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choses contre les règles et les usages de l'E- munication, veuille encore les faire périr par
glise.

le glaive. Begeese i 20. Le pape Pascal II ayant écrit, l'an 1202, 21. « Que fait à notre cause, disent-ils, Pag.636. pepe Pascal à Robert, comte de Flandre, qui s'était déjà celle des Cambraisiens? Nous plaignons leur

déclaré contre les schismatiques du diocèse sort, mais nous n'avons rien à craindre de
de Cambrai, de faire aussi la guerre au ce qu'ils souffrent. Qu'avons-nous fait contre
clergé de Liége excommunié, Henri, doyen les canons qui soit digne d'excommunication
de la cathédrale, engagea Sigebert à réfuter et de mort? Unis du même esprit dans lequel
cette lettre. Sigebert ne mit point son nom à nous avons été baptisés, c'est à tort que l'on
la tête de la réfutation. On l'a intitulée, dans nous a déférés à l'Eglise romaine, comme
la collection générale des Conciles': Lettre divisés entre nous. Dieu nous commande de
des Liégeois contre le pape Pascal II, et ce sont rendre à César ce qui est à César, et à Dieu
en effet les clercs du diocèse de Liége qui ce qui est à Dieu; Pierre et Paul ont mis en
parlent dans cette lettre ?. Sigebert n'a fait pratique cette maxime. Serons-nous excom-
que prêter sa plume. Ils s'adressent à tous muniés parce que nous honorons le roi? On
les hommes de bonne volonté, et dès le titre dira peut-être que nous sommes simoniaques.
de leur apologie ils se déclarent catholiques Au contraire, nous les évitons autant qu'il
et attachés in violablement à la vérité de la foi est en nous; et lorsque nous ne pouvons les
et à l'unité de l'Eglise. Quoique très-irrités éviter, nous les supportons patiemment , se-
du procédé du pape Pascal, ils ne laissent lon les lieux et les temps. Mais quand et par
pas de le reconnaître pour pape légitime et qui avons-nous été excommuniés, et pour
le père de toutes les Eglises, comme ils re- quelles raisons ? Ce n'est ni par notre évêque
connaissent aussi l'Eglise romaine pour leur ni par notre archevêque, ni même par le
mère. Ils rapportent la lettre de Pascal II pape. Il ne l'aurait pas fait sans nous enten-
toute entière; puis, la prenant en détail, ils dre. Si c'est parce que nous sommes attachés
disent qu'on ne connait dans l'Evangile que à notre évêque, qui l'est lui-même à l'empe-
deux glaives : l'un, que Jésus-Christ a tiré plu. reur, alors nous dirons que c'est ici un arti-
tot contre les affections charnelles que contre fice du démon, qui a trouvé le moyen de di-
les assauls du siècle; l'autre, par lequel, en viser l'empire et le sacerdoce. Quoi donc,
mortifiant les vices de la chair, on achète la notre évêque n'a-t-il pas prêté serment de
couronne du martyre; d'après eux, l'Eglise fidélité à l'empereur? Le parjure n'est-il pas

ne connaît point ce troisième glaive donné à un grand péché? Ne punit-on pas de mort Pag. 633. Robert par l'Apostolique. Ils déplorent les celui qui manque de fidélité à César? » Ils

