Abbildungen der Seite
PDF
EPUB
[ocr errors]

deux natures unies en une seule personne. moyenne et basse grécité, cite un manuscrit de Kaligote, 16. Nalgode ou Nagolde, moine de Cluny, la bibliothèque du roi, contenant quarante

écrivit sur la fin du XIe siècle, ou au com- trois lettres de Jacques, moine grec, à l'im-
mencement du xil®, les Vies de saint Odon et pératrice Irène; Jacques écrivait donc après
de saint Mayeul, l'un et l'autre abbés de ce 1081 et avant l'an 1118, car Alexis Comnène,
monastère : le premier, depuis l'an 926 jus- dont il est aussi parlé dans ces lettres, régna
qu'en 944; le second, mort en 994, avant tout ce temps-là. Si ce Jacques est le même
Nalgode. Jean, aussi moine de Cluny, avait que celui dont parle Léo Allatius 3, il était
aussi écrit en trois livres la Vie de saint Odon. moine du monastère de Coccinobaphe, et
Nalgode abrégea l'ouvrage de Jean et le mit conséquemmentilfaudra lui attribuer diverses
en meilleur ordre; il fit la même chose à l'é- homélies, nine sur la Pourpre rendue aux prê-
gard de la Vie de saint Mayeul, écrite aupa- tres, une sur la Conception de la sainte Vierge,
ravant par un moine nommé Syrien, qui l'a- une sur sa Présentation au temple, une sur sa
dressa par une lettre à saint Odilon, et par Nativilé, une sur son Annonciation. On peut
le saint lui-même, en sorte que Nalgode ne en voir quelques-unes dans le tome VIII de
fut que le troisième historien de saint Mayeul, la Bibliothèque des Prédicateurs, par le père
Ce qu'il avait ou trop abrégé ou omis a été Combefis; les manuscrits du Vatican en ajou-
suppléé par dom Mabillon à l'une et à l'autre tent une sur l'Assomption de la sainte Mère de
Vie; on les trouve toutes deux dans le sep- Dieu, sur son Admission dans le saint des saints,
tième 2 tome des Actes de saint Benoît, et sur sa Sortie du temple.
dans la Bibliothèque de Cluny; et celle de (18. François Caménus, de Pérouse, com-
saint Mayeul dans Surius et dans Bollandus posal, avant l'an 1117, une hymne sur saint
au 11 mai. (La Vie de saint Odon est repro- Nicolas, évêque de Troye en Apulie, mort
duite, d'après Mabillon, au toine CXXXIII de en 1094, et canonisé en 1098. Cette hymne
la Patrologie latine, col. 85-104. La Vie de saint est reproduite, d'après les Bollandistes, au
Mayrul, par Syrien, est au tome CXXXVII, tome CLXII de la Patrologie, col. 721-722.
eol. 745-778.]

Elle est précédée d'une courte notice sur
17. Ducange, dans la table des écrivains l'auteur, par Fabricius.]
dont il s'est servi pour son Dictionnaire de la

Francis Caménus.

tate grec.

[merged small][ocr errors]

CHAPITRE VII.
Lambert, évêque d'Arras (1115); Bernard, archevêque de Tolède [1126];
Bernard, de Cluny [1109]; Bernard de Saxe (1110).

