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CHAPITRE vj.

Hugues, abbé de Flavigny (écrivain latin); Philippe le Solitaire (écrivain

grec); Nalgode, moine de Cluny; Jacques, moine grec; (Camenus,
vers l'an 1117, écrivain latin).

[Tous du commencement du XIIe siècle.]

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molog de SI Vanne.

Il est fait

goyen 1007.

1. La persécution ouverte que Thierry, lorsque la tranquillité fut rétablie à Verdun. Posts: évêque de Verdun, faisait à l'abbé et aux moi. Hugues resta à Dijon, et l'abbé Jarenton le

nes de Saint-Vanne, parce qu'ils ne voulaient mena avec lui en Angleterre 4. Au retour, ils
pas se mettre du parti de l'antipape Guibert s'arrêtèrent en Normandie. Ils y étaient lors-
et de l'empereur Henri IV, les obligea ' d'a- que Bérard, archidiacre de Lyon, fut fait
bandonner l'abbaye, et de se retirer à Flavi- évêque de Mâcon par l'archevêque Hugues,
gny en Lorraine, maison de leur dépendance, assisté d'Haganon d'Autun, et de Vautier de
et de là à Saint-Bénigne de Dijon, où ils fu- Châlon-sur-Saône, qui s'étaient assemblés
rent invités par l'abbé Jarenton. Ils étaient au pour les obsèques de Landry, évêque de
nombre de quarante, l'abbé Rodulphe à leur Mâcon, mort en 1097.
tête. Le plus connu est Hugues, surnommé 3. L'abbaye de Flavigny en Bourgogne 5
de Flavigny, parce qu'il en fut abbé. Elevé n'avait point d'abbé depuis la mort de Ray- abbé de Cor.
dès ses premières années dans l'abbaye de naud, frère du duc de Bourgogne, arrivée
Saint-Vanne, il y avait fait veu de stabilité, dès l'an 1090; et cette vacance avait jeté ce
de même que ses compagnons de retraite. monastère dans une grande desolation. Ha-
Mais Jarenton, en les admettant dans son ganon, évêque d'Autun, s'en plaignit et de-
monastère, exigea d'eux qu'ils s'y stabilie- manda pour abbé le moine Hugues à l'ar-
raient afin d'établir une liaison plus étroite chevêque de Lyon qui l'honorait de son
et une concorde plus parfaite entre eux et les amitié. Il en fit quelque difficulté; mais en-
moines de St-Bénigne. Ils eurent de la peine suite il y consentit. On demanda aussi le
às'y résoudre, surtout Hugues, dans la crainte consentement de l'abbé Jarenton, et une
de contrevenir au veu qu'ils avaient fait à obéissance pour Hugues. Après toutes ces
Saint-Vanne. Lanfranc, archevêque de Can- précautions, Hugues fut élu abbé de Flavi.
torbéry ?, consulté là-dessus par l'abbé Ro gny, et l'archevêque de Lyon, qu'il était allé
dulphe, leva leur difficulté, et ils firent un voir depuis son élection, le renvoya à Haga-
nouveau veu de stabilité pour Saint-Bénigne non avec une lettre , par laquelle il le priait
de Dijon. C'était en 1085.

de donner à Hugues la bénédiction abbatiale. 11 va dameu. 2. Hugues de Cluny 3 n'approuva point ce La cérémonie s'en fit au mois de novembre,

que l'abbé Jarenton avait fait, car il craignait le lendemain de la Sainte-Cécile, 1097. Hu-
que les moines de différentes congrégations gues n'était âgé alors que de trente-deux ans. Il
ne s'accordassent pas longtemps, et il aurait s'appliqua aussitôt à réparer les pertes du
soubaité qu'on ne reçût le veu de stabilité monastère et à y rétablir le bon ordre. Il a
que de ceux qui l'auraient voulu faire libre- fait lui-même 7 le détail des dépenses faites
ment. Mais Jarenton se conduisit de façon, à ce sujet, et des donations qu'on fii à son
qu'il ne s'éleva entre eux aucune discorde. monastère.
Ce ne fut qu'avec regret qu'il permit aux 4. Aganon, évêque d'Autun, étant mort
moines de Saint - Vanne de s'en retourner, au mois de juin de l'an 1098 8, on choisit à leur

ter à Dijuo.

an

Ser difbeol tés a ree l'ord que d'Autes.

