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saints

abb

l'Edifice

de

Questions

ding dit que celui que Jésus - Christ a y avait renoncé en présence de cet abbé et
privé du ministère sacerdotal par l'autorité de l'évêque de Bamberg.
de l'Eglise , soit en l'excommuniant, soit en 20. Nous avons encore dans le recueil de Vieg des
le déposant, n'étant plus ministre de l'Eglise, dom Bernard Pez 7 les Vies de deux abbés de Fornbach,
ne fait rien à l'autel s'il entreprend d'y offrir. de Formbach, Berenger et Wirnton, compo-
Il dit la même chose des schismatiques et des sées par Géroch. Ce qu'il y rapporte des mi-
hérétiques, fondé sur ce principe qu'il n'y a racles opérés par l'intercession de ces deux
point de lieu pour le divin sacrifice hors de saints est d'autant plus digne de foi, qu'il dit
l'Eglise catholique. Géroch embrasse ce sen- les avoir vus de ses yeux ou appris de gens
timent !; mais il convient, avec Rading, que non suspects.
cela ne s'entend point des sacrements néces 21. Ce fut à la prière, ou, comme le dit Livre de
saires au salut, comme le baptême, dont l'ad- Géroch 8, par ordre de Chunon, évêque de Dieu.
ministration n'est interdite à personne, ni des Ratisbonne, qu'il composa l'ouvrage intitulé :
ministres indignes, par leurs mauvaises DelEdificede Dieu. Il n'y mit pas son nom, et ne
meurs, du sacré ministère. Tant qu'ils ne se fit connaître que sous le titre d'idiot et de
sont point séparés de la communion de l'E- pécheur. Il distingue dans l'édifice de Dieu
glise, ni privés des fonctions de leur ordre, l'architecte, qui est Dieu; les matériaux', qui
ils consacrent réellement et validement 2. sont les élus; les instruments et les aides,

18. Suivent, dans les Anecdotes de dom Ber c'est-à-dire les réprouvés et les créatures inaet les Lalins. nard Pez, quatre lettres 3 dans lesquelles il nimées dont Dieu se sert pour cet édifice. Il

est fait mention de l'ouvrage de Géroch tou veut qu'on en défende l'entrée et le séjour
chant les différends entre les Grecs et les aux clercs propriétaires et qui ne suivent pas
Latins. La première est de Vauthier, évêque la vie commune; en conséquence, il blâme
de Laon; cette lettre, dont on ne voit ici que les décrets du roi Louis-le-Débonnaire, qui
l'inscription , a été donnée tout entière par leur permettent de demeurer dans des mai-
dom Luc d'Achéry, au tome II de son Spici- sons particulières et d'y avoir des biens en
lége. La deuxième est de Géroch à un de ses propre 10, et dit anathème au livre qui conte-
amis, qui lui avait conseillé d'envoyer à Rome nait ces décrets. Il ne laisse pas de croire
son traité de la Glorification du Fils de l'homme, que ce prince sera sauvé, mais après avoir
pour y être examiné. La troisième est du été purifié par le feu du purgatoire.
même Géroch à Henri, cardinal, à qui il en- 22. Géroch, parlant de l'usage des biens
voie son explication du psaume Lxiv. La qua- de l'Eglise, dit qu'il n'appartient pas au
trième est encore de lui; elle est adressée à roi", mais aux ministres de l'Eglise et aux
Othon, évêque de Frisingue, qu'il rend le pauvres; que si le roi en demande, l'évêque
juge de son commentaire sur les psaumes. doit répondre avec saint Ambroise : «Il ne
Le pape Eugène approuva l'explication du m'est pas permis de vous les donner, et il ne
psaume Lxiv, comme on le voit par sa lettre vous est pas expédient de les recevoir.» Il re-
à Géroch 4, rapportée dans les Mélanges de marque que si Jésus-Chrisi paya le tribut, ce
Baluze.