(Ecrivains latins.]
1. L'évêché d'Arras ayant été séparé de ques de la province, et apporta lant d'autres
celui de Cambrai par une bulle d'Urbain II, délais, que Lambert fut obligé d'aller à Rome,
datée du 2 décembre de l'an 1092, et toutes où il arriva le 17 février 1094. Il pria à ge-
autres difficultés terminées à cet égard, on noux le pape de le décharger de son élection;
procéda à l'élection d'un évêque le 10 juillet mais Urbain Il n'eut aucun égard à ses re-
del'année suivante 1093. Les suffrages se réu- montrances; il fit averlir les Cambraisiens
nirent sur Lambert de Guisnes, chanoine et de se trouver à Rome, lorsque les Arlésiens
chantre de Lille. Il refusa son consentement et y viendraient pour faire confirmer leur
se plaignit avec larmes de son élection; mais élection. Ceux-ci seuls s'y rendirent, et le
il fut obligé de se rendre, lorsqu'on lui eut lu pape sacra Lambert le 19 mars 1094; il fut
une clause de la bulle qui portait ordre à l'élu intronisé solennellement dans son église le
d'acquiescer à l'élection. C'était à Renaud, jour de la Pentecôle, et reçu par Renaud de
archevêque de Reims, à le sacrer; il ne le Reims, son archevêque, le jour de saint Mal-
voulut point sans le consentement des évê thieu, en lui promettant obéissance.
1 Odonis vitæ, num. 23 et num. 29.

101, 104, 107, 109, 114. – Baluz., tom. V Miscellan.,
• Tom. VII Actor., pag. 122 et 739.

pag. 249 et seq. • Allatius, de Symeonibus et comm. Script., pag.

Il assiste divers corci.

contiete

gué pour l'eb.

Il assista. 2. Il avait assisté, trois jours auparavant, joug de la dépendance des Cambraisiens, a été

au concile tenu à Reims par ordre du roi rétablie dans son ancienne dignité, sous le ponti-
Philippe, et à celui d'Autun; il assista encore ficat d'Urbain II. [Le tome CLXII de la Pa-
à celui de Clermont, en 1095. Le pape Ur- trologie, col. 615 et suiv., contient une notice
bain fit lire publiquement dans ce concile la tirée du Gallia christiana et une autre em-
bulle du rétablissement de l'évêché d'Arras; pruntée à la France littéraire. Viennent en-
elle fut approuvée et confirmée de tout le suite : 1° les Gestes; 20 cent quarante-quatre
concile le 28 novembre de la même année. lettres écrites ou reçues; 3o quatorze privi-
Lambert rendit à l'église d'Arras son pre- léges; 4° un recueil des canons du concile
mier lustre, autant qu'il fut en son pouvoir, de Clermont en 1095, recueillis par Lambert.]
et fit de grandes libéralités à divers monas- 6. Le recueil conservé à Arrras contient 6 col
tères. Sur la fin de l'an 1104, il fut chargé cent quarante-quatre lettres tant de l'évêque
d'absoudre le roi Philippe de l'excommuni. Lambert que des papes Urbain et Pascal II,
cation qu'il avait encourue par son mariage et autres personnes avec qui cette affaire l'a-
avec Bertrade.

vait inis en relation; ensuite ?, les privi1! *t délé 3. Le pape Pascal II lui avait donné cette léges qu'il accorda à diverses églises; en solution du commission par une lettre du 5 octobre; Lam- troisième lien , plusieurs monuments posté.

bert l'exécuta le 2 décembre à Paris, où se rieurs à l'épiscopat de Lambert, mais qui in-
trouvèrent plusieurs prélats du royaume. Le téressent l'histoire de cette église, entre au-
prince se présenta à l'assemblée nu-pieds et tres quarante-six lettres des évêques d'Arras.
avec de grandes marques d'humilité; il re- Nous donnerons de suite celles de Lambert,
nonça, sous serment, à tout commerce avec en suivant l'ordre qu'elles tiennent dans l'é-
Bertrade, qui prêta le même serment, après dition de Baluze.
quoi l'évêque d'Arras leur donna l'absolu- 7. Le pape Urbain, après avoir sacré Lam- P..!
tion. Il envoya au pape la relation de tout bert, le renvoya, avec des bulles adressées à
ce qui s'était passé en cette occasion. l'archevêque de Reims. Lambert, à son re-