1 Mabill., lib. LXVI Annal., num. 96, et Hugo Fla.
vin., in Chronic., pag. 228, 234.
? Ibid., pag. 236.
Mabill., ibid., num. 97.
Idem, lib. LXIX, num. 72.

5 Mabill., ibid., lib. LXIX Annal., num. 72.
6 Hugo Flaviniac, in Chronic., pag. 242.
7 Hugo, Chronic., pag. 242.

8 Mabill., lib. LXIX, num. 88, et Hugo, in Chronic.,
pag. 243 et seq.

--..

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ourut moimapport avec de Saint-Vannes

Ch onigoc de llogues do

sa place Norgaud, mais ce ne fut pas sans écrite, on juge qu'il était digne d'un sort difficulté. Hugues de Flavigny avait droit de plus heureux, autant pour son érudition que suffrage, il vint plusieurs fois à Autun pour pour sa piété. (On ignore combien de temps ce sujet, mais il se trouva absent au jour il exerça sa charge d'abbé de Saint-Vanne, marqué pour l'élection, et y envoya un dé- s'il rentra en rapport avec le Saint-Siége, puté de sa part. Norgaud en fut fâché : et s'il mourut moine, et où il mourut.] quoique l'abbé l'eût accompagné à Lyon, et 7. Sa Chronique est divisée en deux parties: do reçu à son retour en passant à Conches, la première commence avec l'ère de Jésus- Plavigny. maison dépendante de Flavigny, et à Flavi- Christ, el va jusqu'en 1002; la deuxième, jusgny même, cet évêque conserva de la froi- qu'en 1102; le père Labbe, qui l'a fait imprideur pour Hugues, et lui suscita plusieurs mer dans le premier tome * de sa Bibliothèque procès. Hogues fit usage de ces tribulations des manuscrits, sur l'original que l'on conserve pour retourner à Dieu, qu'il semblait avoir au collége de Clermont à Paris 5, en a reoablié pendant le temps de ses prospérités. tranché plusieurs faits qui lui ont paru peu

5. Norgaud, après avoir rendu son amitié dignes d'attention, mais il a jugé le reste eu à l'abbé de Flavigny, conçut de nouveau de très-intéressant et un trésor incomparable

la haine contre lui!, et le chassa de son mo- pour l'histoire du XIe siècle; c'est en effet ce nastère. Il parait que ce fut sur les plaintes que l'on a de mieux dans ce genre-là, de des moines de Flavigny. Hugues les cita au plus étendu et de plus correct; il ne laisse concile qui se tint à Valence sur la fin de pas d'y avoir des fautes de chronologie; il septembre de l'an 1100. L'évêque d'Autun met par exemple la mort de Grimold , abbé s'y trouva, mais il y fut accusé de simonie de Saint-Vanne, en 1075, quoiqu'il ait vécu par ses chanoines. Les moines de Flavigny trois ans au-delà. La faute qu'il commet à se contentèrent d'y envoyer un moine déré l'égard du lieu et des circonstances de la glé. Hugues était en état de se bien défendre: mort de Victor III, est plus considérable : il mais comme il ne se trouva point d'accusa- dit ? que le pape, auparavant abbé de Montteurs, le concile le rétablit dans son abbaye, Cassin, sous le nom de Didier, célébrant la avec ordre aux moines de venir au-devant de messe à Saint-Pierre, fut frappé du jugement lui jusqu'à Dijon, de promettre, en présence de Dieu , et qu'ayant reconnu son erreur, de l'abbé de Saint-Benigne, de le ramener c'est-à-dire que son élection n'avait pas été avec lionneur à Flavigny, et de lui obéir; ils canonique, il se déposa lui-même et ordonna accomplirent en partie le décret du concile; aux moines de Cassin, qu'il avait auprès de mais Hugues étant arrivé à son abbaye, ses lui, de transporter son corps, après sa mort, moines lui refusèrent obéissance. La chose à Cassin, et de l'enterrer dans le chapitre, fut portée au concile de Poitiers, mais on ne non comme un pape, mais comme un abbé. sait si elle y fut discutée, ni si Hugues de Tout ce narré est absolument faux : Victor

meura paisible possesseur de son bénéfice. mourut à Mont-Cassin, et non à Rome, et à sa slu 6. Le contraire parait par Laurent de mort, il fit ce qu'avait fait Grégoire VII, son

