Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

lesa

Saite.

avec

le pa

Jacobites.

que du temps du roi saint Etienne, le pape, losophie, ne voulut traiter la question que qui était alors Sylvestre II, aurait accordé d'après les doctrines d'Aristote. Théorien aux évêques hongrois la faculté de vivre avec aussi était philosophe; mais il avait du bon leurs femmes, assertion tout-à-fait gratuite sens. Il répondit au moine : « Si, sur tout dont il n'est fait nulle mention ailleurs, et autre sujet, vous voulez discuter avec nous contraire à la pratique constante des pontifes d'après les sages du dehors, je suis prêt; romains. Théorien admet qu'on pourra se mais quant à la foi chrétienne, si vous ne relâcher sur l'élection du général et sur les voulez pas que la discussion ait lieu d'après pains azymes.

les définitions des théologiens de l'Eglise, les 20. Nersés ne voulut rien terminer sans saints apôtres, saint Denis l'Areopagite, saint l'avis du concile de toute sa nation et sans la Athanase, les saints Grégoires, le grand Baprésence du patriarche des Albanais ou Geor- sile et les autres, je ne daignerai pas, suivant giens. Il remit une lettre pour l'empereur, votre expression, vous dire un mot. Puisque pria Théorien de parler aux évèques le di- vous avez tant de confiance dans votre phimanche suivant, afin de calmer l'irritation losopbie, définissons d'abord ces quatre que leur avait causée la lettre confidentielle choses : substance, nature, hypostase et perde l'empereur. Théorien rapporte le discours sonne, d'après les saints pères; posons ces qu'il prononça en cette occasion, et c'est par définitions comme règles des propositions à là qu'il termine le récit de la seconde confé- discuter, puis nous engagerons un combat de rence. L'union si vivement désirée par Ner- syllogismes suivant les formes des sages du sés ne put avoir lieu qu'en 1177, dans le con dehors.» Le moine prétendit que les définicile des Arméniens, tenu à Tarses. Nersés tions, aussi bien que le combat des sylloétait mort dès l'an 1173.

gismes, devaient se faire d'après les philosoConférence 21. Théorien quitta Nersés pour se ren- pbes du paganisme. « Vous auriez raison, triarche des dre auprès du catholique ou patriarche des répliqua Théorien, si les théologiens du deMai, Script Syriens jacobites, et avoir avec lui une con- bors ne différaient pas des nôtres; mais pag. 387 ei férence semblable. A Cassounium, il trouva comme la différence est très-grande, vous ne

le moine Théodore qui l'attendait pour le con- devez pas agir de même. Jean Philoponus,
duire au patriarche Michel qui demeurait en suivant les profanes, a été chassé de l'E-
dans un village nommé Saint- Balsamon. glise comme trithéite. Beaucoup d'autres,
Théorien sut qu'un émir des musulmans était pour la même cause, se sont écartés de la
en embuscade sur la route pour le prendre, foi. Le grand Paul l’écrit à son disciple en
Il en informa le patriarche des jacobites, qui disant : «0 Timothée! gardez le dépôt, évi-
lui envoya sa profession de foi et autorisa le » tant les profanes nouveautés de paroles et
moine Théodore, homme très-instruit, à con- » les antithèses d'une prétendue science ou
férer2 là-dessus avec lui à Cassounium même. » gnose que quelques-uns ont promise, et
Il repousse l'erreur d'Eutychès, qui soutenait » ils ont fait naufrage dans la foi. » Après
que par l'incarnation les deux natures se sont ces paroles, le moine Théodore se retira.
confondues en une seule : «Car nous confes- Le lendemain, Elie, évêque de Cassou-
sons, dit-il, que la différence des natures sub- nium, vint au logis de Théorien et dit : « J'ad-
siste en Jésus-Christ; nous ne disons pas que mire pourquoi vous n'avez pas voulu dispu-
la divinité a été changée en chair, ni la chair ter avec notre philosophe, mais que vous
en divinité; mais nous croyons que la divinité ayez eu peur d'un si grand nombre de per-
est restée divinité, et que la chair est demeu- sonnes au concile d'Arménie. Sachez que
rée chair. Les natures paraissent donc per- nulle part il ne se trouve de nos jours une
manentes; mais en même temps nous croyons sagesse pareille à celle des Syriens. Nous ne
une nature à cause de leur indivisibilité. » souffrirons donc pas qu'on discute d'une au-
Théorien ne trouva d'inexact, dans la pro- tre manière. – Seigneur, répondit Théo-
fession de foi, que cette expression : une na- rien, sachez qu'aulant les Romains sont au-
ture. Ce fut le sujet principal de la con- dacieux pour tout le reste, autant ils sont
férence.

méticuleux quand il s'agit de transgresser les Le moine Théodore, qui se piquait de phi- bornes posées par les saints pères. » Puis il

vet. tom. VI,

sair.

