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qu'auinune église os: on ne doit aque année

partie : Du

corps et de

baptise, comme de celui qui reçoit le bap- cace, que l'on doit solenniser chaque année
tême; les effets et les cérémonies de ce sa- pendant huit jours. On ne doit point cons-
crement et de celui de confirmation. On y truire une église où il y a un païen enterré,
rapporte le Symbole du concile d'Ephèse, qu'auparavant on ne l'ait exhumé; ni dédier
avec les douze anathématismes; une partie un autel dans un cimetière; mais s'il a été
du livre de saint Augustin sur la foi à Pierre consacré avant que l'on enterrât en cet en-
diacre, et quantité d'autres monuments pro- droit, on peut y célébrer la messe. Défense
pres à établir tous les articles de la foi, en d'exposer des reliques que l'on a trouvées
commençant par la Trinité et l'Incarnation, à la vénération publique, sans une permis-
et tout ce que l'Eglise enseigne touchant le sion expresse de l'évêque. On ne doit point
baptême et la confirmation.

contraindre un prêtre à payer un cens ou
4. On traite dans la seconde partie du sa quelqu'autre redevance pour ses honoraires

crement du corps et du sang de Jésus-Christ, ou pour ses dimes. Yves rapporte de suite satin de Sala de la communion, de la célébration de la ce qui regarde les lieux destinés à la célé

messe et de la sainteté des autres sacrements. bration des mystères; la possession des biens
Yves prouve par l'autorité de saint Augustin, ecclésiastiques, les immunités des églises, la
de saint Hilaire, de saint Jérôme, de saint conduite des évêques dans leurs diocèses,
Ambroise et des autres pères, que le pain et celle des arcbidiacres envers les curés, et
le vin proposés sur l'autel deviennent, par des curés envers leurs paroissiens, le temps
la vertu de la consécration, le vrai corps et nécessaire pour la prescription des biens de
le vrai sang de Jésus-Christ, en sorte que ce l'église, le partage de ses revenus, la dé-
qui était nommé pain et vin avant la consé- fense d'en aliéner les fonds, les fondations
cration, se nommc corps et sang de Jésus- et dotations des monastères, les peines dé-
Christ après la consécration, en vertu du cernées contre les usurpaleurs des biens de
changement qui s'y est fait de la substance l'Eglise, la dispensation des offrandes failes

du pain et du vin en la substance du corps à l'Eglise, les sépultures, le respect dû aux Page 51. et du sang de Jésus-Christ. Il ajoute, d'après églises.

Lanfranc, que le sacrifice de l'autel est com- 6. Il parle dans la quatrième parlie, de
posé de deux choses, des espèces visibles du l'observation des fêtes et des jeûnes prescrits pa
pain et du vin, et des espèces invisibles du par l'Eglise : ces fêtes principales sont celles
corps et du sang du Sauveur. Il n'oublie pas de Pâques, qui doit toujours se célébrer le
la profession de foi dans laquelle Bérenger dimanche, de Noël, de la Penlecôte. Les 406.
reconnait et confesse de bouche et de cour jeûnes, ceux du Carême et des Quatre-Temps.
que le pain et le vin mis sur l'autel sont, On ne jeûne jamais le dimanche, mais on doit
après la consécration, non-seulement sacre le sanctifier par de bonnes oeuvres. On jeû-
ment, mais aussi le vrai corps et le vrai sang nait encore le mercredi et le vendredi de
de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il cite dans chaque semaine, et les trois jours des Roga-
cette partie, comme dans les autres, les faus- tions. Le canon des divines Ecritures est le
ses décrétales dont on croyait alors l'authen- même dans Yves de Chartres que dans nos
ticité, mais c'est la moindre preuve qu'il ap- Bibles. Il rapporte le décret du pape Gélase
porte ordinairement, si l'on a égard au grand touchant les livres apocryphes, et s'explique
nombre de passages des Livres saints, des sur beaucoup d'autres livres qui ne sont pas
pères et des Conciles dont son Décret est dans ce décret. Il décide, d'après saint Au-
composé. Parlant des dispositions que le gustin, que l'on doit préférer la raison et la
prêtre doit apporter à la célébration des vérité à la coutume, mais que, quand la vé-
mystères, il dit qu'il doit être à jeun et être rité appuie la coutume, on doit s'y tenir in-
revêtu des ornements sacerdotaux. Il entre variablement. Il finit cette partie par ce qui
dans le détail des fonctions de tous les mi- concerne la convocation des conciles tant
nistres sacrés, et de tout ce qui concerne généraux que particuliers, et l'ordre que
l'oblation des mystères.

