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troisième ab

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abbé de Beaupré, devint abbé de Morimond et de fèves, régime si exact qu'il ne souffre dans le diocèse de Langres. Les auteurs de la pas même d'exception le jour de Pâques. Gallia christiana mettent sa mort en 1161. Vous prétextez pour vous en dispenser vos On lui attribue plusieurs ouvrages sur les maux de tête et d'estomac; mais vous êtes Nombres, un Dialogue sur la religion chrétienne dans une illusion bien grossière, si vous et la religion juive, un livre intitulé : Des trois pensez que des moines, dans leurs maladies, hiérarchies et des trois degrés par lesquels nous puissent s'accorder en conscience tous les arrivons au salut, un livre sur la Musiyue, un soulagements dont les séculiers font usage. traité sur la translation des reliques de saint Saint Bernard nous disait qu'un moine, s'il Benoit au monastère de Fleury, un livre sur était bien pénétré de ses obligations, ne la mort de saint Bernard, et quelques ser mangerait pas un morceau de pain sans l'armons. Tous ces écrits, à l'exception des ser- roser de ses larmes, sa fonction étant d'exmons, sont manuscrits. Les sermons sont pier par ses gémissements et ses propres reproduits d'après Combefis, au t.CLXXXVIII péchés et ceux du peuple. Les infirmités, de la Patrologie, col. 1645 - 1658. Ils sont au ajoutait-il, ne peuvent autoriser les moines nombre de cinq. Il y en a un sur l'Avent, à vivre dans le relâchement, puisque nos un sur la naissance de Notre Seigneur, un premiers pères cherchaient exprès des valsur la Septuagésime, un sur les trois Nati- lées profondes et marécageuses pour y bâtir vités, un pour la fête de saint Benoît. Les des monastères, afin qu'étant souvent dans éditeurs ont fait précéder ces sermons d'une le cas d'être malades, les moines eussent notice sur Odon, tirée de Fabricius.

toujours présente l'idée de la mort, et ne Fastrède, 3. Fastrède, dit aussi Fastrade et quelque- vécussent pas dans une funeste sécurité. Si Es de Clair- fois Flaster, était né de la noble maison de ces remontrances fraternelles, continue Fas

Gaviamès ou Gaviaumer, dans le Hainaut' trède, ne peuvent faire sur votre cœur assez Formé aux lettres et à la vertu par d'babiles d'impression pour vous porter à vous corrimaîtres, il alla se consacrer à Dieu dans ger, je serai forcé d'employer le remède que l'abbaye de Clairvaux, sous le gouvernement ma qualité de supérieur me met entre les de saint Bernard. Le mérite dont il fit preuve mains, » Cette lettre a excité dans le dernier dans cette retraite est attesté par le choix siècle (le xvii) une controverse entre deux que l'abbé de Clairvaux fit de sa personne pieux et savants solitaires qui l'ont citée pour gouverner la nouvelle colonie de cis- plusieurs fois en français, tantôt en entier, terciens établie à Cambron l'an 1148. Le poste tantôt par extraits. On la trouve en original était difficile à remplir, parce que bien des parmi celles de saint Bernard, dans la nouobstacles s'opposaient à cet établissement. velle édition de ce père (Epist. 440). Fastrède les surmonta par sa prudence et sa Les intérêts de l'Eglise doivent toucher un sagesse. Il se comporta si bien à Cambron, solitaire, et un chef de solitaires encore que les religieux de Clairvaux le rappelèrent plus vivement que ceux de son ordre. Pénél'an 1157 pour le faire leur abbé. Devenu le tré de cette vérité, à l'exemple de saint Bersuccesseur de saint Bernard, il retraça le nard, Fastrède se donna de grands mouvezèle de ce grand homme pour le maintien de ments avec plusieurs abbés ses confrères, la discipline régulière. Nous avons de ce zèle pour éteindre le schisme occasionné l'an un monument précieux dans une lettre qu'il 1159 par l'élection du pape Alexandre III et écrivit à un abbé de sa filiation. Celui-ci, celle de l'antipape Victor 2. Nous avons dans sous prétexte de mauvaise santé, se permet la lettre qu'il écrivit à Omnibon, évêque de tait des adoucissements contraires à la règle Vérone, le détail des démarches et des voyaet même des superfluités dans la table et les ges qu'il fit à ce sujet. Si la Providence ne habits. Fastrède l'exhorte par les motifs les permit pas que le succès répondit entièreplus pressants à changer de conduite. « Quel ment à ses soins, on voit qu'ils ne furent pas contraste, lui dit-il, entre la vie que vous absolument infructueux et qu'il ne dépendit menez et celle de toutes les autres maisons, pas de lui ni de ses collègues qu'ils n'eussent et même de la votre! Partout, dans nos mo- tout l'effet qu'ils pouvaient espérer. La lettre nastères, on se nourrit de pain d'avoine, dont on vient de parler se rencontre dans le d'herbes cuites sans huile ni graisse, de pois tome X des Conciles du père Labbe, p. 1407,

Gallia christiana nova, tom. III, pag. 171.

