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avec absence complète de douleur, puis le reste de la journée la douleur a été insignifiante. Ce matin, injection de 20 gouttes. Nous ne le revoyons plus.

Je ne puis que donner ces observations de tours de reins sans les discuter, car je l'ai dit plus haut, les termes de comparaison me manquent absolument; je dois cependant faire ressortir le succès obtenu dans l'observation IV. Le malade, quatorze jours après l'accident souffrait comme le premier jour, et une première injection de morphine a été suivie d'un soulagement qui valait presque une guérison immédiate. Il est probable que chez ces malades, si on pouvait faire ces injections deux fois par jour, les guérisons s'obtiendrait encore plus facilement; dans tous les cas, ce traitement est plus simple que par les ventouses.

Les observations I et II (rupture dans le mollet et dans le deltoïde), surtout la première, ont plus de valeur. Nous savons que le coup de fouet dure en général au moins un mois; eh bien, en trois jours de traitement le malade de M. Guyon a été guéri ; le traitement a été commencé le cinquième jour de l'accident, et nous avons pu constater que la guérison a été radicale, car le malade est resté encore quelque temps dans le service à cause de sa brûlure du dos.

Comment la morphine a-t-elle agi? Sédillot, dans son mémoire, dit d'une façon générale, sans y insister : « Le traitement à suivre serait donc celui qui priverait les fibres musculaires de leur contractilité. » Est-ce ainsi qu'agit la morphine ? Est-ce seulement en écartant l'élément douloureux ? Je suis tenté de croire qu'il y a quelque chose de plus que dans cette dernière hypothèse, car les malades atteints de ruptures musculaires partielles, lorsqu'ils sont au repos, ne souffrent pas, et cependant il leur faut un repos d'au moins un mois pour guérir, et encore souvent s'en ressententils pendant plusieurs mois; tandis qu'avec les injections de morphine, à en juger d'après nos observations, il ne faudrait que quelques jours et la guérison serait radicale. D'accord avec M. Guyon, je pense donc que c'est là un traitement qui mérite d'être essayé.

CHIMIE ET PHARMACIE

sur l'huile phosphorée :

Par le docteur C. Méhu, pharmacien de l'hôpital Necker,

Lorsqu'il y a six ans, M. le docteur Delpech, médecin de l'hôpital Necker, commençait ses études sur l'action du phosphore dans diverses maladies, et particulièrement dans les paralysies, j'éprouvais de grandes difficultés pour obtenir de l'huile phosphorée inaltérable et par conséquent d'un dosage constant. Depuis cette époque, la médication phosphorée, dont je ne veux point ici examiner les effets, a pris des développements qui deviennent chaque jour de plus en plus considérables. J'ai fréquemment préparé des quantités importantes d'huile phosphorée, et c'est le résultat de mes expériences que je vais exposer.

Le procédé du Codex de 1866 consiste à faire dissoudre au bainmarie 2 grammes de phophore dans 100 grammes d'huile d'amandes douces et à laisser refroidir après dissolution. Quand l'huile s'est éclaircie par le repos, on la sépare par décantation du phosphore cristallisé au fond du flacon, et on la conserve dans des flacons de petite capacité. Dans cette opération le phosphore est dissous en quantité variable, la dose employée est plus forte que celle que l'huile peut retenir en dissolution à la température ordinaire; il faut donc, avant de faire usage du produit, attendre que le phosphore ne se dépose plus, ce qui exige un temps variable avec la température, la nature, les qualités de l'huile, son ancienneté. Et quand le médicament est préparé, nul ne saurait dire quelle est la dose exacte de phosphore qu'il renferme : c'est donc un médicament mal formulé, et d'autant plus mal, qu’ordinairement peu employé et ne se trouvant pas préparé dans toutes les officines, on s'expose à en faire usage avant que l'excédant de phosphore soit déposé.