l'on y doit observer.
5. La troisième partie traite de l'Eglise et 7. La primauté de l'Eglise romaine, les cinquièm.
des choses ecclésiastiques. Il n'est pas per droits des primats, des métropolitains et des produto de
mis d'en bâtir une sans l'avoir dotée et sans évègues, leur ordination et leur pouvoir,
l'agrément de l'évêque diocésain; c'est à lui font la matière de la cinquième partie. Elle
qu'en appartient la consécration ou la dédio commence par l'origine de l'ordre sacerdo-

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Quatrième partie : Da l'Observation des fêtes et des jeunes, de l'Ecriture sainte, des Coaciles, p.

Cinquièmo

IL*,

l'Eglise romaine pt des droits dos pri. mate, des n.o. tropolitains et des évêques, peg. 136.

{al, qu’Yves explique par les paroles du pape jeûnes et aux autres exercices de piété, sans
Anaclet, ou plutôt de la fausse décrétale qui se mêler des affaires séculières. On n’admel-
porte son nom; c'est aussi des fausses dé- tait dans leurs communautés que des person-
crétales des papes Sixte el Victor qu'est tiré nes libres, ou qui avaient obtenu la liberté
ce qu'il dit des avantages du Saint-Siége, de leurs maîtres, Hors le temps des offices, les
mais il les appuie plus solidement par les moines doivent ou lire, ou travailler des
témoignages des pères grecs et latins, et des mains. C'est à eux à se choisir leur abbé. On
conciles tant d'Orient que d'Occident, où la ne peut sans son consentement promouvoir
primaulé de l'Eglise romaine a été reconnue ses moines aux ordres sacrés, ni les tirer du
dans tous les siècles; c'est encore sur l'au- monastère pour les mettre dans le clergé;
torité des fausses décrétales qu'il établit l'an- mais avec son agrément, ils peuvent être ad.
tiquité des primats, des patriarches et des mis à loutes les fonctions de la hiérarchie
métropolitains, il en rapporte les préroga- ecclésiastique. Il était encore d'usage du
tives et les priviléges, suivant les décrets des temps d'Yves de Chartres, que les parents
conciles; puis il entre dans un grand détail fussent les maîtres d'engager leurs enfants
sur l'ordination des évêques, sur leur élec- dans la profession monastique, et cet enga-
tion, sur leurs qualités personnelles, sur le gement était irrévocable de la part même
nombre des évèques nécessaires à l'ordina- des enfants, S'il arrivait qu'une fille, avant
tion, d'où il prend occasion de traiter de lil l'âge de douze ans, eût pris le voile sans le
simonie, des accusations qu'on peut former consentement de ses luteurs, et que ceux-ci
contre un évêque, de la qualité des lémoins s'y opposassent dans l'an et jour, elle était
à produire contre lui et de leur nombre, de obligée de retourner dans le monde; s'ils
l'obligation qu'ont les évêques de tenir des laissaient passer l'an et jour sans la rappe.
conciles et d'assister à ceux auquels ils sont ler, sa profession était valide. La peine ordi-
invités, du rang qu'ils doivent garder entre naire des moines et des religieuses, même
eux dans ces assemblées, de la visite de leurs des veuves consacrées à Dieu, qui violaient
diocèses, des jugements ecclésiastiques et leur væu de chasteté, était l'excommunica-
de l'appel au Saint-Siége. Yves finit la cin- tion, et on soumettait à la pénitence publique
quième partie par l'extrait d'une lettre de les ravisseurs des religieuses et des veuves
Grégoire VII à Hérimann, évêque de Metz, consacrées.
où il dit qu'aucune dignité séculière, pas 10. Nous avons passé légèrement sur les
même l'impériale, n'est égale en honneur à sept premières parties du Décret d'Yves de Santiages!
la dignilé épiscopale.