4. Lambert mourut le 16 mai 1115, et fut tour à Arras, les envoya aussitôt par un dé-
enterré dans son église cathédrale, où l'on pulé, n'osant les porter lui-même, à cause que
eut soin de lui faire une épitaphe et d'y in- les soldats qui couraient de tous côtés ôtaient
sérer 3 qu'il avait rétabli la dignité de l'évê la sûreté des chemins, et qu'il avait encore
ché d'Arras, soumis pendant un grand nom- à craindre de la part des Cambraisiens. L'ar-
bre d'années à la juridiction de l'évêque de chevêque de Reims ne laissa pas de s'en
Cambrai. On lit la même chose dans une plaindre, l'accusant de mépris envers son
autre épitaphe rapportée dans la Chronique église métropolitaine. Lambert en écrivit au
de saint Bertin.

prévôt et à lout le chapitre de Reims, pour Ses écrits. 5. Le rétablissement de cet ancien évêché les prier de faire entendre ses raisons à leur klist d'Arras, avait occasionné quantité de procédures, et archevêque, les assurant qu'il était prêt à lui

à Lambert plusieurs voyages, de même qu'au faire toute sorte de satisfactions; il en écrivit
clergé et au peuple d'Arras, par divers dépu- à l'archevêque même, avec promesse d'aller
tés qu'il fallut envoyer à Rome.Cet évêque prit à Reims aussitôt qu'il en aurait le moyen.
le soin de recueillir tous les monuments qui Cette lettre est suivie du serment par lequel 2-0.
y avaient quelque rapport, surtout les lettres Lambert lui promettail obéissance et à ses suc-
des papes et des évêques qu'il reçut en cette cesseurs; il fit ce serment étant au concile de
occasion, et celles qu'il écrivit lui-même. Fer- Reims, le 18 septembre 1094 : Renaud était
réole Locrius, dans sa Chronique belge, et dom alors archevêque de Reims. Ce prélat étant
Luc d'Achéry, dans le lome V de son Spici- mort le 21 janvier 1096, le chapitre de Reims 238.
lége 4, en ont rapporté une partie; mais nous en donna avis à tous les suffragants de cette
avons ces monuments entiers dans le tome V5 église, afin de faire prier pour lui dans leurs
des Mélanges de Baluze, tirés d'un recueil diocèses. Lambert répondit qu'ayant appris
manuscrit que l'on conserve à Arras sous le cette nouvelle par d'autres endroits, il avait
nom de l'évêque Lambert; le titre porte : En déjà ordonné des prières pour Renaud dans
quelle manière la cité d'Arras, ayant secoué le l'église de Saint-Vaast; il ajoute qu'il donnait

Se mort en 1115.

Gestas de l'E

1 Baluz., tom. V Miscellan., pag. 282.
3 Tom. X Concil., pag. 742.
3 Bibliot. Belgica, lom. II, pag. 796.

* Pag. 543. — 5 Baluz., pag. 237, tom. V Miscell.
6 Baluz., pag. 237, tom. V Miscell. - 7 Pag. 377.

volontiers son consentement à l'élection de bert et ses confrères donnèrent gain de cause Manassés, et qu'il était disposé à envoyer ce à l'évêque, et prièrent le pape de confirmer qu'il devait à l'église de Reims, autant que une sentence qu'ils avaient rendue sans acla pauvreté de la sienne le lui permettait. ception de personne. Lambert, sur la fin de

8. Il ordonne à Bernold, prévôt, et au doyen sa lettre, consulle le pape sur la manière dont du monastère de Matte, de lui renvoyer il devait se conduire envers un clerc qui avait Achard, prévôt de Sainte-Marie dans le dio accusé un abbé de simonie, quels témoins il cèse d'Arras, qu'ils avaient enlevé pour en fallait admettre, et ce que l'abbé devait faire faire un de leurs chanoines; il allègue contre au cas que le clerc se trouvât en défaut de eux les canons qui défendent à un clerc de preuves. Dans une autre lettre à Pascal II, il Pag. 32 8.