ne fut point de la bourse de Judas, déposiAutres let. 19. Géroch, accusé d'avoir contribué à la taire des deniers destinés à la subsistance du

déposition de l'abbesse de Prague 5, s'en jus- collége des apôtres et des pauvres, mais
tifia en disant qu'ayant mérité, par sa déso- d'ailleurs; qu'à son exemple l'évêque doit,
béissance au cardinal-légat, d'être déposée, s'il lui est possible, tirer d'ailleurs que du
il aurait pu ne pas consentir à sa déposition; trésor de l'Eglise de quoi donner au roi et à
qu'au reste, il s'était intéressé pour lui pro- ses soldats. Il excepte le cas où le roi met-
curer quelque consolation de la part de l'ab- trait sur pied une armée pour la défense de
besse qu'on avait mise en sa place. La lettre l'Eglise 12.
de l'abbé d'Ege est un éloge de la doctrine 23. Il dit que les premiers empereurs 13,
de Géroch et de ses écrits 6. On y voit que Constantin, Constant, Valentinien et autres,
Géroch avait combattu les sentiments du pré- et, depuis la division de l'Empire, les Othons
vôt de Triph ou Triefenstein, et que celui-ci et les Henris, ont enrichi les églises, et que

tres de Géroch.

1 Cap. vi. – ? Mais ceux mêmes qui sont privés de la communion de l'Eglise et des fonctions de leur ordre consacrent validement quoique illicitement. (L'édit.). — 3 Pez, pag. 328 et seq. — * Tom. V,

pag. 236. — 5 Ibid., pag. 332. — 6 Pag. 334. — 7 Pez, Anecd., tom. I, part. III, pag. 399. – 8 Ibid., tom. II, pag. 226. - 9 Cap. 1. - 10 Pag. 246. - 11 Cap. VI. 13 Cap. VIII. — 13 Cap. IX.

Tijere pstein

Sa lettre à

de Salzbourg.

leurs successeurs les ont dépouillées; que conie, dans le diocèse de Virzbourg, répan- prøvde de
dans les premiers siècles les princes ne s'ar- dait, vers le milieu du XIIe siècle, diverses en Franconie.
rogeaient rien dans les élections des évêques; erreurs sur l'eucharistie 6. Il ne craignit l'archevêque
qu'il y avait même peine de déposition et point de les proposer à Eberhard, archevêque
d'anathème tant contre les évêques et les de Salzbourg, dans une lettre qu'il lui écrivit
prêtres qui se faisaient ordonner par la puis- vers l'an 1160, où il disait : « Lorsque j'ap-
sance laïque, que contre leurs ordinateurs; proche de l'eucharistie, je ne doute point que
en sorte qu'alors les élections étaient libres je n'y boive le sang sous la saveur et l'espèce
et se faisaient suivant le prescrit des canons, du vin, mais seul et pur, sans la chair 7. Je
sans que les princes se plaignissent que leur crois aussi que sous la saveur et l'espèce du
autorité fût méprisée; mais que dans les siè. pain je mange la seule et pure chair de Jésus-
cles suivants les puissances séculières n'a- Christ, mais sans os et sans membres corpo-
vaient plus eu la même attention pour l'E- rels. Je confesse que je mange la chair du
glise.

Fils de l'homme, mais non le Fils de l'homme.
24. Géroch conseille de faire gérer les biens L'archevêque fit réfuter ces erreurs par une
de l'Eglise par des clercs', et d'en ôter l'ade lettre adressée à Folmar, à qui l'on fait cette
ministration aux laïcs; de confier le soin des objection qui sert de réfutation de sa doc-
âmes à ceux qui ont auparavant mené la vie trine : « Si vous buvez le sang de Jésus-Christ
commune dans des cloîtres ?; de la faire ob- sans manger sa chair, dites-nous si vous ne
server dans les chapitres de chanoines, d'y buvez qu'une partie de ce sang, ou si vous
contraindre les clercs de mauvaises moeurs. le buvez tout entier; si ce n'est qu'une partie,
Il donne plusieurs instructions aux évêques dites-nous de quel membre vous la tirez; si
sur la façon de se conduire envers le clergé, vous le buvez tout entier sans la chair, dites
sur l'usage des biens de l'Eglise 3, sur l'éloi- ce que devient cette chair sèche, morte, vide
gnement des affaires temporelles et militaires de sang?» Folmar ne pouvant rien répliquer
sur le bon ordre qu'ils doivent observer dans de raisonnable, l'auteur de la lettre conclut
les monastères de filles, les peines qu'ils sont que les fidèles reçoivent le sang de Jésus-
obligés de faire subir à celles qui vivent mal Christ non séparé de sa chair, mais avec sa
et aux clercs tombés dans des excès.