Liége”, de qui nous apprenons que Richard, prédécesseur, en désignant pour son succesévêque de Verdun, ayant chassé de Saint- seur celui qui lui en paraissait le plus digne. Vanne l'abbé Laurent, parce qu'il refusait de En général, lorsqu'il est question de Didier, reconnaitre dans l'empereur Henri le droit abbé de Mont-Cassin, et de Hugues, archevêd'investiture, le chassa de son abbaye, el mit que de Lyon, l'auteur de la Chronique prend á sa place Hugues de Flavigny, en lui don- le parti de celui-ci dont il était ami; à l'égard nant le bâton pastoral. Avant de revenir à de Norgaud, évêque d'Autun, qui lui avait Saint-Vanne, Hugues avait fait un voyage en fait beaucoup de mal, tantôt il en parle en Angleterre, et il y était 3 en 1099. Il vécut au- bien, tantôt avec aigreur, tant il est difficile delà de l'an 1102, puisqu'il conduit jusque- de réprimer les saillies qui s'élèvent en nous la sa Chronique. De la manière dont elle est contre nos ennemis ! mais ce qui a fait une ta

* Mabill., lib. LXIX, num. 124.

Tom. XII Spicileg., pag. 300, et Mabillon., lib. LXXII Annal., num. 4.

Hugo, in Chronic., pag. 203, et Mabillon. , lib. LXX Annal., num. 48. • Tom. I, pag. 75, 269.

5 ]l est maintenant en la possession du baronnet Tbomas Philipps, en Angleterre, par suite de la Vente de la bibliothèque des Jésuites. (L'éditeur.)

6 Mabill., lib. LXIV Annal., num. 95.

7 Mabill., lib. LXXVII Annal., num. 23, et Hugo Flaviniac., in Chronic., pag. 234.

celte chroni.

tions.

che considérable' à sa mémoire, c'est son nommé le Solitaire nous sont inconnus : on
intrusion dans l'abbaye de Saint-Vanne du sait seulement qu'il vécut en grande réputa-
vivani de l'abbé Laurent qui en avait été tion de sainteté, et que l'an 1095, qui était le
chassé par les schismatiques.

seizième du règne d'Alexis Comnène, il comUlilité do 8. La Chronique de Hugues est ordinaire- posa, aux instances 5 du moine Callinique, un que. (Edi: ment intitulée Chronique de Verdun, et quel traité spirituel intitulé : Dioptre, du nom d'un