passer d'un diocèse à un autre sans lettres lui recommande la cause de l'archevêque 1:23. de recommandation de son évêque. Le pré- Manassés, qu'il dit être plein de respect pour

vôt de Clémentie, comtesse de Flandres, avait les décrets du Saint-Siége, d'amour pour la dépouillé des pèlerins venant de Rome. Lam- vérité, de crainte envers Dieu, de charité bert lui ordonna de restituer; et, sur le refus pour les pauvres, d'attention pour les gens qu'il en fit, il l'excommunia le jour du jeudi- de bien. Ce pape chargea Lambert de tersaint; ensuite il écrivit à la comtesse de l'o- miner un différend entre Héribert et Lanbliger à restituer ce qu'il avait enlevé aux froid, abbés l'un et l'autre, au sujet de l'abpèlerins, menaçant de mettre au ban le châ- baye de Semer ou de Saint-Wlmar. On a 327, teau où cette faule avait été faite.

parlé ailleurs de la lettre de Lambert à l'ar*. 9. Robert, abbé de Saint-Remy à Reims, chevêque Manassés, à l'occasion de la déten

auparavant moine de Marmoutier, refusait tion de Hugues, évêque de Châlons-surl'obéissance à Bernard, qui,en était abbé. Marne. Celui-ci avait d'ailleurs des griefs contre Ro- 11. Dans sa lettre à Euvemer, patriarche 312. bert; il le cita à jour certain, et, sur le refus de Jérusalem, Lambert le remercie de ses qu'il fit de comparaître, Bernard l'excom- présents, et le prie de lui donner des noumunia. Manassés, archevêque de Reims, con- velles sûres de sa santé, et de faire mémoire firma cette sentence avec les évêques de sa de lui dans ses prières en l'église de la Résurprovince. Robert en appela au pape Urbain, rection. Suivent, dans le recueil publié par 336 à qui Lambert écrivit pour lui rendre raison Baluze , six lettres de Lambert au pape Pasde la sentence du concile de Reims, et le prier cal. Il le prie, dans la première, de confirmer

de ne pas écouter Robert. Cela se passait vers les biens et les priviléges de l'abbaye du Monta l'an 1097 ·. Lambert écrivit au même pape Saint-Eloi, et dit qu'il avait accordé aux cha

one seconde lettre en faveur de l'évêque de noines de ce lieu , qui y vivaient régulièrement

Térouanne; il n'en marque pas le sujet. Celle et sans aucune propriété, le droit de se choisir e qu'il adressa à Clémentie, comtesse de Flan- un abbé, sauf le droit de l'évêque d'Arras.

dres, était pour la prier de s'opposer aux torts Dans la seconde, il remercie le pape de lui 337.

que Robert faisait à l'église et aux clercs de avoir permis d'établir un abbé sur huit moi*1. Térouanne. Il menaça d'excommunication nes qui pratiquaient la règle de Saint-Benoit

Gondfroy, châtelain de Lens, si dans quinze dans l'église de Feschières, sous la dépenjours il ne faisait satisfaction pour avoir violé dance de l'évêque d'Arras. Guéribert, abbé la liberté de l'Eglise, en tirant de force du de Saint-Préject, s'opposa à cet établisseparvis de l'église des personnes qui s'y étaient ment, disant que c'était lui ôter l'église de réfugiées, sans avoir auparavant demandé à Feschières, qui lui appartenait. La difficulté l'évêque permission de les en tirer.

fut portée à l'archevêque de Reims. Lambert 338. 28. 10. Invité, mais trop tard, à la consécration comparut; Guéribert fit défaut. On décida en

de l'évêque de Noyon par l'archevêque de faveur de l'évêque d'Arras. Il se plaint, dans Reims, il ne put y aller; dans les excuses la troisième, des usurpations du comte Eusqu'il lui en fit, il marque le manque des tache, et prie le pape de confirmer la senchoses nécessaires pour le voyage. Le papetence d'excommunication portée contre ce Pascal II lui avait donné commission de juger seigneur. On voyait partout de ces usurpa- 340. le différend entre les clercs d’Ypres et l'évê- teurs des biens de l'Eglise. Les moines de la que de Térouanne, au sujet d'une église; Lam- congrégation de Saint-Amé de Douai , pour

se mettre à couvert des pillages, recoururent 1 Mabill., lib. LXIX Annal., num. 65.