malheurs de l'Eglise de Cambrai; convien- rejettent comme une nouveauté la doctrine
nent que les canons permettent aux clercs de de ceux qui prétendaient qu'on pouvait dis-
prendre les armes contre les Barbares et les en- penser les sujets du serment de fidélité.
nemis de Dieu, quand c'est pour la défense de 22. « Mais pourquoi nous appelle-t-on faux 636.
l'Eglise, mais ils soutiennent qu'on ne trouve clercs, nous qui, vivant selon les règles ca-
rien dans ces canons qui autorise à déclarer noniques, méritons le noin de clercs, c'est-à-
la guerre à une Eglise particulière. Ils oppo- dire d'avoir part à l'héritage de Dieu ? Celui-
sent à la conduite du pape Pascal celle de là n'y a point de part, qui veut nous en ex-
saint Martin de Tours, qui réprouva l'éditclure, » Ils lancent encore quelques autres
de mort rendu par l'empereur Maxime contre traits contre le pape Pascal, et, supposant
les priscillianistes, et qui se défendit de com- toujours que le sujet de l'excommunication
muniquer avec l'évèque Ithace, privé de contre les Liégeois était l'attachement de leur
la communion par ses confrères pour avoir évêque pour le roi Henri, ils font voir, par
sollicité cet édit. Ils ne disconviennent pas les témoignages de saint Ambroise et de saint
qu'il ne soit juste que les catholiques pri- Augustin, que de tout temps les plus saints
vent des bénéfices ceux qui se sont sé- évêques ont rendu à César ce qui était à Cé-
parés de l'Eglise catholique; mais ils se plai- sar, en même temps qu'ils rendaient à Dieu
guent que l'Eglise romaine, qu'ils appellent ce qui lui est dû. Ils prétendent qu'en pre-
leur mère, outre la note infamanle d'excom- nant bien le sens de l'Ecriture sainte, ou

· Tom. X Concil., pag. 630; Goldast., Apolog., CLX de leur collection, qu'ils ne la reproduisent pas
pag. 198, et Marten., tom. I Ampliss. Collect. p. 588. à cause des violentes attaques qu'elle contient contre
Lis éditeurs de la Patrologie avertissent au tome le Saint-Siège. (L'éditeur.)

l'on ne doit point excommunier les rois ni les papes ses successeurs ont suivi son exemple.
cmpereurs, ou l'on ne doit le faire qu'avec Grégoire VIl est le premier qui se soit armé
peine; que leur nom même les déclare exempts du glaive militaire contre l'empereur el qui
de cette censure; ou qu'en tout cas il n'est en ait donné l'exemple aux autres papes. )
pas encore décidé s'ils sont sujets à l'excom- Pascal II, en ordonnant au comte Robert de
munication, « Ce n'est pas, ajoutent-ils, qu'ils faire la guerre à l'empereur, lui promettail,
ne puissent être repris de leurs fautes par des ainsi qu'à ses soldats, la rémission de leurs pé-
personnes discrètes et craignant Dieu; mais chés. Surcela, le défenseur de l'Eglise de Liége
il paraît que Jésus-Christ s'est réservé le ju- dit : « En vain je lirai toute la Bible et tous Pag bil.
gement de ceux qu'il a commis à sa place les anciens qui l'ont commentée, je n'y trou-
pour gouverner le monde, lui qui est le Roi verai point d'exemple d'un semblable com.
des rois. »

mandement. Hildebrand est le seul qui, metPag. 637. 23. Ils vont plus loin, et prétendent que tant la dernière main aux saints canons, a

les rois et les empereurs ont corrigé plu- enjoin! à la comtesse Mathilde, pour la ré-
sieurs fois les fautes que les papes avaient mission de ses péchés, de déclarer la guerre
faites par ambition; qu'ils en ont même con à l'empereur Henri. Qu'en cela lui ou d'au-
traint de quitter le Saint-Siége. Ils ajoutent: tres aient agi avec équité, nous n'en avons

« Il ne faut pas trop nous alarmer de ce qu'on aucune preuve; nous savons seulement qu'on 638. nous traite d'excommuniés; nous sommes ne peut lier ni délier sans examen. C'est la 42

persuadés que Rome nous exceptera de l'ex- règle que l'on avait tenue jusque-là dans
communicalion.» Ils se fondent sur une fausse l'Eglise romaine, et celle que cette sainte
supposition, savoir : que Grégoire VII, après mère nous a prescrite. D'où vient donc cette
avoir excommunié le roi Henri et ses fau- nouvelle maxime d'accorder aux pécheurs,
teurs, s'en repentit, et leur donna l'absolu sans confession et sans pénitence, l'impunité
tion; ce fait est démenti par les historiens du de leurs péchés passés et la liberté d'en com-

temps, comme on l'a remarqué plus haut. mettre à l'avenir ? Quelle fenêtre n'ouvre-t639. Le clergé de Liége continue : « Si l'empereur on pas par là à la malice des hommes? »