quefois de Flavigny, soit parce que l'auteur instrument de géométrie aussi appelé quart
fut abbé de ce monastère, soit parce que de cercle; nous le nommerons Règle de la vie
dans le manuscrit cette Chronique porte en chrétienne, avec Jacques Pontanus qui a tra-
tête le catalogue des abbés de Flavigny, im- duit l'ouvrage en latin et l'a publié en cette
primé aussi dans le premier tome 2 de la langue à Ingolstad, chez Adam Sartorius, en
nouvelle Bibliothèque du père Labbe, avec 1604, in-4°, sur un manuscrit de la biblio-
quelques autres pièces qui ont rapport à ce thèque d'Augsbourg, avec les notes de Jac-
catalogue. On ne l'appelle de Verdun, que ques Gretser, les six livres de Cabasilas sur
parce que Hugues fut d'abord moine de la Vie de Jésus-Christ, et quelques autres
Saint-Vanne, abbaye située en cette ville. Ce monuments; il a été réimprimé dans le dou-
qu'il dit de la ville et du monastère n'est pas zième tome de la Bibliothèque des Pères de
suffisant pour l'intituler de la sorte : d'ail- Cologne, et dans le vingt-unième de celle de
leurs cette chronique est générale, et com- Lyon. C'est un dialogue entre l'âme et le
prend en abrégé les événements remarqua- corps, où, par une idée singulière, l'âme fait
bles des provinces d'Orient et d’Occident : le personnage de disciple, et le corps celui de
outre les fails, Hugues rapporte tout au long maître, au lieu que l'âme, par rapport à la
quantité de lettres très-intéressantes pour supériorité de sa nature, devait prendre la
l'histoire de l'Eglise. Nous en avons donné qualité de maîtresse. Nous n'avons que qua-
une notice quand l'occasion s'en est présentée, tre livres de ce dialogue : le manuscrit de la
et il est inutile d'y revenir. Hugues n'a pas ou. bibliothèque impériale en mel cinq, selon la
blié 3 de rapporter la rétractation de Bérenger remarque 6 de Lambecius; en sorte que le
dans le concile de Rome, au mois de février premier manque dans l'édition de Pontanus,
1078, ni de remarquer que ceux qui par « un qui, du second, en a fait le premier, et le
grand aveuglement » n'admettaient que la second du troisième, ainsi du reste. Ce dé-
figure dans l'eucharistie, se rendirent, avant faut, et quelques autres de cette édition,
la troisième séance, au sentiment presque avaient engagé Lambecius à en donner une
général du concile, que le pain et le vin sont nouvelle avec le texte grec et la version la-
changés substantiellement au corps de Jé- tine à côté; s'il l'a achevée, on ne l'a pas en-
sus-Christ qui a été attaché à la croix, et au core rendue publique.
sang qui est sorti de son côté, par les pa 10. L'ouvrage de Philippe le Solitaire est Analyse de
roles de la prière sacrée que prononce le rempli d'excellentes maximes tirées la plu- Règle dhe
prêtre, le Saint-Esprit opérant invisiblement part de l'Ecriture sainte, les autres de son me Tom Da
ce changement. C'est aussi de la Chronique propre fonds et peut-être aussi des saints pe- pel
de Hugues que l'on apprend les principales res dont il avait fait une étude particulière;
circonstances de sa vie. [La meilleure et la il les propose dans un slyle simple, sans au-
plus nouvelle édition est celle de Pertz, Mo- tres ornements que la vérité, n'affectant ni
numenta German. historica , Scriptores, tom. le choix des termes, ni l'élégance de l'élocu-
VIII; elle est reproduite au tom. CLIV de la tion. Dans le premier livre, il fait voir que la
Patrologie, col. 9-432. Pertz préfère à Hu- foi est inutile sans les cuvres; qu'entre tous
gues les historiens Lambert, Berthold et Ber- les préceptes divins, celui de la charité est le
nold; cependant il dit de lui qu'il a très-bien plus recommandé : que, quand on observe-
mérité de l'histoire, et qu'on peut souvent le rait tous les autres, si celui-là est négligé,
consulter avec avantage; il entend surtout on ne peut se flatter de les avoir bien ac-
parler de l'histoire de son temps et de celle complis. Il propose l'exemple de la charité
de Lorraine 4.]

de saint Paul pour Dieu et pour son proPhilippe le 9. Les détails de la vie de Philippe sur chain, que cet apôtre poussa jusqu'à vouloir 1 Tom. XII Spicileg., pag. 300.

- Proleg. Patrol., ibid., col. 14. (L'éditeur.) 2 l'ag. 791 et 269.

& Lib. IV, cap. xix. 3 llugo, in Chronic., 1 ag. 214, 215.

6 Lambec., lib. V Commentarior., pag. 34, 43.

sa Dioptreo

vie

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655.

Solitaire,

livra, p. 785.

être anathème pour ses frères, afin de leur et peut en un moment se trouver parlont par procurer le salut. Ensuite il montre que Dieu la force de ses pensées et de son imaginafortifie ceux qui, dans les tentations, ont re- tion; que le corps d'Adam ne fut créé ni cours à lui; qu'il récompense ceux qui suppor- morlel, ni immortel, Dieu l'ayant laissé le tent en patience les calamités de cette vie; maitre de décider de son sort, ou de mourir qu'il n'estime point les bonnes cuvres par le en contrevenant à la loi qu'il lui avait presnombre, mais par la droiture de l'intention; crite, ou de ne pas mourir en observant cette qu'il reçoit à bras ouverts tous les pécheurs loi. D'après Philippe, les âmes des justes qui ont effacé leurs péchés par les larmes et morts avant Jésus-Christ étaient dans un les travaux de la pénitence, et qui les ont lieu de repos nominé dans l'Ecriture la confessés aux prêtres. Pbilippe s'explique région des vivants; depuis que Jésus- Ca.). ix. clairement sur la nécessité de confesser ses Christ a ouvert les portes du ciel, les âmes péchés aux prêtres pour en recevoir l'absolu- des saints y jouissent avec lui de la félicité tion, et il prévient la honte qu'en ont les pé- éternelle; à la résurrection générale, elles cheurs, en leur disant ' qu'encore que le animeront les corps qu'elles animaient en prêtre par son état et par la pureté de sa vie cette vie, et retourneront avec le corps dans soit différent d'eux, il leur est semblable par le ciel; il en sera de même des âmes des la nature de son corps et de son esprit. Il pécheurs qui sont actuellement en enfer, n'avance rien sans le prouver par les té- elles y retourneront avec le corps qu'elles moignages de l'Ecriture et des pères qu'il ont animé, et y souffriront des supplices plus cite dans chaque chapitre, et de suite, pour rudes qu'avant la résurrection générale; en faire comme une chaîne de témoins. Ceux au reste Dieu seul connaît la manière dont qu'il cite le plus souvent sont les deux saints chaque âme se réunira à son propre corps. Grégoire de Nazianze et de Nysse, saint 12. Il parle dans le troisième livre de l'ex- Troiqième Chrysostome, saint Athanase, saint Basile, cellence de la nature humaine par son union saint Cyrille d'Alexandrie, Théodoret, saint avec la nature divine en Jésus-Christ; de Ephrem, Théodore Studite, saint Damas- l'incertitude de la fin du monde; des précurcène. Il cite encore Théophilacte, Théodore seurs du deuxième avénement de Jésusd'Héraclée, saint Jean Climaque, Anastase Christ, et de l'antechrist, de sa venue, de Synaïte, saint Isidore de Péluse, saint Denis ses caractères, de ses crimes; il pense qu'il l'Areopagite, saint Maxime, Michel Psellus, sera de la tribu de Dan, et se forde sur une G93. ILIX. saint Nil, Isaac, Carbonius et Gennade. prophétie de Jacob, rapportée au livre de la