chair, en un mot Jésus-Christ tout entier et 25. Il finit en montrant que dans la distri- les deux substances du corps et du sang bution des dîmes 4 l'on doit donner la qua- toutes entières. trième partie aux veuves et aux pauvres et qu'il 28. Avant d'écrire à l'archevêque de Salz- Loltre de n'est pas permis aux évêques d'aliéner pour bourg, Folmar avait écrit à l'abbé d'Ebrach 8 bé d'Ebrach. toujours celles de leurs églises.

et à plusieurs hommes de lettres et de piété Livre épis- 26. Son livre épistolaire au pape Inno- dans la Bavière. Géroch ayant eu communi

cent (er 5, publié aussi par dom Bernard Pez, cation de la lettre à l'archevêque, la réfuta
est un dialogue entre un clerc séculier et un dans celle qu'il écrivit à l'abbé d'Ebrach. Voici
clerc régulier, où ils font voir la différence son raisonnement : tout se trouve dans Jésus-
qu'il y a entre leur état. Géroch s'y explique Christ ressuscité : la chair, les os, le sang,
sur la règle qu'il attribue si souvent à Louis- le souffle humain et divin; séparer ce
le-Débonnaire, et entend par là celle qui fut souffle de vie, ou la chair des os, ou le sang
faite par son ordre dans une assemblée d'é du corps, ce serait crucifier de nouveau Jé-
vêques et de clercs, où il fut permis aux cha- sus-Christ; encore qu'on le reçoive sous
noines de vivre dans des maisons séparées. les deux espèces du pain et du vin mêlé
C'est le concile d'Aix-la-Chapelle en 816. Il y d'eau, il est en lui-même indivisé et entier,
traite aussi de la validité des sacrements ad- tout entier sur l'autel, dans le ciel et dans la
ministrés par les hérétiques et les excommu- bouche de celui qui mange son corps ou boit
niés, et suit là-dessus le sentiment déjà pro- son sang. Il ajoute que Folmar, en disant que
posé dans ses autres ouvrages.

Gérorh à l'ab

tolaire de Gé. rocb.

l'on mange à la table sacrée non le Fils de 27. Folmar, prévôt de Triefenstein en Fran- l'homme, mais la chair du Fils de l'homme,

Folmar

* Cap. xvi.
2 Cap. XXI, XXII, XXV, XXVI.
3 Cap. XXVII, XXXIII et seq.

Cap. xLvi et seq. — 5 Ibid., pag. 438.
6 Sept lettres sur l'eucharistie contre les erreurs

de Folmar sont reproduites ou indiquées d'après
Gretser, au tome CXCIV de la Patrologie, col. 1481-
1490. (L'éditeur.)

7 Tom. XXV Bibliot. Pat., pag. 312 et seq.
8 Ibid., pag. 313.

l'abbé d'E.

roch.