Henri est hérétique, ainsi que le dit le pape 25. On voit, par l'analyse de cette lettre, Pascal, nous en sommes affligés pour lui et qu'encore qu'elle soit trop vive et peu respecpour nous; mais quand il serait tel, nous ne tueuse, elle ne contient rien qui puisse faire laisserions pas de souffrir qu'il nous com- regarder comme schismatiques ni celui qui mande, persuadés que nous aurions mérité l'a écrite, ni ceux au nom desquels il l'écripar nos péchés d'avoir un tel prince. En ce vit. Il n'y est pas dit un seul mot en faveur cas-là même nous ne devrions pas chercher à de l'anti-pape Guibert; au contraire, Pascal II nous en délivrer par la force des armes; mais 5 est reconnu pour pape légitime. On lui il serait de notre devoir d'adresser à Dieu nos donne les titres d'apostolique ", d'évêque des prières pour lui, puisque saint Paul veut que évêques, d'ange de l'Eglise, d'oint du Seil'on prie même pour les princes qui ne sont gneur, de christ du Seigneur ?; l'Eglise de pas chrétiens, afin que nous menions une vie Liége se dit fille de l'Eglise romaine 3; elle tranquille.

l'appelle sa mère; elle déclare qu'elle veut 610. 24. » Mais au lieu de prier pour le roi, en tout éviter le schisme 4, la simonie, l'ex

quoique pécheur, afin que nous menions une communication; et que si, à l'imitation de vie tranquille, le pape Pascal excite la guerre son évêque, elle demeure attachée 5 à l'emcontre lui et empêche la tranquillité. D'où pereur Henri, c'est uniquement parce que, vient cette autorité au pape, de tirer, outre selon les divines écritures, elle doit l'obéisle glaive spirituel, un glaive meurtrier contre sance à son souverain. Toute la plainte du ceux qui lui sont soumis ? C'est une maxime clergé se réduit à ce que le pape Pascal emqu'aucun pontife romain n'a autorisée par ployait les censures et la force des armes ses décrets. Au contraire, saint Grégoire, pour les obliger à manquer de fidélité envers premier du nom, qui s'était trouvé en état le roi Henri IV. On ne paraît donc pas bien de détruire les Lombards, n'en voulut rien fondé à taxer de schisme l'auteur de la faire, disant qu'il craignait de participer à la lettre, ni ceux au nom desquels elle a été mort d'aucun homme, quel qu'il fût. Les écrite. Gerbais, docteur de Sorbonne, l'a

Remarquet sur cette leta tre.

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traduite en français, et fait imprimer en cette autres raisons, mais allégoriques, pour finir langue à Paris, chez Frédéric Léonard, en le jeûne des Quatre-Temps en mars, le se1697, avec le texte latin. Elle se trouve dans cond en juin, le troisième en septembre, le le tome X des Conciles, dans l’Apologétique de quatrième en décembre. L'Eglise de Liége, Goldast, dans les Centuriateurs de Magdebourgé dans sa réponse 8, conteste le principe, et et dans le tome I de la Grande Collection de dit que, suivant l'Ecriture, la première partie dom Martène ?, mais elle y est imparfaite 3. du mois de mars est plutôt la fin que le com