11. Dans le second livre, Philippe traite Genèse. . de l'union de l'âme avec le corps, et de la 13. Voici l'enseignement contenu dans le Quatrign.

nécessité de cette union pour la bonté ou la quatrième livre : Dieu a créé les intelligences malice des actions humaines; il rapporte en spirituelles et célestes avant les hommes, de passant les différentes opinions des philoso- peur que, les croyant sans commencement, phes et des médecins touchant le siége de ils ne les adorassent comme des dieux; il l'âme; après quoi il prouve qu'elle est im- crée en tous temps les âmes, mais non de mortelle, et conséquemment qu'elle ne périt sa substance, quoiqu'elles soient iminorpoint avec le corps; que Dieu n'ayant créé telles, intelligentes et immatérielles, libres le monde que pour l'homme, afin qu'il lui de leur nature; après la résurrection, il n'y servit de palais, il convenait de créer le aura parmi les bienheureux aucune diffémonde avant l'homme; que le péché a com- rence, ni par rapport à l'âme, ni par rapmencé par la femme; que la peine de son port au corps, ou, s'il peut y en avoir, elle péché tombe plus sur l'âme que sur le corps, ne consistera que dans les degrés de gloire la mort de celui-ci n'étant pas comparable à et de récompense que Dieu proportionnera celle de l'âme, c'est-à-dire aux avantages aux mérites. Philippe îraite des différences dont elle est privée par le péché; que la res, qui se trouvent en ce monde entre les homsemblance de l'homme avec Dieu vient sur mes, soit par rapport aux opérations du corps, tout de l'âme, en ce qu'elle est raisonnable, soit par rapport à celles de l'âme; des quali

livre, p. 395. Remarques sur ce traité.

· Nihil est penitus quod formides; quamquam enim pater est cui confiteris, tamen et ipse naturu homo est, tibique carne et spiritu similis, etsi alioqui vitæ rationibus, familiaritate cum Deo, ut virtutis cullor,

distel abs te plurimum. In humilitate, in contritione cordis te ad pedes ejus abjice, ab imo pectore clama, ingemisce quantumque poles recense omnia. Philipp., lih. I. cap. XI.

tés de ces deux subslances, des incommodi- dices; que le premier est composé de cinq tés du corps humain, de sa constitution, du chapitres, où il y a des choses très-curieuses principe de la génération, de la providence touchant la foi et les cérémonies des Arméde Dieu dans la création du monde, des ten- niens, des Jacobites, des Chatzizariens et des tations du démon, des vertus cardinales, de Romains ou Francs; il prouve dans le second, Ja liberté nécessaire pour les bonnes euvres, par l'autorité de l'Ecriture et de saint Epiet de l'origine de la guerre intestine entre le pbane, que Jésus-Christ, dans la dernière corps et l'âme; il la rapporte au péché du Cène, a mangé non la Pâque légale, mais la prennier homme qui est passé à ses descen- vraie Pâque. Le troisième est l'apologie que dants. Sur la fin du quatrième livre, il explique Philippe adressa au prêtre Constantin sur la comment il se peut faire que l'âme séparée différence entre l'intercession et le secours du corps par la mort se souvienne de ses pa- des saints. Dans le quatrième, qui est en vers, rents, de ses amis, et comment elle prie de même que la Dioptre, Philippe marque le pour eux, d'après l'auteur, pour toutes ces temps où il finit cet ouvrage, ce qui arriva l'an fonctions le corps ne lui est point néces du monde 6603, selon le calcul de l'Eglise de saire, elle n'a pas besoin de voix pour prier, Constantinople, c'est-à-dire l'an 1095, et non ni de cerveau pour se souvenir.