XIV.

& Gallia christiana nova, tom. V, pag. 800.

40

Pron quelette dienues by

dans le tome VI du père Hardouin, troisième construit à Tarouca, et le saint anachorète partie, p. 1385, et dans le tome III de la Bi- y prit une grande part. Il y fit lui-même probliothèque des Pères de Citeaux.

fession quelques années après et en devint Lambert, abbé de Cîteaux, qui avait été abbé. En cette dignité, les vertus du saint et l'un des coopérateurs de Fastrède dans l'af- ses dons prophétiques brillèrent avec plus faire du schisme, ayant abdiqué vers la fin d'éclat. Il mourut le 23 décembre 1164. Dieu de l'an 1161 ou le commencement de l'année signala sa sainteté par plusieurs miracles :. suivante, notre abbé fut élu comme le sujet Jean Ciritta étant abbé de Taronca, donna le plus digne de l'ordre, pour le remplacer la règle à un ordre qui s'élablit en 1162 en Il ne jouit pas longtemps de cette dignité. Portugal, sous forme de religion militaire. Dans le printemps de l'an 1163, étant allé Le premier grand-maître fut un prince frantrouver le pape Alexandre III à Paris, pour çais nommé Pierre, parent du roi et pair de différentes affaires de son ordre, et surtout France, ainsi qu'on le voit dans l'acte même pour demander la canonisation de saint Ber- d'institution. La nouvelle milice religieuse nard, il y mourut le 22 avril, regretté du fut établie pour combattre contre les Maures, pape et du roi, qui l'honora même de ses en présence du roi Alphonse, des seigneurs pleurs. Son corps ayant été rapporté à Ci- de sa cour et des légats, par Jean Ciritta, qui teaux, il y fut inhumé dans le cloître, auprès prescrivit aux chevaliers leur règle de vie et de ses prédécesseurs. Les martyrologes de leurs obligations. Ces obligations consistaient l'ordre le comptent parmi les saints 1. à défendre par les armes la religion catholi

Il ne reste d'autres productions de sa que, à exercer la charité, garder la chasteté, plume que les deux lettres que nous venons et à porter un habit de religion fait de tellesorte de rapporter. L'une et l'autre pièce font voir qu'il ne les empêchât pas de combattre. En qu'il savait écrire et qu'il était capable d'en- temps de paix, ils devaient se lever de grand fanter des ouvrages en forme 2. Elles sont matin pour faire oraison et entendre la reproduites, la première au tome CLXXXII messe ; ils étaient obligés de jeûner le vende la Patrologie, col. 764; la seconde parmi dredi, de dormir avec leurs capuces, de garles lettres de différentes personnes à Alexan- der le silence, de manger en commun, de dre III, tome CC, col. 1363. Elles sont indi- recevoir les pèlerins et de suivre la règle de quées au tome CLXXXVIII, col. 1657 - 1660, saint Benoît. Ils y prirent successivement où l'on trouve la notice tirée de l'Histoire les noms de chevaliers d'Evora et d'Avis:ce littéraire de la France, que nous venons de dernier, d'une forteresse qu'ils bâtirent sur reproduire.