Chartres, parce qu'elles ne contiennent pres-Fi Sixième 8. Il commence la sixième par la défini- que rien que nous n'ayons rapporté dans le hier des chers. lion du nom de clerc, qui signifie partage ou cours de cette histoire. Il en est de même nation, de la sort, parce que Dieu est le partage des clercs. des dix parties suivantes. La huitième traite les cor iger et ll parcourt tous les degrés de la cléricature, des mariages légitimes, des vierges et des

après avoir expliqué ce que c'est que la ton- veuves qui n'ont pas reçu le voile, des rapts,
sure cléricale; marque les obligations de des concubines, des péchés commis contre
chacun et les rits de l'ordination, tant des les lois du mariage, et de la pénitence qu'on
ministres supérieurs que des inférieurs. Les doit imposer aux adultères.
sous-diacres sont, comme les diacres et les 11. Il est question dans la neuvième des
prêtres, obligés à la continence. Un clerc mariages incestueux des degrés de parenté digène,
n'en peut traduire un autre devant les juges dans lesquels le mariage est défendu, et des ziemnelo:
laïques : l'évêque est le juge naturel des pénitences de ceux qui contreviennent aux pas :95
clercs; il doit les juger suivant les canons, lois établies sur ce sujet. Yves a mis à la fin
et ne doit point admettre dans le clergé ceux de cette partie, des arbres de ligne par les-
qui font pénilence publique. On trouve à la quels on peut connaitre facilement les de-
fin de cette partie divers exemples des lettres grés de parenté. La dixième est sur les ho-
formées, prescrites par le concile de Nicée. micides tant volontaires qu’involontaires, et

9. Il est parlé dans la septième de l'état sur la pénitence de ceux qui les ont commis. vie des Moi des moines et des religieuses. Suivant le La onzième, sur les enchanteurs, les devins, ligieuses, el concile de Chalcédoine, ils doivent être sou- les sorciers, les baladins, et sur les péniten

mis aux évêques des lieux où leurs monas- ces qu'il faut leur imposer. La douzième, sur
: tères sont situés, y vaquer à la prière, aux les mensonges et les faux serments; sur les

Poitier partie :

nei

gitimes, Viergued Vea vez, ete

COI

de leur ordi

manière

de

de les joger, pag. 191,

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z ere, d

euis.

Septième partie : De la

nes et des Re

co de ceux qoi violent le van de chag. teté, p. 240.

néranco ct da

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De parti: De

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de ce Décret.

qualités des juges, des accusateurs et des messes; les successions, les témoins et ce
témoins. La treizième, sur les ravisseurs, les qui concerne beaucoup d'autres articles qui
voleurs, les usuriers, les chasseurs, les ivro- tendent au maintien de l'équité et de la tran-
gnes, les furieux et les juifs. On y cite les quillité dans la société civile.
canons qui défendent à la vérité de con- 15. La dix-septième partie a pour titre : Dix-septième
traindre ces derniers à embrasser la religion Sentences spéculatives des saints Pères sur la force PESE
catholique, mais aussi de les favoriser dans Foi, l'Espérance et la Charité. Ce n'est qu'un la Charita,
leurs erreurs.

recueil de passages des pères, mais sur beau- Pa Qeaterie 12. On trouve dans la quatorzième partie coup d'autres matières que les vertus théoFree les canons qui regardent l'excommunication logales; il y en a sur la nature de l'âme, le

juste ou injuste: il est dit sur celle-ci, dans péché originel, le baptême, la grâce, la pré-
on concile de Paris, que conformément à la destination, l'irrémissibilité du péché des
loi de Justinien, approuvée et observée dans anges, la résurrection, le purgatoire, le pa-
l'Eglise catholique, aucun évêque ni prêtre radis, l'enfer, l'Antechrist, le jugement der-
n'excommuniera personne avant d'avoir exa- nier, les auvres de miséricorde; elle finit
miné sa cause, et montré que suivant les ca- par l'extrait d'une novelle de Justinien, por-
nons il doit être excommunié; s'il arrive tant défense d'aliéner les biens de l'Eglise.
qu'on ait excommunié quelqu'un contraire- 16. Le Décret d'Yves de Charlres était sou. Editions
ment à cette règle, la personne ainsi frappée haité des théologiens et des jurisconsultes,
injustement sera reçue à la communion par lorsque Jean Dumoulin le fit imprimer à Lou-
l'autorité de l'évêque supérieur, et celui qui vain en 1561, in-fol., chez Barthélemy Gra-
l'aura excommuniée sera privé de la commu- viens; mais l'éditeur n'ayant revu le texte
nion pendant trente jours, suivant le décret de ce Décret que sur un seul manuscrit,
de saint Grégoire-le-Grand. A l'égard de et n'ayant pas tronvé assez de loisir pour
l'excommunication juste, il n'est pas douteux confronter les passages des pères et des con-
qu'elle n'ait son effet, parce que lorsque l'E- ciles avec les originaux, il ne lui a pas été
glise excommunie, l'excommunié est lié dans possible d'en donner une édition parfaite-
le ciel, comme il y est délié quand l'Eglise le ment correcte; on ne laissa pas de songer à
réconcilie. Suivant l'ancien usage, l'évêque en faire une seconde, et l'on était près de
qui avait excommunié quelques-uns de ses la mettre sous presse, lorsque le père Jean
diocésains, les faisait connaître dans son dio- Fronteau en arrêta le cours. Il revit le texte
cèse et dans les diocèses voisins, et faisait sur un excellent manuscrit de l'abbaye de
afficher leurs noms aux portes des églises, Saint-Victor de Paris, et à l'aide des ancien-
afin que personne ne communiquât avec eux. nes et des nouvelles éditions des pères et