Francfort to

Foimar à l'abbé d'Ebrach.

raisonnait comme Nestorius, qui tomba dans et humaine opèrent dans une même personne.
l'erreur pour s'être persuadé que la chair que Tout ce que Géroch dit dans ce traité à l'a-
l'on mange à l'autel n'était point vivifiante, vantage du Fils de l'homme, c'est toujours
parce qu'elle était la chair d'un homme sanc- en supposant l’union intime des deux natures,
tifiée par l'inhabitation de Dieu, mais inca la divine et l'humaine, en une seule personne

pable de vivifier celui qui la mangeait. qui est Dieu, et conséquemment égale à Lettre de 29. L'abbé d’Ebrach répondit quc Folmar Dieu. brach à Gé lui avait lu sa profession de foi et qu'il n'y 32. Marc Hansitzius rapporte qu'il se tint Condle de

avait rien vu de mauvais ? ; que toutefois, en 1130 5 un concile à Francfort contre la 1180.*
ayant été cité devant l'évêque de Bamberg censure trop sévère que Géroch avait faite Jagement
depuis les écrits publiés par Géroch, Folmar de la conduite des clercs séculiers. La Chro-
avait désavoué ses erreurs et embrassé la nique de Reichersperg o loue son zèle pour le

doctrine de Géroch, qui était celle de l'Eglise. rélablissement de la discipline dans ce moLettre do 30. Il les désavoua encore dans une lettre nastère, et le bon ordre qu'il y établit dans

écrite à l'abbé d'Ebrach 2, et généralement la célébration des divins offices, dans la con-
à tous les prélats de la Bavière et de l'Au- duite des clercs, dans leurs occupations, leur
triche, reconnaissant sincèrement que l'eu- prescrivant à tous des heures pour les prières
charistie contient non-seulement le vrai corps particulières, pour les lectures, pour le tra-
de Jésus-Christ , mais aussi qu'il y est plein, vail des mains; les uns s'occupaient à trans-
entier et parfait, et qu'on l'y reçoit d'une crire des livres, d'autres à divers arts, sui-
manière admirable et invisible sous une au- vant leurs talents. Il en avait beaucoup pour
tre espèce. Folmar errait encore sur l'incar l'étude, et ses écrits sont une preuve cons-
nation, et l'on ne voit pas qu'il ait pour lors tante qu'il s'était appliqué de bonne heure
changé de sentiment à cet égard.

à la lecture des Livres saints, des écrits des
31. On trouve aussi, dans les bibliothèques pères, des décrets des papes et des conciles.
de Bavière, le traité de l'Antechrist par Gé- Il cite souvent les fausses décrétales, et cela
roch 3, dans lequel il réfute le nestorianisme est très-commun parmi les écrivains du moyen
de Folmar. Stevartius dit de ce traité ce qu'il âge, qui n'en connaissaient pas encore la
avait dit de celui d'Arnon sur l'eucharistie, fausseté. [Géroch s'était toujours tenu du
que l'auteur approche de l'erreur des euly- côté des papes légitimes dans leur lutte con-
chiens et des ubiquistes d'Allemagne, en di- tre les empereurs; il avait énergiquement
sant que l'humanité, par la communication combattu en leur faveur dans ses écrits et
des perfections divines, est égale à la divi- avait par là même obtenu un grand crédit à
nité; mais n'étant pas possible de justifier Rome. La majeure partie de sa vie fut con-
Géroch par son écrit même sur l'Antechrist, sacrée à combattre en faveur de la réforme
puisqu'on ne l'a pas encore mis au jour, il du clergé, et de pénibles agitations en furent
faut recourir à ses autres ouvrages, notam- presque toujours la suite. On peut, sous ce
ment à celui qui a pour titre : De la Gloire et rapport, le comparer à Ratherius de Vérone.
de l'Honneur du Fils de l'homme. Or, Géroch Il ne considérait comme vrais chanoines,
y condamne l'erreur d'Eutychès et celle comme chanoines réguliers (clerici regulares)
de Nestorius 4, la distinction des personnes que ceux qui, suivant la règle de saint Au-
en Jésus-Christ et la confusion des natures. gustin, ne possédaient aucune propriété, el,
Il enseigne qu'encore que nous honorions en s'éloignant de tout luxe, de toute sensualité,
la personne de Jésus-Christ la grande union se restreignaient au strict nécessaire. Ce-
de l'homme avec Dieu, et de Dieu avec pendant, il ne condamnait pas les chanoines
l'homme, qui fait que l'homme a part aux et les clercs séculiers, car il en connaissait,
actes de Dieu, et Dieu aux actes de l'homme, disait-il, quelques-uns qui possédaient comme
on doit néanmoins distinguer tellement la ne possédant pas 7. Il appartenait aussi à la
propriété des actes, que l'on donne à Dieu catégorie des hommes les plus savants et les
ceux qui sont de lui et à l'homme ceux qui plus profonds de son temps; on en peut lire
sont de l'homme, parce que les natures divine la preuve dans ses nombreux écrits qui sont

