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Degviene litre, p. 230.

Bere, . 215.

même n'est rien, en entendant sous le nom Trilhème 1. Mais peut-être lisaient-ils dans
de mal le péché. La raison qu'il en donne, leurs manuscrits différemment de nos impri-
c'est que tout ce que Dieu n'a pas fait n'est més, qui portent Acard. (Ce traité est repro-
rien; or, Dieu n'a pas fait le péché : il punit duit au t. CLX de la Patrol., col. 1103-1112.]
néanmoins le péché, parce qu'il punit l'injus 21. Le juif Léon prétendait deux choses;
tice ou la privation de la justice. Le péché ne la première, que Jésus-Christ n'était point le
se trouve pas proprement dans le corps, Messie, parce qu'on n'avait pas vu s'accom-
mais dans la volonté de la créature raison plir en lui les promesses rapportées par les
nable, c'est son injustice qui fait son péché : prophètes : d'où il concluait que le Messie n'é.
elle a reçu la justice comme un dépôt, elle tant pas encore venu, il fallait l'attendre. La
doit la conserver; quand donc nous sommes seconde, que la loi marquant un sacrifice
ponis, c'est pour avoir abandonné cette jus particulier pour chaque péché, il était remis
tice.

parlà même qu’on offrait ce sacrifice; qu'ainsi
19. Mais comment avons-nous péché en inutilement les chrétiens disaient que Jé-
Adam ? Il est vrai que nous avons été en lui, sus-Christ était venu pour remettre nos
et que nous sommes de lui selon la chair; à péchés et nous procurer la gloire, l'un et
l'égard de notre âme, quelques anciens ont l'autre de ces avantages nous élant accor-
pensé qu'elle était engendrée comme le corps, dés par la loi. Il ajoutait qu'il ne voyait pas
et que nous recevions l'un et l'autre de nos par quel moyen les chrétiens pouvaient sa-
parents ; d'autres enseignent qu'elle ne se tisfaire pour leurs péchés, ni comment ils

transmet pas par la génération. Odon prend pouvaient parvenir à la gloire, sinon par la ideme ce dernier sentiment : il soutient que l'âme patience et en supportant tous les travaux

est créée de Dieu immédiatement, et que imposés à l'homme pour ses péchés. Odon
toutefois elle est créée destituée de la justice répond que les chrétiens attendent par le
que le premier homme avait avant son péché, Messie le royaume du ciel, et non une féli-
parce que Dieu a dû la créer telle qu'elle se cité terrestre, telle que les Juifs l'attendaient;
trouve dans ceux qui naissent d’Adam par la que la rémission des péchés ne suffit pas
voie ordinaire de la génération; or elle s'y pour conduire l'homme à la gloire ; que la
trouve pécheresse, par la raison que toute la pratique des bonnes cuyres ne suffit pas pour
nature humaine ayant été dans le premier la rémission des péchés, non plus que le sup-
homme lors de son péché, et cette nature port des incommodités de la vie ; il pose pour
étant composée de corps et d'âme, la faute principe que Dieu ayant bâti une cité céleste
personnelle d'Adam est devenue la faute el créé des arges pour qu'ils en fussent les
commune de la nature humaine.

citoyens, une partie de ces anges en ont été 20. La Dispute d'Odon contre un Juif nommé chassés par leur faute, mais que Dieu vouof Leon, est écrite en forme de dialogue, mais lant toujours que cette cité soit remplie, a