les frontières du royaume pour résister aux 4. Jean Ciritta ou Zirita avait, dès sa pre incursions des Maures 4. La Vie de Jean Cimière jeunesse, fourni avec éclat la carrière ritta, par Henriquez, Bruxelles 1623, est rapdes armes contre les Sarrasins d'Espagne. portée au tome CLXXXVIII de la Patr., col. Ayant reçu une blessure, il fut soigné par 1661; elle est suivie de la Règle des chevaun prêtre, qui profita de cette occasion pour liers d'A vis. A la suite de cette règle, les édil'instruire dans la connaissance de la loi de teurs de la Patrologie ont mis en appendice Dieu. Jean fit de grands progrès dans cette l'institution de l'ordre religieux et militaire connaissance et dans la piété. Après la mort de Saint-Michel. Le même roi Alpbonse de de son précepteur, il embrassa la vie érémi- Portugal institua cet ordre en 1167, en retique; dans ce nouveau genre de vie, il eut connaissance de la protection dont l'arcbange à soutenir de nombreux combats contre le saint Michel l'avait favorisé dans un combat démon, dont il sortit triomphant. Il était à contre les Maures. Le roi prescrivit aux chela tête d'anachorètes qu'il édifiait par sa valiers leurs obligations. Personne ne pousainteté et par les lumières prophétiques vait entrer dans le nouvel ordre, s'il n'était dont Dieu l'éclairait, quand saint Bernard noble et de la cour de ce prince : ceux qui reçut du ciel l'ordre de bâtir un monastère avaient combattu avec lui étaient préférés. de son ordre en Espagne. Ce monastère fut Le récipiendaire devait jurer entre les mains

Jean Ciritta, abbé.

1 Gallia christiana nova, tom. IV, pag. 987; Man., Ann. cist., ad an. 1163, cap. III; Dubois, Hist. univ. Paris., lib. XIII, cap. iv, num. 4; Mir., Chron. Cist., n. 317.

Ce numéro est extrait de l'Histoire littéraire de

la France, tom. XII, pag. 625. - 3 Voyez la Vie de Jean Cirilla, par Henriquez, Patrol., tom. CLXXXVIII, col. 1661 et suiv.

- Helyot, Histoire des ordres monastiques, t. VI.

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de l'abbé d'Alcobaza , qu'il serait fidèle à cent et Eugène, et aux cardinaux; grand
Dieu, au pape et au roi. L'abbé d'Alcobaza, nombre de lettres recueillies en un registre
qui était de l'ordre de Citeaux, avait seul le composé de deux volumes; un traité de l'In-
pouvoir de donner les insignes de l'ordre. carnation, un commentaire sur les Psaumes,
Les chevaliers devaient réciter tous les jours, en huit volumes; un traité contre les dis-
soit en temps de guerre, soit en temps de ciples de Pierre Abaillard, à Othon, évêque
paix, les mêmes prières que les convers de de Frisingue, frère du roi Conrad; divers
l'ordre de Cîteaux. Leur principale obliga- opuscules à ceux de Frisingue, et à Daniel,
tion était d'être doux et bumbles, de répri- évêque de Prague; un livre de la Foi, fait à
mer les superbes, de protéger les femmes, la prière de Henri, cardinal-prêtre; un opus-
principalement les nobles, les filles et les cule au pape Adrien; un Dialogue entre les
veuves, de défendre la foi, de combattre ses Grecs et les Latins; un petit écrit sur la glori-
ennemis, et d'obéir à leurs supérieurs'. fication du Fils de l'Homme, à Eberbard, ar-

Cette règle est suivie, dans le même ap- chevêque de Salzbourg ; quelques autres
pendice, d'un privilége accordé au monas opuscules au pape Alexandre, aux cardinaux
tère de Saint-Jean, par Alphonse, après la et aux évêques. Géroch composa plusieurs
fuite des Sarrasins, en 1122.)

autres ouvrages que l'auteur de la Chronique 5. Après avoir fréquenté successivement a supprimés pour éviter la longueur 3. [Les les écoles d'Hildesheim en Saxe, et celle écrits de Géroch reproduits au tome CXCIII d'Augsbourg?, Géroch entra dans le clergé de la Patrologie, col. 489-1814, et au tome de cette ville, où l'évêque Hermann lui CXCIV, col. 9-1480, sont vingt-huit lettres, donna un canonicat, et l'ordonna diacre, parmi lesquels dix-neuf seulement sont de Cet évêque tenait le parti des schismatiques, Géroch; 2o un commentaire sur les Psaumes, c'est-à-dire de l'antipape Bourdin et de l'em- divisé en dix parties; mais l'auteur n'ayant pereur Henri V. Géroch était attaché au pas expliqué les psaumes à partir du soixantepape Calliste II. Il quilta donc Augsbourg dix-huitième au cent-dix-huitième exclusivepour se retirer dans un monastère de cha- ment, on a complété son commentaire par noines réguliers, nommé Reitenbuch. Chu- celui d'Honorius d'Autun. C'est ce qu'on non, évêque de Ratisbonne, l'ordonna prên trouve dans la neuvième partie. A la suite tre, et lui confia le soin d'une paroisse. Cet est l'explication des cantiques des féries, saévêque étant mort, Conrad, archevêque de voir : ceux d'Ezéchiel, d'Anne, de Moïse, Salzbourg, le prit à son service. Géroch avait d’Habacuc; 3° le traité de la Gloire et de l'honl'esprit très-cultivé, et des mours. Conrad neur du Fils de l'Homme; 4° le livre contre le députa à Rome pour les affaires de son deux hérésies; de la Corruption de l'Eglise Eglise.

