'Ælrède, et dans la Bi- l'édition de Hollande, sous le titre : De la Vie
bliothèque des Pères, à Lyon, avec les va- érémitique à une Sæur; elle est en partie dans
riantes tirées de l'édition de saint Bernard, les Méditations quinzième, seizième et dix-
en 1609. Ælrède examine dans ce discours septième de saint Anselme. Les autres écrits
pourquoi Jésus-Christ est né à Bethléem, attribués à Ælrède, mais qui n'ont pas en-
pourquoi il fuit en Egypte et y demeure ca- core été mis sous la presse, sont la Flèche de
ché; pourquoi il est nourri à Nazareth, et Jonathas; Des trois hommes, Diverses vertus;
que sortant de là pour aller à Jérusalem, il une Explication du Cantique des Cantiques;
n'y va pas seul, mais sous la conduite de ses du lien de la Perfection; un Dialogue de la
parents. Il remarque qu'il était d'usage parmi nature et des qualités de l'âme, en deux livres;
les juifs, lorsqu'ils allaient à Jérusalem aux Des douze abus des Cloîtres ; De la Lecture
jours de fêtes, que les hommes en chemin évangélique à Yves; un Dialogue entre l'Homme.
fussent séparés des femmes, afin que les uns et la Raison; trois cents lettres; un recueil
et les autres arrivassent plus purs à la so- de Sentences choisies ; Des moeurs des Prélats;
lennité. Il prend occasion de ce qui se passa Des Offices des ministres, cent sermons syno-
au temple entre Jésus et les docteurs, d'éta- daux ; un traité de la Milice chrétienne; un de
blir sa divinité, sa consubstantialité avec le la Virginité de Marie ; l'Histoire de la fonda-
Père et le Saint-Esprit. Ælrède croit que le tion des Monastères de Sainte-Marie ďYork et
passage où saint Luc dit que les parents de des Fontaines.
Jésus ne comprirent point ce qu'il leur disait, 18. Les ouvrages d'Ælrède sont des preu- Joge
ne regardait point la sainte Vierge, sa mère, ves de la solidité de son esprit et de sa piété; SÆlrede!
qui, depuis qu'elle avait été remplie du ce ne sont qu'instructions salutaires, que
Saint-Esprit, ne pouvait ignorer aucune maximes édifiantes, que règles de conduite.
des choses qui regardaient son fils, et que Il intéresse ses lecteurs par la clarté et la
c'est pour cela qu'il est dit qu'elle conservait précision de son style, par l'onction qu'il ré-
dans son cour toutes ces paroles.

pand sur les vérités pratiques de la reli-
16. Il ne reste de l'Histoire d'Angleterre gion, et par la façon aisée dont il les pro-
composée par Ælrède ', que le discours du pose.
roi Edgar, qu'il y avait inséré. Ce prince, 19. Les huit sermons d'Amédée, évêque
surnommé le Pacifique, régna depuis l'an de Constance 3, sont tous à la louange de la
959 jusqu'à 975. Voulant rétablir le bon or- sainte Vierge *. Dans les deux derniers il cė. Constance.
dre dans le clergé séculier et régulier, il as- lèbre le triomphe de son Assomption dans le
sembla les évêques et les supérieurs des ciel, ne doutant point qu'elle n'y eût été éle-
monastères, les fit souvenir des soins que vée en corps et en âme, sans avoir depuis sa
lui et ses ancêtres avaient eus de leur pro- mort essuyé aucune corruption. Ces discours
curer les besoins de la vie, la paix et le re- sont élégants et pleins de sentiments de
pos; leur représenta les scandales qu'ils piété. [Ils se ressentent, il est vrai, des dé-
causaient par leur mauvaise conduite, ou en fauts du siècle où vivait Amédée; ainsi par-
ne corrigeant pas ceux des clercs et des fois on désirerait plus de simplicité et moins
moines qui s'éloignaient des règles de la de recherche dans les idées et leur expres-
discipline, et les exhorta à prendre de leur sion.) Gervais Sophène, allemand, les fit im-
côté le glaive de saint Pierre, pendant que primer à Bâle en 1517, in-8°, cbez Adam
du sien il prendrait le glaive de Constantin de Pierre. Richard Gibbon en donna une se-
pour retrancher tous les désordres qui dés- conde édition à Anvers en 1613. [C'est celle
honoraient l'Eglise.

qui est reproduite au tome CLXXXVIII de la 17. La règle des religieuses recluses ?, Patrologie, col. 1303-1346.] Ils ont été imfaussement attribuée à saint Augustin, se lit primés plusieurs fois parmi les sermons de sous le nom d'Ælrède dans la troisième par- saint Léon et de quelques autres pères, puis

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Le blenbeu.

reux Amédée, a ivudu56u10 évêque do

Luuo

Ses sermons.