1 Mai, ibid., pag. 407, n. 3.
? L'analyse suivante est empruntée à peu près tex-

tuellement à Rorhbacher, Histoire de l'Eglise, t. XVI,
pag. 202 et suiv.

montra, par les paroles de saint Grégoire de mortel et immortel, visible et invisible, n'est
Nazianze, que les chrétiens ne doivent point pas une seule substance, mais deux. »
apprécier les dogmes de leur foi d'après les 22. A la fin de sa conférence !, le moine Suite.
idées de la pbilosophie païenne. Toutefois, Théodore dit : « J'espère de Dieu que le scan- Pag. 609.
par complaisance, il voulut bien argumenter dale d'une nature sera ôté du milieu de nous,
à la manière d'Aristote, pour savoir au juste et que nous recevrons le quatrième concile
sur quoi les Syriens s'appuyaient. Il leur de- ainsi que le pape Léon, pourvu que les Ro-
manda donc : « Dites-vous que Jésus-Christ mains ne nous obligent point d'anathématiser
soit une seule substance ou deux? — Une Sévère, car c'est de lui que nous tenons toute
seuleet indivisible, répondit l'évêque. - Mais, notre liturgie. Je dis cependant : aussitôt que
reprit Théorien, Aristote dit-il qu'une seule le catholique des Arméniens aura envoyé
et même substance puisse recevoir toutensem- dans la capitale pour faire confirmer syno-
ble les contraires, être créée et incréée ? — dalement ce qui est de la foi, le nôtre y en-
Nullement, dit l'évêque. – Donc , con- verra également pour achever ce qui plaît à
clut Théorien, d'après Aristote lui-même, Dieu. »
Jésus-Christ, qui est à la fois créé et incréé,

CHAPITRE LIV.

Jean Cinnam; Michel Glycas; Constantin Manassés; Nicéphore Bryenne;

Isaac, catholique de la Grande-Arménie; Nicetas de Constantinople;
Constantin Harménopule; Jean, patriarche d'Antioche; Arsène, moine
du Mont-Athos; Andronic Camatére; Basile d'Acride, archevêque de
Thessalonique; Luc Chrysoberge, patriarche de Constantinople; Antoine
Mélisse; Georges, métropolitain de Corfou; Michel de Constantinople;
Alexis Aristène; Siméon Logothète; Nil ou Nicolas Doxapater;
Théophanes Cérameus; Alexandre, moine de Chypre; Manuel Comnène,
empereur.

(Ecrivains grecs du XIIe siècle.)

Jean Cipnam.

1. Jean Cinnam, grammairien honoraire édition, des trois derniers livres n'en a fait dans la cour de Constantinople, écrivit après qu’un. Cinnam s'étend peu sur le règne de la mort de l'empereur Manuel Comnène, ar- Jean Comnène, dont il n'avait qu'une conrivée en 1180. Il s'était attaché de bonne naissance imparfaite 4, n'ayant pas vécu de heure au service de ce prince ?, et l'avait son temps; mais il entre dans un grand désuivi en diverses expéditions, tant en Occi- tail des actions de Manuel Comnène, et se dent qu'en Orient, ce qui donne beaucoup flatte que personne n'a été plus en état que d'autorité à l'histoire qu'il a faite du règne lui d'en rendre un compte fidèle, puisqu'il de Manuel Comnène et de Jean Comnène avait accompagné ce prince dans toutes ses son père, qui régna depuis l'an 1118 jusqu'en expéditions. Ce n'est pas là le seul mérite de 1143 3, qui fut l'année de sa mort.

l'Histoire de Cinnam : ce qui la rend encore 2. Elle est divisée en six livres dans un intéressante, c'est que l'on y trouve quantité manuscrit du Vatican, du temps de la prise de faits qui ont rapport à celle des empede Constantinople par les Turcs, en 1453, et reurs d'Occident, et dont il n'est parlé dans cette division a été suivie dans les éditions aucun écrivain contemporain, soit italien , de Paris et de Venise; mais Tollius, dans son soit allemand. Son style est pur, grave, élé

Son Histoire des Comnènes.