dans l'explication du psaume LXIV; 6° de l'Edi6. Gotescalc, prévôt de Reichersperg, avait fice de Dieu. Cinq de ces ouvrages sont rerésigné sa charge entre les mains de l'arche produits d'après Pez. Le traité de la Corrupvêque en 1132. Le prélat en revêtit Géroch, tion de l'Eglise est reproduit d'après Galqui la posséda pendant près de quarante land; 7° le traité contre les Simoniaques, d'aans, c'est-à-dire jusqu'en 1169, qui fut l'an- près Martène; 8° le Dialogue sur la différence née de sa mort. Il s'était toujours occupé à d'un clerc séculier et d'un clerc régulier, d'après la méditation des Livres saints, à la prédica. Pez; 9° les Vies de Bérenger et de Wirnton, tion de la parole de Dieu, à la défense de la d'après le même ; 10° Sur les empereurs Henfoi et de l'unité de l'Eglise, et à la composi- ri IV et Henri V, sur le pape Grégoire VII et tion de divers ouvrages très-utiles, dont le sur l'état de l'Eglise à cette époque, d'après catalogue est rapporté dans la Chronique de Gretser; de la Recherche de l'antechrist, fragReichersperg, que l'on trouve dans le recueil ment, d'après le même.] des Ecrivains de Bamberg, imprimé à Franc- 8. Il y a un ouvrage sur l'Etat de l'Eglise fort et à Leipzig en 1718, par les soins de sous les règnes des empereurs Henri IV et sur l'état cor Jean-Pierre Ludevig.

Henri V, sous le pontificat de Grégoire VII et glise.
7. L'auteur de la Chronique cite en géné- de ses successeurs, imprimé à Ingolstat en
ral divers opuscules adressés aux papes Inno- 1611 par les soins de Gretzer. M. Baluze a

· Hélyot, Hist. des ordres monast., tom. VI. dissertation de Pez. Patrologie, ibid., col. 471-476.
2 Ex Chronic. Reichersperg., edit. Leips., p. 296. (L'éditeur.)
3 Voyez le catalogue des écrits de Géroch dans la

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tion de les graité contre leoue sur la différentes

Traité

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ce livre.

fait imprimer au tome V de ses Mélanges", réunissaient en leurs personnes l'office de
un ouvrage sur la matière, intitulé : Exposi- prêtres et de soldats; ne tenaient aucun
tion du psaume LXIV, ou Livre de l'état cor- compte de l'observation des canons, et n'o-
rompu de l'Eglise au pape Eugène III 2. Il est béissaient pas au Saint-Siège; quoique ex-
divisé en deux parties, dont la première est communiés, ils trouvaient des approbateurs
précédée d'une lettre à Henri, cardinal-prê- et des gens qui ne faisaient aucune difficulté
tre, à qui il offrit cet ouvrage après l'a- de communiquer avec eux de vive voix et
voir présenté au pape Eugène. Il roule sur par écrit.
la distinction des deux glaives, des deux lu 11. Dans la seconde partie ?, il oppose à
minaires, du sacerdoce et de l'empire, de la la constitution de l'empereur Louis-le-Dé-
puissance spirituelle et de la puissance tem- bondaire , qui fit distribuer aux riches les
porelle. Géroch trouve mauvais qu'au lieu biens destinés aux pauvres et à l'entretien
d'appeler, comme anciennement, l'Eglise de ceux qui vivaient en commun dans les
romaine, on la nommait la cour de Rome; églises matrices, les décrets des papes Ur-
nom qui ne convient qu'au séjour de la mol- bain II et Pascal II, touchant la vie commune
lesse ou à des juges destinés à répandre le des clercs et la possession des biens néces-
sang des coupables.