13. Dans la quinzième partie, qui est sur des Conciles de l'abbaye de Saint-Germain, per les cas, les pénitences, on distingue entre celles que il purgea le décret d’un très-grand nombre

l'on impose aux personnes en santé, et celles de fautes. Pour plus grand éclaircissement,
que l'on donne aux infirmes; mais elles ren- il fit des notes et des observations sur cha-
ferment toutes la condition essentielle à la cune de ses parties, qui furent imprimées,
pénitence, savoir, de pleurer ses péchés pas non aux marges ni au bas des pages, mais à
sés et de ne les plus commettre. La pénitence la suite du Décret. Son édition est de Paris,
doit s'accorder à tous ceux qui la demandent; chez Laurent Cottereau, en 1647, in-fol., et
mais il faut se comporter différemment en dédiée à M. Lescot, évêque de Charlres. Du-
vers ceux qui ont commis des péchés publics, moulin avait adressé la sienne au père Ber-
et envers ceux qui ont péché en secret. nard de Fréneda, confesseur du roi d'Espa-

14. La seizième partie intitulée : Des de- gne. Il est dit dans le privilége daté de uvoirs des Laiques et de quelle manière ils doi- Bruxelles l'an 1561, que l'on n'avait point jus

vent être jugés, traite du respect et de la sou- que-là imprimé le Décret d'Yves de Chartres. Safet, mission qu'ils doivent à Dieu, à l'Eglise, aux C'est ce que dit aussi le père Fronteau, dans

lois divines, aux canons des conciles; de ce ses remarques sur l'édition de Dumoulin;
qu'ils doivent à leurs sujets, et de ce qui leur Oudin a donc commis une faute en mettant
est dû par leurs sujets. On y règle aussi le deux éditions du Décret, l'une à Bâle, en
devoir des pères et des mères envers leurs 1499, in-4°; l'autre à Louvain en 1557, in-8°;
enfants, et les devoirs mutuels du mari et Ces éditions doivent s'entendre de la Pa-
de la femme; les pactes, conventions, pro- normie, et non du Décret.

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des

partie.

d'Yves de Chartres ; ce n'est bas on

Décret.

partie,

§ II.

firmation, du sacrement du corps et du sang

de Jésus-Christ, de la messe et de la saintelé De la Panormie d'Yves de Chartres.

des autres sacrements. Panormio 1. Sébastien Brandt, qui fit imprimer cet 4. La seconde contient ce qui regarde la Deuxième

ouvrage à Bâle, en 1499, in-4', conjecture' constitution de l'Eglise, les oblations des part abrégé de son que ce n'est qu'un abrégé du Décret d'Yves fidèles, la dédicace et la consécration des