1 Mai, ibid., pag. 407, note, s'étonne de ne voir reparaître le moine Théodore qu'à la fin de la con. férence, et il croit que le récit de Théorien n'est pas complet. Ce même Théodore devint patriarche des jacobites en Cilicie, et mourut en 1192, vingt ans

après cette conférence, comme nous l'apprend Bar
Hébreu. Voyez Maï, ibid., pag. 408, n. 1.

2 Cinnam., lib. I, num. 1.
3 Idem, ibid. - Lib. I, num. 1.

gant et poli. Corneille Tollius fit imprimer moine et stylite. Glycas y enseigne que l'on cette Histoire en grec et en latin, avec des ne doit pas accorder facilement l'eucharistie notes de sa façon, à Utrecht en 1652, in-4°. aux pécheurs ; qu'il faut à leur égard suivre Charles Dufresne ayant corrigé la version de la disposition des saints canons, et les puriTollius en plusieurs endroits, la fit réimpri- fier avant de leur accorder la chair du Seimer à côté du texte grec, à Paris en 1670, gneur, de peur que cette nourriture saloin-fol., et au lieu des notes de cet éditeur, taire ne soit pour eux un poison. Il cite sur qu'il trouva insuffisantes pour l'intelligence cette conduite l'autorité de saint Paul et de de certains endroits difficiles, il en mit de saint Basile, qui dit : « Ne livrez point le nouvelles qui répandent un grand jour sur Fils de Dieu entre les mains des indignes. » les faits historiques. Il y a une troisième édi. Il prescrit aux directeurs spirituels la métion de Cinnamı, à Venise en 1729, faite sur thode des médecins corporels ; et veut de celle de Paris. On a joint dans l'une et dans deux choses l'une, ou que les pécheurs se l'autre la description en vers de l'église de corrigent petit à petit, ou qu'on les abanSainte-Sophie à Constantinople, par Paul-le- donne s'ils sont réfractaires aux avis el aux Silentiaire, dont il a été parlé en son temps'; ordres de ceux qui les dirigent. Dans la seon en a une autre de l'historien Evagre 2. conde lettre à Jean, ou plutôt à Maxime Sme[Meineke a fait reparaître à Bonn, dans la niote, Glycas prouve que Dieu a créé incornouvelle édition de la Byzantine, l'Histoire ruptible le premier homme; que ce n'est que des Comnènes ; elle forme un volume avec les par le péché qu'il est devenu sujet à la mort, écrits de Nicéphore Bryenne; elle est repro- et que l'homme ne s'est point trouvé dans un duite dans la nouvelle série de la Patrologie état mitoyen entre la corruption et l'incorgrecque.]

ruptibilité. Ce que cet auteur ajoutait de la Michel Gly. 3. Michel Glycas était, selon la remarque nature de l'arbre de la science du bien et du

cas.