Traité de
l'Antechrist.

1 Geroch., ibid., pag. 314. – 2 Ibid., pag. 315.
3 Tom. III, part. II, Oper. Canis.
" Pez,, tom. I Anecd., part. 11, pag. 245, 246.

8 Hantsit., tom. II Germ. sacr., pag. 228.
O Chronic. Reisp., pag. 301.
7 In psalm. LIVII.

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non.

Idée de cet

loin d'être connus, appréciés et utilisés au- fesse avec l'Eglise que le fils de la Vierge
tant qu'ils le méritent '.]

est aussi Fils de Dieu 5, parce que comme il
33. Arnon 2, frère et successeur de Géroch est Dieu tout entier, il est aussi homme tout
dans la prévôté de Reichersperg en 1169, entier, et que l'on doit le reconnaitre pour
écrivit un long ouvrage sur l'eucharistie. Il fils de l'un et de l'autre, de Dieu et de la
n'était encore que doyen de ce monastère, Vierge. C'est par erreur que l'on a attribué
et son frère en était prévôt. Voyant que Fol- l'ouvrage d'Arnon à Ethérius et à Béatus.
mar le chargeait d'injures dans ses lettres et Ces deux écrivains vivaient plus de quatre
dans ses écrits, particulièrement dans sa lettre cents ans avant Folmar, qui écrivait dans le
à l'archevêque de Salzbourg, Arnon entreprit XIIe siècle, sous le pape Alexandre III. L'er-
de le venger et d'établir en même temps la reur n'est venue que de ce que Stevartius a
vérité de la présence réelle dans l'eucharis- joint dans son recueil le prologue de l'ou-
tie, que Folmar niait en partie , comme on l'a vrage d’Arnon aux écrits de Béatus et d'E-
dit ci-dessus. De ce grand ouvrage, que thérius.
l'on conserve entier dans les bibliothèques de 35. Arnon mourut au mois de janvier de Mort d'Ar.
Bavière, Stevartius n'en a rendu public que l'an 1180, onze ans environ après son frère
le prologue dans ses Anciennes leçons 3, et le Géroch 6. La Chronique de Reichersperg le
commencement du livre. Basnage n'en a pas qualifie d'heureuse mémoire. On a de lui un
donné davantage dans la seconde édition des ouvrage imprimé sous le titre de Bouclier des
Leçons de Canisius, à Anvers en 1725 4. (Ce chanoines réguliers, à Augsbourg en 1723,
prologue est reproduit au tome CXCIV de la in-4°, dans le tome ser des Mélanges de Ray-
Patrologie, col. 1529-1538, d'après cette se- mond Duellius, (d'où il a passé au tome CXCIV
conde édition.]