à Rome, wunis d'une lettre de Lambert au

pape, à qui il demandait de confirmer la liberté miens, pour l'engager à tenir l'excommui

et les biens do ces religieux; c'est le sujet de cation qu'il avait prononcée contre des perPag. 361. la quatrième lettre. La cinquième est pour sonnes qui assuraient qu'elles n'avaient point

procurer la même grâce à l'abbesse de Strum, eu de part aux crimes dont on les accusait.
qui alla elle-même à Rome pour l'obtenir, et Sa lettre à Raoul, archevêque de Reims, esi un Pag. 358.
celle d'être confirmée dans sa dignité et dans consentement à l'élection de Hugues, doyen
la possession de l'ordre qu'elle avait embrassé de l'église d'Orléans, pour l'évêché de Laon.
La sixième est encore une lettre de recom-

est encore une lettre de recom- 14. Sachant que Baudouin, comte de Flan- 358. mandation.

dres, inquiétait la comtesse Clémentie, sa 342. 12. Celle que Lambert écrivit à saint An

mère, sur la possession des biens que son selme de Cantorbéry est pour lui demander mari lui avait cédés pour son douairc, il écri

de se souvenir de lui à l'autel et dans ses vit à ce comte de l'en laisser jouir paisible346. prières. Ne voulant pas confier au papier ce ment, ou, s'il y avait quelque difficulté, de la

qu'il avail à faire savoir au roi Louis-le-Gros, remettre à la décision des seigneurs de ses
il prie ce prince d'assigner au porteur un en- états. Ilinterceda auprès du même comte et de 359.
droit où il puisse lui parler avec liberté. Sa
lettre à l'archevêque de Reims est en faveur lier qui s'était réfugié dans une église de la
de Henri, abbé de Saint-Vaast, contre ceux Sainte-Vierge; il leur disait : Il n'y a per-

qui auraient voulu attaquer sa réputation. Il sonne de vous, pauvre ou riche, qui, dans le 317. est fait mention, dans la lettre à Pomone,

tre à Pomone, danger d'être frappé de mort ou d'étre fait priprêtre, d'une vision qu'avail eue un chanoine sonnier, ne se sauvât à l'église pour l'éviter. La de sa congrégation, et dans laquelle il avait lettre à l'archevêque et aux abbés de Reims revu et entendu saint Augustin célébrer la messe garde l'affaire de Henri, abbé de Saint-Vaast; à l'autel qui est sous son tombeau, dans la Lambert trouve bon qu'on en ait remis la disville de Pavie; ceux qui avaient fait le rap- cussion au 1er novembre. Dans l'une de ses 359. port de cette vision à Lambert, ne se souve

"l, ne se souve- deux lettres au pape Pascal II, Lambert lui . naient d'autres paroles prononcées par saint rend compte du jugement d'une difficulté Augustin dans cette messe, que de celles-ci: entre les chanoines d'Arras et les moines de Hoc corpus quod pro vobis tradetur. L'évêque Saint-Vaast; dans l'autre, il prie le pape de d'Arras, curieux de savoir le fait dans toutes confirmer ce jugement, qui était favorable aux ses circonstances, pria Pomone, chef de la chanoines, mais dont l'abbé de Saint-Vaast congrégation, apparemment des chanoines avait appelé au Saint-Siége. Il rend compte 366 réguliers de Saint-Augustin, de lui marquer aussi au pape d'une autre affaire qui avait été la manière dont tout s'était passé, le temps jugée au concile de Troyes; elle regardait un et l'heure, avec l'année et l'indiction, et com prêtre désirant la chapelle de Saint-Maurice; ment s'appelait l'évêque qui gouvernait alors

comme l'évêque diocésain ne lui avait pas 347, 348. l'église de Pavie. Les deux lettres suivantes donné la charge des âmes, il fut décidé que n'ont rien de bien remarquable.