de Chartres, par Hugues de Châlons. Il est églises et des autels, la sépulture, les prêtres
vrai que Vincent de Beauvais dit ? dans son et la desserte des églises qui leur sont con-
Miroir historique, que le livre des Décrets fiées, les dîmes, la légitime possession des
étant un poids difficile à porter, Hugues de biens ecclésiastiques, le droit d'asile dans les
Châlons en avait fait un abrégé fort utile, églises, le sacrilége, la défense des affran-
connu sous le titre de Sommaire des Décrets chis, l'aliénation et la communication des
d'Yves; et ce qui confirme celle opinion, choses ecclésiastiques, les livres divins et les
c'est qu'à la fin de la Panormie, l'on trouve conciles.
les décrets d'Innocent II, qui n'a occupé le 5. ll est parlé, dans la troisième, de l'élec. Troisième
Saint-Siége que depuis la mort d'Yves de tion et de la consécration du pape et des ar-
Chartres. Mais Antoine Augustin et Baluze 3 chevêques, des ordres, des clercs et des laïcs,
assurent que les Décrets d'Innocent II ne se de ceux que l'on doit ordonner ou éloigner
lisent point dans les anciens manuscrits de des ordres, de la translation des évêques, de
la Panormie, et qu'ils ont été ajoutés par la défense de réitérer l'ordination, de la peine
une main récente dans ceux où ils se trou de déposition dont on doit punir ceux qui ont
vent. D'ailleurs la Panormie, telle que nous ou ordonné ou été ordonnés par simonie, et
l'avons, ne peut passer pour un abrégé du des cas où l'on doit leur accorder le pardon;
Décret, puisqu'ils se rencontrent rarement. des fautes qui doivent exclure les ecclésias-
Elle ne porte pas non plus le titre de Som tiques de leurs fonctions, des clercs homi-
maire du Décret dans les manuscrits, mais cides, des usuriers, des ivrognes, de la pro-
celui de Panormie. Ce n'est donc point l'abrégé fession des hérétiques, des esclaves ordonnés
fait par Hugues de Châlons, connu de Vin- par ignorance, des moines, de l'âge dans le-
cent de Beauvais, et il faut croire que cet quel les parents peuvent s'opposer à l'enga-
abrégé est perdu. Baluze conjecture avec gement de leurs enfants dans la profession
beaucoup de vraisemblance qu’Yves de Char- monastique, des vierges et des veuves qui
tres composa d'abord sa Panormie, car c'est ont pris le voile, et des abbesses.
ainsi qu'elle est intitulée dans tous les ma- 6. On traite, dans la quatrième, de la pri- Quatriène
nuscrits, et que voyant l'accueil qu'on lui mauté et de la dignité de l'Eglise romaine, de parties
faisait dans le public, il entreprit sur la la convocation des conciles, de l'établisse-
même matière un ouvrage d'une plus grandement des provinces ecclésiastiques, du pou-
étendue, c'est-à-dire son Décret.

voir des primats et des métropolitains, des
2. La Panormie est divisée en huit par- tribunaux où l'on doit juger les affaires des
ties : elle a en tête la même préface ou pro- clercs, de la restitution des biens enlevés, de
logue que le Décret; Yves y promet à la fin ce qui regarde les accusations, la qualité des
de donner le sommaire de tout l'ouvrage; il personnes et les témoins, de la qualité des
le fait après le prologue de la Panormie, juges, des appels, et de la peine de ceux qui
mais non après le prologue du Décret, qui ont mal appelé.
est le même, comme on vient de le dire; 7. On examine, dans la cinquième, de Cinquiège
ce qui prouve, ce semble, que ce prologue quelle manière doivent se justifier les clercs partie.
appartient plutôt à la Panormie qu'au Dé accusés sans témoins et par la seule rumeur
cret.

publique, les différentes causes des laïques,
3. La première partie traile de la foi, des comment se fait la citation de ceux qu'on veut
it diverses bérésies qui se sont élevées dans excommunier, quelle est l'excommunication
** l'Eglise, du baptême, des dispositions qu'on juste ou injuste, si ceux qui ont fait un ser-

doit y apporter, des devoirs du ministre, des ment à un excommunié peuvent en être re-
effets de ce sacrement, et de celui de la con- levés sans se rendre coupables de parjure, et

Elle est divisen en kuit palies.

Sommaire de ces huit parties.

Première partic.

I Præfat. in Panor.
: Viocent., in Speculo, Histor., tom. XXV, pag. 84.

3 Anton. August, et Baluz., de Emend. Gratian., in præfat., num. 20, 22, 23.

Lattras da pane Ur.

Lettre d'Yesu pape Urbain, epist. 3.

si l'on peut communiquer avec celui qui n'est placé dans les Bibliothèques des Pères de l'an
pas excommunié nommément.

1573, 1589 et 1624, à Paris, la lettre qui a firiese 8. La sixième partie parle du mariage, du pour tilre : Du Corps de Jésus-Christ dans la