26. Il y avait une différence entre l'Eglise mencement de l'année; elle le prouve aussi de Trèves et celle de Liége, sur l'observation par l'autorité de saint Jérôme et par plusieurs du jeûne des Quatre-Temps. La première, se faits d'histoire qui regardent les temps de l'orconformant aux règles établies par Bernon, dination, et par où l'on peut voir que les papes abbé de Richenow, dont nous avons parlé Gélase, Symmaque et Félix ' ont fait des orplus haut, observait ce jeûne le premier sa dinations au mois de février, ce qui prouvait medi de mars, lorsque le mercredi et le ven- clairement que l'on avait en ces années-là dredi , qu'on devait aussi jeûner, se rencon- observé le jeûne des Quatre-Temps en ce traient dans le même mois, Celle de Liége, mois. Elle allègue 10 encore l'autorité d'Anaqui suivait un autre usage, et trouvait de la tolius, qui prétend que l'on ne doit pas comdifficulté dans la pratique de l'Eglise de Trè- mencer les saisons de l'année par les preves, lui écrivit pour en avoir la solution. La miers jours du mois. La seconde lettre de réponse ne fut point satisfaisante, parce que l'Eglise de Trèves, et la troisième de celle cette pratique n'était fondée que sur des rai- de Liége ou de Sigebert, ne roulent que sur sons allégoriques difficiles à comprendre. le défaut qui paraissait dans la règle établie L'Eglise de Liége les réfula et demanda de par l'abbé Bernon pour la fixation du jeûne nouvelles explications. L'Eglise de Trèves des Quatre-Temps du premier mois; an reste, répondit en peu de mots, et celle de Liége la contestation de ces deux Eglises n'en alfit encore une réplique. C'étaient trois lettres téra pas l'union, elles conservèrent chacune de la part de cette dernière Eglise, et Sige- leur usage. bert fut prié • par Henri, doyen de la cathé- 28. Sigebert, voulant exercer son esprit par drale, de les écrire; sa première lettre est un ouvrage varié, prit pour matière 11 le livre temisen vars: perdue; nous avons les deux autres dans le de l'Ecclésiaste, qu'il mit en vers héroïques, slas:ique. tome I des Anecdotes 5 de dom Martène. On y avec une explication littérale, allégorique et trouve 6 aussi les deux de l'Eglise de Trèves. mythologique; cet ouvrage n'a pas encore été

27. La raison que l'on avait dans cette mis sous presse, mais il existe 12, ainsi que son église 7 de célébrer le jeûne des Quatre- Comput Ecclésiastique 13; il est précédé d'un Temps en mars et non en février, était qu'en dialogue où les interlocuteurs relèvent les ce mois l'année commençait, el que Dieu y erreurs de Denis-le-Petit sur les années du avait créé le monde; elle ajoutait plusieurs Sauveur, notamment sur celle de sa Passion;

L'Ecclesias

1 Centur. 12, cap. VIII, pag. 1110, 1128. * Pag. 587.

: Les observations de notre auteur sur la lettre insolente de l'Eglise de Liége me paraissent bien bénignes. Voici ce qu'en dit Rohrbacher avec plus de vérité : « Le clergé de Liége répondit à cette lettre par une déclamation très-longue et tellement schismatique, qu'il nie que llenri ait été excommunié par les papes, qu'il révoque en doute qu'il puisse l'étre, qu'il rejette la cause du schisme non sur Henri qui avait fait sis antipapes, mais sur le pape saint Grégoire VII, qu'il ne nomme qu'Hildebrand, de même qu'il ne pomme Urbain Il qu'Odon ou Odoard, et qu'il appelle le pape Pascal, non l'ange du Seigneur, mais l'ange exterminateur. Ce pape, qu'ils ne nomment le plus souvent que le seigneur Paschase, les avait appelés faux clercs; ils lui répondent que celui-là même en est un, qui leur donne ce nom. Quant au fond de l'affaire, leur attachement à Henri, excommunié et déposé, ils se perdent dans des généralités banales, sans jamais rappeler l'état particulier de la

question, les lois fondamentales qui régissaient alors les nations chrétiennes, notamment la nation allemande, savoir : Pour régner sur la nation, il faut que ce privce soit catholique et soumis à l'Eglise; s'il reste excommunié plus d'un an, il perd par là même tout droit de régner. Hepri, en plus d'une circonstance, s'était expressément soumis à cette loi. En un mot, cette protestation du clergé de Liége ressemble parfaitement aux protestations modernes des jansenistes d'Utrecht, qui, lorsque le pape les excommunie, soutiennent au pape qu'il ne les excommunie pas. » Rohrbacher, Histoire universelle de l'Eglise catholique, tom. XIV, pag. 665 de la 3e édition. (L'éditeur.)

