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périence est faite à cet égard. Nous savons que ces kystes ne guérissent jamais par l'injection iodée. L'ovariotomie est donc alors indiquée.

Le kyste est multiloculaire ? — Quelle que soit la nature du contenu, il est évident qu'on ne saurait guérir ces kystes par l'injection iodée, puisqu'un nombre plus ou moins grand de poches ne sera pas mis en contact avec le liquide iodique. L'ovariotomie est alors indiquée.

Bien que les meilleurs résultats aient été obtenus dans la période de vingt à quarante ans, l'âge n'est cependant pas une contre-indication absolue. L'ovariotomie a été faite depuis l'âge de quinze ans jusqu'à soixante-dix-huit ans.

Nous admettons volontiers les sages conclusions formulées par M. Boinet dans son Traitė pratique des maladies des ovaires, p. 364 : «Pour que la pensée d'extirper un ovaire puisse naître, il faut d'abord qu'il n'existe aucune autre lésion grave que la tumeur abdominale; il faut qu'il soit établi d'une manière positive que celle-ci est constituée par un kyste de l'ovaire ; puis il ne faut pas opérer les kystes à leur début, alors qu'ils ne gênent ni par leurs poids, ni leur volume, et qu'ils n'ont apporté aucun trouble fonctionnel ; ne jamais opérer, si on soupçonne une diathèse quel conque, cancéreuse, tuberculeuse, etc., et si les malades sont tellement affaiblies qu'elles semblent ne pas pouvoir supporter l'opération. S'il y a grossesse concomitante, on doit renoncer à l'opération, de même que si on a acquis la certitude qu'il existe avec des tumeurs ovariques une ou plusieurs tumeurs dans les parois de l'utérus, ou liées à cet organe par des adhérences si solides que l'utérus et les tumeurs ne semblent faire qu'une seule et même masse.

Enfin on ne doit jamais pratiquer l'opération pour les kystes simples et uniloculaires, qu'après les avoir soumis aux injections jodées, et lorsqu'il a été constaté par une ou plusieurs ponctions que le liquide est épais, filant, albumineux, ou bien que le liquide, malgré les injections iodées, revient avec une grande rapidité et affaiblit la malade.»

(La suite au prochain numéro.)

Injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine

dans les ruptures musculaires partielles :

Par Edward ALLING, interne des hôpitaux.

L'année dernière M. le docteur F. Guyon a eu l'idée d'employer les injections sous-cutanées de morphine dans les ruptures musculaires. J'ai cherché dans les différents auteurs qui ont parlé des ruptures musculaires, et nulle part je ne trouve indiqué ce mode de traitement. Par anticipation, je dirai que le succès nous a paru remarquable; je ne parle que des ruptures musculaires partielles, de ces lésions auxquelles on a donné les noms de coup de fouet, de tours de reins. Quelques chirurgiens ne considèrent pas ces lésions comme des ruptures musculaires, mais la grande majorité les acceptent comme telles. Les auteurs classiques, comme Nélaton, Follin, Vidal, traitent très-légèrement ce sujet, et disent que ces ruptures guérissent en quelques jours ; mais tous ceux qui les ont décrites avec un peu de soin, reconnaissent au contraire que la guérison se fait souvent longtemps attendre, les auteurs du compendium donnent une durée souvent d'un et même plusieurs mois. Boyer dit à ce sujet : La douleur ordinairement force le malade à garder le lit au moins pendant un mois, et s'il marche trop tôt, il s'expose à une nouvelle rupture, et conseille comme traitement : repos pendant un mois à six semaines. .

Sédillot a publié en 1817 un mémoire sur les ruptures musculaires et surtout au point de vue du traitement par la compression qu'il préconise. A l'aide d'un certain nombre d'observations, il fait ressortir la longueur et l'incertitude du traitement par les autres méthodes, un ou plusieurs mois, et la rapidité surprenante avec laquelle il obtient la guérison par la compression ; quelques jours suffisent. Il est un point sur lequel je désire insister ; c'est que, avec la compression bien faite, le malade marche immédiatement et, au bout de quelques jours seulement, il est complétement guéri; marchant sans bandage. Nous verrons qu'il en est à peu près de même avec les injections sous-cutanées.