de la Patrologie, col. 1489-1528. L'auteur y 34. On voit, par ce prologue, que quoique défend les chanoines réguliers conlre les atArnon en voulût particulièrement à Folmar, taques que leur portaient quelques moines.] il n'était pas fâché que l'apologie qu'il faisait (36. Wolbéron succéda en 1147 à Gérard, de la personne et des sentiments de son frère qui, à cause de son grand âge, avait résigné Pantaleon en fût répandue partout. Les autorités qu'il em- le bâton pastoral. Il fut le douzième abbé de ploie pour établir les dogmes de la foi, sont Saint-Pantaléon de Cologne. Il brilla par son l'Ecriture sainte, les pères de l'Eglise, en aver- génie et son éloquence, parson application aux tissant que s'il y en a un ou deux qui se saintes Ecritures et par les connaissances soient expliqués moins clairement en un en qu'il acquit dans les sciences séculières, et qui droit, ils y ont suppléé en d'autres. Outre l'er- pour son temps étaient très-grandes. On a de reur de Folmar sur l'eucharistie, quand il di- lui un ouvrage sur le Cantique des Cantiques, sait que la chair de Jésus-Christ était sans les en quatre livres. L'auteur le composa pour os, et le sang sans la chair sous les espèces les filles de Saint-Benoit de l'île du Rhein. Il du pain et du vin , il donnait encore dans le mourut en 1167. Son commentaire a été imnestorianisme; mais il paraît qu'il ne tomba primé à Cologne en 1630, et non en 1650, dans cette erreur qu'après avoir avancé la comme le dit Dupin. Il est reproduit d'une première. Arnon réfute l'une et l'autre dans manière beaucoup plus correcte au tome l'ouvrage qu'il écrivit contre lui. Stevartius CXCV de la Patrologie, col. 1005-1278. Woldit qu'en réfutant le nestorianisme il pensa béron se propose dans cet écrit d'expliquer tomber dans l'erreur opposée, dans celle des les mystères qui sont renfermés dans le livre eutychiens; mais il est assez ordinaire à ceux sacré des Cantiques, et surlout d'édifier les qui écrivent avec chaleur de laisser échapper saurs de Saint-Benoît et de les porter à un quelques façons de parler peu exactes; on amour plus grand pour Jésus-Christ, l'époux doit alors juger du sentiment de l'auteur par de leurs âmes. On lit ce commentaire avec le dessein général de son ouvrage, et non sur profit et édification. quelques termes peu mesurés. Il me semble 37. A la suite de Géroch, sous l'an 1169, qu'il s'explique bien catholiquement sur la les éditeurs de la Patrologie, tome CXCIV, Bestea distinction des deux natures, lorsqu'il con- col. 1537 - 1542, reproduisent d'après le père

écrit.

Wolbéron, abbé de Saint:

Rilinde et Herrade ab. besses.

1 Dictionnaire encyclopédique de la Théologie catho-
lique, art. Géroch. - ? Voir sur Arnon une notice his.
torique tirée de Fabricius, au tome CXCIV de la Pa.
trologie, col. 1489, et l'observation préliminaire, ibid.,

col. 1489-1492. (L'éditeur.) - 3 Stev., Auctuar., pag.
243. — * Tom. III, part. II, pag. 200. — 5 Ibid., pag.
202. – O Chronic. Reisp., pag. 313.

Ziegelbauer, Historia litteraria ordinis sancti commentaire sur l'histoire de la concubine
Benedicti, Augsbourg et Wursbourg, 1754, dont il est parlé dans le livre des Juges.
4 vol. in-fol., t. III, p. 158, une notice sur Herrade, qui lui succéda, ne lui fut infé-
Rilinde ou Régilinde et Herrade, abbesses rieure ni pour les vertus, ni pour la science,
de Holembourg en Alsace, avec des frag. Elle avait composé un livre de sentences
ments poétiques et une lettre d'Herrade. Ri- dont Ziegelbauer a rapporté l'épître prélimi-
linde mourut en 1169; elle avait écrit un naire.]

Elle avait pour les vercéda, ne

CHAPITRE LIII.