Sigebert., de Script. Eccles., cap. CLXXI. 6 Tom. I Anecdot., pag. 293 et 306. 6 Ibid., pag. 292 et 305. – 7 Ibid., pag. 293. 8 Ibid., pag. 295. - 9 Pag. 299. - 10 Pag. 300. 11 Sigebert, de Script. Eccles., cap. CLXXI. 12 Bibliot. Belg., verbo Sigebertus. - 13 Ibid.

Gibel., p. triarcbe de

wi

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om

et de quelques tables par le moyen desquelles On conserve 5 à Saint-Vincent de Metz, sous
on peut trouver les années, les époques, re- le nom de Sigebert, une histoire du martyre
lativement à la disposition de l'ouvrage. Il y de sainte Ursule et de ses compagnes 6. Dom
donne', suivant le texte hébreu, la suite des Ruinart avait vu ? dans l'abbaye de Saint-
années depuis la création du monde, y em- Clément, en la même ville, quelques autres
ploie le grand cycle de cinq cent trente- opuscules du même auteur, mais il ne nous
deux ans, et le répète jusqu'à dix fois; par en a pas donné la notice. Enfin Tritbème 8
ce moyen son ouvrage comprend les années met dans le catalogue des écrits de Sige-
à venir. Comme tout ce travail n'avait pour bert trois recueils de sermons, de lettres, de
but que de faire connaitre le jour de la fête répons, d'hymnes et d'antiennes; il en parle
de Pâques, Sigebert met sur différentes colon- comme du plus savant homme de son temps
nes le nombre des années, les épactes et les dans le pays de Liége. Cet éloge n'est point
jours auxquels on doit célébrer cette fête. outré; nous y ajouterons que Sigebert a donné
L'ouvrage porle dans le manuscrit, que l'on un mérite particulier à ses ouvrages par l'or-
voit encore à Gemblou, le titre de Cycle de dre, la candeur et la netteté qui y règnent.
dix-neuf ans. Sigebert remarque que Marien 30. Le pape Pascal II, voulant remédier
Scot avait depuis peu travaillé sur la même aux troubles de l'Eglise de Jérusalem occa- Jürosulen.
matière, et qu'ayant mis sur deux colonnessionnés par l'expulsion de Daïmbert, qui en
parallèles les années de Jésus-Christ suivant était patriarche, et par l'intrusion d'Ebremar,
l'Evangile, et celles que lui donne Denis-le- y envoya Gibelin, archevêque d'Arles', quoi-
Petit, il était aisé au lecteur de voir d'un que déjà fort avancé en age; celui-ci y tint
coup d'æil les erreurs de calcul dans les- un concile avec les évêques du royaume; la
quelles Denis était tombé. Pour lui, il suivit cause de Daïmbert y fut examinée, de même
une autre méthode; voyant que les partisans que celle d'Ebremar. On prouva par lémoins
de Denis-le-Petit ne se rendaient point au que Daïmbert avait été dépouillé de son
parallèle de Marien Scot, il dit en deux en- siége sans aucune raison légitime, et qu'E-
droits de sa Chronique o que Denis a placé la bremar l'avait usurpé. Il fut donc déposé par
naissance de Jésus-Christ vingt-un ans plus l'autorité du pape et du concile, et Gibelin
tard qu'il n'aurait dû.

