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Quand l'huile n'a pas été obtenue avec de l'huile préalablement surchauffée, il se fait des dépôts rouges, abondants, plus ou moins, suivant la nature et les qualités de l'huile.

L'huile à 1/100 est d'une conservation plus difficile à la lumière solaire directe : c'est pour en annihiler les effets que j'ai recommandé de chauffer l’huile à 250 degrés; en général, une température de 175 degrés est suffisante pour assurer la conservation de l'huile à 1/500; mais pour rendre l'huile phosphorée à 1/100 insensible à l'action des rayons solaires, je regarde comme nécessaire l'emploi de l'huile d'amandes douces, maintenue à une température voisine de 250 degrés assez longtemps pour amener la décoloration.

En résumé, je propose, de substituer à l'huile phosphorée du Codex l'huile préparée avec de l'huile d'amandes douces surchauffée à une température de 200 à 250 degrés, d'y dissoudre un centième de son poids de phosphore pur, et, pour prévenir sa phosphorescence, de remplacer 1/20 de l'huile par le même poids d'éther pur, en ayant soin d'ajouter l'éther après le refroidissement complet de la dissolution phosphorée. Quant à l'huile phosphorée destinée à l'usage externe, on pourrait remplacer 1/20 d'huile d'amandes douces par le même poids d'essence de térébenthine.

Beurre de cacao phosphoré, -On peut facilement dissoudre dans le beurre de cacao 1/100 de son poids de phosphore; mais si le beurre de cacao n'a pas été préalablement chauffé à 150 degrés, puis filtré, le produit qu'on obtient est jaune brun, au lieu d'être d'une blancheur parfaite. Il faut donc opérer pour le beurre de cacao phosphoré comme pour l'huile phosphorée, afin de le débarrasser des produits altérables qui nuisent à son aspect et à son titrage exact,

Le meilleur mode d'administration de l'huile et du beurre de cacao phosphorés, c'est de les mettre sous la forme de capsules.

Toutes les huiles grasses ne peuvent paş subir cette température de 250 degrés : l'huile de foie de morue brune et l'huile de chènevis paraissent s’altérer.

Toutes les huiles que l'on surchauffe ne se décolorent pas aussi facilement que l'huile d'amandes ; mais dans ce cas, si on les expose à la lumière solaire directe, la décoloration, déjà commencée, marche incomparablement plus rapidement sur l'huile déjà surchauffée que sur l'huile qui n'a pas été soumise à une haute temperature. L'huile de lin en est un exemple manifeste.

L'huile d'amandes douces bien pure se décolore en grande partie quand on la chauffe à 250 degrés, et și on l'insole pendant quelques jours on peut obtenir un liquide aussi incolore que l'eau. Tous les échantillons d'huile d'amandes dont j'ai disposés n'ont pas donné d'aussi bons résultats. On trouve dans le commerce de l'huile d'amandes d'un aspect rougeâtre, que la chaleur décolore incomplétement et sur laquelle la lumière n'agit plus qu'avec une extrême lenteur. Je me disposais à en rechercher !a cause, en fabriquant moi-même de l'huile, quand mon collègue M. Z. Roussin m'apprit que des études spéciales lui avait déjà fait connaître que ces huiles rouges étaient le résultat du mélange des amandes d'amygdalus avec celles des prunus, des persica et des amandes de divers autres arbres de la famille des rosacées.

Mais il n'est pas nécessaire d'avoir de l'huile qui se décolore bien pour que l'huile phosphorée se conserve bien, il suffit qu'elle ait été surchauffée à 250 degrés. Ce n'est pas la décoloration qui préserve l'huile, c'est la destruction de quelques éléments organiques très-altérables,

Bien que l'on ait dit que toutes les dissolụtions de phosphore sont altérables par la lumière, je crois, par suite d'expériences nombreuses faites sur les huiles fixes, sur les huiles essentielles et sur divers liquides, que toutes les fois que le dissolvant n'est pas altérable par la lumière, la dissolution du phosphore reste intacte au soleil, à l'abri de l'air. Les huiles d'arachides et de sésame peuvent parfaitement remplacer l'huile d'amandes douces comme dissolvant du phosphore, Elles donnent un produit qui ne laisse rien à désirer, car elles résistent bien à la température de 230 degrés, et leur décoloration est d'autant plus facile que le commerce peut les livrer presque incolores, à des prix très-avantageux. Les résultats que j'en ai obtenus en appliquant ces huiles à la préparation de diverses autres huiles médicinales sont des plus satisfaisantes.