dans le goût du traité précédent, c'est-à-dire destiné les hommes pourremplacerces anges,
que cette dispute se passe en raisonnements et que ne pouvant par eux-mêmes parvenir à
sans recours à l'autorité. La matière est l'in- cette gloire pour avoir aussi péché, il a fallu
carnation du Verbe et la rédemption du que Dieu se fit homme lui-même pour ra.
genre humain. Odon avait traité de vive voix cheter les hommes, en mourant pour eux sur
ce mystère dans un discours fait en chapitre la croix. «C'est là, dit Odon, cette hostie qui
aux religieux de l'abbaye de Fémy, vers la efface les péchés de tous les justes qui ont
fèle de Noël de 1105; Acard, un des moines de été, qui sont et qui seront, c'est-à-dire de
cette communauté, fut touché du discours, ceux à qui la rémission des péchés est ac-
mais n'en ayant pas bien retenu le contenu, il cordée en vertu, soit de leurs bonnes au-
pria Odon de le lui donner par écrit; comme vres, soit de celles de leurs amis : car la sa-
il allait le satisfaire, il fut obligé de partir pour tisfaction de Jésus-Christ ne sert de rien à
un concile indiqué à Poitiers au mois de mai celui qui n'obtient point la rémission de ses
1106; à son passage à Senlis, le juif Léon péchés. » Léon voulait tourner en ridicule
vint le trouver pour disputer avec lui; Odon, ce que la foi nous enseigne touchant la nais-
à son relour, mit la dispute par écrit et l'en- sance de Jésus-Christ d'une Vierge. Odon
voya à Acard, à qui il s'adresse dans le pro- répond que Dieu étant partout, et même en
logue, et non pas à Wolbodon, moine d'Af-
llighem, comme le disent Henri de Gand et Henr. Gandav., cap. iv; Trithem., cap. CCCLXXI.

Dispets

U.

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Ibd., p. 21.

les

Canons

Esprit, pag. 245.

Anyse de co traité, pag. 245.

rc

nous qui ne sommes que corruption et pé- posé à la charité qui remet les péchés, que
ché, n'en est pas néanmoins souillé; qu'à l'impénitence finale.
plus forte raison il ne s'est pas souillé en 24. On a dit dans l'article de saint Jérôme 3 Traité ser
prenant un corps dans le sein de Marie rem- qu'en adressant au pape Damase les livres des óraagiles.
plie de grâces; il cile ce que l'Evangile dit du Nouveau Testament, corrigés sur le texte
sur ce sujet, mais il n'objecte point à Léon grec, il y joignit dix tables ou dix canons
ce qui est dit dans Isaïe de la naissance du qu'Ammonius d'Alexandrie et Eusébe de
Messie d'une vierge.

Césarée avaient faits, pour trouver commoTraité do 22. Odon, étant à Anchin pendant son exil, dément et d'un coup d'œil le rapport ou la contro lo St. composa, aux instances d'Amand du Châtel, différence qu'il y a entre les évangélistes.

avec qui il s'entretenait souvent des matières Odon fit un ouvrage semblable, excepté qu'il
de doctrine, un traité du Blasphème contre le se borna à marquer dans ses dix tables ou
Saint-Esprit ; il savait que saint Augustin canons ce en quoi les quatre évangélistes
avait écrit sur ce sujet, mais il n'avait jamais convenaient ensemble, et non ce en quoi ils
vu ce livre, et ne connaissait personne qui paraissent opposés ; pour mieux faire com-
l'eût lu; ainsi il travaillait à cette matière prendre son dessein, il inséra lui-même dans
sans avoir recours à ce qu'on en avait dit son traité la figure de ces dix tables, comme
avant lui. Amand fait mention de cet opus- il en avait mis une dans le précédent pour
cule : dans sa lettre circulaire ; il dit même opposer la rémission des péchés et la péni-
qu'Odon le lui dédia. L'épitre dédicatoire ne tence à l'irrémission et à l'impénitence. Il
s'en trouve plus. (La Patrologie reproduit ce met dans la première table les quatre évan-
traité au tome CLX, col. 1111-1118.]

gélistes ; dans la seconde, saint Matthieu, 23. Odon rapporte d'abord les paroles des Saint Marc et saint Luc; dans la troisième, se traité, pag. trois évangélistes, saint Matthieu, saint Marc Saint Matthieu, saint Luc et saint Jean ; la