Ce n'est pas le seul inconvénient du procédé du Codex : quand on dissout du phosphore dans l'huile d'amandes douces ordinaire, il y a une action manifeste du phosphore sur les éléments organiques (albumine, résines...) tenus en dissolution dans l'huile naturelle. Il se fait des dépôts jaunes qui deviennent rougeâtres à la lumière; ces dépôts augmentent avec le temps, entraînant une sérable, voici ce

napital Necker, chest chauffée de

partie du phosphore; la décantation exacte du produit limpide n'est pas toujours facile, la filtration impossible à cause de l'allération inévitable, aussi le médicament est-il vicié dans son dosage.

Pour obtenir une huile phosphorée absolument limpide et inaltérable, voici ce que je conseille de faire, et ce que je fais depuis plusieurs années à l'hôpital Necker,

L'huile d'amandes douces bien limpide est chauffée dans une capsule de porcelaine pendant un quart d'heure environ à une température de 150 degrés, puis pendant dix minutes environ à une température de 200 à 250 degrés. Il se dégage d'abord de la vapeur d'eau, et certaines matières organiques facilement altérables se détruisent ou se volatilisent, en même temps que l'huile se décolore presque complétement,

L'huile surchauffée donne à la longue un très-léger dépôt. Quand on a besoin de cette huile immédiatement, il n'est pas nécessaire d'attendre que le repos lui rende une limpidité parfaite ; on se contente de la filtrer.

Pour la transformer en huile phosphorée, remplissez-en aux 9/10 un flacon à l'émeri bien sec, ajoutez un fragment de phosphore d'un poids cent fois moindre, c'est-à-dire autant de centigrammes de phosphore qu'il y a de grammes d'huile. Ayez soin de prendre du phosphore bien transparent, exempt de phosphore rouge et de phosphore blanc. Cela fait, placez le flacon dans un bain-marie, débouchez-le deux ou trois fois pour donner issue à l'air, sans l'agiter aucunement; enfin, quand sa température se sera élevée à 80 ou 90 degrés, fermez le flacon pour ne plus jamais l'ouvrir, agitez-le vivement et à plusieurs reprises, jusqu'à dissolution complète. La dissolution est assez rapide, l'huile ne change pas d'aspect, elle est aussi limpide qu'avant de dissoudre le phosphore, elle ne donne aucun dépôt après le refroidissement.

Ce procédé diffère de celui du Codex, en ce que l'huile d'amandes a subi une température élevée qui prévient la détérioration consécutive du médicament, en ce que le rapport de la substance active à son disşolvant est déterminé et resté constant. Le Codex de 1866 fạit préparer la pommade phosphorée à la dose de 1/100, réformant ainsi l'ancien Codex et avec raison, puisque une partie du phosphore restait indissoute et qu'il pouvait en résulter des accidents. Comment se fait-il qu'il ait maintenu le rapport de 2 pour 100 pour la meilleure et la plus constante des préparations du phosphore que l'on puisse adıninistrer à l'intérieur ?

Quelle est la quantité de phosphore que l'huile garde en dissolution ?

L'huile d'amandes douces, l'huile d'olive, l'huile blanche peuvent dissoudre aisément 1/80 de leur poids de phosphore, sans qu'il s'en dépose jamais le moindre cristal après le refroidissement. Quand on dissout dans l'huile d'amandes, même surchauffée, 1/70 de son poids de phosphore, on voit dès le lendemain apparaître quelques cristaux de phosphore.

Suivant Soubeiran (1), l'huile dissoudrait un décigramme de phosphore par 16 grammes, c'est-à-dire seulement 1/160 de son poids : il y a erreur de moitié. Beaucoup de formulaires indiquent une potion phosphorée où l'huile est prescrite à la dose de 8 grammes ; l'huile renfermant au moins 1 décigramme de phosphore dans 8 grammes, je regarde comme très-imprudent d'administrer d'emblée un pareil médicament.

L'huile phosphorée du Codex renferme un peu plus de 18,20 de phosphore par 100 grammes, ou 1 centigramme et quart par gramme.