L'huile d'olive ne se décolore pas quand on la chauffe à une température voisine de 250 degrés, bien qu'elle donne un dépôt de matières brunâtres , indices d'un commencement de carbonisation de quelques éléments très-facilement décomposables : elle possède encore après le refroidissement la plus grande partie de sa teinte verte due à de la chlorophylle. Elle dissout 1/80 de son poids de phosphore, et le produit, quoique coloré, est d'une parfaite conservation.

Les huiles de lin, de noix, de faines, de tournesol, ne subissent qu'une décoloration très-incomplète par une température de 250 degrés ; elles donnent néanmoins un très-bon prodult phosphoré.

L'huile de ricin dégage beaucoup de vapeur d'eau quand on la chauffe, elle entre même en ébullition très-vive jusqu'à 150 degrés environ. Quand on la sursature de phosphore, elle se dépouille plus lentement de son excédant de phosphore que les autres huiles : ce ne sont plus des aiguilles longues, sur lesquelles viennent se grouper angulairement d'autres aiguilles, de manière à figurer des feuilles de fougères ou des sapins, mais des petits groupements arrondis où la loupe fait aisément distinguer des cristaux fins partant d'un centre commun comme autant de rayons.

L'huile d'oeillette présente, quand on la surchauffe, un phénomène qui mériterait une étude particulière. Vers 100 à 130 degrés, elle petille vivement et laisse dégager de la vapeur d'eau en abondance; puis, la température s'élevant, elle donne quelques fumées, et une matière reste en suspension dans sa masse avec l'aspect d'un mucilage. L'huile filtrait facilement avant d'être surchauffée, elle ne filtre plus qu'avec une extrême lenteur quand elle a subi l'action de la chaleur. Il reste sur le filtre une matière abondante qui a l'aspect d'une gelée ; lavée à l'éther, elle devient presque incolore : elle ressemble alors à de la colle de poisson ramollie dans l'eau; cette substance n'est pas azotée.

Essences qui empêchent la phosphorescence de l'huile phosphorée :
Essence de bergamotte,

Essence de moutarde,
de citron,

de romarin, de copahu,

de térébenthine, de lavande,

- de thym (partie liquide). - de macis, Ce sont précisément les essences qui ne renferment point d'oxygène dans leur composition. L'essence de térébenthine jouit au plus haut degré du pouvoir d'empêcher l'huile phosphorée à 1/100 de briller dans l'obscurité, même quand on élève la température du mélange. Le baume de Fioraventi, à cause de la térébenthine qui entre dans sa composition, possède la même propriété, et à poids égal il est presque aussi actif que les essences qui précèdent, Essences qui n'empêchent pas la phosphorescence, ou qui ne possèdent

ce pouvoir qu'à un faible degré : Essence d'anis,

Essence de géranium, d'amandes amères,

de girofle, de cajeput,

de laurier-cerise, de camomille,

de menthe, de cannelle de Ceylan.

de Rhodes (bois de), de cannelle giroflée,

de santal, de citronnelle,

de sassafras, de fenouil,

de verveine.

Enfin le camphre ordinaire, c'est-à-dire les essences qui renferment de l'oxygène dans leur composition. Ces essences agissent à peu près comme les huiles fixes; il faut en ajouter un volume à peu près égal à celui de l'huile phosphorée à 1/100 pour détruire la phosphorescence, encore celle-ci apparaît-elle dès qu'on élève la température du mélange. Elles ont d'ailleurs un pouvoir très-inégal; celles qui (essences de fenouil, de camomille, ....) renferment à l'état brut un ou plusieurs carbures d'hydrogène mêlés à des proportions variables d'une essence oxygénée, détruisent la phosphorescence à faible dose ou la laissent persister suivant les proportions du mélange.