et saint Luc, touchant le blasphème contre quatrième est disposée de même; la cin-
le Saint-Esprit; ensuite il explique comment quième ne contient que saint Matthieu et
le péché est irrémissible en ce monde et en saint Luc; la sixième, saint Matthieu et saint
l'autre. La difficulté est de concilier ce que Marc; la septième, saint Matthieu et saint
disent les évangélistes avec ce qu'on lit dans Jean ; la huitième, saint Marc et saint Jean;
l'Epitre de saint Jean, qu'on ne doit pas prier la neuvième, saint Luc et saint Jean ; il ré-
pour le pécheur qui persévère jusqu'à la serve la dixième pour ce que chaque évan-
mort sans aucune distinction, et avec la doc- géliste a de particulier. Cet opuscule est
trine de l'Eglise qui accorde la rémission de mentionné dans la lettre d'Amand du Châtel.
tous les péchés sans exception à tous ceux [ll est reproduit au tome CLX de la Patrolo-
qui en font pénitence. Odon fait voir qu'il n'y gie, col. 1118-1121.)
a aucune contrariété entre les trois évangé- 25. Il est aussi parlé de l'homélie d'Odon
listes et saint Jean, parce que les trois évan- sur le Fermier d'iniquité dans la lettre d'A- !o Fermier
gélistes, par le péché contre le Saint-Esprit, mand. Henri de Gand la met dans le cata-
entendent l'impénitence finale, comme saint logue de ses ouvrages, et il parait faire grand
Jean l'entend aussi par le péché qui va à la cas de cette homélie ; nous l'avons dans la
mort?, quel il soit; il montre aussi qu'ils ne Bibliothèque des Pères, elle est courte et n'est
sont point contraires à la pratique de l'Eglise, presque qu'une paraphrase de l'Evangile de
puisqu'elle n'accorde la rémission qu'à ceux Saint Luc où cette parabole est rapportée.
qui en font pénitence, et non à ceux qui [Cette homélie est reproduite au toine CLX
meurent dans l'impénitence. Mais pourquoi ce de la Patrologie, col. 1121-1128.] Dom Mar-
blasphème irrémissible est-il nommé contre tène en a publié une beaucoup plus longue,
le Saint-Esprit, plutôt que contre le Père et qu'il croit mieux répondre à l'idée avanta-
je Fils ? Odon répond que le Saint-Esprit geuse que Henri de Gand donne de celle
étant proprement et spécialement charité, d'Odon; cet éditeur ne rejette pas toutefois
parce qu'il est pour ainsi dire le lien de l'a- la première, il y trouve même le style d'o.
mour mutuel du Père et du Fils, c'est lui qui don, et il n'est pas éloigné de penser qu'elles
remet les péchés, et que rien n'est plus op- sont l'une et l'autre de lui. En effet, il ne se-

· Bolland., ad diem 19 junii, pag. 913, et Marten., • Tom. V Anecdot., pag. 859, (Patrolog. tom. CLX,
tom. V Anecdot., pag. 858.

col. 1127-1150.) * I. Joan., v 16. — 3 Tom. VII, pag. 555.

Homéhegar

d'iniquité.

Astres écrite d'Odos.

Raoui Tortaire, moine de Fleury. Sa

rait point singulier que cet évêque eùt expli- Psaumes dans les sources les plus pures. Ces
qué deux fois un même chapitre de l'Evan- tétraples sont datées dans le manuscrit de
gile : on pourrait en donner plusieurs exem- l'an 1105. Les manuscrits d'Angleterre 8 et
ples. Quoi qu'il en soit, ces deux homélies ne de Leipsick citent quelques autres ouvrages
sont point indignes d'Odon; le texte de l’E- sous le nom d'Odon, sans le qualifier ni
vangile y est expliqué clairement, tant dans moine, ni abbé, ni évêque; ainsi l'on n'en peut
le sens littéral que dans le sens moral. Il se rien conclure, puisqu'il y a eu plusieurs autres
trouve une troisième homélie sur la même écrivains du nom d'Odon. Quant aux livres
parabole parmi les ceuvres de saint Bernard', des Conférences et aux Paraboles qu'Aubert
mais sans nom d'auteur; on a découvert le Mire et la nouvelle Bibliothèque Belgique
qu'elle était d'un moine de Cluny nommé lui attribuent, elles n'ont pas encore vu le
Bernard, qui l'adressa au cardinal Matthieu, jour; peut-être ont-ils confondu Odon de
évêque d'Albane.