de Boivin, non de Sicile, mais de Constanti- mal, est perdu 4. Il appuie tout ce qu'il dit
nople, et écrivait vers l'an 1150 3. Le surnom des passages des pères grecs. [Les lettres de
de Glycas lui fut donné, ce semble, lorsqu'il Glycas sont instructives et curieuses. La plu-
prit l'habit monastique. Nous avons de lui part roulent sur des matières tbéologiques.
des Annales divisées en quatre parties, dont On en trouve quatre-vingt-treize dans un
la première traite de ce qui s'est fait les six manuscrit de la bibliothèque royale de Tu-
premiers jours de la création du monde ; la rin. J. Lamy en a publié dix d'après un ma-
seconde rapporte la suite des événements nuscrit de la Ricardiana qui n'en contient
depuis cette création jusqu'à la naissance de que quatorze, savoir cinq dans le premier
Jésus-Christ ; la troisième, ce qui est arrivé volume de ses Deliciæ eruditorum, en 1736,
dans les premiers siècles de l'Eglise jusqu'au in-8°, et cinq dans le septième, en 1739. Il a
règne du grand Constantin ; la quatrième donné séparément vers 1745, le discours de
s'étend jusqu'à la mort d’Alexis Comnène, Glycas à un moine, intitulé De claritate primi
en 1118. On conserve un grand nombre de Adæ. François Fontanini a publié les quatre
ses lettres dans la bibliothèque du roi, et autres lettres que contenait le manuscrit de
dans celle de l'empereur. Pontanus en a la Ricardiana dans les Novæ eruditorum deli-
donné deux, mais seulement en latin, à la cic, tome I, en 1785, in-8°. C. F. Matthæi a
suite de la Dioptre de Philippe le Solitaire, donné l'ordre, les inscriptions et le commen-
imprimée à Ingolstat, en 1604, in-4°; on les cement de quatre-vingt-dix lettres dans son
trouve dans le vingt-deuxième tome de la ouvrage sur les manuscrits de Moscou, et il
Bibliothèque des Pères, et avec le texte grec en a publié quelques-unes, à Leipsik, 1777,
au commencement des Annales de Glycas, de in-8°.] Glycas composa divers autres opus-
l'édition du père Labbe, au Louvre en 1660, cules : un traité sur la procession du Saint-
in-folio, à Venise en 1729, [et à Bonn, dans Esprit; un sur le pain dont Jésus-Christ se
la nouvelle édition de la Byzantine, par les servit dans la dernière cène ; un sur l'état
soins de Bekker, en un volume.] La première des âmes séparées de leurs corps. On ne les
de ces lettres est adressée à Jean Sinaïte, a pas encore rendus publics.

1 Tom. XI, pag. 346.
? Ibid., pag. 419.
3 Voyez Fabricii Bibliot. græc., édition de Harles,

tom. XI, pag. 199, note W. (L'éditeur.) — . Allat.,
Consensu utrius. Eccles., pag. 702.

Mapasség.

exis Comnèn la légation qui seront

Isaac, ca-
tholique de la
Grande Ar-
ménie.

Constantin 4. Constantin Manassés, contemporain de l'empire dès l'an 1090 ou 1091. Nicéphore

Michel Glycas', composa sous le règne de Ma- Bryenne écrivit en quatre livres l'Histoire des
nuel Comnène une Chronique abrégée quicom- Empereurs, en commençant au règne d'Isaac
mence à la création du monde, et finit à l'an Comnène, et finissant à celui d'Alexis Com-
1081, auquel Nicéphore Botoniate fut détrôné nène, c'est-à-dire depuis l'an 1057 jusqu'en
par Alexis Comnène, le 3 avril, n'ayant régné 1081. Le père Poussines les a traduits en
que trois ans. Voyant les Comnènes maîtres grec et en latin, et fait imprimer en ces deux
de Constantinople, il en sortit et se retira langues, à Paris en 1661, in-folio, à la suite
dans un monastère, où il mourut quelque de Procope. (On les trouve aussi dans la By-
temps après. La Chronique de Manassès est zantine, à Venise, 1729, avec les notes de du
en vers, et adressée à Irène, seur de l'em- Fresne, à Bonn avec Cinnam, par Meineke,
pereur Manuel Comnène, et femme d’An- 1 volume, dans la nouvelle série de la Patro-
dronic Sébastocrator 2. Leunclavius tradui- logie grecque.] Anne Comnène parle souvent
sit cette Chronique en latin sur un manuscrit de cette Histoire dans celle qu'elle a faite du
d'Italie, et la fit imprimer en cette langue règne de son père Alexis Comnène.
avec des notes, à Bâle en 1573, in-8o. Meur- 6. Il est parlé dans l'histoire de la légation
sius joignit le texte grec à cette version, de Théorien vers Norsesis, catholique des
après l'avoir corrigée sur un manuscrit de la Arméniens 3, d'un Isaac, évêque, qui s'était
bibliothèque Palatine et enrichie de nouvel expliqué sur les deux natures en Jésus-Christ.
les notes. Son édition parut à Leyde en l'an On croit que c'est le même dont nous avons
1616, in-4°. Nous en avons une autre parmi deux Invectives contre les Arméniens, sous le
les écrivains de l'Histoire byzantine, à Paris nom d'Isaac, catholique ou métropolitain de
en 1655, par les soins de Charles Annibal la grande Arménie. On y cite quelques pa-
Fabrotti. Pour compléter cette édition, l'édi- roles de Norsesis dans ses conférences avec
teur a mis à la fin de cette Chronique les notes Théorien 4: ainsi les Invectives d'Isaac furent
de Leunclavius et de Meursius, avec les va écrites postérieurement à ces conférences.
riantes de Léon Allatius, et un Glossaire pour Isaac était Arménien, avait été élevé parmi
l'intelligence des termes peu usités. [La Chro- ceux de cette nation, et imbu de toutes leurs
nique de Manassés se trouve aussi dans l'édi- opinions ; mais ayant embrassé la foi catho-
tion de la Byzantine, à Venise en 1729, dans lique, il en prit la défense dans deux écrits
celle de Bonn, avec Joël et Acropolite, par intitulés : Invectives contre les Arméniens, dont
Bekker, 1 volume, et dans la nouvelle série les erreurs étaient les inémes que celles d'Eu-
de la Patrologie grecque. On a encore de cet tychès, de Dioscore, de Timothée Elure, de
auteur, 1° un poème politique sur Justin le Pierre le Foulon, de Julien d'Haly carnasse
Grand, empereur, avec une version latine en et des apthartodocites, qui niaient que Jésus-
vers, par François Morelle, Paris 1610, in-8°; Christ eùt pris dans le sein de la Vierge un
2° quelques fragments publiés avec notes et corps de même nature que le nôtre, et anéan-
traduction, par Boissonade, 1819, in-12. Le tissaient conséquemment le dogme de l'In-