Conférences de Théorien (grec) avec les Arméniens (et les Syriens

jacobites.)

envoyéen Ar

Théorien 1. On ne sait pas bien si ce Théorien est admettant deux natures, admettait aussi deux monio en le même que le philosophe de ce nom'dont personnes, et au lieu d'adorer trois person

Allatius cite une lettre adressée aux prêtres nes en Dieu, d'en adorer, quatre, à cause de
des montagnes 2, dans laquelle ce philosophe la nature lumaine unie à la seconde per-
traite du jeûne du samedi, de la corumunion sonne. Cette nation répandait ses erreurs
eucharistique, du mariage des prêtres et de dans les provinces voisines, et mettait les
la défense de se raser la barbe. Quel qu'il fidèles dans le danger d'être séduits comme
soit, il écrivait sous l'empereur Manuel les autres. Les Arméniens erraient non-
Comnène l'an 1170. Ce prince ayant reçu seulement dans la foi, mais ils avaient des
une lettre de Norsesis (ou saint Nersés IV, usages tout différents des catholiques. Ils
surnommé le Gracieux), catholique des faisaient le chrême non avec de l'huile d'o-
Arméniens, c'est-à-dire leur patriarche ou lives, mais avec du sésame ou de la jugio-
primat, où il s'expliquait sur quelques points line, disant qu'ils n'avaient point d'oliviers
de foi et de discipline sur lesquels les Ar- dans leurs cantons. Dans la célébration de la
méniens ne s'accordaient pas avec les Grecs, messe, le prêtre célébrant entrait seul dans
témoignant souhaiter s'en éclaircir, lui en- le temple, les autres prêtres et le peuple

voya Théorien pour en conférer ensemble. restaient dehors : les autres offices se faiErreurs das 2. Les Arméniens ne croyaient pas qu'il y saient hors du temple. Ce fut pour les réunir Arméniens.

eût deux natures en Jésus-Christ; ils n'en avec l'église e Constantinople, que Théorien
admettaient qu'une, et s'appuyaient dans alla vers eux de la part de l'empereur Com-
cette erreur sur un passage tiré de la lettre nène, muni d'une lettre pour le Catholique 4.
de saint Cyrille à Nestorius qu'ils n'enten- 3. Il arriva au lieu de sa demeure le 15
daient pas, et où ce Père dit qu'il n'y a mai 1170 5, et dès le lendemain ils entrèrent Première
qu'une nature du Verbe incarné; c'est-à-dire en conférence. Théorien, après quelques Theories
qu'après l'union des deux natures Jésus- préliminaires sur la manière dont elle se nient.
Christ est un 3. Les Arméniens craignaient, passerait, demanda au Catholique si sa lettre
en disant deux natures en Jésus-Christ, de à l'empereur contenait ses véritables senti-
tomber dans l'hérésie de Nestorius, qui, en ments, Ayant reçu une réponse affirmative,

1 Très certainement une partie de la lettre dont pour la gloire de Dieu. Dans la coutume des eccléparle notre auteur est rapportée en grec et en latin, siastiques latins, non plus que dans la nôtre, il n'y a au tome VI Script. Vet. nov. collectio, p. 414, n. 2. rien qui s'écarte de l'honnêteté et de la convenance, On y voit par cette lettre que Théorien était un ex mais tout a un but excellent et une intention sainte. cellent catholique et très ami des Latins. « Je vous A ceux donc qui ont l'intelligence tout est bien ; conseille avant tout, leur dit-il, de ne point accueillir aux insensés tout est scandale et achoppement. » les contentions, car nous n'avons point cette cou (L'éditeur.) tume, ni l'Eglise de Dieu. Mais cherchez la paix, 2 Allat., lib. de Purgator., pag. 690, 822. conservant la paix de Jésus-Christ qui a fait une les 3 Tom. XIII, pag. 381. deux choses. Aimez les Latins, vos frères en Jésus. Cette lettre a été publiée pour la première fois Christ : car ils sont orthodoxes et enfants de l'Eglise par Maï, au tome VI Script. Vet. nov. collectio, pag. catholique et apostolique comme nous. S'il s'élève 314-315. (L'éditeur.) des questions, comme il est d'ordinaire, elles ne 5 Tom. XXII Bibliot. Pat., pag. 796. [Mansi, Conc., blessent pas la foi, car tout est bon si nous le faisous tom. XXII, pag. 38-120.)

avec lesArmé

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