Cambrai avec Odon de Cluny, dont on a trois
26. Trithème dit en général ? qu'Odon livres de Conférences adressés à Turpion,
composa plusieurs homélies, et qu'il écrivit évêque de Limoges, que l'Anonyme de Molk 9
plusieurs lettres. Peut-être faut-il mettre sous dit être très-utiles aux moines.
son nom l'homélie sur la Chananéenne, et une [28. Raoul, surnommé Tortaire, c'est-à-dire
sur la Passion du Sauveur, qui se trouvent 3 de la Tourte, naquit à Gien-sur-Loire, au de Fieu
dans les manuscrits du Vatican sous le titre diocèse d'Auxerre, maintenant de Sens 10. Vie.
général de l'évêque de Cambrai. A l'égard Dès son enfance, il fut instruit des arts libé-
de ses lettres, on n'en connait qu'une, qui est raux, où il fit de grands progrès pour son
adressée à Guillaume, moine d'Afflighem, temps. Ensuite, dégoûté du monde, il em-
encore n'est-elle pas imprimée. Celle qu'il brassa la profession monastique à Fleury ou
écrivits à Lambert, évêque d'Arras, doit être Saint-Benoît-sur-Loire. Les études y étaient
regardée plutôt comme une permission oc- florissantes depuis le savant Abbon qui les
troyée à un clerc, nommé Roger, de sortir du y avait renouvelées, et cette abbaye n'avait
diocèse de Cambrai, que comme une lettre point cessé depuis de produire des gens de
Odon eut occasion d'en écrire une au même lettres et même quelques célèbres écrivains.
évêque, en réponse 6 à celle qu'il en avait Dans le temps que Raoul en augmenta le
reçue pour savoir s'il n'avait point eu de part nombre ", on y voyait un Chrétien, un Hu-
au projet formé par l'empereur, ou sous son gues de Sainte-Marie et un Clarius : le pre-
nom, de retrancher quelque chose du diocèse mier célèbre par son grand savoir, et les deux
d'Arras pour augmenter d'autant celui de autres par leurs écrits. Raoul y eut donc tous
Cambrai; on ne sait pas ce qu'Odon répon- les moyens de cultiver et de perfectionner l'a-
dit. (On a huit diplômes du bienheureux mour qu'il avait pour les lettres. Aussi sut-il
Odon; ils sont reproduits au tome CLX de la les mettre à profit si avantageusement, qu'il
Patrologie, col. 1151-1160. Ils sont suivis de acquit un grand fonds d'érudition ecclésias-
quelques extraits de l'écrit de Geoffroy de tique et séculière. On prétend même qu'il
Reims intitulé Somnium de Odone Aurelianensi.] possédait tout ce que les anciens et les mo-

27. Dans le temps qu'il était abbé de Saint- dernes avaient écrit jusque-là. Il s'appliqua Martin, il fit un Psautier7 à quatre colonnes, particulièrement à écrire en vers et en prose, où l'on voyait autant d'anciennes versions et y réussit autant que tout autre écrivain de des Psaumes, la gallicane, la romaine, l'hé- son siècle. La poésie ayant pour lui un attrait braique et la grecque; le manuscrit original singulier, il la cultiva beaucoup et avec tant s'en voit encore à Saint-Martin de Tournay. de succès, qu'il a mérité d'être regardé On conclura de là, si l'on veut, qu'Odon savait comme un poète au-dessus du commun 12. le grec et l'hébreu:c'est du moins une preuve Mais ce qu'il y a de plus digne de louange qu'il souhaitait qu'on étudiat le sens des en lui, c'est qu'il s'adonna tellement à l'é

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1 Tom. II, pag. 695, 702.
: Trithem., cap. CCCLXXI.
8 Montfauc., Bibliot. Bibliot., pag. 48.
• Ibid., pag. 1301.
8 Baluz., tom. V Miscellan., pag. 345.
* Ibid., pag. 353.