tout est reproduit dans la Patrologie grecque.] carnation. Le père Combefis a traduit de grec
Nicéphore 5. Nicépbore Bryenne, mari d’Anne Com- en latin et fait imprimer ces deux traités sur

nène, fille d'Alexis Comnène et de l'impéra- un manuscrit de la bibliothèque du roi, dans
trice Irène, se fit admirer de son temps par le second tome de son Supplément, à Paris
la beauté de son corps et de son esprit, par en 1648, in-folio. Ils ont été réimprimés en
sa prudence consommée, par son savoir et latin dans le vingtième tome de la Bibliothè-
par son éloquence. Irène, sa belle-mère, lui que des Pères, à Lyon en 1677, [et dans la
fraya autant qu'il fut en elle le chemin à Bibliothèque des anciens Pères de Galland,
l'empire, à l'exclusion de Jean, son fils aîné. tome XIV, p. 411-447. Le tome X des Script.
Alexis, son beau-père, le fit d'abord césar et vet. nov. collect., par Maï, part. 11, p. 300,
ensuite panhypersebaste; mais les tentatives contient quinze canons sous le nom d'Isaac III
pour faire monter Bryenne sur le trône fu- ou d'Isaac le dernier du nom. A la suite vient
rent inutiles. Jean Comnène y fut placé le une collection de canons par Jean le Stylite,
15 août 1118, comme ayant été associé à avec les réponses d'Isaac, patriarche d'Ar-

Bryenne.

1 Const. Manas., Chronic., pag. 113, edit. Venet.;
Paris., 136.

. Ducang., de Famil. Byzant., pag. 181, et in edit.
Venet., pag. 151. - 3 Pag. 120. - . Pag. 379.

niene.

Analyse de la première.

ménie, et de plusieurs des évêques ses col- temps de l'année la fête de l'Annonciation",
lègues.]

sous prétexte que la sainte Vierge n'avait Invectives 7. Dans la première Invective, Isaac com- pas conçu au mois de mars; ils se contenles Armé bat d'abord l'erreur des aphtartodocites 1; en taient de faire en un même jour et sans céade niant que Jésus-Christ eût un corps consubs- rémonie mémoire de ce mystère, de la nati