saires pour leur subsistance. Il rejette cette Analyse de 9. Géroch donne d'abord une explication constitution comme étant sans autorité, di

morale et allégorique du psaume Lx]V 3; puissant qu'il n'appartient pas aux princes de la
venant aux auteurs du schisme, qui voulaient terre 8, mais à saint Pierre seul et à ses suc-
détruire les murs de Jérusalem et rebâtir cesseurs, de confirmer leurs frères dans un
ceux de Babylone, ou, comme il le dit, ren genre de vie. Sur les ordinations simonia-
dre païen le royaume de Jésus-Christ, il dit ques, il dit d'après le pape Nicolas II, que
en passant qu'étant à Rome, un avocat, en- celui qui s'est fait ordonner par un évêque
nemi de l'Eglise, lui ayant objecté que les qu'il savait être simoniaque, doit être dé-
priviléges accordés par l'empereur Constan- posé avec son ordinateur, faire pénitence, et
tin n'étaient pas recevables, parce que ce étre privé de sa dignité; mais qu'il ne faut
prince avait été baptisé par Eusébe de Nico- rendre cette sentence qu'après avoir con-
médie, évêque arien 4, il soutint qu'il avait sulté le Saint-Siège.
été baptisé par le pape Sylvestre; et que 12. Géroch s'explique ainsi 9 à l'occasion
quand il l'aurait été par un évêque arien, ses de certains clercs qui, n'ayant aucun tilre this one
donations devraient avoir lieu, comme l'édit qui les attachất à une église particulière,
de Cyrus, quoique idolâtre, eut son effet exerçaient partout leur ministère pour de
pour le renvoi des captifs de Babylone en l'argent. Il composa contre eux un traité ex-
Judée.

près intitulé : Contre les Simoniaques. Dom
10. Il rapporte d'un côté les édits des suc Martène lui a donné place dans le tome V de
cesseurs de Constantin , princes pour la ses Anecdotes, sur un manuscrit du monastère
plupart pieux comme lui, en faveur de l’E- de Dunes à Bruges. Géroch adressa son livre
glise, et le changement des temples des à saint Bernard, qu'il avait pu voir à Rome
idoles en églises chrétiennes; de l'autre, les ou en Allemagne. Son sentiment est qu'on
maux qu'elle a soufferts de la part des princes peut tolérer et communiquer avec ces prêtres
simoniaques et impies, qui, sans égard aux mercenaires tant qu'ils ne sont point dénon-
saints canons, donnaient les prélatures et les cés publiquement; mais qu'il faut les éviter
autres bénéfices à qui bon leur semblait. De comme hérétiques et ennemis de l'Eglise 10,
cet abus en naissaient beaucoup d'autres : les après la sentence de l'évêque diocésain. Il
évêques ainsi pourvus n'observaient aucune déclare simoniaques non-seulement les clercs,
règle; on ne les reconnaissait ni dans leurs mais aussi ceux qui les tiennent à gage; et
habits, ni dans leur manière de vivre; ils quoiqu'il ne doute pas que les sacrements
suscitaient des guerres justes ou injustes, conférés par eux ne soient bons, quand ils
mettaient à mort souvent les innocents, et les administrent suivant la forme ordinaire

Traité contre les Sims an,

· Baluz., tom. V Miscell., pag. 63.

2 Cet ouvrage fait partie du commentaire sur les Psaumes. Il est reproduit par Galland, tom. XIV, comme formant un écrit à part. (L'éditeur.)

3 Baluz., ibid., pag. 67.

o Pag. 78.
5 Pag. 82 et seq. - 6 Pag. 90, 94.
7 Pag. 151, 180. — 8 Pag. 212.
9 Tom. V Anecd. Marten., pag. 1458.
10 Pag. 1461, 1470.

Glorification

ce waite.

de l'Eglise , il pense qu'ils ne produisent pas de la Vierge 6, et non en figure, comme l'ont la grâce dans celui qui les reçoit; au reste, avancé Bérenger, et après lui Folmar. Celuiil soumet ses sentiments et son livre au juge- ci disait de plus que le corps de Jésus-Christ ment de saint Bernard.

était seulement dans le ciel, et non ailleurs, Traité de la 13. Il soumit aussi à la censure d'Eberhard, jusqu'au jour du jugement, s'appuyant sur u Fils de archevêque de Salzbourg ?, son écrit qui a un passage de saint Augustin, tiré d'un exem