temps auquel on peut le contracler, de la Cène, passible et impassible, adressée à Hay-
qualité des personnes, de la fin du mariage, merie. Muratori en a publié une dans le
et des conditions qui le rendent parfait, des tome III de ses Anecdotes , qui ne se lit point
concubines, des gens mariés dont l'un s'est dans les éditions dont nous venons de parler.
voué à la chasteté ou a pris l'habit de religion Nous remarquerons dans chacune ce qui a
sans le consentement de l'autre, ou sans que du rapport à notre sujet.
l'autre ait fait la même chose; des femmes 2. Les deux premières sont du pape Ur-,
qui, pendant la captivité de leurs maris, en bain II; l'une au clergé et au peuple de Char- bain 11, P.!
ont épousé d'autres. On y fait voir que le tres, l'autre à Richer, archevêque de Sens. 1647, epist. i
mariage doit être contracté entre deux per- Elles regardent l'ordinalion d'Yves, faite par
sonnes de même foi et de même religion, le pape même sur la fin de novembre 1091.
d'où il suit qu’un catholique ne peut épouser Le discours qui suit est la formule d'instruc-
une juive ou une hérétique; quelles sont les tion que le consécrateur donnait au nouvel
causes qui rendent le mariage indissoluble, évêque, telle qu'elle se lit à la fin du Pontifi-
et en quels cas on peut le dissoudre.

cal romain. Le pape, dans sa lettre à Richer,
9. On décide encore diverses questions tou lui dit qu'il avait sacré Yves sans préjudice de
chant le mariage dans la septième partie, l'obéissance qu'il doit à son métropolitain.
savoir : les cas où les conjoints peuvent se 3. Yves, avant d'aller à Rome, avait écrit
séparer, et les degrés d'affinité ou de parenté au pape pour se plaindre du fardeau qu'on popo Urbain,

dans lesquels le mariage est défendu. voulait lui imposer, protestant qu'il ne l'auIsitième 10. Yves de Chartres rapporte, dans la rait point accepté, si l'Eglise de Chartres ne lui

buitième partie, les décrets touchant l’homi- avait assuré que le pape l'avait ordonné ainsi.
cide, les enchantements, les divinations, la 4. Gauthier, abbé de Bonneval, avait quitlé
magie, les sortiléges, les vaines observances son abbaye pour se retirer à Marmoutier;
des mois et des jours, le jurement et le men- commeilavait fait cette démarche sans l'agré- ep'st. 6 et 78.
songe; il y parle aussi de la nature des dé ment d'Yves de Chartres son évêque, celui-ci
mons.

en écrivit à Bernard, abbé de Marmoutier,
11. La Panorinie fut imprimée à Bâle, en pour l'obliger à renvoyer Gauthier à Bonne-
1499, aux frais de Michel Furler, avec la pré- val, afin d'examiner les raisons de sa sortie.
face de Sébastien Brandt, in-4°, et à Louvain, Elles sont marquées : dans une autre lettre
en 1557, in-8", par les soins de Melchior ou qu'Yves écrivit aux moines de Dol, savoir :
Michel de Vosmédien. Nous n'en connais que Gauthier, ne pouvant apaiser les trou-
sons point d'autres éditions.

bles qui agitaient son monastère, le quilla

pour retourner à Marmoutier, où il avait fait § III.

profession de la vie monastique. Un motif Des Lettres d'Yves de Chartres.

semblable obligea le moine Berner de sortir

de Bonneval et de se retirer à Dol, dans le 1. Ces Lettres sont au nombre de deux cent diocèse de Bourges. Il en fut quelque temps • quatre-vingt-huit dans l'édition de Pierre après choisi abbé; son élection fut contestée.

Pilhou, à Paris en 1583, in-4'. On les réim- Yves de Chartres, que les opposants allèrent
prima en la même ville en 1610, in-8°, avec consulter, prit lui-même avis des plus nota-
les notes de François Juret et de Jean-Bap- bles de son clergé, et voyant qu'on ne repro-
tiste Soucbet; elles font la seconde partie ou chait d'autre faute à Berner que d'être sorli
le second tome des cuvres d'Yves de Char- de Bonneval sans la permission de ses frères,
tres dans l'édition du père Fronteau, en 1649, il approuva son élection; elle se fit vers l'an
in-fol. Duchesne n'en a mis que cinquante- 1097, après la mort d’Adelbert, archevêque
six dans le tome IV de ses Historiens de France, de Bourges, qui avait retenu l'abbaye de Dol
parce qu'il ne voulait y faire entrer que celles avec l'archevêché. La lettre à Bernard de
qui ont du rapport à l'histoire. La lettre inti- Marnioutier fut écrile vers l'an 1092, dans
tulée : de lInvestiture des évêques et des abbés, les commencements de l'épiscopat d'Yves.
se trouve dans lApologie pour l'empereur
Henri IV, de l'édition de Goldast, et l'on a Mabill., lib. LXVIII Annal., num. 39 et 40.

Loltre à Bernart de Ma.montier,

de la Pradr.

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