Les pharmacopées allemandes prescrivent de faire de l'huile phosphorée en dissolvant de 6 à 12 grains de phosphore dans une once d'huile d'amandes douces et de décanter après refroidissement complet. A chaque once d'huile, la pharmacopée du SchleswigHolstein ajoute 2 gouttes d'essence de girofle, et la plupart des autres 1 à 2 scrupules de camphre. J'ai reconnu expérimentalement que le camphre n'augmentait pas sensiblement le pouvoir dissolvant de l'huile camphrée à 1/10 du Codex français.

L'huile phosphorée au centième est phosphorescente dans l'obscurité : dès qu'on ouvre le flacon qui la renferme, l'espace occupé par l'air se remplit d'une magnifique vapeur phosphorescente, et à la lumière vive on ne voit plus que les vapeurs d'acide phosphoreux sous la forme d'un nuage blanchâtre.

L'huile qui ne renferme que 2 grammes de phosphore pour 1,000 grammes d'amandes, et par conséquent 2 milligrammes par gramme, ne brille plus dans l'obscurité, l'espace vide du flacon ne se remplit plus du nuage blanchâtre d'acide phosphoreux ; je la préférerais de beaucoup pour l'usage journalier à l'huile au centième,

(1) Dans la cinquième édition de son Traité de Pharmacie, il est dit que 16 grammes dissolvent 1 centigramme, tandis que dans la deuxième édition I once dissout 4 grains.

qui subit une cause d'altération à chaque ouverture du flacon. Ce n'est guère qu'alors que l'huile renferme 4 grammes de phosphore par kilogramme, qu'elle commence à briller dans l'obscurité sans qu'il soit besoin de la chauffer.

L'huile phosphorée à 1/100,000 donne encore lieu à une phosphorescence manifeste quand on en étale quelques gouttes avec un tube de verre sur une plaque de fonte ou dans une capsule de platine portée à une température suffisamment élevée. Au delà de cette limite, l'huile ne brille plus dans l'obscurité, et l'acide sulfurique aidé de la chaleur ne met pas davantage en évidence la présence du phosphore.

La phosphorescence de l'huile concentrée est un signe évident de son altérabilité par l'air. Voici comment on peut l'éviter : si l'on ajoute quelques gouttes d'éther à un flacon de 100 grammes d'huile phosphorée à 1/100, on détruit instantanément sa faculté de briller dans l'obscurité ; on peut alors verser le liquide et l'agiter dans un vase à précipité sans faire apparaître la moindre lueur.

Le sulfure de carbone et l'essence de térébenthine partagent avec l'éther le pouvoir d'empêcher la phosphorescence ; les essences de thym, de romarin, de cajeput, de menthe, l'alcool, ne possèdent ce pouvoir qu'à un moindre degré ; le brome, le bromure d'éthylène, l'éther acétique, le chloroforme, les essences de camomille, de girofle, et le camphre n'agissent pas d'une façon appréciable.

L'action de l'éther se manifeste au plus haut degré dans l'expérience suivante : je verse de l'huile phosphorée à 1/100 ou même à 1/80 dans un vase à précipité, et je l'étale sur ses parois. Tout le vase est phosphorescent : en inclinant un flacon d’éther audessus de l'huile phosphorée de manière à laisser tomber la vapeur d'éther et non pas le liquide, la phosphorescence cesse tout à coup.

J'en conclus donc, et l'expérience le confirme, qu'en remplaçant dans l'huile phosphorée 1/25 de l'huile par le même poids d'éther, on aura un médicament également bien titré, non phosphorescent, ce qui est d'un grand avantage pour la conservation du médicament et pour les malades qu'il faut frictionner la nuit.

L'huile phosphorée à 1/500 se conserve admirablement bien à la lumière solaire directe, sans donner le moindre dépôt rougeâtre, sans perdre aucune de ses qualités : j'en ai insolé pendant des mois entiers sans qu'elle perdit de son pouvoir phosphorescent à chaud, même après l'avoir étendue de près de deux cents fois son volume d'huile non phosphorée.

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