tantiel au nôtre, ils ne laissaient pas de lui vité et du baptême de Jésus-Christ. Ils avaient
en donner un, mais impassible, immortel, supprimé dans leurs exemplaires un endroit
incréé, invisible de sa nature. Ils ajoutaient de l'Evangile de saint Luc; à la consécration
que par l'incarnation ce corps avait été ils ne mélaient point d'eau avec le vin, et se
changé en la nature divine, qui l'avait ab- servaient du pain azyme dans le sacrifice;
sorbé, comme une goutte de miel jetée dans ils offraient à l'autel des boufs, des agneaux
la mer se mêle tellement avec l'eau qu'elle et des brebis ; ils ne respectaient pas assez
disparait entièrement. Sur ce principe ils di- le signe de la croix, et joignant trois croix
saient que le corps de Jésus-Christ n'avait ensemble, ils donnaient à cet assemblage le
conservé, ni sa nature, ni ses propriétés, et nom de trinité. Dans le chant du Trisagion,
que par une conséquence nécessaire, il n'y ils ajoutaient, comme Pierre le Foulon :
avait pas en lui deux natures, mais une seule, « Dieu saint, Dieu puissant, Dieu immortel,
savoir la nature divine. Ils ne donnaient donc qui êtes crucifié pour nous. » Ils ne voulaient
pas au saint sacrifice de la chair du Seigneur pas recevoir l'ordination des mains de l'ar-
le nom de corps de Jésus-Christ, mais le nom chevêque de Césarée, et observaient un jeune
de sa divinité, quoiqu'ils ne pussent ignorer très - rigoureux la semaine qui précède le
que Jésus-Christ même l'avait appelé son commencement du Carême, dans laquelle
corps.

les Grecs se contentaient de s'abstenir de
8. Isaac dit qu'on avait prouvé mille fois viande et de vivre de laitage.
aux Arméniens, par l'autorité des livres?, 10. Isaac attaque les Arméniens sur tous
soit de l'Ecriture, soit des pères, écrits en ces articles 5. Il fait voir par le témoignage
langue arménienne, qu'il y a en Jésus-Christ de tous les anciens pères de l'Eglise, nom-
deux natures el deux opérations ; et il dé- mément par celui d'Eusébe de Césarée, de
montre encore cette vérité par des passages saint Athanase, de saint Chrysostôme, que
tirés des Psaumes, des Evangiles et des saints le sentiment commun était que la sainte
docteurs de l'Eglise. Il prouve qu'encore que Vierge avait conçu le 25 mars ; qu'en ne cé-
la divinité n'ait jamais été séparée de Jésus- lébrant pas avec solennité la naissance de
Christ, néanmoins son corps a été attaché à Jésus-Christ, ils s'éloignaient de l'usage de
la croix, enfermé dans le tombeau, tandis toute l'Eglise ; qu'en n'admettant qu'une
que son âme qui en fut séparée à la mort seule nature en Jésus-Christ, savoir la divine,
était descendue aux enfers, selon l'expres- c'était dire que l'incarnation ne s'était faite
sion de l'Ecriture; que ce même corps était qu'en apparence; que c'était à dessein d'ap-
en un lieu éloigné de la demeure de Marie puyer cette erreur, qu'ils avaient retranché
et de Marthe, lorsque Lazare leur frère de l'Evangile de saint Luc ce qui y est dit de Lue, nu, .
mourut; que ce même corps après sa ré- la sueur de sang de Jésus-Christ dans son
surrection était sur la terre et non dans le agonie ; que l'usage de l'Eglise de mêler de
ciel, lorsque Jésus-Christ apparut à Marie; l'eau avec le vin dans le calice venait d'une
qu'il avait des os et de la chair lorsqu'il le tradition apostolique, fondée sur ce que l'eau
donna à toucher aux apôtres, pour les tirer était sortie avec le sang du côté de Jésus-
du doute où ils étaient qu'il fût ressuscité; Christ lors de sa passion; que les liturgies de
que s'il était vrai qu'en lui la nature humaine saint Jacques et de saint Marc, de même que
avait été changée en la divinité, on ne pour celle de saint Basile 6, le concile de Carthage
rait dire qu'il était homme parfait 3, comme composé de deux cent dix-sepi évêques, sous
l'enseignent l'Evangile, les pères du concile les empereurs Arcade et Honorius, rendent
de Nicée dans leur symbole, saint Athanase témoignage à la doctrine de l'Eglise sur ce
et saint Cyrille d'Alexandrie.

point, comme à sa foi sur l’union des deux 9. Les Arméniens ne célébraient en aucun natures en Jésus-Christ ; qu'en se servant du

1 Tom. II Actuar. Combef., pag. 318.
2 Pag. 319. – Pag. 330.

Pag. 331 et seq. — 5 Ibid. — 6 Pag. 842.

« ZurückWeiter »