mis en sa place. Sous son pontificat, qui fut Autres ope 29. Ce sont là tous les ouvrages dont Sige- de cinq ans, le roi Baudouin demanda au buds á sige: bert se reconnaît auteur dans son Traité des pape que toutes les villes et provinces qu'il

Ecrivains ecclésiastiques, et la Nouvelle Biblio pourrait conquérir sur les infidèles fussent
thèque Belgique 3 ne lui en donne pas davan- de la dépendance de l'Eglise de Jérusalem;
tage; mais Possevin, dans le catalogue des cette grâce lui fut accordée, et Pascal II 10
manuscrits, à la fin du second volume de ajouta que cette Eglise aurait sous sa juri-
son Apparat sacré, attribue à Sigebert une diction les villes déjà conquises, et que leurs
Histoire et les Vies des Papes. Suivant le rap- évêques obéiraient au patriarche de Jérusa-
port de Gesner 4, celte histoire allait jusqu'en lem. Bernard, patriarche d'Antioche, fit là-
1131; l'ouvrage avait donc été continué par dessus ses plaintes et ses remontrances; le
quelqu'autre, puisque Sigebert est mort en pape y eut égard et déclara 'l qu'il n'avait
1112. Dom Mabillon, dans le quatrième tome point prétendu toucher aux limites de l'E-
des Actes, dit sur saint Lulle, archevêque de glise d'Antioche, que son intention était de
Mayence, qu'il avait une Vie manuscrite de conserver le droit de toutes les Eglises.
ce saint faite par un moine de Gemblou, et Gibelin ayant été élu patriarche de Jérusa-
il n'est pas éloigné de la croire de Sigebert. lem, écrivit aussitôt au clergé et au peuple

bort. Soa dloge,

1 Sigebert., de Script. Eccles., cap. CLXXI.
2 Sigebert., ad an. 1063 et 1076.
8 A Bruxelles en 1739, par Foppens.
" Gesner, Bibliot. univ., pag. 598.
5 Calmet, Histoire de Lurraine, tom. I, pag. 231.

6 Le martyre de sainte Ursule et de ses compagnes est certain; il est attesté par la tradition des siècles, par les témoignages les plus authentiques, par les monuments les plus vénérés et la croyance de toutes les églises du monde catholique. Le sentiment qui porte à onze mille le nombre des vierges martyrisées

à Cologne par les Huns vers la fin du Iye siècle ou au commencement du ve, est solidement établi. Ces vierges venaient de la Grande-Bretagne. Plusieurs d'entre elles avaient pu visiter Rome avant de trouver le martyre sur les bords du Rhin. (L'éditeur.).

7 Mabill., Opuscul. posthum., tom. III, pag. 480.

8 Trithem., de Script. Eccles., cap. CCCLVIII, et de Viris illustrib. Ordin. S. Bened., lib. II, cap. CXII.

Gallia Christ. nov., tom. I, pag. 557, et Guillelm. Tipius, lib. XI, cap. XXVIII.