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1 Tom. XXIII Biblioth. Pat., pag. 164.
2 Fabricius, tom. I Bibliot. Lat., pag. 41.
3 Tom. XX Bibliot. Pat. Lugd., pag. 1263.
• Voir sur saint Amédée une notice historico-litté.

raire, insérée au tome CLXXXVIII de la Patrologie,
col. 1277-1298. Elle est de l'abbé Grimaud qui l'a fait
paraître dans le Mémorial de Fribourg, en 1854.
L'éditeur.)

à Lyon en 1633, dans l'Heptade des Prélats, rit double, et cette permission fut confirmée
par Théophile Rainaud, et à Paris en 1671, par le pape Clément XI, le 25 septembre
et insérés dans les Bibliothèques des Pères de 1710. A la demande de Hubert de Boccard,
Cologne et de Lyon; dans celle des Prédica- évêque de Lausanne, le pape Benoît XIV,
teurs, par le père Combefis, et dans le tomel par un bref du 12 décembre 1753, étendit
de la Grande Mariale, à Madrid, en 1648, au diocèse de Lausanne l'autorisation de ré-
in-fol. [Le président Cousin en a publié une citer l'office, et depuis lors la fête de saint
traduction française en 1698, à la fin de ses Amédée fut célébrée dans le diocèse le 28
Vies de plusieurs saints des maisons de Ton- janvier.) Il faut distinguer Amédée, évêque
nerre et de Clermont. Quelques fragments de Constance, d'Amédée, de l'ordre des
en ont été insérés dans l'ancien bréviaire de Franciscains, mort en 1482. [Il nous reste
Lausanne ainsi que dans le nouveau en 1787. encore d'Amédée de Lausanne une lettre
On les lisait autrefois publiquement dans la écrite à ses chers fils de Lausanne, pendant
cathédrale de Lausanne.) Amédée était de qu'il était en exil par suite des persécutions
l'ordre de Cîteaux'. D'abbé de Haute-Combe que lui faisait endurer Amédée, comte de
il fut fait évêque de Constance vers l'an Genevois. Dans cette lettre le saint raconte
1148; on met sa mort vers l'an 1160, le les maux qu'il a soufferts, lance sa malédic-
27 septembre. Il est parlé de lui dans la tion sur la ville de Moudon, qui avait trahi
trente-quatrième lettre de Nicolas de Clair- son évêque, fait des veux pour la conver-
vaux, dans la Chronique de Citeaux, par Au sion du comte de Genevois, et finit par des
bert le Mire, et dans la Vie de saint Bernard, recommandations qu'il fait à ses chers fils,
par Alain d'Auxerre? et Arnaud de Bonne- pour les préparer à célébrer saintement les
val 3. (Tous les écrivains qui ont parlé d'A- fêtes pascales. Cette lettre se trouvait dans
médée ont fait l'éloge de ses talents et de ses le cartulaire de Lausanne, elle a été publiée
vertus; à la beauté du corps il joignait les par l'abbé Grémaud dans le Mémorial de Fri-
qualités de l'esprit et les perfections de l'âme. bourg, en 1854, et a passé de là au tome
Aussi la vénération publique le mit au nom CLXXXVIII de la Patrologie, col. 1299-1304.
bre des bienheureux; c'est avec cette quali On trouve dans le même volume, col. 1347-
fication qu'il est mentionné dans le Ménologe 1348, un fragment d'un diplôme accordé à
de Citeaux, dans le Journal des saints de cet notre bienheureux par l'empereur Frédé-
Ordre, etc. La congrégation des rits permit ric fer, et une lettre que Nicolas, secrétaire
aux religieux de célébrer son office sous le de saint Bernard, lui adressa.)

CHAPITRE LII.

Garnier, chanoine et sous-prieur de Saint-Victor de Paris, 1166; Odon,

abbé de Morimond, 1161; Fastrède, troisième abbé de Clairvaux, 1163;
Jean Cirita, abbé de Tarauca, 1164); Géroch 4, prévôt de Reichers-
perg 1169]; Folmar, prévôt; Arnon, frère de Géroch.

(Ecrivains latins.]

Garnier,

S003 - priens de Saint-Vic. tor.

[1. Garnier, chanoine et sous-prieur de Grégoire-le-Grand. Cet ouvrage, imprimé à chanoinerico Saint-Victor de Paris, a composé un traité Paris en 1608, chez Charles Sevestre, est re

intitulé Grégorien. Il est divisé en seize li- produit au tome CXCIII de la Patrologie,
vres, et contient sur la Bible des explica- col. 9-462. Garnier mourut en 1161.
tions allégoriques tirées des livres de saint 2. Odon, de l'ordre de Citeaux, d'abord

Odon, abbe

de Morimond

i Gallia christiana, pag. 399. 2 Cap. XX. - 3 Cap. VIII.

Voir sur Géroch, la dissertation préliminaire sur la vie et les écrits de Géroch, par Bernard Pez, t. V Thesaurus Anecd. Elle est reproduite au tome CXCIII

de la Patrologie, col. 461-480. On trouve dans ce
même volume de la Patrologie, col. 479-488, une
notice sur Géroch tirée de Fabricius, et sa Vie d'après
la Chronique de Reichersperg, publiée par Gretser au
tome VI de ses euvres. (L'éditeur.)

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