Nous y reviendrons après avoir donné les observations. La plupart ont trait aux ruptures dans la masse sacro-lombaire, aux tours des reins, et lorsque j'ai voulu chercher dans les auteurs, afin de comparer les résultats obtenus par les injections de morphine, avec ceux des autres méthodes, je n'ai trouvé nulle part décrit le tour de rein ;

TOME LXXVI. 3° LIVR.

tous prononcent le mot, mais pas un seul n'accorde une ligne à son étude. Sédillot même, dans sa longue série d'observations, n'en rapporte pas un seul cas; il les connaissait cependant, puisqu'il cite Camseru et Lieutaud à ce sujet. Est-ce parce que l'on a regardé ces lésions comme trop peu sérieuses ? cela n'eût pas empêché de leur accorder au moins quelques lignes. Ce n'est certes pas qu'elles sont rares, Les tours de reins se voient tous les jours dans les consultations des hôpitaux ; on prescrit généralement des ventouses scarifiées. Quelques malades sont rapidement soulagés, d'autres reviennent pendant dix et quinze jours, puis on les perd de vue.

Cette lacune m'a gêné dans ces recherches, en me privant d'un terme de comparaison nettement établi,

Dans tous les cas, deux des observations se rapportent : l'une, à une rupture dans le mollet; l'autre, dans le deltoide ; nous pourrons les comparer aux faits connus.

Obs. I. Le nommé M***, âgé de quarante-deux ans, entre à Necker dans le service de M, Guyon, le 18 février. Le 16 février ayant glissé de dessus un banc, il a voulu se rattraper, et a senti au mollet une vive douleur, comme une crampe ; ne pouvant plus travailler, il entre à l'hôpital. Le voyant couché et ayant une large brûlure au troisième degré sur le dos, on ne fait pas attention à sa jambe et on soigne sa brûlure seule. Il continue à se plaindre de sa jambe, et le 22 février, quatre jours après, il finit par dire que ce n'était pas pour sa brûlure qu'il était venu, mais bien pour sa jambe et qu'il ne peut pas mettre le pied à terre. C'est alors que M. Guyon eut l'idée de lui faire une injection sous-cutanée de morphine, loco dolenti, l'injection a occasionné quelques vomissements, mais la douleur a été notablement calmée.

Le 23, nouvelle injection, 1/2 centigramme seulement; il a été très-soulagé et peut marcher assez bien.

Le 24, 1 centigramme, et le lendemain 25, c'est-à-dire le quatrième jour, il ne sent plus de douleur du tout et marche comme avant l'accident

Obs. II. H***, jeune homme, vient le 22 août à la consultation. Quatre jours auparavant, en soulevant une charge il a senti une douleur vive et subite dans l'épaule gauche ; il a continué à souffrir beaucoup, et le 21 on lui applique des ventouses scarifiées sur le moignon de l'épaule. Ce matin, il nous dit qu'il n'a pas été soulagé du tout par les ventouses, et il paraît souffrir beaucoup; à peine peut-il remuer le bras, et toutes les fois qu'on veut faire agir le deltoide, le malade ressent des douleurs très-vives, il ne peut pas écarter le bras du tronc. Il s'agit bien d'une rupture de quelques fibres du deltoïde. On lui fait une injection de 1 centigramme de morphine, et quelques instants après il peut, sans grande douleur, faire exécuter à son bras des mouvements très-étendus.

Le 23, lendemain, il revient et nous dit qu'il est resté soulagé toute la journée d'hier ; ce matin il exécute des mouvements assez étendus avec son bras et la douleur est très-supportable ; nouvelle injection de 1 centigramme; nous ne le revoyons plus.

Obs. 111. M*** vient le 11 août à la consultation; la veille, levant une charge, a eu un tour de rein, douleur subite, vive, région lombaire.

Le 11, 15 gouttes de morphine (solution 1/100), il est soulage; toute la journée est resté couché.