pour titre : De la glorification du Fils de plaire défectueux. Géroch rétablit la vraie
l'homme, et l'envoya depuis à Hartmann, leçon, et montre, par le témoignage de ce
évêque de Bresce, et au pape Eugène III, qui père, que le vrai corps de Jésus-Christ est
l'en remercia par une lettre où il loue son sur les autels où l'on célèbre le sacrifice dans
zèle contre les nouveautés de doctrine qui l'Eglise catholique ?, et qu'il est en même
s'élevaient dans l'Eglise. Les papes Anastase temps au ciel.
et Adrien ne firent point de réponse aux let- 15. Il combat ensuite les façons de parler
tres qu'il leur écrivit en leur envoyant quel- usitées parmi les scholastiques 8 lorsqu'ils
ques-uns de ses ouvrages. Géroch ne s'en traitaient du mystère de l'incarnation, mon-
formalisa pas, attribuant leur silence à leurs trant qu'elles sont étrangères au langage de
grandes occupations 3; mais il fut très-sensi- l'Eglise et favorables aux erreurs de Paul de
ble à la lettre par laquelle Alexandre III l'as- Samosate, de Nestorius et de Photin. Pour
surait qu'il lui continuerait les mêmes bontés lui, il ne parle que d'après les pères de l'E-

que ses prédécesseurs avaient eues pour lui, glise les plus célèbres , dont il cite un grand Analyse do 14. Il parait que ce traité de Géroch 4 fut nombre de passages. Ce traité se trouve dans

écrit pour réfuter certaines expressions des le tome ser des Analectes de dom Bernard
scholastiques qui, ne distinguant pas assez Pez.
les deux natures, ni les suites de leur union 16. Il y est suivi d'un livre contre deux hé-
personnelle en Jésus-Christ, disaient qu'il résies 9 : l'une des nouveaux nestoriens, l'au- résies.
n'est ni si puissant ni aussi grand que son tre de ceux qui admettent les prêtres excom-
Père. Il entreprit de prouver le contraire, et muniés et les sacrements qu'ils confèrent.
de détruire en même temps les hérésies d'Eu- L'ouvrage est adressé à Geoffroi , abbé des
tychès et de Nestorius. Pour le faire claire- Monts. Il cite, au commencement, sa lettre à
meni, il distingue avec l'Eglise, en Jésus- Eberhard, abbé de Bamberg, dans laquelle
Christ, la nature divine de la nature humaine, il fait voir que saint Hilaire ne pensait pas
en ce que la divinité n'est pas l'humanité, ni différemment de l'auteur du Symbole qui
l'humanité la divinité; mais il soutient que le porte le nom de saint Athanase; que l'un et
même Fils de Dieu et de l'homme est homme l'autre enseignaient également que le Fils de
par la vraie et entière humanité, comme il l'homme est égal au Père selon la divinité;
est Dieu par la plénitude de la divinité; moin- qu'il est moindre que le Père suivant l'hu-
dre que le Père selon l'humanité par laquelle manité. C'est sur cette distinction que Géroch
il est homme, égal au Père selon la divinité fonde tout ce qu'il dit, tant dans le traité
par laquelle il est Dieu. Ce sont ses termes. contre les deux hérésies que dans la lettre à
C'est sur ce principe qu'il enseigne que nous l'évêque de Bamberg 10, jointe à ce traité dans
devons à l'homme en Jésus-Christ le culte de le second volume des Anecdotes de dom Ber-
latrie 5, parce que, selon saint Augustin, on nard Pez. Il parle d'une conférence qu'il
ne peut concevoir Jésus-Christ homme, qu'on avait eue de vive voix avec l'abbé Rupert sur
ne le conçoive uni au Verbe de Dieu, et qu'il cette matière "1.
dit qu'on doit l'adorer dans l'eucharistie, où 17. A l'égard des prêtres excommuniés ou
il est réellement présent et où il nous nour déposés !?, et des sacrements par eux admi-
rit du même corps qu'il a pris dans le sein nistrés, il rapporte une lettre où l'abbé Ra-

Traité con tre deux bo

1 Pag. 1481.
2 Pez, tom. II Thesaur. Anecd., pag. 165, 169.
3 Pag. 170. — ' Pag. 185, cap. v.
5 Cap. vii et v.

6 Credat igitur mundus quod Christus Jesus corpo raliter manens in cælo, nihilominus corporaliter sit in templo suo, quod est Ecclesia, quam pascit corpore et sanguine suo, non solum sacramento tenus..... sed in rei veritate, ita ut ipsius Christi verum corpus

de Virgine sumptum, in altari præsentetur, immoletur,
manducetur, ac proinde salubriler adoretur. Geroch,
lib. de Glorific., cap. XIJI.

7 Verum ejus corpus in omni altari est ubicumque
intra catholicam Ecclesiam celebratur missa. Ibid.,
cap. XIV.

8 Cap. XVIII et seq.
9 Pez, tom. I, pag. 285, part. II.
10 Pag. 316, — 11 Cap. 11. – 12 Cap. 111.

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