L'alcool vinique, l'alcool méthylique, l'alcool amylique, l'éther acétique, l'acide phénique en dissolution dans l'alcool, la créosote, le bromure d'éthylène (C*H* Br”), le chloroforme n'empêchent pas la phosphorescence.

Le cyanogène, l'acide carbonique laissent la phosphorescence subsister; les carbures d'hydrogènes gazeux, comme le gaz d'éclairage, ou liquides, comme l'essence de térébenthine, le naphte, la benzine, l'arrêtent instantanément. L'éther et le sulfure de carbone possèdent ce pouvoir au plus haut degré : il suffit que leurs vapeurs viennent au contact de l'huile pour en arrêter la phosphorescence.

De la quantité de phosphore que les différentes huiles peuvent contenir à saturation. Les diverses huiles grasses ne dissolvent pas la même quantité de phosphore, quand on les prend sous le même poids.

Les huiles d'amandes douces, d'olive, d'oeillette, de sésame et d'arachides peuvent conserver à la température ordinaire 1/80 de leur poids de phosphore. On peut même descendre à 1/78 pour les huiles d'amandes et l'arachides; mais je ne crois pas qu'il soit prudent dans la pratique de se tenir très-près des limites de saturation.

Les huiles de colza, de navette, de rabette, de lin, de faînes, de tournesol, de foie de morue brune, de pieds de boeufs, conservent 1/70 de leur poids de phosphore, même après huit jours d'exposition à la cave.

L'huile de ricin s'éloigne beaucoup de ces chiffres; il faut 105 grammes d'huile de ricin pour dissoudre 1 gramme de phosphore, soit 1/105.

Je n'ai pas observé de différences sensibles entre le pouvoir dissolvant de l'huile surchauffée et celui de l'huile non surchauffée.

Toutes ces expériences ont été faites en vases clos hermétiquement, le plus souvent dans des matras scellés à la lampe; elles ont été répétées un très-grand nombre de fois aux limites de saturation, et les vases laissés à la cave pendant huit jours pour avoir un milieu d'une température à peu près constanté.

CORRESPONDANCE MÉDICALE.

Sur l'antagonisme de l'opium et de la belladone.

MONSIEUR LE RÉDACTEUR, Lecteur du Bulletin de Thérapeutique, depuis un certain nombre d'années, j'y ai lu plusieurs observations publiées par les docteurs Paul et Georges tendant à prouver l'antagonisme qui existe entre l'opium et la belladone, mais, dernièrement, dans le numéro du 15 juillet 1868, a paru uti fragment publié par le docteur Harley datis le British medical où ce médecin essaye de prouver non plus Vantagonisme, mais l'appui mutuel que peuvent se prêter les deux médicaments en question. J'ai l'honneur de vous adresser une observation qui m'est personnelle et qui vient à l'appui des idées des docteurs Paul et Georges sur l’antagonisme de l'opium et de la belladone; ces deux messieurs ont rapporté des cas d'empoisonnement par l'opiumi traités avec succès au moyen de la belladone, et l'observation que je soumets à vos lecteurs est au contraire un cas d'empoisonnement par la belladone traité avec succès au moyen de l'opium. Cette expérience in verse me semble tout à fait décisive.

Obs. Empoisonnement par la belladone combattu avec succès par l'opium. - Le 28 décembre dernier je fus mandé å onze heures du matin pour dotiner đes soins à une jeune fille qui depuis une heure était sérieusement malade.

Je me trouvai vis-à-vis d'une personne d'un tempérament sanguirt, âgée d'une vingtaine d'années, présentant une agitation excessive, prononçant des paroles incohérentes et paraissant en proie à des hallucinations de la vue et de l'ouïe; la peau était chaude, le pouls à 120 degrés, dur' et peu développé, les pupilles excessivement dilatées, immobiles sous l'influence d'une lumière approchée vivement; pas d'anxiété, de nausées ou de vomissements ; les parents ne purent me fournir d'autres tenseignements que cette jeune fille, après

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