Le 12, 20 gouttes, absence complète de douleurs pendant deux heures, puis douleur insignifiante le reste de la journée.

Le 13, les douleurs recommencent ce matin ; 25 gouttes, retourne chez lui sans douleur, et n'a plus eu le reste de la journée qu'un simple engourdissement.

Le 14, 25 gouttes ; ne ressent plus de douleur que dans ies grands mouvements pour se baisser.

Le 15, ressent encore un peu d'engourdissement le matin, 25 gouttes.

Le 16, il vient nous remercier, se déclarant complétement guéri.

Obs. IV. G***, soixante-cinq ans ; le 21 août, en soulevant une pierre éprouve subitement une douleur vive, piqûre dans les lombes.

Le 1er septembre, on lui applique 4 ventouses scarifiées.

Le 4, il revient à la consultation, déclarant n'avoir pas été soulagé par les ventouses et qu'il souffre autant que le premier jour, c'est-à-dire qu'il y a quatorze jours. Injection sous-cutanée de morphine. Injection de 25 gouttes (au 1/100).

Le 5, il nous raconte qu'hier il avait été immédiatement soulagé, qu'il a pu s'en retourner chez lui assez facilement, qu'il a été bien le reste de la journée ; il est resté couché une partie de la journée et ne ressentait de douleur que pour se retourner. Ce matin, la douleur est bien revenue un peu, mais n'est pas à comparer à celle d'hier. Injection 30 gouttes. Nous ne le revoyons plus.

Obs. V. V***, quarante-quatre ans ; le 7 septembre, en levant une pierre éprouve une douleur subite et vive aux lombes.

Le 10, vient à la consultation, souffrant beaucoup, il lui est impossible de se baisser. Injection de 1 centigramme.

Le 11, dit avoir été très-soulagé hier, a pu se baisser et se remuer sans grande douleur, et a été très-bien le reste de la journée. Ce matin la douleur est très-supportable. Injection de 1 centigramme.

Le 12, dit que l'injection avait eu moins d'effet qu'avant-hier (probablement à cause de l'intensité déjà moindre de la douleur), mais qu'il avait été cependant calme ce matin ; la douleur ne le gène que pour se baisser ou se remuer trop vivement. Injection de 1 centigramme. Nous ne le revoyons plus.

Obs. VI. W***, cinquante-cinq ans ; le 18 août, soulevant une charge, douleur subite et vive, région lombaire.

Le 20, vient à la consultation souffrant beaucoup, à peine peut-il baisser sa culotte. On lui fait une injection de 1 centigramme; puis le faisant causer quelques instants avant de se relever, il a pu ensuite se reculotter et recommencer ainsi plusieurs fois, presque sans douleurs; il est parti, ne se servant plus de sa canne pour marcher, comme il avait été obligé de le faire en venant à la consultation.

Le 21, est resté calme toute la journée d'hier; ce matin, la douleur reparait, mais bien moindre qu'hier. Injection de 1 centigramme, et le calme revient immédiatement.

Le 22. Ce matin ne ressent de douleur que dans certaines positions. Injection de 1 centigramme. Nous ne le revoyons plus.

Obs. VII. B***, cinquante ans ; le 6 août, en levant une charge, douleur subite dans les lombes.

Le 11, vient à la consultation, souffrant beaucoup. Injection de 15 gouttes (au 1/100).

Le 12. Hier la douleur a disparu immédiatement et il est resté levé toute la journée, sans souffrir; ce matin la douleur reparaît un peu. Injection de 20 gouttes.

Le 13, a été calme, mais ce matin paraît beaucoup souffrir. Injection de 25 gouttes.

Le 14, a été bien calme hier, et s'est promené toute la journée ; ce matin peu de douleur. Injection de 25 gouttes. Nous ne le revoyons pas.

Obs. VIII. P***, le 11 août, en levant une charge, ressent une douleur subite dans les lombes ; il vient le matin même à la consultation. On lui fait une injection de 15 gouttes (au 1/100).

Le 12, dit avoir été immédiatement soulagé hier, a été une heure

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