7 Sanderus, Bibliot. Belg. manuscr., part. 1, pag.
92; Martène, Voyage literaire, tom. II, pag. 102, 103.

8 Bibliot. Angl. manuscr., part. III, num. 545, et
Montfaucon, Bibliot. Bibliot., pag. 845.

9 Anonym. Mellic., cap. LXXV.
10 Mabill., lib. LXXVIII Annal., num. 45.
11 Gallia Christ. nov., tom. VIII, pag. 1555.

12 Bolland., 21 mart., pag. 301, num. 9-11; Bart.
Adv., lib. LII, cap. vii.

iude, qu'il ne négligea aucun des devoirs at- rante-neuf miracles, il l'aurait encore grossi
tachés à sa profession. Il les remplit au con- davantage, si les gens de lettres ou les habi.
traire avec tant d'exactitude, qu'il était de- tants des lieux éloignés de Fleury avaient été
venu le modèle de ses frères, l'ornement de soigneux de conserver quelque mémoire de
sa maison et l'appui de la régularité. Sa ceux qui s'y étaient opérés. On regarde or-
vertu était si avantageusement connue, qu'on dinairement cette sorte de relations comme
ne douta point que sa mort ne fût précieuse peu intéressante; mais celle de notre écri-
aux yeux du Seigneur. Les critiques ont varié vain a son mérite et son utilité. Outre qu'elle
sur l'époque où il a vécu; mais les auteurs est écrite en un fort bon style pour le temps
de l'Histoire littéraire de la France' ont tran- et avec beaucoup de candeur et de grands
ché la difficulté, en montrant qu'il était mort sentiments de piété, elle peut servir à illus-
dès l'an 1114 ou 1115. « Après tout, disent- trer la topographie et l'histoire générale, en
ils, on n'a rien de plus précis et de plus ca- faisant connaître divers lieux et des personnes
pable de fixer les esprits louchant le terme de de quelque considération avec détail.
la vie de Raoul, que le témoignage de Hu. Le père Jean du Bois, célestin, est le pre-
gues de Sainte-Marie, son confrère et son mier qui en a fait présent au public”, l'ayant
contemporain. On a de lui la continuation imprimée sur un ancien manuscrit de Fleury,
de l'histoire des miracles de saint Benoît, dans la première partie de la Bibliothèque ou
qu'il écrivit au plus tard en 1120, et qui n'est Anciens monuments de cette abbaye, qui parut
encore que manuscrite. Or, il dit clairement à Lyon en 1605, in-8°. Mais l'exemplaire de
dans la préface qui est en tête que dom Raoul, l'ouvrage étant destilué du nom de son au-
son vénérable frère, dont il entreprend de teur, l'éditeur le donna comme l'écrit d'un
continuer l'ouvrage, ce sont ses expressions, moine inconnu, néanmoins savant. Dans la
n'était plus alors au monde. Et comme il rap- suite, les successeurs de Bollandus, l'ayant
porte des miracles opérés en 1114, on peut trouvé dans d'autres manuscrits, ont décou-
légitimement conclure que Raoul était mort vert qu'il appartient à Raoul Tortaire, et l'ont
dès la même année ou la suivante au plus publié de nouveau, avec des notes de leur,
tard.

façon, en le rendant à son véritable auteur. Ses écrits. 29. Entre les écrits de Raoul, il y en a Enfin dom Mabillon en a donné une nouvello

quelques-uns d'imprimés ; mais la plupart édition sur les deux précédentes et les masont encore manuscrits.

nuscrits. C'est celle qui est reproduite au Le plus connu des écrits imprimés est sa tome CLX de la Patrologie, col. 1177-1240. continuation de l'histoire des miracles de Après que Raoul eut écrit cette relation en saint Benoit opérés en France, et principa- prose, il la mit en vers, comme il le dit à la lement à Fleury. Dès le 1x° siècle, Adrevald, tête de son poème. Il poussa encore plus loin moine du lieu, avait commencé à les recueil- son trarail, et mit aussi en vers la Vie du lir. Adelère, Aimon et André, autres moines saint, l'histoire de sa translation en France, de Fleury, continuèrent chacun en son temps, et les différentes relations de ses miracles à en faire la relation après Adrevald. Ensuite qui avaient précédé la sienne propre. Ce Raoul Tortaire la reprit, et après lui Hugues grand ouvrage existe à la bibliothèque du de Sainte-Marie, qui l'a continuée jusqu'en Vatican. Il est dédié ou adressé à Foulques, 1119. Ce que Raoul a recueilli commence au ami de Raoul. Comme il ne contient rien règne de Henri ler, roi de France en 1031, et d'historique qui ne soit dans la prose, et qu'il en présenta la suite jusqu'en 1114 que Hugues est très-prolixe, les Bollandistes se sont borentreprit de la continuer, ainsi qu'il a été dit nés à en publier quarante-six quatrains, qui plus haut. Raoul avait été témoin oculaire comprennent la relation des miracles par le d'une partie de ceux qu'il décrit, et avait de moine André. Tous les vers en sont élégiabons mémoires pour les autres. C'est de quoi ques, et rimés à l'hémistiche et à la fin. Ils on ne peut douter en le voyant attentif à sont reproduits au tome CLX de la Patrologie, nommer les personnes miraculées et les lieux col. 1237-1244. où les événements étaient arrivés. Quoique Le même manuscrit du Vatican, autrefois son recueil soit ample et comprenne qua de la reine Christine de Suède, contient les

1 Hist. litt., tom. I, pag. 88 et suiv. Cette potice est reproduite au tome CLX de la Patrologie, col.

1171-1178. Elle nous fournit celle que nous donnons ici. - 2 Flor, Bib., part. 1, pag. 149-219.