ce prêtre ne pourrait administrer les sacre13. Dans celle qu'il écrivit à son proprements du corps et du sang de Jésus-Christ frère, il fait voir que l'on ne peut manquer à aux paroissiens, ni recevoir leurs ontrar sa promesse sans se rendre coupable de les jours de Pâques, de Pentecôle el de Noël;

mensonge, et que le mensonge est un grand mais, qu'aux autres jours de l'année, il lui se382. péché. Sur le refus qu'un abbé de son dio rait libre de recevoir les offrandes de tous

cèse avait fait de venir, au jour nommé, lui ceus qui ne seraient pas excommuniés. A rerendre compte de sa conduite et de celle de gard d'un autre prêtre de l'église matrice, à son monastère, il lui ordonna une seconde qui l'évêque diocésain avait confié le soin

fois de venir, sous peine d'interdit de sa des âmes, et même de toute la paroisse, il 352. place et des fonctions de sa dignité. Alvisus, fut arrêté qu'il serait en droit d'administrer

prieur de Saint - Vaast, ayant été élu abbé aux paroissiens, aux jours susdits, le corps d'Anchin, Lambert pria Jean, évêque de Té- et le sang de Jésus-Christ. rouanne, de se joindre à lui pour confirmer 15. Le pape Pascal chargea encore Lam- 36). cette élection. La lettre à l'abbé Lambert est bert de terminer les difficultés survenues sur le même sujet ; celle qu'il écrivit à Yves entre les chanoines de Tournai et les moines

de Chartres n'est qu'une lettre d'amitié. Il de Saint-Martin de la même ville. Cet évêque 367. s'intéressa auprès de Godefroi, évêque d'A- rétablitl a paix et la concorde entre eux, aux

389.

356.

archerique de Taisie.

conditions portées en l'acte qui en fut dressé, Terre-Sainte, il recommanda son église au
et que l'on trouve à la suite des trois lettres clergé du pays ; mais il n'avait pas encore
que Lambert écrivit à l'occasion de cette fait trois jours de chemin, qu'il apprit qu'on
affaire; ce sont les dernières de son recueil. avait choisi un archevêque à sa place; il re-
(Les cinq lettres de Lambert au pape Pascal tourna, dégrada l'élu et ceux qui l'avaient
sont au tome CLXIII de la Patrologie, col. 451- choisi, puis ayant confié la desserte de son
456.)

église aux moines de Saint-Fagon, il reprit
Viennent ensuite, dans le recueil de Ba- la route de la Terre-Sainte par Rome. Le
luze, les chartes ou priviléges que Lambert pape Urbain le dispensa de son veu et l'o-
accorda à diverses églises; la dernière charte bligea de retourner à Tolède, dont l'église
est du mois d'avril de l'an 1112. Ses lettres avait besoin de sa présence. Il ramena de

sont écrites d'un style très-simple et très-clair. France en Espagne des hommes savants et Bernard, 16. Bernard', né en Agenois, à la Salvetat, vertueux qui furent dans la suite élevés aux