10 Pasch., Epist. 18. - 11 Epist. 20

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de l'église d'Arles et à tous les suffragants lettres écrites en 1112 2 auxquelles il sous-
de cette métropole, de se choisir un arche- crivit comme légat du Saint-Siège.
vêque qui en remplit mieux les devoirs qu'il 31. L'auteur de la Gaule chrétienne ne rap-
n'avait fait lui-même; son dessein était de porte 3 aussi qu'une partie des vers que Ro-
leur dire bien des choses dans sa lettre, ger, évêque d'Oléron, en 1101 jusqu'en 1112,
mais le souvenir de leur amitié et de leur fit graver sur un ciboire de bois couvert de
bonté à son égard, qu'il ne croyait pas avoir lames d'argent, destiné à renfermer le corps
méritées, lui faisait tomber les larmes des et le sang de Jésus-Christ. Ces vers sont au
yeux et arrêtait sa plume. Baronius a rap- nombre de huit, et rapportés par De Marca,
porté cette lettre dans ses Annales“, et Pierre dans son Histoire de Béarn 4. Ils sont inté-
Saxi dans l'Histoire des Archevêques d'Arles. ressants par la façon claire et précise dont cel
Il ne s'en trouve qu'une partie dans la nou- évê que s'explique sur la transsubtantiation.
velle Gaule chrétienne tirée d'Honorat Bouche; «Le Saint-Esprit, dit-ils, change les oblations
on y trouve aussi la lettre du pape Pascal au mises sur l'autel, le pain est fait chair, et la
clergé et au peuple d'Arles, à qui il rend substance du vin, sang; quand on les reçoit,
compte des motifs qu'il avait eus d'envoyer ils contribuent au salut de l'âme et du corps.
leur évêque à Jérusalem, de la manière dont A cette table, on donne du sang et de la chair
Gibelin en avait été élu patriarche, et du con- à boire et à manger, le prêtre prononce sur
sentement qu'il avait donné à cette élection; les oblations les paroles que le Sauveur pro-
il finit sa lettre en les exhortant à se choisir nonça à la dernière cène, il sanctifie les dons
au plus tôt un pasteur qui soit selon Dieu. et fait mémoire de la Passion. C'est Rainaud
Guillaume de Tyr met la mort de Gibelin sur de Morlan qui a construit cet autel, l'évêque
la fin de l'année 1111, mais on montre des Roger l'a ordonné. »

CHAPITRE V.

Letbert (ou Lietberto), abbé de Saint-Ruf (vers 1115); Baudry, évêque de Noyon [1118]; le bienheureux Odon, évêque de Cambrai (1113; Raoul Tortaire, moine, vers 1114; Werner, abbé de Saint-Blaise, 1126].

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1. La lettre de Gauthier ?, évêque de Maguelone, à Robert, prévôt de l'église collégiale de Lille en Flandres, nous apprend que Letbert en avait été d'abord chanoine, qu'ensuite il fut fait abbé de Saint-Ruf dans le Dauphiné, qu'il était homme d'une sainte vie et d'un grand zèle pour la maison du Seigneur. On voit par une charle de Léger,

évêque de Viviers, en faveur de cette ab-
baye, datée du 25 de mai de l'an 1110, que
Letbert en était alors supérieur; mais il ne
l'était plus en 1115, puisque, en cette année 10,
le pape Pascal JI adressa à Adalgier, suc-
cesseur de Letbert, une bulle confirmative
des priviléges de son abbaye.

2. Letbert étant chanoine de Lille, s'ap

Son commentaire sor les Praumes.

1 Baron., ad an. 1107; Gallia Christ., tom. I, pag. 557; Bouch., lib. IX, section. 1, cap. x, et Saxi, Pontif. Arelatens., num. 73; tom. I, Script. German. Menkenii, pag. 249.

? Gallia Christ., ibid., in notis, pag. 558.
; Ibid., tom. I, pag. 1268.
• Lib. V, cap. XVII, num. 6.

5 Res superimpositas commutat Spiritus almus, fit de pane caro, sanguis substantia vini. Sumpta valent animæ pro corporis atque salute. Dantur in hac mensa sanguis, caro, potus, et esca. Verba refert conæ super hac oblata sacerdos. Munera sarctificat et Pussio

commemoratur. Hanc Morlanensis Raynaldus condidit
aram. Præsul Rogerius Oloensis jussit ut essem.

6 Voir sur Lietbert une notice historique tirée de
Fabricius, une notice littéraire tirée de l'Histoire lit-
téraire de la France, au tom. CLVII de la Patrologie,
col. 711-714. (L'éditeur.)

7 Mabill., in Analectis, pag. 461.

8 La lettre de Gauthier est reproduite au tome
CLVII de la Patrologie, col. 713-716. Elle est suivie
d'un diplôme pour le monastère de Gellon L'édit.)
9 Theodori Penilentiale, tom. II, pag. 629.
0 Gallia Christ. vetus, tom. IV, pag. 80%.

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