Jugement

Tortaine,

Actes de la vie et du martyre de saint Maur, Raoul Tortaire. C'est une histoire en vers de qui avait souffert en Afrique, avec l'histoire la première croisade, dédiée à Galon, évêque de sa translation à Fleury; le tout mis en de Paris, depuis 1105 jusqu'en février 1116, grands vers rimés par notre poète. Dans cet qui fut le terme de sa vie, circonstance qui autre ouvrage, le poète se nomme et fait con écarle toute équivoque par rapport à Raoul naitre son surnom de Tortaire. Le P. du Bois de Fleury et Raoul de Cluny, el ne permet n'a publié que ce qui regarde la translation pas de douter que le poème n'appartienne du saint.

au premier. En effet, l'autre qui écrivail enRaoul a fait aussi une hymne en vers saphi- core après 1156 et même plus tard, était trop ques qui contient presque toute l'histoire du jeune avant 1116, pour entreprendre un oumême martyr. Elle est encore manuscrite dans vrage de cette nature. la bibliothèque du Vatican. Il en est de même 29. Il est aisé de comprendre par tout ce d'un autre grand ouvrage, en vers élégia- détail, que Raoul Tortaire était un écrivain sur Raoul ques, qui précède tous les autres dont on extrêmement laborieux. Le goût singulier vient de rendre compte. Il est divisé en neuf qu'il avait pour la rime dans les vers, lui livres, et porte pour titre : Des choses admira- coûta encore beaucoup de temps et de trables ou surprenantes, de Mirabilibus. On y vail. D'ailleurs la gêne et la contrainte l'emcompte environ mille distiques, qui font deux pêchèrent de prendre tout son essor, et sont mille vers. Raoul y a fait entrer ce qu'il avait cause que sa poésie n'est pas meilleure; lu de plus mémorable touchant les divers quoiqu'il soit vrai de dire que, telle qu'elle royaumes, les guerres, les triomphes, les est, elle surpasse encore celle de presque actions de vertus, les excès de vices, les in- tous les autres versificateurs de son temps.] génieuses saillies d'esprit et autres sembla- [30. Werner brilla dans le commencement bles sujets. C'est ce qu'il dit lui-même en du xie siècle, par son érudition et l'intégrité abbé de Salut. traçant le plan de son poème, qu'il donne de sa vie. On sait qu'il écrivit d'une manière comme son coup d'essai. Les auteurs de remarquable un traité sur le mystère de la l'Histoire littéraire, en rapportant six vers où Trinité ; mais cet ouvrage n'est pas venu ce plan est exposé, conviennent que sa poé- jusqu'à nous. L'auteur mourut en 1126, après sie est au-dessus de celle de tous les versifi- avoir été vingt-quatre ans abbé. Il nous reste cateurs de son temps.

de Werner un livre intitulé Libri de floratioA la suite de ce grand ouvrage viennent dans num sive excerptionum ex melliflua sanctorum le même manuscrit onze épitres ou lettres en Patrum doctrina super Evangelia de tempore vers de Raoul, à autant de ses amis. Dans les per anni circulum. Il a élé publié en 1494 à deux premières il exprime si clairement son Bale, et il a été réimprimé dans dom Gernom et son surnom, qu'on ne comprend pas bert, Historia Nigræ Sylve, tom. ); d'où il a qu'on ait pu le confondre avec un autre passé au tome CLVII de la Patrologie, col. Toutes ces lettres paraissent être des lettres 729-1256. Fabricius et les auteurs de l'Hisd'amitié ou de politesse.

toire littéraire de la France avaient attribué Le manuscrit de la bibliothèque du Vatican faussement cet écrit à un Warnier, moine nous présente encore un autre ouvrage de anglais ·.]

Werner

1 Voyez la notice de D. Gerbert, tom. CLVII de

la Patrologie, col. 719. (L'éditeur).

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