étudia d'abord pour être homme d'église; premières places de l'Eglise. Il sacra lui.
puis, changeant de dessein, il prit le parti des même archevêque de Brague, Girauld, qu'il
armes. Etant tombé malade, il revint à ses avait emmené du monastère de Moissac et
premières pensées, et après qu'il eut recou- fait ensuite chantre de l'église de Tolède.
vré la santé, il fit profession de la vie monas- On met 5 la mort de Bernard avec la fin de
tique à Saint-Orens d’Auch. Saint Hugues, la guerre du roi Alphonse contre les Maures,
abbé de Cluny, l'en tira pour l'avoir auprès c'est-à-dire en 1126 au mois d'avril, après
de lui. Quelque temps après, le roi Alphonse, quarante-quatre ans d'épiscopat. Les histo-
pensant aux moyens de rendre le monastère riens espagnols varient sur le lieu de sa sé-
de Saint-Fagon aussi célèbre en Espagne que pulture; l'opinion commune est que ce fut à
celui de Cluny l’était en France, demanda à Tolède dans l'église de la Sainte-Vierge, au-
saint Hugues un sujet digne d'être abbé de paravant une mosquée des Maures.
cette maison. Hugues lui envoya Bernard. 19. Les anciennes éditions de saini Ber-
dont il connaissait le mérite et la régularité. nard lui attribuent quatre discours sur le ter
Il ne fut pas longtemps en Espagne sans se Salve Regina. Dom Mabillon a fait voir qu'ils
faire aimer, et le roi ayant assemblé un con- n'étaient pas de ce saint abbé, tant par les
cile à Tolède ?, en 1088, pour l'élection d'un citations fréquentes des poètes que par la

archevêque, Bernard fut élu tout d'une voix. différence du génie et du style ; mais il re11 est rit 17. Etant allé à Léon, il se saisit à main armée marque que Claude de la Rote, dans ses ?

de la grande mosquée, y érigea des autels et notes sur le faux Luitprand, les donne à
fit mettre des cloches dans la tour. Cette en Bernard, archevêque de Tolède, et c'est sur
treprise pensa avoir des suites fâcheuses, cette remarque que Casimir Oudin et Fabri.
parce que le roi avait promis aux Maures de cius ont mis Bernard de Tolède au rang des
leur conserver leur mosquée. Quelque tenips écrivains ecclésiastiques, comme auteur de
après il alla à Rome, à la prière de ce prince, ces quatre discours. Cependant dom Mabil-
former des plaintes contre Richard, abbé de lon 8 avait remarqué ailleurs qu'un endroit
Saint-Victor de Marseille, envoyé du Saint- du troisième tiré mot à mot du seizième
Siége pour la réformation des Eglises d'Es- sermon de saint Bernard sur les Cantiques,
pagne. Le pape Urbain Il, informé que Ri- ne pouvait être de l'archevêque de Tolède,
chard s'acquittait mal de sa légation, en char- mort plusieurs années avant que l'abbé de
gea Bernard, lui donna le palliuin avec une Clairvaux travaillât à l'explication des Can-
bulle 3 qui l'établissait primat sur toute l'Es tiques, ce qu'il ne fit qu'en 1135. Quoique
pagne; elle est datée du 15 octobre 1088. Ce cet argument paraisse sans réplique, nous ne
pape y reconnait que les archevêques de To- laisserons pas de dire un mot de ces quatre
lède avaient déjà la dignité de primats avant discours, comme s'ils appartenaient à Ber-
l'invasion des Sarrasins. Bernard présida aux nard de Tolède.
conciles de Léon en 1091, de Nîmes en 1096, 20. Il dit dans le premier que l'on chantait
el de Gironne en 1097.

quatre fois l'année dans son ordre le Salve
18. S'étant croisé * en cette année pour la Regina, c'est-à-dire aux quatre solennités de cours.
1 Rodericus, lib. VI, cap. XXV. – ? Mariana, lib. IX 6 Mariana, lib. X, cap. XIV. – 6 Mabill., tom. II Op.
Hist., cap. XVII. – 3 Tom. V Concil., pag. 1635. Bernard., pag. 738. - 7 Pag. 451.
*Roderic., lib. VI, cap. XXVII.

Disenors attribués à Berpard.

[ocr errors]

Closes remarquables contenues dans ces digcours.

F

8 Mabill., in notis ad Bernard., tom. I, pag. 118.

aise

per a Terre

« ZurückWeiter »