pas 1105, comme l'a mis Pontanus dans la 14. Philippe semble dire dans le second traduction du dix-neuvième chapitre du qualivre ', que Jésus-Christ, en descendant aux trième livre : car l'an 1105 ne répond pas à enfers, délivra de l'esclavage tous ceux qui y la seizième année du règne d'Alexis Cométaient, et que les âmes qui y sont restées nène, mais à la vingt-cinquième. Le cinne souffrent pas comme auparavant, qu'elles quième appendice contient des vers à la y sont même en liberté, ayant été délivrées louange de la Dioptre et de son auteur, par de la servitude du tyran. Ce n'est point là Constantin et par Vestus Grammairien. Le la doctrine de l'Eglise, qui nous apprend que premier appendice a élé imprimé par les ceux qui, avant la descente de Jésus-Christ soins du père Combefis 4, excepté ce qui a aux enfers, y étaient tourmentés de divers été dit des Romains ou des Francs; l'éditeur supplices, les souffriront éternellement. Mais l'a donné comme d'un écrivain anonyme, cet écrivain a donné dans un sentiment con- mais il pense avec Possevin qu'il est de Détraire, fondé sur un discours faussement at- métrius, métropolitain de Cyzique. Fabricius 5 tribué à saint Jean Damascène. On lui repro- ne doute pas qu'il ne soit de Philippe le Soche encore d'avoir avancé, qu'après ? le der- litaire; nous remarquons que les hérétiques nier jugement, les bienbeureux se connaî- chatzizariens étaient ainsi appelés parce qu'ils tront mutuellement, mais que les damnés ne adoraient la croix, mais dans un sens bien difse connaîtront pas; mais il n'est pas constant férent de celui qu'a en vue l'Eglise catholidans ce sentiment, et il semble dire plus bas que, puisqu'ils prétendaient témoigner qu'ils qu'il est essentiel à leurs supplices qu'ils la croyaient plus puissante que Jésus-Christ soient du moins connus des autres, puisque même qu'elle avait tué. Au contraire, ils cetle circonstance augmentera leur peine, avaient de l'horreur pour les saintes images. comme en ce monde les scélérats que l'on Ils jeûnaient quelques jours avant le temps condamne au dernier supplice sont bien plus marqué pour le carême, mais, tous les dimortifiés de le subir en présence des person- manches de la quarantaine, ils mangeaient nes de leur connaissance, que devant d'autres du beurre, du lait et des @ufs. Ils se serdont ils ne sont pas connus. On peut voir sur vaient de pain azyme dans le sacrifice, et ne les autres endroits qui souffrent quelque dif- mettaient que du vin dans le calice sans le mêficulté les notes de Gretser, qui sont jointes ler d'eau, imilant en cela les jacobites. Ceuxà l'ouvrage de Philippe dans la Bibliothèque ci erraient sur l'Incarnation, n'admettant des Pères, comme dans les autres éditions. qu'une nature en Jésus-Christ depuis l'union;

15. Lambecius 3 remarque que dans le ma- il y en avait d'autres qui erraient sur la Trinuscrit de la bibliothèque impériale [ de nité. Philippe le Solitaire 6 leur oppose la foi Vienne), la Dioptre ou Règle chrétienne de Phi- de l'Eglise qui reconnaît en Dieu une subslippe le Solitaire est suivie de cinq appen- tance et trois personnes, et en Jésus-Christ

Appendices au traité de

Pbilip, e.

1 Lib. II, cap. XI. - Lib. II, cap. XIV.
8 Lambec., lib. V Commentarior., pag. 40, 43.
- Combefisius, tom. II Auctuarii novi, pag. 262

et 271.- Fabricius, lom. VI Bibliot. Græcæ, pag. 567.

6 Combefis, pag. 270.

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